Eucharistie du Dimanche 28 Février 2016 : Troisième Dimanche de Carême.

Eucharistie du Dimanche 28 Février 2016 : Troisième Dimanche de Carême.

Fête du Bienheureux Daniel Brottier, Prêtre, Missionnaire Spiritain « Père des Apprentis d'Auteuil » (1876- ? 1936).
Fête de Saint Romain, Abbé de Condat, Fondateur de Monastères, frère de Saint Lupicin (? 460).
Fête du Vénérable William Gagnon, Religieux Missionnaire canadien de l’Ordre Hospitalier de Saint Jean de Dieu, mort à Saïgon (1905? 1972).


Textes du jour (1ère lecture, Psaume, 2ème lecture, Évangile) :
Livre de l'Exode 3,1-8a.10.13-15… Psaume 103(102),1-2.3-4.6-7.8.11… Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 10,1-6.10-12… Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 13,1-9.
Commentaire de Saint Nersès Snorhali (1102-1173), patriarche arménien.
Autre commentaire du Carmel.
Autre commentaire du Père Joseph-Marie, Moine de la Famille de Saint Joseph.
Autres commentaires du Cardinal Jorge MEJÍA Archiviste et Bibliothécaire de la S.R.I. (Città del Vaticano, Saint-Siège).
Hymne, Oraison et Parole de Dieu.

1d8621cfef 2Dimanche 28 Février 2016 : Fête du Bienheureux Daniel Brottier, Prêtre, Missionnaire Spiritain « Père des Apprentis d'Auteuil » (1876- ? 1936).
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Bienheureux Daniel Brottier, Prêtre.

Saint 33Dimanche 28 Février 2016 : Fête de Saint Romain, Abbé de Condat, Fondateur de Monastères, frère de Saint Lupicin (? 460).
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Saint Romain, Abbé de Condat.

William gagnonDimanche 28 Février 2016 : Fête du Vénérable William Gagnon, Religieux Missionnaire canadien de l’Ordre Hospitalier de Saint Jean de Dieu, mort à Saïgon (1905? 1972).
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Vénérable William Gagnon.

 

LITURGIE DE LA PAROLE.

Livre de l'Exode 3,1-8a.10.13-15.
En ces jours-là, Moïse était berger du troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiane. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb.
L’ange du Seigneur lui apparut dans la flamme d’un buisson en feu. Moïse regarda : le buisson brûlait sans se consumer.
Moïse se dit alors : « Je vais faire un détour pour voir cette chose extraordinaire : pourquoi le buisson ne se consume-t-il pas ? »
Le Seigneur vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! »
Dieu dit alors : « N’approche pas d’ici ! Retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte ! »
Et il déclara : « Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. » Moïse se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu.
Le Seigneur dit : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances.
Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de ce pays vers un beau et vaste pays, vers un pays, ruisselant de lait et de miel.
Maintenant donc, va ! Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël. »
Moïse répondit à Dieu : « J’irai donc trouver les fils d’Israël, et je leur dirai : “Le Dieu de vos pères m’a envoyé vers vous.” Ils vont me demander quel est son nom ; que leur répondrai-je ? »
Dieu dit à Moïse : « Je suis qui je suis. Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : “Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est : JE-SUIS”. »
Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : “Celui qui m’a envoyé vers vous, c’est LE SEIGNEUR, le Dieu de vos pères, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob”. C’est là mon nom pour toujours, c’est par lui que vous ferez mémoire de moi, d’âge en d’âge. »

 

Psaume 103(102),1-2.3-4.6-7.8.11.
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
bénis son nom très saint, tout mon être !
Bénis le Seigneur, ô mon âme,
n'oublie aucun de ses bienfaits !

Car il pardonne toutes tes offenses
et te guérit de toute maladie ;
il réclame ta vie à la tombe
et te couronne d'amour et de tendresse.

Le Seigneur fait œuvre de justice,
il défend le droit des opprimés.
Il révèle ses desseins à Moïse,
aux enfants d'Israël ses hauts faits.

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d'amour ;
Comme le ciel domine la terre,
fort est son amour pour qui le craint ;

 

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 10,1-6.10-12.
Frères, je ne voudrais pas vous laisser ignorer que, lors de la sortie d’Égypte, nos pères étaient tous sous la protection de la nuée, et que tous ont passé à travers la mer.
Tous, ils ont été unis à Moïse par un baptême dans la nuée et dans la mer ;
tous, ils ont mangé la même nourriture spirituelle ;
tous, ils ont bu la même boisson spirituelle ; car ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher, c’était le Christ.
Cependant, la plupart n’ont pas su plaire à Dieu : leurs ossements, en effet, jonchèrent le désert.
Ces événements devaient nous servir d’exemple, pour nous empêcher de désirer ce qui est mal comme l’ont fait ces gens-là.
Cessez de récriminer comme l’ont fait certains d’entre eux : ils ont été exterminés.
Ce qui leur est arrivé devait servir d’exemple, et l’Écriture l’a raconté pour nous avertir, nous qui nous trouvons à la fin des temps.
Ainsi donc, celui qui se croit solide, qu’il fasse attention à ne pas tomber.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 13,1-9.
Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient.
Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même.
Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »
Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron : “Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?”
Mais le vigneron lui répondit : “Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.” »

 

Commentaire du jour.
Saint Nersès Snorhali (1102-1173), patriarche arménien.
Jésus, Fils unique du Père, §677-679 ; SC 203 (trad. SC p. 171 rev.)

« Peut-être donnera-t-il du fruit à l'avenir »

Ne me maudis pas comme le figuier (cf Mt 21,19),
Bien que je sois pareil à l'arbre stérile,
De peur que le feuillage de la foi
Ne soit desséché avec le fruit de mes œuvres.

Mais fixe-moi dans le bien,
Comme le sarment sur la sainte Vigne,
Dont prend soin ton Père céleste (Jn 15,2)
Et que fait fructifier l'Esprit par la croissance.

Et l'arbre que je suis, stérile en fruits savoureux,
Mais fécond en fruits amers,
Ne l'arrache pas de ton vignoble,
Mais change-le, en creusant dans le fumier.

 

Autre commentaire du jour.
http://www.carmel.asso.fr/3eme-Dimanche-de-Careme-C.html
Carmel.

Nous sommes dans le temps de la Patience et de la Miséricorde de Dieu

Comment ai-je pu mériter cela ? Tel est le cri spontané de beaucoup d’entre nous lorsqu’il nous arrive quelques accidents, quelques malheurs.
Ceux-ci, surtout s’ils sont mortels, comme dans l’exemple de l’Évangile de ce jour, sont tout de suite interprétés en termes de culpabilité et de responsabilité personnelle, ou bien comme accusations contre Dieu.
Or Jésus écarte de telles interprétations vraiment trop simplistes. D’abord, comme il le précise explicitement, parce que ceux à qui il arrive quelque chose ne sont pas plus coupables que les autres, et même souvent ils apparaissent plus innocents.

Aujourd’hui, nous imaginerions facilement que les catastrophes naturelles disent l’impuissance de Dieu à faire le bonheur des hommes.
La première lecture nous aide à reprendre les choses à la base. Elle raconte comment Dieu révèle à Moïse son visage, comment il lui dévoile son Cœur de Père.
Le Seigneur ne se définit pas par sa puissance, par la grandeur de ses actes ou de ses pensées, il ne met pas en avant tout ce que nous lui devons.
Quand Dieu se révèle, il manifeste sa proximité. « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple, je connais ses souffrances ».
Voici un Dieu qui aime son peuple ! Cette révélation confiée à Moïse sera désormais le socle de la Foi d’Israël, la pierre angulaire sur laquelle les croyants peuvent s’appuyer pour traverser l’histoire.
Dieu est le Tout-Puissant, le Tout-Autre, aucun être ne lui est comparable, et il est aussi le Tout-Proche, celui vient au devant de son peuple pour lui apporter le Salut.

L’interprétation populaire de la mort violente comme punition propose l’image d’un Dieu dans lequel Jésus ne peut reconnaître celui qu’il appelle Son Père.
Dieu serait un justicier rancunier, attendant le bon moment pour régler ses comptes. Ce motif est illustré par la parabole du figuier.
Voilà un figuier auprès duquel le propriétaire, trois ans durant, est venu en vain cherché des fruits. D’une certaine manière, il n’a pas tout à fait tort de s’impatienter et il ordonne donc à son serviteur d’abattre le figuier stérile qui épuise le sol inutilement.
Mais le serviteur ne partage pas cet avis. Il sait qu’il faut du temps, plusieurs années, avant qu’un arbre puisse produire sa première figue.
Il sait qu’il faut aussi des soins plus prononcés, une confiance dans la nature qui donne le temps nécessaire.
Ainsi il implore un sursis : « laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon tu le couperas. »

Tel est l’attitude de Dieu avec chacun d’entre nous, tel est la mesure de son cœur pour les justes comme pour les pêcheurs, et encore un peu plus pour les pêcheurs que pour les justes, étant donné que tous également, comme le rappelle St Paul, sont les fils de la colère, si Dieu n’écoutait que la stricte équité, mais que tous aussi sont appelés à devenir fils de la Grâce, fils de son Amour, dans la mesure où, en dernière analyse, Dieu prête d’abord attention à son Cœur, à son affection pour nous.
Dieu commence donc par nous accorder du temps, gratuitement, généreusement et surabondamment.
Un temps qui n’est pas d’abord au service de sa colère, dans lequel Dieu se trouverait quelque part embusqué, au détour du chemin, pour frapper dès que nous le mériterions.
Non pas un temps qui soit un piège, mais un temps qui est le temps de sa Patience et de son Amour.
Car Dieu ne veut pas la mort du pécheur, mais qu’il vive. Ce temps, nous ne le méritons pas strictement, et nous sommes à chaque instant en mesure et en risques de le compromettre. Mais Dieu nous l’accorde quand même, en faisant un étonnant crédit aux pêcheurs que nous sommes, confiant dans le bien qu’il a lui-même déposé en nous et qui, lui aussi, à travers mille vicissitudes, a besoin de ce temps pour prendre forme et porter son fruit.

Même les vicissitudes et les contrariétés que Dieu nous donne d’affronter ne sont jamais de sa part des petites vengeances provisoires, en attendant le coup de grâce définitif.
Elles aussi prennent le visage de l’amour patient de Dieu qui au grand jamais ne désespère de ces enfants.
Espérance au-delà de toute espérance, car il sait de quoi nous sommes pétris, il sait à quoi nous sommes destinés, au partage de son Amour trinitaire.
Dieu, en bon vigneron, écoutant l’intercession du Fils unique, met alors lui-même la main à la pâte, il travaille le sol et l’enrichit de sa grâce.
Et les événements de notre vie que nous ressentirions parfois comme des avertissements, ou comme des jugements de sa justice, sont encore plein de son Amour et de son désir infini pour chacun de nous. Ils ne nous touchent, voire ne nous blessent, que pour nous ouvrir à son œuvre de grâce.
Nous sommes en sursis, nous restons en sursis tout au long de notre vie, en vue d’un sursaut de vigueur, d’un renouveau de fécondité, parce que Dieu ne se résigne jamais à la mort.
Jésus vigneron s’attelle Lui-même au travail de notre conversion, il bêche et il ajoute à chaque fois quelques poignées d’un engrais dont il a le secret, un engrais spirituel à base d’Humilité, de simplicité et de courage, avec une bonne dose de confiance.

 

Autre commentaire du jour.
http://www.homelies.fr/homelie,,4492.html
Père Joseph-Marie, Moine de la Famille de Saint Joseph.

Maintenant donc, va ! Je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël. »

Arrêtons-nous à l’expérience déconcertante de Moïse au désert.
Moïse a dû fuir son pays d’adoption, l’Égypte. Voyant un fils d’Israël, c'est-à-dire un frère de sang, battu par un Égyptien, il a tué celui-ci. Mais comme son forfait est découvert, il doit fuir pour sauver sa vie.
Arrivé en terre de Moab, il prend la défense des filles de Yéthro, manifestant à nouveau son ardeur pour la justice.
Pourtant, sa vie est en échec : le fils adoptif de pharaon, élevé à sa cour, appelé aux plus hautes destinées, se trouve à paître le troupeau d’un prêtre idolâtre de Madian dans le désert du Sinaï.
On imagine sans peine, que Moïse devait brûler intérieurement de colère – les colères de Moïse sont redoutables : souvenons-nous de la manière dont il a détruit les premières tables de la Loi ! – devant l’échec de sa vie qu’il orientait pourtant vers la défense de la Justice.

C’est précisément à ce moment, qu’il fait l’expérience déconcertante du Buisson Ardent, un buisson d’épine qui est lui aussi est en feu, mais qui ne se consume pas, parce qu’il ne brûle pas du feu de la violence, d’une justice toute humaine, mais du feu de l’Amour Divin.
Du cœur de la flamme, Dieu s’adresse à lui pour lui révéler son Nom : « Je suis celui qui était avec tes pères, Abraham, Isaac et Jacob ; je suis avec toi, et je serai toujours au milieu de mon peuple, ce peuple que je veux délivrer de l’oppression qu’il subit en Égypte ».

Ce n’est pas en rendant la violence pour la violence, comme il l’avait fait jusqu’alors, que Moïse est un défenseur de la Justice – du moins selon le désir de Dieu. Dieu seul peut rendre juste, et il ne le fait pas en ayant recours à la violence : il rend juste en habitant au milieu de son peuple à la nuque raide, ce peuple qui ressemble lui aussi à un buisson d’épine dont il vaut mieux ne pas s’approcher si on veut éviter de se piquer ; mais un peuple aimé de Dieu, et qui doit découvrir que le Dieu de tendresse et de pitié habite au milieu de lui pour toujours, parce qu’il s’est engagé personnellement dans l’Alliance juré à ses pères, cette Alliance qu’il va renouveler précisément au Sinaï.
Pendant les quarante années de traversée du désert, Israël devra faire progressivement l’apprentissage du compagnonnage avec Dieu.
Il devra découvrir sa présence cachée qui se révèle dans la manne et l’eau jaillissant du rocher ; le pain et l’eau : autant dire que Dieu pourvoit à l’essentiel.
Or cette manne préfigurait le Pain suressentiel de la Parole incarnée ou de l’Eucharistie, et cette eau jaillie du Rocher en lequel Paul reconnait le Christ (2nd lect.), préfigure l’eau vive de L’Esprit que Jésus fera jaillir lorsque la lance frappera son côté pour transpercer son Cœur sacré.

Nous sommes ce peuple qui faisons notre traversée du désert sous la conduite du véritable Moïse : Jésus Notre Seigneur, le Bon Berger qui mène ses brebis vers les gras pâturages de la Vie éternelle.
Reconnaissons que nos vies à chacun de nous, ressemblent plus à un buisson d’épine qu’à une verte prairie : nous non plus, il vaut mieux ne pas trop nous approcher si on ne veut pas être écorché.
Pourtant depuis le jour de notre Baptême, le Feu de L’Esprit est tombé sur nous ; nous sommes entrés dans l’Alliance nouvelle et éternelle ; nous formons le nouveau peuple de Dieu qu’il conduit par Son Fils et dans L’Esprit, aux sources vives du Salut.
Non notre vie ne se limite pas aux épines visibles ; notre vie n’est pas qu’échec ; le péché n’a pas le dernier mot.
Certes il ne s’agit pas de le nier : Jésus nous le dit clairement : « Si vous ne vous convertissez pas, vous mourrez tous dans votre péché ».
Mais au cœur même de la mort qui résulte de ce péché, la Vie a déjà surgit : celui qui se convertit, qui se tourne vers cette présence vivifiante du Dieu de la Vie qui a voulu faire sa demeure en nous, celui-là vit déjà de sa Vie.
Ne savez vous pas qu’« ensevelis avec Le Christ dans le Baptême, avec Lui encore vous avez été ressuscités puisque vous avez cru en la force de Dieu qui l’a ressuscité d’entre les morts. Vous êtes morts en effet, et votre Vie est cachée avec Le Christ en Dieu » (Col 2, 12 ; 3, 3).

Si nous restons repliés sur notre péché, sur nos échecs, sur notre médiocrité,… notre vie sera médiocre, nous ne ferons que prolonger la série des échecs, et cette triste aventure nous conduira à périr lamentablement, c'est-à-dire à sombrer dans une mort insensée.
Mais si nous tournons les regards vers la lumière qui luit déjà dans nos ténèbres, nous deviendrons participants de la Lumière, nous deviendrons des fils de Lumière, des fils du Jour qui ne finira pas.
La mort n’aura sur nous plus aucune emprise puisque nous serons passés de la mort à la Vie dans Le Christ.
Le Carême ne nous est pas donné pour nous appesantir sur notre péché au risque de sombrer dans la désespérance ; nous sommes invités à nous rendre au désert pour y contempler cette chose merveilleuse : notre Vie transfigurée par un feu qui brûle en nous sans nous consumer.

La semaine passée nous avons contemplé Jésus transfiguré sur la Montagne sainte ; aujourd’hui nous sommes invités à accueillir cette même lumière dans nos vies ; ou plutôt à prendre conscience que ce Feu brûle déjà en nous, et qu’il ne tient qu’à nous qu’il embrase toute notre Vie.
Jésus est ce jardinier céleste qui intercède pour nous auprès du vigneron son Père, afin qu’il lui permette de bêcher encore autour du buisson stérile de nos Vies, dans l’espérance que nos yeux vont enfin s’ouvrir, et que nous verrons le don de Dieu.
Alors nos vies transfigurées pourront enfin porter le fruit que Le Père est en droit d’en attendre.

Que la Vierge Marie, parfaite image du Buisson Ardent, ouvre nos yeux sur les signes de la présence du Seigneur au cœur de nos vies ; sachons prendre le temps de relire les événements qui constituent la trame de notre existence quotidienne, pour y discerner son action bienveillante : à nous aussi, il pourvoit le pain et l’eau, l’essentiel pour que nous puissions continuer notre route.
Préparons-nous à nous laisser renouveler dans l’Alliance, en participant au banquet que Dieu nous offre au cœur de nos déserts : le Pain de la Vie éternelle et la coupe du Salut, qui nous donnent part à sa propre Vie.
Père Joseph-Marie.

 

Autre commentaire de ce jour.
http://evangeli.net/evangile/jour/II_25
Cardinal Jorge MEJÍA Archiviste et Bibliothécaire de la S.R.I. (Città del Vaticano, Saint-Siège).

«Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux»

Aujourd'hui Troisième Dimanche de Carême, la lecture de l'Évangile contient un appel à la Pénitence et à la Conversion. Ou plutôt, l'exigence d'un changement de Vie.

"Se convertir" signifie, dans le langage de l'Évangile, changer d'attitude intérieure, et aussi de style extérieur. C'est l'un des mots les plus utilisés dans l'Évangile.
Souvenons-nous qu'avant la venue du Seigneur Jésus, Saint Jean-Baptiste résumait sa prédication par cette même expression: «Il prêchait un Baptême de conversion» (Mc 1,4). Et, aussitôt après, la prédication de Jésus est résumée par ces mots: «Convertissez-vous et croyez à l'Évangile» (Mc 1,15).

La lecture d'aujourd'hui a cependant des caractéristiques propres, qui requièrent une attention fidèle et une réponse à la hauteur.
L'on peut dire que la première partie, avec ses deux références historiques (le sang répandu par Pilate et la tour effondrée), contient une menace.
Impossible de le dire autrement! Nous regrettons ces deux malheurs -à l'époque soufferts et pleurés- mais Jésus-Christ, très sérieusement, nous dit à tous: -Si vous ne changez pas de vie, «vous périrez tous comme eux» (Lc 13,5).

Ce qui nous montre deux choses. D'abord, le sérieux absolu de l'engagement Chrétien. Ensuite, qu'en ne nous y efforçant pas comme Dieu le veut, nous prenons le risque d'une mort, non dans ce monde, mais bien pire, dans l'autre: la perdition éternelle.
Les deux morts de notre texte ne sont que les figures d'une autre mort, sans comparaison avec les premières.

Chacun saura en quoi consiste pour lui cette exigence de changement. Personne n'est épargné. Si cela nous inquiète, la seconde partie nous console.
Le "vigneron", qui est Jésus, demande au maître de la vigne, Son Père, d'attendre encore un an. Pendant ce temps, il fera tout son possible (et même l'impossible, en mourant pour nous), pour que la vigne donne son fruit.
Alors, changeons de vie! C'est tout le message du Carême. Prenons-le au sérieux. Les saints -Saint Ignace, par exemple, même s'il s'y prit tard- par la grâce de Dieu changent et nous encouragent à changer.

 

Hymne : En quels pays de solitude

En quels pays de solitude,
Quarante jours, quarante nuits,
Irez-vous, poussés par l’Esprit ?
Qu’il vous éprouve et vous dénude !
Voyez : les temps sont accomplis,
Et Dieu vous convoque à l’oubli
De ce qui fut vos servitudes.

Sur quels sommets d’incandescence
Entendrez-vous le Bien-Aimé
Vous parlant depuis la nuée ?
Qu’il vous prépare à ses souffrances !
Suivez Jésus transfiguré :
Demain, il sera crucifié
En signature d’Alliance.

Ne forez plus vos puits d’eau morte :
Vous savez bien le don de Dieu
Et quelle est sa grâce, et son jeu :
Il vous immerge, il vous rénove !
La vie s’élève peu à peu,
Les champs sont dorés sous vos yeux :
Embauchez-vous où Dieu moissonne !

Pourquoi rester sur vos ornières.
Baissant vos fronts d’aveugles-nés ?
Vous avez été baptisés !
L’amour de Dieu fait tout renaître.
Croyez Jésus : c’est l’Envoyé !
Vos corps à son corps sont branchés :
Prenez à lui d’être lumière.

Déjà vos tombes se descellent
Sous la poussée du Dieu vivant.
Regardez : Jésus y descend !
Appelez-le : Il vous appelle.
Venez dehors ! C’est maintenant
Le jour où la chair et le sang
Sont travaillés de vie nouvelle !

 

Oraison du matin (Office des Laudes).
Tu es la source de toute Bonté, Seigneur, et toute Miséricorde vient de Toi ; tu nous as dit comment guérir du péché par le jeûne, la prière et le partage ; écoute l’aveu de notre faiblesse : nous avons conscience de nos fautes, patiemment, relève-nous avec Amour.

 

Parole de Dieu : (Ne 8, 9.10)… (Office des Laudes).
Ce jour est consacré au Seigneur Votre Dieu. Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! Car ce jour est consacré à Notre Dieu !
Ne vous affligez pas : la Joie du Seigneur est votre rempart !

 

Parole de Dieu : (1 Co 9, 24-25)… (Office des Vêpres).
Vous savez bien que, dans les courses du stade, tous les coureurs prennent le départ, mais un seul gagne le prix.
Alors, vous, courez de manière à l’emporter. Tous les athlètes à l’entraînement s’imposent une discipline sévère ; ils le font pour gagner une couronne de laurier qui va se faner, et nous, pour une couronne qui ne se fane pas.

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