Eucharistie du Dimanche 05 Août 2018 : Dix-huitième Dimanche du Temps Ordinaire (Année B).

Eucharistie du Dimanche 05 Août 2018 : Dix-huitième Dimanche du Temps Ordinaire (Année B).

L’Église fait mémoire (facultative) de la Fête de la Dédicace de la Basilique Sainte Marie-Majeure.

(Mais la Célébration du Dix-huitième Dimanche du Temps Ordinaire a la préséance sur la mémoire de la Fête de la Dédicace de la Basilique Sainte Marie-Majeure).

Fête de Saint Abel de Lobbes, Bénédictin, Archevêque de Reims (✝ 770).
Fête de Saint Memmie, 1er Évêque de Chalons en Champagne (3ème s.).


Textes du jour (1ère lecture, Psaume, 2ème lecture, Évangile) :
Livre de l'Exode 16,2-4.12-15… Psaume 78(77),3.4ac.23-24.25.52a.54a… Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 4,17.20-24… Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,24-35.
Commentaire de Saint Jean-Paul II (1920-2005), Pape.
Autre commentaire de Frère Jean-Christian Lévêque, o.c.d (Carmel).
Autre commentaire du Père Joseph-Marie, Moine de la Famille de Saint Joseph.
Autre commentaire de l’Abbé Joaquim FONT i Gassol (Igualada, Barcelona, Espagne).
Hymne, Oraison et Parole de Dieu.

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Dimanche 05 Août 2018 : Fête de la Dédicace de la Basilique Sainte Marie-Majeure.
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Fête de la Dédicace de la Basilique Sainte Marie-Majeure.

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Dimanche 05 Août 2018 : Fête de Saint Abel de Lobbes, Bénédictin, Archevêque de Reims (✝ 770).
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Saint Abel de Lobbes.

Memmie

Dimanche 05 Août 2018 : Fête de Saint Memmie, 1er Évêque de Chalons en Champagne (3ème s.).
Pour voir sa vie et en découvrir davantage sur lui, aller dans le menu déroulant à « Vie des Saints » ou sur le lien suivant :
Saint Memmie, 1er Évêque de Chalons en Champagne.

 

LITURGIE DE LA PAROLE.

Livre de l'Exode 16,2-4.12-15.
En ces jours-là, dans le désert, toute la communauté des fils d’Israël récriminait contre Moïse et son frère Aaron.
Les fils d’Israël leur dirent : « Ah ! Il aurait mieux valu mourir de la main du Seigneur, au pays d’Égypte, quand nous étions assis près des marmites de viande, quand nous mangions du pain à satiété ! Vous nous avez fait sortir dans ce désert pour faire mourir de faim tout ce peuple assemblé ! »
Le Seigneur dit à Moïse : « Voici que, du ciel, je vais faire pleuvoir du pain pour vous. Le peuple sortira pour recueillir chaque jour sa ration quotidienne, et ainsi je vais le mettre à l’épreuve : je verrai s’il marchera, ou non, selon ma loi.
« J’ai entendu les récriminations des fils d’Israël. Tu leur diras : “Au coucher du soleil, vous mangerez de la viande et, le lendemain matin, vous aurez du pain à satiété. Alors vous saurez que moi, le Seigneur, je suis votre Dieu.” »
Le soir même, surgit un vol de cailles qui recouvrirent le camp ; et, le lendemain matin, il y avait une couche de rosée autour du camp.
Lorsque la couche de rosée s’évapora, il y avait, à la surface du désert, une fine croûte, quelque chose de fin comme du givre, sur le sol.
Quand ils virent cela, les fils d’Israël se dirent l’un à l’autre : « Mann hou ? » (Ce qui veut dire : Qu’est-ce que c’est ?), car ils ne savaient pas ce que c’était. Moïse leur dit : « C’est le pain que le Seigneur vous donne à manger.

 

Psaume 78(77),3.4ac.23-24.25.52a.54a.
Nous avons entendu et nous savons
ce que nos pères nous ont raconté ;
nous le redirons à l'âge qui vient,
les titres de gloire du Seigneur.

Il commande aux nuées là-haut,
il ouvre les écluses du ciel :
pour les nourrir il fait pleuvoir la manne,
il leur donne le froment du ciel.

chacun se nourrit du pain des Forts,
il les pourvoit de vivres à satiété.
Tel un berger, il conduit son peuple.
Il les fait entrer dans son domaine sacré.

 

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 4,17.20-24.
Frères, je vous le dis, j’en témoigne dans le Seigneur : vous ne devez plus vous conduire comme les païens qui se laissent guider par le néant de leur pensée.
Mais vous, ce n’est pas ainsi que l’on vous a appris à connaître le Christ,
si du moins l’annonce et l’enseignement que vous avez reçus à son sujet s’accordent à la vérité qui est en Jésus.
Il s’agit de vous défaire de votre conduite d’autrefois, c’est-à-dire de l’homme ancien corrompu par les convoitises qui l’entraînent dans l’erreur.
Laissez-vous renouveler par la transformation spirituelle de votre pensée.
Revêtez-vous de l’homme nouveau, créé, selon Dieu, dans la justice et la sainteté conformes à la vérité.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 6,24-35.
En ce temps-là, quand la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples, les gens montèrent dans les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus.
L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés.
Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. »
Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? »
Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »
Ils lui dirent alors : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ?
Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel.
Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »
Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. »
Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif.

 

Commentaire du jour.
Saint Jean-Paul II (1920-2005), Pape.
Encyclique  « Ecclesia de Eucharistia », 1 (trad. © Libreria Editrice Vaticana)

« Moi, je suis le Pain de la Vie »

L'Église vit de l'Eucharistie. Cette vérité n'exprime pas seulement une expérience quotidienne de Foi, mais elle comporte en synthèse le cœur du mystère de l'Église.
Dans la joie, elle fait l'expérience, sous de multiples formes, de la réalisation continuelle de la promesse : « Et Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » (Mt 28,20).

Mais, dans l'Eucharistie, par la transformation du pain et du vin en Corps et Sang du Seigneur, elle jouit de cette présence avec une intensité unique.
Depuis que, à la Pentecôte, l'Église, peuple de la Nouvelle Alliance, a commencé son pèlerinage vers la Patrie Céleste, ce Sacrement Divin a continué à marquer ses journées, les remplissant d'Espérance confiante.

À juste titre, le Concile Vatican II a proclamé que le Sacrifice Eucharistique est « source et sommet de toute la Vie Chrétienne » (LG 11).
« La très Sainte Eucharistie contient en effet l'ensemble des biens spirituels de l'Église, à savoir Le Christ Lui-même, notre Pâque, le Pain vivant (1Co 5,7; Jn 6,51), qui par sa Chair, vivifiée par L'Esprit-Saint et vivifiante, procure la Vie aux hommes » (Vatican II PO 5).
C'est pourquoi l'Église a le regard constamment fixé sur Son Seigneur, présent dans le Sacrement de l'autel, dans lequel elle découvre la pleine manifestation de son immense Amour.

 

Autre commentaire du jour.
http://www.carmel.asso.fr/18eme-Dimanche-T-O-Jean-6-24-35.html
Frère Jean-Christian Lévêque, o.c.d (Carmel).

La nourriture qui demeure

Comme à son habitude, Saint Jean fait passer sous des mots tout simples un enseignement très profond sur la personne de Jésus et sur son œuvre.
Jésus vient de nourrir cinq mille personnes dans le désert avec cinq pains d’orge, le casse-croûte d’un gamin prévoyant. Le lendemain, les foules se mettent à sa recherche, et Jésus, une fois rejoint, entame un dialogue dont Saint Jean a retenu trois thèmes principaux :

  • les signes opérés par Jésus,
  • l’œuvre de Dieu,
  • le Pain venu du ciel.

C’est à dessein que Saint Jean emploie le mot « signe » à propos des miracles de Jésus.
Pour les autres Évangélistes, les miracles de Jésus sont surtout des actes de puissance qui marquent l’irruption du règne de Dieu dans l’histoire des hommes. Par ses miracles, Jésus inaugure sur la Terre la réalisation décisive de la Volonté de Dieu : ce sont autant de victoires sur le faux prince de ce monde.
Pour Saint Jean, le but des miracles de Jésus est de révéler qui il est : l’Envoyé de Dieu, Le Fils de Dieu prononçant sur Terre les Paroles de Dieu même et accomplissant son œuvre parmi les hommes.
Ainsi les miracles pointent toujours directement sur la personne de Jésus ; ils provoquent les hommes à croire, à espérer, en Jésus Fils de Dieu ; ils appellent les hommes à se tourner vers Lui pour être sauvés, et c’est pourquoi Jean les appelle des signes, des actes qui « font signe ».

Face aux signes accomplis par Jésus, ses contemporains réagissent très différemment. Certains, sans contester les guérisons opérées par lui, refusent absolument tout acte de Foi en sa personne. C’est le cas du grand prêtre Caïphe.
D’autres en restent trop au stade de l’étonnement. Ils voient dans les signes du Nazaréen uniquement des prodiges, et ils restent à mi-chemin de la vraie Foi. Ils admettent bien que Dieu a donné à ce Jésus des pouvoirs extraordinaires ; mais ils voient en lui un prophète, rien de plus.
C’est le cas de la plupart des gens qui voulaient rattraper Jésus le lendemain de la multiplication des pains, et Jésus le leur dit clairement : « Vous me cherchez, non parce que vous avez [vraiment] vu [et compris] mes signes, non parce que je vous pose une question vitale, mais parce que vous avez mangé du pain à satiété ».
Il y a enfin la réaction de ceux et de celles qui perçoivent la portée des signes du Maître. Ils parviennent à croire en Jésus, à reconnaître qui il est : non seulement un Rabbi dont la Parole bouleverse les cœurs, non seulement un homme qui réalise des prodiges étonnants, mais Celui qui vit une relation unique avec Dieu qui l’a envoyé, Celui qui peut dire : « Le Père et Moi, nous sommes un », celui qui manifeste sur Terre la Gloire même de Dieu, parce qu’il rend visibles sa sainteté, sa puissance et son Amour.

Le deuxième thème du dialogue, les œuvres de Dieu, est en prise directe sur cette théologie des signes de Jésus.
« Que nous faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? », demandent les gens. Que faut-il entreprendre ? Que faut-il organiser ? Quelles œuvres faut-il aligner ? Et Jésus répond : « L’œuvre de Dieu, c’est de croire en Celui qu’il a envoyé. »
Croire est une œuvre ; c’est même la seule œuvre importante, car si la Foi en Jésus est enracinée dans le cœur d’un homme, les œuvres suivront.
Croire, c’est « l’œuvre de Dieu », d’abord parce que c’est l’œuvre de base que Dieu attend de nous, et ensuite parce que c’est se soumettre à l’œuvre de Dieu, c’est entrer dans le travail qu’il accomplit par Son Christ.
Nous voilà donc ramenés à la personne de Jésus et à son mystère. Jésus, pour nous, n’est pas seulement un splendide idéal d’homme donné à ses frères, pas seulement le Galiléen dont les paraboles continuent de nous émouvoir : il est Celui que Le Père a « marqué de son sceau », le seul qui puisse nous donner « la nourriture qui demeure en Vie éternelle », le seul qui puisse nous faire traverser la mort, parce qu’il est Fils, un avec Le Père, et avec Lui maître de la Vie.

Mais nous sommes lents à faire confiance, et nous gardons toujours au cœur un reste de soupçon à l’égard de ce qui vient de Dieu, comme les auditeurs de Jésus qui lui demandent des assurances supplémentaires : « Quel signe fais-tu, pour que nous le voyions et puissions te croire ? »
Dans le désert, Moïse donnait la manne tous les jours pour le peuple tout entier. Voilà des gestes bien tangibles, qui accréditaient sa mission ! « Mais toi, quelle est ton œuvre ? Si tu te proclames l’envoyé de Dieu, fais d’abord aussi bien que Moïse ! »
Jésus, calmement, explique la portée exacte du texte de l’Exode. « Vous vous référez à Moïse ; vous dites : Moïse, lui, nous a donné le pain venu du Ciel ! » - « Erreur : ce n’était pas Moïse ; c’est Dieu, c’est Mon Père qui vous le donnait.
Et non seulement Mon Père vous a donné, mais il vous donne aujourd’hui le Pain du Ciel. Encore faut-il que vous le reconnaissiez : le Pain de Dieu, Celui qui seul peut donner la Vie au monde, c’est Moi ! »

Et Jésus s’explique longuement, dans un discours sur le Pain de Vie, dont nous ne lisons aujourd’hui que la première phrase : « C’est Moi qui suis le Pain de la Vie. Celui qui vient à Moi n’aura plus faim ; celui qui croit en Moi jamais n’aura soif. »
Jésus est Pain de Vie, à un premier niveau, parce que sa Parole nourrit notre Foi et notre Espérance, et parce qu’il est à Lui seul la Révélation du Père, qui comble en l’homme toute soif d’aimer et d’être aimé.
Il est Pain de Vie, à un autre niveau, parce qu’il se donne en nourriture dans l’Eucharistie sous les signes inattendus du pain et du vin.

Nous sommes bien loin du pain à satiété, bien loin de la manne périssable. Les gens de Galilée réclamaient de Jésus des prodiges plus grands et plus durables que ceux de Moïse. Jésus ne répond pas au niveau du prodige : il laisse à ses disciples les signes nouveaux de la nouvelle Alliance, où déjà tout est donné pour ceux qui acceptent de croire.

À notre tour nous attendons parfois du Christ des assurances immédiates. Nous voudrions qu’il soit facile à rejoindre par l’intelligence et par le cœur, qu’il nous apporte des évidences et des joies, qu’il épouse notre style et prouve avec éclat son efficacité au plan des nourritures ou des réussites terrestres.
Mais Jésus n’accepte pas les surenchères que nous lui proposons ; il ne veut pas emporter notre adhésion par une escalade dans le prodigieux.
Les signes nouveaux qu’il nous propose sont tirés de notre vie de tous les jours. Il prend du pain sur nos tables, et il dit : « Ceci est mon Corps livré pour vous. Je suis le Pain de la Vie. L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en Moi ».
Fr. Jean-Christian Lévêque

 

Autre commentaire du jour.
Père Joseph-Marie, Moine de la Famille de Saint Joseph.

« Vous reconnaîtrez alors que Moi, Le Seigneur, je suis Votre Dieu »

« Vous reconnaîtrez alors que Moi, Le Seigneur, je suis Votre Dieu ». Ce verset tiré de la première lecture pourrait servir de fil rouge à la liturgie de la Parole de ce Dimanche.
« Les gens » se mettant « à la recherche de Jésus » : la démarche est louable, mais ils ne connaissent pas Celui qu’ils cherchent. Peut-être l’Évangéliste suggère-t-il qu’à travers leur démarche et leur questionnement maladroit, c’est précisément l’identité de cet étrange Rabbi qu’ils cherchent à découvrir.
« Quand es-tu arrivé ici ? » La question surprend : quel intérêt ce renseignement peut-il avoir ? A moins qu’elle ne trahisse l’état d’esprit de la foule.
Tout à la joie de se rassasier du pain que Jésus venait de multiplier, elle ne s’est pas rendu compte de son départ discret. Ce qui montre bien - comme le confirme Jésus - qu’elle en est restée à la matérialité du pain sans reconnaître le signe qui lui était donné à travers cet aliment.
Les bénéficiaires du miracle se sont rendu compte de l’absence du Rabbi lorsqu’après le repas ils ont pris conscience de l’intérêt qu’il pouvait représenter : un pourvoyeur de nourriture à peu de frais.
Se mettant en quête de le retrouver afin de « s’emparer de lui et d’en faire leur roi » (Jn 6, 15), ils éprouvent un réel soulagement de le découvrir à Capharnaüm.
Avec délicatesse, Notre-Seigneur tente de leur faire accéder au sens du miracle de la multiplication des pains : le but n’était pas d’abord d’offrir à profusion une « nourriture qui se perd », mais de signifier que Celui qui peut miraculeusement rassasier de pain terrestre, est Celui que Le Père a envoyé pour offrir « la nourriture qui se garde jusque dans la Vie éternelle ».
La multiplication des pains est un des sept « signes » de la pédagogie divine visant à faire découvrir l’identité du « Fils de l’homme, Lui que Dieu a marqué de son empreinte ».

« Que faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? » Les interlocuteurs semblent prêts à reconnaître que la multiplication des pains résulte d’une intervention divine ; mais ils n’accèdent pas encore à la gratuité du don.
Le pain est le salaire de l’ouvrier travaillant au service d’un maître ; comment faut-il se faire embaucher par Dieu pour être assuré d’un salaire aussi abondant ?
La réponse de Jésus renverse paradoxalement les rôles : ce n’est pas l’homme qui travaille dans la vigne de Dieu, mais Le Seigneur qui est à l’œuvre dans nos vies pour nous orienter vers Lui : « Nul ne vient à Moi si Le Père ne l’attire » (Jn 6, 44). « Vous ne me chercheriez pas si L’Esprit-Saint ne vous orientait pas vers Moi. Et c’est encore L’Esprit qui vous presse de croire en Moi, l’Envoyé du Père ».

La tradition rabbinique rapportait que dans les temps messianiques, le miracle de la manne se reproduirait chaque jour.
Aussi les Juifs sollicitent-ils de Jésus le « signe » du renouvellement quotidien du prodige qu’il vient d’accomplir, pour accréditer qu’il est plus grand que Moïse.
La revendication de la foule reste au niveau d’un pain terrestre. Or le pain que les pères ont mangé au désert, tout comme le pain que Jésus vient de multiplier de l’autre côté du lac, sont préfiguratifs d’un autre pain, « le vrai Pain venu du Ciel », auquel Notre-Seigneur s’identifie explicitement : « Le Pain de Dieu, c’est Celui qui descend du Ciel et qui donne la Vie au monde ».
Ce Pain Divin c’est d’abord la Parole de Notre-Seigneur, - « L’homme ne vit pas de pain seulement, mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4, 4) - ; il est le Verbe de Dieu qui nous nourrit de la vraie Sagesse.
Mais Jésus se donnera bien plus radicalement encore en nourriture dans l’Eucharistie, le pain sur lequel il prononce sa Parole : « Prenez et mangez, ceci est mon Corps, livré pour vous ». C’est donc de toute sa Personne que Le Seigneur nous nourrit : « Moi je suis le Pain de Vie », c’est-à-dire le Pain qui donne part à la Vie Divine et fait de nous des fils.
C’est précisément en mangeant ce Pain dans la Foi en sa réalité profonde, que nous connaissons Le Père, source de tout bien ; « nul en effet ne connaît Le Père sinon Le Fils, et celui à qui Le Fils veut le révéler » (Lc 10, 22) par le don qu’il lui fait de tout Lui-même.

« Celui qui vient à Moi n’aura plus jamais faim ; celui qui croit en Moi n’aura plus jamais soif » : croire c’est venir à Jésus et se rassasier des eaux vives de L’Esprit : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à Moi, et qu’il boive, celui qui croit en Moi !
Comme dit l’Écriture : “Des fleuves d’eau vive jailliront de son Cœur”. En disant cela, il parlait de L’Esprit-Saint, L’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en Jésus » (Jn 7, 37-38).
Notre-Seigneur définit clairement la vie du disciple comme une Vie dans L’Esprit ; il convient dès lors que ce soit une Vie « selon la Vérité de Jésus Lui-même » (2nd lect.), puisque la mission de « L’Esprit de Vérité » est de nous « guider vers la Vérité toute entière » (Jn 16, 13), en reprenant ce qui vient de Jésus pour nous le faire connaître (cf. Jn 16, 13).

Voilà pourquoi le Chrétien doit s’efforcer jour après jour, dans la force de L’Esprit qui repose sur lui, de « se défaire de sa conduite d’autrefois, de l’homme ancien qui est en lui, et de se laisser guider intérieurement par un esprit renouvelé, afin d’adopter le comportement de l’homme nouveau, créé saint et juste dans la Vérité, à l’image de Dieu » (2nd lect.).
Telle est notre manière de « travailler » pour faire fructifier en nous « l’œuvre de Dieu ».

« Seigneur, Père Saint, chaque jour tu renouvelles pour nous le plus grand des miracles : “pour nous nourrir, tu fais pleuvoir la manne, tu nous donnes un froment du Ciel, tu nous nourris du pain des forts” (Ps 77).
Donne-nous de reconnaître ta paternité dans le don de ce Pain Divin par lequel nous nous unissons à Ton Fils pour ne faire avec Lui qu’un seul Corps.
Puissions-nous, dans la force de L’Esprit que ce Pain communique, “adopter résolument le comportement de l’homme nouveau” (2nd lect.) afin d’être dignes d’être appelés tes fils. »
Père Joseph-Marie

 

Autre commentaire de ce jour.
http://evangeli.net/evangile/jour/IV_161
Abbé Joaquim FONT i Gassol (Igualada, Barcelona, Espagne).

«‘Seigneur, donne-nous de ce pain-là, toujours’. ‘Moi, je suis le Pain de la Vie’»

Aujourd'hui, nous voyons différentes attitudes chez les personnes qui cherchent Le Seigneur: les uns ont mangé du pain matériel, les autres demandent encore des signes quand Le Seigneur vient de faire un grand miracle, d'autres encore se sont précipité pour le trouver et ont expérimenté une communion spirituelle avec Lui et lui disent «Seigneur, donne-nous de ce pain-là, toujours» (Jn 6,34).

Jésus a du être très content de voir l'effort avec lequel on le cherchait et on le suivait. Il enseignait à tous et les interpellait de plusieurs manières. Aux uns il disait: «Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la Vie éternelle» (Jn 6,27).
A ceux qui demandent «Que faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu?» (Jn 6,27) ils auront un conseil concret et précis dans la synagogue de Capharnaüm, où Le Seigneur annonce l'Eucharistie: «Croyez».

Toi et moi, qui essayons de rentrer dans le contexte de cet Évangile, voyons-nous le reflet de notre attitude? Nous, qui recherchons à revivre cette scène, quelles sont les phrases qui nous touchent le plus? Sommes-nous diligents à la tâche de chercher Jésus après tant de grâces, d'enseignements, d'exemples et de leçons, que nous avons reçus? Savons-nous faire une bonne Communion spirituelle ‘Seigneur, donne-nous de ce Pain-là, toujours’?

Le meilleur raccourci pour rencontrer Jésus c'est Marie. Elle est la Mère de Famille qui partage le pain blanc aux enfants dans la chaleur du foyer familial.
La Mère de l'Église qui a envie de nourrir ses enfants pour qu'ils grandissent, qu'ils aient des forces, qu'ils soient heureux, qu'ils puissent mener à bien l'œuvre sainte et qu'ils soient communicatifs.
Dans ses traités sur les mystères de la Foi Saint Ambroise, écrivait: «Ce que nous produisons, c'est le corps né de la Vierge. Pourquoi chercher ici l'ordre de la nature dans le corps du Christ, alors que Le Seigneur Jésus Lui-même a été enfanté par une Vierge en dehors du cours de la nature?».

L'Église, notre mère et institutrice, nous enseigne que la Sainte Eucharistie est «Sacrement de l'Amour, signe de l'unité, lien de la Charité, banquet pascal dans lequel Le Christ est mangé, l'âme est comblée de grâce, et le gage de la gloire future nous est donné» (Concile Vatican II).

 

HYMNE : VOICI LA NUIT

Voici la nuit, 
L'immense nuit des origines.
Et rien n'existe hormis l'Amour, 
Hormis l'Amour qui se dessine :
En séparant le sable et l'eau, 
Dieu préparait comme un berceau
La Terre où il viendrait au jour.

Voici la nuit, 
L'heureuse nuit de Palestine,
Et rien n'existe hormis l'Enfant, 
Hormis l'Enfant de vie divine :
En prenant chair de notre chair, 
Dieu transformait tous nos déserts 
En Terre d'immortels printemps. 

Voici la nuit, 
L'étrange nuit sur la colline,
Et rien n'existe hormis le Corps, 
Hormis le Corps criblé d'épines :
En devenant un crucifié, 
Dieu fécondait comme un verger
La Terre où le plantait la mort. 

Voici la nuit, 
La sainte nuit qui s'illumine,
Et rien n'existe hormis Jésus, 
Hormis Jésus où tout culmine :
En s'arrachant à nos tombeaux, 
Dieu conduisait au jour nouveau
La Terre où il était vaincu.

Voici la nuit, 
La longue nuit où l'on chemine,
Et rien n'existe hormis ce lieu, 
Hormis ce lieu d'espoirs en ruines :
En s'arrêtant dans nos maisons, 
Dieu préparait comme un Buisson
La Terre où tomberait le Feu !

 

HYMNE : Ô PÈRE DES SIÈCLES DU MONDE

Ô Père des siècles du monde,
Voici le dernier-né des jours
Qui monte
À travers nous, à la rencontre
Du Premier-né de ton amour.

C’est lui qui pour toi fit éclore,
C’est lui qui devant toi chantait
L’aurore,
Quand il n’était pas d’homme encore
Pour avoir part à sa beauté.

Par lui tout demeure en genèse,
Nos jours dans leur vieillissement
Se dressent
À leur éveil vers sa jeunesse,
Car il se lève à l’Orient.

C’est lui qui sans cesse ranime,
C’est lui qui sur les temps maintient
Cette hymne
Émerveillée dès l’origine
Devant l’ouvrage de tes mains.

Voici la nouvelle lumière
Montant au plus secret des corps ;
Ô Père,
Envoie le souffle sur la terre
Du Premier-né d’entre les morts.

HYMNE : PEUPLES, CRIEZ DE JOIE

Peuples, criez de joie
Et bondissez d’allégresse :
Le Père envoie son Fils
Manifester sa tendresse ;
Ouvrons les yeux :
Il est l’image de Dieu
Pour que chacun le connaisse.

Loué soit notre Dieu,
Source et Parole fécondes :
Ses mains ont tout créé
Pour que nos cœurs lui répondent ;
Par Jésus Christ,
Il donne l’être et la vie :
En nous sa vie surabonde.

Loué soit notre Dieu
Qui ensemence la terre
D’un peuple où son Esprit
Est plus puissant que la guerre ;
En Jésus Christ,
La vigne porte du fruit
Quand tous les hommes sont frères.

Loué soit notre Dieu
Dont la splendeur se révèle
Quand nous buvons le vin
Pour une terre nouvelle ;
Par Jésus Christ,
Le monde passe aujourd’hui
Vers une gloire éternelle.

Peuples, battez des mains
Et proclamez votre fête :
Le Père accueille en lui
Ceux que son Verbe rachète ;
Dans l’Esprit Saint
Par qui vous n’êtes plus qu’un,
Que votre joie soit parfaite !

 

Oraison du matin (Office des Laudes).
Assiste tes enfants, Seigneur, et montre à ceux qui t'implorent ton inépuisable Bonté ; c'est leur fierté de t'avoir pour Créateur et Providence : restaure pour eux ta Création, et l'ayant renouvelée, protège-la.

 

Parole de Dieu : (Ez 36, 25-27)… (Office des Laudes).
Je verserai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés. De toutes vos souillures, de toutes vos idoles, je vous purifierai. Je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau. J’enlèverai votre cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai en vous mon Esprit : alors vous suivrez mes lois, vous observerez mes Commandements et vous y serez fidèles.

 

Parole de Dieu : (2 Th 2, 13-14)… (Office des Vêpres).
Nous devons continuellement rendre grâce à Dieu pour vous, frères aimés du Seigneur, car Dieu vous a choisis dès le commencement, pour être sauvés par L’Esprit qui sanctifie et par la Foi en la Vérité. C’est à cela qu’il vous a appelés par notre Évangile, à posséder la Gloire de Notre Seigneur Jésus-Christ.

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Date de dernière mise à jour : 05/08/2018