Eucharistie du Dimanche 24 Décembre 2017 : Solennité de la Nativité du Seigneur. Messe de Minuit.

Eucharistie du Dimanche 24 Décembre 2017 : Solennité de la Nativité du Seigneur. Messe de Minuit.

Textes du jour (1ère lecture, Psaume, 2ème lecture, Évangile) :
Livre d'Isaïe 9,1-6… Psaume 96(95),1-2a.2b-3.11-12a.12b-13ac… Lettre de saint Paul Apôtre à Tite 2,11-14… Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,1-14.
Commentaire de la Liturgie byzantine.
Commentaire de Saint Raphaël Arnaiz Baron (1911-1938), Moine Trappiste espagnol.
Autre commentaire de Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787), Évêque et Docteur de l'Église.
Autre commentaire de Thomas de Celano (v. 1190-v. 1260), biographe de St François et de Ste Claire.
Autre commentaire du Carmel.
Autre commentaire de l’Abbé Ramon Octavi SÁNCHEZ i Valero (Viladecans, Barcelona, Espagne).
Petite Réflexion personnelle (Commentaire extrait de mon site internet).
Chant, Hymne, Oraison et Parole de Dieu.

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Dimanche 24 Décembre 2017 : Solennité de la Nativité du Seigneur. Messe de Minuit.
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Solennité de la Nativité du Seigneur - Messe de Minuit.

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Dimanche 24 Décembre 2017 : Fête de la Nuit de Noël.
Pour voir mon commentaire personnel sur cette grande Fête (en 3 parties), aller dans le menu déroulant à « Réflexion personnelle n°85 » ou sur le lien suivant :
Fête de la Nuit de Noël.

 

LITURGIE DE LA PAROLE.

Livre d'Isaïe 9,1-6.
Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre, une lumière a resplendi.
Tu as prodigué l'allégresse, tu as fait grandir la joie : ils se réjouissent devant toi comme on se réjouit en faisant la moisson, comme on exulte en partageant les dépouilles des vaincus.
Car le joug qui pesait sur eux, le bâton qui meurtrissait leurs épaules, le fouet du chef de corvée, tu les as brisés comme au jour de la victoire sur Madiane.
Toutes les chaussures des soldats qui piétinaient bruyamment le sol, tous leurs manteaux couverts de sang, les voilà brûlés : le feu les a dévorés.
Oui ! Un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l'insigne du pouvoir est sur son épaule ; on proclame son nom : « Merveilleux-Conseiller, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ».
Ainsi le pouvoir s'étendra, la paix sera sans fin pour David et pour son royaume. Il sera solidement établi sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Voilà ce que fait l'amour invincible du Seigneur de l'univers.

 

Psaume 96(95),1-2a.2b-3.11-12a.12b- 13a, 13bc.
Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
chantez au Seigneur et bénissez son nom !

De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

Joie au ciel ! Exulte la terre !
Les masses de la mer mugissent,
la campagne tout entière est en fête.

Les arbres des forêts dansent de joie
devant la face du Seigneur, car il vient,
car il vient pour juger la terre.

Il jugera le monde avec justice,
et les peuples selon sa vérité !

 

Lettre de saint Paul Apôtre à Tite 2,11-14.
La grâce de Dieu s'est manifestée pour le salut de tous les hommes.
C'est elle qui nous apprend à rejeter le péché et les passions d'ici-bas, pour vivre dans le monde présent en hommes raisonnables, justes et religieux,
et pour attendre le bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la gloire de Jésus Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur.
Car il s'est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,1-14.
En ces jours-là, parut un édit de l'empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre -
ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. -
Et chacun allait se faire inscrire dans sa ville d'origine.
Joseph, lui aussi, quitta la ville de Nazareth en Galilée, pour monter en Judée, à la ville de David appelée Bethléem, car il était de la maison et de la descendance de David.
Il venait se faire inscrire avec Marie, son épouse, qui était enceinte.
Or, pendant qu'ils étaient là, arrivèrent les jours où elle devait enfanter.
Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n'y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans les environs se trouvaient des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
L'ange du Seigneur s'approcha, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d'une grande crainte,
mais l'ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd'hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est le Messie, le Seigneur.
Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l'ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime. »

 

Commentaire du jour.
Liturgie byzantine.
Vêpres du 20 Décembre (trad. cf Guéranger, L'Année liturgique, 3e Mardi Avent)

Bethléem, prépare-toi, il vient !

Bethléem, prépare-toi : les portes de l'Éden s'ouvrent pour tous. Réjouis-toi, Éphrata (Mi 5,1), car dans la grotte la Vierge fait fleurir l'arbre de vie...
Le Christ s'approche pour nous servir ; il prend, Lui, le Créateur, la forme de l'œuvre de ses mains. Riche de sa Divinité et plein de Miséricorde, il apporte au malheureux Adam une Création et une naissance nouvelles.
Il incline les Cieux, et du sein de la Vierge il s'approche de nous, revêtu de notre chair. Il va naître dans la grotte de Bethléem, selon les Écritures ; il va paraître comme un enfant, lui qui donne la vie aux enfants dans le sein de leur mère.

Allons à sa rencontre ; allons à Bethléem dans la joie et l'âme en fête. Le Seigneur...vient chez lui comme un étranger ; accueillons-le afin de devenir les hôtes de son paradis et d'y demeurer par la Miséricorde de celui qui naît dans l'étable. Déjà s'ouvrent à nous les portiques de l'Incarnation du Verbe de Dieu.

Cieux, soyez dans la joie ! Anges, tressaillez d'allégresse ! Que la Terre et ceux qui l'habitent se livrent à la joie avec les bergers et les mages !
La Vierge Marie s'avance, portant un vase d'albâtre plein de parfum ; elle l'apporte dans la grotte, afin d'embaumer nos âmes de son parfum dans L'Esprit-Saint. Accourez, puissances des anges !
Vous qui habitez Bethléem, préparez la crèche, car Le Christ est en chemin, la Sagesse s'avance. Fidèles, recevez donc nos vœux ; peuples, disons pour réjouir la Mère de Dieu : « Béni soit celui qui vient, Notre Dieu ! » (Mt 21,9)
Le Christ Notre Dieu va paraître au grand jour ; il ne tardera pas. Il va naître d'une Vierge immaculée ; bientôt il reposera dans la grotte...
Mène le chœur, Isaïe, annonce le Verbe de Dieu, prophétise-nous comment le buisson de la Vierge est en feu sans se consumer (Ex 3,2)...
L'astre mystérieux qui s'arrête au-dessus de l'étable désigne l'Auteur de la vie, Le Seigneur qui vient sauver tous les hommes.

 

Commentaire du jour.
Saint Raphaël Arnaiz Baron (1911-1938), Moine Trappiste espagnol.
Écrits spirituels, 27/12/1936 (trad. Cerf 2008, p. 278)

« Je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande Joie pour tout le peuple »

Il fait très froid sur terre. Les Cieux sont brodés d’étoiles qui se devinent seulement sur le fond bleu foncé de la voûte Céleste inondée de ténèbres.
Sur la terre, une des plus petites étoiles de l’immense système planétaire, sont en train de se produire cette nuit des prodiges qui étonnent les anges… : un Dieu qui, par Amour pour l’homme, descend humilié dans la chair mortelle, et naît d’une femme dans une des étoiles les plus petites, une des plus froides, sur la terre…

Les hommes ont aussi de la glace dans leur cœur. Personne n’accourt assister au miracle de la Naissance de Dieu.
Le monde entier se réduit seulement à une femme appelée Marie, à un homme aux yeux bleus, qui s’appelle Joseph, et à un enfant nouveau-né, qui, enveloppé dans des langes, ouvre ses yeux pour la première fois sous le souffle chaud d’un âne et d’un bœuf, reposant sur une poignée de paille que la pauvreté de Joseph, la sollicitude et l’amour de Marie lui ont procurée.
Le monde entier dort, inconscient, dans le lourd sommeil de la chair. Il fait très froid cette nuit-là sur la terre de Juda.
Les étoiles brodées dans les Cieux sont les yeux des anges qui chantent « Gloire à Dieu dans les hauteurs ! », chant entonné pour Dieu, et entendu par quelques bergers qui surveillent leurs troupeaux et accourent adorer, avec leur âme d’enfant, Jésus qui vient de naître. C’est la première leçon de l’Amour de Dieu…

Bien que mon âme n’ait ni la chasteté de Joseph ni l’amour de Marie, j’ai offert au Seigneur mon absolue pauvreté de tout, mon âme vide.
Si je ne lui ai pas entonné des hymnes comme les anges, j’ai essayé de lui chanter quelques refrains de bergers, la chanson du pauvre, de celui qui n’a rien ; la chanson de celui qui ne peut offrir à Dieu que misères et faiblesses.
Mais qu’importe, car les misères et les faiblesses offertes à Jésus avec un cœur vraiment amoureux sont acceptées par lui comme si elles étaient des vertus.
Grande, immense est la Miséricorde de Dieu ! Ma chair mortelle n’entend pas les louanges du Ciel, mais mon âme devine que, aujourd’hui aussi comme alors, les anges regardent étonnés la Terre, et entonnent le « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux, et Paix sur terre aux hommes de bonne volonté ! »

 

Autre commentaire du jour.
Saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787), Évêque et Docteur de l'Église.
Discours pour la neuvaine de Noël, n° 10 (trad. Eds. Saint Paul 1993, p. 133s rev.)

« Je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande Joie pour tout le peuple »

« Je vous annonce une grande Joie. » Telles sont les paroles de l'ange aux bergers de Bethléem.
Je vous les redis aujourd'hui, âmes fidèles : je vous apporte une nouvelle qui doit vous causer une grande Joie.
Pour de pauvres exilés, condamnés à mort, peut-il y avoir plus heureuse nouvelle que celle de l'apparition de leur Sauveur, venu non seulement les délivrer de la mort, mais leur obtenir le retour dans la patrie ?
C'est précisément ce que je vous annonce : « Un Sauveur vous est né »...

Quand un monarque fait sa première entrée dans une ville de son royaume, on lui rend les plus grands honneurs ; que de décors, que d'arcs de triomphe !
Prépare-toi donc, ô heureuse Bethléem, à recevoir dignement ton Roi... Sache, te dit le prophète (Mi 5,1), que parmi toutes les cités de la Terre, tu es la plus favorisée, puisque c'est toi que le Roi du Ciel a choisie pour lieu de sa naissance ici-bas, afin de régner ensuite non pas seulement sur la Judée, mais sur les cœurs des hommes en tous lieux...
Qu'auront dit les anges en voyant la Mère de Dieu entrer dans une grotte pour y enfanter le Roi des rois !
Les enfants des princes viennent au monde dans des appartements étincelants d'or...; ils sont entourés des plus hauts dignitaires du royaume.
Le Roi du Ciel, lui, veut naître dans une étable froide et sans feu ; pour se couvrir, il n'a que de pauvres lambeaux ; pour reposer ses membres, qu'une mangeoire misérable avec un peu de paille...

Ah ! La seule considération de la Naissance de Jésus-Christ et des circonstances qui l'accompagnèrent, devrait nous embraser d'Amour ; et les seuls mots de grotte, de mangeoire, de paille, de lait, de vagissements, replaçant devant nos yeux l'Enfant de Bethléem, devraient être pour nous autant de flèches enflammées blessant d'Amour tous nos cœurs.

Heureuse grotte, mangeoire, paille ! Mais bien plus heureuses les âmes qui chérissent avec ferveur et Tendresse ce Seigneur tant digne d'Amour et qui, brûlant de Charité ardente, le reçoivent dans la sainte Communion.
Avec quel élan, avec quelle joie Jésus vient reposer dans l'âme qui l'aime vraiment !

 

Commentaire du jour.
Thomas de Celano (v. 1190-v. 1260), biographe de St François et de Ste Claire.
Première Vie de saint François, §84-86 (trad. Desbonnets, Documents, p. 265 rev.).

Saint François à la première crèche de Noël

Une quinzaine de jours avant Noël, François a dit... : « Je veux évoquer le souvenir de l'Enfant qui est né à Bethléem et de toutes les peines qu'il a endurées dès son enfance. Je veux le voir, de mes yeux de chair, tel qu'il était, couché dans une mangeoire et dormant sur le foin, entre un bœuf et un âne »...

Le jour de Joie est arrivé... On a convoqué les Frères de plusieurs Couvents des environs. Chacun selon ses possibilités, l'âme en fête, les gens du pays, hommes et femmes, ont préparé des torches et des cierges pour rendre lumineuse cette nuit qui a vu se lever l'étoile étincelante qui éclaire tous les siècles.
En arrivant, le Saint a vu que tout était prêt et s'est réjoui beaucoup. On avait apporté une mangeoire et du foin ; on avait amené un âne et un bœuf.
Là vraiment la simplicité était à l'honneur, c'était le triomphe de la pauvreté, la meilleure leçon d'humilité : Greccio était devenu un nouveau Bethléem.
La nuit s'est faite aussi lumineuse que le jour et aussi délicieuse pour les animaux que pour les hommes.
Les foules ont accouru, et ce renouvellement du mystère a ravivé leur Joie. Les bois retentissaient de chants ; les montagnes en répercutaient les échos.
Les Frères chantaient les louanges du Seigneur, et toute la nuit s'est passée dans la Joie. Le Saint a passé la veillée debout devant la crèche, brisé de Compassion, rempli d'une Joie inexprimable.
Enfin, on a Célébré la Messe sur la mangeoire comme autel, et le Prêtre a ressenti une ferveur jamais éprouvée jusqu'alors.

François a revêtu la dalmatique, car il était diacre, et il a chanté l'Évangile d'une voix sonore... Il a prêché ensuite au peuple et a trouvé des mots doux comme le miel pour parler de la Naissance du pauvre Roi et de la petite ville de Bethléem.

 

Autre commentaire du Carmel.
http://www.carmel.asso.fr/Nuit-de-Noel-2010.html

« Dieu a rendu brève sa Parole, il l’a abrégée »

Pour guider notre Foi, la Parole de Dieu qui nous est offerte dans cette Liturgie de Noël nous propose le contraste entre la nuit et la lumière, la gloire et l’humilité.
Au cœur de la nuit, c’est élevé une lumière pour éclairer tout homme, « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi » nous dit le prophète Isaïe.
Et l’apôtre Paul précise que « La grâce de Dieu s’est manifestée pour le Salut de tous les hommes.
C’est elle qui nous apprend à (…) attendre le Bonheur que nous espérons avoir quand se manifestera la Gloire de Jésus-Christ, notre grand Dieu et notre Sauveur ».
Tandis que l’ange annonce aux bergers : « je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande Joie pour tout le peuple : Aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David.
Et voilà le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ».

Dans ce contraste se trouve résumé le mystère de l’incarnation où Dieu rejoint notre humanité.
Rien de merveilleux, rien d’extraordinaire, rien d’éclatant n’est donné comme signe aux bergers.
Ils verront seulement un enfant entouré de langes qui, comme tous les enfants, a besoin de soins maternels ; un enfant qui est né dans une étable et qui, de ce fait, est couché non pas dans un berceau, mais dans une mangeoire.
Le signe de Dieu est l’enfant, avec son besoin d’aide et avec sa pauvreté. C’est seulement avec le cœur que les bergers pourront voir qu’en cet enfant, la promesse du prophète Isaïe que nous venons d’entendre dans la première lecture est devenue réalité : « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l’insigne du pouvoir est sur ses épaules » (Is 9, 5). La Lumière et la force de Dieu se sont limitées dans la faiblesse de l’Enfant-Jésus.

Dans sa dernière encyclique sur la Parole de Dieu, Benoît XVI nous rappelait que « selon leur traduction grecque de l’Ancien Testament, les Pères de l’Église ont trouvé une parole du prophète Isaïe - que Saint Paul cite aussi - pour montrer que les voies nouvelles de Dieu étaient déjà annoncées dans l’Ancien Testament.
On pouvait y lire : « Dieu a rendu brève sa Parole, il l’a abrégée » (Is 10, 23 ; Rm 9, 28). Les Pères l’interprétaient dans un double sens.
Le Fils Lui-même est la Parole, le Logos ; la Parole éternelle s’est faite petite – si petite qu’elle peut entrer dans une mangeoire.
Et elle s’est faite enfant, afin que la Parole devienne pour nous saisissable.
À présent, la Parole n’est pas seulement audible, elle ne possède pas seulement une voix, maintenant la Parole a un visage que nous pouvons voir : Jésus de Nazareth. »

Ainsi, « Dieu a abrégé sa Parole », Il n’est plus loin, Il n’est plus inconnu, Il n’est plus inaccessible à notre cœur.
Il s’est fait enfant pour nous et, il a dissipé toute ambiguïté. Il s’est fait notre prochain dans la faiblesse, restaurant encore de cette manière l’image de l’homme qui, souvent, nous apparaît si peu aimable.
Et par là, Dieu pour nous s’est fait don, Il s’est donné Lui-même. Lui, l’Éternel qui est au-delà du temps, a assumé le temps, il a tiré vers le haut notre temps, près de Lui.
Noël est devenu la Fête des dons, pour imiter Dieu qui s’est donné Lui-même à nous. Dès lors tous nos échanges de vœux et de cadeau ne prennent véritablement sens que dans la mesure où ils expriment notre bonne volonté de nous donner aux autres, notre générosité.

« Dieu a abrégé sa Parole » pour la rendre définitivement accessible non seulement en se livrant dans un corps mais aussi dans sa prédication en sachant ramener nos cœurs à l’essentiel.
Alors que la Parole de Dieu communiquée dans les livres de l’Écriture Sainte était, au fil du temps, devenue longue.
Longue et compliquée, non seulement pour les gens simples, mais même encore plus pour les personnes qui connaissaient l’Écriture Sainte, pour les savants qui, clairement, se perdaient dans les détails et dans les problèmes qui en découlaient, ne réussissant presque plus à trouver une vision d’ensemble.
Jésus a « rendu brève » la Parole – il nous a fait voir à nouveau sa plus profonde simplicité et sa plus profonde unité.
Tout ce que nous enseignent la Loi et les prophètes est résumé – dit-il – dans les paroles : « Tu aimeras Le Seigneur Ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit… Tu aimeras ton prochain comme toi -même » (Mt 22, 37-39).
Tout est là – la Foi entière se réduit à cet unique acte d’Amour, qui englobe Dieu et les hommes.

Enfin, les Père de l’Église donnent une troisième signification à l’affirmation sur la Parole devenue « brève » et « petite ».
Aux bergers, il fut dit qu’ils auraient trouvé l’enfant dans une mangeoire pour animaux.
Relisant Isaïe (1, 3) « Le bœuf connaît son propriétaire et l’âne, la crèche de son maître. Israël ne me connaît pas, mon peuple ne comprend pas », les Pères ont déduit que, près de la mangeoire à Bethléem, il y avait un bœuf et un âne et ils ont interprété le texte dans le sens où ce serait un symbole des Juifs et des païens, donc de l’humanité entière, qui ont besoin d’un sauveur : de ce Dieu qui s’est fait enfant.
Ceux qui nous représentent à la crèche, ce sont le bœuf et l’âne qui nous interroge sur notre Foi : nous avons reconnu notre sauveur, et vous ?
L’homme, pour vivre, a besoin de pain, du fruit de la terre et de son travail, mais il ne vit pas seulement de pain, il a besoin de nourriture pour son âme : il a besoin d’un sens qui remplit sa vie.
Ainsi, pour les Pères, la mangeoire des animaux est devenue le symbole de l’autel, sur lequel est déposé le Pain, qui est Le Christ Lui-même : la vraie nourriture pour nos cœurs. Et nous voyons encore une fois qu’il s’est fait petit, sous l’humble apparence de l’hostie, d’un petit morceau de pain, Il se donne Lui-même à nous pour être notre nourriture.

Le signe de Dieu est la simplicité de l’enfance et de l’hostie. Le signe de Dieu est qu’Il se fait petit et vulnérable pour nous. Telle est sa façon de régner.
Il ne vient pas avec puissance ni grandeur extérieure. Il vient comme un enfant. Il ne veut pas s’imposer par la force.
Il nous enlève la peur de sa grandeur. Il ne veut rien d’autre de nous, si ce n’est notre Amour.
« Dieu a rendu brève sa Parole, il l’a abrégée » (Is 10, 23 ; Rm 9, 28).
Le Fils, Lui-même, est la Parole de Dieu, il est le Logos, la Parole éternelle qui s’est faite petite, si petite qu’elle peut entrer dans une mangeoire.
La Parole s’est faite enfant et pain, afin qu’Elle devienne pour nous saisissable, assimilable.

 

Autre commentaire de ce jour.
http://evangeli.net/evangile/jour/I_41
Abbé Ramon Octavi SÁNCHEZ i Valero (Viladecans, Barcelona, Espagne).

Vous est né un Sauveur, dans la ville de David. Il est Le Messie, Le Seigneur.

Aujourd'hui, le Sauveur est venu au monde. Voici la bonne nouvelle de la nuit de Noël. Comme tous les Noëls, Jésus vient à nouveau au monde, dans chaque foyer, dans nos cœurs.

Mais, contrairement à la façon dont notre société consommatrice commémore cette Fête, Jésus ne vient pas au monde dans un environnement d'opulence, de shopping, de luxe, de caprices, et de grands repas. Jésus vient au monde dans la simplicité d'un portail et une mangeoire.

Et ce fut ainsi car il était rejeté par les hommes, personne n'a voulu les accueillir, ni dans les maisons, ni dans les auberges.
Marie et Joseph, ainsi que Jésus bébé, ont ressenti ce que veut dire le rejet, le manque de générosité et de solidarité.

Peu après, avec l'annonce de l'Ange -«Ne craignez pas, car voici que je viens vous annoncer une bonne nouvelle, une grande Joie pour tout le peuple» (Lc 2,10)- ils sont tous accourus pour adorer Le Fils de Dieu.
C'est un peu comme dans notre société qui marginalise et rejette les gens parce qu'ils sont pauvres, étrangers ou simplement différents et ensuite fête Noël en parlant de paix, de solidarité et d'amour.

En ce jour, nous les Chrétiens nous sommes remplis de joie, et à juste titre. Comme l'affirme Saint Léon le Grand: «La tristesse n’est pas de mise en ce jour où naît la Vie».
Mais nous ne pouvons oublier que cette naissance demande de notre part un compromis: celui de vivre Noël de la façon la plus proche possible de celle vécue par la Sainte Famille.
C'est à dire, sans ostentations, sans dépenses inutiles, sans jeter l'argent par la fenêtre. Fêter et faire la fête est tout à fait compatible avec austérité ainsi qu'avec pauvreté.

Par ailleurs, si pendant ces jours nous n'éprouvons pas de sentiments de solidarité envers ceux qui sont rejetés, les étrangers, les sdf, cela veut dire qu'au fond nous sommes comme les habitants de Bethléem: nous n'accueillons pas le Petit Jésus.

 

Petite Réflexion personnelle (Commentaire extrait de mon site internet).
http://reflexionchretienne.e-monsite.com/pages/reflexions-personnelles-76-100/fete-de-la-nuit-de-noel/jeudi-24-decembre-2009-messe-de-la-nuit-fete-de-la-nativite-de-jesus-1ere-partie.html

Jésus est venu au monde (en tant qu’Humain) dans une caverne froide et « immonde » au milieu d’animaux, sur de la paille, la paille d’une mangeoire.
Lorsque nous recevons Jésus en nous au travers de Sa Parole et de Son Corps dans L’Eucharistie…Jésus vient dans notre âme (et Il ne vient pas seul, puisque avec Lui se trouvent Le Père, Le Saint-Esprit, La Très Sainte Vierge Marie, Les Anges…Le Ciel) et désire y prendre Naissance et Vie.

Pensons que notre âme c’est cette caverne…car il n’y avait pas de place ailleurs pour le recevoir !!!
Rendons alors Gloire à Dieu, car s’il était né dans un Palais de très grand Luxe…cela aurait signifié pour chacun de nous, avec tous nos péchés qui sont « immondes » aux yeux de Dieu, que Jésus ne serait jamais venu naître dans notre âme « pourrie »…seuls les plus grands Saints sur Terre auraient pu l’accueillir et le recevoir !!!


Jésus est né dans un des lieux les pires qui soient à Bethléem, à la fois loin de La Beauté des magnifiques logements (il devait bien y en avoir), loin des lieux « biens » où les gens allaient (comme les bons Chrétiens et les lieux où ils vont régulièrement), perdu aux milieux des ruines (avec notre âme infectée par nos nombreux péchés, voir agonisante…et parfois mourante…même si notre corps est en bonne santé).

Pensons que Notre Dieu n’a pas été rebuté de venir naître dans une caverne, sous des ruines.
Réalisons alors que Jésus ne demande qu’à venir habiter notre âme…même si celle-ci est une ruine « immonde » remplie d’animaux et de leur pourriture, de détritus et d’excréments !!!

Jésus ne refuse à personne, quel que soit l’état de son âme, le plaisir de l’accueillir et de naître à l’intérieur de son âme !!!

Maintenant, il nous faut quand même réaliser que pour l’accueillir, il nous faut, à l’image de Joseph, nettoyer cette caverne non seulement pour la rendre habitable, mais aussi pour réchauffer le cœur de Jésus, de Notre Dieu qui vient habiter en nous, dans notre âme.

Oui Dieu accepte de venir dans notre âme, quel que soit son état (car Il nous Aime d’un Amour Infini), mais pensons qu’Il vient en nous en petit bébé fragile…alors servons nous de notre esprit pour rejeter les tendances corrompues de notre chair, et faire de notre âme un lieu accueillant où Jésus bébé et naissant en nous, pourra trouver chaleur, Amour et Prévenance.

Sachons alimenter le feu d’Amour que Dieu met à notre disposition (même dans cette caverne…se trouvait du foin…et s’il était humide…il pouvait permettre de sécher et de se réchauffer…et surtout de réchauffer Jésus…et permettre à Marie de nourrir Son Jésus pour qu’Il reste en vie…dans notre âme !!!).

Ne négligeons jamais de prendre soin de La Très Sainte Vierge Marie…car Elle a donné, Unie à L’Esprit-Saint, Vie Humaine à Jésus. Elle est La Maman de Jésus, L’Épouse du Saint-Esprit et La Fille du Père…elle est à la fois Épouse, Mère et Fille de Dieu.
Elle nourrit Jésus Bébé en nous pour le faire grandir en taille et en Sagesse dans notre âme, alors ne permettons pas qu’elle ait froid, qu’elle soit triste ou délaissée afin qu’Elle puisse apporter une seine nourriture à Son Fils Jésus Bébé, et qu’Elle le fasse avec Joie et empressement, sûre que Son Fils est Aimé par nous !!!

N’oublions jamais : Jésus ne vient pas seulement naître dans les âmes qui ne le connaissent pas, mais aussi en chacun, quel que soit le niveau Spirituel (même s’il est « immense ») où nous en sommes et notre ancienneté dans La Foi et La Vie Chrétienne.
Cela nous concerne tous…car L’Amour de Dieu est infini, La Connaissance de Dieu est infinie, La Découverte de Dieu est infinie…
Et nous, nous sommes très limités, alors…Dieu a besoin de naître et de renaître en chacun de nous…pour nous faire découvrir une autre facette de Son Amour, une autre facette de Sa Connaissance, une autre facette de La Découverte de Son Être…

Et Il met sur notre route, quel que soit notre niveau Spirituel, des bergers, des petits, et même parfois de « grands Mystiques » si nécessaire…pour nous nourrir, nous réchauffer et nous faire avancer toujours plus dans la découverte de Son Amour Infini !!! 

Il ne met jamais une seule personne…mais chacun apporte sa « graine » à notre âme (graine qu’il a reçue de Dieu en devenant, au moins pour un temps, un canal ouvert laissant passer La Grâce de Dieu) …et c’est Dieu qui ensuite la recueille au fond de notre âme et la fait ensuite germer en nous.
Il fait ainsi pour que personne ne se dise : « C’est moi qui est conduit cette personne là où elle est arrivée…c’est moi son sauveur !!! ».

Comme beaucoup de personnes ont apporté leurs graines…ils ne peuvent que rendre Gloire à Dieu pour ce qu’Il fait en chacun…car tous reçoivent…aussi bien ceux dont Jésus né (ou renaît) dans leur âme, que les bergers et petits qui viennent réchauffer Jésus dans le cœur de cette personne…qui reçoivent La Paix de Jésus.
Tous en ressentent Sa Gloire et Son Amour au fond de leur âme, les Saints Anges qui la transmettent à leur esprit, et leurs chants ainsi que leurs Lumières qui éblouissent leur corps.

 

Chant.

R/Notre âme attend le Seigneur,
en lui la joie de notre cœur.

Proche est son salut pour qui le craint
et sa gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent ;
justice et paix s'embrassent.

Vérité germera de la terre
et des cieux se penchera la justice.

 

HYMNE : LE FILS DE L'HOMME EST NÉ

Le Fils de l'homme est né, Noël ! 
Jésus nous est donné.
Jour de notre grâce : 
L'étable accueille un Dieu caché,
Rebut de notre race, 
Il vient sauver le monde entier.
Paix à ceux qu'il aime. Dieu soit glorifié !

Le Fils de l'homme est né, Noël ! 
Jésus nous est livré.
Pain pour notre table : 
La terre s'ouvre au grain jeté ;
Broyé pour les coupables, 
Il vient nourrir les corps lassés.
Paix à ceux qu'il aime. Dieu soit exalté !

Le Fils de l'homme est né, Noël ! 
Jésus nous est livré.
Joie pour les convives : 
La coupe attend le sang versé ;
Fontaine des eaux vives, 
Il vient laver les corps souillés.
Paix à ceux qu'il aime. Dieu soit magnifié !

Le Fils de l'homme est né, Noël ! 
Jésus nous est livré.
Fruit pour le Calvaire : 
Son corps est lourd de nos péchés ;
Brasier de vraie lumière, 
Il vient brûler le bois tombé.
Paix à ceux qu'il aime. Dieu soit sanctifié !

Le Fils de l'homme est né, Noël ! 
Jésus nous est donné.
Roi pour la victoire : 
La nuit flamboie de sa clarté ;
Promesse de la gloire, 
Il vient changer les corps brisés.
Paix à ceux qu'il aime. Dieu soit glorifié !

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Date de dernière mise à jour : 24/12/2017