Eucharistie du Mercredi 14 Février 2018 : L’Église Célèbre la Solennité du Mercredi des Cendres

Eucharistie du Mercredi 14 Février 2018 : L’Église Célèbre la Solennité du Mercredi des Cendres (entrée en Carême, Célébration pénitentielle).

L’Église Célèbre la Fête (en Europe et fait mémoire obligatoire ailleurs) des Saints Cyrille (Moine) et Méthode (Évêque), Apôtres des Slaves, Co-Patrons de l'Europe (IXe siècle).

(Mais la Célébration de la Solennité du Mercredi des Cendres a la préséance sur la Fête (en Europe et mémoire obligatoire ailleurs) des Saints Cyrille (Moine) et Méthode (Évêque)).

Fête de Saint Valentin, Évêque et martyr († v. 273).
Fête de Geneviève de Gaulle Anthonioz (1920-2002).


Textes du jour (1ère lecture, Psaume, 2ème lecture, Évangile) :
Livre de Joël 2,12-18… Psaume 51(50),3-4.5-6a.12-13.14.17… Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 5,20-21.6,1-2… Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,1-6.16-18.
Commentaire de Saint Léon le Grand (?-v. 461), Pape et Docteur de l'Église.
Autre commentaire de Saint Maxime de Turin (?-v. 420), Évêque.
Autre commentaire de Saint Jean-Paul II (1920-2005), Pape.
Autre commentaire du Pape Benoît XVI.
LETTRE DE SAINT CLÉMENT DE ROME AUX CORINTHIENS : « Convertissez-vous ».
Autre commentaire de Frère Élie, Moine de la Famille de Saint Joseph.
Autres commentaires de Pbro. D. Luis A. GALA Rodríguez (Campeche, Mexique) et de l’Abbé Manel VALLS i Serra (Barcelona, Espagne).
Hymne, Oraison et Parole de Dieu.

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Mercredi 14 Février 2018 : Fête du Mercredi des Cendres (entrée en Carême, Célébration pénitentielle).
Pour en découvrir davantage sur cette Fête, aller dans le menu déroulant à « Les Fêtes Catholiques » ou sur le lien suivant :
Fête du Mercredi des Cendres.

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Mercredi 14 Février 2018 : Fête des Saints Cyrille et Méthode, Apôtres des Slaves, Co-Patrons de l'Europe (IXe siècle).
Pour voir leur vie et en découvrir davantage sur eux, aller dans le menu déroulant à « Vie des Saints » ou sur le lien suivant :
Saints Cyrille et Méthode, Apôtres des Slaves.

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Mercredi 14 Février 2018 : Fête de Saint Valentin, Évêque et martyr († v. 273).
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Saint Valentin, Évêque et martyr.

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Mercredi 14 Février 2018 : Fête de Geneviève de Gaulle Anthonioz (1920-2002).
Elle n’est ni Béatifiée, ni Canonisé mais une belle vie à découvrir.

Pour voir sa vie et en découvrir davantage sur elle, aller dans le menu déroulant à « Vie des Saints » ou sur le lien suivant :
Geneviève de Gaulle Anthonioz.

 

LITURGIE DE LA PAROLE.

Livre de Joël 2,12-18.
Parole du Seigneur : « Revenez à moi de tout votre cœur, dans le jeûne, les larmes et le deuil ! »
Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, et revenez au Seigneur votre Dieu, car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d'amour, renonçant au châtiment.
Qui sait ? Il pourrait revenir, il pourrait renoncer au châtiment, et vous combler de ses bienfaits : ainsi vous pourrez offrir un sacrifice au Seigneur votre Dieu.
Sonnez de la trompette dans Jérusalem : prescrivez un jeûne sacré, annoncez une solennité,
réunissez le peuple, tenez une assemblée sainte, rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons ! Que le jeune époux sorte de sa maison, que la jeune mariée quitte sa chambre !
Entre le portail et l'autel, les prêtres, ministres du Seigneur, iront pleurer et diront : « Pitié, Seigneur, pour ton peuple, n'expose pas ceux qui t'appartiennent à l'insulte et aux moqueries des païens ! Faudra-t-il qu'on dise : 'Où donc est leur Dieu ? ' »
Et le Seigneur s'est ému en faveur de son pays, il a eu pitié de son peuple.

 

Psaume 51(50),3-4.5-6a.12-13.14.17.
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave-moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j'ai péché,

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d'être sauvé ;
que l'esprit généreux me soutienne.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.

 

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 5,20-21.6,1-2.
Frères, nous sommes les ambassadeurs du Christ et par nous, c'est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu.
Celui qui n'a pas connu le péché, Dieu l'a pour nous identifié au péché des hommes, afin que, grâce à lui, nous soyons identifiés à la justice de Dieu.
Et puisque nous travaillons avec lui, nous vous invitons encore à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu.
Car il dit dans l'Écriture : Au moment favorable je t'ai exaucé, au jour du salut je suis venu à ton secours. Or, c'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 6,1-6.16-18.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement, il n'y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux.
Ainsi, quand tu fais l'aumône, ne fais pas sonner de la trompette devant toi, comme ceux qui se donnent en spectacle dans les synagogues et dans les rues, pour obtenir la gloire qui vient des hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite,
afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Et quand vous priez, ne soyez pas comme ceux qui se donnent en spectacle : quand ils font leurs prières, ils aiment à se tenir debout dans les synagogues et les carrefours pour bien se montrer aux hommes. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.
Et quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu, comme ceux qui se donnent en spectacle : ils se composent une mine défaite pour bien montrer aux hommes qu'ils jeûnent. Amen, je vous le déclare : ceux-là ont touché leur récompense.
Mais toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ;
ainsi, ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement de ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais dans le secret : il te le revaudra.

 

Commentaire du jour.
Saint Léon le Grand (?-v. 461), Pape et Docteur de l'Église.
10e homélie pour le Carême, 10,2-4 (trad. Bréviaire, 3e Dimanche du Carême ; SC 49 rev)

Les exercices du Carême : « Déchirez vos cœurs et non vos vêtements ; revenez au Seigneur Votre Dieu » (Jl 2,13)

Le Seigneur a dit : « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs » (Mt 9,13). Il n'est donc permis à aucun Chrétien de haïr qui que ce soit, car personne n'est sauvé autrement que grâce au pardon des péchés...
Que le peuple de Dieu soit donc saint, et qu'il soit bon : saint pour se détourner de ce qui est défendu, bon pour accomplir ce qui est commandé.
C'est une grande chose, certes, d'avoir une Foi droite et une doctrine sainte ; il est très louable de réprimer la gloutonnerie, d'avoir une douceur et une chasteté irréprochable, mais toutes ces vertus ne sont rien sans la Charité...

Mes bien-aimés, tous les temps conviennent pour réaliser ce bien de la Charité, mais le Carême nous y invite plus spécialement.
Ceux qui désirent accueillir la Pâque du Seigneur avec la sainteté de l'esprit et du corps doivent s'efforcer avant tout d'acquérir ce don qui contient l'essentiel des vertus et qui « couvre la multitude des péchés » (1P 4,8).
C'est pourquoi, au moment de célébrer le mystère qui surpasse tous les autres, celui par lequel le Sang de Jésus-Christ a effacé nos fautes, préparons en premier lieu les sacrifices de la Miséricorde.
Ce que la bonté de Dieu nous a accordé, accordons-le à ceux qui ont péché contre nous. Que les injustices soient jetées dans l'oubli, que les fautes n'entraînent pas le châtiment, et que tous ceux qui nous ont offensés ne craignent plus d'être payés de retour...

Chacun doit bien savoir qu'il est lui-même pécheur et, pour recevoir lui-même le pardon, il doit se réjouir d'avoir trouvé quelqu'un à qui pardonner.
Ainsi, lorsque nous dirons, selon l'enseignement du Seigneur : « Pardonne-nous nos offenses comme nous avons nous-mêmes pardonné à ceux qui nous ont offensés » (Mt 6,12), nous pouvons être sûrs que nous obtiendrons la Miséricorde de Dieu.

 

Commentaire du jour.
Saint Maxime de Turin (?-v. 420), Évêque.
Sermon 28, PL 57, 587s = CC Sermon 35, p.136s (trad. Les Pères dans la Foi, Migne 1996, p. 92s)

Quarante jours qui nous conduisent vers le Baptême dans la mort et la Résurrection du Christ

« Au moment favorable, je t'ai exaucé ; au jour du Salut je t'ai secouru » (Is 49,8). L'apôtre Paul continue la citation par ces mots : « Le voici maintenant le moment, le voici maintenant le jour du Salut » (2Co 6,2).
À mon tour je vous prends à témoin, voici venus les jours de la Rédemption, voici venu en quelque sorte le moment de la cure spirituelle ; nous pouvons soigner toutes les souillures de nos vices, toutes les blessures de nos péchés, si nous prions constamment le médecin de nos âmes, si... nous ne négligeons aucune de ses prescriptions...

Le médecin est Notre Seigneur Jésus, qui a dit : « C'est moi qui fais mourir, c'est moi qui fais vivre » (Dt 32,39).
Le Seigneur fait d'abord mourir, puis redonne la Vie. Par le Baptême, il détruit en nous adultères, homicides, crimes et vols ; puis il nous fait revivre, en hommes nouveaux dans l'immortalité éternelle.
Nous mourons à nos péchés, évidemment par le Baptême, nous reprenons Vie dans L'Esprit de Vie...
Livrons-nous à notre médecin avec patience pour recouvrer la santé. Tout ce qu'il aura décelé en nous d'indigne, de souillé par le péché, de rongé par les ulcères, il le taillera, le coupera, le retirera pour ne laisser subsister en nous, une fois éliminées toutes les blessures du démon, que ce qui appartient à Dieu.

Voici la première de ses prescriptions : consacrer quarante jours au jeûne, à la prière, aux veilles.
Le jeûne guérit la mollesse, la prière nourrit l'âme religieuse, les veilles repoussent les pièges du diable.
Après ce temps consacré à toutes ces observances, l'âme, purifiée et éprouvée par tant de pratiques, parvient au Baptême.
Elle reprend des forces en se plongeant dans les eaux de L'Esprit : tout ce qui avait été brûlé par les flammes des maladies renaît de la rosée de la Grâce du Ciel...
Par une nouvelle Naissance, nous renaîtrons autre.

 

Commentaire du jour.
Saint Jean-Paul II (1920-2005), Pape.
Audience générale du 16/02/1983 (trad. OR 17/02/1983 ; DC 1848, p. 297)

« Revenez à Moi de tout votre cœur » (Jl 2,12)

Ce temps fort de l'année liturgique est caractérisé par le message biblique qui peut se résumer en un mot… : « Convertissez-vous »…
La cérémonie suggestive des cendres élève notre esprit vers la réalité éternelle qui ne passe jamais, vers Dieu qui est le principe et la fin, l'alpha et l'oméga de notre existence (Ap 21,6).

La conversion, en effet, n'est rien d'autre qu'un retour à Dieu, en évaluant les réalités terrestres à la lumière indéfectible de sa Vérité.
C'est une évaluation qui nous entraîne à avoir toujours plus clairement conscience du fait que nous ne sommes que de passage au milieu des vicissitudes laborieuses de cette Terre, et qui nous pousse et nous encourage à accomplir tous les efforts possibles pour que le Royaume de Dieu soit inauguré en nous-mêmes, et pour que sa Justice triomphe.

Le terme « Pénitence » est également synonyme de « conversion ». Le Carême nous invite à mettre en pratique l'esprit de Pénitence, non pas dans sa signification négative de tristesse et de frustration, mais dans celle d'élévation de l'esprit, de libération du mal, de détachement du péché et de toutes les influences qui peuvent entraver notre marche vers la plénitude de la Vie.

Pénitence comme remède, comme réparation, comme changement de mentalité qui dispose à la Foi et à la Grâce, mais qui suppose volonté, effort et persévérance.
Pénitence comme expression d'un libre et généreux engagement à la suite du Christ.

 

Commentaire du jour.
Pape Benoît XVI.
Audience générale du 17/02/2010 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana).

« Au Nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu » (2Co 5,20)

 « C'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du Salut » (2Co 6,2). En vérité, dans la vision Chrétienne de la Vie, chaque moment doit se dire favorable et chaque jour doit se dire jour de Salut, mais la liturgie de l'Église rapporte ces paroles d'une façon toute particulière au cours du temps de Carême.
C'est l'appel qui nous est adressé à travers le rite austère de l'imposition des cendres... : « Convertissez-vous et croyez à l'Évangile »...

L'appel à la conversion met à nu et dénonce la superficialité facile qui caractérise très souvent notre façon de vivre.
Se convertir signifie changer de direction sur le chemin de la vie : non pas à travers un simple ajustement, mais à travers une véritable inversion de marche.
La conversion signifie aller à contre-courant, le « courant » étant le style de vie superficiel, incohérent et illusoire, qui nous entraîne souvent, nous domine et nous rend esclaves du mal, ou tout au moins prisonniers d'une médiocrité morale.

Avec la conversion, au contraire, on vise le haut degré de la Vie Chrétienne, on se confie à l'Évangile vivant et personnel, qui est Le Christ Jésus.
Sa personne est l'objectif final et le sens profond de la conversion. Il est le chemin sur lequel tous sont appelés à marcher dans la Vie, se laissant éclairer par sa lumière et soutenir par sa force qui fait avancer nos pas.
De cette façon, la conversion manifeste son visage le plus splendide et fascinant : il ne s'agit pas d'une simple décision morale, qui rectifie notre conduite de vie, mais d'un choix de Foi, qui nous touche entièrement dans la communion intime avec la personne vivante et concrète de Jésus...
La conversion est le « oui » total de celui qui remet son existence à l'Évangile, en répondant librement au Christ qui s'offre en premier à l'homme comme Chemin, Vérité et Vie (Jn 14,6), comme celui qui seul le libère et le sauve.
C'est précisément là le sens des premières paroles avec lesquelles, selon l'Évangéliste Marc, Jésus ouvre la prédication de l'« Évangile de Dieu » :
« Le temps est accompli et le Royaume de Dieu est tout proche : repentez-vous et croyez à l'Évangile » (Mc 1,15).

 

LETTRE DE SAINT CLÉMENT DE ROME AUX CORINTHIENS

« Convertissez-vous »

Fixons nos regards sur le Sang du Christ, et comprenons combien il a de valeur pour Son Père, puisque, répandu pour notre Salut, il a procuré au monde entier la grâce de la conversion.

Parcourons toutes les générations et nous apprendrons que, de génération en génération, le Maître a offert la possibilité de se convertir à tous ceux qui voulaient se retourner vers Lui. Noé prêcha la conversion, et ceux qui l'écoutèrent furent sauvés. Jonas annonça aux Ninivites la destruction qui les menaçait. Ils se repentirent de leurs péchés, ils apaisèrent Dieu par leurs supplications et ils obtinrent le Salut, bien qu'étrangers à Dieu.

Les ministres de la grâce de Dieu, sous l'inspiration de L'Esprit-Saint, ont parlé de la conversion.
Le Maître de l'univers lui-même en a parlé avec serment : Aussi vrai que je suis vivant, Parole du Seigneur, je ne veux pas la mort du pécheur mais sa conversion.
Et il ajoute cette sentence pleine de bonté : Convertissez-vous, maison d'Israël, de votre iniquité. Dis aux fils de mon peuple : Vos péchés monteraient-ils de la Terre jusqu'au Ciel, seraient-ils plus rouges que l'écarlate et plus noirs qu'un vêtement de deuil, si vous vous retournez vers Moi de tout votre cœur et me dites : Père !, je vous écouterai comme un peuple saint. ~

Voilà ce qu'il a fixé par sa Volonté toute-puissante, parce qu'il veut faire participer tous ceux qu'il aime à la conversion.

C'est pourquoi nous devons obéir à sa magnifique et glorieuse volonté. Implorons humblement sa Miséricorde et sa Bonté, prosternons-nous, tournons-nous vers sa Compassion en abandonnant les préoccupations frivoles, la discorde et la jalousie qui conduisent à la mort.

Ayons d'humbles sentiments, mes frères, rejetons tous les sentiments de jactance, d'orgueil, de folie et de colère, et agissons selon l'Écriture.
En effet L'Esprit-Saint a dit : Que le sage ne s'enorgueillisse pas de sa sagesse, ni le riche de sa richesse, mais que celui qui veut s'enorgueillir s'enorgueillisse, dans Le Seigneur, de le chercher, et de pratiquer le Droit et la Justice.
Souvenons-nous surtout des paroles du Seigneur Jésus, lorsqu'il nous enseignait la bienveillance et la patience.
Car il parlait ainsi : Soyez miséricordieux, pour qu'on vous fasse Miséricorde ; pardonnez, afin qu'on vous Pardonne ; comme vous agissez, ainsi on agira avec vous ; comme vous donnez, ainsi on vous donnera ; comme vous jugez, c'est ainsi que vous serez jugés ; comme vous exercerez la Bonté, ainsi sera-t-elle exercée envers vous ; la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous.

Attachons-nous fermement à ce précepte et à ces commandements, afin de nous conduire en obéissant à ces paroles sacrées, avec d'humbles sentiments.
Car voici ce que dit la Parole sainte : Vers qui tournerai-je mon regard, sinon vers l'homme doux, pacifique, qui tremble à mes paroles ?

Puisque nous avons part à des actions si nombreuses, grandes et éclatantes, qui nous ont été données en exemple, tournons de nouveau notre course vers le but qui nous a été proposé dès le commencement, vers la Paix.
Regardons attentivement Le Père et Créateur du monde entier, attachons-nous à ses bienfaits magnifiques et insurpassables, qu'il nous donne dans la Paix.

 

Autre commentaire du jour.
http://www.homelies.fr/homelie,,4115.html
Frère Élie, Moine de la Famille de Saint Joseph.

Prie Ton Père qui est présent dans le secret ; Ton Père qui voit dans le secret te le rendra.

L'imposition des cendres que nous vivons au début de chaque Carême manifeste le sens de ce temps liturgique.
Ce rite signifie le désir de cette mise en route, humble et pénitente, vers la réconciliation promise par Le Seigneur dont nous faisons mémoire lors de la Veillée Pascale.

Voyons comment les textes de la liturgie de ce jour nous invitent à prendre ce chemin.
La première lecture, tirée du prophète Joël, est un appel à « revenir vers Le Seigneur de tout notre cœur ».
La précision - « déchirez vos cœurs et non vos vêtements » - nous rappelle qu’il s’agit d’une démarche intérieure.
Certes, cette dernière doit s’incarner pour ne pas demeurer velléitaire. Cependant, l’essentiel réside dans la conversion que le prophète exprime en terme de retour vers Le Seigneur duquel nous nous étions éloignés.
Et comme pour bannir toute peur, Joël insiste : « Revenez au Seigneur Votre Dieu, car il est tendre et Miséricordieux, lent à la colère et plein d’Amour, renonçant au châtiment ».
Comme le fils prodigue, nous sommes donc invités à nous mettre en marche vers Le Père, dans l’espérance de sa Miséricorde.

N’est-ce pas aussi l’essentiel du message que Saint Paul adresse aux Corinthiens ? Dans un style particulièrement solennel, il supplie ses frères « au Nom de Jésus-Christ » de « se laisser réconcilier avec Dieu ».
Le passif montre bien que l’initiative de cette réconciliation vient entièrement de Dieu qui seul peut accorder le Pardon ; mais en même temps, la supplication souligne que nous avons à accueillir ce Pardon, lequel nous est offert et non pas imposé.
A nouveau, il y a une démarche à faire : Dieu appelle par son ambassadeur Paul ; et nous sommes supposés répondre à cet appel en nous mettant en route vers Lui.

Ainsi dans les deux lectures, un chemin est à parcourir ; d’où les traditionnelles processions d’entrée en Carême.
Comme les Hébreux, il nous faut quitter nos terres d'Égypte pour nous mettre en route vers la Terre promise, tout en sachant que pour atteindre ce terme, il nous faudra oser nous enfoncer quarante jours au désert.
Le désert. Lieu de silence, de dénuement, de solitude voire de mort, le désert peut inquiéter ou même rebuter.
Mais il peut se révéler aussi comme le lieu privilégié de la rencontre, avec soi, avec Dieu. C'est bien là tout le sens du Carême.
Se dépouiller de soi, creuser en soi le désir de rencontrer Dieu en esprit et vérité. Dégager l'espace où il pourra venir se donner et ce, particulièrement, le jour de Pâques où il nous comblera de sa Vie de Ressuscité.
N'est-ce pas cela se convertir ? Ouvrage à remettre sans cesse sur le métier. Car il s’agit là d’une véritable lutte à mener contre nos idoles, notre autosuffisance, nos égoïsmes…

Oui, le Carême est un temps de combat spirituel. L’oraison de la liturgie d’aujourd’hui nous le rappelle.
Mais un guerrier, fut-il du Seigneur, ne part pas au combat sans armes.

Dans l’Évangile de ce soir, Jésus nous en propose trois : l’aumône, la Prière et le jeûne. Il attire notre attention sur les modalités de leur pratique pour qu'elles puissent se montrer réellement efficaces.
Pour ce faire, par trois fois, Jésus va opposer à l’emphase spectaculaire des pharisiens la discrétion de celui qui agit en réponse à l’appel intérieur à la conversion et dont la seule motivation est de se rapprocher de Dieu pour se laisser réconcilier avec Lui :
« Ton Père qui est présent dans le secret connaît ton action ; Ton Père voit ce que tu fais en secret : il te le revaudra ». Cette incise nous révèle le cœur de l’enseignement que Jésus veut nous donner.

La vraie récompense de l’aumône, de la Prière et du jeûne, c’est l'intimité retrouvée avec Le Père au terme d'une démarche sincère de conversion.
Chemin de décentrement de soi, d’apparente perte du bénéfice de son action, bref de désintéressement, de gratuité.

Jeûner c'est faire de la place en nous pour permettre à Dieu de nous rejoindre. Jeûner c'est aussi reconnaître que Le Seigneur est notre unique nécessaire et que tout nous vient de Lui. Jeûner c'est enfin reprendre conscience que la seule chose qui ne vient que de nous et que nous pouvons présenter à Dieu pour qu’il nous en libère : c'est la pauvreté de notre péché.

Libérés du trop plein de nous-mêmes nous pourrons alors par la Prière rejoindre dans l'intimité celui qui toujours nous précède pour se donner à nous.
Dans la reconnaissance du don gratuit de cet Amour résonnera alors l'appel à nous donner à notre tour gratuitement aux autres.
" Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement " (Mt 10,8).
Voilà le sens de l'aumône : donner, se donner c'est-à-dire reconnaître que rien ne nous appartient, que tout nous est donné gratuitement par Dieu, à commencer par le don merveilleux de la vie.

« Ton Père te le rendra » : le regard du Père, qui scrute le secret des cœurs, est un regard gratifiant. Jésus ne précise pas ce que rend Le Père, peut-être parce qu’il n’a qu’une chose à donner en partage : sa propre Vie.
Autrement dit, en Jésus, Dieu me gratifiera du don de Lui-même, dans la mesure de la perte à laquelle j’aurai consenti gratuitement.

Le Carême est donc chemin vers la Vie, chemin de Vie. Le Christ nous y précède. N'ayons pas peur de le suivre. Il est déjà vainqueur. Notre combat c'est celui de la disponibilité pour accueillir les fruits de sa victoire. Mais là aussi la grâce nous précède dans la personne même de L'Esprit-Saint.
Concluons en faisant nôtre l'exhortation de l'apôtre Paul en cette année qui lui est consacrée. Oui, frères : « Ne laissons pas sans effet la grâce reçue de Dieu. Car c’est maintenant le moment favorable, c’est maintenant le jour du Salut où Le Seigneur nous exauce et vient à notre secours ».
Frère Élie.

 

Autres commentaires de ce jour.
http://evangeli.net/evangile/jour/II_01
Pbro. D. Luis A. GALA Rodríguez (Campeche, Mexique).

Évitez d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer.

Aujourd'hui nous commençons notre itinéraire vers Pâques, et l'Évangile nous rappelle les obligations fondamentales du Chrétien, non seulement en tant que préparation vers un temps liturgique, mais aussi en tant que préparation vers la Pâques Éternelle: «Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer. Autrement, il n'y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux Cieux» (Mt 6,1).
La justice à laquelle Jésus fait allusion est celle qui consiste en vivre selon les principes évangéliques, sans pour autant oublier que «Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez pas dans le Royaume des Cieux» (Mt 5,20).

La justice nous emmène vers l'Amour, manifesté par l'aumône ainsi que par des œuvres de Miséricorde «quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ignore ce que donne ta main droite» (Mt 6,3).
Il ne s'agit pas de cacher les bonnes œuvres, mais de ne pas penser à la louange humaine en les faisant, ne souhaiter aucun autre bien supérieur et Céleste.
En d'autres mots, faire l'aumône de telle façon que même moi je ne sente pas que je fais une bonne action qui mérite une récompense de la part de Dieu et un éloge de la part des hommes.

Benoît XVI, a souligné que venir en aide à ceux qui sont dans le besoin est une obligation de justice, avant même d'être un acte de Charité: «La Charité dépasse la justice (…), mais elle n’existe jamais sans la justice qui amène à donner à l’autre ce qui est sien, c’est-à-dire ce qui lui revient en raison de son être et de son agir».
Il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas les propriétaires absolus, mais les administrateurs, des biens que nous possédons.
Le Christ nous enseigne que la Charité authentique est celle qui ne se limite pas à "faire" l'aumône, mais celle par laquelle nous faisons "don" de nous-mêmes, s'offrant à Dieu comme un Sacrifice saint (cf. Rom 12,1).
C'est cela qui serait un véritable geste de Justice et de Charité Chrétienne ainsi «ton Père voit ce que tu fais dans le secret: il te le revaudra» (Mt 6,4).

 

Abbé Manel VALLS i Serra (Barcelona, Espagne).

Si vous voulez vivre comme des justes, évitez d'agir devant les hommes pour vous faire remarquer

Aujourd'hui nous commençons le Carême: «Voici maintenant le jour du Salut» (2Co 6,2). L'imposition des cendres —que nous avons dû recevoir— est accompagnée de l'une de ces deux formules.
L'ancienne: «Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière»; et celle qu'a introduite la liturgie rénovée du Concile: «Convertissez-vous et croyez à l'Évangile».
Les deux formules sont une invitation à contempler de manière différente —d'ordinaire si superficielle— notre vie.
Le Pape Saint Clément 1er nous rappelle que «Le Seigneur veut que tous ceux qu'il aime se convertissent».

Dans l'Évangile, Jésus demande de pratiquer l'aumône, le jeûne et l'oraison loin de toute hypocrisie: «Ne fais pas sonner de la trompette devant toi» (Mt 6,2).
Les hypocrites, que Jésus dénonce énergiquement, se caractérisent par un cœur faux. Jésus nous prévient non seulement contre l'hypocrisie subjective, mais encore contre l'hypocrisie objective: accomplir, même de bonne foi, tout ce que commande la loi de Dieu et la Sainte Écriture, mais en nous en tenant à la pure pratique extérieure, sans la conversion intérieure correspondante.

Alors l'aumône —réduite au “pourboire”— cesse d'être un acte fraternel; elle se réduit à un geste qui nous tranquillise mais qui ne change pas le regard que nous portons sur notre frère, ni ne nous fait sentir la charité de lui accorder l'attention qu'il mérite.
Le jeûne, d'autre part, s'en tient à l'accomplissement formel, qui ne nous rappelle à aucun moment la nécessité de modérer notre consumérisme compulsif, ni le besoin d'être guéris de notre “boulimie spirituelle”.
L'oraison, enfin —réduite à un stérile monologue— ne parvient pas à être une authentique ouverture spirituelle, une conversation intime avec Le Père et l'écoute attentive de l'Évangile du Fils.

La religion des hypocrites est une religion triste, légaliste, moralisatrice, d'une grande étroitesse d'esprit.
Le Carême Chrétien, au contraire, est l'invitation que l'Église nous fait chaque année à un approfondissement intérieur, à une conversion exigeante, à une Pénitence humble, pour qu'en donnant les fruits que le Seigneur attend précisément de nous, nous vivions en toute plénitude la Joie et la jouissance spirituelle de Pâques.

 

HYMNE : SOIS FORT, SOIS FIDÈLE, ISRAËL

Sois fort, sois fidèle, Israël, 
Dieu te mène au désert ; 
C’est lui dont le bras souverain 
Ouvrit dans la mer 
Un chemin sous tes pas. 

Oublie les soutiens du passé, 
En lui seul ton appui ! 
C’est lui comme un feu dévorant 
Qui veut aujourd’hui 
Ce creuset pour ta foi. 

Il veut, par-delà le désert, 
Te conduire au repos ; 
Sur toi resplendit à ses yeux 
Le sang de l’Agneau 
Immolé dans la nuit.

Poursuis ton exode, Israël,
Marche encore vers ta joie !
La vie jaillira de la mort,
Dieu passe avec toi
Et t’arrache à la nuit.

 

HYMNE : POINT DE PRODIGUE

Point de prodigue
sans pardon qui le cherche,
Nul n’est trop loin pour Dieu
Viennent les larmes où le Fils renaît,
Joie du retour au Père !

Point de blessure que sa main ne guérisse,
Rien n’est perdu pour Dieu ;
Vienne la grâce où la vie reprend,
Flamme jaillie des cendres !

Point de ténèbres sans espoir de lumière,
Rien n’est fini pour Dieu ;
Vienne l’aurore où l’amour surgit,
Chant d’un matin de Pâques !

 

HYMNE : PUISQUE DIEU NOUS A AIMÉS

Puisque Dieu nous a aimés,
jusqu’à nous donner son Fils,
Ni la mort, ni le péché
Ne sauraient nous arracher
À l’Amour qui vient de Lui !

Depuis l’heure où le péché
S’empara du genre humain,
Dieu rêvait de dépêcher
En ami sur nos chemins
Le Seigneur Jésus, son Fils !

Puisque Dieu nous a choisis
Comme Peuple de sa Paix,
Comment voir un ennemi
Dans quelque homme désormais
Pour lequel Jésus est mort !

Que Dieu rende vigilants
Ceux qui chantent le Seigneur :
Qu’ils ne soient en même temps
Les complices du malheur
Où leurs frères sont tenus !

 

Oraison du matin (Office des Laudes)Propre au Mercredi des Cendres.
Accorde-nous, Seigneur, de savoir commencer saintement, par une journée de jeûne, notre entraînement au combat spirituel : que nos privations nous rendent plus forts pour lutter contre l’esprit du mal.

 

Oraison du matin (Office des Laudes)Propre aux Saints Cyrille et Méthode.
Dieu qui a conduit les peuples Slaves à la Lumière grâce aux deux frères Saints Cyrille et Méthode, ouvre nos cœurs à l’intelligence de ta Parole ; fais de nous un peuple de croyants, et que notre unité rende témoignage à l’Évangile.

 

Parole de Dieu : (Dt 7, 6. 8-9)… (Office des Laudes).
Tu es un peuple Consacré au Seigneur Ton Dieu : c’est toi qu’il a choisi pour être son peuple particulier, parmi tous les peuples de la Terre.
C’est par Amour pour vous, et par fidélité au serment fait à vos pères, que Le Seigneur vous a fait sortir par la force de sa main, et vous a délivrés de la maison d’esclavage et de la main de Pharaon, roi d’Égypte.
Vous saurez donc que Le Seigneur Votre Dieu est le vrai Dieu, le Dieu fidèle qui garde son Alliance et son Amour pour mille générations à ceux qui l’aiment et gardent ses Commandements.

 

Parole de Dieu : (Ph 2, 12b-15a)… (Office des Vêpres).
Travaillez à votre Salut dans la crainte de Dieu et en tremblant. Car c’est l’action de Dieu qui produit en vous la volonté et l’action, parce qu’il veut votre bien.
Faites tout sans récriminer et sans discuter ; ainsi vous serez irréprochables et purs, vous qui êtes des enfants de Dieu sans tache.

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Date de dernière mise à jour : 14/02/2018