Fête de L'Assomption de La Très Sainte Vierge Marie.

LA PAIX DU SEIGNEUR SOIT AVEC VOUS, VOS FAMILLES ET VOS PROCHES.

FÊTE DE L’ASSOMPTION DE LA TRES SAINTE VIERGE MARIE.

 

En ce jour où nous fêtons la mort et la montée de La Très Sainte Vierge Marie au Ciel, j’aimerais confier à votre méditation, sans rajouter de commentaires, des extraits des Révélations et des visions eues par Maria Valtorta et concernant ce moment là.

Extrait des Révélations de Jésus à Maria Valtorta (tome 10, chapitre 35 de L’Evangile tel qu’il m’a été révélé…

Le bienheureux passage de Marie.

 

Maria Valtorta raconte sa vision.

Marie, dans sa petite pièce solitaire, élevée sur la terrasse, est toute vêtue de lin blanc, soit pour le vêtement qui la couvre entièrement, soit pour son manteau fermé à la base du cou, et qui descend derrière ses épaules, soit pour le voile très fin qui descend de sa tête.

Elle est en train de ranger ses vêtements et ceux de Jésus, qu’elle a toujours conservés. Elle choisit les meilleurs. Il y en a peu.

Des siens, elle prend le vêtement et le manteau qu’elle avait sur le Calvaire; de ceux de son Fils, un vêtement de lin qu’il portait habituellement en été, et le manteau retrouvé au Gethsémani, encore taché du sang qui avait coulé et de la sueur sanguinolente de cette heure terrible.

Après avoir plié soigneusement ces vêtements, et baisé le manteau taché de sang de son Jésus, elle se dirige vers le coffre où se trouvent, maintenant depuis des années, rassemblées et conservées les reliques de la dernière Cène et de la Passion.

Elle rassemble tout dans un seul compartiment, celui de dessus, et place tous les vêtements dans le compartiment inférieur.

Elle est occupée à fermer le coffre quand Jean, monté sans bruit sur la terrasse et qui s’est avancé pour regarder ce que faisait Marie, peut-être impressionné par sa longue absence de la cuisine, où elle doit être montée pour passer les heures de la matinée, la fait se retourner en lui demandant : "Que fais-tu, Mère ?"

"J’ai rangé tout ce qu’il est bien de conserver. Tous les souvenirs... Tout ce qui témoigne de son amour et de sa douleur infinis."

 

Maintenant je suis dans la joie, une joie immense comme immense fut la peine, car je sens que j’ai accompli ma vie. J’ai fait ce que je devais faire.

J’ai fini ma mission terrestre. L’autre, la céleste, n’aura pas de fin. Dieu ma laissée sur la Terre jusqu’à ce que moi aussi, comme mon Jésus, j’ai eu accompli tout ce que je devais accomplir.

Et j’ai en moi cette joie secrète, seule goutte de baume dans ses derniers déchirements pleins d’amertume, qu’a eu Jésus quand il a pu dire : “Tout est accompli

"Joie en Jésus ? A cette heure ?"

"Oui, Jean. Une joie incompréhensible pour les hommes, mais compréhensible pour les esprits qui vivent déjà dans la lumière de Dieu, et qui voient les choses profondes cachées sous les voiles que l’Éternel tend sur ses secrets de Roi, grâce à cette Lumière.

Moi, si angoissée, bouleversée par ces événements, associée à Lui, à mon Fils, dans l’abandon du Père, je n’ai pas compris alors. La Lumière s’était éteinte pour tout le monde à cette heure, pour tout le monde qui n’avait pas voulu l’accueillir. Et aussi pour moi. Non à cause d’une juste punition, mais parce que, devant être Corédemptrice, je devais moi aussi souffrir l’angoisse de l’abandon des réconforts divins, les ténèbres, la désolation, la tentation de Satan de ne plus me faire croire possible ce que Lui avait dit, tout ce que Lui souffrit, dans son esprit, du Jeudi au Vendredi.

Mais ensuite j’ai compris. Quand la Lumière, ressuscitée pour toujours, m’est apparue, j’ai compris. Tout. Même la secrète, extrême joie du Christ quand il put dire : "J’ai tout accompli de ce que le Père voulait que j’accomplisse. J’ai comblé la mesure de la charité divine en aimant le Père jusqu’à me sacrifier, en aimant les hommes jusqu’à mourir pour eux. J’ai tout accompli de ce que je devais. Je meurs avec l’esprit content, bien que déchiré dans ma chair innocente".  Moi aussi j’ai tout accompli de ce qui, ab æterno, était écrit que je devais accomplir.

 

Rappelez-vous tout : les actions et les paroles de mon Fils. Rappelez-vous ses douces paraboles. Vivez-les, c’est-à-dire mettez-les en pratique. Et écrivez-les pour qu’elles restent pour ceux qui viendront jusqu’à la fin des siècles, et soient toujours un guide pour les hommes de bonne volonté pour obtenir la vie et la gloire éternelle.

Vous ne pourrez certainement pas répéter toutes les paroles lumineuses de l’Éternelle Parole de Vie et de Vérité. Mais écrivez-en autant que vous pouvez en écrire. L’Esprit de Dieu, descendu sur moi pour que je donne au monde le Sauveur et qui est descendu aussi sur vous une première fois et une seconde, vous aidera à vous souvenir et à parler aux foules de manière à les convertir au Dieu vrai.

Vous continuerez ainsi cette maternité spirituelle que j’ai commencée sur le Calvaire pour donner de nombreux enfants au Seigneur. Et le même Esprit, en parlant dans les fils recréés du Seigneur, les fortifiera de manière qu’il leur soit doux de mourir dans les tourments, de souffrir l’exil et les persécutions, afin de confesser leur amour pour le Christ et de le rejoindre dans les Cieux, comme déjà l’ont fait Étienne et Jacques, mon Jacques, et d’autres encore... Quand tu seras resté seul, sauve ce coffre..."

 

Jean pâlit et se trouble plus encore qu’il ne l’a fait quand Marie lui a dit qu’elle sentait sa mission accomplie. Il l’interrompt en s’écriant et en lui demandant : "Mère, pourquoi parles-tu ainsi ? Tu te sens mal ?"

"Non."

"Tu veux me quitter alors ?"

"Non. Je serai avec toi tant que je serai sur la Terre. Mais prépare-toi, mon Jean, à être seul."

"Mais alors tu te sens mal, et tu veux me le cacher !..."

"Non, crois-le. Je ne me suis jamais sentie en force, en paix, en joie comme maintenant. Mais j’ai en moi une telle jubilation, une telle plénitude de vie surnaturelle que... Oui, que je pense ne pas pouvoir la supporter en continuant à vivre. Je ne suis pas éternelle, du reste. Tu dois le comprendre. Éternel est mon esprit. La chair, non. Elle est sujette comme toute chair humaine à la mort."

"Non ! Non ! Ne dis pas cela. Tu ne peux pas, tu ne dois pas mourir ! Ton corps immaculé ne peut mourir comme celui des pécheurs !"

"Tu es dans l’erreur, Jean. Mon Fils est mort ! Moi aussi, je mourrai. Je ne connaîtrai pas la maladie, l’agonie, le spasme de la mort. Mais pour ce qui est de mourir, je mourrai. Et du reste sache, mon fils, que si j’ai un désir qui est mien, tout entier et seulement mien, et qui dure depuis que Lui m’a quittée, c’est justement celui-ci.

C’est mon premier, puissant désir qui est tout mien. Je puis même dire : ma première volonté. Toute autre chose de ma vie n’a été que consentement de ma volonté au vouloir divin. Vouloir de Dieu, mis dans mon cœur de petite fille par Lui-même, la volonté d’être vierge. Son vouloir, mon mariage avec Joseph. Son vouloir ma Maternité virginale et divine.

Tout, dans ma vie, a été vouloir de Dieu, et mon obéissance à sa volonté. Mais vouloir me réunir à Jésus, c’est un vouloir tout mien. Quitter la Terre pour le Ciel, pour être avec Lui éternellement et sans arrêt ! Mon désir de tant d’années ! Et maintenant je le sens près de devenir une réalité. Ne te trouble pas ainsi, Jean !

 

Écoute plutôt mes dernières volontés. Quand mon corps, désormais privé de l’esprit vital, sera étendu en paix, ne me soumets pas aux embaumements en usage chez les hébreux. Désormais je ne suis plus l’hébraïque, mais la chrétienne, la première chrétienne, si on y réfléchit bien, parce que la première j’ai eu le Christ, Chair et Sang, en moi, parce que j’ai été sa première disciple, parce que j’ai été avec Lui Corédemptrice et sa continuatrice ici, parmi vous, ses disciples.

Aucun vivant, excepté mon père et ma mère, et ceux qui ont assisté à ma naissance, n’a vu mon corps.

Tu m’appelles souvent : “Arche qui contint la Parole divine”. Maintenant tu sais que l’Arche ne peut être vue que par le Grand Prêtre. Tu es prêtre, et beaucoup plus saint et plus pur que le Pontife du Temple.

Mais je veux que seul l’Éternel Pontife puisse voir, au temps voulu, mon corps. Ne me touche donc pas. Du reste, tu vois ? Je me suis déjà purifiée et j’ai mis le vêtement propre, le vêtement des noces éternelles... Mais pourquoi pleures-tu, Jean !"

 

Marie se penche sur lui, lui met la main sur sa tête secouée par les sanglots et lui dit : "Non, pas ainsi. Pourquoi me donnes-tu de la douleur ? Tu as été si fort sous la Croix, et c’était une scène d’horreur sans pareille, et à cause de la puissance son martyre et à cause de la haine satanique du peuple ! Si fort pour son réconfort et le mien, à cette heure !

Et aujourd’hui, au contraire, dans cette soirée de sabbat, si sereine et si calme, et devant moi qui jouit de la joie imminente que je pressens, tu es ainsi bouleversé ? ! Calme-toi. Imite, ou plutôt unis-toi à ce qu’il y a autour de nous et en moi. Tout est paix, sois en paix toi aussi.

 

Jean s’était un peu calmé, tout en restant troublé, en écoutant Marie. Dans la dernière partie de son entretien, il la regardait extasié, et comme ravi lui aussi, le visage très pâle comme celui de Marie.

La pâleur de cette dernière se change lentement en une lumière d’une extrême candeur, il accourt près d’elle pour la soutenir et en même temps il s’écrie : "Tu es comme Jésus quand il s’est transfiguré sur le Thabor ! Ta chair resplendit comme la lune, tes vêtements brillent comme une plaque de diamant posée devant une flamme d’une extrême blancheur ! Tu n’es plus humaine, Mère ! La pesanteur et l’opacité de la chair sont disparues ! Tu es lumière !

 

Mais tu n’es pas Jésus. Lui, étant Dieu en plus que d’être Homme, pouvait se conduire par Lui-même, là-haut sur le Thabor, comme ici sur l’Oliveraie, dans son Ascension. Toi, tu ne le peux pas. Tu ne peux te conduire.

Viens. Je vais t’aider à mettre ton corps las et bienheureux sur ton lit, Repose-toi." Et, très affectueusement, il la conduit prés du pauvre lit sur lequel Marie s’étend sans même enlever son manteau.

Croisant les bras sur sa poitrine, et abaissant ses paupières sur ses doux yeux brillants d’amour, elle dit à Jean qui est penché sur elle : "Je suis en Dieu. Et Dieu est en moi.

Pendant que je le contemple et que je sens son embrassement, dis les psaumes et des pages de l’Écriture qui se rapportent à moi, spécialement à cette heure. L’Esprit de Sagesse te les indiquera. Récite ensuite l’oraison de mon Fils; répète-moi les paroles de l’Archange annonciateur, et celles que m’adressa Élisabeth; et mon hymne de louange... Je te suivrai avec ce que j’ai encore de moi sur la Terre..."

 

Jean lutte contre les pleurs qui lui montent du cœur, s’efforce de dominer l’émotion qui le trouble, de sa très belle voix qui au cours des années est devenue très semblable à celle du Christ, chose que Marie remarque en souriant et qui lui fait dire : "Il me semble avoir mon Jésus à côté de moi !".

Jean entonne le psaume 118, qu’il dit presque en entier, puis les trois premiers versets du psaume 41, les huit premiers du psaume 38, le psaume 22 et le premier psaume.

Il dit ensuite le Pater, les paroles de Gabriel et d’Élisabeth, le cantique de Tobie (Tobie 13 1-18), le chapitre 24ème de l’Écclésiastique, des versets 11 à 46. Pour terminer, il entonne le “Magnificat”.

Mais, arrivé au 9ème verset, il s’aperçoit que Marie ne respire plus, tout en ayant gardé une pose et une attitude naturelles, souriante, tranquille, comme si elle n’avait pas remarqué l’arrêt de la vie.

 

Jean, avec un cri déchirant, se jette par terre contre le bord du lit et il appelle à plusieurs reprises Marie. Il ne sait pas se persuader qu’elle ne peut plus lui répondre, que désormais le corps n’a plus son âme vitale.

Mais il lui faut bien se rendre à l’évidence ! Il se penche sur son visage, resté fixe avec une expression de joie surnaturelle, et des larmes abondantes pleuvent de ses yeux sur ce suave visage, sur ces mains pures, si doucement croisées sur sa poitrine.

C’est l’unique bain que reçoive le corps de Marie : les pleurs de l’Apôtre de l’amour et de celui que Jésus lui a donné comme fils adoptif.

 

Après la première violence de la douleur, Jean, se rappelant le désir de Marie, rassemble les pans de son ample manteau de lin, qui pendaient des bords du lit, et aussi ceux du voile, qui pendent aussi des deux côtés de l’oreiller, et étend les premiers sur le corps et les seconds sur la tête.

Marie ressemble maintenant à une statue de marbre blanc, étendue sur le dessus d’un sarcophage. Jean la contemple longuement et des larmes tombent encore de ses yeux pendant qu’il la regarde.

Ensuite il donne une autre disposition à la pièce en enlevant tout mobilier inutile. Il laisse seulement le lit, la petite table contre le mur, sur laquelle il place le coffre contenant les reliques; un tabouret qu’il place entre la porte qui donne sur la terrasse et le lit où gît Marie; et une console sur laquelle se trouve la lampe que Jean allume, car maintenant le soir va venir.

 

Il se hâte ensuite de descendre au Gethsémani pour y cueillir autant de fleurs qu’il peut en trouver et des branches d’oliviers, dont les olives sont déjà formées.

Il remonte dans la petite chambre, et à la clarté de la lampe, il dispose les fleurs et les feuillages autour du corps de Marie comme s’il était au centre d’une grande couronne.

 

Extrait des Révélations de Jésus à Maria Valtorta (tome 10, chapitre 36 de L’Evangile tel qu’il m’a été révélé…

L'Assomption de Marie.

Combien de jours sont-ils passés ? Il est difficile de l’établir sûrement. Si on en juge par les fleurs qui font une couronne autour du corps inanimé, on devrait dire qu’il est passé quelques heures. Mais si on en juge d’après le feuillage d’olivier sur lequel sont posées les fleurs fraîches, et dont les feuilles sont déjà fanées, et d’après les autres fleurs flétries, mises comme autant de reliques sur le couvercle du coffre, on doit conclure qu’il est passé déjà des journées.          

Mais le corps de
Marie est tel qu’il était quand elle venait d’expirer. Il n’y a aucun signe de mort sur son visage, sur ses petites mains. Il n’y a dans la pièce aucune odeur désagréable. Au contraire il y flotte un parfum indéfinissable qui rappelle l’encens, les lys, les roses, le muguet, les plantes de montagne, mélangés.        

Jean, qui sait depuis combien de jours il veille, s’est endormi, vaincu par la lassitude. Il est toujours assis sur le tabouret, le dos appuyé au mur, près de la porte ouverte qui donne sur la terrasse. La lumière de la lanterne, posée sur le sol, l’éclaire par en dessous et permet de voir son visage, fatigué, très pâle, sauf autour des yeux rougis par les pleurs.       

L’aube doit maintenant être commencée car sa faible clarté permet de voir la terrasse et les oliviers qui entourent la maison. Cette clarté se fait toujours plus forte et, pénétrant par la porte, elle rend plus distincts les objets mêmes de la chambre, ceux qui, étant éloignés de la lampe, pouvaient à peine être entrevus.          

Tout d’un coup une grande lumière remplit la pièce, une lumière argentée, nuancée d’azur, presque phosphorique, et qui croît de plus en plus, qui fait disparaître celle de l’aube et de la lampe.

C’est une lumière pareille à celle qui inonda la Grotte de Bethléem au moment de la Nativité divine.

Puis, dans cette lumière paradisiaque, deviennent visibles des créatures angéliques, lumière encore plus splendide dans la lumière déjà si puissante apparue d’abord.

Comme il était déjà arrivé quand les anges apparurent aux bergers, une danse d’étincelles de toutes couleurs se dégage de leurs ailes doucement mises en mouvement d’où il vient une sorte de murmure harmonieux, arpégé, très doux.            

Les créatures angéliques forment une couronne autour du petit lit, se penchent sur lui, soulèvent le corps immobile et, en agitant plus fortement leurs ailes, ce qui augmente le son qui existait d’abord, par un vide qui s’est par prodige ouvert dans le toit, comme par prodige s’était ouvert le Tombeau de Jésus, elles s’en vont, emportant avec eux le corps de leur Reine, son corps très Saint, c’est vrai, mais pas encore glorifié et encore soumis aux lois de la matière, soumission à laquelle n’était plus soumis le Christ parce qu’il était déjà glorifié quand il ressuscita.         

Le son produit par les ailes angéliques est maintenant puissant comme celui d’un orgue. Jean, qui tout en restant endormi s’était déjà remué deux ou trois fois sur son tabouret, comme s’il était troublé par la grande lumière et par le son des voix angéliques, est complètement réveillé par ce son puissant et par un fort courant d’air qui, descendant par le toit découvert et sortant par la porte ouverte, forme une sorte de tourbillon qui agite les couvertures du lit désormais vide et les vêtements de Jean, et qui éteint la lampe et ferme violemment la porte ouverte.

L’apôtre regarde autour de lui, encore à moitié endormi, pour se rendre compte de ce qui arrive. Il s’aperçoit que le lit est vide et que le toit est découvert. Il se rend compte qu’il est arrivé un prodige.

Il court dehors sur la terrasse et, comme par un instinct spirituel, ou un appel céleste, il lève la tête, en protégeant ses yeux avec sa main pour regarder, sans avoir la vue gênée par le soleil qui se lève.   

Et il voit. Il voit le corps de Marie, encore privé de vie et qui est en tout pareil à celui d’une personne qui dort, qui monte de plus en plus haut, soutenu par une troupe angélique.

Comme pour un dernier adieu, un pan du manteau et du voile s’agitent, peut-être par l’action du vent produit par l’assomption rapide et le mouvement des ailes angéliques.

Des fleurs, celles que Jean avait disposées et renouvelées autour du corps de Marie, et certainement restées dans les plis des vêtements, pleuvent sur la terrasse et sur le domaine du Gethsémani, pendant que l’hosanna puissant de la troupe angélique se fait toujours plus lointain et donc plus léger.

Jean continue à fixer ce corps qui monte vers le Ciel et, certainement par un prodige qui lui est accordé par Dieu, pour le consoler et le récompenser de son amour pour sa Mère adoptive,
il voit distinctement que Marie, enveloppée maintenant par les rayons du soleil qui s’est levé, sort de l’extase qui a séparé son âme de son corps, redevient vivante, se dresse debout, car maintenant elle aussi jouit des dons propres aux corps déjà glorifiés.


Jean regarde, regarde. Le miracle que Dieu lui accorde lui donne de pouvoir, contre toutes les lois naturelles, voir Marie qui maintenant qu’elle monte rapidement vers le Ciel est entourée, sans qu’on l’aide à monter, par les anges qui chantent des hosannas.

Jean est ravi par cette vision de beauté qu’aucune plume d’homme, qu’aucune parole humaine, qu’aucune œuvre d’artiste ne pourra jamais décrire ou reproduire, car c’est d’une beauté indescriptible.      

Jean, en restant toujours appuyé au muret de la terrasse, continue de fixer cette splendide et resplendissante forme de Dieu - car réellement on peut parler ainsi de Marie, formée d’une manière unique par Dieu, qui l’a voulue immaculée, pour qu’elle fût une forme pour le Verbe Incarné — qui monte toujours plus haut.

Et c’est un dernier et suprême prodige que Dieu-Amour accorde à celui qui est son parfait aimant :

Celui de voir la rencontre de la Mère très Sainte avec son Fils très Saint qui, Lui aussi splendide et resplendissant, beau d’une beauté indescriptible, descend rapidement du Ciel, rejoint sa Mère et la serre sur son cœur et ensemble, plus brillants que deux astres, s’en vont là d’où Lui est venu.

 

La vision de Jean est finie.       

Il baisse la tête. Sur son visage fatigué on peut voir à la fois la douleur de la perte de Marie et la joie de son glorieux sort. Mais désormais la joie dépasse la douleur. Il dit : "Merci, mon Dieu ! Merci ! J’avais pressenti que cela serait arrivé. Et je voulais veiller pour ne perdre aucun détail de son Assomption. Mais cela faisait trois jours que je ne dormais pas ! Le sommeil, la lassitude, joints à la peine, m’ont abattu et vaincu justement quand l’Assomption était imminente... Mais peut-être c’est Toi qui l’as voulu, ô mon Dieu, pour ne pas troubler ce moment et pour que je n’en souffre pas trop... Oui. Certainement c’est Toi qui l’as voulu, comme maintenant tu voulais que je voie ce que sans un miracle je n’aurais pu voir.

Tu m’as accordé de la voir encore, bien que déjà si loin, déjà glorifiée et glorieuse, comme si elle avait été tout prés. Et de revoir Jésus ! Oh ! Vision bienheureuse, inespérée, inespérable !

 

Oh ! Don des dons de Jésus-Dieu à son Jean ! Grâce suprême !

Revoir mon Maître et Seigneur ! Le voir Lui près de sa Mère ! Lui semblable au soleil et elle à la lune, tous les deux d’une splendeur inouïe, à la fois parce que glorieux et pour leur bonheur d’être réunis pour toujours !

 

Que sera le Paradis maintenant que vous y resplendissez, Vous, astres majeurs de la Jérusalem céleste ? Quelle est la joie des chœurs angéliques et des saints ? Elle est telle la joie que m’a donnée la vision de la Mère avec le Fils, une chose qui fait disparaître toute sa peine, toute leur peine, même, que la mienne aussi disparaît, et en moi la paix la remplace.


Extrait des Révélations de Jésus à Maria Valtorta (tome 10, chapitre 37 de L’Evangile tel qu’il m’a été révélé…

Considérations et explications sur l'Assomption et le Passage de Marie Très Sainte.

Marie dit :

Le dernier son que j’entendis sur la Terre ce fut le murmure des paroles de Jean, l’apôtre vierge. Ce fut pour moi comme la berceuse d’une mère près d’un berceau. Elles accompagnèrent mon esprit dans la dernière extase, trop sublime pour être dite. Elles l’accompagnèrent jusqu’au Ciel.

Jean, unique témoin de ce suave mystère, m’arrangea seul, en m’enveloppant dans mon manteau blanc, sans changer le vêtement et le voile, sans me laver ni m’embaumer. L’esprit de Jean, comme on le voit clairement par ses paroles du second épisode de ce cycle qui va de la Pentecôte à mon Assomption, savait déjà que mon corps ne serait pas corrompu et instruisit l’Apôtre de ce qu’il fallait faire.

Et lui, chaste, affectueux, prudent à l’égard des mystères de Dieu et de ses compagnons éloignés, pensa qu’il fallait garder le secret et attendre les autres serviteurs de Dieu, pour qu’ils me voient encore et tirent de cette vue réconfort et aide pour les peines et les fatigues de leurs missions. Il attendit, comme s’il était sûr de leur venue.

 

Mais différent était le décret de Dieu, bon comme toujours pour le Préféré, juste comme toujours pour tous les croyants. Au premier Il alourdit ses paupières pour que le sommeil empêcha le déchirement de se voir enlever aussi mon corps.

Il a donné aux croyants une vérité de plus pour les porter à croire en la résurrection de la chair, à la récompense d’une vie éternelle et bienheureuse accordée aux justes, dans les vérités les plus puissantes et les plus douces du Nouveau Testament : mon Immaculée Conception, ma divine Maternité virginale, dans la Nature divine et humaine de mon Fils, vrai Dieu et vrai Homme, né non par une volonté charnelle mais par des épousailles divines et une semence divine déposée dans mon sein, et enfin pour qu’ils croient qu’au Ciel se trouve mon Cœur de Mère des hommes, palpitant d’un amour anxieux pour tous : justes et pécheurs, désireux de vous avoir tous avec lui, dans la Patrie bienheureuse, pour l’éternité.

 

Quand les anges m’enlevèrent de la maisonnette, mon esprit était-il déjà revenu en moi ? Non. Mon esprit ne devait plus redescendre sur la Terre. Il était en adoration devant le Trône de Dieu.

Mais quand la Terre, l’exil, le temps et le lieu de la séparation d’avec mon Seigneur Un et Trin furent abandonnés pour toujours, mon esprit revint resplendir au centre de mon âme en tirant la chair de sa dormition.

Il est donc juste de dire que je suis montée au Ciel en corps et en âme, non par mes propres moyens, comme il est arrivé pour Jésus, mais avec l’aide des anges.

 

Je me suis réveillée de cette mystérieuse et mystique dormition, je me suis levée, j’ai volé enfin parce que ma chair avait obtenu la perfection des corps glorifiés.

Et j’aimai. J’aimai mon Fils retrouvé et mon Seigneur Un et Trin, je l’aimai comme c’est le destin de tous les éternels vivants."

 

Jésus dit :

"Quand fut venue sa dernière heure, comme un lys épuisé qui, après avoir exhalé tous ses parfums, se penche sous les étoiles et ferme son blanc calice, Marie, ma Mère, s’étendit sur son lit et ferma les yeux à tout ce qui l’entourait pour se recueillir dans une dernière et sereine contemplation de Dieu.

Penché sur son repos, l’ange de Marie attendait anxieusement que l’urgence de l’extase sépare de la chair cet esprit, au temps marqué par le décret de Dieu, et le sépare pour toujours de la Terre pendant que déjà descendait des Cieux le doux et attrayant commandement de Dieu.

 

Penché, de son côté, sur ce mystérieux repos, Jean, ange de la Terre, veillait aussi la Mère qui allait le quitter.

Et quand il la vit éteinte, il la veilla encore pour qu’à l’abri des regards profanes et curieux, elle restât même au-delà de la mort l’Immaculée Epouse et Mère de Dieu qui dormait si belle et tranquille.

 

Une tradition dit que dans l’urne de Marie, rouverte par Thomas, on ne trouva que des fleurs. Pure légende.

Aucun tombeau n’a englouti la dépouille de Marie, car, au sens humain, il n’y a jamais eu une dépouille de Marie, car Marie n’est pas morte comme meurt quiconque a eu la vie.

 

Elle s’était seulement, par décret divin, séparée de l’esprit et avec lui, qui l’avait précédée, se réunit sa chair très sainte.

Inversant les lois habituelles, selon lesquelles l’extase finit quand cesse le ravissement, c’est-à-dire quand l’esprit revient à l’état normal, ce fut le corps de Marie qui revint s’unir à l’esprit après le long arrêt sur le lit funèbre.

Tout est possible à Dieu. Je suis sorti du Tombeau sans d’autre aide que ma puissance. Marie est venue à Moi, à Dieu, au Ciel, sans connaître le tombeau avec sa pourriture horrible et lugubre.

C’est un des miracles les plus éclatants de Dieu. Pas unique, en vérité, si on se rappelle Hénoch et Élie qui, étant chers au Seigneur, furent enlevés à la Terre sans connaître la mort et furent transportés autre part en un lieu connu de Dieu seul et des célestes habitants des Cieux. Ils étaient justes, mais toujours un rien par rapport à ma Mère inférieure en sainteté seulement à Dieu.

 

Marie dit :

"Ce fut une extase la conception de mon Fils. Une plus grande extase de le mettre au jour. L’extase des extases mon passage de la Terre au Ciel. C’est seulement durant la Passion qu’aucune extase ne rendit supportable mon atroce souffrance.

 

La maison, d’où je suis montée au Ciel, était une des innombrables générosités de Lazare, pour Jésus et sa Mère. La petite maison du Gethsémani, près du lieu de son Ascension.

Inutile d’en chercher les restes. Dans la destruction de Jérusalem par les romains, elle fut dévastée et ses ruines furent dispersées au cours des siècles."

 

Me fiant à la promesse que j’avais eue dans la splendeur du matin de la Pentecôte, j’ai pensé que l’approche du moment de la dernière venue de l’Amour, pour me ravir en Lui, devrait se manifester par un accroissement du feu d’amour qui toujours me brûlait. Et je ne me suis pas trompée.

De mon côté plus la vie avançait, plus grandissait en moi le désir de me fondre dans l’Éternelle Charité.

J’y étais poussée par le désir de me réunir à mon Fils, et la certitude que je n’aurais jamais fait autant pour les hommes que quand j’aurais été, orante et opérante pour eux, au pied du Trône de Dieu.

Et avec un mouvement toujours plus enflammé et plus rapide, avec toutes les forces de mon âme, je criais au Ciel : “Viens, Seigneur Jésus ! Viens, Éternel Amour !”

 

L’Eucharistie, qui était pour moi comme la rosée pour une fleur assoiffée, était vie pour moi, oui, mais plus le temps passait plus elle devenait insuffisante pour satisfaire l’irrésistible anxiété de mon cœur.

Il ne me suffisait plus de recevoir en moi mon Fils Divin et de le porter au dedans de moi dans les Espèces Sacrées comme je l’avais porté dans ma chair virginale. Tout moi-même voulait le Dieu Un et Trin, mais pas sous les voiles choisis par mon Jésus pour cacher l’ineffable mystère de la Foi, mais tel qu’il était, est, et sera au centre du Ciel.

 

Mon Fils Lui-même, dans ses transports eucharistiques, me brûlait par des embrassements de désir infini et chaque fois qu’il venait en moi avec la puissance de son amour, il m’arrachait pour ainsi l’âme dans son premier élan, puis il restait avec une tendresse infinie en m’appelant “Maman !”, et je le sentais anxieux de m’avoir avec Lui.

 

Je ne désirais plus autre chose. Je n’avais même plus le désir de protéger l’Église naissante, dans les derniers temps de ma vie mortelle.

Tout était disparu dans le désir de posséder Dieu par la conviction que j’avais de tout pouvoir quand on le possède.

Arrivez, ô chrétiens, à ce total amour. Tout ce qui est terrestre perd sa valeur. Ne regardez que Dieu.

Quand vous serez riches de cette pauvreté de désir, qui est une richesse incommensurable, Dieu se penchera sur votre esprit pour l’instruire d’abord, pour le prendre ensuite, et vous monterez avec lui vers le Père, le Fils, l’Esprit-Saint, pour les Connaître et les aimer pendant la bienheureuse éternité, et pour posséder leurs richesses de grâces pour vos frères.

On n’est jamais si actif pour les frères que quand on n’est plus parmi eux, mais que l’on est des lumières réunies à la Divine Lumière.

 

L’approche de l’Amour Éternel fut marquée par ce que je pensais. Tout perdit lumière et couleur, voix et présence sous la splendeur et la Voix qui, en descendant des Cieux Ouverts à mon regard spirituel, s’abaissaient sur moi pour cueillir mon âme.

On dit que j’aurais jubilé d’être assistée à cette heure par mon Fils. Mais mon doux Jésus était bien présent avec le Père quand l’Amour, c’est-à-dire l’Esprit-Saint, troisième Personne de la Trinité Eternelle, me donna le troisième baiser de ma vie, ce baiser si puissamment divin que mon âme s’exhala en lui, en se perdant dans la contemplation comme une goutte de rosée aspirée par le soleil dans le calice d’un lys.

Et je suis montée avec mon esprit et ses hosannas aux pieds des Trois que j’avais toujours adorés.

Puis, au moment voulu, comme une perle dans un chaton de feu, aidée d’abord, puis suivie par la troupe des esprits angéliques venus pour m’assister dans le jour éternel de ma naissance céleste, attendue déjà dès le seuil des Cieux par mon Jésus, et sur leur seuil par mon juste époux de la Terre, par les Rois et Patriarches de ma race, par les premiers saints et martyrs, je suis entrée comme Reine, après tant de douleur et tant d’humilité de pauvre servante de Dieu, dans le Royaume de la joie sans limite.

Et le Ciel s’est refermé sur la joie de me posséder, d’avoir sa Reine dont la chair, unique entre toutes les chairs mortelles, connaissait la glorification avant la Résurrection finale et le dernier jugement."

 

EN UNION DE CŒUR, D’AMOUR FRATERNEL ET DE PRIERES.

 

                              PIERRE

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