La « nouvelle évangélisation » commence par notre cœur : « Un feu qui allume d'autres feux ! »

Intentions de Prière du Pape pour octobre 2012 : l'évangélisation.
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« Un feu qui allume d'autres feux ! »

P. Frédéric Fornos, sj

ROME, Dimanche 30 Septembre 2012 (ZENIT.org) – « La pointe de la « nouvelle évangélisation » est de réveiller l’étincelle de la Foi en Jésus-Christ, une étincelle qui devienne un feu et éveille le désir de partager la Bonne Nouvelle », fait observer le P. Frédéric Fornos, s.j., Coordinateur de l’Apostolat de la Prière pour l’Europe, dans ce commentaire des intentions de Prière de Benoît XVI pour le mois d’octobre 2012.

Chaque mois le Pape Benoît XVI confie deux intentions de Prière, deux défis qu’il discerne pour notre monde et la mission de l’Eglise. Ce mois-ci, elles sont très proches :

Intention de prière universelle : la « nouvelle évangélisation » : « pour le développement et le progrès de la Nouvelle Evangélisation dans les pays d'ancienne Tradition Chrétienne ».

Intention de prière missionnaire : la « Journée Missionnaire Mondiale » : « pour que la Célébration de la Journée missionnaire mondiale soit l'occasion d'un engagement renouvelé d'évangélisation ».

«  Un feu qui allume d’autres feux ! »

Une figure d’Eglise disparaît sous nos yeux. Alors que beaucoup pensent au crépuscule, quelque chose de nouveau est en train de naître. Parfois nous ne le voyons pas ou peu parce que nous cherchons à reproduire le passé. Notre Pape Benoît XVI nous invite à faire connaître l’Evangile « avec le même élan que celui des Chrétiens de la première heure ». Qu’est-ce que cela signifie ?

Aujourd’hui en Occident, dans un temps de changement culturel sans précédent, de brassage des cultures et des religions, les chrétiens semblent parfois atones comme s’ils avaient perdu la fraîcheur et l’enthousiasme de leur Foi. En France le modèle pastoral qui a longtemps structuré l’Eglise Catholique ne semble plus viable aujourd’hui. Une figure d’Eglise disparaît sous nos yeux. Alors que beaucoup pensent au crépuscule, quelque chose de nouveau est en train de naître. Parfois nous ne le voyons pas ou peu parce que nous cherchons à reproduire le passé. Cependant le ferment évangélique a travaillé patiemment nos sociétés, et l’Evangile, aujourd’hui comme hier, commence à émerger des profondeurs de l’histoire. L’Eglise est reconduite vers le « principe évangélique de son existence », sur les routes de Galilée. Les hommes et les femmes d’aujourd’hui ont de plus en plus soif de Vie spirituelle mais se tournent rarement vers l’Eglise de Jésus-Christ et la Foi Chrétienne, qui leur paraît discréditée. Leurs recherches spirituelles ne croisent pas toujours les chemins du Christ. Cependant notre époque est un temps favorable à l’Evangile, un temps favorable pour la « nouvelle évangélisation » !

La « nouvelle évangélisation » est « un engagement non pas à ré-évangéliser » « mais pour une nouvelle évangélisation. Nouvelle dans son ardeur, dans ses méthodes, dans ses expressions. Il ne s'agit pas de refaire quelque chose qui a été mal fait ou qui ne fonctionne pas, de sorte que la nouvelle évangélisation serait un jugement implicite sur l'échec de la première. La nouvelle évangélisation n'est pas une nouvelle version de la première, une simple répétition mais elle est le courage d'oser de nouvelles voies, face aux nouvelles conditions au sein desquelles l'Église est appelée à vivre aujourd'hui l'annonce de l'Évangile » (Lineamenta chap. 2-5).

Le document de travail du Synode des évêques souligne, dans un très beau premier chapitre, que le cœur de l’évangélisation est la rencontre de Jésus-Christ. Il s’agit de créer « en tout lieu et en tout temps les conditions pour qu’advienne cette rencontre » (Instrumentum Laboris n°18). Pour le Pape Benoît XVI « le centre de la crise de l’Église en Europe est la crise de la Foi. Si nous ne trouvons pas une réponse à celle-ci, si la Foi ne retrouve pas une nouvelle vitalité, en devenant une conviction profonde et une force réelle grâce à la rencontre de Jésus-Christ, toutes les autres réformes resteront inefficaces. » (Message de vœux à la Curie – déc 2011) La pointe de la « nouvelle évangélisation » est ainsi de réveiller l’étincelle de la Foi en Jésus-Christ, une étincelle qui devienne un feu et éveille le désir de partager la Bonne Nouvelle. Or la Foi naît de la rencontre avec Le Christ Ressuscité au cœur de nos vies, quand nous y reconnaissons, par notre cœur brûlant, sa présence. Cette rencontre se réalise de manière personnelle et communautaire.

Comme nous pouvons le voir dans ce numéro de PRIER AU CŒUR DU MONDE, il y a des manières différentes d’envisager la « nouvelle évangélisation ». Investir le « continent numérique » est un réel défi, nous devons continuer à nous engager dans ce « lieu frontière ». Cependant, plus que jamais, mon expérience d’itinérance apostolique me fait dire que les paroisses sont un des vecteurs essentiels de la « nouvelle évangélisation » (http://apostolat-priere.org/lapostolat-de-la-priere/au-service-de-leglise-en-france.html ). Je crois que nous avons à favoriser la « revitalisation spirituelle » des paroisses, en soutenant les Prêtres et laïcs qui y sont engagés, afin qu’elles deviennent davantage des communautés chrétiennes fraternelles et solidaires, portant l’annonce de l’Evangile. Aujourd’hui comme hier, nous avons à revenir au style évangélique de saint Paul sur les routes de Galatie ou de l'Achaïe.

En ce sens la « nouvelle évangélisation » nous concerne en premier lieu ! Il n’y a pas d’annonce de l’Evangile sans crédibilité personnelle et communautaire. Seul celui qui témoigne de la cohérence de sa propre existence, entre ce qu’il dit et ce qu’il fait, entre son engagement personnel et social, peut en engendrer d’autres à la Foi. La « nouvelle évangélisation » commence par notre cœur. C’est pourquoi il est heureux qu’ait lieu, en même temps que le Synode des évêques pour la « Nouvelle évangélisation » l’ouverture de l’Année de la Foi, coïncidant aussi avec le 50ème anniversaire du Concile Vatican II. Ces événements donneront un nouvel élan à l’Eglise, si nous nous laissons convertir et si nous nous rendons dociles à l’Esprit pour annoncer l’Evangile dans notre monde en mutation.

« La nouvelle évangélisation est une action spirituelle avant tout, la capacité de faire nôtres, dans le présent, le courage et la force des premiers chrétiens » (Lineamenta chap 2-5).

L’Apostolat de la Prière est le service officiel des intentions de Prière du Pape : www.apostolat-priere.org

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La nouvelle évangélisation part de la rencontre avec Le Christ.
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Par Mgr Fisichella

Anne Kurian

ROME, Mercredi 3 Octobre 2012 (ZENIT.org) – Si l’Eglise comptait sur « ses propres stratégies » pour la nouvelle évangélisation, elle pourrait déjà  « fermer boutique », déclare Mgr Fisichella : en réalité, c’est une « question de Foi », elle dépend d'une "rencontre avec Le Christ".

Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, a tenu hier, 2 octobre 2012, une conférence en Allemagne, à Augsbourg, à l’invitation du diocèse. L’édition italienne de L’Osservatore Romano du 3 octobre 2012 en publie des extraits.

Si l’Eglise comptait sur « ses propres stratégies », elle pourrait déjà « fermer boutique et déclarer forfait », déclare Mgr Fisichella : si, au contraire il s’agit « d’une rencontre avec la personne vivante de Jésus-Christ et avec l’Eglise », alors il est « question de Foi » et la nouvelle évangélisation doit « s’exprimer selon la logique de la Foi ».

La nouveauté Chrétienne.

Pour Mgr Fisichella, l’Eglise vit depuis quelques décennies une « situation très grave » : les églises sont « toujours plus vides » et les communautés sont « fréquentées par des personnes toujours plus âgées », constate-t-il.

Aujourd’hui, poursuit-il, la crise « est d’abord une crise de Foi », une crise qui se fait « plus forte par le profond analphabétisme sur les contenus de la Foi » et, par conséquent, « l’indifférence générale pour la vie de l’Eglise ».

Mgr Fisichella considère à ce propos que le Concile Vatican II, qui s'est ouvert il y a cinquante ans, est un modèle : en effet, « il a été un moment où l’Eglise a voulu reprendre un langage nouveau pour parler de Dieu à son contemporain ».

Le Concile partait de cet « objectif », insiste-t-il : « comment parler de Dieu à l’homme d’aujourd’hui de façon à ce qu’il croie de nouveau ? » De même aujourd’hui, le défi tient en ce point: « comment exprimer la nouveauté Chrétienne dans une période où tout semble évident ? ».

Dans ce contexte, la « nouvelle de Jésus-Christ » doit « à nouveau toucher la vie personnelle », elle doit « y entrer avec la grande provocation de toujours: quel sens a ta vie? », déclare Mgr Fisichella.

La rencontre avec Le Christ.

Sans Jésus-Christ, face à « l’amour et la souffrance, le succès et l’échec, l'amitié et la trahison », il est difficile de donner une réponse au sens de la vie, une réponse qui soit « chargée de signification » à même de « pousser à la conversion et au changement ». Avec Lui, au contraire, « tout change et se renouvelle », ajoute l’Archevêque.

Il s’agit donc pour le Chrétien de s’interroger, estime Mgr Fisichella : « Peut-être ne sommes-nous plus capables de parler de Jésus-Christ. Peut-être avons-nous oublié que notre premier devoir est d’annoncer l’Evangile. »

La tâche de la nouvelle évangélisation est par conséquent de « rendre possible et efficace la rencontre avec Jésus-Christ et la communauté qui vit de Lui », non pas d’abord en « recherchant la stratégie à créer pour "récupérer" ceux qui sont loin » mais en « retrouvant la conviction et la certitude de la Foi de la part des croyants », c’est-à-dire « retrouver le sens missionnaire des Baptisés ».

Le vrai renouveau part de soi-même.

Face à la crise actuelle, certains penseront comme Nietzsche que « nos églises sont devenues le sépulcre de Dieu », fait observer par ailleurs l’Archevêque; d’autres penseront que « la situation n’est pas si dramatique et qu’il faut revenir à l’idée du petit troupeau ».  

Quoiqu’il en soit, il appelle au « réalisme » : si l’Eglise se doit de « commencer une œuvre de nouvelle évangélisation », cela signifie que « quelque chose, probablement, dans ces dernières années, n’a pas fonctionné », fait-il observer.  

Mais il ne s’y arrête pas : « ce n’est pas le moment d’aller à la recherche des causes », explique-t-il, ni de « discuter sur les grands systèmes de transformation et renouvellement de l’Eglise », car « le vrai renouveau, avant d’être demandé aux autres, doit partir de nous ».

La crise de Foi a des répercussions sociales profondes, estime également Mgr Fisichella : ainsi, la culture « se renferme dans un individualisme exaspéré », la « primauté du droit individuel domine au détriment de la responsabilité sociale » et les « relations interpersonnelles se réduisent à celles qui sont réalisées à la lumière de l’éphémère ».

En somme, « si on ne connaît pas Jésus Christ et son Eglise tout devient vieux ». Avec Jésus-Christ, au contraire, « la vie se renouvelle », conclut-il.

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Date de dernière mise à jour : 04/10/2012