Fête de Notre-Dame des Anges. Fête le 02 Août.

Jeudi 02 Août 2018 : Fête de Notre-Dame des Anges.

Santa maria degli angeli porcjunkulaLa fresque d'Overbeck. Sainte Marie des Anges dans la chapelle de la Portioncule au centre de la Nef de la Basilique Sainte Marie des Anges à Assise.
Photo de Ludmiła Pilecka

http://capucins-clermont.org/archives/166

Fête en souvenir de la Chapelle de la Portioncule dédiée à Marie entourée des Anges, près d’Assise.
« François se fixa à la Portioncule à cause de son Amour pour la mère du Christ. Il aima toujours cet endroit plus que tout autre au monde. ».

1280px s m degli angeli024Fresque au-dessus du portail d’entrée de la chapelle de la Portioncule au centre de la Nef de la Basilique Sainte Marie des Anges à Assise.
Saint François d’Assise obtenant l’indulgence pour tous les fidèles.
Photo de JoJan.

Dans la Chapelle des Capucins, l’icône au-dessus du portail d’entrée évoque la scène de Marie accueillie par son fils, Jésus.

PorziuncolaprovidoniGravure ancienne représentant la chapelle de la Portioncule dans un enclos au milieu des cellules des premiers Frères de Saint François, et au fond la ville d’Assise.

http://leblogdumesnil.unblog.fr/2011/07/28/2011-yy-de-lindulgence-de-la-portioncule-le-2-aout/

2011-55. De l’indulgence de la Portioncule, le 2 août.

Tous les 2 Août, à l’occasion de la Fête liturgique de Notre-Dame des Anges célébrée dans la famille Franciscaine, tous les fidèles peuvent obtenir une indulgence plénière particulière, dite indulgence de la Portioncule.
Afin que tous puissent comprendre ce qu’est cette grâce spirituelle et quelle est son origine, j’ai choisi de publier ici dans son intégralité (et bien que tout n’y soit plus exactement « à jour ») un opuscule que j’ai trouvé dans la bibliothèque de Frère Maximilien-Marie.

Ce qui n’est plus « à jour » dans ce texte, c’est que l’indulgence de la Portioncule, selon la dernière édition du recueil des indulgences publié par la Pénitencerie Apostolique (Enchiridion Indulgentiarum, editio quarta 16/07/1999) peut être obtenue, désormais, non plus seulement dans les églises des Ordres Franciscains (Conventuels, Frères Mineurs, Capucins ou Clarisses) mais également dans toutes les Cathédrales, toutes les Basiliques Mineures et toutes les églises paroissiales depuis le 1er Août à midi jusqu’au 2 Août à minuit (« Concessiones » n°33, §1 – 2°, 3° et 5° ).
En revanche, il n’est plus possible d’obtenir plusieurs indulgences plénières le même jour : mais il est toujours possible d’obtenir, en plus d’une indulgence plénière, plusieurs indulgences partielles dans la même journée.

Cela mis à part, j’ai pensé qu’il y avait toutefois un intérêt historique certain à reproduire ici l’intégralité de ce texte, malgré sa relative longueur.
Lully.

Notice sur l’insigne indulgence de la Portioncule
Publiée par les PP. Récollets du Couvent de Saint François d’Avignon

I. Origine de l’indulgence de la Portioncule.
1.) A quelque distance d’Assise, ville de la province de l’Ombrie en Italie, s’élève une petite chapelle érigée dans le IVème siècle par quatre Religieux venus de la Palestine ; elle est dédiée à la Sainte Vierge.
Elle fut donnée, dans le VIème siècle, aux PP. Bénédictins du Mont Subiasus, qui l’agrandirent, la décorèrent et lui assignèrent pour dotation quelques petites portions de terrains, d’où lui serait venu le nom de Portioncule.
Plus tard les fréquentes apparitions des anges dont ce lieu fut témoin, lui firent donner le nom de Sainte-Marie des Anges.

2.) Le Séraphique Patriarche Saint François d’Assise aimait dès sa plus tendre enfance à se retirer dans cette chapelle.
Comme elle était tout en ruines et abandonnée, il entreprit de la restaurer, guidé en cela par sa dévotion envers la Mère de Dieu : il avait appris en révélation que cette petite église lui était singulièrement chère entre toutes celles que l’on avait élevées à la gloire de son nom.

François en obtint plus tard la cession de Théobald, abbé des PP. Bénédictins, et il y jeta les premiers fondements de son Ordre des Frères Mineurs.
C’est pourquoi il affectionna toujours beaucoup cette église ; il l’appelait la Mère du petit troupeau qui s’était attaché à sa suite dès le commencement.

3.) Une nuit de l’année 1221 que François était en prières, dans la retraite qu’il y avait construite, un Ange lui apparut pour lui ordonner de se rendre dans la petite chapelle voisine où Notre-Seigneur Jésus-Christ et la Vierge Marie, accompagnés d’une longue suite d’Anges, l’attendaient.
François y vint en toute hâte, et à la vue de ce spectacle Céleste, il se prosterna pour adorer la Majesté de son Dieu.
Le Sauveur lui parla en ces termes : « François, le zèle que toi et tes frères montrez pour le Salut des âmes, me porte à te permettre de me demander quelque grâce en leur faveur ; je te promets de te l’accorder avec bonté ».
Pénétré de cette ineffable condescendance de son Rédempteur, le serviteur de Dieu, inspiré par la Bienheureuse Vierge Marie dont il avait imploré l’assistance, pria Jésus-Christ de daigner accorder à tous les fidèles qui seraient entrés dans cette petite chapelle, l’indulgence plénière de tous leurs péchés dont ils auraient fait une sincère confession à un Prêtre approuvé.
Jésus exauça cette prière ; il commanda à François d’aller trouver Son Vicaire et de lui demander en son nom d’accorder cette indulgence.
Après quoi la Céleste vision disparut.

4.) Fidèle aux ordres du Sauveur, François partit aussitôt pour venir se prosterner aux pieds du Pape Honorius III, pour lors à Pérouse ; il le pria de confirmer la grâce que Jésus-Christ Lui-même avait accordée.
Le Pontife comme aussi les Cardinaux, les Évêques et les Prélats, répugnaient dans le principe à la concession d’une faveur aussi extraordinaire : il s’agissait d’une indulgence entière et plénière, absolue, perpétuelle, libre, que le Saint-Siège n’avait point coutume d’accorder, disait-on, et qui était de nature à faire oublier celles mêmes attachées au pèlerinage de la Terre-Sainte et du tombeau des Saints Apôtres Pierre et Paul.

Mais enfin la volonté Divine s’étant fait connaître, le Pontife accorda à François la grâce demandée, pour un jour naturel, dans chaque année.
Il voulait en outre lui donner les lettres confirmatives de l’indulgence octroyée ; mais le serviteur de Dieu ne les accepta point disant que Jésus-Christ Lui-même saurait bien manifester, confirmer et propager son œuvre, ce qui arriva en effet avec des circonstances prodigieuses.

BartolomeestebanmurillothevisiontostfrancisatporziuncolaMurillo : l’apparition de Notre-Seigneur et de Notre-Dame à Saint François pour le don de l’indulgence de la Portioncule.

II. Promulgation et Confirmation de l’Indulgence.
5.) L’indulgence de la Portioncule était donc accordée ; mais il restait à fixer le jour où elle pourrait être gagnée par les fidèles.
François espérait que Jésus-Christ, premier auteur d’une grâce si précieuse, voudrait bien aussi indiquer ce jour. Sa confiance ne fut pas vaine.
Voici comment il fut éclairé sur ce point.

6.) Au commencement de l’année 1223, François se trouvant une nuit en prières dans sa cellule de Sainte-Marie des Anges, eut une violente tentation du démon. Pour la surmonter, il se jeta nu dans un buisson de très piquantes épines.
Alors il fut environné d’une grande lumière à la faveur de laquelle il vit sur ce buisson une grande quantité de roses blanches et rouges, quoiqu’on fût alors au milieu de l’hiver, dans le mois de janvier.

En même temps, il vit un chœur nombreux d’Anges qui l’avertirent de se rendre à l’église où Jésus-Christ l’attendait avec sa Sainte Mère.
Il s’aperçut alors qu’il était miraculeusement vêtu d’un nouvel habit blanc ; il cueillit douze roses de chaque couleur et se dirigea vers l’église dont le chemin lui paraissait richement orné.
Y étant arrivé, il fit une profonde Adoration, ensuite appuyé sur la protection de la Très Sainte Vierge, il pria Jésus-Christ de daigner déterminer le jour de l’indulgence qu’il avait attachée avec tant de bonté à ce saint lieu.
Le Seigneur lui répondit que sa volonté était que ce fut à partir du soir du jour auquel l’apôtre Saint Pierre avait été délivré de ses chaînes, jusqu’au soir du jour suivant.
Il lui ordonna encore de se présenter avec quelques uns de ses compagnons à Son Vicaire et de lui porter quelques roses blanches et rouges pour preuve de la vérité de son apparition.
Alors les Anges chantèrent l’hymne Te Deum laudamus et la vision finit.

7.) François prit trois roses de chaque couleur en l’honneur de la Sainte Trinité, et accompagné du Frère Bernard Quintaval, du Frère Pierre Cataneo et du Frère Ange de Rieti, il partit pour Rome où il fit au Pape le récit de tout ce qui lui était arrivé à Sainte-Marie des Anges ; pour confirmer la vérité du fait, il lui présentait les roses qu’il avait apportées ; ses compagnons attestèrent aussi toutes ces circonstances qu’ils avaient apprises de sa bouche.

Le Pape, merveilleusement surpris de voir de si belles roses et d’un parfum si exquis au milieu de l’hiver, comprit que les paroles de François ne pouvaient être suspectes d’erreur.
Il en conféra quelque temps avec les Cardinaux et confirma l’indulgence.
De plus il ordonna que les Évêques d’Assise, de Pérouse, de Lodi, de Spolète, de Foligno, de Nocera et de Gubbio, se réuniraient, le premier jour du mois d’Août de cette même année, à Sainte-Marie des Anges, pour la publier solennellement.

8.) Au jour marqué les sept Évêques se réunirent en ce lieu ; François monta dans une grande chaire élevée hors de l’église, et fit connaître le motif de cette réunion à la foule innombrable qui était accourue de toutes parts ; il termina par annoncer l’indulgence plénière et perpétuelle que Dieu et le Souverain Pontife accordaient à cette église à pareil jour de chaque année.

Les Évêques soutenaient qu’il ne fallait point la déclarer perpétuelle ; que telle n’était point l’intention du Pape et qu’il suffisait de dire qu’elle était accordée pour dix ans.
L’Évêque d’Assise, qui voulait d’abord en restreindre la durée, se sentit miraculeusement entraîné à la proclamer, ainsi que François l’avait fait, perpétuelle.
Les autres Évêques voulurent successivement parler pour la publier, avec cette clause restrictive ; mais tous, contre leur volonté, l’annoncèrent perpétuelle ; et ainsi d’une commune voix, elle fut déclarée accordée à perpétuité.
En outre, le jour suivant, les Évêques, pour condescendre aux saints désirs de François, consacrèrent la même église avec la plus grande Solennité.

9.) C’est ainsi que fut promulguée cette célèbre indulgence, le premier jour d’Août de la même année.
Depuis lors, malgré les attaques d’adversaires puissants, la gloire de cette indulgence s’est répandue dans tout le monde ; elle s’est toujours conservée sans nuages, grâce à l’autorité des Souverains Pontifes qui l’ont confirmée, aux miracles qui l’ont accompagnée et enfin aux rétractations des personnes de science et de mérité qui l’avaient combattue d’abord.

10.) Depuis, on a bâti autour de cette petite chapelle par l’ordre du Pape Saint Pie V, une église magnifique qui est desservie par les PP. Mineurs de l’Observance.
On en admire la beauté ; elle jouit des titres d’insigne Basilique, de chef-lieu et de mère de tout l’Ordre Séraphique.

TiberioindulgenzaTiberio : Saint François annonce à la foule l’indulgence de la Portioncule en présence des Évêques.

III. Extension de l’indulgence de la Portioncule et privilèges particuliers qui l’accompagnent.
11.) L’indulgence plénière du 2 Août, attachée dans le principe à la seule église de Sainte-Marie des Anges, fut ensuite, pour le bien des fidèles, étendue à toutes les églises des Ordres de Saint François.
Ce fut Grégoire XV qui en disposa ainsi par sa bulle Splendor paternae gloriae du 4 Juillet 1622, et il prescrivit comme condition nécessaire pour gagner l’indulgence hors de la Portioncule, outre la Confession, la sainte Communion.

12.) Le vénérable Innocent XI, par son bref Alias felicis, du 12 Janvier 1678, après avoir confirmé la bulle précédente de Grégoire XV, déclara que l’indulgence de la Portioncule pouvait aussi être appliquée par manière de suffrage aux âmes du Purgatoire.

13.) Le Souverain Pontife Innocent XII, par sa bulle Redemptoris, du 18 août 1695, étendit la même indulgence à tous les jours de l’année pour la seule église de Notre-Dame des Anges des PP. Mineurs Observantins.

14.) Et enfin le même Innocent XII par son autre bulle Cum ob sacris jubilaei celebrationem, du 21 août 1699, déclara que cette indulgence n’était point, dans l’église de la Portioncule, suspendue comme les autres pendant l’année Sainte du jubilé.

15.) Il faut remarquer ici que l’indulgence de la Portioncule peut se gagner au jour marqué toties quoties, c’est-à-dire toutes et chaque fois que l’on visitera en ce jour une église de Franciscains, et cela nonobstant le décret d’Innocent XI qui déclare que les indulgences plénières attachées à la visite de certaines églises, ne peuvent se gagner qu’une seule fois dans un jour.
Ce décret ayant donné lieu de douter si l’indulgence de la Portioncule était comprise dans cette formule restrictive, on consulta la Sacrée Congrégation du Concile, laquelle répondit, le 17 juillet 1700, que le décret ne comprenait point cette indulgence et qu’à cet égard on continuerait à faire comme on l’avait fait.

Cette décision fut encore confirmée par un rescrit de la même Congrégation du Concile, du 4 Décembre 1723, adressé au P. Provincial des Mineurs Observantins de la province de Saint-Thomas de Turin.
Le même fait résulte d’un bref de Saint Pie V, cité par le P. Sabin de Bologne, enfin de la tradition non interrompue de la pratique constante des fidèles de Rome, laquelle n’a jamais rencontré aucune contradiction.
S’il pouvait rester un doute à cet égard, il serait résolu par les décisions de la Sacré Congrégation des Indulgences du 22 février 1847 et du 24 décembre 1849, approuvées par Sa Sainteté Pie IX.

16.) De tout ce que nous avons dit, il faut conclure que l’indulgence de la Portioncule surpasse toutes les autres indulgences plénières par les privilèges singuliers qui la distinguent :
1° – Elle est d’origine immédiatement Divine,
2° – elle est plénière, perpétuelle, absolue, libre, applicable aux vivants et aux âmes du Purgatoire, enfin attachée à toutes les églises des Ordres de Saint François.
3° – On peut la gagner tous les jours de l’année dans l’église de Sainte-Marie des Anges près d’Assise.
4° – Dans la dite Basilique, elle n’est point suspendue pendant l’année jubilaire ; et dans les autres églises des Franciscains elle est suspendue seulement pour les vivants et continue à avoir son effet pour l’application aux âmes du Purgatoire.
5° – Elle peut être gagnée toties quoties, c’est à dire plusieurs fois dans le même jour, comme il a été dit.

17.) En faveur de la validité de cette indulgence et de ses privilèges, nous avons encore le témoignage du grand Pape Benoît XIV dans son ouvrage de Synodo dioc. lib.XIII, cap.18.

18.) Le savant Cardinal Bellarmin, dans son second livre des indulgences, chap.20, ne craint pas d’affirmer que l’indulgence de la Portioncule confirme trois dogmes de la Foi Catholique : l’existence des indulgences, puisque celle de la Portioncule est accordée par Jésus-Christ Lui-même ; l’autorité du Souverain Pontife, puisque Jésus-Christ commande à Saint François de recourir à Son Vicaire pour la faire confirmer ; enfin la nécessité de la Confession auriculaire, car pour gagner la dite indulgence, il est nécessaire de Confesser ses péchés à un Prêtre approuvé.
Tout cela ressort de ce que nous avons dit et de l’Office des Franciscains au 2 août (Brev. Francisc. 2 die Aug. lect.5).

19.) Les preuves qui établissent l’authenticité des faits exposés jusqu’ici sont déduites fort au long dans la Bibliothèque du P. Lucius Ferraris, article « Indulgence », et dans les Annales du P. Luc Wading où l’on peut les vérifier.

Assisi z13Chapelle de la Portioncule, dans son état actuel au centre de la Nef de la Basilique Notre-Dame des Anges à Assise.
Photo de Zyance.

IV. Conditions à remplir pour gagner l’indulgence de la Portioncule.
20.) C’est un sujet de douce consolation que de voir, le 2 Août de chaque année, les fidèles de tout âge, de tout sexe et de toute condition se presser dans les églises des Ordres de Saint François, pour y gagner la grande indulgence que l’Église y accorde à ses enfants.

Mais, d’un autre côté, on ne peut s’empêcher de gémir quand on fait réflexion qu’à la réserve d’un petit nombre qui se font un devoir de remplir les conditions prescrites pour gagner l’indulgence, la plupart en demeurent privés parce qu’ils ignorent les règles à suivre pour s’appliquer un si précieux avantage.
Ils sont persuadés qu’il n’y a à faire pour y participer qu’à entrer et sortir dans quelque église de Franciscains, récitant à la hâte quelque prière du bout des lèvres.

Après s’être dissipé l’esprit et le cœur dans ces allées et venues, ils s’en retournent chez eux croyant avoir gagné l’indulgence.
Il n’en est point ainsi. Sans doute les prières vocales récitées dans de telles circonstances et avec dévotion ne sont point sans mérite devant Dieu ; mais elles ne suffisent point pour faire gagner l’indulgence.

21.) Il faut pour cela remplir trois conditions imposées par le Souverain Pontife, et elles sont rigoureusement nécessaires, savoir : la Confession Sacramentelle, la Sainte Communion et la visite de l’église qui jouit du privilège de la Portioncule où l’on doit prier aux intentions des Souverains Pontifes qui ont accordé et confirmé l’indulgence.

22.) C’est établi, et il n’est nullement nécessaire que la Confession et la Communion soient faites dans l’église à laquelle est attachée l’indulgence.
On peut les faire ailleurs, mais il faut faire la visite prescrite dans l’église susdite. Le temps où l’on peut gagner l’indulgence commence aux 1ères vêpres du 1er Août et continue jusqu’au crépuscule qui suit le coucher du soleil du lendemain 2 Août.

Il n’est pas nécessaire que la Confession et la Communion précèdent la visite pour qu’on gagne l’indulgence.
On pourra donc faire la visite dès les premières vêpres avec l’intention de se Confesser et de Communier le jour suivant ; car quoique l’accomplissement de toutes les œuvres prescrites soit de rigueur, elles peuvent néanmoins être faites dans l’ordre que l’on veut, pourvu que la dernière soit faite en état de grâce.
Ce que nous disons pour gagner l’indulgence de la Portioncule s’applique aux autres indulgences plénières attachées à la visite de quelque église.

23.) Après avoir donné ces notions générales, nous croyons devoir tracer ici des règles pratiques que pourront suivre les Chrétiens vraiment jaloux de participer à une faveur si précieuse et dont l’observation est mieux à la portée de chacun.

Le jour de cette Solennité, on se rendra à l’église avec l’intention bien arrêtée de s’appliquer la sainte indulgence.
On y fera une Adoration profonde au Saint-Sacrement ; si l’on ne s’est déjà présenté à la sainte table, on y viendra prendre place avec les sentiments d’une véritable piété et d’une sincère contrition.
Puis l’on rendra à Notre-Seigneur les actions de grâces qui lui sont dues, et l’on se disposera à la réception de la sainte indulgence par la récitation des prières que la dévotion de chacun pourra lui suggérer, en ayant soin toutefois de prier selon les intentions des Souverains Pontifes.

Or, l’intention des Souverains Pontifes en accordant les indulgences, c’est que les fidèles prient pour l’exaltation de notre Mère la Sainte Église, pour l’extirpation des hérésies, pour la Paix et la concorde des princes Chrétiens.
Ces prières pourront être réduites à six Pater, six Ave Maria et six Gloria Patri, ou bien à la récitation des quelques formules que l’on trouvera à la fin de cet opuscule.
Ensuite on demandera à Notre-Seigneur qu’il daigne nous Bénir dans sa Miséricorde, et l’on se retirera de l’église dans le recueillement et la confiance d’avoir gagné l’indulgence.

24.) Si l’on veut la gagner de nouveau, l’on rentrera dans l’église, et, avec les mêmes dispositions intérieures, on offrira à Dieu les mêmes prières ou autres semblables, comme on a dit, et l’on recevra de nouveau l’indulgence.
Ensuite l’on sortira et l’on pourra revenir, observant toujours les mêmes prescriptions et la même méthode dans toutes les visites que l’on fera.

Comme on ne peut gagner les indulgences que pour soi-même ou pour les âmes du Purgatoire, et non pour les autres personnes vivantes, après avoir gagné la première pour le Salut de son âme, l’on appliquera les autres en faveur des âmes décédées, auxquelles on désirera que revienne le prix de cet inestimable bienfait.

25.) Pour gagner l’indulgence plénière il est nécessaire d’être exempt non seulement de tout péché, mais de l’affection au péché ; on ne sait donc jamais si l’on a toutes les dispositions nécessaires pour obtenir la pleine et entière rémission de la peine temporelle qui reste due au péché après que la peine éternelle a été remise par le Sacrement de Pénitence.

Rien n’empêche par conséquent que l’on cherche à s’appliquer à soi-même plus d’une fois l’indulgence, puisque Saint Thomas et Saint Bonaventure nous affirment que l’on méritera et que l’on gagnera d’autant mieux l’indulgence que l’on aura visité plus souvent l’église.
En se conformant à ces règles, chacun aura sujet de croire avoir obtenu cette faveur précieuse pour lui-même et pour les âmes du Purgatoire.

26.) De ce que nous venons de dire on conclura sans peine que ce n’est point à un rapide passage dans l’église, mais bien à la visite et aux œuvres indiquées ci-dessus qu’est attachée l’indulgence de la Portioncule.
La raison de toutes ces allées et venues n’est autre que l’impossibilité où l’on serait, malgré toutes les prières, de gagner plusieurs indulgences ; tandis que si l’on veut les gagner, comme on ne peut le faire que par le moyen d’autant de visites, il devient nécessaire de sortir et rentrer dans la même église, en sorte que le nombre de visites faites indique le nombre des indulgences gagnées.

27.) Tous ceux entre les mains de qui tombera ce petit livre sont instamment priés de se procurer auprès du Seigneur le mérite d’instruire toutes les personnes qui leur sont unies par les liens du sang ou de l’amitié, de tout ce qui se rapporte à une institution aussi salutaire, afin que l’Église, notre bonne Mère, ne soit point trompée dans ses espérances, lorsqu’elle nous accorde pour notre bien des dons ineffables, et que ses fidèles enfants ne perdent point par leur ignorance ces avantages spirituels qu’elle leur départ avec tant de générosité.

28.) Enfin un dernier motif qui doit porter chaque fidèle à gagner cette indulgence si précieuse, c’est que outre les avantages qui nous en reviennent, il en résulte encore la gloire de notre Divin Rédempteur qui assura au Séraphique Père Saint François que cette dévotion était chère à Son Cœur Miséricordieux.
Elle est aussi agréable à Marie, car Wading raconte qu’elle a été vue souvent sur le temple de la Portioncule avec son divin Fils dans les bras, le jour de cette Solennité, Bénissant tout le peuple et applaudissant à ces saints exercices.
Toutes ces considérations doivent faire comprendre de quel zèle chacun doit être animé pour tâcher autant que possible d’acquérir une grâce aussi avantageuse à l’âme que conforme à la volonté de Dieu, aux désirs de la Très Sainte Vierge Marie et à ceux de l’Église, notre commune Mère.

PorziunculaIntérieur de la chapelle de la Portioncule.

Prières selon les intentions du Souverain Pontife
pour gagner une indulgence plénière.

A la visite d’une église, lorsqu’on veut s’appliquer à soi-même l’indulgence, on peut réciter la prière qui suit:
Mon Seigneur Jésus-Christ, je reconnais et je crois que Vous avez laissé à la Sainte Église le riche trésor des saintes indulgences pour le profit spirituel des fidèles.
Je reconnais qu’elle ouvre et dispense en cette occasion ses richesses spirituelles en faveur de ceux qui avec les dispositions requises visitent cette église et y prient selon les pieuses intentions des Souverains Pontifes, c’est-à-dire pour la conversion des infidèles, pour l’exaltation de notre Mère la Sainte Église, pour le retour des hérétiques, pour la paix et la concorde entre les princes Chrétiens et pour les autres fins proposées.
C’est avec cette intention que je veux prier dans cette visite, afin de gagner cette sainte indulgence que j’espère obtenir, et que j’applique au profit de mon âme et pour la rémission des peines temporelles que j’ai méritées par mes péchés sans nombre.


Si l’on veut appliquer l’indulgence pour un ou plusieurs défunts, l’on ajoute la prière suivante que l’on met au singulier ou au pluriel:
O mon Jésus, si Vous daignez m’accorder cette sainte indulgence, je Vous l’offre pour les âmes décédées, envers lesquelles j’ai des obligations particulières de justice ou de charité.
Je l’applique pour la satisfaction des peines qu’elles ont méritées, afin de hâter leur sortie du Purgatoire et leur entrée dans le Paradis.

 21768243 pFresque de l’intérieur de la Chapelle de la Portioncule

Ensuite on récite les prières suivantes pour les besoins de l’Église et selon les intentions de notre Saint Père le Pape:
Seigneur, je prie pour la Sainte Église Votre épouse et ma mère. Souvenez-Vous que Vous avez répandu votre Sang Divin afin qu’elle fût sans rides et sans tâches.
Daignez donc purifier et sanctifier tous ses membres, en éloignant d’elle tout scandale et tout péché.
Ne permettez pas qu’elle soit méprisée ou avilie. Dirigez-la Vous-même, conservez-là, exaltez-la parmi toutes les nations, étendez son empire dans tout le monde : ut Ecclesiam tuam sanctam regere et conservare digneris, Te rogamus audi nos
(pour que Vous daignez régir et conserver votre Sainte Église, nous Vous le demandons, écoutez-nous)!

Pater noster, Ave Maria, Gloria Patri.

Seigneur, ayez pitié de la malheureuse chrétienté. Elle est le champ où Vous et vos Apôtres avez semé la doctrine évangélique.
Mais voyez quelle ivraie d’erreurs l’ennemi est venu semer par-dessus. Combien de peuples, combien d’états sont infectés par l’hérésie!
Et qui peut arracher cette ivraie maudite laquelle monte toujours dans son orgueil pour étouffer le bon grain de la vérité catholique? Ah! Quel autre peut le faire, si ce n’est Vous, qui êtes tout-puissant?
Humiliez tant d’hérétiques qui troublent votre Église, et faites que l’erreur dissipée, tous les hommes croient d’une foi vive en Vous et à Vous, et qu’ils ne s’éloignent jamais plus de tout ce que l’Église nous enseigne pour éclairer notre Foi et diriger nos mœurs. Ut inimicos sanctae Ecclesiae humiliare digneris, Te rogamus audi nos
(pour que vous daignez humilier les ennemis de la Sainte Église, nous Vous le demandons, écoutez-nous)!

Pater noster, Ave Maria, Gloria Patri.

Seigneur, en venant au monde, Vous avez apporté la paix sur la terre et l’avez fait annoncer au monde par la bouche des Anges.
Vous qui êtes le Prince de la paix, répandez parmi les princes chrétiens l’esprit d’union et de concorde, et faites qu’ils gouvernent leurs sujets dans la sainteté et la justice.
Réconciliez encore et unissez les cœurs de tous les fidèles dans les saints nœuds de la Charité et de l’Amour, afin que réunissant leurs efforts, ils défendent la religion Catholique contre tous ses ennemis : Ut regibus et principibus christianis pacem et veram concordiam donare digneris, Te rogamus audi nos
(pour que Vous daignez la paix et la concorde véritable aux rois et princes Chrétiens, nous Vous le demandons, écoutez-nous)!

Pater noster, Ave Maria, Gloria Patri.

Suprême et éternel Pasteur des âmes, Jésus, protégez votre Vicaire sur la Terre et notre Pontife Souverain. Dirigez-le, illuminez-le, fortifiez-le, défendez-le, assistez-le, afin qu’il puisse gouverner sagement la Sainte Église.
Oremus pro Pontifice nostro N…
Dominus conservet eum et vivifivet eum, et beatum faciat eum in terra et non tradat eum in animam inimicorum ejus.
(Prions pour notre Pontife N…
Que le Seigneur le garde et le vivifie, qu’il le rende heureux sur la terre et qu’il ne le livre pas aux mains de ses ennemis).


Pater noster, Ave Maria, Gloria Patri.

Bazylika santa maria degli angeli asyAssise : Basilique de Notre-Dame des Anges englobant la chapelle de la Portioncule.
Photo de Radomil.

 S maria degli angeli11La Nef de la Basilique Sainte Marie des Anges à Assise et au milieu, la Portioncule.
Photo de JoJan

http://www.carmel.asso.fr/EXERCICE-Pour-la-fete-du-second-jour-d-Aout.html

EXERCICE Pour la Fête du second jour d’Août

Pour la communion du second jour d’Août
Fête de Notre-Dame des Anges [1]
Sur l’obligation de prier pour les pécheurs

[1] Cette Fête a été instituée par l’Église, avec la concession d’une indulgence aussi solennelle que celle du Jubilé, en mémoire de l’apparition où Jésus-Christ, accompagné de sa Sainte Mère, se fit voir à Saint François, priant pour les pécheurs, et lui accorda pour eux, la pleine rémission de leurs péchés, toutes les fois qu’ils la demanderaient, en ce jour, avec les dispositions requises.

Le fruit principal que je dois retirer de l’institution de cette Solennité, c’est non seulement de la célébrer chaque année par une digne Communion, mais encore de m’imposer à moi-même chaque jour une Prière pour la conversion des pécheurs.
Combien cette dévotion est-elle agréable au Sauveur des hommes ! Combien me sera-t-elle profitable à moi-même !
Je ne saurais mieux connaître de quel prix cette pratique est aux yeux de Dieu, qu’en considérant qu’il en révèle Lui-même toute l’excellence à un de ces serviteurs qu’il chérissait singulièrement, à un Saint qui avait renoncé à tout pour embrasser ce qu’il y a de plus parfait dans l’Évangile, à un homme de Dieu, pauvre, humilié, mortifié à l’exemple de Jésus-Christ, et comme son Divin Maître, brûlant du zèle de la Gloire de Dieu et du Salut du prochain.

Une dévotion inspirée à une âme aussi riche en bonnes œuvres et en mérites, ne saurait être pour moi qu’une preuve bien sensible de l’estime que Dieu Lui-même en fait.
Pour m’en convaincre encore plus fortement, je réfléchirai sur les motifs suivants :

1° Ces pécheurs, pour lesquels cette Solennité m’invite à prier, ont été rachetés du Sang de Jésus-Christ. Ils ont été, sur la Croix, les objets de ses Miséricordes, et ils sont encore aujourd’hui une conquête bien chère à son cœur.
Puis-je en douter, quand je me rappelle qu’il se compare à un Pasteur si empressé à recouvrer la brebis égarée, qu’il ne regrette ni fatigues ni courses pour la retrouver, et pour la ramener à son bercail.
Évangile de Mon Dieu ! Livre Saint qu’il a dicté Lui-même ! Je me retrace encore les soins empressés, les vives sollicitudes avec lesquelles il nous dépeint l’Homme-Dieu s’agitant pour arracher au péché l’âme infidèle qui s’est éloignée de Lui.
L’a-t-il enfin retrouvée sa brebis errante ? Il la saisit, la charge sur ses épaules : il n’est plus maître des transports de joie qui le pénètrent.

Venez, mes amis, venez, s’écrit-il, dans les tendres épanchements de son allégresse, venez vous réjouir avec moi j’ai retrouvé la brebis qui s’était égarée.
Combien d’autres images répandues dans les Livres Saints me font sentir, sous les traits les plus aimables, tout ce que ce Dieu de bonté a d’ardeur pour le retour d’une âme qui l’a abandonné ?
Serais-je indifférente à ces considérations ? La voix du Sang de mon Divin Rédempteur ne me crie-t-elle pas, à chaque moment, d’empêcher qu’il ne soit utile à tant d’âmes, pour lesquelles il a coulé si abondamment ?
Et comment y réussirai-je plus sûrement, qu’en unissant mes Prières aux mérites de ce Sang adorable, et en demandant qu’il profite à ceux sur lesquels se fixaient les regards expirants de Jésus crucifié ?

2° Pourrais-je ignorer encore quelles leçons éloquentes me donne l’ardente sollicitude de Mon Dieu, pour les âmes égarées dans les voies de la perdition ?
Rien ne le fatigue, rien ne le rebute ; ni délais, ni mépris, ni même les plus sanglants outrages. Jamais il ne cesse de les presser, de les inviter avec les instances les plus propres à les toucher ; il les épargne, il les attend, il multiplie au–dehors et au-dedans les ressources qui peuvent les ébranler, et leur faire mesurer toute la profondeur du précipice ouvert sous leurs pas.
Il est toujours bon à leur égard, quelqu’opiniâtres qu’ils soient dans leurs dérèglements.

Il faut donc, en dois-je conclure, que l’âme d’un pécheur soit bien précieuse devant Dieu, puisque son Amour suspend sa Justice sur celui qui en mériterait les plus sévères effets.
En puis-je trop faire moi-même pour seconder, par mes Prières, d’aussi favorables dispositions ?
Quel témoignage plus vrai, plus naïf, lui donner de mon Amour que d’aimer ce qu’il aime avec si peu de raison, en apparence, d’aimer surtout autant qu’il aime ?

3° Oui, il les aime ces pécheurs, dont il m’invite à procurer par mes Prières, le changement et le Salut. C’est pour eux qu’il est venu sur la Terre ; pour eux qu’il s’est soumis à l’humiliation de naître dans l’indigence, au milieu d’un monde pervers et qui a refusé de le connaître.

C’est Lui-même qui me le déclare. Son incarnation, sa naissance, sa vie cachée, les pénibles travaux de sa mission, ses opprobres, ses douleurs, sa Passion, sa mort, sa Résurrection, son retour au Ciel, la communication de son esprit à ses Apôtres, la prédication de son Évangile, ses Écritures, ses promesses et ses menaces ; le dépôt de sa Doctrine, confié à ses ministres, ses grâces extérieures et intérieures, les Sacrements, tout m’annonce dans les exemples, comme dans la morale de ce Divin Maître, tout ce qu’il a fait pour la conversion de pécheurs.

Le Ciel qui étale ses richesses à leurs yeux, et l’Enfer qui leur découvre ses abîmes, sont les perpétuels organes de sa Miséricorde sur eux.
Les demeures éternelles retentissent de chants d’allégresse, dès qu’un seul d’entre eux rentre dans les sentiers de la Pénitence.
Je ne puis donc mieux répondre à ces inclinations bienfaisantes d’un Dieu Rédempteur, qu’en le mettant, par la continuité et la ferveur de mon zèle suppliant, dans l’heureuse nécessité d’en faire éprouver les fruits à des âmes malheureusement éloignées de ses voies.

Après tout ce que je dois personnellement de retour à ses bienfaits, ne dois-je pas lui demander, avec les plus vives instances, que mon prochain profite de ces Grâces, et qu’il rentre, par une réforme entière et prompte, dans la voie qui doit le conduire au pardon de ses crimes ?

4° Il me suffirait de connaître que la pratique d’un devoir plaît à mon Souverain Maître, pour m’engager à y être fidèle ; ne me proposât-il d’autres avantages que celui de me rendre agréable à ses yeux, par cet accomplissement de sa Volonté sainte, ne serait-ce pas dès ce monde le comble de mon Bonheur et de ma gloire ?

Qu’est-ce qu’une âme Chrétienne peut ambitionner qui soit plus digne de ses désirs et de ses travaux, que de fixer, par quelqu’une de ses œuvres, la complaisance d’un Dieu même ?
La prière pour la conversion des pécheurs, me procure ce bien inestimable ; je viens de m’en convaincre ; mais de quelle utilité ne m’est-elle pas encore à moi-même ?

1° J’accomplis une des plus précieuses obligations de la Charité ; ce n’est point une générosité passagère qui me porte à protéger et à servir un malheureux, à lui ménager une place qui soit la ressource, l’appui d’une famille qui partage sa disgrâce : le bon office que je lui rendrais, n’ajouterait rien à son mérite devant Dieu ; peut-être l’abus même qu’il en ferait, serait cause de sa perte éternelle.
Mais, en intéressant pour tel pécheur, par ma Prière, les Divines Miséricordes ; mais en demandant dans une Communion, dans un Sacrifice qui me coûte, dans un exercice de piété, la guérison de son âme ; mais en réclamant en sa faveur les mérites d’un Dieu crucifié, combien ne fais-je pas rejaillir sur moi-même de ces récompenses promises au cœur charitable, dont le zèle s’étend aux besoins spirituels du prochain !

2° La Parole du Sauveur n’est-elle pas engagée en faveur des Apôtres, et de quiconque participe à leur mission ?
Sans être appelée aux fonctions apostoliques, et ne pouvant y suppléer que par mes bons exemples et par l’autorité de mon rang, je suis en état dans tous les temps de m’employer au Salut des âmes, d’y consacrer chaque jour quelques prières spirituelles, de les offrir surtout au pied des Autels, au moment du Sacrifice où Jésus s’immole comme une victime propitiatoire pour tous nos péchés, d’y joindre enfin la médiation de Marie, Refuge des pécheurs ; puis-je ne pas espérer une récompense proportionnée à ma Charité, et telle que le Sauveur la promet à ceux qui imitent le zèle de ses Apôtres.

3° Enfin, par cette attention charitable, qui m’affectionne à la conversion des pécheurs, je remplis le caractère d’enfant de l’Église.
Toute sa Gloire consiste à honorer Jésus-Christ, son chef invisible, par les vertus et les services de ses enfants ; plus je contribuerai donc à lui procurer cet avantage, plus j’entrerai dans les vues et les désirs de cette Mère commune.
En augmentant ses trésors spirituels, j’accroîtrai mes propres richesses ; ces pécheurs, dont j’aurai obtenu la conversion, seront de nouveaux intercesseurs qui, par leurs Prières, multiplieront les Grâces que tant d’autres sollicitaient déjà pour moi.
Que de motifs de cultiver assidûment cette pratique de zèle et de Charité !

Prière à Jésus Sauveur des âmes
Sauveur adorable ! Que l’Amour le plus miséricordieux a rendu victime sur la Croix, pour le Salut de tous les hommes, pénétrez mon cœur des impressions de ce zèle Divin, dont le vôtre fût consumé.
Faites-moi sentir toute la valeur de ces âmes teintes de votre Sang adorable : que la vue de ce qu’elles vous coûtèrent de travaux, d’humiliation et de souffrances, anime toute l’ardeur et toute la confiance de ma charité pour elles.

Mais surtout, que je consulte assidûment cette clémence, dont vous désirez leur faire ressentir les effets ; que je les mette en état, par mes communions, par mes prières et par mes bonnes œuvres, d’y participer ; que ma componction leur ménage la sincérité et la promptitude de leur repentir ; que je réussisse à détourner les fléaux de votre colère, qui devrait les frapper, et y substituer, par l’humilité et la confiance de mes vœux, les richesses de votre Miséricorde.

Ecoutez-la, Seigneur, cette tendre Miséricorde, et que toujours elle fasse taire votre Justice : faites grâce à ces pécheurs, en faveur desquels je sollicite les mérites de votre dernier Sacrifice.
Vous aimez à Pardonner ; ayez égard à ces dispositions de votre Amour bienfaisant. Mes propres misères suffiraient pour occuper tout le zèle que je me dois à moi-même ; mais la voix de la Charité, appliquée à mon prochain, vous touchera, et vous rendra sensible à mes besoins personnels.
Vous m’accorderez la grâce d’y remédier, pour que je vous fléchisse plus efficacement à l’égard des autres.
Que ne puis-je vous offrir ma prière aussi pure et aussi fervente que les hommages de l’humble François !
Sous les auspices de votre Sainte Mère, ô Mon Jésus, je les dirigerai, comme lui, au trône de votre bonté ; vous écouterez une intercession aussi puissante auprès de votre cœur ; vous daignerez Bénir la confiance qui me conduira à vos pieds ; vous répandrez sur moi tous les dons de sainteté, qui me rendront agréable à vos yeux, et plus capable, dès lors, d’obtenir la conversion des pécheurs.

Assomptionweb1Assomption de la Vierge Marie ou Notre-Dame des Anges
Au-dessus du portail d’entrée de la chapelle réalisée par Paolo Orlando en 2008 pour la chapelle des Capucins (Clermont-Fd)

http://capucins-clermont.org/archives/173

Fresque de Notre-Dame des Anges (chapelle de Clermont)

« Lève-toi mon amie, viens ma toute belle. Car voici que l’hiver est passé, la saison des pluies est finie, elle s’en est allée. Lève-toi, mon amie, viens ma toute belle ! » (Ct 2, 10-12). Accourant à son appel, la Vierge murmure : « Mon bien-aimé est à moi, et moi je suis à lui » (Ct 2, 16).
Elle entre dans la Cité Sainte et se prosterne devant son Fils et son Dieu. Le Roi des Rois vient à sa rencontre et lui tend son bras ; tel l’Époux introduisant son Epouse dans sa demeure, ensemble ils s’avancent.
Un murmure d’admiration parcourt l’assemblée des Anges et des Saints. Intrigués ils se demandent : « Qui est celle-ci qui monte du désert, appuyée sur son bien-aimé ? » (Ct 8, 5).

Mais « quand ils entendirent la salutation de Marie », ils tressaillirent de bonheur et « s’écrièrent d’une voix forte : “Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles, notre Roi de gloire, est béni.
Comment avons-nous ce bonheur que la mère du Roi des Rois et du Seigneur des Seigneurs vienne jusqu’à nous ? Car lorsque nous avons entendu tes paroles de salutation, l’Esprit Saint a tressailli d’allégresse au-dedans de nous” ».

L’éclat de la Beauté de la Vierge rejaillit sur tous les habitants des Cieux qui lui font une haie d’honneur en proclamant : « Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur ! » Et tous dans le Temple s’écrient : « Amen ! Amen ! ».
Oui les Cieux sont tout illuminés en ce jour où la Lumière divine peut pleinement se refléter sur le pur miroir de l’humanité très Sainte de la Vierge immaculée, Mère du Très-Haut, que Celui-ci couronne de gloire inégalée.

Bien sûr, c’est au Ciel que se passe cette Fête ; mais comment n’y participerions-nous pas ? N’est-elle pas des nôtres celle qui monte en gloire, portée par les Anges ?
N’est-elle pas une enfant de la Terre, cette jeune fille qui a accueilli le Germe divin tombé du Ciel ?
N’est-elle pas notre Mère celle que Jésus nous a laissé en héritage du haut de la Croix ? Oui, vraiment, elle est nôtre. Il est dès lors juste et bon que nous soyons pleinement associés à la joie des habitants des cieux, et que descende sur nous une rosée de grâces proportionnée à notre statut de pèlerins.

Quelques considérations sur Marie élevée au Ciel et couronnée :

Le Christ Roi couronne la Vierge Reine du Ciel. La dévotion au couronnement de la Vierge remonte aux premiers Chrétiens lorsque Saint Ephrem et Saint Grégoire de Naziance découvrent dans certains passages de la Bible les « suites » de la résurrection : ainsi, dans le premier Livre des Rois (2, 19) : après que Salomon eut été couronné roi des Israélites, sa mère, Bethsabée, vient lui demander une faveur :
«  … et le roi se leva à sa rencontre et se prosterna devant elle, oui il s’assit sur son trône, on mit un siège pour la mère du roi et elle s’assit à sa droite ».

« Couronnement » ? Mère du Fils de Dieu, les Chrétiens ont très vite affirmé que, immédiatement après sa mort, Marie a été associée à la Résurrection de son Fils : « elle fut élevée corps et âme à la gloire du Ciel, exaltée par le Seigneur comme Reine de l’univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils » (Lumen Gentium).

A l’origine de l’image de la Vierge couronnée, il y a la femme couronnée d’étoiles de l’Apocalypse (chap.12) et la Légende dorée de Jacques de Voragine dans laquelle Marie est invitée à s’asseoir sur le trône de gloire à la droite de son Fils.
Le don de la Vie éternelle accordée à Marie est source d’espérance pour tout ceux qui mettent leur Foi dans le Christ.

Le trône a pour fonction universelle d’être le support de la gloire humaine ou divine. Il symbolise la présence, même vide.
Dans le monde gréco-romain, sur le trône vide, était disposé un coussin sur lequel étaient placés les insignes du règne.
Le coussin de couleur pourpre est l’insigne du Roi.

L’Apocalypse de Saint Jean fait appel plusieurs fois à une liturgique Céleste du trône (4, 9-11):  « Chaque fois que les Vivants rendent gloire, honneur et action de grâce à celui qui siège sur le Trône, à celui qui vit pour les siècles des siècles, les vingt-quatre Anciens tombent à genoux devant celui qui siège sur le Trône, et ils adorent celui qui vit pour les siècles des siècles ; ils jettent leur couronne devant le Trône en disant :
‘Notre Seigneur et notre Dieu, tu es digne de recevoir gloire, honneur et puissance puisque c’est toi qui as créé toutes choses : par ta volonté elles existent et elles ont été créées.’ »
Et en 5, 6 : « Et voici ce que j’ai vu encore : en face du Trône, en face des quatre Vivants et des Anciens, il y avait un Agneau ; il se tenait debout, et il était comme immolé. »

La fresque du couvent des Capucins :
Plusieurs éléments sont à noter : la voûte Céleste, les anges, le trône avec un coussin, Jésus et Marie.
L’arc étoilé et les deux anges peuvent nous soustraire à la précarité d’un moment seulement occasionnel. Ils introduisent une autre dimension. L’intimité est visible. Les pieds côtes à côtes voir enchevêtrés.

Une citation du Cantique des Cantiques a été placée sous le trône : « Lève-toi mon amie, viens ma toute belle » (Ct 2, 12).
Les exégètes Chrétiens ont établi très vite une relation entre le couronnement de la Vierge et l’union mystique célébrée dans le Cantique des Cantiques de Salomon. « Lève-toi mon amie, viens ma toute belle. »
Tout le désir que Dieu a de l’homme est dans ce pressant appel. Les deux verbes « lever » et « venir » peuvent laisser croire à un ton qui implore.
Amour et beauté sont exprimés. L’initiative de l’amour et de la beauté est Divine mais ne s’impose pas.
A quoi le Bien-Aimé invite-t-il de façon pressante ? Dans le Cantique, il s’agit de célébrer le printemps, la Vie offerte à nouveau.

La main gauche de Marie et la main droite de Jésus ne se tiennent pas, ne se saisissent pas, mais se cherchent. De l’autre main, chacun se repose sur l’autre. Aucune saisie, du repos en l’autre, confiant, tendre.

L’intérêt de la fresque est de raviver le désir du Ciel et celui d’être sauvé. Marie a répondu à Dieu en s’offrant et en se consacrant totalement à Lui.
En même temps la réponse de Marie est ce que Dieu a demandé et offert à tout homme.

L’homme peut refuser de correspondre à l’amour. De fait les hommes ont exprimé leur refus en choisissant l’autosuffisance et la mort.
Mais Dieu, sans ne nullement abandonner un instant sa créature a continué à frapper au cœur de tout hommes.
Et Marie de Nazareth a répondu. La relation entre l’éternité et le temps s’est établie dans un geste de liberté (qui aurait pu ne pas être). Notre temps  et  notre espace appartiennent à Dieu, mais ils ne sont pas Dieu ; ils nous appartiennent comme un don de sa  volonté, et par l’offrande de notre volonté.

L’offrande et la consécration (de la part de Marie, première de tous) est possible seulement comme conséquence d’un nouveau don renouvelé.
La relation entre l’éternité et le temps entre l’immensité et le temple vient de la prédilection ou de la préférence manifestée à quelqu’un  parmi les hommes.

Le Ciel donc s’ouvre sur la Terre, pour accueillir Marie (et pour accueillir toute l’humanité en même temps qu’elle), puisque en embrassant Marie, Dieu nous prend nous aussi dans ses bras.
En face de la prédilection, il y a la complète liberté de l’homme.

Dieu demande le consentement de Marie. Les anges, toutes les puissances du Ciel, toutes les réalités créées se penchent  sur un minuscule village de Galilée, Nazareth.
Dans un minuscule moment du temps. En retenant leur le souffle … Marie a accueilli le Fils de Dieu dans sa chair (Annonciation). Ici, c’est le Fils qui embrasse la Mère. Il s’agit de l’admirable échange.

Il s’agit également d’un mariage. Sur le même trône, non pas en face l’un de l’autre. Non pas égaux, mais unis.
L’Assomption comporte le couronnement qui est un rite de mariage cf couronne dans le rite oriental).
Les mots « couronnement » et « épousailles » sont identiques en grec : stephanosis. «Comme un jeune homme épouse une vierge, ainsi t’épousera  ton  créateur ;  comme  se réjouit l’époux pour son épouse ainsi ton Dieu se réjouira pour toi.» (Is. 62,5) « Sa main gauche est sous ma  tête et sa droite m’embrasse » Ct. 2,6 )

La Vierge Marie, la Vierge de Grâce, pleine de Grâce (Lc. 1,28), par l’œuvre du Saint Esprit, remplie de ses dons, est comme telle vraie Église de Dieu.
Par le « oui » de Marie, Dieu, en son Fils, s’est fait connaître pour inviter tous les hommes à entrer dans la nouvelle Alliance.

Aujourd’hui, Marie, auprès du Christ Rédempteur, reste la servante du Seigneur. Elle intercède auprès de son Fils pour chacun de nous.
Marie est modèle de Sainteté, d’Obéissance et de Foi pour tous les Chrétiens. Elle est « étoile de l’Espérance ».

Souvenons-nous que l’amour vrai est désintéressé ; il se réjouit pour le bonheur de l’autre, sans rien attendre en retour.
Réjouissons-nous donc gratuitement pour la Joie de Marie, qui retrouve à la fois son Fils, son Seigneur, son Époux et Son Dieu.
Réjouissons-nous aussi de la Gloire de notre Mère des Cieux que Notre Seigneur intronise à sa droite, la couronnant Reine du Ciel et de la Terre, tandis que les chœurs des Anges entonnent le chant du Psaume :
« Ecoute ma fille, regarde et tend l’oreille ; oublie ton peuple et la maison de ton père : le roi sera séduit par ta beauté. Il est Ton Seigneur, prosterne-toi devant Lui. Fille de roi, elle est là dans sa Gloire, vêtue d’étoffes d’or ; on la conduit toute parée vers le roi. » (Ps 45[44] 11-16).

Toute ta grandeur, ô Marie, est de t’être pleinement ouverte au don de Dieu sans jamais t’en exalter, car tu avais compris mieux que personne que « Dieu est grand dans les grandes choses, immense dans les toutes petites » (St Augustin) ; c’est pourquoi tu t’es faite la plus petite, laissant à Dieu le soin de t’élever auprès de Lui, dans les hauteurs.

La Reine de l’univers, qui a reçu de Son Seigneur tout pouvoir pour dispenser ses trésors de Grâce, veille sur chacun de nous avec une Maternelle sollicitude, afin que nous vivions dès à présent en fils de Roi, puisque nous le sommes.

Crypte

En complément, voici un autre Sanctuaire (à Lurs, diocèse de Digne) célèbre par ses miracles où l’on fête Notre-Dame des Anges.
http://dignois.fr/Lurs-ND-Anges/

Notre Dame des Anges, à Lurs
Notre Dame des Anges, auparavant Notre Dame d'Aulun (nom du site romain).

Aux alentours de la chapelle modeste Notre-Dame d'Aulun édifiée sur les ruines d'un temple dédié à Diane les riverains des bords du Lauzon entendirent plusieurs nuits de suite des chants mélodieux, des cantiques accompagnés d'instruments Célestes et virent des traînées de vive lumière.

Cela se passait vers 1655, principalement le 2 Août. Mgr d'Arbaud établit alors près de cette chapelle des Prêtres Récollets pour en assurer le service et y établir des pèlerinages (N. D. des anges).
Les gens y affluèrent en grand nombre. Ils y amenèrent des malades incurables qui furent guéris et même des enfants morts qui ressuscitèrent.
On garde les noms de ces miraculés et la date des miracles qu'il serait trop long d'énumérer ici.


Une association créée en 1992 , "Les Amis de Notre Dame des Anges" a entrepris des travaux urgents de restauration :

° la toiture ,
° la Voûte d'une chapelle latérale ,
° la restauration des vitraux ,
° la restauration de tableaux dont celui dit "des miracles" ,
° l'installation d'une alarme et de grilles , ...

Cette Association a réédité un opuscule de 1926 écrit par le Père Léon Maurel ,
cet édifice a fait également l'objet d'un petit livret édité par "le patrimoine religieux des Basses Alpes" ,
N° 21 bis de 1998 .

Mme Nicole Moulin , présidente de l'association "Les Amis de ND des Anges" nous a gentiment communiqué des photos de l'intérieur de cette église .

Nd 006

Commentaires (1)

1. Jean Lefèvre 03/08/2014

Les riverains des bords du Lauzon (commune de Lurs dans le diocèse de Digne) entendirent plusieurs nuits de suite des chants mélodieux, des cantiques accompagnés d'instruments célestes et virent des traînées de vive lumière.

Cela se passait vers 1655, principalement le 2 août. Mgr d'Arbaud, évêque de Digne, établit alors près de cette chapelle des prêtres récollets pour en assurer le service et y établir des pèlerinages (N. D. des Anges). Les gens y affluèrent en grand nombre: il y amenèrent des malades incurables qui furent guéris et même des enfants morts qui ressuscitèrent.

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Date de dernière mise à jour : 02/08/2018