Dimanche des Rameaux et de La Passion du Seigneur. Fête le 10 Avril 2022.

Dimanche 10 Avril 2022 : Fête du Dimanche des Rameaux et de La Passion du Seigneur.

La règle à retenir, c’est que la Célébration du mystère pascal l'emporte sur tout le reste. Pâques est en effet le sommet de la Vie Chrétienne, c’est la « Solennité des solennités ».

La Vie de l’Église s’organise autour de la Commémoration de la mort et de la Résurrection du Christ : du début de la Semaine Sainte à la fin de l’Octave de Pâques (8 jours après le Dimanche de Pâques).
Durant ces deux semaines, aucune Fête ne peut interférer, pas même une Solennité.

Dimanche des rameaux et de la passion du seigneur 11Le regard de Jésus au Bon Larron.

La Célébration du Dimanche des Rameaux comporte deux parties d'abord la Liturgie des Rameaux, puis la Messe de la Passion.
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  CÉLÉBRATION DU DIMANCHE DES RAMEAUX
ET DE LA PASSION DU SEIGNEUR

 Extraits de l’Homélie du Pape Saint Jean Paul II (13 Avril 2003)
 

1. « Béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur! » (Mc 11, 9).
La liturgie du Dimanche des Rameaux est comme une porte d'entrée solennelle dans la Semaine Sainte.
Elle associe deux moments opposés entre eux : l'accueil de Jésus à Jérusalem et le drame de la Passion: l'« Hosanna » joyeux et le cri plusieurs fois répété : « Crucifie-le! » ; l'entrée triomphale et la défaite apparente de la mort sur la Croix. Elle anticipe ainsi l'« heure » où le Messie devra beaucoup souffrir, sera tué et ressuscitera le troisième jour (cf. Mt 16, 21), et elle nous prépare à vivre en plénitude le mystère Pascal.

2. « Crie de joie, fille de Jérusalem / Voici que ton roi vient à toi » (Zc 9, 9). En accueillant Jésus, la Cité dans laquelle vit la mémoire de David se réjouit; la Cité des prophètes, dont un grand nombre subirent le martyre pour la vérité ; la Cité de la paix, qui au cours des siècles a connu la violence, la guerre, la déportation.
D'une certaine façon, Jérusalem peut être considérée comme la Ville-symbole de l'humanité, en particulier en ce dramatique début de troisième millénaire que nous vivons.
C'est pourquoi les rites du Dimanche des Rameaux acquièrent une éloquence particulière. Les paroles du prophète Zacharie retentissent de façon réconfortante : « Exulte avec force, fille de Sion! / Crie de joie, fille de Jérusalem! / Voici que ton roi vient à toi : / Il est juste et victorieux, / humble, monté sur un âne / ... l'arc de guerre sera retranché. / Il annoncera la paix aux nations »(9, 9-10). Aujourd'hui nous sommes en liesse, car Jésus, le Roi de la Paix, entre à Jérusalem.

3. Alors, le long de la descente du mont des Oliviers, les enfants et les jeunes de Jérusalem accoururent à la rencontre du Christ, en l'acclamant et en agitant joyeusement des rameaux d'olivier et des palmes. [...]

5.« Voici ta Mère! »Jésus adresse ces paroles à chacun de vous, chers amis. A vous aussi, il demande de prendre Marie comme Mère « dans votre maison », de l'accueillir « parmi vos biens », car « c'est Elle qui, en accomplissant son ministère maternel, vous éduque et vous modèle jusqu'à ce que le Christ soit formé pleinement en vous ». Que Marie fasse en sorte que vous répondiez généreusement à l'appel du Seigneur, et que vous persévériez avec joie et fidélité dans la mission chrétienne! [...]

6.« Vraiment cet homme était Fils de Dieu! »(Mc 15, 39). Nous avons à nouveau écouté la claire profession de Foi, exprimée par le centurion, « voyant qu'il avait ainsi expiré »(ibid.). C'est de ce qu'il a vu, que naît le surprenant témoignage du soldat romain, le premier à proclamer que cet homme crucifié « était Fils de Dieu ».
Seigneur Jésus, nous aussi nous avons « vu » comment tu as souffert et comment tu es mort pour nous. Fidèle jusqu'au bout, tu nous a arrachés à la mort par ta mort. Avec ta Croix, tu nous a rachetés.
Toi, Marie, Mère qui souffre, tu es le témoin silencieux de ces instants décisifs pour l'histoire du salut.
Donne-nous tes yeux pour reconnaître sur le visage du Crucifié, défiguré par la douleur, l'image du Ressuscité glorieux.
Aide-nous à l'embrasser et à avoir confiance en Lui, afin de devenir dignes de ses promesses.
Aide-nous à lui être fidèles aujourd'hui et tout au long de notre vie.
Amen!

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Dimanche des Rameaux et de la Passion

Aujourd’hui, nous Célébrons dans une même Fête deux évènements qui semblent plutôt en opposition : l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem et sa condamnation à mort.
Entre l’évangile lu avant notre procession et celui que nous venons de lire, le contraste est saisissant.

Le premier nous raconte l’entrée triomphale de Jésus dans Jérusalem, assis sur un jeune ânon et acclamé par le peuple.
Le second Evangile relate la sortie de la ville pour la Crucifixion du Christ, sous le poids de la Croix et l’animosité de la foule.
Comment peut-on Célébrer en une même cérémonie ces deux épisodes de la vie de Jésus ? N’est-ce pas réunir l’inconciliable ? N’y a-t-il pas quelque chose de choquant de se réjouir en Célébrant la Passion ?

Peut-être trouve-t-on un élément de réponse à ces questions si on demeure attentif non aux oppositions, mais aux points communs de ces deux textes.
Car si les contrastes entre les Rameaux et la Passion sont considérables, il y a cependant deux constantes majeures.
Dans les deux textes, on retrouve deux acteurs principaux dans des attitudes semblables : la foule et Jésus.
Et plus précisément, la foule unanime qui proclame sa joie ou sa haine, et Jésus honoré des insignes royaux, par louange ou par dérision.
Il y a, dans ces deux points communs, une double invitation pour nous en ce début de semaine sainte : d’une part, vérifier notre attitude de Foi face au Christ, et d’autre part, garder constamment notre regard de Foi sur la personne du Christ Jésus.

Tant en ce qui concerne les disciples et les amis de Jésus que ses opposants, le comportement de la foule est révélateur d’un positionnement face au mystère de la personne de Jésus.
En relisant ces textes, nous pouvons nous interroger sur notre propre attitude. À qui je ressemble le plus ?
Ou plutôt ma vie n’est-elle pas un mélange des différentes attitudes des contemporains de Jésus ?
Parfois, j’accueille avec joie le Christ et son évangile. D’autre fois, je crains d’avouer être son disciple, d’une manière ou d’une autre.
Parfois, je veille avec lui dans la Prière pour ne pas entrer en tentation. D’autre fois, j’abandonne celui qui est la source de Vie, et je préfère crier avec la foule.
Parfois, je me tiens debout dans la Foi au pied de la Croix. D’autre fois, je perds l’espérance dans la puissance de vie de Notre Dieu.
La richesse des personnages, de leurs gestes et de leurs paroles, est une source inépuisable pour notre méditation, pour notre propre examen.

Quant à la personne de Jésus, les deux textes nous le présentent avec les insignes royaux, pour le louer ou pour se moquer.
Il est remarquable que Jésus, si humble et si proche des humiliés, ne les rejette pas. Et même il écarte ceux qui veulent empêcher la proclamation : « je vous le dis, s’ils se taisent les pierres crieront. »
Il me semble que c’est pour nous une invitation à poser sur Jésus un véritable regard de Foi. Le contraste entre sa dignité réelle, signifiée extérieurement par ses insignes royaux, et sa Passion humiliante nous mène à ne pas nous arrêter à ce qui est visible.

La valeur de la Passion de Jésus ne provient pas des souffrances subies, certains hommes au cours de l’histoire ont supporté des tortures malheureusement plus terribles.
La valeur unique et universelle de la Passion du Christ résulte de l’être unique de Jésus en qui Dieu s’est réconcilié avec les hommes (2 Co 5, 18 ; Rm 5, 10), et de sa fidélité jusqu’à la mort.
La Passion du Christ est source de Salut, car il y met tout le poids de l’Amour, d’une vie offerte.
Jésus nous montre que la voie de la confiance et de l’Amour envers Dieu Notre Père n’est pas une impasse.
Au contraire, c’est la seule voie, la seule porte qui traverse la mort pour nous mener à la Vie éternelle.
Notre regard de Foi sur la personne de Jésus pendant les jours de sa Passion ne doit pas nous amener à nous apitoyer d’abord sur le sort de Jésus.
Comme le dit Jésus : « pleurer d’abord sur vous ». Car lorsque nous Contemplons Jésus dans son chemin de Croix, ce n’est pas d’abord l’injustice de son sort qui doit nous frapper, mais la manière dont Jésus nous ouvre le chemin de la Vie.
Nous devons moins nous apitoyer sur les malheurs qui frappent Jésus qu’accueillir la leçon de Vie qu’il nous donne dans sa Passion.
Ainsi lorsque nous écoutons et méditons la Passion, ce n’est pas d’abord la tristesse qui monte au cœur du croyant, mais l’action de grâce.
Jésus nous rouvre la porte du jardin jadis fermé, la voie vers l’arbre de Vie. La tristesse et les larmes nous saisissent si notre regard s’arrête à l’échec apparent, à l’injustice qui frappe Jésus. Tandis que la conscience que Le Christ Jésus réalise sous nous yeux l’œuvre de Salut qu’aucun homme ne pouvait réaliser de lui-même, cette conscience nous fait chanter une action de grâce : Le Christ s’est fait, pour nous, obéissant jusqu’à la mort de la Croix, c’est pourquoi Dieu l’a exalté.
La Passion de Jésus révèle la passion d’Amour de Dieu Notre Père pour chacun de nous, et c’est pourquoi ce sont des larmes de joie et de reconnaissance qui doivent couler en relisant cette Passion.
Fr. Antoine-Marie, o.c.d.

S offrir a l amour siginifie donc s offrir a la souffranceS’offrir à l’Amour signifie donc s’offrir à la Souffrance.

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Dimanche des Rameaux et de la Passion

Message du Pape Benoît XVI pour le Carême 2007
« Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé. » (Jn 19, 37)

Chers frères et sœurs !
« Ils regarderont celui qu’ils ont transpercé. » (Jn 19, 37). C’est le thème biblique qui guidera cette année notre réflexion quadragésimale.
Aussi, avec une participation plus fervente, nous tournons notre regard, en ce temps de Pénitence et de Prière, vers Le Christ crucifié qui, en mourant sur le Calvaire, nous a révélé pleinement l’Amour de Dieu.
Je me suis penché sur le thème de l’amour dans l’encyclique Deus caritas est, en soulignant ses deux formes fondamentales : l’agape et l’eros.

L’Amour de Dieu : agape et eros.

Le terme agape, que l’on trouve très souvent dans le Nouveau Testament, indique l’amour désintéressé de celui qui recherche exclusivement le bien d’autrui ; le mot eros, quant à lui, désigne l’amour de celui qui désire posséder ce qui lui manque et aspire à l’union avec l’aimé. L’amour dont Dieu nous entoure est sans aucun doute agape.
En effet, l’homme peut-il donner à Dieu quelque chose de bon qu’Il ne possède pas déjà ? Tout ce que la créature humaine est et a, est un don divin : aussi est-ce la créature qui a besoin de Dieu en tout.
Mais l’amour de Dieu est aussi éros. Dans l’Ancien Testament, le Créateur de l’univers montre envers le peuple qu’il s’est choisi une prédilection qui transcende toute motivation humaine. L’eros fait partie du cœur même de Dieu : le Tout-puissant attend le « oui » de sa créature comme un jeune marié celui de sa promise.
Malheureusement, dès les origines, l’humanité, séduite par les mensonges du Malin, s’est fermée à l’amour de Dieu, dans l’illusion d’une impossible autosuffisance (Jn 3, 1-7).
En se repliant sur lui-même, Adam s’est éloigné de cette source de la vie qu’est Dieu Lui-même, et il est devenu le premier de « ceux qui, leur vie entière, étaient tenus en esclavage par la crainte de la mort » (Hb 2, 15).
Dieu, cependant, ne s’est pas avoué vaincu, mais au contraire, le « non » de l’homme a été comme l’impulsion décisive qui l’a conduit à manifester son amour dans toute sa force rédemptrice.

La Croix révèle la plénitude de l’Amour de Dieu.

C’est dans le mystère de la Croix que se révèle pleinement la puissance irrésistible de la Miséricorde du Père Céleste.
Pour conquérir à nouveau l’amour de sa créature, Il a accepté de payer un très grand prix : le sang de Son Fils Unique.
La mort qui, pour le premier Adam, était un signe radical de solitude et d’impuissance, a été ainsi transformée dans l’acte suprême d’Amour et de liberté du nouvel Adam.
Aussi, nous pouvons bien affirmer, avec Maxime le Confesseur, que Le Christ « mourut, s’il l’on peut dire, divinement parce que il murut librement » (Ambigua, 91, 1956).
Sur la Croix, l’eros de Dieu se manifeste à nous. Eros est effectivement – selon l’expression du Pseudo-Denys – cette force « qui ne permet pas à l’amant de demeurer en lui-même, mais le pousse à s’unir à l’aimé » (De divinis nominibus, IV, 13 : PG 3, 712).
Existe-t-il plus « fol eros » (N. Cabasilas, Vita in Christo, 648) que celui qui a conduit Le Fils de Dieu à s’unir à nous jusqu’à endurer comme siennes les conséquences de nos propres fautes ?

« Celui qu’ils ont transpercé »

Chers frères et sœurs, regardons Le Christ transpercé sur la Croix ! Il est la révélation la plus bouleversante de l’Amour de Dieu, un Amour dans lequel eros et agape, loin de s’opposer, s’illuminent mutuellement.
Sur la Croix c’est Dieu lui-même qui mendie l’Amour de sa créature : Il a soif de l’Amour de chacun de nous.
L’apôtre Thomas reconnut Jésus comme « Seigneur et Dieu » quand il mit la main sur la blessure de son flanc.
Il n’est pas surprenant que, à travers les saints, beaucoup aient trouvé dans le cœur de Jésus l’expression la plus émouvante de ce mystère de l’Amour.
On pourrait précisément dire que la révélation de l’eros de Dieu envers l’homme est, en réalité, l’expression suprême de son agape.
En vérité, seul l’Amour dans lequel s’unissent le don désintéressé de soi et le désir passionné de réciprocité, donne une ivresse qui rend légers les sacrifices les plus lourds.
Jésus a dit : « Quand je serai élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes. » (Jn 12, 32). La réponse que le Seigneur désire ardemment de notre part est avant tout d’accueillir son Amour et de se laisser attirer par Lui.
Accepter son Amour, cependant, ne suffit pas. Il s’agit de correspondre à un tel Amour pour ensuite s’engager à le communiquer aux autres : Le Christ « m’attire à lui » pour s’unir à moi, pour que j’apprenne à aimer mes frères du même Amour.
A vous, chers frères et sœurs, je vous adresse affectueusement à tous une spéciale Bénédiction Apostolique.
BENEDICTUS PP. XVI

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Origine de la cérémonie des Rameaux

A Jérusalem, on célébrait dès le 4ème siècle l'entrée de Jésus dans la ville. L'église de Jérusalem en 383 invitait les pèlerins à participer à une procession du village de Béthanie à Jérusalem "mimant" l'entrée triomphale du Christ à Jérusalem.
Egérie qui a été en pèlerinage à Jérusalem, raconte la procession des Rameaux  "Tous tiennent des branches, les uns des branches de palmiers, les autres d'oliviers; et ainsi on escorte l'Évêque à la manière dont le Seigneur a été escorté ce jour-là".
Cette Fête des Rameaux venait sans doute de Constantinople. Cet évènement n'a pas donné lieu  à une des douze grandes Fêtes liturgiques orientales et les icônes de l'entrée à Jérusalem se sont développées seulement au 16ème et 17ème siècle.
A Rome, au moins depuis le 6ème siècle, le dimanche précédant Pâques était celui de la Passion.
En occident à partir du 9ème siècle, s'est répandue cette Fête, avec la procession. On trouve des représentations de l'entrée de Jésus à Jérusalem au 10ème et 11ème siècle.

Réformes liturgiques de Pie XII et de Paul VI

Pie XII dans sa réforme Liturgique de la semaine sainte en 1956 a associé la Fête romaine de la Passion et la cérémonie des Rameaux.
Le dimanche qui précède les Rameaux était le "Dimanche de la Passion", mais c'était le "Dimanche des Rameaux" que l'on faisait la grande lecture de la Passion.
La réforme Liturgique de Paul VI (missel romain de 1970) a supprimé le "Dimanche de la Passion" et a donné à ce dimanche le nom de " Dimanche des Rameaux et de la Passion "

Liturgie et Messe du Dimanche des Rameaux et de la Passion ?

La Célébration du Dimanche des Rameaux comporte deux parties d'abord la Liturgie des Rameaux, puis la Messe de la Passion.
Le Dimanche des Rameaux et de la Passion, les ornements Liturgiques sont rouges. Cette couleur est à la fois le signe de la Royauté de Jésus et de sa Passion.
Cependant jusqu'au XVIème siècle, on utilisait à Rome des ornements violets et ailleurs des ornements blancs.
On marque aussi le lien entre les Rameaux et la Passion, en ornant la Croix de l'église avec des branches ou en mettant  un bandeau rouge ou violet sur la Croix, parfois en décorant le chœur avec des grandes palmes.

Bénédiction des Rameaux

Alors qu’avant 1955, la Bénédiction des Rameaux se déroulait dans l’église même, actuellement c'est en un lieu extérieur à l'église, le Prêtre fait la Bénédiction des rameaux, la Bénédiction du buis, il les asperge d'eau Bénite et il lit l'évangile de l'entrée triomphale de Jésus à Jérusalem d'après l'un des quatre évangélistes selon les années.
Pour la Bénédiction des rameaux et la procession des rameaux, le célébrant peut revêtir la chape rouge qu'il dépose à la fin de la procession.

Procession des Rameaux

Le Dimanche des Rameaux après la Bénédiction des rameaux, l'assemblée part en procession en chantant "Hosanna" chacun portant un buis Béni dans la main pour acclamer Le Seigneur. Cette procession du Dimanche des Rameaux est un hommage solennel au Christ Roi, c'est l'acclamation de celui que nous reconnaissons comme Le Seigneur ressuscité.
 La procession peut être plus ou moins longue à l'extérieure de l'église selon les possibilités (parfois on fait le tour de l'église).
Là où il n'est pas possible de faire la procession, les fidèles se rassemblent devant la porte de l'église.

L'entrée solennelle dans l'église

Après la Bénédiction des rameaux ou la procession, si elle a lieu, c'est l'entrée solennelle dans l'église.
Le Prêtre frappe à trois reprises sur la porte fermée de l'église pour officialiser l'entrée du " Roi de Gloire".
L'entrée solennelle dans l'église évoque à la fois l'entrée de Jésus à Jérusalem et le jour eschatologique ou l'humanité entrera définitivement dans la Jérusalem Céleste.

Que fait-on des branches de buis Béni ?

A la date du Dimanche des Rameaux après la Messe et la Bénédiction des rameaux de buis, les fidèles rapportent chez eux les branches de buis Béni.
Ils en ornent les Crucifix de leur maison. Dans certaines régions, la Vendée par exemple, ils portent le buis Béni au cimetière sur les sépultures de leurs défunts comme signe d'espérance et de Foi en la Résurrection.
L'après-midi, autrefois, à la date du Dimanche des Rameaux on allait aussi placer un brin de branche à l'entrée de chaque champ pour que la récolte soit abondante et de bonne qualité. A Nice, on attache des branches de laurier à la proue des bateaux. Les coutumes sont diverses selon les régions et les époques.
On brûle traditionnellement les branches de buis secs le premier jour du Carême l'année suivante. On peut apporter à la paroisse les buis secs de l'année précédente. 

Dimanche des rameaux 11

http://www.eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/les-grandes-fetes-chretiennes/paques-et-la-semaine-sainte/369510-le-dimanche-des-rameaux/

Le Dimanche des Rameaux

Six jours avant la Pâque juive, Jésus retourne à Jérusalem. La foule a tapissé le sol de Rameaux verts pour acclamer Jésus lors de son entrée dans la ville.
C’est en mémoire de ce jour que les Catholiques portent des rameaux (de buis, oliviers, lauriers ou palmiers, selon les régions. Ces rameaux, une fois bénis, sont tenus en main par les fidèles qui se mettent en marche, en procession : marche vers Pâques du peuple de Dieu à la suite du Christ.

Le Dimanche qui précède la Fête de Pâques, appelé « Dimanche des Rameaux et de la Passion », l’Église célèbre solennellement, avant la messe, l’entrée messianique du Seigneur à Jérusalem, telle que les quatre Évangiles la rapportent : « La foule nombreuse venue pour la fête apprit que Jésus venait à Jérusalem ; ils prirent les rameaux des palmiers et sortirent à sa rencontre et ils criaient : Hosanna ! Béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur » (Jn 12, 12-13).

Ces paroles sont chantées comme Antienne d’ouverture au lieu, différent de l’église, où les fidèles se sont réunis : après une brève allocution, le célébrant Bénit les rameaux (en Occident, il s’agit ordinairement non de palmes, mais de buis ou de lauriers) ; le diacre ou, à son défaut, un prêtre, lit le récit évangélique de l’entrée messianique de Jésus et l’on se rend en procession jusqu’à l’église.

La Messe de la Passion commence alors par la Prière d’ouverture. La tradition Chrétienne veut que l’on emporte, après la Messe, les rameaux bénits, pour en orner les croix dans les maisons : geste de vénération et de confiance envers le Crucifié.
Source : Dom Robert Le Gall – Dictionnaire de Liturgie © Editions CLD, tous droits réservés

La foule des Rameaux

Nous entrerons dans la Semaine sainte par le porche que constitue la Fête des Rameaux. Ne sommes-nous pas, Chrétiens, plus souvent que nous ne le pensons, cette foule des Rameaux ? Celle qui acclame le Fils de David en jetant manteaux et branches d'arbres sur le passage de l'étrange cortège : Le Maître monté sur une ânesse, et ses disciples, dont la peur et le trouble intérieurs ne sont guère atténués par le fragile enthousiasme d'un instant.

Et ils ont raison les disciples... car la foule est changeante et ils n'en sont pas très éloignés. L'histoire est riche en exemples de retournements de la foule. Elle met rapidement à mort ceux qu'elle a encensés.
Elle vous redresse en un tour de main ceux qu'elle avait ignorés. Le seul qui ne se fait guère d'illusion c'est bien - à cet instant de l'Évangile - celui qui la connaît le mieux et qui lui a si souvent parlé.

Il ne l'a pourtant jamais flattée, il ne lui a pas fait de fausses promesses. Il l'a même parfois rudoyée mais toujours au nom de cette vérité et de cette justice dont il était, au nom de Dieu, le messager et même, beaucoup plus, l'incarnation et la présence. Il a guéri ses malades, nourri ses affamés, rendu leur visage et leur nom à ses anonymes.

D'ailleurs, pas d'inquiétude apparente... Pour l'heure ils sont là. C'est à celui qui crie le plus, qui chante plus fort que les autres, qui trouve le meilleur qualificatif : « Envoyé du Seigneur, Prophète, Fils de David » et j'en passe sûrement...
À l'applaudimètre de la foule, Jésus est vainqueur. Il ne sera pas arrêté. Pensez donc ! Elle réagira, la foule, elle fera barrage...
Vous la sonderiez sur le champ qu'elle serait ébahie, la foule, si vous envisagiez la moindre menace pour celui qui lui a rendu espoir et courage.

Mais elle changera rapidement d'avis et réclamera la mort, quitte à verser quelques larmes, en se frayant une place sur les bords du chemin qui conduit au Golgotha.

Nous sommes, encore aujourd'hui, cette foule qui acclame et qui condamne. Tous, à différents niveaux, sous différents visages. Sans exception...
Et si, dans cette foule, avaient lieu quelques actes de conversion ? Ils suffiraient sûrement pour proclamer, à la face du monde, que les paroles et les actes de celui que l'on a crucifié, en dépit des violences ou des ralliements à ceux qui veulent la mort du juste, sont le signe que l'Amour peut traverser le pire, pour être, parce qu'il s'agit de Dieu, source et don de la Vie éternelle...
Mgr André Dupleix
Ancien Secrétaire général adjoint de la Conférence des Évêques de France
Billet paru dans le Courrier hebdomadaire, Mars 2008.

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https://fr.zenit.org/2013/03/22/dimanche-des-rameaux-lectio-divina-de-mgr-follo/

Dimanche des Rameaux: Lectio Divina de Mgr Follo.

La Passion n’est pas une émotion, mais un don passionné du Christ.

Paris, (Zenit.org).

Dimanche des Rameaux et de la Passion – Année C – 24 Mars 2013.
Is 50,4-7; Ps 21; Ph 2,6-11; Lc 22,14-23.56

1) Il ne suffit pas de pleurer, il faut combattre.

À l’écoute de la Passion sanglante du Christ, un guerrier a dit une des phrases les plus fortes qui soit jamais sortie de la bouche d’un Chrétien.
Tandis que quelqu’un était en train de lire le récit de la Passion, le roi Clovis soupirait et pleurait.
Tout à coup, ce roi guerrier n’a plus su résister et a empoigné son épée en criant : « Si j’avais été là, avec mes Francs ! »
Parole de soldat et de violent qui contredit les paroles du Christ à Pierre qui, lui aussi, avait pris son épée et coupé l’oreille à l’un de ceux qui étaient venus faire souffrir Jésus.
Parole naïve, parole de soldat et de violent d’un nouveau converti, mais que l’absurde beauté d’un amour pur et vigoureux rend si belle.

Il ne suffit pas de pleurer sur celui qui n’a pas versé que des larmes, à moins que ces pleurs ne soient ceux de la Vierge, qui a accepté que l’épée de la souffrance la transperce jusqu’à accepter la mort de son Fils et à nous accepter comme ses enfants ; à moins que ces pleurs ne soient comme ceux de Pierre.

Combattons la bonne bataille avec le Christ et pour le Christ, en transformant l’épée de Pierre (mais aussi celle de Clovis) en Croix :
– sur la Croix, Jésus – la Vie – s’est offert à la mort par amour pour nous, pour que nous vivions éternellement dans Notre Père qui est aux Cieux ;
 – avec la Croix, Jésus nous rappelle l’avertissement de la Charité : « Celui qui ne prend pas sa Croix, et ne me suit pas, n'est pas digne de Moi » ;
– sous la Croix, Jésus tombe à trois reprises pour que nous devenions capables de nous relever en vertu de sa Croix, et qu’elle ne nous effraie pas ;
– de la Croix, Jésus est temporairement « délivré », par le Cyrénéen, pour nous aider à Le distinguer dans notre prochain et soulager celui-ci du poids de la Croix ; en même temps, il se laisse essuyer le visage par Véronique, pour que nous apprenions qu’en essuyant avec pitié les peines des autres, l’image du Sauveur reste imprimée en nous ;
- cloué sur la Croix, Jésus, ne pouvant plus rien faire, a tout fait : il scelle l’Alliance de Miséricorde, nous délivre de la culpabilité et de la mort, et il nous laisse ses dernières paroles à utiliser comme armes pour lutter dans la vie :
« Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » ; « Femme, voici ton fils. Voici ta mère. » ; « Amen je te le déclare : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » ; « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?  » ; « J’ai soif. » ; « Tout est accompli. » ; «« En tes mains, Père, je remets mon esprit. »

2) Commémoration d’un drame.

Pour être plus précis, ce paragraphe devrait s’intituler la commémoration liturgique du drame d’un homme qui est entré dans la ville de Jérusalem fêté comme un roi, mais en est ressorti quelques jours plus tard, condamné à mort, avant de revenir vivant, d’une vie éternelle.

Une commémoration qui est participation au drame, comme cela est le cas durant la Sainte Messe avec la Liturgie de la Parole et la Liturgie Eucharistique.

La Liturgie de la Parole nous offre aujourd’hui le récit de la Passion selon Saint Luc, qui la présente comme l’étape finale du chemin entrepris par Jésus (cf.  Lc 9,51) qui, de la Galilée, l’a conduit jusqu’à Jérusalem (cf. aussiLc9,31; 13,32) et, plus profondément, comme la fin de sa vie sur terre et de sa mission, mais aussi comme le passage vers la Gloire, la Résurrection. Ce chemin comporte des souffrances et la Croix, considérées comme nécessaires (cf.  Lc 17,25; 24,26), et, Jésus fut à parcourir ce chemin en premier, aussi comme modèle pour les Chrétiens.
La Passion du Christ est aussi la dernière, âpre et dure lutte contre le démon qui, apparemment plus fort (cf. Lc22,53), sera battu.

Dans l’évangile selon Saint Luc, la signification salvifique de la mort de Jésus s’exprime avec des caractéristiques hellénistes non sémites : il n’insiste donc pas sur le caractère expiatoire de la Croix, mais plutôt sur la victoire de la Résurrection.
Celle-ci est liée à la mort qui reste le lieu de l’obéissance de Jésus Fils, au Père (cf. Lc 9,22; 13,33; 17,25; 22,37; 24,7.26), mais aussi celui de l’effusion de l’Esprit.
Luc veut nous dire qu’en se comportant ainsi, Jésus a ouvert une voie de Salut pour chaque homme.

En soulignant la Miséricorde de Dieu (Saint Ambroise de Milan appelle l’évangile de Luc « l’évangile de la Miséricorde »), il montre aussi que sa Passion constitue pour tous une invitation à se convertir (cf. Lc 23,47-48).
En effet, cet évangéliste raconte certains détails de la Passion qui sont l’expression du sentiment de Compassion qui habite Jésus : malgré les souffrances de la Croix qu’il porte, Jésus se préoccupe des femmes qui le suivent sur la route du Calvaire (cf. Lc 23, 27-31) ; il justifie auprès du Père ceux qui l’ont crucifié et lui demande de leur pardonner (cf. Lc 23,34) ; il promet au larron repenti de lui réserver une place à ses côtés, au Paradis (cf. Lc 23,43).

Luc présente par ailleurs Jésus livrant au Père son esprit, dans une confiance totale pour les insondables projets qu’il a sur lui : « Il rendit l’esprit ».
Contemplons Jésus mort, son côté transpercé et baigné de sang et d’eau, le Baptême et l’Eucharistie, les Sacrements de la Rédemption.
Regardons-le, déposé de la Croix, reposant sur le ventre de sa Mère, pour que celle-ci, portée par l’Amour de sa souffrance, reverse sur nous, universellement, toutes les grâces.
C’est comme une Messe. En effet, dès ses débuts, l’Église a vu dans cette scène une anticipation de ce qu’elle fait pendant la Liturgie. « Pour l’Église primitive le “Dimanche des Rameaux” n’appartenait pas au passé. Comme le Seigneur jadis entré dans la Ville sainte, à dos d’âne, l’Église le voyait arriver de nouveau et toujours sous les humbles espèces du pain et du vin.

 « L’Église salue Le Seigneur dans la Sainte Eucharistie comme celui qui vient maintenant, qui est entré en son sein.
Mais en même temps, elle Le salue comme celui qui y demeure toujours, celui qui vient et nous prépare à sa venue.
En pèlerins, nous allons vers Lui, et Lui vient à notre rencontre et Il nous associe à sa “montée” vers la Croix et la Résurrection, vers la Jérusalem définitive qui, en communion avec son Corps, est déjà en train de grandir au milieu de ce monde » (Benoît XVI – Joseph Ratzinger, Jésus de Nazareth, Vol. II, p. 24).

Pendant la Messe, nous surmontons ce qui nous sépare du Christ, nous nous incorporons à Lui, hommes nouveaux dans la sainteté, nous écoutons le cri qui nous renvoie à la vérité de sa Paix et de son Amour.
Nous accueillons Le Christ dans notre cœur, comme la Vierge Marie. En cela, encore une fois, les vierges consacrées sont un témoignage. Elles nous donnent l’exemple d’une vie entièrement donnée au Christ, par Amour pour Lui, parce qu’elles ont confiance en Lui et en sa force.

Dans leur rite de Consécration, devant la Croix qui rappelle la Passion du Christ, l’Évêque leur présente - outre les autres insignes-  le livre de la Prière, comme de l’encens en signe de l’incessante Prière que la Consacrée est appelé à élever,et le cierge (ou une lampe), signe de fidélité au Christ même lorsque Le Seigneur demande de participer à sa Passion. (Rituel de Consécration N° 27 et 28)
Lecture patristique

« DISCOURS SUR LES PSAUMES » DE SAINT AUGUSTIN, ÉVÈQUE

Extrait du discours sur le Psaume 61,22

Nous sommes ses Bénis, nous qu’il a sauvés par la Passion du Christ

« Mes frères, il a fallu le sang d'un juste pour effacer la cédule de nos péchés. Nous avions besoin d'un exemple de patience et d'humilité : le signe de la Croix était nécessaire pour triompher du démon et de ses anges (cf. Col 2,14-15).
Il était indispensable pour nous que Notre Seigneur souffrît, car il a racheté le monde par sa Passion. De quels bienfaits ses souffrances ont été pour nous la source !
Toutefois, le Sauveur, le juste par excellence, ne les aurait jamais endurées, si les pécheurs ne l'avaient attaché à la Croix.
Mais est-ce bien à ses bourreaux qu'il faut imputer les heureux résultats de sa mort ? Non, ils l'ont voulue, Dieu l'a permise : la volonté seule de faire périr Jésus-Christ aurait suffi à les rendre criminels, mais Dieu n'aurait point permis une pareille mort, s'il y eût eu injustice à le faire.

Quel mal a-t-il éprouvé? Ceux qui ont travaillé à sa perte, se sont perdus eux-mêmes. Mais, pour lui, ils n'ont pu lui causer aucun dommage, même en le livrant au dernier supplice.
En mourant dans sa chair, il a porté à la mort le coup de grâce, il nous a enseigné la patience, et nous a donné, dans sa Résurrection, le modèle de la nôtre.
Quelle précieuse occasion de faire le bien les méchants ont-ils fournie au juste, en le faisant mourir?
T'aider par sa Grâce à faire le bien, tirer le bien du mal même que tu fais, n'est-ce pas une des preuves les plus sensibles de la grandeur de Dieu ?
Ne t'en étonne pas. Quand il permet de faire le mal, ce n'est point sans motifs. Il ne le fait, du reste, qu'avec poids, nombre et mesure : sa conduite est à l'abri de tout reproche.

Pour toi, fais seulement tous tes efforts pour lui appartenir ; mets en Lui ta confiance ; qu'il soit ton soutien et ton Salut ; qu'en lui tu trouves un asile inviolable, une imprenable forteresse ; qu'il soit ton refuge, et il ne permettra pas que tu sois tenté au-dessus de tes forces (cf. 1 Cor10,13) et il t'en fera sortir avec avantage, en sorte que tu seras à même de supporter l'épreuve.
Lorsque tu es éprouvé par la tentation, tu dois voir en cela l'action de sa puissance ; mais sa Miséricorde se manifeste, quand il ne permet pas que tu sois tenté au-delà de tes forces. “La Puissance est à Dieu, et à vous, Seigneur, appartient la Miséricorde : aussi vous rendrez à chacun selon ses œuvres.” »

EN BREF...« On célèbre la Passion du Seigneur : c’est le moment de gémir, le temps de pleurer, le temps de confesser et de prier.
Mais qui parmi nous est capable de verser des larmes selon la grandeur de tant de souffrances ? » (Discours sur le Psaume 21, 1.)

Jesus sur la croixhttps://mondieuetmontout.com/Mgr.-Francesco-Follo-Les-Rameaux-pour-faire-memoire-non-pour-le-spectacle.html

Les Rameaux pour faire mémoire, non pour le spectacle

Lectures de la Messe des Rameaux, Dimanche 13 Avril 2014.

Paris, 11 avril 2014 (Zenit.org) Mgr Francesco Follo

Dimanche des Rameaux – Année A – 13 Avril 2014, rite Romain
Is 50, 4-7 ; Ps 21 ; Phil 2,6-11 ; Mt 26,14-27,66

1) Les Rameaux pour faire mémoire, non pour le spectacle.

La liturgie d’aujourd’hui commence avec la procession des rameaux. Les personnes qui portent ces palmes ne sont pas les figurants d’un spectacle folklorique, mais des fidèles de Jésus qui font mémoire de Celui qui ne reste pas dans le sépulcre après la déroute du Vendredi Saint mais en sort victorieux au jour de Pâques.
Le triomphe d’aujourd’hui est le prélude à celui de Pâques dans lequel nous célébrons le triomphe de la Miséricorde. La Croix n’a pas mené Le Christ à la mort, mais à la vie.

Commençons cette Semaine Sainte en faisant mémoire de la grandeur de l’amour passionné de Dieu pour l’homme, Lui qui, en se livrant à ses ennemis par amour pour nous, décide d’entrer à Jérusalem sur une monture aussi humble qu’un âne.
Pour son triomphe, Jésus choisit l’animal des simples paysans, et de surcroît un âne qui ne lui appartient pas mais qu’il se fait prêter pour l’occasion.
Il n’arrive pas en carrosse royal, ni à cheval comme les Rois du monde, mais sur un âne qu’on lui a prêté.

Aujourd’hui, cet âne qui porte Jésus par le monde, qui le révèle, qui parle de lui, c’est nous, comme le disait feu le Cardinal Lustiger.
Et c’est là une belle image parce qu’elle nous rappelle que Jésus ne veut pas de montures imposantes, mais plutôt de petites et humbles montures.

Jésus est un Roi « pauvre », et donc un Roi de paix qui a choisi la Croix comme trône. C’est un Roi courageux parce qu’en entrant à Jérusalem, il sait qu’il va au-devant de la Crucifixion, pour faire mûrir ses fruits uniquement au-delà de la Croix, en passant par elle pour entrer dans la vie éternelle :
« Si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas, il reste seul ; si au contraire il meurt, il porte du fruit en abondance.
Celui qui aime sa vie la perd, et celui qui cesse de s’y attacher en ce monde la gardera pour la vie éternelle (Jn 12, 24-25).


La Croix qui est symbole de mort, symbole de malédiction, qui est l’expression de la pire des condamnations, devient avec Le Christ et par Le Christ l’instrument d’élévation de toute l’humanité et de tout l’univers dans la Gloire de Dieu (cf. saint Ignace d’Antioche).

C’est cela le paradoxe du Chrétien qui s’oriente vers le Royaume éternel en suivant les enseignements de Jésus-Christ, un homme doux, miséricordieux, pacificateur, au cœur pur, assoiffé de la justice de Dieu, celui-là est capable de changer l’histoire du monde plus profondément et plus efficacement que les détenteurs du pouvoir pour qui rien n’est plus important que la domination.

La Croix est donc nécessaire. En tant que Chrétiens nous ne devons pas seulement porter notre regard sur le Royaume éternel, au-delà de la mort, et le prêcher.
Ensemble, avec Le Christ nous devons vivre la nécessité de la Croix pour nous, pour compléter dans notre Corps, pour l’Église et pour le monde, ce qui encore, en nous, manque à la Passion du Christ (cf. Col 1,24).

Tous ceux qui souffrent : les malades, ceux qui ne peuvent plus guérir, les prisonniers, ceux que l’on torture, les opprimés et ceux qui sont pauvres, sans espérance, doivent savoir qu’ils ne sont pas, malgré leur état, condamnés à l’impuissance.
En unissant leur espérance difficile ou leur douloureux désespoir à l’espérance du Fils de Dieu sur la Croix, ils participent à la construction du vrai Royaume de Dieu bien plus activement que beaucoup d’ «architectes » du bonheur sur la Terre.
Assurément, les hommes et encore plus les Chrétiens, doivent faire tout leur possible pour soulager les souffrances physiques et spirituelles de l’humanité, mais ils doivent se rappeler les Béatitudes du Christ, qui, Lui, ne les démentit pas, mais les confirme au contraire :
« Heureux, vous les pauvres, le royaume de Dieu est à vous.
Heureux, vous qui avez faim maintenant : vous serez rassasiés.
Heureux, vous qui pleurez maintenant : vous rirez.
Heureux êtes-vous lorsque les hommes vous haïssent, lorsqu’ils vous rejettent, et qu’ils insultent et proscrivent votre nom comme infâme, à cause du Fils de l’homme.
Réjouissez-vous ce jour-là et bondissez de joie, car voici, votre récompense est grande dans le Ciel. »(Lc 6, 20-24).

2) Jésus est vraiment Le Fils de Dieu

Ainsi donc, le Rédempteur entre à Jérusalem, faisant Fête pour révéler sur la Croix la grandeur de l’Amour de Dieu pour l’homme.
Une Fête qui culminera au jour de Pâques. Ce jour-là, il montrera de façon éclatante qu’il est le Fils de Dieu qu’il nous aime d’un Amour infini.
Pour les tentations au désert (Lc 4, 3-6) tout comme sur la Croix, à celui qui lui disait : « Si tu es Fils de Dieu (27, 40.43.44), c’est la filiation divine de Jésus qui est en jeu.
Une filiation niée et révélée, et qui tire toute sa nouveauté précisément du motif de son déni.

Tous, même ceux qui le nient, reconnaissent que Jésus a prétendu à une filiation exprimée dans sa totale soumission à la volonté du Père, non en concurrence avec elle.
Les Prêtres eux-mêmes disent, en citant le psaume 22 :
« Il a mis en Dieu sa confiance (Mt 27, 43).
Le verbe grec utilisé par Matthieu dit  l’obéissance fidèle, l’abandon, le comportement de celui qui met sa propre vie entre les mains de l’autre et le temps du parfait y ajoute la stabilité : dans sa propre vie, Jésus a toujours mis sa confiance dans Dieu Le Père.

Placer sa propre vie entre les mains de l’autre est la plus grande manifestation de la dépendance.
C’est ainsi que Jésus a exprimé sa conscience d’être Le Fils : ce n’est pas dans la recherche et dans l’affirmation d’une grandeur centrée sur soi-même, revendiquée en concurrence avec le Père, mais dans une grandeur suspendue à l’écoute du Père, totalement tournée vers Le Père. La filiation de Jésus renvoie au Père.

Les Prêtres donc, sans le vouloir, manifestent la vérité profonde de Jésus, et s’ils font preuve d’intuition en reliant sa confiance dans Le Père à sa prétention d’être Le Fils  (Mt 27,43), ils se trompent dans leur façon de regarder la Croix.

Pour eux, comme pour nous, c’est le moment où Le Père doit répondre à la confiance du Fils en venant à son secours.
En fait, c’est le moment où Le Fils montre toute sa confiance dans Le Père. Le Père répondra, mais plus tard.

Jésus meurt sur la Croix, goûtant jusqu’au bout l’amertume de l’abandon. Mais à peine mort, la perspective s’inverse.
La lumière ne jaillira qu’après les profondes ténèbres (Mt 27,45).
Il faut être vraiment des saints pour que la Croix ne soit pas un scandale et une absurdité.

Il n’est pas facile d’accepter que Dieu sauve l’humanité, qu’Il se manifeste comme le Sauveur des hommes justement dans l’échec humain total, justement dans la suprême humiliation, dans l’abandon des disciples, dans l’outrage de ceux à qui Il avait Lui-même fait du bien et dans l’abandon du Père lui-même.

Il faut réellement beaucoup de Foi pour que nous puissions reconnaître Le Fils de Dieu dans Celui qui crie sur la Croix :
« Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ?
Il faut beaucoup de Foi pour reconnaître que c’est bien Cet Homme en qui repose toute notre espérance : toute l’espérance de l’homme dans quelqu’un qui crie l’abandon de Dieu.

A la fin du récit de la Passion selon Saint Matthieu, deux signes témoignent que la mort de Jésus est le Salut.
Le premier est le rideau du Temple qui se déchire (Mt 27,51), le second est la reconnaissance de la filiation Divine de Jésus par les soldats païens (Mt 27,54).

Le jugement des passants et des Prêtres Juifs était donc faux. Le déchirement du rideau du temple est une réponse à la dérision des passants: le Temple est réellement fini et une nouvelle perspective s’ouvre. Et la reconnaissance des soldats est une réponse à la dérision des Prêtres Juifs.

Jésus est vraiment Le Fils de Dieu – justement parce qu’il est resté sur la Croix au lieu d’en descendre – et alors que les Juifs le refusent, les païens le reconnaissent.
Nous, païens convertis, nous pouvons voir ce que les autres ne voient pas si notre cœur est pur.

Un cœur pur ce n’est pas seulement quand nous entendons proclamer : «Heureux les cœurs purs car ils verront Dieu » et que nous pensons instinctivement à la vertu de Pureté.
Cela renvoie indéniablement à « la Pureté de cœur » qui s’exprime dans la chasteté des pensées, des regards et des gestes dans notre façon de vivre notre sexualité.

Mais la Béatitude des «cœurs purs » ne fait pas seulement référence à l’impureté, mais bien à l’hypocrisie qui consiste à faire de la vie un théâtre dans lequel on joue ; c’est porter un masque, cesser d’être une personne et devenir un personnage.
Cultiver l’apparence plus que le cœur signifie donner plus d’importance à l’homme qu’à Dieu.
L’hypocrisie est donc essentiellement un manque de Foi ; mais c’est aussi un manque de Charité envers le prochain parce qu’elle ne reconnaît pas la dignité de l’autre.

Selon l’Evangile, ce qui décide de la pureté d’une action c’est l’intention, à savoir, si elle est faite pour être vue par les hommes ou pour plaire à Dieu (cf. Mt 6, 2-6).
Le cœur pur, dans chacune de ses paroles, chacun de ses gestes et chacun de ses choix, laisse transparaître ce qu’il est réellement, sincèrement, vraiment, authentiquement.
Le cœur pur est sincère, loyal, droit, sans ambigüité, probe.
Tel qu’il est, sans masque ! Il n’adapte pas sa personnalité aux circonstances.
« Un cœur pur ne fait pas semblant et ne se souille pas avec le mensonge et l’hypocrisie.
Un cœur qui reste transparent comme de l’eau de source, parce qu’il ne sait pas ; un cœur dont l’amour est vrai et non pas la passion d’un moment » (Benoît XVI).
Cela, les Vierges Consacrées nous le témoignent chaque jour dans l’abandon total au Christ Époux.
Comme l’Évêque dit durant la Prière de Consécration de vierges Consacrées : « Seigneur Notre Dieu, Toi qui veux demeurer en l’homme, tu habite ceux qui te sont Consacrés, tu aime les cœurs libres et purs » (Rite de consécration des Vierges, n. 24)

Date de dernière mise à jour : 10/04/2022

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