Mercredi 18 Novembre 2009 (Dédicace des Basiliques de St Pierre et St Paul)…3ème Partie.

Ce témoignage de Maria Valtorta se trouve dans le livre Autobiographie écrite par elle sur la demande de son directeur spirituel (et dans tout ce livre, elle s’adresse directement à lui), en 1943 (elle a alors 46 ans), alors qu’elle a vécu une longue période de l’absence de Dieu et avant de recevoir toutes Les Révélations et Visions que l’on retrouve au travers de L’œuvre qu’elle a écrite.

Cela fait 9 ans qu’elle est grabataire et elle raconte sa vie avec une sincérité rare. Ce livre exprime toute la Force Spirituelle qui se dégage au sein de la Faiblesse Humaine.

Encore une fois, Maria Valtorta exprime ici sa manière à elle de concevoir sa réponse personnelle à L’Amour de Dieu telle qu’elle la ressent…suite à des séries continuelles  de drames, de rejets, d’incompréhensions, de maladies, d’agressions physiques, de manques d’Amour dont elle fut l’objet durant sa vie par tous…la conduisant d’abord au désir de suicide, puis découvrant Dieu…au simple désir de mourir…le plus vite possible…

Avant de découvrir que toute la souffrance qu’elle endurait continuellement dans son corps comme dans son esprit…pouvait permettre à Dieu, qui fut le seul à lui être fidèle dans L’Amour et à ne pas la rejeter (malgré ses fautes)…de transcender cette souffrance pour qu’elle puisse servir à La Rédemption des hommes, si elle était Unie à celle de Jésus sur Sa Croix…Maria Valtorta et Jésus ensemble sur la même Croix…Maria de La Croix…

Au moment de ce témoignage, elle n’a pas encore vécue cette période de Visions et de Révélations…qu’elle va découvrir et vivre ensuite !!! Elle exprime simplement ce qu’elle ressent dans son âme.  

Maria Valtorta découvre Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus à travers ses écrits et vit cette Parole dite par la Sainte : « S’offrir à l’Amour, c’est s’offrir à toutes les souffrances ».

D’autre part elle répond à cette question posée par Sainte Thérèse d’Avila qui écrit dans son « Chemin de la Perfection » :

Quelle différence doit trouver entre l’amour humain et l’Amour Divin celui qui les a éprouvés l’un et l’autre !!!

C’est vrai. Le petit étang aux bords limités vis-à-vis de la grande mer qui a pour limites l’horizon sans fin, le petit feu de quelques brindilles à côté de la fournaise d’un four de fusion, le vacillement tremblant d’une pauvre lampe à huile face au soleil fulgurant sont moins éloignés l’un de l’autre par leur ressemblance en comparaison avec la différence existant entre l’amour humain et l’Amour Divin.

J’avais aimé à deux reprises. La première fois avec l’ardeur de mes années de jeunesse et dans ce cas j’avais connu aussi la fièvre de la chair. Puis j’avais aimé encore, mais plus avec mon âme qu’avec ma chair.

Et justement parce qu’il appartenait à l’amour de la partie meilleure, il m’a procuré des extases et des joies plus nobles et plus durables que le premier.

L’amour purement humain est destiné à une vie brève, même s’il a été très ardent en son moment fugace, tandis que l’amour où l’âme participe avec le corps, où l’attraction de l’esprit se mêle à l’attraction du corps, l’amour d’amitié est plus tenace et même la tromperie ne le tue pas.

Mais maintenant, maintenant que j’aimais Jésus d’une manière plus intense que ce que la plupart des croyants ont l’habitude de lui porter, maintenant je comprenais toute la différence qu’il y a entre cet Amour surnaturel et le mien, ou plutôt les miens, mes amours humains.

Moi, désormais je vivais entièrement projetée en cet Amour. Les choses de l’extérieur existaient encore et me donnaient de quoi penser, de quoi me réjouir, de quoi avoir de la peine. Surtout de la peine.

Mais ces choses-là désormais je les voyais à partir d’autres domaines, comme à travers une vitre, une loupe qui les transformait énormément, et qui à mes yeux rendait supportables les pensées les plus préoccupantes, non plus indispensables les joies et aimable les peines.

Je voyais tout désormais à travers Dieu. Il était la loupe qui me faisait voir les choses sous une lumière différente de celle qu’elles auraient eu pour moi et pour tout le monde, si tout le monde et moi-même les avions observées et appréciées avec des yeux et des jugements humains.

Je croyais désormais que tout advenait selon une loi d’Amour, d’un Amour jaloux peut-être et exigeant, mais qui par sa jalousie et son exigence m’avouait qu’il était un grand Amour.

Oh ! Oui ! Jésus sait être jaloux et exigent ! D’une jalousie divine et d’une exigence divine, mais à laquelle, lorsqu’on lui a dit oui une fois, en pleine conscience, on n’échappe plus.

Jésus m’avait demandé ce oui au collège et maintenant, après m’avoir persuadé que sur terre tout est tristesse, Il faisait valoir ses droits.

Dieu ne s’impose pas, mais Il veut, pour agir, que l’âme accepte d’être bousculée. C’est alors seulement que se forme l’avalanche.

Pendant mon adolescence j’avais dit : « Seigneur, je suis à ta disposition ». Et la première couche de neige s’était formée augmentant au fur et à mesure des actes de désir que l’âme formulait alors.

Puis il y avait eu un arrêt. Quelque chose avait bloqué le processus de formation et la chute plus rapide de l’avalanche.

Cela avait été ma période humaine, le temps des distractions, voir celui des déviations. Et Jésus avait attendu.

C’est seulement au moment le plus terrible de cette période-là que, pour éviter que je me perde, Il avait fait un geste pour me rappeler à l’ordre. Il était venu en rêve et m’avait fait son doux reproche, m’invitant à réfléchir, à arrêter ma course vers le mal.

Puis de nouveau Il avait attendu. Patient, Bon, Il m’avait donné tout le temps nécessaire pour guérir moralement et, en attendant, sans en avoir l’air, Il avait œuvré à mon isolement.

Ah ! Mais dans ce contexte Il avait été très actif ! Il me voulait…et m’enleva tout, afin qu’il ne me reste que Lui.

Lorsque ensuite j’ai crié : « Je veux t’appartenir », alors Il a pris possession de moi de manière absolue, et moi je n’ai plus eu un battement de cœur, un souffle, un mot, une pensée qui ne passe pas à travers le filtre Divin de Son Amour, comme rien de l’extérieur ne parvenait à moi sans passer à travers le même filtre Divin.

Il en est ainsi depuis vingt ans désormais (depuis 1923 alors qu’elle avait 26 ans).

Le processus d’identification s’est fait de plus en plus intense. Ce filtre est devenu de plus en plus parfait.

En sorte que le mal qui peut m’arriver d’autrui est atténué par ce Divin bouclier et le bien qu’il m’arrive de faire s’étend sur le Prochain d’une façon toujours plus pure, car l’Amour l’émonde de toutes les imperfections humaines.

Je souffre encore beaucoup parce que c’est mon destin de souffrir. Mais la souffrance qui m’arrive de la part des hommes est atténuée par la Joie qui me vient du Christ.

Je fais ici une parenthèse pour rappeler ce que j’ai écrit plusieurs fois et qui devrait être présent à notre esprit et dans notre âme en permanence.

Extrait de ma Réflexion : Mardi 27 Octobre 2009.

Comme je l’ai déjà dit, pensons, à chaque instant, que Dieu désire vivre en nous…alors lorsque nous faisons quelque chose, lorsque nous pensons à quelque chose, lorsque nous disons quelque chose, que ce soit par nos actes, nos pensées, nos désirs même les plus profond en nous…pensons que nous devons ressembler à Jésus !!!

Alors, est-ce que Jésus (au travers de ce que nous en savons ou cherchons à savoir) ferait pareil, penserait pareil, dirait pareil, prierait pareil, etc… !!!

Alors, est-ce que je pense que dans le Prochain qui est à ma porte et qui m’interpelle au milieu de mes activités « programmées » pour me demander de l’aide, pour me demander un service, pour me demander de l’écouter ou simplement de L’Aimer (de L’Amour de Dieu…pas de Luxure qui n’est qu’égoïsme et esclavage aux désirs de notre chair corrompue !!!), qu’il soit mon conjoint, un de mes enfants, un ami ou un inconnu…c’est Jésus qui est là devant moi !!!

Mon comportement et mon attitude, mes pensées et mes actes (etc…) seront totalement différents si j’apprends à réagir et à vivre en pensant que Jésus est en moi (et que je dois l’imiter) et que Jésus est dans mon Prochain (que j’aurais facilement jugé, condamné, dis du mal de lui, voir insulté)...c’est donc à Lui que je m’adresse à travers mon Prochain !!!

A partir de là, nous comprenons mieux La Compassion…en sachant que Jésus a voulu mourir pour nous sauver tellement Il souffrait (et souffre encore maintenant) de nous voir partir à notre perte !!!

Comme je l’ai dit plus haut, Jésus, au travers des Evangiles, nous demande de prendre Son Chemin : Qui ne prend pas sa croix et ne suit pas derrière Moi n’est pas digne de Moi.

C’est pourquoi je me dis et je suis convaincue de ce que je dis, que j’en suis arrivée au point de comprendre que les seules souffrances véritables du cœur sont celles qui viennent de Dieu pour nous mettre à l’épreuve ou pour nous punir.

Les souffrances qui viennent des hommes nous font pleurer, c’est naturel. Jésus aussi a pleuré.

Mais nous aussi, comme Lui, dans les pleurs nous sentons glisser une grande douceur lorsque nous pensons que cette souffrance également qui nous vient du Prochain sert à racheter, à expier, à obtenir quelque chose en faveur du Prochain.

Lorsque, au contraire, c’est Dieu qui nous frappe de nous Sa Présence invisible et en nous laissant apparemment seuls, alors l’on souffre beaucoup, à un point que l’on ne peut décrire.

Je crois que l’on expérimente à un niveau réduit ce que doivent souffrir ceux qui se Purifient au Purgatoire, et je ne veux même pas imaginer ce qui se passe pour les condamnés qui sont en Enfer.

Oh ! Chère souffrance qui me vient de Dieu et qui se présente sous mille visages différents, que tu sois Bénie !!!

Bénie sois-tu telle que tu es maintenant : souffrance de la maladie, souffrance de la pauvreté qui gagne du terrain, souffrance de l’incompréhension de la part de mes semblables autour de mon lit d’infirme, souffrance provenant d’une infinité de choses présentes !!!

Et Bénie sois-tu telle que tu t’es présentée dans les années passées : souffrance d’être tournée en dérision comme si j’étais une malade imaginaire, souffrance de ne pouvoir voir mon père à sa dernière heure, souffrance de n’être point comprise dans le feu de mon apostolat, souffrance du manque d’amour permanent de ma mère, toujours, toujours persistant !!!

Et Bénie sois-tu, souffrance, lorsque je ne t’ai pas reconnue dans ta tunique royale et que je ne t’ai pas Aimée. Tu fus la souffrance de mes 20 ans et de mon amour brisé !!!

Bénie, oui Bénie sois-tu, ô souffrance, toi qui m’as arrachée du monde et qui m’as donnée à Dieu !!!

Bénie sois-tu pour la science qui m’est venue de Toi !!!

Bénie sois-tu pour la Charité que tu m’as infusée !!!

Bénie sois-tu pour l’envol que tu as donné à mon moi, en sorte que je puisse me recueillir au Ciel avec tous les désirs les plus saints qui m’habitaient !!!

Bénie sois-tu, ô souffrance, qui m’as unie à Jésus sur le même Croix en une unique Mission, qui depuis vingt siècles se perpétue, pour porter les âmes au Royaume de Dieu et Le Royaume de Dieu aux âmes !!!

Jamais je ne cesserai de te Bénir, ô souffrance, ô ma Joie, car en toi j’ai trouvé La Paix.

C’est au printemps 1923 que j’écrivis ma première offrande à Dieu. Cette prière, que j’ai ensuite répétée pendant 8 ans, doit se trouver encore dans un de mes livres de piété. Dans cette prière, je m’humiliais devant Dieu à cause de mes manquements passés, et je lui demandais d’être pardonnée au nom de Sa Miséricorde Divine.

Mais en commençant à voir toujours plus clairement quelle était La Volonté de Dieu à mon égard, je ressentais aussi qu’il ne suffisait plus de demander Pardon, comme il n’est pas non plus suffisant de L’Aimer.

Mon Amour devait être un Amour pénitent…comme celui de Marie-Magdeleine, dont la vie m’avait si fortement frappée, au cours de cette fameuse conférence des exercices spirituels en 1912 (Maria Valtorta avait alors 15 ans).

« On retrouve toujours ce que l’on a demandé à Dieu ». C’est ce que j’écrivais au début de ce récit.

Il me faut ajouter que l’on retrouve aussi toujours ce que Dieu a semé, à condition que l’âme se penche sur elle-même pour retrouver la graine Divine.

Je me souvenais à l’instant qu’en ce fameux mois de Novembre 1912 Jésus m’avait dit :

« Tu ne seras pas comme Agnès, la toute pure, l’innocente, qui ne connut que Moi seul. Tu seras quelqu’un qui vient à Moi par d’autres voies, après de nombreuses expériences, et qui M’Aimera par le Repentir et un Sacrifice continuel, long et secret ».

C’est pourquoi lors de ma première Offrande à Jésus, je Lui disais de m’accorder « la Grâce d’avoir le temps d’expier le mal commis et, pour réparer toutes mes heures de désespoir, de me faire vivre dans la souffrance autant d’années que j’en avais passées dans l’erreur et dans l’impatience, pas sainte, de quitter cette vie.

Comme vous voyez, je priais encore de façon égoïste. C’était pour mon âme, il est vrai, en sorte de réparer à son égard, c’est vrai.

Mais ce n’était pas encore là une Prière parfaite. Plus tard, j’ai commencé à mieux prier… Alors j’en étais au début, et lorsque l’on apprend encore à …faire des bâtons, on ne peut prétendre être capable d’écrire une lettre !!! Vous ne croyez pas ???

Dans cet Acte d’Offrande je demandais également à Dieu de me concéder la joie de Lui apporter des âmes et spécialement celles de mes parents et de Mario (son deuxième amour).

Mais là aussi, si la demande était bonne en soi, je me trompais dans la manière.

Je ne savais pas encore que la Prière est beaucoup, mais que le Sacrifice est tout.

La Parole réalise, mais Le Silence qui couvre une Immolation fait mille fois davantage.

A l’époque, dans mon zèle de jeune convertie, je parlais beaucoup, mais j’étais réticente à souffrir beaucoup.

Il me semblait que c’était déjà suffisant de ne point me plaindre de la souffrance qui me frappait, de la supporter avec résignation et d’en remercier Dieu.

Plus tard, je suis allée beaucoup plus loin…

Et cependant, comme Il est Bon Jésus !!! A sa petite Maria, qui faisait preuve d’un zèle encore très bancal, encore tout imprégné d’humanité, Dieu accorda sa première conquête. Ce fut une petite vieille de 72 ans qui s’était éloignée de Dieu depuis une trentaine d’années.

J’y réussis. Ma chère vieille s’approcha de Dieu et se trouve encore aujourd’hui près de Lui, car elle vit encore, malgré ses 92 ans…

Après cette première conquête j’allais de mieux en mieux. Mon désir de devenir un instrument de Dieu augmentait et dans mon esprit prenait consistance tout un programme de vie de Pénitence, rendu plus ardu encore par le train de vie familiale.

Car maman ne partage pas certaines idées. Si elle trouve excessif même de se rendre fréquemment à l’église et d’y Communier, vous imaginez alors ce qu’elle peut penser à propos des mortifications !!!

En sa présence j’ai toujours l’impression d’avoir un bâillon sur les lèvres… J’essaie de parler le moins possible, ou plutôt, j’essayais de parler le moins possible des choses spirituelles même lorsque la Force de L’Amour était telle qu’elle me donnait un terrible besoin d’en parler.

Maintenant j’en parle sans retenue, pensant que quelque chose de bon pénétrera dans son cœur tellement fermé au surnaturel.

Mais j’ai l’impression de lui parler en turc ou en indien…car elle ne comprend pas. Et c’est déjà beaucoup si elle se tait et si elle ne me dit pas que je suis folle.

Peu importe. Je continue quand même. Etre prise pour folle à cause de L’Amour du Christ est une chose qui me remplit de Joie.

Tous ceux qui sont véritablement Amoureux de Jésus sont des fous, des Fous Divins : Martyrs, Pénitents, Cloîtrés, tous ceux qui renoncent à la Liberté, à la Vie, à la Réputation Humaine, à la Richesse, à la Santé par Amour de Dieu, que sont-ils sinon des fous ???

Des fous dont la Folie est celle-là même qui porta Jésus sur La Croix, la « Folie de La Croix » dont parle l’apôtre Paul (1 Co 1 18-25), apôtre à la Parole ardente et au cœur audacieux.   

L’année 1923 s’écoula entièrement, puis une bonne partie de l’année 1924. A la maison, je connaissais les circonstances habituelles d’intransigeance et de despotisme. Mais je me réfugiais en Dieu…

J’ai commencé cette partie de mon récit par une phrase de la Petite Fleur (Ste Thérèse de L’Enfant Jésus : « S’offrir à l’Amour, c’est s’offrir à toutes les souffrances »).

En effet, s’offrir à L’Amour comme « victime », c’est demander à Jésus de nous élever sur Sa Croix pour souffrir toutes les Souffrances qu’Il a Souffertes avant et après La Crucifixion.

Dans le dialogue qui s’instaure avec l’âme, Jésus demande : « Pourras-tu boire Mon Calice ??? »

Et l’âme répond : « Oui, je le pourrais, car je veux être comme Mon Maître, parce que j’ai compris que si le grain de blé ne meurt pas il ne donne pas de fruit, parce que j’ai compris que c’est seulement lorsque l’on est élevé sur La Croix que l’on attire les âmes à Dieu, et surtout parce que j’ai compris Ta Soif, une soif qui ne peut être étanchée par aucune boisson, mais seulement notre Amour ».

S’offrir à L’Amour signifie donc s’Offrir à La Souffrance.

Mais est-ce une souffrance que de souffrir avec Le Christ et de souffrir pour Le Christ ???

Non, cela est une Joie, très profonde, une Joie inextinguible.

Je peux bien le dire, moi qui depuis si longtemps suis saturée de toutes sortes de souffrances !!!

Lorsque j’ai pu l’acheter (ainsi que les quatre Evangiles), j’ai reçu le livre de « l’histoire d’une âme » de Sainte Thérèse de L’Enfant Jésus (le 28 Janvier 1925).

Je me suis mis aussitôt à lire « l’histoire d’une âme ». J’avais l’impression de me retrouver au collège. Mais au collège les sœurs s’étaient arrêtées, dans la lecture, à la vie proprement dite et aux souvenirs et conseils.

Moi, possédant l’œuvre en entier, je pus aller plus loin.

Mon âme se liquéfiait d’Amour. J’avais trouvé la joueuse d’harpe capable de faire vibrer les cordes de mon esprit.

J’aurais bien voulu les faire chanter vers Dieu, mais je n’y étais pas encore arrivée.

La petite Sainte Thérèse, de sa petite main, m’avait pris la mienne et la conduisait sur les cordes, m’enseignant le cantique de L’Amour et du Don.

Lorsque je fis lecture de l’acte d’Offrande à L’Amour Miséricordieux, je pleurais de Joie…

J’avais trouvé ce que je cherchais. Si pour rentrer dans le Tiers-Ordre Franciscain, je m’étais imposée un temps d’essai, ici je n’attendis pas un seul instant.

Cela faisait deux ans que je cherchais une maîtresse spirituelle, qui puisse me servir de marraine dans mon rite de Sacrifice à Dieu. Je venais enfin de la trouver !!!

Je décidais de faire une très bonne Confession, une Communion fervente, meilleures encore que d’habitude, puis de prononcer mon acte d’Offrande.

Je suis impulsive dans certains cas. Je le suis lorsque, étant depuis longtemps à la recherche de quelque chose, je le trouve enfin. Alors je ne réfléchis pas davantage, car j’ai déjà réfléchi suffisamment avant.

Il ne faut pas oublier que je m’étais fixée la résolution d’imiter Marie-Magdeleine. C’est ainsi que Jésus m’avait inspirée.

Et lorsque Marie de Magdala rencontra Jésus, elle ne perdit pas de temps à réfléchir…elle se mit à sa suite.

Qui sait depuis combien de temps était-elle dégoûtée de sa vie de vice, et cherchait-elle quelqu’un qui lui donne la force d’en sortir.

Dès qu’elle eût trouvé Le Maître, son âme passionnée sentit que c’était celui qu’elle cherchait et avec l’impulsivité caractéristique de certains tempéraments, qui sont excessifs dans le bien comme ils l’ont été dans le mal, elle l’avait choisi comme Son Roi.

Le soi même, dans la chambre où je suis maintenant, avec une grande émotion d’Amour, je m’agenouillais par terre et je fis lecture de mon acte d’Offrande.

Depuis lors, je le renouvelle chaque jour. 

Les souffrances sont arrivées sur moi comme la pluie depuis ce jour là. Mais s’il était permis à l’homme d’effacer le temps vécu et si je devais revenir à ce 28 Janvier 1925, le jour où je reçus ces livres, je referais ce que j’ai fait avec encore plus de Joie, parce que au cours de ces 18 ans, au sein de l’océan de peines dans lequel j’étais immergée, j’ai toujours goûté, avec la meilleure partie de moi-même, une Joie spirituelle qui, je crois, est une anticipation de celle dont on jouira dans La Jérusalem Céleste, « là où La Joie s’éternise ».

Je peux répéter moi aussi avec « la petite fleur » (Sainte Thérèse) : « Depuis ce soir-là a commencé pour moi une période nouvelle de ma vie, la plus belle de toutes, la plus comblée de Grâces Célestes. La Charité entra dans mon cœur avec un grand besoin de m’oublier, de me donner. Et depuis lors j’ai toujours été heureuse ».

Oh ! De nombreuses choses dites par la douce petite Sainte, je peux les répéter moi aussi !!! Car moi aussi j’ai souffert et je souffre en pensant au Sang du Christ qui coule goutte à goutte, pour tant de monde, inutilement.

Le Cri de Jésus : « J’ai soif !!! » résonne toujours dans mon âme qui voit la soif de Son Dieu et veut Le désaltérer.

Je vois également, avec une infinie pitié, les pauvres âmes, assoiffées à leur tour, qui ne savent point trouver La Source d’eau vive qui désaltère toutes les soifs…

Et je vis en mourant à chaque minute pour porter des âmes à Dieu et Dieu aux âmes.

Lorsqu’il m’arrivait quelquefois, dans les premiers temps de l’offrande, de tituber en accomplissant un Sacrifice, il me semblait de voir Le Regard implorant de Jésus…

Comment résister à Ce Regard qui me priait, Il me priait moi, pauvre créature, d’avoir Pitié de Son désir ???

Alors je surmontais toute hésitation et, brisant en moi-même tout ce que j’avais d’humain, j’accomplissait le nouveau Sacrifice pour redonner le sourire à Mon Bon Jésus.

Le sourire de Jésus me récompensait de tous mes Sacrifices, mais en même temps augmentait toujours davantage ma soif de Sacrifice, car je désirais voir ce sourire.

Etre consumée d’Amour !!! Etre consumée par Amour !!! Peut-il y avoir une joie plus douce et plus puissante que celle-là ???

Les mots de l’homme sont incapbles de la décrire, car l’homme est incapable de décrire l’infini, or La Joie d’être Victime est une Joie infinie !!!

J’avançais donc de la sorte, en Aimant, en étant Aimée, ayant pour seul but L’Amour et pour seul guide L’Amour.

« Je n’avais ni guide ni lumière en dehors de celle qui brillait dans mon cœur » dénonce Saint Jean de La Croix. Moi non plus, je n’avais pas d’autre guide ni d’autre lumière que celle que me donnaient les yeux Divins de Jésus, qui vivait désormais en moi.

Les yeux de Jésus !!! Ne me dites pas que je suis folle. Comprenez-moi. J’avais en effet la sensation désormais de la présence de ce Regard ouvert dans mon cœur et qui regardait par mon entremise.

POUR LIRE LA SUITE, ALLER DANS LA QUATRIEME PARTIE.

 

 

 

 

 

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