Dimanche 29 Novembre 2009 (1er Dimanche de L’Avent)…2ème Partie.

J’aimerais présenter ici la Révélation faite à Maria Valtorta de ce moment où Joseph et Marie sont arrivés à Bethléem…en montrant leur séjour dans cette caverne…loin des odeurs de la Richesse, des mets délicats et des plaisirs.

Marie prend la main de Joseph et lui dit avec un sourire radieux : "Je crois vraiment que le moment est venu."

"Dieu de miséricorde ! Comment allons-nous faire ?"

"Ne crains pas, Joseph. Ne te laisse pas troubler. Vois comme je suis calme, moi ?"

"Mais tu souffres beaucoup ?"

"Oh ! Non. Je suis remplie de joie. Une telle joie, si forte, si belle, si irrésistible, que mon cœur bat fort, fort et me dit : "Il naît ! Il naît !" Il le dit à chaque battement. C'est mon Petit qui frappe à la porte de mon cœur et qui me dit : "Maman, me voici pour te donner le baiser de Dieu". Oh ! Quelle joie, mon Joseph !"

Mais Joseph n'est pas à la joie. Il pense à l'urgence de trouver un abri et il hâte le pas. Porte après porte, il demande un abri.

Rien. Tout est occupé. Ils arrivent à l'auberge. Elle est pleine jusque sous les portiques rustiques, qui entourent la grande cour intérieure, de gens qui bivouaquent.

Joseph laisse Marie sur l'âne à l'intérieur de la cour et il sort pour chercher dans d'autres maisons. Il revient découragé. Il n'y a rien. Le précoce crépuscule d'hiver commence à étendre ses voiles.

Joseph supplie l'aubergiste. Il supplie des voyageurs. Eux sont des hommes en bonne santé. Ici c'est une femme sur le point de mettre au monde un enfant. Qu'ils aient pitié ! Rien.

Voici un riche pharisien qui le regarde avec un mépris visible, et, quand Marie s'approche, il s'écarte comme s'il s'était approché d'une lépreuse. Joseph le regarde et la rougeur de l'indignation lui monte au visage. Marie met la main sur le poignet de Joseph, pour le calmer et dit : "N'insiste pas. Partons. Dieu y pourvoira."

Ils sortent, ils suivent le mur de l'auberge. Ils tournent par une ruelle encastrée entre elle et de pauvres maisons. Ils contournent l'auberge. Ils cherchent. Voilà des espèces de grottes, de caves, dirai-je, plutôt que des écuries, tant elles sont basses et humides. Les plus belles sont déjà occupées. Joseph est accablé.

"Ohé ! Galiléen !" lui crie par derrière un vieil homme. "Là au fond, sous ces ruines, il y a une tanière. Peut-être n'y a-t-il encore personne."

 Ils s'approchent de cette "tanière." C'est vraiment une tanière. Parmi les décombres d'un bâtiment en ruines, il y a un refuge, au-delà duquel se trouve une grotte, un trou dans la montagne plutôt qu'une grotte. On dirait que ce sont les fondations d'une ancienne construction auxquelles servent de toit les matériaux étayés par ces troncs d'arbre à peine équarris.

Pour y voir plus clair, car il y a très peu de jour, Joseph sort de l'amadou et un briquet, et allume une petite lampe qu'il sort de la besace qu'il porte en bandoulière. Il entre, Un mugissement le salue. "Viens. Marie, elle est vide, il n'y a qu'un bœuf." Joseph sourit : "Ça vaut mieux que rien ! ..."

Marie met pied à terre et entre.

Joseph a fixé la petite lampe à un clou dans l'un des troncs qui servent de pilier.

On voit la voûte couverte de toiles d'araignées, le sol en terre battue et tout disloqué avec des trous, des cailloux, des détritus et des excréments et couvert de tiges de paille. Au fond, un bœuf se retourne et regarde avec ses grands yeux tranquilles pendant que du foin lui pend des lèvres. Il y a un siège grossier et deux pierres dans un coin, près d'une fente. Le noir de ce recoin indique que c'est là qu'on fait du feu.

Marie s'approche du bœuf. Elle a froid. Elle lui met les mains sur le cou pour en sentir la tiédeur. Le bœuf mugit et se laisse faire. Il semble comprendre. De même quand Joseph le pousse plus loin pour enlever beaucoup de foin au râtelier et faire un lit pour Marie. Le râtelier est double : celui où mange le bœuf et par-dessus une sorte d'étagère où se trouve une provision de foin. C'est celle-là que prend Joseph. Le bœuf laisse faire. Il fait aussi une place pour l'âne qui, fatigué et affamé, se met tout de suite à manger. Joseph découvre aussi un seau renversé tout cabossé. Il sort parce que dehors il y a un ruisseau et revient avec de l'eau pour l'âne. Puis il s'empare d'une botte formée de branches, déposée dans un coin et essaye de balayer le sol. Ensuite il étend du foin, en fait un lit, près du bœuf dans l'angle le plus sec et le plus abrité. Mais, il le trouve humide ce pauvre foin, et il soupire. Il allume le feu et, avec une patience de chartreux, il sèche le foin par poignées en le tenant près du feu.

Marie, assise sur un tabouret, fatiguée, regarde et sourit. C'est fini.

Marie s'installe de son mieux sur le foin moelleux avec les épaules appuyées sur un tronc. Joseph complète... l'ameublement en étendant son manteau qui fait office de tente sur le trou qui sert d'entrée. Un abri très relatif. Puis il offre du pain et du fromage à la Vierge et lui donne à boire de l'eau d'une gourde. "Dors maintenant" lui dit-il après. "Moi, je veillerai pour que le feu ne s'éteigne pas. Il y a du bois, heureusement. Espérons qu'il dure et brûle. Je pourrai épargner l'huile de la lampe."

Marie s'allonge, obéissante. Joseph la couvre avec le manteau même de Marie et la couverture qu'elle avait d'abord aux pieds.

"Mais toi... tu auras froid."

"Non, Marie. Je reste près du feu. Tâche de te reposer. Demain ça ira mieux."

Marie ferme les yeux sans se faire prier. Joseph se rencogne dans son coin sur le tabouret avec des brindilles à côté. Il y en a peu. Je ne pense pas qu'elles durent longtemps.

Voici comme ils sont situés : Marie à droite, avec les épaules tournées vers la porte, à moitié cachée par un tronc d'arbre et par le corps du bœuf qui s'est accroupi dans la litière. Joseph à gauche, tourné vers la porte et par conséquent en diagonale, avec le visage tourné vers le feu et les épaules vers Marie. Il se retourne de temps en temps pour la regarder et la voit tranquille, comme si elle dormait. Il utilise peu à peu les branches et les jette une par une sur le feu pour qu'il ne s'éteigne pas, pour qu'il donne de la lumière et pour que ce peu de bois dure. Il n'y a plus que la lueur, tantôt plus vive, tantôt presque morte du feu, car la lampe est à bout de combustible et dans la pénombre se détache seulement la blancheur du bœuf, du visage et des mains de Joseph. Tout le reste n'est qu'une masse qui se fond dans l'épaisseur de la pénombre.

La Pauvreté se retrouve dans cette caverne immonde où Notre Dieu est né parce que toutes les chambres étaient occupées par « nous-même ne voulant pas laisser de place à notre Dieu ».

Combien de fois (quand ce n’est pas tout le temps) nous faisons passer notre confort, nos désirs, « nous-même » avant notre Prochain (que ce soit notre conjoint, nos enfants, nos amis…ou celui qui frappe à notre porte pour demander « une chambre pour que son bébé puisse naître dans des conditions normales » à l’image de Joseph et Marie à Bethléem !!!

Combien de fois (quand ce n’est pas tout le temps) nous faisons passer notre confort, nos désirs, « nous-même » avant Notre Dieu…nous n’avons pas le temps de Prier quelques minutes, d’aller répondre à l’invitation de Notre Dieu qui nous invite au Repas de Noce de Son Fils Jésus dans L’Eucharistie quotidienne !!!...mais par contre…nous trouvons le temps de passer des heures (parfois) devant des films, des documentaires ou autres !!!

L’Humilité se retrouve dans l’acceptation, avec Amour et Miséricorde, des évènements comme des personnes, qui se liguent tous contre nous pour nous écraser et pour nous exclure.

Marie comme Joseph ont accepté de se retrouver dans le froid et la puanteur de cette caverne, se servant de la chaleur du boeuf pour se réchauffer un peu et du foin « piquant » pour isoler le futur bébé du sol glacé et rugueux (voir blessant) de la pierre.

Ceux qui suivent « La Lumière » de Dieu sont toujours rejetés par « Les ténèbres » des plaisirs cachés qui ne supportent pas La Lumière…car celle-ci éclaire aux yeux de tous leurs actes et leurs pensées cachés et corrompues !!!

Mais Jésus nous demande de non seulement ne pas nous révolter, de ne pas rendre la dureté de cœur à la dureté de cœur, la haine à la haine…mais d’y déposer L’Amour et La Miséricorde (sans la moindre arrière-pensée pouvant obscurcir cette Lumière d’ Amour).

Combien d’entre-nous, aurait dit aux aubergiste d’aujourd’hui (et de préférence dans les plus grand palaces d’aujourd’hui) : « Vous savez qui je suis !!! », « Vous entendrez parler de moi !!! », « Notre Bébé qui doit venir cette nuit est votre Dieu !!! », etc…

Non, Joseph et Marie ont accepté ces nombreux rejets…pour se contenter de cette vétuste caverne pour animaux !!!

L’Obéissance se trouve dans l’acceptation (entre autre) de quitter Nazareth pour aller à Bethléem se faire recenser suite à l’ordre de César alors que le temps de la naissance de Jésus était arrivé…et la fatigue de cet état prénatal devant être très forte.

Il faut penser que cette distance est de l’ordre de 150 km à faire à pieds et à dos d’âne (aux pas de l’âne, il fallait quatre jours pleins)…dans les derniers jours de la grossesse de Marie (en pensant aux nombreuses secousses de ce trajet !!!).   

Combien d’entre-nous (en oubliant que maintenant nous disposons de voitures super confortables, d’avions ou de trains tout confort en première classe) auraient acceptés de faire un tel trajet dans de tels conditions, à quelques jours du terme de leur grossesse !!!

Soit, ils auraient refusé de s’y rendre (de toute façon, il n’a rien à nous dire !!!), soit ils auraient exigés leur droit de disposer du maximum de confort possible !!!

Et même si les écritures Bibliques prédisaient la venue du Messie à Bethléem…il aurait fallu prévoir le trajet depuis déjà bien longtemps (voir au début de la grossesse…voir en quittant la cousine Elisabeth en allant directement alors à Bethléem au lieu de remonter à Nazareth !!!)… Maintenant, cela est devenu impossible et irréalisable... « Dieu ne peut pas nous demander cela, dans « notre » état !!! », etc… 

Marie et Joseph ne se sont pas révoltés, et même si cela a été plus dur pour Joseph, ils ont fait confiance à Dieu pour prendre soin d’eux à tout instant.

César demandait…alors ils ont obéis quelque soit la fatigue et les souffrances, sûr que Dieu veillait sur « Son Fils Jésus » et sur Marie et Joseph à qui Dieu l’avait confié.

En plus Dieu se servait de l’ordre de César pour permettre à « Son Fils Jésus » de naître là où Il devait naître et tel que les écritures l’avaient annoncé !!! 

L’Amour se retrouve dans La Compassion pour notre Dieu qui naît dans le froid d’une caverne pour animaux, sans chauffage, sans confort et dans la solitude.

L’Amour se retrouve dans La Compassion pour Marie et Joseph, faibles, pauvres et sans défenses, exclus et rejetés de tous, qui acceptent leur sort avec humilité et abandon pour aller là où ils peuvent…faire naître leur fils, notre Dieu au milieu des animaux !!!

Comment peut-on penser à faire la Fête pour la Fête (je ne parle pas ici du plaisir de témoigner de notre Amour pour notre Famille, nos enfants, nos parents), à dépenser des fortunes pour des tonnes de mets délicats (à en être malade ensuite), de boissons alcoolisées en grande quantité,  de vêtements « de grande classe », de cadeaux hors de prix et sans limites de quantité (etc…), alors que Noël ne correspond ni au Père Noël, ni au sapin de Noël…mais à l’humilité de Notre Dieu naissant au milieu de nous dans le froid, l’indifférence, loin des lieux de plaisirs, d’argent et de confort.    

Ne trouvons-nous pas que cette remarque est encore pleine d’actualité aujourd’hui ??? Alors que la plupart des gens pensent d’abord à eux, à la Fête, aux dépenses de toutes sortes…on laisse Dieu dans le froid et l’indifférence loin de nous et de notre âme !!!

Et même si, nous allons à la messe exceptionnellement, celle-ci n’est pour tant de gens que le moment qui nous retarde de…la vrai Fête…celle pour notre plaisir !!!

Alors que la plupart des gens pensent d’abord à faire la Fête, à bien manger de bons et succulents plats très chers, à boire de très bonnes bouteilles…n’a-t-on pas tendance à oublier, négliger, voir même rejeter « notre Prochain », ce pauvre qui frappe à notre porte pour nous demander l’hospitalité de notre cœur, ce pauvre qui « dérange » l’ambiance de notre Fête, ce pauvre dans lequel Dieu est présent, comme Joseph qui demandait l’hospitalité pour Marie qui portait Jésus, Notre Dieu, en elle ???

Alors pour ceux qui réalisent ce qu’est réellement Noël et ce que Jésus, Marie et Joseph ont vécu cette nuit là (hormis la naissance discrète vue uniquement par Marie dans le silence de cette nuit et qui fut un sublime moment d’extase entre La Femme « Immaculée » et Son Dieu fait chair), on ne peut avoir qu’Amour, Remerciement et Compassion en nous.

Mais comprenons aussi pourquoi Jésus a accepté de nous sauver, alors que nous sommes tous corrompus ???

Il pouvait détruire toute la race humaine…et rester seul avec Ses Saints Anges dans Son Royaume.

Il pouvait détruire toute la race humaine…et en re-créer une autre sans le moindre défaut, ne pouvant qu’Aimer (à l’image des robots programmés pour telle chose).

Non Dieu nous a crée à Son Image et nous veut libre de Le choisir ou de Le rejeter, à l’image de Lucifer qui a défié Dieu.

Car Dieu est L’Amour et Il a mis L’Amour dans notre âme à chacun, nous partageant ainsi Sa Divinité, mettant dans notre âme à chacun (sans exception) les gênes héréditaires de Sa Divinité.

Alors comment un Père qui ressent au travers les humains corrompus et pécheurs que nous sommes, les fibres génétiques de Son être Divin, alors qu’Il est L’Amour pourrait-Il ne pas tout faire pour les sauver, tout tenter, jusqu’au dernier instant de la vie terrestre de chacun pour les sauver.

Au travers des Révélations faites à Maria Valtorta, Jésus reprend un passage des évangiles (Jean 7 40-52) où Il explique qui Il est en réalité et pourquoi Il est venu sur terre en tant qu’Homme.

"Vous m'avez accusé sans raison, comme si j'avais blasphémé au lieu de dire la vérité. Moi, ce n'est pas pour me défendre mais pour vous donner la Lumière, afin que vous puissiez connaître la Vérité, que je parle. Et ce n'est pas pour Moi-même que je parle, mais je parle pour vous rappeler les paroles auxquelles vous croyez et sur lesquelles vous jurez. Elles témoignent de Moi. Vous, je le sais, vous ne voyez en Moi qu'un homme qui vous ressemble, qui vous est inférieur.

Et il vous paraît impossible qu'un homme puisse être le Messie.

Vous pensez du moins qu'il devrait être un ange, ce Messie, d'une origine tellement mystérieuse qu'il ne pourrait être roi qu'à cause de l'autorité que le mystère de son origine suscite.

Mais quand donc dans l'histoire de notre peuple, dans les livres qui renferment cette histoire - et qui seront des livres éternels autant que le monde car c'est à eux que les docteurs de tous les pays et de tous les temps s'adresseront pour fortifier leur science et leurs recherches sur le passé à l'aide des lumières de la vérité - quand donc est-il dit dans ces livres que Dieu ait parlé à un de ses anges pour lui dire : "Tu seras dorénavant pour Moi un Fils, parce que Je t'ai engendré ?"

Je vois Gamaliel qui se fait donner une petite table et des parchemins et qui s'assoit pour écrire...

 "Les anges, créatures spirituelles, servantes du Très-Haut et ses messagères, ont été créées par Lui comme l'homme, comme les animaux, comme tout ce qui fut créé. Mais elles n'ont pas été engendrées par Lui. Car Dieu engendre uniquement un autre Lui-même, car le Parfait ne peut engendrer qu'un Parfait, un autre Etre semblable à Lui-même, pour ne pas avilir sa perfection par la génération d'une créature inférieure à Lui-même.

Si donc Dieu ne peut engendrer les anges, ni non plus les élever à la dignité d'être ses fils, quel sera le Fils auquel Il dit: "Tu es mon Fils. Aujourd'hui Je t'ai engendré ?" (Evangile selon Saint Luc 3 21-22 : Baptême de Jésus…Psaume 2. 7)  

Et de quelle nature sera-t-il si, en l'engendrant, Il dit à ses anges en le montrant : "Et que l'adorent tous les anges de Dieu"?" (Psaume 29(28)1).

Et comment sera ce Fils, pour mériter de s'entendre dire par le Père, par Celui par la grâce duquel les hommes peuvent le nommer avec un cœur qui s'anéantit dans l'adoration: "Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis l'escabeau de tes pieds"? (Psaume 110(109)1).

Ce Fils ne pourra être que Dieu comme le Père, dont Il partage les attributs et la puissance, et avec qui II jouit de la Charité qui les réjouit dans les ineffables et incon­naissables amours de la Perfection pour Elle-même.

 Mais si Dieu n'a pas jugé convenable d'élever un ange au rang de Fils, aurait-Il jamais pu dire d'un homme ce qu'il a dit de Celui qui ici vous parle — et plusieurs d'entre vous qui me combattez, étiez présent quand Il l'a dit — là-bas, au gué de Béthabara à la fin des deux années qui ont précédé celle-ci ? (Baptême de Jésus : Luc 3 21-22).

Vous l'avez entendu et avez tremblé. Car la voix de Dieu ne peut se confondre avec nulle autre, et sans une grâce spéciale de Lui, elle terrasse celui qui l'entend et ébranle son coeur.

Qu'est donc l'Homme qui vous parle ? Serait-il né de la semence et du vouloir de l'homme comme vous tous ? Et le Très-Haut pourrait-Il avoir placé son Esprit pour habiter une chair, privée de la grâce comme l'est celle des hommes nés d'un vouloir charnel ? Et le Très-Haut pourrait-Il, pour payer la grande Faute, être satisfait du sacrifice d'un homme ? Réfléchissez. Il n'a pas choisi un ange pour être Messie et Rédempteur, pourrait-Il alors choisir un homme pour l'être ? Et le Rédempteur pouvait-il être seulement Fils du Père sans assumer la Nature humaine, mais avec des moyens et des pouvoirs qui surpassent les raisonnements humains ? Et le Premier-né de Dieu pouvait-il avoir des parents, s'il est le Premier-né éternel ?

Ne se bouleverse-t-elle pas la pensée orgueilleuse devant ces interrogations qui montent vers les royaumes de la Vérité, toujours plus proches d'elle, et qui ne trouvent une réponse que dans un cœur humble et plein de foi?

Qui doit être le Christ ? Un ange ? Plus qu'un ange. Un homme ? Plus qu'un homme. Un Dieu ? Oui, un Dieu. Mais avec une chair qui Lui est unie, pour pouvoir accomplir l'expiation de la chair coupable. Toute chose doit être rachetée par la matière avec laquelle elle a péché.

Dieu aurait dû par conséquent envoyer un ange pour expier les fautes des anges tombés, et qui expiât pour Lucifer et pour ses disciples angéliques. Car, vous le savez, Lucifer aussi a péché. Mais Dieu n'envoie pas un esprit angélique pour racheter les anges ténébreux.

Ils n'ont pas adoré le Fils de Dieu, et Dieu ne pardonne pas le péché contre son Verbe engendré par son Amour. Pourtant Dieu aime l'homme et Il envoie l'Homme, l'Unique parfait, pour racheter l'homme et obtenir la paix avec Dieu. Et il est juste que seul un Homme-Dieu puisse accomplir la rédemption de l'homme et apaiser Dieu.

Le Père et le Fils se sont aimés et compris. Le Père a dit : "Je veux". Et le Fils a dit : "Je veux". Et puis le Fils a dit : "Donne-moi". Et le Père a dit : "Prends", et le Verbe eut une chair dont la formation est mystérieuse, et cette chair s'appela Jésus Christ, Messie, Celui qui doit racheter les hommes, les amener au Royaume, vaincre le démon, briser l'esclavage.

Vaincre le démon ! Un ange ne le pouvait pas, ne peut pas, accomplir ce que le Fils de l'homme peut accomplir.

Et pour cela, voilà que Dieu appelle pour la grande œuvre non pas les anges, mais l'Homme. Voici l'Homme de l'origine duquel vous êtes incertains, ou négateurs, ou pensifs. Voici l'Homme. L'Homme que Dieu accepte. L'Homme qui représente tous ses frères.

L'Homme comme vous pour la ressemblance, l'Homme supérieur et différent de vous pour la provenance, qui non d'homme, mais de Dieu engendré et consacré pour son ministère, se tient devant l'autel élevé, afin d'être Prêtre et Victime pour les péchés du monde, Pontife éternel et suprême, Souverain Prêtre selon l'ordre de Melchisédech.

Ne tremblez pas ! Je ne tends pas les mains vers la tiare pontificale. Un autre diadème m'attend. Ne tremblez pas ! Je ne vous enlèverai pas le Rational. Un autre est déjà prêt pour Moi.

Mais tremblez seulement que pour vous ne serve pas le Sacrifice de l'Homme et la Miséricorde du Christ.

Je vous ai tant aimés, je vous aime tant que j'ai obtenu du Père de m'anéantir Moi-même. Je vous ai tant aimés, je vous aime tant que j'ai demandé de consumer toute la Douleur du monde pour vous donner le salut éternel.

Pourquoi ne voulez-vous pas me croire ? Ne pouvez-vous croire encore ?

N'est-il pas dit du Christ : "Tu es Prêtre éternellement selon l'ordre de Melchisédech"?

Mais quand a commencé le sacerdoce ? Peut-être au temps d'Abraham ? Non. Et vous le savez. Le Roi de Justice et de Paix qui apparaît pour m'annoncer, par une figure prophétique, à l'aurore de notre peuple, ne vous avertit-il pas qu'il y a un sacerdoce plus parfait, qui vient directement de Dieu, de même que Melchisédech dont personne n'a jamais pu donner l'origine et que l'on appelle "le prêtre" et qui demeurera prêtre éternellement ?

Ne croyez-vous plus aux paroles inspirées ? Et si vous y croyez, comment donc, Ô docteurs, ne savez-vous pas donner une explication acceptable aux paroles qui disent, et elles parlent de Moi : "Tu es prêtre éternellement selon l'ordre de Melchisédech"? (Psaume 110 (109)4)

Il y a donc un autre sacerdoce, en outre, avant celui d'Aaron. Et de ce sacerdoce il est dit "tu es", non pas "tu as été", non pas "tu seras". Tu es prêtre pour l'éternité. Voilà alors que cette phrase annonce que l'éternel Prêtre ne sera pas de la souche connue d'Aaron, ne sera d'aucune souche sacerdotale, mais sera d'une provenance nouvelle, mystérieuse comme Melchisédech. Il appartient à cette provenance. Et si la Puissance de Dieu l'envoie, c'est le signe qu'il veut rénover le Sacerdoce et le Rite pour qu'il devienne utile à l'Humanité.

Connaissez-vous mon origine ? Non. Connaissez-vous mes œuvres ? Non. Voyez-vous leurs fruits ? Non. Vous ne connaissez rien de Moi. Vous voyez donc qu'en cela aussi, je suis le "Christ" dont l'Origine, la Nature et la Mission doivent être inconnues jusqu'au moment où il plaira à Dieu de les révéler aux hommes. Bienheureux ceux qui sauront, qui savent croire avant que la Révélation terrible de Dieu ne les écrase de son poids contre le sol et ne les y cloue et ne les brise sous la fulgurante, puissante vérité tonnée par les Cieux, criée par la Terre: "Lui était le Christ de Dieu".

Vous dites : "Lui est de Nazareth. Son père, c'était Joseph. Sa Mère, c'est Marie".

Non, je n'ai pas de père qui m'ait engendré comme homme. Je n'ai pas de mère qui m'ait engendré comme Dieu. Et pourtant j'ai une chair et je l'ai assumée par l'œuvre mystérieuse de l'Esprit, et je suis venu parmi vous en passant par un tabernacle saint.

Et je vous sauverai, après m'être formé Moi-même par la volonté de Dieu, je vous sauverai, en faisant sortir mon véritable Moi-même du Tabernacle de mon Corps pour consommer le grand Sacrifice d'un Dieu qui s'immole pour le salut de l'homme.

Père, mon Père ! Je te l'ai dit au commencement des jours: "Me voici pour faire ta Volonté". (Psaume 40(39) 8). Je te l'ai dit à l'heure de grâce avant de te quitter pour me revêtir de la chair pour pouvoir souffrir : "Me voici pour faire ta Volonté". Je te le dis encore une fois pour sanctifier ceux pour lesquels je suis venu : "Me voici pour faire ta Volonté". Et je te le dirai encore, toujours, jusqu'à ce que ta Volonté soit accomplie..."

Jésus, qui a levé les bras vers le ciel pour prier, les abaisse maintenant, les croise sur sa poitrine et incline la tête, ferme les yeux et s'abîme dans une prière secrète.

POUR LIRE LA SUITE, ALLER DANS LA TROISIEME PARTIE.

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