JESUS, vrai Dieu et vrai Homme, Pain véritable descendu du Ciel…2ème Partie.

Je vous ai tant aimés, je vous aime tant que j'ai obtenu du Père de m'anéantir Moi-même. Je vous ai tant aimés, je vous aime tant que j'ai demandé de consumer toute la Douleur du monde pour vous donner le salut éternel.

Et alors que nous devrions être et vivre en total remerciement, respect et Adoration pour Notre Dieu qui a pris notre place et s’est Sacrifié et Humilié pour nous, non seulement nous pensons très peu à Lui, nous n’avons pas (ou plutôt, nous ne prenons pas…car lorsque une chose nous intéresse vraiment, nous le trouvons) le temps d’aller à Son Invitation au repas qu’Il offre chaque jour pour la santé de notre âme, nous négligeons totalement Le Jour du Seigneur (le Dimanche) qui devrait être un jour qui Lui est consacré (Tu Honoreras Le jour du Seigneur), nous ne sommes pas Uni à Lui 24 heures sur 24, ni même quelques minutes par jour, ni même parfois quelques minutes par semaine, par mois ou par an…jusqu’à ce que, à cause de notre égoïsme qui nous fait d’abord penser à nous, une tuile nous tombe justement dessus…alors nous nous souvenons qu’Il y a un Dieu…que parfois nous accusons d’ailleurs aussitôt de tous nos maux, qui ont été provoqués souvent par nous même !!!

Combien d’églises sont à moitié vides aux messes du Dimanche, quasiment totalement vides aux messes en semaine…et pleines à Pâques où la plupart vont communier au Corps du Christ avec une âme remplie de tous leurs péchés commis pendant un an (y compris celui de ne pas avoir Aimé Dieu plus que tout qui est le premier Commandement !!!)…et jamais regrettés dans Le Sacrement de Réconciliation !!!

Pensons qu’aller recevoir cette nourriture qui nous est offerte par Dieu, accepter Son Invitation aux Noces de L’Agneau (voir la parabole du festin nuptial dans Matthieu 22 1-14) n’est pas une histoire de « devoir », mais « d’Amour » !!!  

Pensons un seul instant à toutes les Souffrances qu’Il a enduré pour nous, afin de nous permettre d’obtenir Le Salut et une place comme Héritier dans Son Royaume. Jésus nous en révèle quelques-unes.

Au cours des siècles, aussi bien ma très sainte Divinité que ma très parfaite Humanité, par l'action de désagrégation de "votre" humanité imparfaite, ont été diminuées, déformées dans leur présentation.

Vous avez rendue irréelle mon Humanité, vous l'avez rendue inhumaine comme vous avez rendue petite ma figure divine, en la niant sur tant de points que vous ne vouliez pas reconnaître ou que vous ne pouviez plus reconnaître avec vos esprits diminués par les corruptions du vice et de l'athéisme, de l'humanisme, du rationalisme.

Je viens, en cette heure tragique, prodrome de malheurs universels, je viens rafraîchir dans vos esprits ma double figure de Dieu et d'Homme, pour que vous la connaissiez telle qu'elle est, pour que vous la reconnaissiez après tant d'obscurantisme dont vous l'avez couverte pour vos esprits, pour que vous l'aimiez et reveniez à elle et que vous vous sauviez par son intermédiaire.

C'est la figure de votre Sauveur, et celui qui la connaîtra et l'aimera sera sauvé.

Vous souffrez de voir la mère d'un enfant destiné à mourir par suite d'une maladie incurable, la mère de quelqu'un condamné au dernier supplice par la rigueur de la justice humaine.

Mais pensez à ma Mère qui, dès le moment où elle m'a conçu, a tremblé en pensant que j'étais le Condamné, à cette Mère qui, quand elle m'a donné le premier baiser sur ma peau douce et rose de nouveau-né, a senti les plaies futures de son Enfant, à cette Mère qui aurait donné dix, cent, mille fois sa vie pour m'empêcher de devenir Homme et d'arriver au moment de l'Immolation, à cette Mère qui savait et qui devait désirer cette heure terrible pour accepter la volonté du Seigneur, pour la gloire du Seigneur, par bonté envers l'Humanité.

Non, il n'y a pas eu d'agonie plus longue, et qui ait pris fin en une douleur plus grande, que celle de ma Mère.

Et il n'y a pas eu une douleur plus grande, plus complète que la Mienne.

J'étais Un avec le Père. Il m'avait de toute éternité aimé comme Dieu seul peut aimer. Il s'était complu en Moi et avait trouvé en Moi sa divine joie.

Et Moi, je l'avais aimé comme seul un Dieu peut aimer et j'avais trouvé dans l'union avec Lui ma joie divine.

Les ineffables rapports qui lient le Père avec son Fils ne peuvent vous être expliqués même par ma Parole, car si elle est parfaite votre intelligence ne l'est pas et vous ne pouvez comprendre et connaître ce qu'est Dieu tant que vous n'êtes pas avec Lui dans le Ciel.

Eh bien, je sentais, comme l'eau qui monte et fait pression contre une digue, croître, heure par heure, la rigueur de mon Père envers Moi.

En témoignage contre les hommes-brutes, qui ne voulaient pas comprendre qui j'étais, Il avait, durant le temps de ma vie publique, ouvert par trois fois le Ciel : au Jourdain, au Thabor et à Jérusalem la veille de la Passion. Mais Il l'avait fait pour les hommes, non pour me donner un soulagement à Moi.

J'étais, désormais, l'Expiateur.

Je suis Jésus, je suis le Rédempteur. Je suis Celui qui a souffert et sait, par expérience personnelle, ce que c'est que la douleur d'être regardé avec sévérité par Dieu et d'être abandonné par Lui, et je ne suis jamais sévère, et je n'abandonne jamais. Je consume pareillement, mais dans un incendie d'amour.

Plus l'heure de l'expiation approchait et plus je sentais le Père s'éloigner. Toujours plus séparé du Père, mon Humanité se sentait moins soutenue par la Divinité de Dieu. Et j'en souffrais de toutes les manières.

La séparation d'avec Dieu amène avec elle la peur, elle amène avec elle l'attachement à la vie, elle amène avec elle la langueur, la lassitude, l'ennui.

Plus elle est profonde et plus fortes sont ses conséquences. Quand elle est totale, elle amène au désespoir. Et plus celui qui, par suite d'un décret de Dieu, l'éprouve sans l'avoir méritée, plus il en souffre parce que l'esprit vivant sent la séparation d'avec Dieu comme une chair vivante sent l'amputation d'un membre.

C'est un étonnement douloureux, accablant, que ne comprend pas celui qui ne l'a pas éprouvé. Je l'ai éprouvé. J'ai dû tout connaître pour pouvoir plaider sur tout sujet auprès du Père en votre faveur.

Même vos désespoirs. Oh ! Je l'ai éprouvé ce que veut dire : "Je suis seul. Tous m'ont trahi, abandonné. Même le Père, même Dieu ne m'aide plus".

Et c'est pour cela que j'opère des prodiges mystérieux de grâce chez les pauvres cœurs que le désespoir accable et que je demande à mes privilégiés de boire mon calice si amer à l'expérience, pour que ceux, qui font naufrage dans la mer du désespoir, ne refusent pas la croix que je leur offre comme ancre de salut, mais qu'ils s'y accrochent et que je puisse les amener à la rive bienheureuse où ne vit que la paix.

Dans la soirée du Jeudi, Moi seul sais si j'aurais eu besoin du Père ! J'étais un esprit déjà à l'agonie à cause de l'effort d'avoir dû surmonter les deux plus grandes douleurs d'un homme : l'adieu à une Mère très aimée, le voisinage de l'ami infidèle. C'étaient deux plaies qui me brûlaient le cœur : l'une par ses larmes, l'autre par sa haine.

J'avais dû rompre mon pain avec mon Caïn. J'avais dû lui parler en ami pour ne pas le dénoncer aux autres dont je pouvais redouter la violence, et pour empêcher un crime, inutile d'ailleurs, puisque tout était déjà marqué dans le grand livre de la vie : et ma Mort sainte et le suicide de Judas.

Inutiles d'autres morts réprouvées par Dieu. Aucun autre sang que le mien ne devait être répandu, et ne fut pas répandu.

La corde étrangla cette vie en renfermant dans le sac immonde du corps du traître son sang impur vendu à Satan, ce sang qui ne devait pas se mélanger, en tombant sur la Terre, au sang très pur de l'Innocent.

Elles auraient bien suffi ces deux plaies pour faire de Moi un agonisant dans mon Moi. Mais j'étais l'Expiateur, la Victime, l'Agneau.

L'Agneau, avant d'être immolé, connaît la marque au fer rouge, il connaît les coups, il connaît le dépouillement, il connaît la vente au boucher. Ce n'est qu'à la fin qu'il connaît le froid du couteau qui pénètre dans la gorge et saigne et tue.

Auparavant il doit tout quitter : le pâturage où il a grandi, la mère au sein de laquelle il s'est nourri et réchauffé, les compagnons avec lesquels il a vécu. Tout. Moi j'ai tout connu : Moi, Agneau de Dieu.

Satan est donc venu alors que le Père se retirait dans les Cieux. Il était déjà venu au commencement de ma mission pour essayer de m'en détourner. Maintenant il revenait. C'était son heure. L'heure du sabbat satanique.

Des foules et des foules de démons étaient cette nuit-là sur la Terre pour mener à terme la séduction dans les cœurs et les disposer à vouloir le lendemain le meurtre du Christ. Chaque synhédriste avait le sien, Hérode le sien, Pilate le sien, et le sien chacun des juifs qui aurait appelé mon Sang sur lui.

Les apôtres aussi avaient près d'eux leur tentateur qui les assoupissait pendant que je languissais, qui les préparait à la lâcheté.

Remarque le pouvoir de la pureté. Jean, le pur, fut le premier de tous à se libérer de la griffe démoniaque et revint tout de suite vers son Jésus et comprit son désir inexprimé et m'amena Marie.

Mais Judas avait Lucifer et Moi j'avais Lucifer. Lui dans le cœur, Moi à mon côté. Nous étions les deux principaux personnages de la tragédie, et Satan s'occupait personnellement de nous. Après avoir amené Judas au point de ne plus pouvoir revenir en arrière, il se tourna vers Moi.

Avec sa ruse parfaite, il me présenta les tortures de ma chair avec un réalisme insurpassable. Au désert aussi, il avait commencé par la chair. Je le vainquis en priant, Mon esprit domina la peur de la chair.

Il me présenta alors l'inutilité de ma mort, l'utilité de vivre pour Moi-même sans m'occuper des hommes ingrats.

Vivre riche, heureux, aimé. Vivre pour ma Mère, pour ne pas la faire souffrir. Vivre pour amener à Dieu, par un long apostolat tant d'hommes qui, une fois que je serais mort, m'auraient oublié; alors que si j'avais été Maître non pas pendant trois ans, mais pendant des lustres et des lustres, j'aurais fini par les pénétrer de ma doctrine.

Ses anges m'auraient aidé à séduire les hommes. Est-ce que je ne voyais pas que les anges de Dieu n'intervenaient pas pour m'aider ?

Ensuite, Dieu m'aurait pardonné en voyant la moisson de croyants que je Lui aurais amenés. Dans le désert aussi il m'avait poussé à tenter Dieu par l'imprudence. Je le vainquis par la prière. Mon esprit domina la tentation morale.

Il me présenta l'abandon de Dieu, Lui, le Père, ne m'aimait plus. J'étais chargé des péchés du monde. Je Lui faisais horreur. Il était absent, Il me laissait seul. Il m'abandonnait aux moqueries d'une foule féroce, et Il ne m'accordait même pas son divin réconfort. Seul, seul, seul.

A cette heure, il n'y avait que Satan près du Christ. Dieu et les hommes étaient absents parce qu'ils ne m'aimaient pas, Ils me haïssaient ou étaient indifférents. Je priais pour couvrir par mon oraison les paroles sataniques.

Mais ma prière ne montait plus vers Dieu. Elle retombait sur Moi comme les pierres de la lapidation et m'écrasait sous sa masse. La prière qui pour Moi était toujours une caresse donnée au Père, une voix qui montait et à laquelle répondait la caresse et la parole paternelle, maintenant elle était morte, pesante, lancée en vain contre les Cieux fermés.

Alors j'ai senti l'amertume du fond du calice. La saveur du désespoir. C'était ce que voulait Satan.

M'amener à désespérer pour faire de Moi son esclave. J'ai vaincu le désespoir et je l'ai vaincu par mes seules forces, parce que J'ai voulu le vaincre.

Avec mes seules forces d'Homme. Je n'étais plus que l'Homme. Et je n'étais plus qu'un homme qui n'est plus aidé par Dieu.

Quand Dieu aide, il est facile de soulever le monde lui-même et de le soutenir comme un jouet d'enfant. Mais quand Dieu n'aide plus, même le poids d'une fleur est une fatigue.

J'ai vaincu le désespoir et Satan son créateur pour servir Dieu et vous, en vous donnant la Vie.

Mais j'ai connu la Mort. Non pas la mort physique du crucifié (elle fut moins atroce) mais la Mort totale, consciente, du lutteur qui tombe après avoir triomphé, le cœur brisé et le sang se répandant dans le trauma d'un effort au-dessus du possible. Et j'ai sué sang. J'ai sué sang pour être fidèle à la volonté de Dieu.

Voilà pourquoi l'ange de ma douleur m'a présenté l'espérance de tous ceux qui sont sauvés par mon sacrifice comme un remède à ma mort.

Vos noms ! Chacun a été pour Moi une goutte de remède infusé dans mes veines pour leur redonner tonus et fonctionnement, chacun a été pour Moi la vie qui revient, la lumière qui revient, la force qui revient.

Dans les tortures inhumâmes, pour ne pas crier ma douleur d'Homme, et pour ne pas désespérer de Dieu et dire qu'il était trop sévère et injuste envers sa Victime, je me suis répété vos noms, je vous ai vus.

Je vous ai bénis depuis lors. Depuis lors, je vous ai porté dans mon cœur. Et quand pour vous est venue votre heure d'être sur la Terre, je me suis penché du Ciel pour accompagner votre venue, jubilant à la pensée qu'une nouvelle fleur d'amour était née dans le monde et qu'elle aurait vécu pour Moi.

Luc 22 43-44.

Alors lui apparut, venant du Ciel, un Ange qui Le réconfortait. Entré en agonie, Il Priait de façon plus instante, et sa sueur devint comme de grosses gouttes de sang qui tombaient à terre.

Jésus vrai Dieu et vrai Homme ne pouvait pas subir de tentations par Sa Divinité que Satan ne pouvait pas vaincre…mais Satan pouvait Le tenter (et Le vaincre) dans Son Humanité, qui, même si elle n’était pas corrompue par Le Péché Originel, portait en elle la fragilité et les besoins de notre chair humaine (à l’image d’Adam et Eve qui, eux non plus, n’étaient pas corrompus par Le Péché Originel…avant de succomber aux tentations de Satan !!!)…chair qui était capable de souffrir physiquement et moralement, chair qui était capable de désespérer devant l’inutilité apparente de sa mission sur Terre, le rejet de tous (aussi bien des scribes, pharisiens, grand-Prêtres que de ses disciples et même l’abandon de presque tous ses apôtres et leur incapacité à Le comprendre, y compris après trois ans passés ensemble à leur expliquer, ainsi que la traîtrise de l’un de ses apôtres), chair qui était capable de voir par La Divinité de Jésus, en regardant l’avenir jusqu’à la fin du monde, toutes les âmes qui partiraient en Enfer et pour lesquels Le Sacrifice du Christ, Le Sien, aura été inutile, chair à laquelle Satan pouvait montrer qu’il aurait été plus intelligent de se faire bien voir du Sanhédrin, des grands et influents du peuple Juif afin de ne pas mourir pour eux, mais vivre longtemps et vieux, en répandant Sa doctrine en cachette, etc…, chair à laquelle Satan pouvait suggérer de foudroyer tout ceux qui voulaient s’attaquer à Lui, Leur Dieu, et qui voulaient le conduire à être crucifié sur La Croix, etc…

Jésus a montré aux yeux de tous qu’Il était capable de ressusciter un mort déjà décomposé (Lazare, enterré depuis plus de quatre jours : Jean 11 17. A son arrivée, Jésus trouva Lazare dans le tombeau depuis quatre jours déjà)…alors Il ne lui était pas plus difficile de montrer La Grandeur du Dieu du Sinaï en foudroyant les Blasphémateurs.

Cela aurait montré à tous Sa Puissance et permis à tous les justes et les opprimés de Le faire Roi d’Israël !!!

Jean 6 15.

Alors, Jésus, sachant qu’ils allaient Le faire Roi, s’enfuit à nouveau dans la montagne, tout seul.

Bref, Satan par l’humanité de Jésus, pouvait l’entraîner dans la révolte, la haine, le mensonge, le désespoir, l’orgueil du Dieu bafoué, le pouvoir pour sauver les opprimés…toutes les tentations que nous subissons et dans lesquels nous tombons si facilement.

Jésus a résisté à toutes ces tentations, et par Sa Victoire, Son Amour, Son Humilité, Son Obéissance au Père, Son Pardon, a écrasé définitivement Satan, a vaincu la Mort et nous a ouvert Le Ciel, Son Royaume qui nous était fermé.

Nous retrouvons cette Parole ci-dessus de L’Evangile de Saint Jean (Jean 6 15) dans les Révélations de Jésus faites à Maria Valtorta.

Extraits des Révélations de Jésus à Maria Valtorta (Tome 7, chapitre 156)

"Maître, commence Chouza, tu dois t'être demandé le pourquoi de cette réunion et du silence que nous observons.

Mais ce que nous devons te dire est très grave et ne doit pas être entendu par des oreilles imprudentes. Maintenant nous sommes seuls et nous pouvons parler.

Tu le vois, tous ont pour Toi le plus grand respect. Tu es parmi des hommes qui te vénèrent comme Homme et comme Messie. Ta justice, ta sagesse, les dons dont Dieu t'a donné la maîtrise, nous sont connus et nous les admirons.

Tu es pour nous le Messie d'Israël, le Messie selon l'idée spirituelle et selon l'idée politique. Tu es l'Attendu qui doit mettre fin à la douleur, à l'humiliation de tout un peuple, et non seulement de ce peuple renfermé dans les confins d'Israël, ou plutôt de la Palestine, mais pour le peuple d'Israël tout entier, des milliers et des milliers de colonies de la Diaspora répandues par toute la Terre, et qui font retentir le nom de Jéhovah sous tous les cieux et qui font connaître les promesses et les espérances, qui maintenant se réalisent, d'un Messie restaurateur, d'un Vengeur, d'un Libérateur et créateur de l'indépendance véritable et de la Patrie d'Israël, c'est-à-dire de la Patrie la plus grande qui soit au monde, la Patrie : reine et dominatrice, qui annule tout souvenir du passé et tout signe vivant d'esclavage, l'Hébraïsme qui triomphe sur tout et sur tous, et pour toujours, parce qu'ainsi il a été dit et qu'ainsi la chose s'accomplit.

Seigneur, ici, devant Toi, tu as Israël tout entier dans les représentants des différentes classes de ce peuple éternel, châtié par le Très-Haut mais bien-aimé de Lui qui le proclame "sien". Tu as le cœur vivant et sain d'Israël avec les membres du Sanhédrin et les prêtres, tu as la puissance et la sainteté avec les pharisiens et les sadducéens, tu as la sagesse avec les scribes et les rabbis, tu as la politique et la valeur avec les hérodiens, tu as la richesse avec ceux qui sont fortunés, le peuple avec les marchands et les propriétaires, tu as la Diaspora avec les prosélytes, tu as jusqu'à ceux qui sont séparés et qui maintenant sont prêts à se réunir, parce qu'ils voient en Toi l'Attendu: les esséniens, les esséniens irréconciliables.

Regarde, ô Seigneur, ce premier prodige, ce grand signe de ta mission, de ta vérité. Toi, sans violence, sans moyens, sans serviteurs, sans soldats, sans épées, tu rassembles tout ton peuple comme une citerne rassemble les eaux de mille sources.

Toi, presque sans paroles, sans, absolument sans ordres, tu nous réunis, nous, peuple divisé par les malheurs, les haines, des idées politiques et religieuses et tu nous réconcilies. O Prince de la Paix, réjouis-toi d'avoir racheté et restauré avant même d'avoir pris le sceptre et la couronne.

Ton Royaume, le Royaume attendu d'Israël est né. Nos richesses, nos puissances, nos épées, sont à tes pieds. Parle ! Commande ! L'heure est venue."

Tous approuvent le discours de Chouza. Jésus, les bras croisés, se tait.

"Tu ne parles pas ? Tu ne réponds pas, ô Seigneur ? Peut-être la chose t'a étonné... Peut-être tu sens que tu n'es pas préparé et tu doutes surtout qu'Israël soit préparé... Mais il n'en est pas ainsi.

Écoute nos voix. Je parle, et avec moi Manaën, pour le palais royal. Il ne mérite plus d'exister. C'est l'opprobre et la pourriture d'Israël. C'est la tyrannie honteuse qui opprime le peuple et s'abaisse servilement pour flatter l'usurpateur. Son heure est venue.

Lève-toi, ô Étoile de Jacob, et mets en fuite ce chœur de crimes et de hontes. Ici sont ceux qui, appelés hérodiens, sont les ennemis des profanateurs du nom des Hérodes, sacré pour eux. A vous la parole."

"Maître, je suis âgé et je me rappelle ce qu'était la splendeur d'autrefois. Comme le nom héros donné à une charogne puante, tel est le nom d'Hérode porté par des descendants dégénérés qui avilissent notre peuple. C'est le moment de répéter le geste qu'a fait plusieurs fois Israël quand des monarques indignes régnaient sur les souffrances du peuple. Toi seul es digne de faire ce geste."

Jésus se tait.

"Maître, te semble-t-il que l'on puisse douter ? Nous avons scruté les Écritures: tu es celui-ci, tu dois régner" dit un scribe.

"Tu dois être Roi et Prêtre. Nouveau Néhémie, plus grand que lui, tu dois venir et purifier. L'autel est profané. Que le zèle du Très-Haut te presse" dit un prêtre.

"Beaucoup d'entre nous t'ont combattu. Ceux qui craignent ton règne sage, mais le peuple est avec Toi, et les meilleurs de nous avec le peuple. Nous avons besoin d'un sage."

"Nous avons besoin d'un pur."

"D'un vrai roi."

"D'un saint."

"D'un Rédempteur. Nous sommes, de plus en plus, esclaves de tout et de tous. Défends-nous, Seigneur !"

"Dans le monde, nous sommes piétinés car, malgré notre nombre et notre richesse, nous sommes comme des brebis sans berger.

Appelle au rassemblement par le vieux cri : "À tes tentes, ô Israël !" et de tous les points de la Diaspora comme une levée de troupes surgiront tes sujets pour renverser les trônes vacillants des puissants qui ne sont pas aimés de Dieu."

Jésus se tait toujours. Lui seul est assis, calme comme s'il ne s'agissait pas de Lui au milieu de cette quarantaine de forcenés. Je me rappelle à peine un dixième de leurs raisons car ils parlent tous ensemble comme dans la confusion d'un marché. Lui garde son attitude et continue de se taire.

Tous crient : "Dis un mot ! Réponds !"

Jésus se lève lentement, en appuyant ses mains sur le bord de la table. Il se fait un silence profond.

Brûlé par le feu de quatre-vingt pupilles, il ouvre les lèvres, et les autres les ouvrent comme pour aspirer sa réponse, et la réponse est brève mais nette : "Non."

"Mais comment ? Mais pourquoi ? Tu nous trahis ? Tu trahis ton peuple ! Il renie sa mission ! Il repousse l'ordre de Dieu !..."

C'est un vacarme ! Un tumulte ! Les visages deviennent cramoisis, les yeux s'enflamment, les mains semblent menacer... Plutôt que des fidèles, ils semblent des ennemis. Mais c'est ainsi : quand une idée politique domine les cœurs, même ceux qui sont doux deviennent des fauves pour ceux qui s'opposent à leurs idées.

Au tumulte succède un étrange silence. Il semble qu'après avoir épuisé leurs forces ils se sentent épuisés, à bout. Ils se regardent en s'interrogeant, désolés... certains fâchés...

POUR LIRE LA SUITE, ALLER DANS LA TROISIEME PARTIE.

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