Frère Roger Schutz, Fondateur de la Communauté de Taizé (1915-2005).

Jeudi 16 Août 2018 : Fête de Frère Roger Schutz, Fondateur de la Communauté de Taizé (1915-2005).
Frère Roger n’est ni Béatifié, ni Canonisé et il n’est donc pas au Calendrier Liturgique, mais je le mets ici car il a marqué toute une génération (dont je fais partie) et sa vie vaut d’être soulignée.

Frere roger schutz fondateur de la communaute de taize 1915 2006

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A8re_Roger.

Frère Roger, de son nom d'état civil Roger Schutz, né le 12 mai 1915 à Provence (Vaud, Suisse) et mort le 16 août 2005 à Taizé (Saône-et-Loire, France) est le Fondateur de la communauté de Taizé.

Fondation de la communauté de Taizé

Roger Schutz est le dernier des neuf enfants du pasteur protestant originaire de Bachs (Suisse), Karl Ulrich Schütz, et Amélie Henriette Schütz-Marsauche, une Protestante française originaire de Bourgogne.

Il naît et passe son enfance et sa jeunesse à Provence où son père est Pasteur de la paroisse. De 1937 à 1940, Roger étudie la théologie réformée à Strasbourg et à Lausanne.

En 1940, à vingt-cinq ans, il décide d'aller partager en France le sort de ce pays occupé. « De Genève, je suis parti à bicyclette pour la France, cherchant une maison où prier, où accueillir et où il y aurait un jour cette vie de communauté. »

C'est à Taizé, un petit village de Bourgogne où les habitants l'accueillent chaleureusement, qu'il choisit de vivre.
Au début de la guerre il accueille des dizaines de réfugiés juifs avec sa sœur Geneviève. En 1942 il rentre en Suisse et apprend qu'il ne peut retourner à Taizé car il a été dénoncé. En 1944 il retourne à Taizé et vient en aide aux prisonniers de guerre allemands.

« Dans ma jeunesse, j'étais étonné de voir des Chrétiens qui, tout en se référant à un Dieu d'Amour, perdaient tant d'énergie à justifier des oppositions. Et je me disais : pour communiquer le Christ, y a-t-il réalité plus transparente qu'une vie donnée, où jour après jour la réconciliation s'accomplit dans le concret ?
Alors j'ai pensé qu'il était essentiel de créer une communauté avec des hommes décidés à donner toute leur vie et qui cherchent à se réconcilier toujours. »

Au fil des ans se développe la communauté de Taizé. En 1949, ils sont sept hommes à s'engager pour la vie dans la chasteté.
Peu à peu d'autres compagnons se joignent à Frère Roger : la Communauté se compose à l'heure actuelle d'une centaine de Frères venant d'une trentaine de nations et qui sont catholiques et de diverses origines évangéliques.
À partir des années 1950, certains Frères allèrent vivre en des lieux défavorisés pour se tenir aux côtés de ceux qui souffrent.
Ils sont aujourd'hui au Brésil, au Sénégal, au Bangladesh, en Corée du Sud. La Communauté n'accepte pour elle-même aucun don et cadeau. Les Frères gagnent leur vie par leur travail. Leurs héritages personnels, ils les donnent aux plus démunis.

La confiance que témoigne au Fondateur de Taizé le pape Jean XXIII joue un rôle important dans l'histoire de Frère Roger. « Ah ! Taizé, ce petit printemps ! » dira un jour Jean XXIII en accueillant Frère Roger.
Des mots que Jean-Paul II reprendra lors de sa visite à Taizé le 5 Octobre 1986, ajoutant : « On passe à Taizé comme on passe près d'une source. » Invité par Jean XXIII, Frère Roger vivra à Rome avec quelques Frères de sa Communauté tout le concile Vatican II.

Frere roger schutz 1Frère Roger en 2003 (88 ans). Photo de TAXman.

À l'écoute des jeunes

Au milieu des années 1960, Frère Roger, conscient des mutations profondes qui travaillent la société, demande aux Frères de la Communauté de se préparer à comprendre les jeunes, de les écouter.
Frère François de Taizé écrivait, dans La Croix du 2 Septembre 2005 : « Déjà avant l’éclatement de 1968, il a senti venir cette rupture : dès 1966 il nous demandait de nous préparer à accueillir particulièrement des jeunes et d’imaginer quelle adaptation réclamerait cet accueil. »
Frère Roger lui-même pratiquera cette écoute chaque soir dans l'église de la réconciliation.
Les jeunes ont commencé à se rendre à Taizé dès la fin des années cinquante et n'ont cessé d'augmenter en nombre. Ils participent à des rencontres qui vont d'un dimanche à l'autre. Environ cent mille jeunes séjournent à Taizé chaque année.

À partir de 1962, des Frères et des jeunes, envoyés par Taizé, n'ont cessé de se rendre dans les pays d'Europe de l'Est, dans la plus grande discrétion pour ne pas compromettre ceux qu'ils soutenaient.

De 1962 à 1989, Frère Roger lui-même a visité la plupart des pays d’Europe de l’Est, parfois pour des rencontres de jeunes, autorisées mais très surveillées, parfois pour de simples visites, sans possibilité de parler en public (« Je me tairai avec vous », disait-il aux Chrétiens de ces pays).

Frère Roger voyagera aussi à travers le monde, parfois pour vivre simplement parmi les pauvres (Calcutta, mer de Chine, un bidonville de Nairobi, le Sahel, d'où il écrira à chaque séjour une lettre adressée aux jeunes, parfois pour animer des rencontres qui font partie d'un « pèlerinage de confiance à travers la terre » : Madras (Inde), Manille (Philippines), Johannesbourg (Afrique du Sud), U.S.A., Canada, Chili. Son objectif : encourager les jeunes à être porteurs de confiance et de réconciliation là où ils vivent, unissant dans leur existence vie intérieure et solidarité humaine.

Au lendemain de sa mort, Bruno Frappat écrivait dans La Croix (27-28 août 2005) :
« Frère Roger, sans doute, aura été l’un des plus immenses de nos contemporains. (...) Pas un fondateur d’empire. Pas un potentat de l’industrie ou du commerce. Pas un vaniteux de la notoriété médiatique.Pas un opulent du patrimoine et des biens fugitifs. Il n’a rien laissé de concret, de matériel, de palpable, de négociable. Il a fondé une parcelle d’humanité. Comme réinventé une manière d’être humain. Avec les mots de tous. »

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Rapprochement avec Rome

D'origine protestante, Frère Roger Schutz s'est, au cours des années, rapproché de Rome et de la Foi Catholique, prenant ses distances avec la Fédération protestante de France et plus encore avec l’ecclésiologie protestante, se prononçant notamment en faveur du célibat des prêtres et d’un Ministère universel du Pape.

En 1980, lors d’une rencontre européenne de jeunes à Rome, en présence du Pape Saint Jean-Paul II, il affirma publiquement en ces termes, dans la Basilique Saint-Pierre : « J’ai trouvé ma propre identité de Chrétien en réconciliant en moi-même la Foi de mes origines avec le Mystère de la Foi Catholique, sans rupture de communion avec quiconque. »

Cette évolution et, plus encore, la révélation de l’ordination comme Prêtre Catholique du Frère Max Thurian en 1987, restée cachée pendant un an, ont semé le doute et provoqué de fortes tensions avec le Protestantisme français.
L'affaire Max Thurian « demeure une blessure, voire un traumatisme indépassable » pour certains Protestants français qui « considèrent que Taizé s’est définitivement catholicisé » et ne peut plus être un « moteur de l’œcuménisme ».

Jean-Claude Escaffit et Moïz Rasiwala rapportent, par ailleurs, le « trouble profond » ressenti par le Fondateur de Taizé en apprenant l'Ordination au Sacerdoce Catholique de Max Thurian, qui lui aurait été annoncée par lettre une semaine après, dans la perspective des conséquences désastreuses que cela pouvait avoir sur les relations œcuméniques.
Par ailleurs, les auteurs affirment que Frère Roger, « à l'instar de tous les Frères de Taizé », quelle que soit leur confession, communiait ouvertement et officiellement à l'Eucharistie Catholique, depuis 1972, date de l'engagement du premier Frère Catholique dans la Communauté.

En 2006, l'historien Yves Chiron, proche des Catholiques traditionalistes, a affirmé qu'il se serait converti au Catholicisme en 1972 en compagnie de son bras droit, Max Thurian, et la profession de foi Catholique aurait été reçue alors par l'Évêque d'Autun, Mgr Armand Le Bourgeois, sans que cela soit annoncé publiquement.
Ceci a été démenti par frère Alois, successeur de Frère Roger.
Celui-ci explique qu'il n'y a pas de conversion à proprement parler ni de rupture avec ses origines mais un une volonté de rapprochement tandis que le Pasteur Gill Daudé, responsable du service des relations œcuméniques de la Fédération protestante de France parle lui de démarche de dépassement des clivages confessionnels.

Mgr Gérard Daucourt, membre du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, indique pour sa part que Frère Roger n'a pas triché « en cachant une conversion au Catholicisme au sens où on l’entend habituellement ».
Il « partageait la Foi Catholique dans le Ministère et dans l’Eucharistie », « il vénérait la Vierge Marie » et espérait « une proche restauration de l’unité visible entre tous les Chrétiens », mais en voulant « vivre cela sans rupture avec quiconque ».

Frere roger schutz 1915 2006

Assassinat

Le 16 août 2005, alors qu'il participait comme tous les soirs de l'année à la prière commune avec plusieurs milliers de jeunes pèlerins présents à Taizé durant les Journées mondiales de la jeunesse 2005 qui se déroulaient à Cologne, le Frère Roger, qui a alors quatre-vingt-dix ans, est poignardé mortellement par Luminita Solcan, une déséquilibrée âgée de trente-six ans qui avait réussi à s'introduire au milieu du chœur des Frères.

Ses funérailles se déroulent le 23 août 2005 en l'église de la Réconciliation de Taizé en compagnie des membres de la communauté de Taizé et de personnalités politiques et religieuses parmi lesquelles Horst Köhler, président de l'Allemagne, Nicolas Sarkozy, ministre français de l'Intérieur et ministre chargé des cultes, le pasteur Jean-Arnold de Clermont, président du Conseil de la Fédération protestante de France, l'Évêque luthérien Wolfgang Huber, président de l'Église évangélique en Allemagne, l'Archiprêtre Mikhail Gundyaev, représentant du Patriarcat orthodoxe de Moscou, en présence de plus de douze mille personnes.

Au cours de la Messe concélébrée par le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens, et quatre Prêtres de Taizé, celui-ci a lu un message du Pape Benoît XVI accordant sa Bénédiction apostolique.

Le Frère Roger est inhumé dans le cimetière du village. Sa succession à la tête de la Communauté est assurée par frère Aloïs, Catholique d'origine allemande, désigné par Frère Roger en personne quelques années auparavant.

Citation

« Une des pures joies d'Évangile est d'avancer encore et toujours vers une simplicité du cœur qui entraîne à une simplicité de vie ».

Les obseques de frere roger fondateur de la communaute oecumenique 2444739 1713http://www.ladepeche.fr/article/2005/08/17/155137-meurtre-frere-roger-taize-tue-femme-lors-priere.html

Meurtre. Frère Roger de Taizé tué par une femme lors de la prière

Il était le Fondateur de la Communauté.

Le Fondateur et Prieur de la Communauté œcuménique de Taizé (Saône-et-Loire), Frère Roger, 90 ans, a été mortellement blessé à coups de couteau, hier au cours de la Prière du soir, par une Roumaine de 36 ans, qui a été aussitôt interpellée et placée en garde à vue.

Le drame s'est déroulé vers 20H45 à Taizé alors que quelque 2.500 jeunes de diverses nationalités assistaient à la prière traditionnelle du soir dans l'Église de la Réconciliation.
«La femme qui l'a agressé a réussi à s'introduire au milieu du chœur des Frères, elle s'est avancée vers lui, mais on ne l'a pas vue car on était de dos, on a entendu le cri, on s'est retourné, c'était déjà fait», a déclaré Frère Émile, porte-parole de la Communauté.

«Frère Roger est resté assis, on est allé vers lui et on a compris qu'il était grièvement blessé quand on a vu le sang qui commençait à couler, puis on a réussi à le transporter à la maison», a-t-il expliqué, profondément ému.
«Il y avait un médecin dans l'assemblée mais c'était trop tard, la blessure était trop importante et il a succombé à 21heures.
Frère Roger a été atteint à la gorge, mais selon les gendarmes, il aurait également été frappé dans le dos.

L'auteur présumée de l'agression, qui est roumaine selon la gendarmerie, a été rapidement maîtrisée par des témoins du drame, sans opposer de résistance.
Au sein de la Communauté sous le choc, on ignorait encore les motivations de cette femme.

Une nuit de Prières
Protestant, diplômé en théologie, Roger Schutz avait consacré sa vie à la réconciliation entre les Chrétiens.
Il était arrivé à Taizé, un petit village près de Cluny, en Août 1940, à l'âge de 25 ans, avec le projet de fonder une Communauté Monastique.

La Communauté de Taizé compte aujourd'hui une centaine de Frères de plusieurs confessions Chrétiennes et originaires d'une trentaine de pays.
Elle accueille chaque année des dizaines de milliers de jeunes pour des temps de partage et de prières.
Frère Roger, qui a reçu le prix Unesco de l'éducation pour la paix en 1988, avait reçu la visite de Jean Paul II à Taizé en 1986.

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Frère Roger - Communauté de Taizé - Qu'est ce que la confiance du cœur

Ajoutée le 9 janv. 2013
La Communauté de Taizé est une Communauté œcuménique basée à Taizé en France. Fondée en 1940 par le Frère Roger, elle rassemble aujourd'hui une centaine de Frères venant du monde entier et qui ont choisi de vivre ensemble une vie de Prière et de célibat dans la simplicité.

L'unité des confessions Chrétiennes et l'accueil des jeunes adultes font partie des engagements de la Communauté depuis sa Fondation.
La Communauté de Taizé est fondée à Taizé en 1940 par Frère Roger Schutz, avec pour but de « construire une vie commune dans laquelle la réconciliation selon l'Évangile serait une réalité vécue concrètement ».

Pendant la guerre il aide les personnes en difficulté et accueille des réfugiés allemands. En 1942, la Gestapo menace d'arrêter Frère Roger, qui fuit en Suisse jusqu'à la fin de la guerre.
Après la Libération, il retourne à Taizé où le rejoignent des Frères de différentes Églises.

La Communauté Monastique et œcuménique vit de son travail et de son journal écrit. Elle accueille des milliers de jeunes chaque année qui viennent prier et méditer.
Frère Roger dit de lui-même :
« J'ai trouvé mon identité de Chrétien en réconciliant en moi-même la Foi de mes origines évangéliques avec le Mystère de la Foi Catholique »

Communauté de Taizé.
Au fil des ans se développe la Communauté de Taizé. Des compagnons se joignent à Frère Roger : la Communauté se compose à l'heure actuelle de Frères venant d'une trentaine de nations et de diverses origines Chrétiennes (dont 70 à Taizé et une trentaine d'autres dans d'autres petites Communautés).

La communauté n'accepte pour elle-même aucun don. Les Frères gagnent leur vie par leur travail : ils fabriquent des poteries, des bijoux (Croix de Taizé en pendentif), des vitraux qu'ils vendent dans une boutique située dans la Communauté.
Leurs héritages personnels sont offerts aux plus démunis.
Selon la règle, ils se sont engagés pour la vie, et ont fait vœu d'obéissance au Prieur de la Communauté.

Les chants de Taizé sont chantés par la Communauté priante, avec reprises et traductions en diverses langues. Les Célébrations comprennent de longs moments de silence pour la méditation.

Des milliers de jeunes du monde entier et de toutes sortes de dénominations religieuses visitent Taizé depuis plusieurs décennies.
Taizé leur offre l'hospitalité et ils peuvent s'intégrer à des groupes de réflexion, d'étude biblique et de prière commune.

L'église de la Réconciliation a été bâtie en 1962 à l'initiative d'une organisation allemande souhaitant faire un geste symbolique de réconciliation franco-allemande.

En 2005, à la mort de Frère Roger, Frère Alois, désigné par Frère Roger de son vivant (selon la règle de la Communauté), lui succède en tant que Prieur.

 

Commentaires (1)

1. LECOMTE Martial 16/08/2016

Lorsque je sens la déprime m'envahir et la révolte gronder en moi devant l'égoïsme et la fatuité de l'Homme, je tourne mes regards vers le Christ dont l'esprit transcende la vie des frères de Taïzé et je repars, plein de Foi et d'Espérance, recentrant mes pensées sur l'essentiel de l'Amour au-delà de toute haine et toutes divisions qui creusent des abîmes sur notre chemin de vie.

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Date de dernière mise à jour : 16/08/2018