Sainte Thérèse-Bénédicte de La Croix (Edith Stein), Carmélite, Martyre. Fête le 09 Août.

Jeudi 09 Août 2018 : Fête de Sainte Thérèse-Bénédicte de La Croix (Edith Stein), Carmélite déchaussée, Martyre à Oswiecin (Auschwitz) en Pologne, Co-Patronne de l'Europe (1891-1942).
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Édith Stein) est Patronne de l'Europe avec les Saints Cyrille et Méthode, Sainte Brigitte de Suède, Sainte Catherine de Sienne et Saint Benoît.

Statue d edith stein au vatican 211La statue de Sainte Edith Stein est faite de marbre et c'est un don de l'Archevêché de Cologne, qui a confié l'œuvre à l'artiste Paul Nagel.

http://eucharistiemisericor.free.fr/index.php?page=1110064_edith_stein
Pour la cérémonie de Bénédiction de la statue, étaient présents l'Archevêque de Cologne, le Cardinal Meisner, le sculpteur et le couple de donateurs de l'œuvre, Wolfgang et Brigitte Hirsch.
Ce matin, au cours de l'audience, Benoît XVI s'est adressé aux pèlerins germanophones et leur a dit: "J'adresse une salutation cordiale aux pèlerins de l'évêché de Cologne sous la conduite du Cardinal Meisner à l'occasion de la Bénédiction de la statue d'Edith Stein dans la Basilique Saint Pierre."

Edith Stein, née en 1891 en Allemagne dans une famille Juive, philosophe, convertie au Christianisme et devenue Carmélite, est morte gazée le 9 Août 1942 au camp d'extermination nazi d'Auschwitz où elle avait été déportée comme Juive.

Elle est devenue Sainte pour les Catholiques en 1998 sous le nom de "Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix".
Saint Jean Paul II l'avait également proclamée en 1999 Co-Patronne de l'Europe en même temps que deux Saintes du XIVème siècle, Brigitte de Suède et Catherine de Sienne.

Edith Stein est la première Juive convertie Canonisée par l'Église Catholique.
Aux séminaristes à Altotting, le Pape Benoît XVI disait: Je voudrais citer à ce propos une belle parole d'Edith Stein, la Sainte Co-Patronne de l'Europe, qui écrit dans l'une de ses lettres:
"Le Seigneur est présent dans le Tabernacle avec Divinité et Humanité. Il est là, non pas pour Lui-même, mais pour nous: car sa Joie est d'être avec les hommes. ► Benoît XVI à ses séminaristes: être avec Lui et être envoyés

Et à Auschwitz Benoît XVI rappelait: « Ici, les mots perdent leur sens, seul un silence ébranlé peut rester – un silence qui est un cri nécessaire adressé à Dieu : Pourquoi as-tu gardé le silence ? »
C’est ainsi qu’il va commencer son discours. Sur la pierre en allemand, il pense à Edith Stein, que Jean-Paul II avait Canonisée, « Juive et Allemande, qui a disparu avec sa sœur dans la nuit épouvantable du camp de concentration de l’Allemagne nazie », et qui appartient aux « témoins de la Vérité et du Bien, qui n’avait pas non plus disparu de notre peuple ».

La vie d'Edith Stein sur le site du Carmel de France:Edith Stein
Texte intégral de la catéchèse : Benoît XVI nous invite à vivre inlassablement la beauté de la foi chrétienne

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http://www.zenit.org/fr/articles/une-statue-d-edith-stein-au-vatican-benediction-de-benoit-xvi

Une statue d’Edith Stein au Vatican : Bénédiction de Benoît XVI

Hommage à la Co-Patronne de l’Europe

ROME, Mercredi 11 Octobre 2006 (ZENIT.org) – Une statue de la philosophe Juive allemande, devenue Carmélite, et assassinée à Auschwitz, Edith Stein, placée dans la partie extérieure de l'abside de la Basilique Saint Pierre dans une niche entre les patrons de l'Europe, a été Bénie par le Pape Benoît XVI au terme de l’audience générale de ce mercredi.

Rappelons que le Pape Jean-Paul II qui a Béatifié et puis Canonisé, il y a 8 ans, Edith Stein, l’a également donnée comme Co-Patronne de l’Europe, lors de l’ouverture du deuxième synode pour l’Europe, le 1er Octobre 1999, aux côtés de la Sainte suédoise Brigitte et de la mystique italienne Catherine de Sienne – et après trois patrons, Benoît de Nursie et les deux frères de Thessalonique, Cyrille et Méthode. La statue est placée dans une niche extérieure de la Basilique.

La grande philosophe Juive, née à Breslau un jour de Kippour, a embrassé la Foi Chrétienne à trente ans passés, après avoir lu la vie de Thérèse d’Avila.

Lorsque les lois raciales allemandes ne lui ont plus permis d’enseigner, elle entra au Carmel de Cologne où elle fut rejointe par une de ses sœurs.
Devant la menace nazie, elle partit au Carmel en Hollande, où elle fut arrêtée : « Allons pour notre peuple » dit-elle en partant pour le camp de concentration.
Elle fut déportée au camp d’Auschwitz où elle fut assassinée dès son arrivée, dans la chambre à gaz en Août 1942.

Benoît XVI lui a rendu hommage lors de son voyage en Pologne, qui l’a conduit Auschwitz, le 28 Mai dernier (cf. Discours à Auschwitz)

« J’ai ressenti comme un profond devoir de m'arrêter de façon particulière également devant la stèle en langue allemande.
De là apparaît devant nous le visage d'Edith Stein, Thérèse Bénédicte de la Croix: Juive et allemande, disparue, avec sa sœur, dans l'horreur de la nuit du camp de concentration allemand-nazi; comme Chrétienne et Juive, elle accepta de mourir avec son peuple et pour son peuple », disait Benoît XVI.

Née dans la ville alors allemande de Breslau (actuellement Wroclaw, en Pologne), dans une famille Juive, Edith Stein fit de brillantes études de philosophie à l’école du phénoménologue Husserl, et devint professeur à l'université.

En 1922, à 31 ans, elle découvrit la Foi Catholique grâce à l’autobiographie de Sainte Thérèse d’Avila, trouvée chez une amie protestante dont le témoignage Chrétien l’avait touchée.
Et elle reçut le Baptême, malgré la douleur qu’elle savait infliger à sa mère, Juive profondément croyante.

Elle continua sa recherche philosophique et devint une brillante traductrice de Saint Thomas d’Aquin.
Mais les lois racistes la privèrent de sa chaire: elle entra au Carmel de Cologne, reçut le nom de Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix.
Elle se jeta dans l'étude de Saint Jean de la Croix.

Mais le danger se rapprochait. Elle partit pour le Carmel d'Echt, en Hollande, accompagnée de sa sœur aînée, Rosa, qui l’avait rejointe dans sa Foi au Christ Jésus et au Carmel, sans pour autant se faire Moniale.
Elles furent arrêtées, alors que la prot estation des Évêques Catholiques de Hollande contre les discriminations imposées aux Juifs par les nazis avait déchaîné des représailles aussi contre les Juifs Catholiques.

Des témoins ont attesté l’attitude admirable des deux sœurs dans le camp hollandais et dans le convoi pour Auschwitz.
Même au moment d’entrer dans la chambre à gaz, le 9 Août 1942, Edith Stein, dirent-ils, était « calme ».

Sainte therese benedicte de la croix edith stein carmelite dechaussee martyre 1

http://www.peintre-icones.fr/PAGES/CALENDRIER/Aout/9.html.

Edith Stein, récemment Canonisée, fut une femme exceptionnelle : intellectuelle juive allemande, disciple de Husserl, elle se convertit au Catholicisme, et entra au Carmel de Cologne à quarante deux ans après une dizaine d'années d'enseignement et d'engagement dans le monde.
Elle y prend le nom de Sœur Thérèse Bénédicte de La Croix. Quand la menace nazie se fit plus pressante, elle se réfugia dans un autre carmel aux Pays Bas.

C'est là qu'elle fut finalement arrêtée par la Gestapo avec sa soeur Rosa, en représailles à un texte courageux des Évêques hollandais.

Elle fut ainsi condamnée avec plusieurs dizaines d'autres Religieux, à cause de sa double appartenance : en union avec son peuple d'origine et en tant que Baptisée.
Elle mourut quelques jours plus tard dans les chambres à gaz d'Auschwitz, probablement le 9 Août 1942.

2421459688 86701be209 oStatue d'Edith Stein à Brockton (Etats-Unis).

http://nominis.cef.fr/contenus/saint/7859/Sainte-Therese-Benedicte-de-La-Croix.html

Sainte Thérèse Bénédicte de La Croix

Carmélite - Martyre en Pologne (✝ 1942)

Née le 12 Octobre 1891 dans le Judaïsme, Edith Stein était professeur d'université à Wroclaw (Breslau) et elle se tourna progressivement vers Le Christ, malgré les difficultés nées de l'incompréhension de sa famille.
Au temps de l'invasion nazie et de la persécution anti-Juive, elle devint Carmélite à Cologne traduisant dans sa vie les "sept demeures" de sainte Thérèse d'Avila et s'unissant, par la Croix, aux souffrances de son peuple.
Réfugiée aux Pays-Bas, elle y fut arrêtée au Carmel d'Echt, et elle meurt à Oswiecin (Auschwitz) huit jours plus tard, le 9 Août 1942.
Elle avait partagé la persécution de son peuple, portant le don de soi jusqu'au martyre pour Le Christ.

Canonisée à Rome le 11 Octobre 1998.
Sur le site du Vatican - proclamée Co-Patronne de l'Europe le 1e octobre 1999
- Edith Stein - Site du Carmel en France
- Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, nouvelle patronne de la Paroisse du Pays de Stenay - diocèse de Verdun.
- La conversion d'Edith Stein - video - site du Jour du Seigneur
- Institut Edith Stein

Morte à Auschwitz parce qu'elle était Juive. "Notre amour pour le prochain est la mesure de notre Amour pour Dieu. Pour les Chrétiens et pas seulement pour eux, personne n'est 'étranger'.
L'Amour du Christ ne connaît pas de frontière" (Edith Stein)

Mémoire (En Europe : Fête) de Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, Carmélite et martyre. Édith Stein, née et formée dans le Judaïsme, après plusieurs années où elle enseigna la philosophie au milieu de beaucoup de difficultés, reçut la vie nouvelle dans Le Christ par le Baptême, et la poursuivit sous le voile des Moniales jusqu’à ce que le régime nazi la forçât à l’exil en Hollande.
Pendant la seconde guerre mondiale, elle fut arrêtée comme Juive et conduite au camp d’extermination d’Auschwitz, près de Cracovie, en Pologne, où elle mourut dans une chambre à gaz.

Martyrologe romain

Je crois ... que plus on se sent attiré par Dieu et plus on doit 'sortir de soi-même', dans le sens de se tourner vers le monde pour lui porter une raison Divine de vivre. (Edith Stein).

Listener

http://levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20160809&id=15938&fd=0

Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix
Édith Stein (1891-1942)
Carmélite Déchaussée, martyr
Co-Patronne de l'Europe

Édith Stein naît dans une famille Juive de sept enfants vivants (sur onze naissances), le 12 Octobre 1891 (jour du Yom Kippour, jour de l’expiation), à Breslau (alors en Allemagne, aujourd’hui Wroclaw en Pologne).
Son père, marchand de bois, décède alors qu’elle n’a que deux ans. Sa mère, une femme très religieuse, s’occupe de la famille tout en gérant l’entreprise, mais elle ne réussit pas à maintenir la Foi de ses enfants.

Très indépendante, Edith poursuit des études universitaires (allemand et histoire) à Breslau en 1911 puis de philosophie - sa véritable passion - en 1913 à Göttingen, devenant ensuite assistante de son professeur Edmund Husserl.
La période de guerre la voit travailler pendant quelque temps dans un hôpital militaire autrichien où elle soigne des maladies infectieuses et œuvre en salle opératoire. Elle passe sa thèse en 1917 mais ne peut enseigner puisqu’elle est une femme ; ce serait la première femme docteur en philosophie en Allemagne.

A cette époque, elle abandonne toute pratique religieuse et découvre le Catholicisme avec plusieurs autres étudiants auprès de ses professeurs de phénoménologie.
Elle est alors en total désaccord avec sa mère, mais elle n’en abandonne pas pour autant ses origines, dans un véritable partage spirituel entre Judaïsme et Catholicisme, surtout avec la montée du nazisme en 1933.

Influencée par Sainte Thérèse d’Avila et Saint Ignace de Loyola, Kierkegaard et Newman, elle se convertit en 1921, demande le Baptême le 1er Janvier 1922 et choisit d’entrer au Carmel.
Mais les autorités Religieuses lui refusent son entrée dans l’Ordre et lui proposent de poursuivre son activité d’enseignante.
Elle fait cependant vœux de Chasteté, de Pauvreté et d’Obéissance et travaille au séminaire pour enseignants du Couvent Dominicain de Spire, donne de nombreuses conférences, traduit de nombreux ouvrages religieux, écrit plusieurs ouvrages philosophiques.

En 1932, elle est à Münster, à l’institut Catholique de pédagogie scientifique, et elle peut associer la science à sa Foi.
Parallèlement à cette démarche religieuse, elle a milité très tôt en faveur de la condition féminine et du droit de vote des femmes.
Elle développa entre autre l’idée novatrice d’une « théologie Catholique de la femme », affirmant également que toutes les professions sont ouvertes aux femmes.

Le 14 Octobre 1933 elle peut, enfin, entrer au Carmel de Cologne et échapper ainsi aux premières mesures antisémites, interdisant en particulier aux Juifs d’enseigner.
Elle prend l’habit le 14 Avril 1934 et devient Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix. Ses vœux temporaires sont prononcés le 21 Avril 1935, au moment où sa mère décède à Breslau.

Le 21 Avril 1938, elle prononce ses vœux perpétuels mais à la fin de l’année commence dans toute l’Allemagne une chasse systématique des Juifs et la destruction des synagogues.
La Mère supérieure la fait conduire dans un Monastère de Carmélites au Pays-Bas, à Echt, où, véritable théologienne, elle poursuit la rédaction de ses ouvrages.

Elle est arrêtée par la Gestapo, dans la chapelle, le 2 Août 1942 avec sa sœur Rose qui s’était également fait Baptiser. Ces deux arrestations, et celles de nombreux autres Juifs convertis, suivaient en fait la protestation des Évêques néerlandais contre les pogroms et les arrestations de Juifs.

Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix fait partie du convoi de 987 Juifs qui part vers Auschwitz le 7 Août. Tous sont morts dans les chambres à gaz dès le 9 Août.
« Fille d’Israël » devenue le symbole de la tolérance et de la rencontre entre les peuples Juif et Chrétien, Edith Stein reste donc un précurseur de Vatican II.

Thérèse-Bénédicte de la Croix à été Béatifiée le Ier Mai 1987 dans la Cathédrale de Cologne et Canonisée le 11 Octobre 1998, à Rome, par le même Pape : Saint Jean-Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005).

Depuis le 1er Octobre 1999, par une lettre apostolique en forme de Motu Proprio, le Saint-Père a proclamé Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix Co-Patronne de l’Europe, avec Sainte Brigitte de Suède et Sainte Catherine de Sienne, aux côtés des trois Co-Patrons : Saint Benoît, Saint Cyrille et Saint Méthode.
Son rôle de femme, de théologienne, de Missionnaire, de martyre, de Mystique, était ainsi reconnu, de même que le lien qu’elle avait tissé entre ses racines Juives et la Religion Catholique.
Saint Jean-Paul II a ajoute qu’« elle est devenue ainsi l’expression d’un pèlerinage humain, culturel et Religieux qui incarne le noyau insondable de la tragédie et des espoirs du continent européen ».

Estb

Pour un approfondissement :
>>> La conversion d'Édith Stein (vidéo)

>>> Thérèse Bénédicte de la Croix Édith Stein
[Anglais, Espagnol, Français, Italien,]

Thérèse-Bénédicte de la Croix Edith Stein (1891-1942)
Carmélite Déchaussée, martyr

Photo

« Inclinons-nous profondément devant ce témoignage de vie et de mort livré par Edith Stein, cette remarquable fille d'Israël, qui fut en même temps fille du Carmel et sœur Thérèse-Bénédicte de La Croix, une personnalité qui réunit pathétiquement, au cours de sa vie si riche, les drames de notre siècle.

Elle est la synthèse d'une histoire affligée de blessures profondes et encore douloureuses, pour la guérison desquelles s'engagent, aujourd'hui encore, des hommes et des femmes conscients de leurs responsabilités ; elle est en même temps la synthèse de la pleine vérité sur les hommes, par son cœur qui resta si longtemps inquiet et insatisfait, " jusqu'à ce qu'enfin il trouvât le repos dans le Seigneur " ».
        Ces paroles furent prononcées par le Pape Jean-Paul II à l'occasion de la Béatification d'Édith Stein à Cologne, le 1er Mai 1987.

Qui fut cette femme ? Quand, le 12 octobre 1891, Édith Stein naquit à Wroclaw (à l'époque Breslau), la dernière de onze enfants, sa famille fêtait le Yom Kippour, la plus grande Fête juive, le jour de l'expiation.

« Plus que toute autre chose cela a contribué à rendre particulièrement chère à la mère sa plus jeune fille ».

Cette date de naissance fut pour la Carmélite presque une prédiction. Son père, commerçant en bois, mourut quand Édith n'avait pas encore trois ans.

Sa mère, femme très religieuse, active et volontaire, personne vraiment admirable, restée seule, devait vaquer aux soins de sa famille et diriger sa grande entreprise ; cependant elle ne réussit pas à maintenir chez ses enfants une Foi vivante.

Édith perdit la Foi en Dieu ; « En pleine conscience et dans un choix libre je cessai de Prier ». Elle obtint brillamment son diplôme de fin d'études secondaires en 1911 et commença des cours d'allemand et d'histoire à l'Université de Wroclaw, plus pour assurer sa subsistance à l'avenir que par passion.

La philosophie était en réalité son véritable intérêt. Elle s'intéressait également beaucoup aux questions concernant les femmes.

Elle entra dans l'organisation « Association Prussienne pour le Droit des Femmes au Vote ». Plus tard elle écrira : « Jeune étudiante, je fus une féministe radicale. Puis cette question perdit tout intérêt pour moi. Maintenant je suis à la recherche de solutions purement objectives ».

        En 1913, l'étudiante Édith Stein se rendit à Göttingen pour fréquenter les cours d'Edmund Husserl à l'université ; elle devint son disciple et son assistante et elle passa aussi avec lui sa thèse.

À l'époque Edmund Husserl fascinait le public avec son nouveau concept de vérité : le monde perçu existait non seulement à la manière kantienne de la perception subjective.

Ses disciples comprenaient sa philosophie comme un retour vers le concret. « Retour à l'objectivisme ».

La phénoménologie conduisit plusieurs de ses étudiants et étudiantes à la Foi chrétienne, sans qu'il en ait eu l'intention.

À Göttingen, Édith Stein rencontra aussi le philosophe Max Scheler. Cette rencontre attira son attention sur le Catholicisme. Cependant elle n'oublia pas l'étude qui devait lui procurer du pain dans l'avenir.

        En janvier 1915, elle réussit avec distinction son examen d'État. Elle ne commença pas cependant sa période de formation professionnelle.

Alors qu'éclatait la première guerre mondiale, elle écrivit : « Maintenant je n'ai plus de vie propre ».

Elle fréquenta un cours d'infirmière et travailla dans un hôpital militaire autrichien. Pour elle ce furent des temps difficiles.

Elle soigna les malades du service des maladies infectieuses, travailla en salle opératoire, vit mourir des hommes dans la fleur de l'âge.

À la fermeture de l'hôpital militaire en 1916, elle suivit Husserl à Fribourg-en-Brisgau, elle y obtint en 1917 sa thèse « summa cum laudae » dont le titre était : « Sur le problème de l'empathie ».

edith-stein.jpg        Il arriva qu'un jour elle put observer comment une femme du peuple, avec son panier à provisions, entra dans la Cathédrale de Francfort et s'arrêta pour une brève Prière.

« Ce fut pour moi quelque chose de complètement nouveau. Dans les synagogues et les églises protestantes que j'ai fréquentées, les croyants se rendent à des offices.

En cette circonstance cependant, une personne entre dans une église déserte, comme si elle se rendait à un colloque intime. Je n'ai jamais pu oublier ce qui est arrivé ».

Dans les dernières pages de sa thèse elle écrit : « Il y a eu des individus qui, suite à un changement imprévu de leur personnalité, ont cru rencontrer la Miséricorde Divine ».

 

Comment est-elle arrivée à cette affirmation ? Édith Stein était liée par des liens d'amitié profonde avec l'assistant de Husserl à Göttingen, Adolph Reinach, et avec son épouse.

Adolf Reinach mourut en Flandres en novembre 1917.

Édith se rendit à Göttingen. Le couple Reinach s'était converti à la Foi évangélique. Édith avait une certaine réticence à l'idée de rencontrer la jeune veuve.

Avec beaucoup d'étonnement elle rencontra une croyante. « Ce fut ma première rencontre avec La Croix et avec la force Divine qu'elle transmet à ceux qui la portent [...]

Ce fut le moment pendant lequel mon irréligiosité s'écroula et Le Christ resplendit ». Plus tard elle écrivit :

« Ce qui n'était pas dans mes plans était dans les plans de Dieu. En moi prit vie la profonde conviction que -vu du côté de Dieu- le hasard n'existe pas ; toute ma vie, jusque dans ses moindres détails, est déjà tracée selon les plans de la providence divine et, devant le regard absolument clair de Dieu, elle présente une unité parfaitement accomplie ».

        À l'automne 1918, Édith Stein cessa d'être l'assistante d'Edmund Husserl. Ceci parce qu'elle désirait travailler de manière indépendante.

Pour la première fois depuis sa conversion, Édith Stein rendit visite à Husserl en 1930. Elle eut avec lui une discussion sur sa nouvelle Foi à laquelle elle aurait volontiers voulu qu'il participe.

Puis elle écrit de manière surprenante : « Après chaque rencontre qui me fait sentir l'impossibilité de l'influencer directement, s'avive en moi le caractère pressant de mon propre holocauste ».

Édith Stein désirait obtenir l'habilitation à l'enseignement. À l'époque, c'était une chose impossible pour une femme.

Husserl se prononça au moment de sa candidature : « Si la carrière universitaire était rendue accessible aux femmes, je pourrais alors la recommander chaleureusement plus que n'importe quelle autre personne pour l'admission à l'examen d'habilitation ».

Plus tard on lui interdira l'habilitation à cause de ses origines juives. Édith Stein retourna à Wroclaw.

Elle écrivit des articles sur la psychologie et sur d'autres disciplines humanistes.

Elle lit cependant le Nouveau Testament, Kierkegaard et le livre des exercices de saint Ignace de Loyola.

Elle s'aperçoit qu'on ne peut seulement lire un tel écrit, il faut le mettre en pratique. Pendant l'été 1921, elle se rendit pour quelques semaines à Bergzabern (Palatinat), dans la propriété de Madame Hedwig Conrad-Martius, une disciple de Husserl.

Cette dame s'était convertie, en même temps que son époux, à la Foi évangélique.

 

Un soir, Édith trouva dans la bibliothèque l'autobiographie de Thérèse d'Avila. Elle la lut toute la nuit. « Quand je refermai le livre, je me dis : ceci est la vérité ».

Considérant rétrospectivement sa propre vie, elle écrira plus tard : « Ma quête de vérité était mon unique prière ».

        Le 1er Janvier 1922, Édith Stein se fit Baptiser. C'était le jour de la circoncision de Jésus, de l'accueil de Jésus dans la descendance d'Abraham.

Édith Stein était debout devant les fonds baptismaux, vêtue du manteau nuptial blanc de Hedwig Conrad-Martius qui fut sa marraine.

J avais cesse de pratiquer la religion juive et je me sentis de nouveau juive seulement apres mon retour a dieu 1

« J'avais cessé de pratiquer la Religion Juive et je me sentis de nouveau Juive seulement après mon retour à Dieu ».

Maintenant elle sera toujours consciente, non seulement intellectuellement mais aussi concrètement, d'appartenir à la lignée du Christ.

À la Fête de la Chandeleur, qui est également un jour dont l'origine remonte à l'Ancien Testament, elle reçut la Confirmation de l'Évêque de Spire dans sa chapelle privée.
Après sa conversion, elle se rendit tout d'abord à Wroclaw. « Maman, je suis Catholique ».

Les deux se mirent à pleurer. Hedwig Conrad-Martius écrivit : « Je vis deux israélites et aucune ne manque de sincérité » (cf Jn 1, 47).
Immédiatement après sa conversion, Édith aspira au Carmel, mais ses interlocuteurs spirituels, le Vicaire général de Spire et le Père Erich Przywara, S.J., l'empêchèrent de faire ce pas.

Jusqu'à pâques 1931 elle assura alors un enseignement en allemand et en histoire au lycée et séminaire pour enseignants du couvent dominicain de la Madeleine de Spire.

Sur l'insistance de l'archiabbé Raphaël Walzer du couvent de Beuron, elle entreprend de longs voyages pour donner des conférences, surtout sur des thèmes concernant les femmes. « Pendant la période qui précède immédiatement et aussi pendant longtemps après ma conversion [...] je croyais que mener une vie religieuse signifiait renoncer à toutes les choses terrestres et vivre seulement dans la pensée de Dieu.

Progressivement cependant, je me suis rendue compte que ce monde requiert bien autre chose de nous [...] ; je crois même que plus on se sent attiré par Dieu et plus on doit « sortir de soi-même », dans le sens de se tourner vers le monde pour lui porter une raison divine de vivre ». Son programme de travail est énorme.

Elle traduit les lettres et le journal de la période pré-catholique de Newman et l'œuvre « Questiones disputatae de veritate » de Thomas d'Aquin et ce dans une version très libre, par amour du dialogue avec la philosophie moderne.

Le Père Erich Przywara S.J. l'encouragea à écrire aussi des œuvres philosophiques propres. Elle apprit qu'il est possible « de pratiquer la science au service de Dieu [...] ; c'est seulement pour une telle raison que j'ai pu me décider à commencer une série d'œuvres scientifiques ».

Edith stein die suche nach der wahrheit war mein einziges gebet teil 1

Pour sa vie et pour son travail elle trouve toujours les forces nécessaires au couvent des Bénédictins de Beuron où elle se rend pour passer les grandes Fêtes de l'année liturgique.

En 1931, elle termina son activité à Spire. Elle tenta de nouveau d'obtenir l'habilitation pour enseigner librement à Wroclaw et à Fribourg. En vain.

À partir de ce moment, elle écrivit une œuvre sur les principaux concepts de Thomas d'Aquin : "Puissance et action".

Plus tard, elle fera de cet essai son œuvre majeure en l'élaborant sous le titre « Être fini et Être éternel », et ce dans le couvent des Carmélites à Cologne. L'impression de l'œuvre ne fut pas possible pendant sa vie.

En 1932, on lui donna une chaire dans une institution Catholique, l'Institut de Pédagogie scientifique de Münster, où elle put développer son anthropologie.

Ici elle eut la possibilité d'unir science et Foi et de porter à la compréhension des autres cette union.

Durant toute sa vie, elle ne veut être qu'un « instrument de Dieu ». « Qui vient à moi, je désire le conduire à Lui ».

         En 1933, les ténèbres descendent sur l'Allemagne. « J'avais déjà entendu parler des mesures sévères contres les juifs.

Mais maintenant je commençai à comprendre soudainement que Dieu avait encore une fois posé lourdement sa main sur son peuple et que le destin de ce peuple était aussi mon destin ».


L'article de loi sur la descendance arienne des nazis rendit impossible la continuation de son activité d'enseignante.
« Si ici je ne peux continuer, en Allemagne il n'y a plus de possibilité pour moi ». « J'étais devenue une étrangère dans le monde ».
L'archiabbé Walzer de Beuron ne l'empêcha plus d'entrer dans un Couvent des Carmélites.


Déjà au temps où elle se trouvait à Spire, elle avait fait les vœux de Pauvreté, de Chasteté et d'Obéissance.

En 1933 elle se présenta à la Mère Prieure du Monastère des Carmélites de Cologne. « Ce n'est pas l'activité humaine qui peut nous aider, mais seulement la Passion du Christ. J'aspire à y participer ».

Encore une fois Édith Stein se rendit à Wroclaw pour prendre congé de sa mère et de sa famille.
Le dernier jour qu'elle passa chez elle fut le 12 Octobre, le jour de son anniversaire et en même temps celui de la Fête juive des Tabernacles.

Édith accompagna sa mère à la Synagogue. Pour les deux femmes ce ne fut pas une journée facile. « Pourquoi l'as-tu connu (Jésus-Christ) ? Je ne veux rien dire contre Lui. Il aura été un homme bon. Mais pourquoi s'est-il fait Dieu ? »
Sa mère pleure. Le lendemain matin Édith prend le train pour Cologne. « Je ne pouvais entrer dans une joie profonde. Ce que je laissais derrière moi était trop terrible. Mais j'étais très calme - dans l'intime de la Volonté de Dieu ».
Par la suite elle écrira chaque semaine une lettre à sa mère. Elle ne recevra pas de réponses. Sa sœur Rose lui enverra des nouvelles de la maison.

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Le 14 Octobre, Édith Stein entre au Monastère des Carmélites de Cologne. En 1934, le 14 avril, ce sera la Cérémonie de sa prise d'habit.

L'archiabbé de Beuron célébra la Messe. À partir de ce moment Édith Stein portera le nom de Sœur Thérèse-Bénédicte de La Croix.

En 1938, elle écrivit : « Sous La Croix je compris le destin du peuple de Dieu qui alors (1933) commençait à s'annoncer. Je pensais qu'il comprenait qu'il s'agissait de La Croix du Christ, qu'il devait l'accepter au nom de tous les autres peuples.

Il est certain qu'aujourd'hui je comprends davantage ces choses, ce que signifie être épouse du Seigneur sous le signe de La Croix. Cependant il ne sera jamais possible de comprendre tout cela, parce que c'est un mystère ».

Le 21 Avril 1935, elle fit des vœux temporaires. Le 14 Septembre 1936, au moment du renouvellement des vœux, sa mère meurt à Wroclaw.

« Jusqu'au dernier moment ma mère est restée fidèle à sa Religion. Mais puisque sa Foi et sa grande confiance en Dieu [...] furent l'ultime chose qui demeura vivante dans son agonie, j'ai confiance qu'elle a trouvé un Juge très clément et que maintenant elle est ma plus fidèle assistante, en sorte que moi aussi je puisse arriver au but ».

Sur l'image de sa Profession perpétuelle du 21 Avril 1938, elle fit imprimer les paroles de Saint Jean de la Croix auquel elle consacrera sa dernière œuvre :

« Désormais ma seule tâche sera l'amour ». L'entrée d'Édith Stein au couvent du Carmel n'a pas été une fuite.

« Qui entre au Carmel n'est pas perdu pour les siens, mais ils sont encore plus proches ; il en est ainsi parce que c'est notre tâche de rendre compte à Dieu pour tous ».

Surtout elle rend compte à Dieu pour son peuple. « Je dois continuellement penser à la reine Esther qui a été enlevée à son peuple pour en rendre compte devant le roi.

Je suis une petite et faible Esther mais le Roi qui m'a appelée est infiniment grand et Miséricordieux.

C'est là ma grande consolation ». (31-10-1938) Le 9 Novembre 1938, la haine des nazis envers les Juifs fut révélée au monde entier. Les synagogues brûlèrent. La terreur se répandit parmi les Juifs.

La Mère Prieure des Carmélites de Cologne fait tout son possible pour conduire Sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix à l'étranger.

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Dans la nuit du 1er Janvier 1938, elle traversa la frontière des Pays-Bas et fut emmenée dans le Monastère des Carmélites de Echt, en Hollande.

C'est dans ce lieu qu'elle écrivit son testament, le 9 Juin 1939 : « Déjà maintenant j'accepte avec joie, en totale soumission et selon sa très sainte Volonté, la mort que Dieu m'a destinée. Je prie Le Seigneur qu'Il accepte ma vie et ma mort [...] en sorte que Le Seigneur en vienne à être reconnu par les siens et que son règne se manifeste dans toute sa grandeur pour le Salut de l'Allemagne et la Paix dans le monde ».

Déjà au Monastère des Carmélites de Cologne on avait permis à Édith Stein de se consacrer à ses œuvres scientifiques.

Entre autres elle écrivit dans ce lieu « De la vie d'une famille Juive ». « Je désire simplement raconter ce que j'ai vécu en tant que Juive ». Face à « la jeunesse qui aujourd'hui est éduquée depuis l'âge le plus tendre à haïr les Juifs [...] nous, qui avons été éduqués dans la communauté Juive, nous avons le devoir de rendre témoignage ».

En toute hâte, Édith Stein écrira à Echt son essai sur « Jean de la Croix, le Docteur mystique de l'Église, à l'occasion du quatre centième anniversaire de sa naissance, 1542-1942 ».

En 1941, elle écrivit à une Religieuse avec laquelle elle avait des liens d'amitié : « Une scientia crucis (la science de la Croix) peut être apprise seulement si l'on ressent tout le poids de La Croix.

De cela j'étais convaincue depuis le premier instant et c'est de tout cœur que j'ai dit : Ave Crux, Spes unica (je te salue Croix, notre unique Espérance) ». Son essai sur Jean de la Croix porta le sous-titre : « La Science de la Croix ».

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Le 2 Août 1942, la Gestapo arriva. Édith Stein se trouvait dans la chapelle, avec les autres Sœurs.
En moins de 5 minutes elle dut se présenter, avec sa sœur Rose qui avait été Baptisée dans l'Église Catholique et qui travaillait chez les Carmélites de Echt.

Les dernières paroles d'Édith Stein que l'on entendit à Echt s'adressèrent à sa sœur : « Viens, nous partons pour notre peuple ». Avec de nombreux autres Juifs convertis au Christianisme, les deux femmes furent conduites au camp de rassemblement de Westerbork.

Il s'agissait d'une vengeance contre le message de protestation des évêques Catholiques des Pays-Bas contre le pogrom et les déportations de Juifs.

« Que les êtres humains puissent en arriver à être ainsi, je ne l'ai jamais compris et que mes sœurs et mes frères dussent tant souffrir, cela aussi je ne l'ai jamais vraiment compris [...] ; à chaque heure je prie pour eux.

Est-ce que Dieu entend ma prière ? Avec certitude cependant il entend leurs pleurs ». Le professeur Jan Nota, qui lui était lié, écrira plus tard :

« Pour moi elle est, dans un monde de négation de Dieu, un témoin de la présence de Dieu ». À l'aube du 7 Août, un convoi de 987 Juifs partit en direction d'Auschwitz.

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Ce fut le 9 Août 1942, que Sœur Thérèse-Bénédicte de La Croix, avec sa sœur Rose et de nombreux autres membres de son peuple, mourut dans les chambres à gaz d'Auschwitz.

Avec sa Béatification dans la Cathédrale de Cologne, le 1er Mai 1987, l'Église honorait, comme l'a dit le Pape Jean-Paul II, « une fille d'Israël, qui pendant les persécutions des nazis est demeurée unie avec Foi et Amour au Seigneur Crucifié, Jésus-Christ, telle une Catholique, et à son peuple telle une Juive ».

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Edith Stein est née en Allemagne le 12 Octobre 1891, jour de Yom Kippour, ce qui explique sans doute l’affection particulière que lui voue sa mère, femme énergique et pieuse.

Dernière de onze enfants, Edith connut à peine son père, mort deux ans plus tard.

Toute sa jeunesse se passe à Breslau (aujourd’hui Wroclaw), en Silésie, sur les rives de l’Oder.

Entrée à l’université en 1911, elle étudie avec passion, milite pour l’égalité des sexes, s’engage en politique, noue des amitiés et dérive vers l’athéisme.

Fascinée par la personne humaine, comme en témoigne son livre Vie d’une famille Juive, elle s’oriente vers la psychologie et découvre avec enthousiasme la phénoménologie à l’université de Göttingen.

 

UN ATHEISME EBRANLE PAR SES RENCONTRES

Trois maîtres jouent dès lors un rôle majeur dans son initiation philosophique : Edmund Husserl, Max Scheler et Adolf Reinach.

Parce que les deux derniers sont Juifs convertis au Christianisme, ils font tomber ses préjugés à l’encontre du Christianisme.

La lecture des notes de Reinach, mort au front en 1917, sera déterminante. Le philosophe les a écrites dans les tranchées après avoir fait l’expérience fulgurante de l’intimité de Dieu.

Elles témoignent du cheminement d’une pensée rigoureuse qui ne veut pas abdiquer la raison, mais ne peut nier la Rencontre. De quoi interpeller Edith Stein.

En cet hiver 1917-1918, la jeune femme n’a pourtant pas encore fait l’expérience personnelle de Dieu.

Son athéisme a reflué, ébranlé par ses rencontres, ses lectures, son engagement comme infirmière bénévole de la Croix-Rouge qui a nourri sa réflexion sur l’empathie, sujet de sa thèse.

Mais la « lumière obscure » de la Foi qui couve en elle a encore besoin d’une étincelle.

Celle-ci viendra d’abord par Anna, la jeune veuve de Reinach, qui lui fait entrevoir « la force divine » que La Croix « donne en partage à ceux qui la portent ».

Puis par Sainte Thérèse d’Avila, dont elle lit l’autobiographie durant une nuit de l’été 1927. La Vérité qu’elle recherche avec tant de persévérance et que la philosophie ne lui a pas apportée lui est enfin révélée. 

Par-delà les siècles, Thérèse d’Avila lui montre vers quel horizon tendre désormais, celui du Carmel, qu’elle sent être sa patrie spirituelle. Il lui faudra pourtant encore beaucoup patienter…

 

PRES DE 12 ANS SUR LE SEUIL DE LA VIE MONASTIQUE

Baptisée le 1er janvier 1922, Edith Stein restera pendant près de douze ans sur le seuil de la vie monastique, consacrant son temps à l’enseignement à l’école des dominicaines de Spire et à l’Institut (catholique) des sciences pédagogiques de Münster, où elle se révèle excellente pédagogue.

Elle travaille beaucoup, traduisant les lettres et le journal de la période pré-catholique de John Henry Newman ainsi que Questiones disputatae de veritate de Saint Thomas d'Aquin.

Jamais, en revanche, elle ne parviendra à enseigner en faculté : elle a le tort d’être une femme, d’origine juive de surcroît…

Sur les conseils du P. Erich Przywara, grand théologien Jésuite qui souhaite une participation active des chrétiens à la vie de l’Église, elle entre dans le circuit des conférences Catholiques.

Avec courage, elle y développe une vision de la dignité de la personne humaine, en opposition radicale avec l’idéologie nazie.

Elle aborde les thèmes qui lui sont chers : la pédagogie, l’éducation, mais aussi la spécificité des femmes dans la société et dans l’Église.

Le 12 avril 1933, Hitler obtient les pleins pouvoirs. Edith Stein décide, avec le soutien de dom Raphaël Walzer, jeune abbé bénédictin de Beuron et figure de la résistance au nazisme, d’en appeler à Pie XI.
Sa lettre au Pape insiste sur trois points : la détresse de son peuple, le lien entre haine du juif et haine du Christ, la menace qui pèse donc sur l’Église.

Pie XI réagira aussitôt.

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L’Encyclique qui mit Hitler hors de lui a 70 ans : « Si l’on ne se réfère ni à la loi naturelle, ni à la Foi, on tombe dans la décadence »

L’Encyclique anti-nazie de Pie XI, « Mit brennender Sorge » (« Avec un souci brûlant »)

avec pour cheville ouvrière le futur Pie XII, Eugenio Pacelli, a aujourd'hui 70 ans…

« Mit brennender Sorge » est fondée sur les principes de la loi morale naturelle et de la Foi. Elle est prophétique aussi pour aujourd’hui : elle a une valeur permanente.

Si l’on ne se réfère ni à la loi naturelle ni à la Foi, on tombe dans la décadence, et l’histoire a amplement démontré que c’est la source permanente de troubles au niveau international.

« Mit brennender Sorge » dénonce également le néo-paganisme nazi en affirmant : « Qui, par une confusion panthéiste, identifie Dieu avec l’univers, en matérialisant Dieu dans le monde, et en déifiant le monde en Dieu, n’appartient pas aux vrais croyants ».

L’Encyclique condamne aussi la conception raciale du nazisme qui « divinise dans un culte idolâtre » la terre et le sang, et « pervertit et falsifie l’ordre créé et imposé par Dieu ».

Elle dénonce « l’erreur de parler d’un dieu national, d’une religion nationale, et la tentative d’emprisonner dans les limites d’un seul peuple, de réduire ethniquement à une seule race, le Dieu créateur du monde devant la grandeur face à laquelle les nations sont petites comme des gouttes d’eau ».

Du point de vue de l’Ecriture Sainte, l’Encyclique défend la valeur de l’Ancien Testament et condamne qui voudrait « bannir l’histoire biblique de l’église et de l’école et les sages enseignements de l’Ancien Testament » comme « blasphématoire » contre la « parole de Dieu » et contre « le dessein de salut du Tout puissant ».

Elle dénonce la prétention du Führer de se présenter comme le dieu de l’Allemagne. Mais l’Encyclique évoque aussi les victimes du régime parmi les Catholiques qui, pour défendre la Foi, « subissent une violence illégale autant qu’inhumaine » et dénonce ouvertement des « tentations sataniques de faire sortir les fidèles de l’Eglise », et la tentative d’imposer une « Eglise allemande nationale ».

Du point de vue moral, l’Encyclique s’oppose ouvertement aux « tentatives de détacher la doctrine de l’ordre moral », une voie, qui « conduit à la décadence morale individuelle et des Nations ».

Le principe nazi selon lequel est « juste ce qui est utile à la Nation » est condamné : « Ce principe, détaché de la loi éthique signifierait, pour ce qui concerne la vie internationale, un état de guerre permanent entre Nations ».

L’Encyclique met enfin en garde la jeunesse contre qui est « anathème » en « voulant annoncer un Evangile différent » de celui qu’ils ont reçu.

Suite à cette encyclique dénonçant la barbarie nazie, des persécutions anticatholiques prennent place en Allemagne.

En mai 1937, 1 100 Prêtres et Religieux sont jetés en prison. 304 Prêtres sont ensuite déportés à Dachau en 1938.

Enfin, les organisations Catholiques sont dissoutes, et l'école confessionnelle interdite.
(C’est un peu comme ça aujourd’hui avec Evangelium Vitae même si certains ne veulent pas l’admettre… mais les nombreuses persécutions sont pourtant là).

Chez Edith Stein, l’alliance entre ses intuitions, ses écrits, sa vie est totale. Quelques jours plus tard, elle est privée de son travail et de toute possibilité de s’exprimer en public.

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PLEINEMENT SOLIDAIRE DE SON PEUPLE

C’est alors que, pleinement solidaire de son peuple, elle franchit le 14 octobre 1933 la clôture du carmel de Cologne, laissant derrière elle activités universitaires et grandes amitiés.

Le 15 avril, elle prend l’habit sous le nom de Sœur Thérèse-Bénédicte de La Croix.

Thérèse en l’honneur de la Sainte d’Avila ; Bénédicte en mémoire de Saint Benoît et sans doute en référence à l’importance de la Bénédiction dans le judaïsme ; la Croix, parce qu’elle ne cesse d’en approfondir le mystère.

Elle s’adapte avec souplesse à la vie du Carmel, sans cesser son travail intellectuel. Elle écrit ainsi L’être fini et l’Être éternel, qui traite de la puissance de la grâce et du mystère de la liberté humaine. Elle compose aussi des poèmes.

En septembre 1936, elle renouvelle ses vœux tandis qu’à l’autre bout de l’Allemagne, sa mère, douloureusement affectée par sa conversion, meurt.

Héritant de son livre de prières juives, Edith retrouve, mais éclairée par « la lumière obscure » qui pour elle désormais irradie de La Croix, la richesse spirituelle d’Israël.

Dans une lettre à un religieux, elle écrit :

« Vous ne pouvez imaginer ce que signifie pour moi d’être fille du Peuple élu : c’est appartenir au Christ non seulement par l’esprit, mais par le Sang. »

 

CHACUN EST RESPONSABLE DE TOUS

Le 21 Avril 1938, elle prononce sa Profession perpétuelle. Sept mois plus tard, après la terrible « Nuit de cristal » des 9 et 10 Novembre, elle se laisse convaincre de quitter Cologne pour trouver refuge aux Pays-Bas, au Carmel d’Echt où la rejoint sa sœur Rosa, Baptisée comme elle.

Là, à la demande de la Prieure, elle rédige une étude sur Saint Jean de la Croix, La Science de la Croix, qui restera inachevée.

Elle s’efforce par ailleurs de penser la solidarité, affirmant que chacun est responsable de tous, comme la haine d’un seul enténèbre le monde.

En 1939, elle remet un billet à sa Prieure :

« Permettez-moi de m’offrir en holocauste au Cœur de Jésus pour demander la Paix véritable… ».

 

Le 10 Mai 1940, les troupes allemandes envahissent les Pays-Bas. Bientôt y règne l’idéologie nazie, resserrant sans cesse les mailles du filet autour de la Communauté Juive.

Le 26 Juillet 1942, les évêques Catholiques du pays font lire dans toutes les paroisses un texte de protestation.

Le lendemain, l’arrestation des Juifs devenus Catholiques est décrétée. Parmi eux, Edith Stein et sa sœur Rosa, réfugiées au Carmel d’Echt (Pays-Bas). Brillante intellectuelle, elle fut constamment animée d'une profonde quête de Vérité…

« La personne qui cherche la Vérité est peut-être plus proche de Dieu qui est la Vérité, 
et ainsi plus proche de son propre coeur, qu'elle ne le pense ». (La science de la Croix)

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À partir d’Avril 1942, elle doit, comme Rosa, porter l’étoile jaune (fiche 44070). Le 2 Août, les deux sœurs sont arrêtées par les S.S.

« Viens, allons pour notre peuple », aurait alors dit Edith, avec la clarté d’âme et de cœur qui l’habitait, à sa sœur Rosa.

Au camp de transit de Westerbork, elle croisera une autre grande Mystique Juive du XXème siècle, Etty Hillesum.

Le 7 Août, Edith et Rosa Stein font partie d’un convoi de 987 Juifs pour le camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.
Dès leur arrivée, un groupe de femmes et d'enfants dénudés est conduit vers le cloître de la mort.

Le 9, elles sont gazées « ex odio fidei » en haine de la Foi Catholique. Par l'aveuglement des gouvernants, les forces maléfiques se sont déchaînées et le monde a basculé dans la haine et l'horreur.

Edith Stein a été Béatifiée le 1er Mai 1987 et Canonisée par le Pape Saint Jean-Paul II le 11 Octobre 1998. Elle est proclamée Co-Patronne de l'Europe le 1er Octobre 1999.

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http://carmelsaint-maur.blogspot.com/2010/08/edith-stein-ste-therese-benedicte-de-la.html.

Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix, Fête le 9 Août

Edith Stein, (1891-1942) Juive convertie au Christianisme, elle entre au Carmel de Cologne en 1933.

Philosophe remarquable, collaboratrice de Husserl et brillant écrivain, elle a eu une grande influence sur les femmes de son temps, et une influence croissante dans les milieux intellectuels et philosophiques de l'Allemagne d'aujourd'hui et du monde entier.

 

Ses écrits sont source d’inspiration et d’espérance pour tous ceux dont la vie est marquée par la Croix. Elle a offert sa vie pour son peuple. Elle est morte dans les chambres à gaz à Auschwitz le 9 Août 1942.

Le Pape Jean Paul II a béatifié Soeur Thérèse Bénédicte de La Croix le 1er Mai 1987, et l’a Canonisée le 11 Octobre 1998.

"O mon Dieu, remplissez mon âme d’une sainte joie, de courage et de force pour vous servir. Allumez en moi votre amour, et puis marchez avec moi, sur la portion de route qui s’ouvre devant moi. Je ne vois pas très loin, mais quand je serai arrivée là où l'horizon maintenant est fermé, une nouvelle perspective s'ouvrira devant moi, et je m’y engagerai dans la paix."

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http://www.lecarmel.org/saints/saints-et-saintes/therese-benedicte-de-la-croix-edith-steinn.html?showall=

Thérèse-Bénédicte de la Croix - Qui es-tu ?

Enfance et adolescence

Édith Stein naquit à Breslau le 12 Octobre 1891. Elle fut le onzième rejeton d'une famille Juive qui se consacrait à l'industrie du bois.
Son père mourut quand elle avait un an et demi; sa mère dut se consacrer entièrement à veiller sur l'avenir de ses sept enfants (quatre étaient morts en bas âge).
L'exemple de cette femme croyante, au caractère ferme, donna à la famille consistance et sécurité.

Édith lui était tout spécialement unie. Madame Stein conduisait habilement son commerce et élevait ses enfants avec sagesse et intelligence.
«Enfants, écrira Édith, nous pouvions lire, dans l'exemple de notre mère, la vraie manière de nous comporter.
Quand elle disait : "Cela est un péché", nous savions tous qu'elle désignait quelque chose de haïssable et d'indigne. »

Gracieuse et délicate, Édith était aussi choyée par ses frères et sœurs qui voyaient en elle une enfant singulièrement douée.
À l'école primaire, au gymnase des filles, à l'université, Édith suivit la filière normale des études, développant un sens aigu de l'observation qui devait lui être très profitable plus tard, quand elle se consacra à la phénoménologie.

Bien qu'elle fût la plus jeune de la famille, tous recherchaient ses conseils et son aide, étant donné la clarté et la sûreté de son jugement.
Mais cette sûreté fut peu à peu ébranlée par le problème du sens de la vie. Ni dans la Foi Juive de sa mère, ni dans l'attitude libérale de ses sœurs, Édith ne trouva de soulagement.
Dès l'âge de 13 ans, elle s'avoua athée et parcourut seule son chemin intérieur. «La soif de la vérité resta chez moi l'unique Prière. »
(Ouvrir le lien du Carmel ci-dessus pour lire sa biographie complète).

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Pour un autre approfondissement. La lettre de l’Abbaye de Clairval.
> > > Sainte Thérèse-Bénédicte de La Croix (Edith Stein)

Pour publier la lettre de l'Abbaye Saint-Joseph de Clairval dans une revue, journal, etc. ou pour la mettre sur un site internet ou une home page, une autorisation est nécessaire.
Elle doit nous être demandée par email ou à travers http://www.clairval.com.

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Date de dernière mise à jour : 08/08/2018