Saint Georges, tribun militaire et martyr. Fête le 23 Avril.

Lundi 23 Avril 2018 : Fête de Saint Georges, tribun militaire et martyr († v. 303).

Sv juraj fernkorn zg 0707 11Saint Georges et le dragon. Anton Dominik Fernkorn, Zagreb, Croatie. Auteur de la photo : SpeedyGonsales

http://www.peintre-icones.fr/PAGES/CALENDRIER/Avril/23.html

Saint Georges (IVème siècle).

C'est sans doute un des saints les plus populaires en Orient comme en Occident, et pourtant on ne sait que très peu de chose sur lui.
Entre autre, on raconte qu'un terrible dragon vivait dans la région de Silène, en Lybie, et que pour prix de leur tranquillité, les habitants de la région devaient lui livrer une jeune fille chaque jour.

Quand vint à passer Georges, prince de Cappadoce, la fille du roi venait d'être tirée au sort pour cette triste fin. S'étant renseigné, il fit le signe de la Croix, et se porta à la rencontre du monstre qu'il transperça de sa lance. Après avoir converti les habitants, il reprit son chemin vers d'autres exploits.
On pense généralement qu'il mourut pour la Foi à Lydda (Palestine) au IVème siècle.

Ribedom stgeorgSaint Georges et le dragon. Cathédrale de Ribe, Danemark. Auteur de la photo : Jürgen Howaldt

https://levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20180423&id=13400&fd=0

Saint Georges
Tribun militaire, martyr
(† v. 303)

Georges naquit à Lydda (aujourd’hui Lod en Israël), en Cappadoce de mère Chrétienne ; son éducation fut toute Chrétienne.
Jeune encore, il est réputé avoir combattu le paganisme et brisé des idoles dans les temples païens.
C'est probablement cela qui donna naissance à la légende tardive transmise par Jacques de Voragine du combat contre le dragon.

Georges suivit la carrière des armes comme son père, et devint tribun militaire dans la garde impériale.
Dioclétien ayant rallumé la persécution contre les Chrétiens, tous ses sujets furent instamment invités à offrir des sacrifices aux dieux de l'empire.
Cet ordre fut tout spécialement appliqué aux militaires : ce geste marquerait leur fidélité aux ordres impériaux.

Georges refusa. Sa noble audace lui mérita le reproche d'ingratitude et des menaces de mort.
La légende raconte que Georges profita de ses derniers jours de liberté pour distribuer ses biens aux pauvres et affranchir ses esclaves.
Ainsi préparé aux combats du Christ, le tribun aborde l'empereur lui-même et plaide devant lui la cause des Chrétiens.
- « Jeune homme, lui répond Dioclétien, songe à ton avenir ! »
- « Je suis Chrétien, dit Georges, je n'ambitionne ni ne regrette rien dans ce monde ; rien ne saurait ébranler ma Foi. »
Il est alors battu de verges, puis il subit l'affreux supplice de la roue, après lequel un ange descend du Ciel pour guérir ses blessures.

Quelques jours après, le martyr reparaît plein de vie en présence de l'empereur, qui le croyait mort ; il lui reproche de nouveau sa cruauté et l'engage à reconnaître le vrai Dieu.
Trois jours il est abandonné sur un lit de chaux vive ; on lui met ensuite des chaussures de fer rougies au feu, on lui fait avaler un poison très violent.

Georges, par la grâce de Dieu, subit toutes ces épreuves sans n’en ressentir aucun mal ; plusieurs païens même se convertissent à la vue de tant de merveilles.
Reconduit de nouveau dans sa prison, l'athlète invincible de la Foi vit en songe Jésus-Christ descendre vers lui :
- « Georges, lui dit-il en lui présentant une couronne de pierres précieuses, voilà la récompense que je te réserve au Ciel ; ne crains rien, je combattrai avec toi demain, et tu remporteras sur le démon une victoire définitive. »

Le jour suivant, Dioclétien tâcha d'ébranler le martyr par des flatteries : « Conduisez-moi devant vos dieux » dit Georges.
On l'y conduit, croyant qu'il va enfin sacrifier. Parvenu devant la statue d'Apollon, il fait le signe de la Croix et dit : « Veux-tu que je te fasse des sacrifices comme à Dieu ? »
La voix du démon répond : « Je ne suis pas Dieu ; il n'y a de Dieu que celui que tu prêches. » Et en même temps la statue tombe en poussière.
Le peuple s'enfuit épouvanté, et l'empereur vaincu, humilié et furieux, fait trancher la tête au martyr.
Saint Georges est le saint patron des Cavaliers (arme blindée - cavalerie) et le saint protecteur des Scouts.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950 (« Rév. x gpm »).

768px 070 tbilissi place de la libert la statue de saint georgesStatue de Saint Georges
Place de la Liberté, Tbilissi, Géorgie. Auteur de la photo : Moreau.henri

http://missel.free.fr/Sanctoral/04/23.php

Historique

A propos de saint Georges que les Orientaux appellent le grand martyr, on peut dire, avec certitude, qu’il fut martyrisé à Lydda (ou Diospolis, l’actuelle Lod), en Palestine où son culte est attesté depuis les temps les plus reculés.
Les traditions veulent que son père, Gérontius, qui adorait les idoles, vînt d’Arménie en Cappadoce où naquit Georges (on dit que ce fut en 280) ; elles ajoutent que sa mère, Polychronia, qui était Chrétienne à l’insu de son mari, instruisit Georges des vérités de la Religion.
Georges, disent-elles encore, fut Baptisé dès sa jeunesse et s’employa à combattre le culte des idoles : il brisait les idoles dans les temples, tuait leurs Prêtres et distribuait aux pauvres d’abondantes aumônes.
La Légende dorée, de Jacques de Voragine, montre saint Georges détruisant un dragon qui désolait la province de Libye nommée Silène :
« Près de Silène, ville de Lybie, habitait dans un vaste étang un dragon effroyable, auquel les habitants offraient chaque jour deux brebis ; les brebis ne suffisant plus, il fallut livrer une créature humaine.
Le jour où Georges parut dans la ville, le sort avait désigné pour victime la fille unique du roi. Pour la délivrer, Georges, monté sur son cheval, blessa le monstre de sa lance : il ordonna ensuite à la jeune fille d’entourer le cou du dragon avec sa ceinture et de l’emmener à la ville :
là, il fit promettre aux habitants qu’ils se feraient Baptiser et il tua le monstre. Alors le roi et son peuple témoins du prodige reçurent le Baptême.
 »

Cappadocien noble et riche, tribun de l’armée impériale, Georges parut devant le tribunal que l’empereur Dioclétien, assisté de Magnentius, tenait, en présence du Sénat et de l’armée, pour exterminer le Christianisme et rétablir le culte des idoles.
Georges ayant confessé sa Foi au Christ, Magnentius l’interrogea et Dioclétien l’exhorta à offrir un sacrifice aux dieux ; sur le refus de Georges, Dioclétien le fit cruellement frapper et ordonna qu’on l’enfermât avec une énorme pierre sur la poitrine.
Le lendemain, Georges fut torturé mais un ange vint guérir ses blessures et le délivrer.

Georges revint devant l’Empereur qui offrait un sacrifice à Apollon ; de nouveau saisi, il convertit deux stralétates qui furent immédiatement condamnés à mort ; l’impératrice Alexandra se déclara Chrétienne et se retira du palais.
Georges fut jeté dans une fosse remplie de chaux vive dont il sortit sain et sauf trois jours plus tard.
Condamné à marcher avec des chaussures garnies de pointes rougies au feu, il fut de nouveau guéri miraculeusement de ses blessures ; une séries de supplices, chacun miraculeusement guéris, se succédèrent jusqu’à ce que Dioclétien ordonnât la décapitation de Georges (on dit que ce fut le 23 avril 303).

Le corps du martyr fut inhumé à Lydda où Chrétiens et Musulmans croient qu’il se trouve encore, dans une crypte, sous l’autel.
Dès le IV° siècle, en Syrie, on dédia des églises à saint Georges (Eaccœa, Zorava, Nahita) qui eut un Monastère à Jérusalem et un autre à Jéricho ; en Égypte, il patronna quarante églises et trois Monastères ; à Contantinople, Contantin fit élever une église à la mémoire de Saint Georges dont il y eut aussi des sanctuaires à Mytilène, à Bizana, à Thessalonique et Athènes, tandis qu’à Chypre, on en comptait plus de soixante.
Saint Georges étant un des protecteurs des milices de Byzance, son culte arriva en Italie par la Sicile (Palerme et Naples) et par Ravenne où il est attesté dès le VI° siècle, ainsi qu’à Ferrare. Clovis fit élever un Monastère en l’honneur de Saint Georges dont Saint Germain de Paris (mort en 576) avait propagé le culte.
Il semble que culte de Saint Georges fut établi à Rome sous Léon II (682) qui construisit une église en l’honneur des saints Sébastien et Georges ; saint Georges prévalut, sous le Pape Zacharie (vers 650), quand on y transporta le chef de Saint Georges.
Selon Venance Fortunat, il existait, à Mayence, une Basilique dédiée à Saint Georges.

1052331449Avant d’entrer dans les textes de la légende dorée de Jacques de Voragine, une précision s’impose…et pour davantage de détails, aller sur le lien suivant :
http://agora.qc.ca/documents/jacques_de_voragine--jacques_de_voragine_et_la_legende_doree_par_teodor_de_wyzewa

L'auteur de la Légende Dorée était, à la fois, un des hommes les plus savants de son temps, et un saint.
Sa vie, si quelque érudit voulait prendre la peine d'en reconstituer le détail, enrichirait d'un chapitre précieux l'histoire de la pensée religieuse au treizième siècle; et puis l'on en tirerait une petite «compilation», qui mériterait d'avoir sa place entre les plus belles et touchantes vies de saints qu'il nous a, lui-même, contées.
1. Mais, du reste, son livre suffit à nous le faire connaître tout entier. Le savant s'y montre à chaque page, aussi varié dans ses lectures qu'original, ingénieux, souvent profond dans ses réflexions; et sans cesse, sous la science du théologien, nous découvrons une âme infiniment pure, innocente, et douce, une vraie âme d'enfant selon le cœur du Christ…
Non, la Légende Dorée n'est pas une simple rapsodie, ainsi que l'ont prétendu des critiques, et même des traducteurs, qui, croirait-on, ne se sont jamais sérieusement occupés de la lire!
Et pas davantage elle n'est une «compilation», au sens ou nous entendons aujourd'hui ce mot.

Que l'on compare, à ce point de vue, son récit des martyres des Saints avec le récit qu'en donne le Bréviaire: ou, plutôt encore, qu'on compare ses légendes de Saint Jean l'Aumônier, de Saint Antoine, de Saint Basile, avec le texte de la Vie des Pères, d'où il nous dit qu'il les a«directement extraites»!
Et l'on comprendra alors ce que sa «compilation» impliquait de travail personnel, de réelle et précieuse création littéraire. Et l'on comprendra aussi, très clairement, le caractère et la portée véritables de la Légende Dorée.

Mais avant de définir ce caractère et cette portée, il y a une autre erreur encore que je dois signaler celle qui consiste à voir dans la Légende Dorée un recueil de «légendes», autant dire de fables, et présentées comme telles par l'auteur lui-même.

En réalité, Legenda Sanctorum signifie: lectures de la vie des saints.
Legenda est ici l'équivalent du mot lectio, qui,dans le Bréviaire, désigne les passages des auteurs consacrés que le Prêtre est tenu de lire entre deux oraisons.
Et Jacques de Voragine n'a nullement l'intention de nous donner pour des fables les histoires qu'il nous raconte.
Il entend que son lecteur les prenne au sérieux, ainsi qu'il les prend lui-même, sauf à exprimer souvent des réserves sur la valeur de ses sources, ou, avec une loyauté admirable, à mettre vivement en relief une contradiction, une invraisemblance, un risque d'erreur.

Et de là ne résulte point que nous devions, aujourd'hui, admettre la vérité de tous ses récits: aucun d'eux, au moins dans le détail, n'est proprement article de Foi.
Mais par là s'explique que lui, l'auteur, admettant de toute son âme cette vérité, ait pu employer à ses récits une franchise, une chaleur d'imagination, et un élan d'émotion qui, depuis des siècles, et aujourd'hui encore, les revêtent d'un charme où le lecteur le plus sceptique a peine à résister.
Ce livre n'a si profondément touché tant de cœurs que parce qu'il a jailli, tout entier, du cœur.

La Légende Dorée est, essentiellement, une tentative de vulgarisation, de «laïcisation», de la science religieuse.
Bien d'autres théologiens, avant Jacques de Voragine, avaient écrit non seulement des vies de saints, mais des commentaires de toutes les fêtes de l'année.
Mais tous ces ouvrages s'adressaient aux théologiens, aux clercs: et la Légende Dorée s'adresse aux laïcs.
Elle a pour objet de faire sortir, des bibliothèques des couvents, les trésors de vérité sainte qu'y ont accumulés des siècles de recherches et de discussions, et de donner à ces trésors la forme la plus simple, la plus claire possible, et en même temps la plus attrayante: afin de les mettre à la portée d'âmes naïves et passionnées qui aussitôt s'efforcent, par mille moyens, de témoigner la joie extrême qu'elles éprouvent à les accueillir.

Stockholm gamla stan 6Saint Georges et le dragon. Gamla stan, Stockholm, Suède. Auteur de la photo : Jürgen Howaldt

http://catho.org/9.php?d=ch0#ce

SAINT GEORGES

Georges, tribun, né en Cappadoce, vint une fois à Silcha, ville de la province de Lybie. A côté de cette cité était un étang grand comme une mer, dans lequel se cachait un dragon pernicieux, qui souvent avait fait reculer le peuple venu avec des armes pour le tuer; il lui suffisait d'approcher des murailles de la ville pour détruire tout le monde de son souffle.

Les habitants se virent forcés de lui donner tous les jours deux brebis, afin d'apaiser sa fureur; autrement, c'était comme s'il s'emparait des murs de la ville; il infectait l'air, en sorte que beaucoup en mouraient.
Or, les brebis étant venues à manquer et ne pouvant être fournies en quantité suffisante, on décida dans un conseil qu'on donnerait une brebis et qu'on y ajouterait un homme.
Tous les garçons et les filles étaient désignés par le sort, et il n'y avait d'exception pour personne.
Or, comme il n'en restait presque plus, le sort vint à tomber sur la fille unique du roi, qui fut par conséquent destinée au monstre.
Le roi tout contristé dit: «Prenez l'or, l'argent, la moitié de mon royaume, mais laissez-moi ma fille, et qu'elle ne meure pas de semblable mort.»
Le peuple lui répondit avec fureur: «O Roi, c'est toi, qui as porté cet édit, et maintenant que tous nos enfants sont morts, tu veux sauver ta fille?
Si tu ne fais pour ta fille ce que tu as ordonné pour les autres, nous te brûlerons avec ta maison.»
En entendant ces mots, le roi se mit à pleurer sa fille en disant: «Malheureux que je suis! ô ma tendre fille, que faire de toi? que dire? je ne verrai donc jamais tes noces?»
Et se tournant vers le peuple: «Je vous en prie, dit-il, accordez-moi huit jours de délai pour pleurer ma fille.»
Le peuple y ayant consenti, revint en fureur ait bout de huit jours, et il dit au roi: «Pourquoi perds-tu le peuple pour ta fille? Voici que nous mourons tous du souffle du dragon.»

Alors le roi, voyant qu'il ne pourrait délivrer sa fille, la fit revêtir d'habits royaux et l'embrassa avec larmes en. disant:
«Ah que je suis malheureux ! (454) ma très douce. fille, de ton sein j'espérais élever des enfants de race royale, et maintenant tu vas être dévorée par le dragon.
Ah! malheureux que je suis! ma très douce fille, j'espérais inviter des princes à tes noces, orner ton palais de pierres précieuses, entendre les instruments et les tambours, et tu vas être dévorée par le dragon.»
Il l'embrassa et la laissa partir en lui disant: «O ma fille, que ne suis-je mort avant toi pour te perdre ainsi!»
Alors elle se jeta aux pieds de son père pour lui demander sa bénédiction, et le père l'ayant bénie avec larmes, elle se dirigea vers le lac.

Or, saint Georges passait par hasard par là: et la voyant pleurer, il lui demanda ce qu'elle avait.»
Bon jeune homme, lui répondit-elle, vite, monte sur ton cheval; fuis, si tu neveux mourir avec moi. » N'aie pas peur, lui dit Georges, mais dis-moi, ma fille, que vas-tu faire en présence de tout ce monde?»
Je vois, lui dit la fille, que tu es un bon jeune homme; ton cœur est généreux: mais pourquoi veux-tu mourir avec moi? vite, fuis!»
Georges, lui dit: «Je ne  m'en irai pas avant que tu ne  m'aies expliqué ce que tu as.» Or, après qu'elle l'eut instruit totalement, Georges lui dit: «Ma fille, ne crains point, car au nom de J.-C., je t'aiderai.»

Elle lui dit: «Bon soldat! Mais hâte-toi de te sauver, ne péris pas avec moi! C'est assez de mourir seule; car tu ne pourrais me délivrer et nous péririons ensemble.»
Alors qu'ils parlaient ainsi, voici que le dragon s'approcha en levant la tête au-dessus du lac.
La jeune fille toute tremblante dit : «Fuis, mon seigneur, fuis vite.
«A l'instant Georges monta sur son cheval, et se fortifiant du signe de la Croix, il attaque avec audace le dragon qui avançait sur lui: il brandit sa lance avec vigueur, se recommande à Dieu, frappe le monstre avec force et l'abat par terre:
«Jette, dit Georges à la fille du roi, jette ta ceinture au cou du dragon; ne crains rien, mon enfant.»
Elle le fit et le dragon la suivait comme la chienne la plus douce. Or, comme elle le conduisait dans la ville, tout le peuple témoin de cela se mit à fuir par monts et par vaux en disant: «Malheur à nous, nous allons tous périr à l'instant!»
Alors Saint Georges leur fit signe en disant: «Ne craignez rien, Le Seigneur m'a envoyé exprès vers vous afin que je vous délivre des malheurs que, vous causait ce dragon seulement, croyez en J.-C., et que chacun de vous reçoive le Baptême, et je tuerai le monstre.»
Alors le roi avec tout le peuple reçut le Baptême, et Saint Gorges, ayant dégainé son épée, tua le dragon et ordonna de le porter hors de la ville.
Quatre paires de bœufs le traînèrent hors de la cité dans une vaste plaine. Or, ce jour-là vingt mille hommes furent Baptisés, sans compter les enfants et les femmes.

Quant au roi, il fit bâtir en l'honneur de la bienheureuse Marie et de Saint Georges une église d'une grandeur admirable.
Sous l'autel, coule une fontaine dont l'eau guérit tous les malades: et le roi offrit à Saint Georges de l'argent en quantité infinie; mais le Saint ne le voulut recevoir et le fit donner aux pauvres.
Alors Saint Georges adressa au roi quatre avis fort succincts. Ce fut d'avoir soin des églises de Dieu, d'honorer les Prêtres, d'écouter avec soin l'office divin et de n'oublier jamais les pauvres.
Puis après avoir embrassé le roi, il s'en alla. - Toutefois on lit en certains livres que, un dragon allait dévorer une jeune fille, Georges se munit d'une Croix, attaqua le dragon et le tua.
En ce temps-là, étaient empereurs Dioclétien et Maximien, et sous le président Dacien, il y eut une si violente persécution contre les Chrétiens, que dans l'espace d'un mois, dix-sept mille d'entre eux reçurent la couronne du martyre.

Au milieu des tourments, beaucoup de Chrétiens faiblirent et sacrifièrent aux idoles. Saint Georges à cette vue fut touché au fond du cœur; il distribua tout ce qu'il possédait, quitta l'habit militaire, prit celui des Chrétiens et s'élançant au milieu des martyrs, il s'écria: «Tous les dieux des gentils sont des démons; mais c'est Lle Seigneur qui a fait les Cieux!»

Le président lui dit en colère: «Qui t'a rendu si présomptueux d'oser appeler nos dieux des démons? Dis-moi; d'où es-tu et quel est ton nom?»
Georges lui répondit: «Je  m'appelle Georges, je suis d'une noble race de la Cappadoce; j'ai vaincu la Palestine par la faveur de J.-C. mais j'ai tout quitté pour servir plus librement le Dieu du Ciel.»

Comme le président ne le pouvait gagner, il ordonna de le suspendre au chevalet et de déchirer chacun de ses membres avec des ongles de fer; il le fit brûler avec des torches, et frotter avec du sel ses plaies et ses entrailles qui lui sortaient du corps.
La nuit suivante, le Seigneur apparut au saint, environné d'une immense lumière et il le réconforta avec douceur.
Cette bonne vision et ces paroles l'affermirent au point qu'il comptait ses tourments pour rien.
Dacien voyant qu'il ne pouvait, le vaincre par les tortures, fit venir un magicien auquel il dit: «Les Chrétiens, par leurs maléfices, se jouent des tourments et font peu de cas de sacrifier à nos dieux.»
Le magicien lui répondit: «Si je ne réussis pas à surmonter leurs artifices, je veux perdre la tête.»
Alors il composa ses maléfices, invoqua les noms de ses dieux, mêla du poison avec du vin et le donna à prendre à saint Georges.
Le Saint fit dessus le signe de la Croix et but: mais il n'en ressentit aucun effet. Le magicien composa une dose plus forte, que le Saint, après avoir fait le signe de la Croix, but toute entière sans éprouver le moindre mal.
A cette vue, le magicien se jeta aussitôt aux pieds de Saint Georges, lui demanda pardon en pleurant d'une façon lamentable et sollicita la faveur d'être fait Chrétien.
Le juge le fit décapiter bientôt après.

Le jour suivant, il fit étendre Georges sur une roue garnie tout autour d'épées tranchantes des deux côtés:, mais à l'instant la roue se brisa et Georges fut trouvé complètement sain.
Alors le juge irrité le fit jeter dans une chaudière pleine de plomb fondu.
Le Saint fit le signe de la Croix, y entra, mais par la vertu de Dieu, il y était ranimé comme dans un bain.
Dacien, à cette vue, pensa l'amollir par des caresses, puisqu'il ne pouvait le vaincre par ses menaces:
«Mon fils Georges, lui dit-il, tu vois de quelle mansuétude sont nos dieux, puisqu'ils supportent tes blasphèmes si patiemment, néanmoins, ils sont disposés à user d'indulgence envers toi, si tu veux te convertir. Fais donc; mon très cher fils, ce à quoi je t'exhorte; abandonne tes superstitions pour sacrifier à nos dieux, afin de recevoir d'eux et de nous de grands honneurs.»

Georges lui dit en souriant: «Pourquoi ne pas  m'avoir parlé avec cette douceur avant de me tourmenter? Me voici prêt à faire ce à quoi tu  m'engages.»
Dacien, trompé par cette concession, devient tout joie., fait annoncer par le crieur public qu'on ait à s'assembler auprès de lui pour voir Georges, si longtemps rebelle, céder enfin et sacrifier.

La cité toute entière s'embellit de joie. Au moment où Georges entrait dans le temple des idoles pour sacrifier, et quand tous les assistants étaient dans l'allégresse, il se mit a genoux et pria Le Seigneur, pour son honneur et pour la conversion du peuple, de détruire tellement de fond en comble le temple avec ses idoles qu'il n'en restât absolument rien.
A l'instant le feu du Ciel, descendit sur le temple, le brûla avec les dieux et leurs prêtres: la terre s'entr'ouvrit et engloutit tout ce qui en restait.

C'est à cette occasion que Saint Ambroise s'écrie dans la Préface du Saint: «Georges très fidèle soldat de J.-C. confessa seul parmi les Chrétiens, avec intrépidité, Le Fils de Dieu, alors que la profession qu'il faisait du christianisme était protégée sous le voile du silence.
Il reçut de la grâce divine une si grande constance qu'il méprisait les ordres d'un pouvoir tyrannique et qu'il ne redoutait point les tourments de supplices innombrables.

O noble et heureux guerrier du Seigneur! Que la promesse flatteuse d'un royaume temporel ne séduisit pas, mais qui, en trompant le persécuteur, précipita dans l'abîme les simulacres des fausses divinités!» (Saint Ambroise.)
Dacien, en apprenant cela, se fit amener Georges auquel il dit: «Quelle a été ta malice, ô le plus méchant des hommes, d'avoir commis un pareil crime?»
Georges lui répondit: «O roi, n'en crois rien; mais viens avec moi et tu me verras encore une fois immoler.»
«Je comprends ta fourberie, lui dit Dacien car; tu jeux me faire engloutir comme tu as fait du temple et de mes dieux.»
Georges lui répliqua: «Dis-moi, misérable, tes dieux qui n'auront pu s'aider eux-mêmes, comment t'aideront-ils?»
Alors le roi outré de colère dit à Alexandrie, son épouse: «Je suis vaincu et je mourrai, car je me vois surmonté par cet homme.»
Sa femme lui dit: «Bourreau et cruel tyran, ne t'ai-je pas dit trop souvent de ne pas inquiéter les Chrétiens, parce que leur Dieu combattrait pour eux? Eh bien! Apprends que je veux me faire Chrétienne.»
Le roi stupéfait dit: «Ah! Quelle douleur! Serais-tu aussi séduite?» Et il la fit suspendre par les cheveux et battre très cruellement avec des fouets.
Pendant son supplice, elle dit à Georges: «Georges, lumière de vérité, où penses-tu que je parvienne, puisque je n'ai pas encore été régénérée par l'eau du Baptême?»
«N'appréhende rien, ma fille, lui répondit le Saint, le sang que tu vas répandre te servira de Baptême et sera ta couronne.»
Alors elle rendit son âme au Seigneur en priant. C'est ce qu'atteste saint Ambroise en disant dans la préface: C'est pourquoi la reine des Perses, qui avait été condamnée par la sentence de son cruel mari, quoiqu'elle n'eût pas reçu la grâce du Baptême, mérita la palme d'un martyre glorieux aussi ne pouvons-nous douter que la rosée de son sang; ne lui ait ouvert les portes du Ciel, et qu'elle n'ait mérité de posséder le Royaume des Cieux.» (Saint Ambroise).

Or, le jour suivant, Saint Georges fut condamné à être traîné par toute la ville et à avoir la tète tranchée.
Il pria alors Le Seigneur de vouloir bien accorder suite à la Prière de quiconque implorerait son secours; et une voix du Ciel se fit entendre et lui dit qu'il serait fait comme il avait demandé.
Son oraison achevée, il consomma son martyre en ayant la tête coupée, sous Dioclétien et Maximien qui régnèrent vers l'an de N.-S. 287.
Or, comme Dacien revenait du lieu du supplice à son palais, le feu du Ciel descendit sur lui et le consuma avec ses gardes.

Grégoire de Tours raconte que des personnes portant des reliques .de saint Georges qui avaient été hébergées dans un oratoire, ne purent au matin mouvoir sa châsse en aucune manière, jusqu'à ce qu'ils eussent laissé là une parcelle des reliques. -
On lit dans l'Histoire d'Antioche, que les Chrétiens allant au siège de Jérusalem, un très beau jeune homme apparut à un Prêtre et lui donna avis que Saint Georges était le général des Chrétiens, qu'ils eussent à porter avec eux ses reliques à Jérusalem où il serait lui-même avec eux.
Et comme on assiégeait la ville et que la résistance des Sarrasins ne permettait pas de monter à l'assaut, Saint Georges, revêtu d'habits blancs et armé d'une Croix rouge, apparut et fit signe aux assiégeants de monter sans crainte après lui, et qu'ils se rendraient martres de la place.
Animés par cette vision, les Chrétiens furent vainqueurs et massacrèrent les Sarrasins.

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Date de dernière mise à jour : 23/04/2018