Saint Pierre-Louis-Marie Chanel, Prêtre Mariste et premier martyr en Océanie, Patron de l’Océanie (1803-1841). Fête le 28 Avril.

Samedi 28 Avril 2018 : Fête de Saint Pierre-Louis-Marie Chanel, Prêtre Mariste et premier martyr en Océanie, Patron de l’Océanie (1803-1841).

Sanele 200 7

http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1051/Saint-Pierre-Marie-Chanel.html.

Saint Pierre Marie Chanel

Prêtre Mariste martyr en Océanie (✝ 1841)

Pierre-Marie Chanel était originaire du diocèse de Belley et fut le premier missionnaire en Polynésie (Océanie).
Les récits des exploits des missionnaires qu'il a lus avec passion dans son enfance l'ont conduit au séminaire puis chez les Pères Maristes pour être envoyé dans les pays lointains.
C'est ainsi qu'il débarque le 7 novembre 1837 dans la petite île de Futuna en Océanie.
Là, il ne rencontre pas beaucoup de succès dans son annonce de l'Évangile. Il éveille cependant l'intérêt des jeunes.
La conversion du fils du chef de l'île le fera condamner et lui vaudra de mourir martyr, battu à coups de bâton, dans sa case, jusqu'à ce que mort s'en suive.
Son action et sa mort ne seront pas vaines puisque, quelques mois plus tard, toute l'île se convertit.
Canonisé en 1954.

En 1836, Pierre Chanel, natif de Cuet près de Montrevel, embarque pour l’Océanie. Il écrit à ses amis: "Dans une mission aussi difficile, il faut que nous soyons des saints". (Diocèse de Belley-Ars - 2000 ans de vie chrétienne)
Voir aussi le Sanctuaire St Pierre Chanel de Cuet

Sur le site du diocèse de Wallis et Futuna, le 200e anniversaire de sa naissance (2003)
"Pierre Chanel naquit à Cuet près de Bourg en Bresse le 12 juillet 1803, il fut baptisé le lendemain.
Il mourut martyr le 28 avril 1841 sur l'île de Futuna et fut proclamé Patron de l'Océanie. Le 200e anniversaire de sa naissance fut l'occasion d'une célébration mémorable à Poï en présence de la population de l'île, de délégations des îles voisines et même d'une représentation pontificale mandatée par le Pape Jean-Paul II (en fait Mgr Patrick Coveney, Délégué Apostolique pour les îles du Pacifique, avait  pu arriver seulement en fin de journée et il fut remplacé par Mgr Michel Calvet, Archevêque de Nouméa)."

Mémoire de Saint Pierre Chanel, Prêtre et martyr. Après neuf ans de ministère dans le diocèse de Belley, au service d’une paroisse rurale et dans l’éducation des enfants, il entra dans la Société de Marie qui venait de se fonder et fut envoyé avec quelques compagnons à la mission de l’Océanie occidentale.
Il aborda dans l’île de Futuna où il n’y avait pas encore de Chrétiens et où son action fut entravée par le mépris des païens, les embûches et la faim.
Mais fort d’une douceur extraordinaire, il en convertit quelques-uns à la Foi, et parmi eux le fils du roi lui-même, qui, irrité, donna l’ordre de le tuer. Il fut, en 1841, le premier martyr de l’Océanie.

Martyrologe romain

St peter chanel b w 1

https://levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20180428&id=13393&fd=0

Saint Pierre Chanel
Prêtre Mariste et premier martyr en Océanie
Patron de l’Océanie

Pierre-Louis-Marie Chanel naquit le 12 juillet 1803, à Cuet dans l'Ain, village du diocèse de Lyon.
Il était le cinquième d'une famille de huit enfants. De sept à douze ans, il travailla comme berger. Un jour, un Prêtre le remarqua et se chargea de le faire instruire.

Après ses humanités au séminaire de Meximieux et ses études théologiques au grand séminaire de Brou, il reçut l'onction Sacerdotale, le 15 juillet 1827.
Il exerça d'abord le ministère pastoral à Ambérieu, comme vicaire, puis à Crozet, en qualité de curé.
Mû par un désir de plus grande perfection, il entra dans la Société de Marie en 1831 et enseigna pendant cinq ans au petit séminaire de Belley.

En 1836, il sollicita la faveur d'être appliqué à l'apostolat des Missions d'Océanie. Le 24 décembre, il s'embarquait au Havre avec Mgr Pompallier et au bout de dix mois de navigation, ils abordaient à l'île de Futuna.

Pendant que l'Évêque continuait sa route vers la Nouvelle-Zélande, le Père Chanel s'établissait à Futuna avec deux compagnons.
Pendant les deux premières années de leur installation, ce fut le chef de la peuplade, le roitelet Niuliki, qui les hébergea et leur fournit des vivres.
Les Missionnaires employèrent ce temps à apprendre la langue du pays et se bornèrent à Baptiser les enfants moribonds.
Dès qu'il se sentit capable de prêcher, le Père Chanel commença le travail d'évangélisation.

Après de très durs débuts, l'apôtre réussit à répandre l'Évangile chez les indigènes où régnait encore l'anthropophagie.
Il rendait tous les services possibles, soignait les blessés, empêchait souvent la guerre entre les idolâtres ; on l'appelait « Petelo » : l'homme à l'excellent cœur.
Lorsque Niuliki, roi et pontife à la fois, vit le mouvement des conversions au Christianisme prendre de l'ampleur, il cessa d'envoyer des vivres aux missionnaires et alla s'établir dans un autre village.

Pour subsister, les Missionnaires furent réduits à défricher un champ de manioc. Pour les forcer à fuir le pays, on mangeait leurs fruits et leur récolte.
Réduits à la plus extrême pauvreté, les Pères durent manger leur chien pour ne pas mourir de faim.
Menacé de mort, le Père Chanel répond : « La religion est implantée dans l'île, elle ne s'y perdra point par ma mort, car elle n'est pas l'ouvrage des hommes, mais elle vient de Dieu. »

Les zélés Missionnaires continuèrent à réunir leurs catéchumènes tous les dimanches et malgré tout, le petit groupe ne cessa de s'accroître.
Le propre fils du roi, touché par la grâce et par les enseignements des Missionnaires se déclara publiquement Chrétien.
Cette conversion acheva d'exaspérer Niuliki et le décida à en finir avec la religion Chrétienne à Futuna.

Le 28 avril 1841, à la pointe du jour, une horde sauvage, conduite par le gendre de Niuliki et armée de lances, de massues, de haches, envahit la maison des Missionnaires en un moment où le Père Chanel était seul.
Les indigènes pénétrèrent dans le jardin où se trouvait le Missionnaire, l'assommèrent à coups de bâton et de massue, puis se livrèrent au pillage.
Leur carnage terminé, voyant que le Père respirait encore, Musu-Musu, le gendre du roi, l'acheva d'un coup de hachette sur la nuque. C'est ainsi que, sans une plainte, sans un soupir, le Père Chanel rendit son âme à Dieu.

Peu après le martyr de Pierre Chanel, le Christianisme s'étend très rapidement sur l'île de Futuna, et, quelques années plus tard, la quasi-totalité de la population est convertie au Christianisme.
Musu-Musu (le gendre du roi) lui même demandera à être enterré à côté de Petelo (Pierre Chanel), et la fille du roi Niuliki deviendra la première religieuse de l'île.

Pierre-Louis-Marie Chanel a été Béatifié par le Pape Léon XIII le 16 Novembre 1889, et Canonisé le 13 Juin 1954, par le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958).
Sur son lieu de martyr se trouve la Basilique Saint Pierre Chanel qui est un haut lieu de pèlerinage.
A Cuet, son lieu de naissance, a été bâti un Sanctuaire tenu par la fraternité de Marie Reine Immaculée.

Pierre chanel 1Pour un approfondissement biographique :
 & >>> Pierre Chanel

Pierre Chanel, éducateur.

Nous croyons tout connaître de Saint Pierre Chanel...
Le missionnaire qui débarquait à Futuna en novembre 1837 n'était pas un jeune Prêtre inexpérimenté, mais un homme mûr, qui avait déjà derrière lui plus de 10 années de Sacerdoce, et moins de 3 années et demi encore à vivre...
Ordonné Prêtre le 15 juillet 1827, le Père Chanel exerça son ministère pastoral à Ambérieu, comme vicaire, puis à Crozet, en qualité de curé.
Mais, poussé par le désir de la Mission, il entra en 1831 dans la Société de Marie et le 24 décembre 1836, il s'embarquait au Havre avec Mgr Pompallier.
Où était-il pendant ces cinq ans ? Au petit séminaire de Belley, à mi-chemin entre Lyon et Genève.

Après la mort de son dernier directeur, l'Évêque du lieu, Mgr Devie, avait confié cet établissement à un de ses "missionnaires itinérants", le Père Jean-Claude Colin, qui avait rassemblé autour de lui plusieurs Prêtres qui s'étaient engagés avec lui, après leur ordination, à fonder une Congrégation religieuse placée sous le nom de Marie.
Le Père Chanel avait demandé à son Évêque de se joindre à eux. Avec l'espoir, un peu fou, de partir un jour en Mission aux Etats-Unis, la "Terre promise" des missionnaires de ce début du 19° siècle, dont parlaient si souvent les Annales de la Propagation de la Foi qu'il lisait assidûment depuis ses années de séminaire. C'était un rêve de jeunesse qui remontait à l'année de sa première Communion (1817).
En fait, au lieu de partir en Amérique, le Père Chanel passera cinq années au petit séminaire de Belley, exerçant tour à tour les fonctions de professeur de 6° la première année, de directeur spirituel et d'économe les deux années suivantes, et de vice-supérieur de la maison les deux dernières années. Cinq années bien remplies, correspondant à la tranche la plus longue de sa vie active.

Si la détermination du Pape Grégoire XVI à envoyer des missionnaires en Océanie occidentale ne l'avait pas amené à confier cette mission à la Société de Marie naissante, et si le Père Chanel ne s'était pas porté volontaire pour cette grande aventure, il y a fort à parier que le Père Colin l'y aurait laissé plus longtemps car il y réussissait fort bien.
Toute sa vie ne fut pas marquée du sceau de l'échec apparent, loin de là ! Sa nomination rapide comme directeur spirituel, puis vice-supérieur de l'établissement montre suffisamment l'estime que lui portait le supérieur de la maison, le Père Colin.
Son départ fut pour tous un réel sacrifice, même si lui-même pouvait écrire à la veille de son départ du Havre :
"Depuis que je ne sens plus le collège de Belley sur mes épaules, je suis redevenu ce que dut être le cordonnier de la fable, lorsqu'il eut rendu au seigneur les cent écus qu'il en avait reçus pour avoir de nouveau ses chansons !"
Sa chanson préférée, ce n'était pas l'enseignement ni l'éducation mais la Mission extérieure, mais quand il fallut chanter la première, il s'en tira fort bien !
Quand le Père Chanel arrive à Belley, en septembre 1831, il n'arrive pas en terre inconnue, comme il le fera six années plus tard, à Futuna.
Il était en effet un ancien élève de la maison, où il avait fait une année de philosophie en 1823-1824, avant d'entrer au grand séminaire.
Le collège existait depuis 80 ans. Il avait été fermé pendant la Révolution française et était finalement devenu une école municipale.
A son arrivée à Belley en 1823, Mgr Devie accepte de reprendre cet établissement. Il en fait officiellement son petit séminaire, avec un personnel composé essentiellement de Prêtres diocésains.
En 1829, en pleine année scolaire, à la mort de son second directeur, il nomme, contre toute attente, pour lui succéder le Père Jean-Claude Colin, qui ne faisait même pas partie du personnel enseignant mais qui logeait sur place avec ses autres compagnons maristes occupés avec lui à prêcher des Missions dans les montagnes du Bugey.
S'il décide d'y envoyer le Père Chanel en 1831, ce n'est pas seulement parce que celui-ci demandait depuis plusieurs années à se joindre au groupe des aspirants maristes, mais aussi parce qu'il avait confiance en ses qualités pédagogiques et spirituelles pour s'occuper de la formation de ses futurs grands séminaristes. Il ne sera pas déçu.

Avec succès

Pas plus que le Père Jean-Claude Colin, le Père Chanel n'avait été préparé à la tâche d'éducateur qui l'attendait à Belley.
Son Évêque, en le nommant, pensait qu'il en avait les capacités. La suite lui donna raison. N'est pas professeur de sixième qui veut, même si, cette année-là, la classe ne comptait que sept élèves ; il y faut une certaine disposition. Le Père Chanel l'avait.
La difficulté qu'il aura plus tard à apprendre la langue de Futuna nous fait parfois penser qu'il aurait été un élève médiocre, quoique studieux et volontaire, comme son condisciple, le jeune Jean-Marie Vianney, le futur curé d'Ars, qui faillit être renvoyé du séminaire pour insuffisance intellectuelle.
Ce n'était pas le cas du jeune Pierre. Au petit séminaire de Meximieux où il étudia de 1819 à 1823 il obtint plusieurs prix et accessits en vers latins, doctrine Chrétienne et discours français et latins.
Avec cela, difficile de croire qu'il était fâché avec les langues étrangères, comme on le dit souvent.
D'ailleurs, que fera-t-il au Havre, pour tuer le temps, pendant les deux mois qu'il passera avant de pouvoir embarquer pour le Chili ?
Il apprendra deux langues en même temps - l'anglais et l'espagnol - pensant qu'elles pourraient lui être utiles plus tard.. Il eut pourtant beaucoup de mal à apprendre la langue de Futuna, si différente de celles qu'il parlait ou comprenait. Ce fut son écharde dans sa vie de missionnaire.
Oubliant provisoirement son attrait pour les Missions, il va se donner totalement à sa tâche, malgré de graves problèmes de santé la première année (douleurs de poitrine et crachements de sang qui l'obligeront de s'absenter souvent de sa classe pour se reposer).
Néanmoins le supérieur de l'établissement, le Père Colin, qui vit avec lui, remarque ses bons rapports avec les autres enseignants, ses élèves et les autres élèves de l'établissement.
Dès sa seconde année il le nomme directeur spirituel, puis deux ans plus tard, vice-supérieur de la maison.
En fait, il se déchargera sur lui presque totalement de la marche du séminaire pour pouvoir se consacrer aux affaires de la Société de Marie. C'est dire qu'entre lui et le Père Chanel il y avait une grande communion de vues et de pensées.

Quel était le projet éducatif du Père Colin ?

Il insistera beaucoup sur la communauté éducative que doivent former, selon lui, les professeurs, les préfets, les directeurs spirituels et le supérieur du petit séminaire.
Tous devaient être animés par un amour fraternel, qui servirait de modèle aux élèves. "Rien ne fait plus d'impression sur eux que le bon exemple" aimait-il à répéter.
Dans cette communauté, le supérieur avait un rôle particulier : celui d'un père, qui exerce ses fonctions dans un esprit de concertation et de service.
Mais le supérieur reste seul maître à bord, après Dieu. Une dizaine de professeurs l'apprirent à leurs dépens quand ils adhérèrent, contre la volonté de leur supérieur, aux doctrines de Lamennais.
A la rentrée suivante il ne reprit aucun d'eux !

Quelles étaient les qualités éducatives que Colin attendait de son personnel ?
   Avant tout de l'autorité : c'était la pierre d'angle de son système éducatif.
   Ensuite, la connaissance personnelle des élèves, condition indispensable pour pouvoir s'adapter à chacun d'eux.
   Puis un enseignement de qualité.
   Enfin, la vigilance, surtout dans les moments et sur les lieux où l'étude n'occupait pas l'esprit des élèves (la majorité d'entre eux, il faut se le rappeler, étaient internes)
   Si la punition faisait partie de l'arsenal pédagogique, Colin recommandait d'en user avec modération et prudence. Mais si l'avenir de l'établissement était en jeu, il n'hésitait pas à renvoyer un élève.

Le secret du Père Chanel

Comment Pierre Chanel mit-il en application ce projet éducatif ?
Nous avons le témoignage d'un professeur qui ne le connaissait pas avant d'arriver à Belley. "Je ne savais à son sujet que sa grande réputation comme excellent directeur. Son amabilité charmait tous les élèves; il était chéri de tous... Il avait une réputation de bonté, de douceur, de piété... Il était toujours gai... Ses réunions hebdomadaires avec les professeurs étaient très utiles pour la paix et la bonne entente, ainsi que pour la discipline de la maison... La maison marchait bien sous sa direction..."
Dans ce témoignage il manque un mot important utilisé par le Père Colin. Celui de fermeté. A la place, on a celui de douceur. Les Futuniens le noteront plus tard : Chanel était un homme au bon cœur.
Anne-Marie Chavoin, la future Fondatrice des Sœurs Maristes, qui vivait dans le collège voisin de Bon Repos, parlait, elle, de "sa trop grande bonté", contre laquelle elle le mit un jour, en garde.
Elle craignait que "son manque de fermeté ne nuise au collège". Ce qui était sous sa plume un reproche, était en réalité une qualité !
Il est vrai qu'après son départ, le collège connut de grosses difficultés, mais peut-on les lui reprocher ?
Alors qu'il était encore au collège, un scandale éclata un jour : un des professeurs, un séminariste originaire de Saint Etienne, corrompait certains élèves (la pédophilie existait déjà à l'époque ! ), et le Père Chanel n'avait rien vu...
Mais il n'était pas le seul : personne ne s'était rendu compte de rien, comme cela se passe bien souvent dans ces cas-là.
Ayant découvert le pot aux roses, Chanel prit la décision qui s'imposait.

Quelle était la clef du succès du Père Chanel auprès des élèves et de leurs parents ?
Elle peut se résumer en trois expressions :
    une sainte gaieté
    peu de pratiques
    et un projet pour chacun

Une sainte gaieté... Chanel était toujours gai, on l'a déjà vu. C'était naturel chez lui, comme le prouve sa remarque à un ancien élève, en 1835 : "Il n'y a rien d'extraordinaire ici pour le moment. On travaille et on s'amuse beaucoup..." Séances théâtrales, fêtes, chorales, grands congés avec lever en fanfare : l'ambiance à Belley n'avait rien de morose sous sa houlette !
Peu de pratiques... Ni Colin ni Chanel n'étaient en faveur de pratiques religieuses multiples. Une messe par semaine, une dizaine de chapelet par jour et une Confession par mois constituait le menu religieux des élèves. C'était beaucoup moins que dans les établissements similaires de l'époque.
Un projet pour chacun... c'est-à-dire une attention personnelle à chaque élève. C'était bien dans le style de Chanel.
En tant que directeur spirituel, il "confessait à tour de bras", selon son expression, c'est-à-dire qu'il passait beaucoup de temps avec les élèves individuellement pour les conduire vers Dieu, chacun à son rythme.
Après leur départ du collège, il entretint une correspondance suivie avec certains d'entre eux, jusqu'en Océanie.
De Valparaiso, au Chili, où il faisait escale, il demanda que chaque année on lui envoie la liste nominale de tous les nouveaux et qu'on mette une petite croix devant le nom de ceux qui auraient déjà la pensée de venir le rejoindre en Océanie.

Les cinq années du Père Chanel à Belley l'ont beaucoup marqué.
Dans une des dernières lettres que nous avons de lui, envoyée de Futuna au Père Colin en mai 1840, il disait : "Les petits séminaires de Belley et de Meximieux ne deviendront-ils pas deux pépinières de missionnaires ?...
Dans l'impossibilité où je suis d'écrire maintenant à vos chers enfants du petit séminaire de Belley, auriez-vous, mon Très Révérend Père, l'extrême bonté de leur dire de ma part qu'ils ne peuvent pas se faire une idée de la tendresse et de l'affection que je leur porte toujours..."


Tendresse, affection, toujours...
Ces mots caractérisent bien l'éducateur qu'il fut pendant cinq ans. Il avait aimé les jeunes qui lui avaient été confiés !  
A l'autre bout du monde, pendant les quelques années qu'il lui restait à vivre, il ne fera pas autre chose :
Aimer jusqu'au bout les Futuniens qui lui seront confiés.
D'après une conférence de Carême du Père F. Grossin, le 21 Mars 2003 

Chanel01 1Sa devise était : AIMER MARIE ET LA FAIRE AIMER.

http://www.diocese-frejus-toulon.com/Saint-Pierre-Chanel-pretre.html

“Aimer Marie et la faire aimer”, telle était la devise de ce Saint français, premier martyr d’Océanie, et un des Saints patrons et Bienheureux des JMJ 2008 de Sydney.

Saint Pierre Chanel est né le 12 juillet 1803 à la ferme de la Potière à Cuet dans le diocèse de Belley-Ars, en France.
Le curé de Cras-sur-Reyssouze remarque rapidement sa piété et son intelligence, et lui propose de l’emmener avec lui, pour servir la Messe et étudier avec lui, à l’école de Cras, qu’il intègre à l’automne 1814.
Après sa première Communion au Corps de Jésus, le 23 Mars 1817, il se passionne pour la lecture des lettres des Missionnaires envoyés par Monseigneur Dubourg, de retour d’Amérique.
Plus tard il confiera : “C’est l’année où je formai le dessein d’aller dans les Missions lointaines”.

Il perçoit à ce moment l’appel de Jésus à tout quitter pour le suivre dans la vocation Sacerdotale et commence à étudier au séminaire.
Il est ordonné Prêtre en 1827, et après plusieurs missions locales, il rentre dans la Société de Marie. Il enseigne alors pendant 5 ans, tout en désirant être Missionnaire sur des terres lointaines.

Suite à l’appel du Pape Grégoire XVI à envoyer des missionnaires en Océanie, mission particulièrement confiée à la Société de Marie, Pierre Chanel se porte volontaire, et embarque au Havre, le 24 Décembre 1836, en direction de Futuna.

Pierre Chanel et deux compagnons s’installent à Futuna et il y célèbre sa première Messe le 8 Décembre 1837, (Fête de l’Immaculée Conception depuis 1477).
Pendant 2 ans, hébergés par le roi local Niuliki, il apprend la langue du pays auprès du roi Niuliki et Baptise des enfants mourants.

Une fois sa “formation” terminée (!), Pierre Chanel commence son travail d’évangélisation. Il a à cœur de lutter contre le cannibalisme, encore présent sur l’île, et contre les guerres entre tribus.
Ses actions lui valent le surnom d’“homme à l’excellent cœur”.

Devant le nombre de conversions au Catholicisme, le roi Niuliki prend ombrage et décide de ne plus héberger ni nourrir les Missionnaires, qui sont alors contraints de manger du manioc, issu d’un champs qu’ils défrichent et qui est régulièrement saccagé pour les obliger à quitter l’île.
Menacés de mort, ils sont même réduits à manger leur chien.

Mais devant les Prières et offrandes des Missionnaires dans l’Eucharistie célébrée chaque jour, et à travers leur témoignage, L’Esprit-Saint continue à toucher les cœurs.

Ainsi, L’Esprit-Saint conduit le fils du roi Niuliki à se convertir publiquement au Catholicisme.
Le 28 Avril 1841, le roi décide alors d’en finir avec le Missionnaire qui met en péril sa puissance et celle de sa descendance, et envoie des guerriers pour le tuer et piller sa demeure.

Roué de coup, d’un coup de hachette, Pierre Chanel entre dans la vie Divine ce jour-là.
Peu d’années après ce drame, toute l’île de Futuna était Chrétienne, y compris ses assassins.
Une danse (“eke”), est même créée par les habitants de Futuna en pénitence et pour se souvenir du Saint Missionnaire qui leur avait apporté la bonne nouvelle de Jésus Ressuscité.

Il a été Béatifié par Léon XIII en 1889 comme martyr et Canonisé par Pie XII le 13 Juin 1954.

Seigneur, pour la croissance et le progrès de ton Église,
tu as donné à Saint Pierre Chanel la gloire du martyre ;
permets que nos Célébrations du Christ mort et ressuscité
fassent de nous les témoins d’une Vie nouvelle.
Amen

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Date de dernière mise à jour : 28/04/2018