Sainte Agnès de Montepulciano, Abbesse Dominicaine (1268-1317). Fête le 20 Avril.

Vendredi 20 Avril 2018 : Fête de Sainte Agnès de Montepulciano, Abbesse Dominicaine (1268-1317).

Sainte agnes de montepulciano 11

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Sainte Agnès de Montepulciano

Moniale italienne (✝ 1317)

Dominicaine de Montepulciano en Italie dont Sainte Catherine de Sienne louait les vertus lorsqu'elle s'entretenait avec Le Seigneur (Dialogue 149 de Sainte Catherine) et qu'elle vénérait après la mort de l'humble Dominicaine.
À Montepulciano, en Toscane, l’an 1317, Sainte Agnès, vierge, qui prit à neuf ans l’habit des vierges Consacrées, à quinze ans devint, malgré elle, la première supérieure du Monastère de Procena, et bientôt fonda dans sa patrie un autre Monastère, sous le Règle de Saint Dominique, où elle donna un admirable exemple de véritable humilité.
Martyrologe romain

Stagnes local n 1

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Sainte Agnès de Montepulciano
Abbesse Dominicaine

Agnès (dans le siècle Agnese Segni) naît à Gracciano, près de Montepulciano (Toscane), le 28 janvier 1268, de parents suffisamment fortunés et très bons Chrétiens.

À 4 ans, à l'âge où les enfants ne savent que jouer, Agnès cherchait la solitude pour mieux prier ; à 9 ans, à l'âge où déjà les parents fiançaient leur fille, elle obtient de ses parents d'entrer chez les Religieuses Franciscaines du Sac à Montepulciano pour être à son Bien-Aimé. Désormais, sa vie ne sera plus qu'une continuelle Oraison.

À 15 ans elle dirige la construction du Couvent Franciscain à Procena, où par le bref Pontifical elle devient Abbesse ; à 32 ans elle revient à Montepulciano pour y fonder un Couvent de Sœurs Dominicaines, où elle sera Prieure.

Agnès est avant tout une âme Contemplative. Pour elle, Dieu c'est le Bien-Aimé : elle lui manifeste une amitié sans réserve, une tendresse sans limite, une confiance sans borne. Il la comble de faveurs extraordinaires, répond empressement à ses désirs et satisfait même ses moindres caprices.
Aussi la représente-t-on caressant l'Agneau de Dieu qu'elle tient dans ses bras et dont elle porte le nom.

Un jour qu'elle fut longtemps ravie en extase, l'heure de la Messe passa sans qu'elle ne s'en aperçût.
Revenue à elle-même, elle se mit à pleurer de ne pouvoir ce matin-là recevoir son Bien-Aimé. Jésus lui envoie alors porter la Sainte Communion par l'Ange qui l'avait assisté dans son agonie.
C'est encore cet Ange qui viendra lui annoncer les souffrances et la mort qu'elle aura à endurer : « Prends ce Calice, ô bien-aimée du Christ, lui dira-t-il, bois comme Lui jusqu'à la lie ». Elle prendra la coupe, et la videra, lui semble-t-il, toute entière.

La vie s'en allait, et les Religieuses, la voyant mourir, la suppliaient de demander sa guérison. « Si vous m'aimiez vraiment, leur répondit-elle, vous vous réjouiriez de ma mort, puisque je m'en vais à mon Bien-Aimé.
Je vous serai plus utile au Paradis qu'ici ; ayez confiance, je serai toujours avec vous
 ».
Quelques instants après, levant les yeux et les mains vers le Ciel, elle dit avec un sourire ravissant cette dernière parole : « Mon Bien-Aimé est à moi, je ne le quitterai plus ».

Elle meurt le 20 Avril 1317, à l'âge de 49 ans. Son corps, miraculeusement préservé de la corruption du tombeau, repose au Couvent des Dominicaines de Montepulciano.
Agnès de Montepulciano fut Canonisée le 12 Mai 1726 par Benoît XIII (Pietro Francesco Orsini, 1724-1730).

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Agn%C3%A8s_de_Montepulciano.
Agnese da Montepulciano née Agnès Segni (Gracciano, 28 janvier 1268 - 20 avril 1317) fut une Abbesse Dominicaine, Béatifiée en 1608 et Canonisée en 1726.

Sa Vie

Agnès Segni est née le 28 janvier 1268 à Gracciano, près de Montepulciano. Enfant, elle fut confiée aux sœurs Franciscaines de Montepulciano, appelées Sœurs du Sac parce que leur habit, de toile grossière, ressemblait à un sac (tenue le plus proche du franciscanisme primitif).
En 1283, elle entre dans une communauté nouvelle Franciscaine, à Procena, près d'Orvieto, à 15 ans.
Sa sagesse, ses grandes qualités spirituelles ont fait qu'elle a rapidement été nommée Abbesse de ce Monastère. Comme elle n'avait que quinze ans, une dérogation a été obtenue par un bref Pontifical.
En 1306, elle revient à Montepulciano pour y fonder un petit Couvent en dehors de la ville. Elle y construit un Oratoire consacré à la Sainte Vierge, qui sera agrandi ensuite, en 1311. Pour ce faire, elle collecte de l'argent auprès des riches et des pauvres de la région et devient Prieure du Couvent de Dominicaines qu'elle fonda.

Sa mort

Agnès vécut là le restant de ses jours, et y mourut à l'âge de 49 ans, le 20 avril 1317. Pendant son agonie, un ange lui apparut en lui disant : « Prends ce Calice, ô bien-aimée du Christ, bois comme Lui jusqu'à la lie ».
Ses sœurs, la voyant mourir, la suppliaient de demander sa guérison. Elle leur répondit : « Si vous m'aimiez vraiment, vous vous réjouiriez de ma mort, puisque je m'en vais à mon Bien-Aimé. Je vous serai plus utile au Paradis qu'ici ; ayez confiance, je serai toujours avec vous »
Elle s'éteignit en disant : « Mon Bien-Aimé est à moi, je ne Le quitterai plus »
Son corps, miraculeusement préservé de la corruption, repose au Couvent des Dominicaines de Montepulciano.
Sainte Catherine de Sienne (1357-1380) avait une grande vénération pour elle.

Béatification - Canonisation

Sainte Agnès de Montepulciano et l'Eucharistie

Un jour qu'elle était en extase mystique, l'heure de la Messe passa sans qu'elle ne s'en soit aperçue.
Revenue à elle-même, elle se mit à pleurer de ne pouvoir ce matin-là recevoir la Communion. Un ange apparut alors, lui apportant l'Eucharistie.

Iconographie

  • Sainte Agnès de Montepulciano est souvent représentée avec « trois cailloux » en souvenir de la construction du Monastère dont les pierres lui avaient été offertes par la Sainte Vierge. (voir ci-dessus)
  • Elle est aussi représentée en compagnie d'un agneau, par la similitude avec son prénom et son Adoration de l’Agneau de Dieu.
  • On la représente aussi dans sa fonction d'Abbesse, portant une crosse.

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http://moplourdes.com/Nos%20racines/moniales%20Agnes%20de%20montepulciano.html

Sainte Agnès de Montepulciano
Fondatrice du Monastère de Montepulciano

La Vie d'Agnès

A l’âge de 4 ans, elle quittait souvent ses jeux d’enfant pour se retirer dans un endroit solitaire.
Là, elle se mettait à genoux, élevait vers le ciel son cœur, ses yeux et ses petites mains, offrait à Jésus ses prières et sa personne, et lui demandait de bénir ses parents.
A 9 ans, Agnès, dont le nom signifie épouse, demanda à se vouer à Dieu dans un Monastère. Ses parents crurent sage de s’opposer pour le moment à ce dessein : elle était si jeune !
Mais Agnès pria et Dieu fléchit toutes les résistances. Elle entra chez les religieuses del Sachho, à côté de Monte Pulciano, qui vivaient sous la règle de Saint François et de Saint Augustin.
La fille de haute naissance de la Segni n'était pas du tout consterné par la rude simplicité avec laquelle ils ont suivi leur père François, elle se réjouit en elle. Pendant cinq ans, elle a apprécié la seule paix complète qu’elle n’aurait jamais plus.
Dès ses premières années de vie religieuse, elle fut très appréciée de sa maîtresse des novices et de ses compagnes de noviciat.

Lorsqu'elle fut arrivée à l'âge de quatorze ans, on la nomma procuratrice (économe) de son Monastère.
Cette charge devait l'arracher aux douceurs de l'oraison - mais elle savait que l'oraison n'est plus agréable à Dieu, quand l'obéissance appelle à d'autres emplois.
Elle obéit donc avec joie, et jamais on n'eut à lui adresser le moindre reproche. Elle veillait avec diligence à ce qu'aucune religieuse ne manquât de quoi que ce fût, et quand il s'agissait de rendre un service à ses sœurs, elle était toujours pleine de grâce et de charité.

Auparavant, elle avait résolu de garder pendant le Carême un silence inviolable pour ne converser qu'avec le Ciel ; mais, comme ses Sœurs seraient devenues les victimes de ce sacrifice, elle se contenta de retrancher toutes les paroles qui n'étaient pas nécessaires à l'exercice de sa charge.
Dieu témoigna alors combien il est loin de désapprouver qu'on le quitte pour le bien du prochain ; car, durant ce temps même, Sainte Agnès reçut une grâce des plus éclatantes.
Elle atteint un haut degré de la prière Contemplative et a été favorisée de nombreuses visions.

La Mère du Sauveur, qui après Dieu possédait son âme, lui apparut, et l'entretenant doucement, elle lui donna trois petites pierres merveilleusement belles. Puis elle lui dit : « Ma fille, avant ta mort tu bâtiras un Monastère en mon honneur : prends ces trois petites pierres pour te rappeler que ton édifice doit être fondé sur la Foi constante et la confession de la très-haute et indivisible Trinité… »

Déjà Agnès jouissait dans le monde même, où le bruit de ses miracles s'était répandu, d'une réputation extraordinaire de sainteté.
On en vit bientôt la preuve. Les habitants de Procena, près d'Acqua Pendente, avaient décidé de bâtir un Monastère pour leurs filles.

Bien qu'Agnès n'eût que quinze ans, ils vinrent la demander pour en être la Fondatrice et la première supérieure.
A la pensée du commandement, l'humilité d'Agnès s'effraya : elle mit en avant son incapacité et son âge.

D'ailleurs, elle savait que ce n'était pas là le Monastère que la Sainte Vierge lui avait ordonné de bâtir. Cependant le Vicaire de Jésus-Christ (le Pape), eu vertu de son autorité suprême, lui ordonna d'entreprendre la Fondation proposée ; elle le fit. Mais, toujours convaincue de son indignité, elle redoubla ses oraisons et ses pénitences.

En retour de ces sacrifices, elle fut comblée, même visiblement, des grâces Célestes. Une nuit de l'Assomption, la sainte Vierge lui apparut de nouveau ; et, déposant l'enfant Jésus dans ses bras, elle l'abandonna à ses plus affectueuses caresses.
Agnès ne put se séparer de son bien-aimé qu'en versant des larmes, et pour consolation, elle détacha une petite Croix du riche collier de perles du Divin enfant.
- Un autre jour, priant dans la partie la plus solitaire du jardin, elle fut ravie en Dieu et oublia l'heure de la Messe.
Son extase ayant cessé, elle se mit à pleurer de n'avoir pu recevoir son Sauveur. Alors un ange lui apporta la sainte Eucharistie et lui donna la Communion.

Or, les Religieuses del Saccho ne formaient qu'une de ces Congrégations éphémères qu'un jour de générosité fait naître, mais que, au siècle suivant, on retrouve seulement dans le passé de l'histoire.
Un jour donc, - dans une de ses visions mystérieuses, la servante de Dieu se trouva en pleine mer, en face de trois vaisseaux magnifiquement pavoisés conduits par Saint Augustin, Saint François d'Assise et Saint Dominique.
Une sainte dispute s'était élevée entre eux à qui posséderait Agnès. Mais le glorieux patriarche Dominique, alléguant l'arrêt du Ciel qui lui donnait Agnès pour fille, tendit la main à son enfant et l'introduisit dans sa barque.

Agnès ne comprenait pas comment se ferait ce changement d'institut ; mais bientôt un ange vint le lui révéler.
Il lui rappela les trois petites pierres qu'elle avait reçues autrefois de la Sainte Vierge, avec l'ordre de lui bâtir plus tard un Monastère.
« Le temps, lui dit-il, en est venu : de fonder une maison sur la colline même de Monte Pulciano ; vous dédierez le couvent à la Très-Sainte Trinité, à l'incomparable Vierge Marie, au Bienheureux Dominique, auquel vous allez désormais appartenir. »

Elle se rendit donc à Monte Pulciano, où elle fut reçue comme en triomphe. Redoutant ces applaudissements, qui ôtent souvent à la vertu son prix surnaturel, elle pressait sans relâche les travaux de construction ; et sitôt que la clôture put être gardée , elle revêtit l'habit des Sœurs de Saint-Dominique, puis fit vœu de vivre selon les règles de son nouvel Ordre.
Suivant la promesse qui lui avait été faite, elle se trouva, en peu de temps, à la tête d'une Communauté de vingt Religieuses.

Mais Dieu permit une fois qu'on oubliât la nouvelle famille, et le Couvent resta trois jours sans pain.
Agnès, dont la confiance égalait l'humilité se plaignit amoureusement au Ciel d'une nécessité si extrême.
Mais écoutons Dieu relatant l’événement à la Vierge de Sienne (Dialogue 149) :« Cette chère petite pauvre, dit-il, ma fidèle Agnès, éleva son cœur vers ma bonté, en me disant : Mon bien-aimé Seigneur, mou tendre Père, mon éternel Époux, ne m'avez-vous pas ordonné de  retirer de leurs familles ces vierges?
Et vous, ne les avez-vous réunies dans votre maison que pour les laisser mourir de faim ? Bon Maître, pourvoyez à leurs besoins !

Pour satisfaire son humble demande, j'inspirai à quelqu'un la pensée de lui porter cinq petits pains, et je le lui révélai.
Quand celui qui venait approcha de la porte, Agnès dit à une de ses filles : Ma fille, allez au tour, et apportez le pain que Le Seigneur nous envoie dans sa Bonté.
- Quand les pains furent apportés, on se mit à table, et, pendant que ma bien-aimée faisait le partage, je mis dans ses mains une telle puissance que les pains se multiplièrent et purent fournir abondamment à plusieurs repas. »

Cependant le jour des noces Célestes approchait pour Agnès. Mais des heures d'infirmités et de douleurs précédèrent cet instant si désiré.
Pressentant que Dieu voulait la retirer de cette terre d’exil, elle se disposa à la mort avec joie, et reçut les derniers Sacrements avec un cœur palpitant d’amour et un visage rayonnant de joie.
Ses Sœurs pleuraient amèrement, mais elle les consola par ces paroles : «  Si vous m’aimiez comme vous devez, mes filles, vous ne pleureriez pas ainsi.
Car les amis ne s’attristent pas du bien de leurs amis : au contraire, ils s’en réjouissent. Le plus grand bien qu’il puisse m’arriver, c’est de m’en aller à notre Epoux.
Soyez-lui fidèles à cet Epoux si bon ! Persévérez toujours dans l’obéissance, et je vous promets de vous être  plus utile au Ciel que si je restais parmi vous. Surtout, aimez-vous les unes les autres ! »
Bientôt, levant les yeux et les mains au Ciel, elle dit avec un sourire ravissant : « Mon bien-aimé est à moi ; je ne le quitterai plus ! » C’était le 20 Avril 1317.

Sant agnese segni di montepulciano aCCIII (157).- Lettre de Sainte Catherine de Sienne à la Prieure, et aux Religieuses de Sainte-Agnès, à Montepulciano.
- De la reconnaissance envers Dieu, qui se prouve par l’observation de ses commandements et de ses conseils.
(Le Couvent de Sainte-Agnès était proche de Montepulciano. Sainte Catherine aimait beaucoup le visiter pour vénérer le corps de la Bienheureuse Agnès, qui y était conservé. Plusieurs miracles s’opérèrent pour elle dans ces visites. (Vie de sainte Catherine, Ire p., ch. XII.)

Lettre de Ste Catherine de Sienne
aux moniales de Montepulciano

AU NOM DE JESUS CRUCIFIE ET DE LA DOUCE MARIE

1. Mes très chères Mères et Filles dans Le Christ, le doux Jésus, moi, Catherine, la servante et l’esclave des serviteurs de Jésus-Christ, je vous écris dans Son précieux Sang, avec le désir de vous voir reconnaissantes envers votre Créateur, afin que la source de [1131] la piété ne se tarisse pas dans vos âmes, mais qu’elle s’alimente par la reconnaissance.
Faites attention que cette reconnaissance ne doit pas consister seulement en paroles, mais encore en bonnes et saintes œuvres.
Et comment la montrerez-vous? En observant les doux Commandements de Dieu, et avec ces Commandements, les conseils, mentalement et actuellement; car vous avez choisi cette voie des conseils, il faut donc la suivre jusqu’à la mort autrement vous pêcheriez; l’âme qui est reconnaissante les observe toujours.
Que promettez-vous dans votre profession? Vous promettez d’observer l’Obéissance, la Charité, la Pauvreté volontaire; et si vous ne les observez pas, vous tarirez la source de la Piété.

2. O très doux feu d’Amour, qui remplit l’âme des plus suaves douceurs ! Aucune peine, aucune amertume ne peut atteindre l’âme qui brûle de ce feu doux et glorieux.
La Charité ne juge jamais en mal; elle ne voit pas la volonté de l’homme, mais seulement la volonté de Dieu, sachant qu’il ne veut autre chose que notre sanctification.
Puisque Dieu ne veut autre chose que notre bien, que tout vient de Lui, et qu’il permet dans ce but les tribulations, les tentations, les peines et les tourments, l’âme ne doit s’affliger de rien, si ce n’est du péché, qui n’est pas en Dieu.
Puisqu’il n’est pas en Dieu, il n’est pas digne d’être aimé; il faut, au contraire, le haïr, et préférer la mort à l’offense de son Créateur.
O douceur d’amour ! Comment le cœur de votre épouse peut-il ne pas vous aimer, en voyant que vous êtes l’Epoux qui est la vie?
Dieu éternel! Vous nous avez créés à votre image et ressemblance uniquement par Amour, et, lorsque nous avons perdu la grâce par le malheureux péché, vous nous avez donné le Verbe, votre [1126] Fils unique, et votre Fils nous a donné sa Vie; il a puni nos iniquités sur son corps, et il a payé une dette qu’il n’avait pas contractée.
Hélas! Hélas ! Misérables que nous sommes ! Nous étions des voleurs, et il a été supplicié pour nous!

3. Ne doit-elle pas rougir de honte et de confusion, l’épouse ignorante, endurcie, aveugle, qui n’aime pas lorsqu’elle se voit tant aimée, et que les liens de cet Amour sont si doux?
Voici le signe de l’Amour celui qui aime Dieu avec la raison suit les traces du Verbe, son Fils unique; celui qui ne l’aime pas au contraire, suit les traces du démon et sa propre sensualité. Il obéit aux lois du monde, qui sont opposées à celles de Dieu; il goûte la mort et ne s’en aperçoit pas.
Son âme est plongée dans les ténèbres, car elle est privée de la lumière; elle souffre et elle est en querelle continuelle avec son prochain, parce qu’elle est privée des liens de la Charité.
Elle se trouve livrée aux mains du démon, parce qu’au lieu d’être l’épouse fidèle de Jésus Crucifié, elle a, comme une adultère, abandonné son céleste Epoux; car l’épouse, est appelée adultère lorsqu’elle n’a plus l’Amour de l’époux, et qu’elle aime, qu’elle s’unit à celui qui n’est pas son époux.
Quel danger et quelle honte de se voir aimée, et de ne pas aimer !

4. Aimez-vous donc, aimez-vous les unes les autres; c’est à cela qu’on verra si vous êtes ou non, les épouses et les filles du Christ.
On ne les reconnaît qu’à l’Amour qui a Dieu pour principe, et qui s’applique au prochain. C’est ainsi qu’il faut arriver à notre but, à notre fin, en suivant les traces de Jésus [1127] Crucifié; non le Père, mais le Fils, parce que le Père ne peut souffrir, mais le Fils.

5. Il faut donc suivre la voie de la très sainte Croix, supportant les opprobres, les mépris, les outrages, méprisant le monde avec toutes ses délices souffrant la faim, la soif avec l’esprit de pauvreté, avec une obéissance ferme et persévérante, avec une grande pureté d’âme et de corps, dans la société des personnes qui craignent vraiment Dieu, et dans la solitude de la cellule, en fuyant comme le poison, le parloir et la conversation des faux dévots et des séculiers.
Car l’épouse du Christ n’agit pas de la sorte; elle aime la société des vrais serviteurs de Dieu, et non celle de ceux qui n’ont de religieux que l’habit.
Il ne faut pas que sous un chef couronné d’épines vivent des membres délicats, comme font les insensés qui s’éloignent du Christ, leur maître, et qui ne recherchent que les délices et les délicatesses du corps.
Nous surtout, qui sommes séparées du siècle et placées dans le jardin de la vie religieuse, nous, ses épouses choisies, nous devons être des fleurs de bonne odeur.
Oui, si vous observez ce que vous avez promis pour répandre vos doux parfums, vous participerez à la Bonté de Dieu en vivant dans sa Grâce, et vous le goûterez dans son éternelle vision.
Si vous ne le faites pas, vous répandrez une honteuse infection; vous goûterez l’enfer dès cette vie, et vous aurez à la fin en partage la vue des dénions.
Pour suivre Le Christ, sortez du siècle, renoncez au monde et à ses richesses en vous attachant à la vraie Pauvreté.
Renoncez à la volonté propre en tous soumettant à la véritable obéissance; éloignez [1128] vous de l’état commun en ne voulant pas être les épouses du monde, pour conserver la vraie continence et la virginité dont le parfum réjouit Dieu et les anges qui se plaisent à habiter l’âme qu’embaume la Pureté.
Soyez unies et non pas divisées par la haine, la jalousie et l’antipathie, les unes envers les autres; soyez unies étroitement dans les liens de la Charité, car autrement vous ne pourriez plaire à Dieu ni avoir aucune vertu parfaite.

6. Quelle honte et quelle confusion pour l’âme qui ne tient pas ce qu’elle a promis, et qui fait tout le contraire !
Elle ne suit pas Le Christ, et ne marche pas dans la voie de la Croix; mais elle veut suivre la voie du plaisir.
Ce n’est pas la nôtre : il nous faut suivre l’humble Christ, l’Agneau sans tache, le pauvre Agneau; sa pauvreté était si grande, qu’il n’avait pas une place pour reposer sa tête très pure. La souillure du péché n’était pas en Lui, et il a obéi à son Père pour notre Salut jusqu’à la mort honteuse de la Croix.
Les Saints et notre glorieux Père saint Dominique ont fondé leurs Ordres sur ces trois colonnes, la Pauvreté, l’Obéissance, la Chasteté, pour pouvoir mieux ressembler au Christ et suivre sa doctrine et ses conseils ; car de ces vertus procède toute Vertu, et de leurs contraires procèdent tous les vices.
La Pauvreté éloigne l’orgueil, les conversations du monde et les amitiés dangereuses qui s’entretiennent par des présents; car quand on n’a rien à donner, on ne trouve que l’amitié des vrais serviteurs de Dieu, qui aiment le don de l’âme.
Elle éloigne la vanité du cœur et la légèreté d’esprit; elle fait aimer la cellule, où on goûte la sainte oraison,[1129] qui conserve et augmente les vertus.
Elle conduit à la Pureté parfaite, et fait observer ainsi le vœu de Chasteté, tellement qu’on s’abstient non seulement d’un pêché, mais de tous, en foulant aux pieds la sensualité, en macérant son corps, et en le privant de tout plaisir.
En le domptant ainsi par le jeûne, les veilles et la prière, on devient humble, patient, charitable; on supporte les défauts de son prochain, et on s’unit à son Créateur par l’Amour, et au prochain pour Dieu.
L’âme supporte les peines du corps, parce qu’elle y trouve un gain.

7. Lorsqu’elle a ainsi triomphé de l’orgueil, elle y goûte le parfum de la sainte Humilité; et elle est aussi Obéissante qu’elle est Humble, et aussi Humble qu’elle est Obéissante.
Celui qui n’est pas orgueilleux suit ce qui est humble; et s’il est humble, il est vraiment obéissant; il possède ainsi la troisième colonne qui soutient la cité de l’âme.
Le véritable Obéissant observe les règles et les usages de son Ordre; il n’élève pas la tête de la volonté propre contre son supérieur, et ne discute jamais avec lui; mais au premier mot, il obéit et baisse la tête sous le joug.
Il ne dit pas : Pourquoi me commande-t-il, me dit-il cela, et non pas autre chose? Mais il cherche le moyen d’obéir promptement.
O douce Obéissance ! Tu n’as jamais de peines ; tu fais vivre et courir les hommes morts, car tu fais mourir la volonté; et plus elle est morte, plus on court rapidement.
Car l’âme qui est morte à l’amour-propre de la volonté sensitive, court plus légèrement pour s’unir à son Epoux Céleste par l’Amour; elle s’élève à une telle hauteur, à un tel repos d’esprit, que dès cette vie, elle commence à goûter les parfums et les fruits de la Vie éternelle. Soyez, soyez donc obéissantes jusqu’à la mort; aimez-vous, aimez-vous les unes les autres; unissez-vous par les liens de la Charité, car nous ne pouvons autrement atteindre la fin pour laquelle nous avons été créées.
C’est pourquoi je vous ai dit que je désirais vous voir des épouses unies étroitement dans les liens d’une véritable et ardente Charité. Je termine. Demeurez dans la sainte et douce dilection de Dieu. Doux Jésus, Jésus Amour

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Date de dernière mise à jour : 20/04/2018