Bienheureux Charles de Foucauld, Ermite, Prêtre, Missionnaire et Martyr (1858-1916). Fête le 1er Décembre.

Vendredi 1er Décembre 2017 : Fête du Bienheureux Charles de Foucauld, Ermite, Prêtre, Missionnaire et Martyr (1858-1916).

6nmk0 chdefoucauld 11 2

http://nominis.cef.fr/contenus/saint/9993/Bienheureux-Charles-de-Foucauld.html.

Bienheureux Charles de Foucauld

Ermite, Prêtre, Missionnaire (+ 1916)

Charles de Foucauld a été Béatifié le 13 Novembre 2005.
Officier à la vie dissolue et scandaleuse, il se convertit à Paris. Il se fait moine puis Ermite à Nazareth et enfin au Sahara.
Sa vie magnifique a suscité de nombreuses familles Religieuses.

"Charles de Foucauld a eu une influence notable sur la spiritualité du XXe siècle et il reste, en ce début du troisième millénaire, une référence féconde, une invitation à un style de vie radicalement évangélique, et cela au-delà même de ceux qui appartiennent aux différents groupements dont sa famille spirituelle, nombreuse et diversifiée, est formée.

Accueillir l'Évangile dans toute sa simplicité, évangéliser sans vouloir imposer, témoigner de Jésus dans le respect des autres expériences religieuses, réaffirmer le primat de la charité vécue dans la fraternité, voilà quelques-uns seulement des aspects les plus importants d'un précieux héritage qui nous incite à faire que notre vie consiste, comme celle du Bienheureux Charles, à 'crier l'Évangile sur les toits… [à] crier que nous sommes à Jésus'" (source: site du Vatican, homélie de la messe de béatification)
Charles de Foucauld (1858-1916)

"Ordonné Prêtre à 43 ans (1901), il partit au Sahara, d'abord à Beni-Abbès, puis à Tamanrasset parmi les Touaregs du Hoggar. Il voulait rejoindre ceux qui étaient le plus loin, 'les plus délaissés, les plus abandonnés'.
Il voulait que chacun de ceux qui l'approchaient le considère comme un frère, 'le frère universel'. Il voulait 'crier l'Évangile par toute sa vie' dans un grand respect de la culture et de la Foi de ceux au milieu desquels il vivait.

'Je voudrais être assez bon pour qu'on dise: Si tel est le serviteur, comment donc est le Maître?'." (source: site du Vatican, biographie)
"Charles de Foucauld, une vie déroutante" (site de la Fraternité séculière)

"Charles de Foucauld (1858-1916), qui a longuement vécu dans le désert algérien, a été béatifié au Vatican, le 13 novembre 2005." (site internet de l'Église d'Algérie)
- "Charles de Foucauld a été ordonné Prêtre dans la chapelle du Grand Séminaire de Viviers, après avoir passé un an à la Trappe de Notre Dame des Neiges.

Ainsi, il a été Prêtre du diocèse de Viviers et rattaché à notre diocèse jusqu’à sa mort." (Le Père Charles de Foucauld - Un prêtre du Diocèse de Viviers - Église catholique en Ardèche)
- Bienheureux Charles de Foucauld (1858 - 1916) La vie de Charles de Foucauld est marquée par la conversion et le désir d'aller vers les plus lointains. Il a été Béatifié en 2005 par Benoît XVI. (Témoins - site de l'Église catholique en France)

- La première et la plus sûre méthode pour découvrir et connaître Charles de Foucauld est de lire ses Ecrits et sa Correspondance. (diocèse de Lyon - témoins de la foi)
- ...À Paris, guidé par l’abbé Huvelin, il retrouve Dieu à 28 ans. «Aussitôt que je crus qu’il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour lui»... (diocèse de Paris)

Un internaute nous suggère: "Il pourrait être patron des professeurs de langue, lui qui a appris la langue Touareg et écrit le dictionnaire"

Mon Père,
Je m’abandonne à toi,
fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi,
je te remercie.
Je suis prêt à tout, j’accepte tout.
Pourvu que ta volonté se fasse en moi,
en toutes tes créatures,
je ne désire rien d’autre, mon Dieu.
Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu,
avec tout l’amour de mon cœur,
parce que je t’aime,
et que ce m’est un besoin d’amour
de me donner,
de me remettre entre tes mains
sans mesure,
avec une infinie confiance
car tu es mon Père.
Charles de Foucauld

20051113 de foucauld 2http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20051113_de-foucauld_fr.html.

Charles de Foucauld (1858-1916)

Photo

Charles de Foucauld (Frère Charles de Jésus) naquit à Strasbourg, en France, le 15 Septembre 1858.
Orphelin à six ans, il fut élevé, avec sa sœur Marie, par son grand-père, dont il suivit les déplacements dus à sa carrière militaire.
Adolescent, il s'éloigna de la Foi. Connu pour son goût de la vie facile, il révéla cependant une volonté forte et constante dans les difficultés. Il entreprit une périlleuse exploration au Maroc (1883-1884).

Le témoignage de la Foi des Musulmans réveilla en lui la question de Dieu: "Mon Dieu, si vous existez, faites que je vous connaisse".
De retour en France, touché par l'accueil affectueux et discret de sa famille profondément Chrétienne, il se mit en quête.
Guidé par un Prêtre, l'Abbé Huvelin, il retrouva Dieu en Octobre 1886. Il avait 28 ans. "Aussitôt que je crus qu'il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour Lui".

Un pèlerinage en Terre Sainte lui révéla sa vocation: suivre Jésus dans sa vie de Nazareth. Il passa sept années à la Trappe, d'abord à Notre-Dame des Neiges, puis à Akbès, en Syrie. Il vécut ensuite seul dans la Prière et l'Adoration près des Clarisses de Nazareth.

Ordonné Prêtre à 43 ans (1901), il partit au Sahara, d'abord à Beni-Abbès, puis à Tamanrasset parmi les Touaregs du Hoggar.
Il voulait rejoindre ceux qui étaient le plus loin, "les plus délaissés, les plus abandonnés". Il voulait que chacun de ceux qui l'approchaient le considère comme un frère, "le frère universel".
Il voulait "crier l'Évangile par toute sa vie" dans un grand respect de la culture et de la Foi de ceux au milieu desquels il vivait. "Je voudrais être assez bon pour qu'on dise: Si tel est le serviteur, comment donc est le Maître?".
Le soir du 1 Décembre 1916, il fut tué pas une bande qui avait encerclé sa maison.

Il avait toujours rêvé de partager sa vocation avec d'autres: après avoir écrit plusieurs règles religieuses, il pensa que cette "vie de Nazareth" pouvait être vécue partout et par tous. Aujourd'hui, la "famille spirituelle de Charles de Foucauld" comprend plusieurs associations de fidèles, des Communautés Religieuses et des instituts séculiers de laïcs ou de Prêtres.

Bienheureux charles de foucauld

http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/csaints/documents/rc_con_csaints_doc_20051113_beatificazioni_fr.html.

MESSE ET BÉATIFICATION DES SERVITEURS DE DIEU:
CHARLES DE FOUCAULD,

HOMÉLIE DU CARDINAL JOSÉ SARAIVA MARTINS

Basilique Vaticane
Dimanche 13 Novembre 2005

Charles de Foucauld, méditant en présence de l'Enfant-Jésus pendant la période de Noël 1897-1898 sur le passage de l'Evangile de saint Matthieu qui a été proclamé en ce dimanche, retient l'obligation faite à celui qui a reçu des talents de les faire fructifier: "Il nous sera demandé compte de tout ce que nous avons reçu... Et puisque j'ai tant reçu, il me sera beaucoup demandé! Si j'ai beaucoup plus reçu que la plupart des hommes... la conversion, la vocation religieuse, la Trappe, la vie d'ermite, Nazareth, la communion quotidienne, et tant d'autres grâces, il me sera beaucoup demandé...".

La Béatification de Charles de Foucauld nous en est la confirmation: conduit véritablement par l'Esprit de Dieu, il a su utiliser et faire fructifier les nombreux "talents" qu'il avait reçus et, correspondant heureusement aux inspirations Divines, il a suivi un chemin vraiment évangélique sur lequel il a attiré des milliers de disciples.

Le Saint-Père Benoît XVI rappelait récemment que "nous pouvons résumer notre Foi en ces mots: Iesus Caritas, Jésus Amour", qui sont les mots mêmes que Charles de Foucauld avait choisis comme devise qui exprimât sa spiritualité.

La vie aventureuse et fascinante de Charles de Foucauld offre une preuve convaincante de la vérité de ces paroles du Souverain Pontife.
On peut, en effet, découvrir sans peine comme un fil rouge qui, à travers tous les changements et toutes les évolutions, pénètre de part en part l'existence du Frère Charles; comme l'écrit, en 1889, l'abbé Huvelin au Père Abbé de Solesmes:  "Il fait de la religion un Amour".

Charles lui-même révélait ainsi, à un ami de lycée resté agnostique, ce qu'il appelait "le secret de ma vie":"L'imitation est inséparable de l'Amour... J'ai perdu mon cœur pour ce Jésus de Nazareth Crucifié il y a mille neuf cents ans et je passe ma vie à chercher à l'imiter autant que le peut ma faiblesse".

Dans la correspondance avec Louis Massignon, on peut analyser la liberté que Charles a acquise dans sa manière d'apprendre à aimer: "L'Amour de Dieu, l'Amour du prochain... Là est toute la Religion...
Comment y arriver? Pas en un jour puisque c'est la perfection même: c'est le but auquel nous devons tendre toujours, dont nous devons nous rapprocher sans cesse et que nous n'atteindrons qu'au Ciel".

En 1882 déjà, nous trouvons la fameuse phrase de Mt 25, qu'il cite si souvent et qui l'accompagne jusqu'à la méditation finale de 1916, quand il met en parallèle présence Eucharistique et présence dans les plus petits:
"Il n'y a pas, je crois, de parole de l'Évangile qui ait fait sur moi une plus profonde impression et transformé davantage ma vie que celle-ci:
"Tout ce que vous faites à un de ces petits, c'est à moi que vous le faites". Si on songe que ces paroles sont celles de la Vérité incréée, celles de la bouche qui a dit "ceci est mon Corps... ceci est mon Sang", avec quelle force on est porté à chercher et à aimer Jésus dans "ces petits", ces pécheurs, ces Pauvres
".

Charles de Foucauld a eu une influence notable sur la spiritualité du XX siècle et il reste, en ce début du troisième millénaire, une référence féconde, une invitation à un style de vie radicalement évangélique, et cela au-delà même de ceux qui appartiennent aux différents groupements dont sa famille spirituelle, nombreuse et diversifiée, est formée.

Accueillir l'Évangile dans toute sa simplicité, évangéliser sans vouloir imposer, témoigner de Jésus dans le respect des autres expériences religieuses, réaffirmer le primat de la Charité vécue dans la fraternité, voilà quelques-uns seulement des aspects les plus importants d'un précieux héritage qui nous incite à faire que notre vie consiste, comme celle du Bienheureux Charles, à "crier l'Évangile sur les toits... [à] crier que nous sommes à Jésus".

Charles de foucauld 1 xii 1916 2

http://ut-pupillam-oculi.over-blog.com/article-14281967.html
Né à Strasbourg, dans une famille de noblesse provinciale, il entra en 1876 comme élève officier à Saint-Cyr.

Il vivait alors dans un ambiance d’indifférence religieuse et dans une certaine dissipation. Il participa en Algérie, possession française depuis 1830, à la pacification de la région d' Oran. A la fin de la campagne, il prit un congé, pour se consacrer à des explorations et à des recherches géographiques.

Il voulait comprendre les peuplades d’Afrique du Nord. Il était frappé par leur sens de l’honneur et de l’obéissance Divine.
Il sentait, après une déception sentimentale, un grand vide dans sa vie. Il avait perdu la Foi, d’une façon qui lui paraissait évidente.
Il se fixa à Paris en 1886, menant une vie frugale et poursuivant ses recherches spirituelles, conseillé par sa cousine.
" Je compris que s’il y avait un Dieu, je ne pouvais rien faire d’autre que de vivre pour lui. "

Il redécouvrit alors la Foi simple de son enfance. Dirigé par l’abbé Huvelin, qui le confessa à l’église Saint-Augustin, il suivit ses conseils et apprit à aimer Jésus en son Sacrement Eucharistique.
Il décida de se mettre à suivre les Commandements de Dieu et de son Eglise. Il entreprit alors une démarche spirituelle de conversion, basée sur la Prière et l’Humilité.

En 1888, il visita les Lieux Saints et Jérusalem, se faisant passer pour un simple jardinier, en habitant un couvent de religieuses. Ce fut une expérience spirituelle décisive. En janvier 1889; il demanda son admission à la Trappe de Notre-Dame des Neiges, dans le diocèse de Viviers. Il reçut le nom de Frère Albéric-Marie.  

Le 28 octobre de la même année, il partit pour Béni-Abbès, en Algérie, à la frontière marocaine.
Puis en 1905, il se fixa en ermite, dans le territoire de Tamanrasset; et ensuite en 1910, un peu plus loin, dans le Hoggar à Aschrem.

Il avait construit un petit Oratoire et une cellule, pour prier dans la solitude. Cela ne l’empêchait pas de Célébrer parfois la Messe en présence d’officiers ou de soldats qui se dirigeaient vers le Sahara, alors insoumis.
Il écrivait aussi une grammaire et un dictionnaire dans l’un des dialectes berbères de la région.

Dès son arrivée à Béni-Abbès, il avait commencé, avec la permission de la Trappe, une nouvelle vie d’ermite sous le nom de Frère Charles de Jésus.
Il rêvait de faire connaître la vérité Chrétienne aux populations sahariennes et il écrivit de nombreuses méditations.

Il travailla aussi à la rédaction d’un " Évangile présenté aux pauvres du Sahara " (1902), et à la Fondation d’une Congrégation, les Petits Frères du Sacré-Cœur de Jésus (1903). Il eut bien un disciple, mais celui-ci, effrayé par les austérités, renonça.

Il pensait aussi protéger les tribus locales des incursions et des razzias venant de Tripolitaine et des confins marocains.
Mais par dessus tout, il entra dans une relation d’intimité avec Jésus en son Sacré-Cœur, Jésus Crucifié qui se donne dans l’Hostie. " La Foi est ce qui nous fait croire au plus profond de notre âme en tous les dogmes de la Religion, en toutes les vérités que la Religion nous enseigne, et par conséquent au contenu de la Sainte Écriture, et en tous les enseignements de l’Évangile " transmis par l’Église.

La vie du Père de Foucauld se conclut de façon tragique, par son assassinat le 1er Décembre 1916. " La seule félicité du Seigneur me suffit, et alors rien ne me manque."
Dans ses écrits, il disait : " Je me propose de garder en moi la volonté de travailler à me transformer en Marie, dans le but de devenir une autre Marie vivante et opérante. "

" C’est avec sa mort que Jésus a sauvé le monde, et les apôtres ont bâti l'Église avec rien. C’est avec la sainteté et le néant des moyens humains que le Ciel se conquiert et que la Foi se propage. "
" Mon Père, je m’abandonne à vous. Faites de moi ce qu’il vous plaira. Quoi que vous fassiez, je vous en rends grâce.

Je suis prêt à tout, j'accepte tout, parce que votre volonté s’accomplit en moi et en toutes vos créatures.
Je ne désire rien d’autre, ô Mon Dieu ! Je remets mon âme entre vos mains. Je vous la donne, Mon Dieu, de tout l’Amour de mon cœur, parce que je vous aime.
C’est pour moi une exigence d’Amour que de me donner à vous, de me confier à vous, entre vos mains, sans mesure et avec une assurance infinie, parce que vous êtes mon Père. "

Plus de cinquante ans après sa mort, le Saint-Siège confirma les règlements de plusieurs Congrégations inspirées de Charles de Jésus ; les Petites Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus, la Fraternité des Petites Sœurs de Jésus et des Petits Frères de Jésus, les Petites Sœurs de l’Évangile, l’Union des Nazaréennes du Père de Foucauld, les Petites Sœurs de Nazareth, les Petits Frères de L'Évangile, les Petits Frères de la Croix, etc...
Il fut Béatifié par Benoît XVI, le 13 Novembre 2005.

Charlesdefoucault 2

http://lalumierededieu.eklablog.com/bienheureux-charles-de-foucauld-1916-p304817.
(Ouvrir le lien pour voir sa vie en détail).

Orphelin à l'âge de six ans, Charles de Foucauld fait carrière dans l'armée, intégrant Saint-Cyr et menant une vie dissolue.
À vingt-trois ans, il décide de démissionner de l'armée afin d'explorer le Maroc en se faisant passer pour un Juif.

La qualité de ses travaux lui vaut la médaille d'or de la Société de géographie, et une grande renommée suite à la publication de son livre Reconnaissance au Maroc (1888).
De retour en France et après diverses rencontres, il retrouve la Foi et devient Religieux chez les Trappistes le 16 Janvier 1890, en France puis en Syrie.

Sa quête d'un idéal encore plus radical de pauvreté, d'abnégation et de Pénitence le pousse à quitter la Trappe afin de devenir Ermite en 1901.
Il vit alors en Palestine, écrivant ses méditations qui seront le cœur de sa spiritualité, comprenant la Prière d'abandon.

Ordonné Prêtre à Viviers, il décide de s'installer dans le Sahara algérien, à Béni-Abbés.
Il ambitionne de fonder une nouvelle Congrégation, mais personne ne le rejoint.

Il vit avec les Berbères et développe un nouveau style d'apostolat, voulant prêcher non pas par les discours, mais par son exemple.
Afin de mieux connaître les Touaregs, il étudie pendant plus de douze ans leur culture, publiant sous un pseudonyme le premier dictionnaire touareg-français.

Les travaux de Charles de Foucauld sont une référence pour la connaissance de la culture touarègue.
Le 1er Décembre 1916, Charles de Foucauld est assassiné à la porte de son Ermitage.

Il est très vite considéré comme un Saint et une véritable dévotion s'instaure, appuyée par le succès de la biographie de René Bazin (1921) qui devient un best-seller.
De nouvelles Congrégations Religieuses, familles spirituelles et un renouveau de l'érémitisme s'inspirent des écrits et de la vie de Charles de Foucauld.

Son procès en Béatification commence dès 1927.
Interrompu durant la guerre d'Algérie, il reprend ultérieurement et Foucauld est déclaré Vénérable le 24 avril 2001 par Saint Jean-Paul II, puis Bienheureux le 13 Novembre 2005 par Benoît XVI.

Foucauld 1 2

http://voiemystique.free.fr/charles_de_foucauld.htm.
Un jeune homme entre dans un confessionnal de l'église Saint-Augustin, à Paris, se penche vers le Prêtre et dit: «Monsieur l'abbé, je n'ai pas la Foi; je viens vous demander de m'instruire».
Le Prêtre le dévisage... «Mettez-vous à genoux, confessez-vous à Dieu: vous croirez. – Mais, je ne suis pas venu pour cela... – Confessez-vous!»

Celui qui voulait croire, sentit que le Pardon était pour lui la condition de la Lumière. Il s'agenouille, et confesse toute sa vie. Quand le pénitent eut reçu l'absolution de ses péchés, l'abbé reprend: «Vous êtes à jeun? – Oui. – Allez communier!»

Le jeune homme s'approche aussitôt de la table sainte; ce fut sa «seconde première Communion»... Nous sommes à la fin d'Octobre 1886. Ce Prêtre, renommé pour son art de diriger les âmes, est l'abbé Huvelin; ce jeune homme, âgé de 28 ans, se nomme Charles de Foucauld.

Né le 15 Septembre 1858 à Strasbourg, dans une famille très Chrétienne, Charles perd sa mère puis son père, dans la même année 1864.
Il est alors confié, avec son unique sœur, Marie, à son grand-père, M. de Morlet, colonel en retraite.

Affectueux, ardent, studieux, Charles devient l'objet des gâteries de ce grand-père, chez qui les colères du garçon rencontrent une indulgence secrète et passent pour un signe de caractère. M. de Morlet et les deux enfants s'établissent à Nancy en 1872.
Dès lors, Charles prend l'habitude de mêler à ses études une foule de lectures choisies sans discernement.

À la fin de ses années de scolarité, il perd toute Foi, «et ce n'était pas le seul mal, confiera-t-il plus tard... On jette les enfants dans le monde sans leur donner les armes indispensables pour combattre les ennemis qu'ils trouvent en eux et hors d'eux, et qui les attendent en foule.
Les philosophes Chrétiens ont résolu depuis si longtemps, si clairement, tant de questions que chaque jeune homme se pose fiévreusement sans se douter que la réponse existe, lumineuse et limpide, à deux pas de lui!»

Il demandera instamment que ses neveux soient élevés par des maîtres Chrétiens: «Je n'ai eu aucun maître mauvais; mais la jeunesse a besoin d'être instruite non par des neutres, mais par des âmes croyantes et saintes, et en outre par des hommes sachant rendre raison de leurs croyances et inspirant aux jeunes gens une ferme confiance dans la vérité de leur Foi...»

Toute impiété, tout désir du mal.

Bachelier, curieux de tout, décidé à jouir et cependant triste, Charles part à Paris pour préparer l'école militaire de Saint-Cyr.
Il dira de lui-même qu'il était tout égoïsme, tout vanité, tout impiété, tout désir du mal... Sa paresse est telle qu'au cours de la deuxième année, on le renvoie...

Pourtant, il est admis à l'école en 1876, l'un des derniers de la promotion. En 1878, il passe à l'école de cavalerie de Saumur, où il vit, dit un ami, «une existence de doux philosophe épicurien»: Charles mène grand train, s'habille avec une recherche extrême, organise fêtes sur fêtes.

Son oncle s'en émeut et le dote d'un conseil judiciaire, à la grande colère du neveu. En 1880, le sous-lieutenant de Foucauld part avec son régiment pour l'Algérie.
Une jeune femme le rejoint là-bas, en se présentant comme son épouse légitime.
Lorsque ses supérieurs s'aperçoivent de la vérité, ils le prient de renvoyer sa compagne en France.
Charles oppose un refus absolu. La sanction ne se fait pas attendre: mise en non-activité pour indiscipline et inconduite.

Survient, en Algérie, l'insurrection du chef Musulman Bou-Amama. Foucauld ne peut supporter la pensée que ses camarades vont se battre, seront à l'honneur et au danger, sans lui. Il obtient de rejoindre le régiment.
«Au milieu des dangers et des privations des colonnes expéditionnaires, dira un de ses amis, le général Laperrine, il se révéla un soldat et un chef...»

Il a vingt-quatre ans. Il est séduit par le silence habituel des pays d'Afrique du nord, l'espace, l'imprévu et le primitif de la vie, le mystère des habitants...
Il donne sa démission de l'armée et se lance dans une expédition des plus difficiles: explorer le Maroc, pays alors très fermé, surtout aux Chrétiens.

En compagnie d'un rabbin juif né dans ce pays, Charles, qui se fait passer lui-même pour un rabbin, franchit la frontière en juin 1883. Pendant onze mois, il parcourt le Maroc; plusieurs instruments de mesures, dissimulés dans les plis de ses vêtements, lui permettent, au risque continuel d'être surpris, de faire des observations et de prendre des notes sur ce pays encore inconnu.

En mai 1884, il rentre en France, chargé de données scientifiques qu'il consigne dans sa Reconnaissance au Maroc, livre qui le fait bientôt estimer des milieux scientifiques.
Sa famille l'accueille avec joie et affection. Les siens connaissent ses débordements et son état d'esprit.
Aucun reproche, pourtant; ils le félicitent au contraire du succès de son aventure et le mettent en contact avec la société la plus choisie pour ses qualités d'esprit et ses convictions Chrétiennes.

Charles reste remué par ce qu'il a vu en Afrique du nord et spécialement la perpétuelle invocation de Dieu.
Tout l'appareil religieux de la vie musulmane l'amène à se dire: «Et moi qui suis sans religion!»

Il songe même à se faire Musulman; mais, au premier examen, il lui apparaît que la religion de Mahomet ne peut être la véritable, «étant trop matérielle». Malgré la vie agréable qu'il mène, sa tristesse ne fait que s'accroître.
Il ouvre, à ses heures libres, les livres des philosophes païens: leurs réponses lui semblent pauvres...

Personne n'a pu la lui ravir...

Et voici que, providentiellement, un soir de 1886, Charles rencontre l'abbé Huvelin, chez sa tante Moytessier.
La tendresse de cet homme de Dieu pour les pécheurs touche les plus indifférents; il pense pour eux à l'heure définitive où ils seront jugés, condamnés pour toujours.

Ce soir-là, les échanges des deux hommes sont banals; mais la Providence en fait la cause prochaine de la Confession qui opérera un changement total dans la vie de Foucauld.
En Novembre 1888, Charles s'embarque pour la Terre Sainte qu'il parcourt pendant quatre mois.

Nazareth surtout le séduit: elle lui inspire un amour qui ne s'éteindra plus pour la vie cachée, l'obéissance, l'humble condition volontairement choisie.
Car il pense à Celui qui y a vécu trente ans, et dont l'abbé Huvelin disait: «Notre-Seigneur a tellement pris la dernière place, que jamais personne n'a pu la lui ravir».

Après son retour, trois retraites l'aident à discerner sa vocation: Dieu l'appelle à être Moine Trappiste. Il abandonne ses biens et part, à la fin de 1889, à la Trappe de Notre-Dame des Neiges, en Ardèche.
Le 26 Janvier 1890, le Père Abbé lui donne l'habit, avec le nom de Frère Albéric.

Ses trente-deux ans s'adaptent sans effort au régime du Monastère; la seule chose difficile pour sa nature fière, c'est l'obéissance.
Dans ses combats, il est soutenu par son intention initiale: «Je voulais entrer dans la Vie Religieuse pour tenir compagnie à Notre-Seigneur dans ses peines... Jésus me tient dans sa main, me mettant dans sa paix, chassant la tristesse dès qu'elle veut approcher».

Le 27 juin 1890, Frère Albéric réalise un projet dont il avait parlé à son Abbé dès son arrivée: rejoindre un Monastère très pauvre situé en Syrie, la Trappe d'Akbès, afin d'y vivre inconnu, plus pauvre encore, et d'y être près de la Terre Sainte où Le Fils de Dieu a souffert et travaillé.
Là-bas, les Religieux vivent au milieu d'une population composée de Kurdes, de Syriens, de Turcs, d'Arméniens, qui feraient, écrit-il, «un peuple brave, laborieux et honnête, s'il était instruit, gouverné, converti surtout...

C'est à nous à faire l'avenir de ces peuples. L'avenir, le seul vrai avenir, c'est la Vie éternelle: cette vie n'est que la courte épreuve qui prépare l'autre...
La prédication dans les pays musulmans est difficile, mais les missionnaires de tant de siècles passés ont vaincu bien d'autres difficultés... Donnons-leur l'exemple d'une vie parfaite, d'une vie supérieure et Divine».

En 1892, quelques mois après avoir prononcé ses vœux, Frère Albéric reçoit l'ordre de commencer des études théologiques en vue du Sacerdoce.
Malgré la «répugnance extrême» qu'il éprouve pour tout ce qui l'éloigne de la dernière place qu'il est venu chercher, il se met au travail.

En même temps, il expose au Père Abbé général l'attrait persistant qu'il éprouve pour un genre de vie encore plus humble, hors de l'ordre Cistercien.
Le Père Abbé le fait venir à Rome pour deux années d'études.
Obéissant, Frère Albéric y arrive en Octobre 1896.
Pourtant, dès le mois de janvier suivant, l'Abbé général, lui donne la faculté de quitter la Trappe et de suivre l'appel de Dieu.

«Je jouis à l'infini».

Frère Charles de Jésus – c'est le nom qu'il se donnera désormais – retourne alors à Nazareth. Les Religieuses Clarisses l'acceptent comme domestique: «Je jouis à l'infini d'être pauvre, vêtu en ouvrier, dans cette basse condition qui fut celle de Jésus...»

Il passe de longues heures en Adoration devant le Très Saint-Sacrement. Un jour, il laisse échapper de son cœur ces accents de reconnaissance: «Mon Dieu, nous avons tous à chanter vos Miséricordes, nous tous créés pour la Gloire éternelle et rachetés par le Sang de Jésus, par votre Sang, Mon Seigneur Jésus, qui êtes à côté de moi dans ce Tabernacle; mais si tous nous le devons, combien moi! Moi qui ai été dès mon enfance entouré de tant de grâces, d'une sainte mère, ayant appris d'elle à vous connaître, à vous aimer et à vous prier aussitôt que j'ai pu comprendre une parole! Et les catéchismes, les premières Confessions... ces exemples de piété reçus dans ma famille... et après une longue et bonne préparation, cette première Communion!...

«Lorsque, malgré tant de grâces, je commençais à m'écarter de vous, avec quelle douceur vous me rappeliez à vous par la voix de mon grand-père, avec quelle Miséricorde vous m'empêchiez de tomber dans les derniers excès en conservant dans mon cœur ma tendresse pour lui!...
Mais malgré tout cela, hélas, je m'éloignais, je m'éloignais de plus en plus de vous, de vous mon Seigneur et ma vie... et aussi ma vie commençait à être une mort, ou plutôt c'était déjà une mort à vos yeux...

Et dans cet état de mort, vous me conserviez encore: toute Foi avait disparu, mais le respect et l'estime de la religion étaient demeurés intacts...
«Par la force des choses, vous m'obligeâtes à être chaste, et bientôt, m'ayant, à la fin de l'hiver 1886, ramené dans ma famille, à Paris, la chasteté me devint une douceur et un besoin du cœur.
C'est vous qui fîtes cela, Mon Dieu, vous seul; je n'y étais pour rien, hélas! C'était nécessaire pour préparer mon âme à la Vérité; le démon est trop maître d'une âme qui n'est pas chaste, pour y laisser entrer la Vérité... Vous ne pouviez pas entrer, mon Dieu, dans une âme où le démon des passions immondes régnait en maître... Mon Dieu, comment chanterai-je vos miséricordes!...
«Une belle âme vous secondait, mais par son silence, sa douceur, sa perfection; elle se laissait voir, elle était bonne et répandait son parfum attirant, mais elle n'agissait pas.

Vous, mon Jésus, mon Sauveur, vous faisiez tout au-dedans comme au-dehors. Vous me fîtes alors quatre grâces.
La première fut de m'inspirer cette pensée: puisque cette âme est si intelligente, la Religion qu'elle croit si fermement ne saurait être une folie comme je le pense.
La deuxième fut de m'inspirer cette autre pensée: puisque la Religion n'est pas une folie, peut-être la Vérité qui n'est sur la terre en aucune autre, ni dans aucun système philosophique, est-elle là?
La troisième fut de me dire: étudions donc cette Religion; prenons un professeur de Religion Catholique, un Prêtre instruit, et voyons ce qu'il en est.
La quatrième fut la grâce incomparable de m'adresser à l'Abbé Huvelin... Et depuis, Mon Dieu, ce n'a été qu'un enchaînement de grâces... Une marée montant, montant toujours!»

Image002 2

Une Messe de plus, chaque jour.

La réputation de sainteté de Frère Charles se propage à son insu. L'Abbesse des Clarisses de Jérusalem l'exhorte à se préparer à la Prêtrise.
Pour vaincre ses résistances, elle lui fait observer que s'il acceptait, il y aurait chaque jour dans le monde une Messe de plus sur la Terre.
S'il a reçu des dons, est-ce pour lui seul? Cet argument l'ébranle; une réponse de l'abbé Huvelin fait le reste.

Frère Charles rentre en France, à Notre-Dame des Neiges, où il se prépare à l'Ordination qui a lieu le 9 Juin 1900. Que fera-t-il maintenant? Avec l'assentiment de l'Évêque de Viviers et de l'abbé Huvelin, il ira porter l'Évangile aux peuples du Sahara, qui comptent parmi les plus abandonnés...

La vie du Père Charles de Jésus se déroule désormais dans le désert: à Beni-Abbès d'abord, dans le Sud oranais, puis à Tamanrasset, dans le massif du Hoggar, à 1500 km au sud d'Alger. Il a conscience d'être sans doute le premier Prêtre de l'histoire à résider et à Célébrer la Sainte Messe dans ces lieux.

Son but est d'ouvrir le cœur des Musulmans – Arabes, puis Touaregs – en leur ménageant le contact avec la civilisation Chrétienne et avec un Prêtre, afin de permettre, plus tard, leur évangélisation par des Missionnaires au plein sens du terme. Il exerce à leur égard une Charité généreuse et désintéressée, leur parle de Dieu et leur enseigne les préceptes de la religion naturelle.
On a prétendu que le Père de Foucauld ne prêchait aucunement la Foi et se bornait à une présence muette au milieu des Musulmans.

Le général Laperrine, déjà, en était agacé: «Et ses conversations! Et son costume!» a-t-il noté dans son journal.
Lorsque quelqu'un se présente à la porte de l'Ermitage, Frère Charles apparaît, les yeux pleins de sérénité, la main tendue, enveloppé dans une gandourah blanche, sur laquelle est appliqué un cœur rouge surmonté d'une Croix.
Cette image du Sacré-Cœur proclame la Foi de cet homme blanc; et toute sa vie manifeste l'Évangile. Les indigènes ne s'y trompent pas.

Dans un rapport au Préfet apostolique du Sahara, Frère Charles note: «Pour les esclaves (l'esclavage était de pratique courante dans le désert), j'ai une petite chambre où je les réunis...; peu à peu, je leur apprends à prier Jésus...
Les voyageurs pauvres trouvent aussi à la Fraternité un humble asile et un pauvre repas, avec bon accueil et quelques paroles pour les porter au bien et à Jésus...»

Il écrit à un ami: «Je suis navré quand je vois les enfants du bourg vaquer à l'aventure, sans occupation, sans instruction, sans éducation religieuse...
Quelques bonnes Sœurs de Charité donneraient en peu de temps, avec l'aide de Dieu, tout ce pays à Jésus».

Une recette contre la tristesse.

Depuis longtemps, il rêve de rassembler autour de lui une Communauté: les «Petits Frères du Sacré-Cœur de Jésus», Missionnaires qui feraient connaître et aimer Jésus par une vie de Prière, de Charité et de Pauvreté, menée parmi ces peuples immenses qui ne connaissent pas l'unique Sauveur.

Il écrit pourtant: «En ce moment, je suis dans une grande paix. Cela durera ce que voudra Jésus. J'ai le Saint-Sacrement, l'Amour de Jésus; d'autres ont la terre, j'ai le bon Dieu... Quand je suis triste, voici ma recette: je récite les mystères glorieux du Rosaire, et je me dis: qu'importe après tout que moi je sois misérable, et que rien n'arrive du bien que je souhaite? Tout cela n'empêche pas le bien-aimé Jésus – qui veut le bien mille fois plus que moi – d'être bienheureux, éternellement et infiniment bienheureux!...»

Lorsque la guerre de 1914-18 éclate en Europe, le Père est établi dans le Hoggar depuis neuf ans.
Parmi les six tribus touaregs au milieu desquelles il vit, trois ont fait leur soumission à la France et lui demeurent fidèles; mais les autres profitent du conflit européen pour leur insuffler l'esprit de révolte.
Elles savent l'influence prépondérante de l'Ermite sur les Touaregs-Hoggar: «Le grand intérêt de Tamanrasset, écrit en janvier 1914 un médecin français, est la présence du Père de Foucauld. Il a acquis par sa Bonté, sa sainteté et sa science, une grande renommée parmi la population».

Le Père devient la cible des révoltés, qui organisent un coup de main. Le 1er Décembre 1916, ils s'approchent sans bruit du fortin où celui-ci réside, et frappent à la porte que l'Ermite, sans méfiance, entrouvre: il est alors saisi et ligoté.

Comprenant tout, il s'attend à la mort. Enfin le moment tant désiré de rejoindre le Bien-Aimé est arrivé!
«Supportons toutes les insultes, avait-il écrit, les coups, les blessures, la mort, en priant pour ceux qui nous haïssent... à l'exemple de Jésus, sans autre motif ni autre utilité que de déclarer à Jésus que nous l'aimons».

Surpris par deux soldats fidèles à la France, les conjurés s'affolent. Celui qui a la garde du Père lui tire à bout portant une balle dans la tête.
Le Père Charles de Foucauld glisse lentement le long du mur et s'effondre: il est mort... victime de son zèle d'Amour pour ces peuples dans lesquels la Lumière de la Foi n'avait jamais brillé.

Il a voué sa vie à leur faire connaître le vrai Dieu incarné en Jésus-Christ, à leur faire expérimenter la Miséricorde dont lui-même a bénéficié de manière si manifeste et dont il a voulu, par gratitude, être le héraut!

Le 21 Décembre seulement, le capitaine de La Roche, commandant le secteur du Hoggar, peut se rendre à Tamanrasset.
Sur la tombe du Père, il plante une Croix de bois.
Puis il pénètre dans l'Ermitage fortifié que les bandits ont mis au pillage. Il retrouve le chapelet du Père, un chemin de Croix qu'il a finement dessiné à la plume sur des planchettes, une Croix de bois portant aussi une très belle image du Christ...

Ostensoir dans le sable.

En remuant du pied le sol, le jeune officier découvre dans le sable un tout petit ostensoir où est encore enfermée l'Hostie Sainte.
Il le ramasse avec respect, l'essuie et l'enveloppe dans un linge.
Lorsque le moment est venu de quitter Tamanrasset, il le met devant lui, sur la selle de son méhari, et fait ainsi les 50 km qui séparent Tamanrasset de Fort-Motylinski: c'est, dans le Sahara, la première procession du Saint-Sacrement!

En chemin, M. de La Roche s'est souvenu d'une conversation qu'il a eue avec le Père de Foucauld: «S'il vous arrivait malheur, demandait-il, que faudrait-il faire du Saint-Sacrement? – Il y a deux solutions: faire un acte de contrition parfaite, et vous Communier vous-même; ou bien envoyer par la poste l'Hostie consacrée aux Pères Blancs».

Il ne peut se résoudre à ce second parti. Ayant alors appelé un sous-officier, ancien séminariste et Chrétien fervent, l'officier met des gants blancs qui ne lui ont jamais servi pour ouvrir la custode de l'ostensoir.
L'Hostie est bien là, telle que le Prêtre l'a Consacrée et Adorée. Les deux jeunes hommes se demandent l'un à l'autre: «Est-ce vous qui la recevrez? Est-ce moi?» Finalement, le sous-officier s'agenouille et se Communie.

À Beni-Abbès, Charles avait établi un règlement de vie où la Prière occupait la première place: Sainte Messe et action de grâces, Bréviaire, Chemin de Croix, Chapelet...
Mais l'Adoration de la Très Sainte Eucharistie l'emporte sur tout: il y consacre trois heures et demie chaque jour, réparties en trois moments de silence.

On lit dans son journal: «Mai 1903 – Aujourd'hui, trente ans que j'ai fait ma première Communion, que j'ai reçu le Bon Dieu pour la première fois...
Et voici que je tiens Jésus en mes misérables mains! Lui, se mettre dans mes mains! Et voici que, nuit et jour, je jouis du Saint Tabernacle, que je possède Jésus pour ainsi dire à moi seul!

Voici que chaque matin je Consacre la Sainte Eucharistie, que chaque soir je donne, avec elle, la Bénédiction!»
Par son Amour brûlant de Jésus-Hostie, Frère Charles devançait l'appel qu'un siècle plus tard, le Serviteur de Dieu Jean-Paul II lançait à toute l'Église: «Frères et sœurs très chers, ici se trouve le Trésor de l'Église...

Dans l'Eucharistie, nous avons Jésus, nous avons son Sacrifice Rédempteur, nous avons sa Résurrection, nous avons le Don de L'Esprit-Saint, nous avons l'Adoration, l'Obéissance et l'Amour envers Le Père!
Si nous négligions l'Eucharistie, comment pourrions-nous porter remède à notre indigence?
Sous les humbles espèces du pain et du vin, transsubstantiés en son Corps et en son Sang, Le Christ marche avec nous, étant pour nous force et viatique, et il fait de nous, pour tous nos frères, des témoins d'espérance» (Ecclesia de Eucharistia, 17 avril 2003, nn. 59, 60, 62).

Charles de Foucauld, qui sera Béatifié à Rome, si Dieu veut, le 13 Novembre prochain (2005), a aimé l'Eucharistie comme s'il voyait en elle, de ses yeux, Le Christ présent.
Demandons-lui d'allumer dans nos âmes un Amour de plus en plus ardent envers Celui qui veut rester au milieu de nous pour être notre confident, notre soutien, notre Ami véritable et fidèle.

Dom Antoine Marie osb, Abbé.

Pour publier la lettre de l'Abbaye Saint-Joseph de Clairval dans une revue, journal, etc. ou pour la mettre sur un site internet ou une home page, une autorisation est nécessaire.
Elle doit nous être demandée par email ou à travers http://www.clairval.com.

Beato carlo di gesu charles de foucauld e 2

http://levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20171201&id=13948&fd=0

Bienheureux Charles de Foucauld
Ermite, Prêtre, Missionnaire et Martyr

Charles de Foucauld (Frère Charles de Jésus) naquit à Strasbourg, en France, le 15 Septembre 1858. Orphelin à six ans, il fut élevé, avec sa sœur Marie, par son grand-père, dont il suivit les déplacements dus à sa carrière militaire.
Adolescent, il s'éloigna de la Foi. Connu pour son goût de la vie facile, il révéla cependant une volonté forte et constante dans les difficultés. Il entreprit une périlleuse exploration au Maroc (1883-1884).
Le témoignage de la Foi des Musulmans réveilla en lui la question de Dieu: « Mon Dieu, si vous existez, faites que je vous connaisse ».

De retour en France, touché par l'accueil affectueux et discret de sa famille profondément Chrétienne, il se mit en quête.
Guidé par un Prêtre, l'Abbé Huvelin, il retrouva Dieu en Octobre 1886. Il avait 28 ans. « Aussitôt que je crus qu'il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour lui ».

Un pèlerinage en Terre Sainte lui révéla sa vocation : suivre Jésus dans sa vie de Nazareth. Il passa sept années à la Trappe, d'abord à Notre-Dame des Neiges, puis à Akbès, en Syrie. Il vécut ensuite seul dans la Prière et l'Adoration près des Clarisses de Nazareth.

Ordonné Prêtre à 43 ans (1901), il partit au Sahara, d'abord à Beni-Abbès, puis à Tamanrasset parmi les Touaregs du Hoggar. Il voulait rejoindre ceux qui étaient le plus loin, « les plus délaissés, les plus abandonnés ».
Il voulait que chacun de ceux qui l'approchaient le considère comme un frère, le frère universel.
Il voulait « crier l'Évangile par toute sa vie » dans un grand respect de la culture et de la Foi de ceux au milieu desquels il vivait. « Je voudrais être assez bon pour qu'on dise: Si tel est le serviteur, comment donc est le Maître? ».

Le soir du 1 Décembre 1916, il fut tué pas une bande qui avait encerclé sa maison.
Il avait toujours rêvé de partager sa vocation avec d'autres : après avoir écrit plusieurs règles religieuses, il pensa que cette vie de Nazareth pouvait être vécue partout et par tous.
Charles de Foucauld a été Béatifié à Rome le 13 Novembre 2005.

Cyiconecdf2 1Aujourd'hui, la « famille spirituelle de Charles de Foucauld » comprend plusieurs associations de fidèles, des Communautés Religieuses et des instituts séculiers de laïcs ou de Prêtres.

En 1955, l'Association Famille Spirituelle Charles de Foucauld comptait 8 groupes :

Union-Sodalité
Groupe Charles de Foucauld
Petites Sœurs du Sacré Cœur
Petits Frères de Jésus
Petites Sœurs de Jésus
Fraternité Sacerdotale
Fraternité Jesus-Caritas
Fraternité Séculière Charles de Foucauld

Par la suite, différents groupes ont enrichi la famille spirituelle :

1968 : Petits Frères de l'Évangile
1971 : Petites sœurs de l'Évangile
1974 : Petites sœurs de Nazareth
1980 : Comunitat de Jesús
1984 : Piccoli Fratelli di Jesus Caritas
1985 : Petits Frères de l'Incarnation
1986 : Petits Frères de la Croix
1987 : Petites sœurs du Coeur de Jésus
1992 : Fraternité Charles de Foucauld
1994 : Petites sœurs de l'Incarnation
1997 : Missionnaires de Jésus-Serviteur
2007 : Discepole del Vangelo 

Aujourd'hui, il s'agit donc de 20 groupes comprenant plus de 13.000 membres à travers le monde.

Charles de foucauldPour un approfondissement biographique, lire :

>>> La vie de Charles de Foucauld

Lecture
« Gardez toujours toutes ces prescriptions, et ayez au fond de l’âme, gravé profondément, ce principe d’où toutes découlent : tous les hommes sont vraiment, véritablement frères en Dieu, leur Père commun, et Dieu veut qu’ils se regardent, s’aiment, se traitent en tout, comme les frères les plus tendres »
Charles de Foucauld, Huit jours à Ephrem

Ajouter un commentaire

Date de dernière mise à jour : 01/12/2017