Saint Jean Damascène (Jean de Damas), Prêtre et Docteur de l'Église († 749). Fête le 04 Décembre.

Lundi 04 Décembre 2017 : Fête de Saint Jean Damascène (Jean de Damas), Prêtre et Docteur de l'Église († 749).

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http://nominis.cef.fr/contenus/saint/215/Saint-Jean-Damascene.html.

Saint Jean Damascène

Jean de Damas, Docteur de l'Église (+ 749)

Jean Mansour est né à Damas en Syrie, dans une famille de fonctionnaires des impôts, arabe et Chrétienne.
Son grand-père et son père ont servi successivement sous les Perses, les Byzantins et les Arabes.
Mansour, à son tour, supervise durant des années la perception des impôts que les Chrétiens doivent à l'émir de Damas.

Vers 720, le nouveau calife décide d'islamiser son administration et en chasse les Chrétiens. Mansour a 45 ans et il est désormais sans travail.
Cette liberté lui permet de se rendre en Palestine où il entre au Monastère de Mar Saba (saint Sabas) entre Jérusalem et Bethléem.

Devenu Prêtre, il prend le nom de Jean et partage désormais sa vie entre la prédication à Jérusalem où le patriarche l'a choisi comme conseiller théologique et l'étude dans son Monastère.
Son principal écrit "La source de la connaissance" résume toute la théologie byzantine. Il est aussi un grand défenseur des Saintes Images lors de la première crise iconoclaste. On lui doit de nombreux tropaires, des hymnes et des poèmes.

C'est lui composa le canon que la liturgie chante à Pâques et il rédigea la plupart des hymnes de l'Octoèque (hymnes pour les Dimanches selon les huit tons musicaux) en l'honneur de la Résurrection du Seigneur.

Le Pape Léon XIII l'a proclamé Docteur de l'Église en 1890.

A l'audience générale du 6 Mai 2009, Benoît XVI a tracé le portrait de saint Jean Damascène (675 - 749), qui occupe une place importante dans la théologie byzantine: "Il fut avant tout témoin de l'effondrement de la culture Chrétienne gréco-syrienne, qui dominait la partie orientale de l'empire, devant la nouveauté musulmane qui se répandait avec les conquêtes militaires de l'actuel proche et moyen orient.
Né dans une riche famille chrétienne, il devint jeune responsable des finances du califat. Vite insatisfait de la vie de cour, il choisit la voie du monachisme et entra vers 700 au Couvent de St. Saba proche de Jérusalem, sans jamais plus s'en éloigner.

Il se consacra alors totalement à l'ascèse et à l'étude, sans dédaigner l'activité pastorale dont témoignent ses nombreuses homélies...
Léon XIII le proclama Docteur de l'Église en 1890".
Puis le Pape a rappelé que Jean Damascène est surtout resté fameux pour ses trois discours contre les iconoclastes, condamnés après sa mort au concile de Hieria (754).
Il y développe les premiers arguments en défense de la vénération des icônes exprimant de mystère de l'Incarnation. "Ainsi fut-il l'un des premiers à distinguer entre cultes public et privé, entre adoration et vénération, la première étant réservée à Dieu seul. La seconde forme peut servir à s'adresser au saint représenté. "

Cette distinction fut très importante pour répondre chrétiennement à qui prétendait universelle et définitive l'interdiction mosaïque des images dans le culte.
Ayant débattu de la question, les Chrétiens de l'époque ont alors trouvé une justification de la vénération des images...
Mais le débat était de grande actualité dans le monde musulman, qui fit sienne l'interdiction hébraïque des images".
Témoin du culte des icônes, Jean Damascène en fit une caractéristique de la théologie et de la spiritualité orientale.

Jusqu'à nos jours, son enseignement porte la tradition de l'Église universelle, dont la doctrine sacramentale prévoit que des éléments matériels, repris de la nature, peuvent être source de grâces par le biais de l'invocation de l'Esprit, doublée de la confession de la vraie Foi".
Il admit aussi la vénération des reliques des saints car, participant à la Résurrection, on ne peut les considérer comme de simples morts.
"L'optimisme Chrétien de saint Jean Damascène -a conclu le Saint-Père- dans la contemplation de la nature, dans la capacité à voir le bon, le beau et le véritable dans la création, n'a rien d'ingénu.
Il tient compte de la blessure infligée à la nature humaine par la liberté voulue de Dieu et souvent mal utilisée par l'homme, ce qui entraîne une disharmonie diffuse du monde et tout ce qui en découle.

D'où l'exigence du théologien de Damas de clairement percevoir la nature, en tant que reflet de la Bonté et de la Beauté de Dieu, blessées par la faute de l'homme, mais renforcées et renouvelées par l'incarnation du Fils". (source: VIS 090506)
Mémoire de saint Jean Damascène, Prêtre et Docteur de l’Église, célèbre par sa sainteté et sa doctrine. Pour le culte des saintes images, il combattit avec vigueur par sa parole et ses écrits contre l’empereur Léon l’Isaurien et, devenu moine et Prêtre dans la laure de Saint-Sabas près de Jérusalem, il composa des hymnes sacrées et y mourut, vers 749.

Martyrologe romain

A propos des icônes: Ce n’est pas la matière que j’adore mais le créateur de la matière qui, à cause de moi, s’est fait matière, a choisi sa demeure dans la matière. Par la matière, il a établi mon Salut.
En effet, le Verbe s’est fait chair et il a dressé sa tente parmi nous… Cette matière, je l’honore comme prégnante de l’énergie et de la grâce de Dieu.
Saint Jean Damascène-Discours sur les images.

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http://levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20171204&id=13637&fd=0

Saint Jean de Damas
Prêtre et Docteur de l'Église
(† v. 749)

Arabe Chrétien, de haute bourgeoisie, Saint Jean de Damas (ou St. Jean Damascène) eut de hautes fonctions dans le califat de Damas (Syrie) et se fit connaître comme écrivain poète.

À cinquante ans, il se retira du monde et se fit Moine à Saint-Sabas, entre Jérusalem et la Mer Morte.
Ordonné Prêtre, il laissa de nombreux écrits théologiques. Il développa le culte des saintes icônes et chanta les louanges de l'Assomption.
Il est fait Docteur de l'Église par Léon XIII en 1890.

Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI
>>> Saint Jean Damascène
[Allemand, Anglais, Croate, Espagnol, Français, Italien, Portugais]

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 6 Mai 2009

Saint Jean Damascène

Chers frères et sœurs,
Je voudrais parler aujourd'hui de Jean Damascène, un personnage de premier plan dans l'histoire de la théologie byzantine, un grand Docteur dans l'histoire de l'Eglise universelle.
Il représente surtout un témoin oculaire du passage de la culture Chrétienne grecque et syriaque, commune à la partie orientale de l'Empire byzantin, à la culture de l'islam, qui s'est imposée grâce à ses conquêtes militaires sur le territoire reconnu habituellement comme le Moyen ou le Proche Orient.
Jean, né dans une riche famille Chrétienne, assuma encore jeune la charge - remplie déjà sans doute par son père - de responsable économique du califat.
Mais très vite, insatisfait de la vie de la cour, il choisit la vie monastique, en entrant dans le monastère de Saint-Saba, près de Jérusalem. C'était aux environs de l'an 700.
Ne s'éloignant jamais du monastère, il consacra toutes ses forces à l'ascèse et à l'activité littéraire, ne dédaignant pas une certaine activité pastorale, dont témoignent avant tout ses nombreuses Homélies.
Sa mémoire Liturgique est célébrée le 4 Décembre. Le Pape Léon XIII le proclama Docteur de l'Eglise universelle en 1890.

En Orient, on se souvient surtout de ses trois Discours pour légitimer la vénération des images sacrées, qui furent condamnés, après sa mort, par le Concile iconoclaste de Hiéria (754).
Mais ces discours furent également le motif fondamental de sa réhabilitation et de sa Canonisation de la part des Pères Orthodoxes convoqués par le second Concile de Nicée (787), septième Concile œcuménique.
Dans ces textes, il est possible de retrouver les premières tentatives théologiques importantes de légitimer la vénération des images sacrées, en les reliant au mystère de l'Incarnation du Fils de Dieu dans le sein de la Vierge Marie.
Jean Damascène fut, en outre, parmi les premiers à distinguer, dans le culte public et privé des Chrétiens, l'Adoration (latreia) de la Vénération (proskynesis): la première ne peut être adressée qu'à Dieu, suprêmement spirituel, la deuxième au contraire peut utiliser une image pour s'adresser à celui qui est représenté dans l'image même.
Bien sûr, le saint ne peut en aucun cas être identifié avec la matière qui compose l'icône. Cette distinction se révéla immédiatement très importante pour répondre de façon Chrétienne à ceux qui prétendaient universel et éternel l'observance de l'interdit sévère de l'Ancien Testament d'utiliser des images dans le culte.
Tel était le grand débat également dans le monde islamique, qui accepte cette tradition juive de l'exclusion totale d'images dans le culte.
Les Chrétiens, en revanche, dans ce contexte, ont débattu du problème et trouvé la justification pour la vénération des images.
Damascène écrit: "En d'autres temps, Dieu n'avait jamais été représenté en image, étant sans corps et sans visage. Mais à présent que Dieu a été vu dans sa chair et a vécu parmi les hommes, je représente ce qui est visible en Dieu.
Je ne vénère pas la matière, mais le créateur de la matière, qui s'est fait matière pour moi et a daigné habiter dans la matière et opérer mon Salut à travers la matière.
Je ne cesserai donc pas de vénérer la matière à travers laquelle m'a été assuré le Salut. Mais je ne la vénère absolument pas comme Dieu!
Comment pourrait être Dieu ce qui a reçu l'existence à partir du non-être?... Mais je vénère et respecte également tout le reste de la matière qui m'a procuré le Salut, car pleine d'énergie et de grâces saintes.
Le bois de la Croix trois fois Bénie n'est-il pas matière? L'encre et le très saint livre des Evangiles ne sont-ils pas matière?
L'autel salvifique qui nous donne le Pain de Vie n'est-il pas matière?.... Et, avant tout autre chose, la Chair et le Sang de Mon Seigneur ne sont-ils pas matière?
Ou bien tu dois supprimer le caractère sacré de toutes ces choses, ou bien tu dois accorder à la tradition de l'Eglise la vénération des images de Dieu et celle des amis de Dieu qui sont sanctifiés par le nom qu'ils portent, et qui, pour cette raison, sont habités par la grâce de L'Esprit Saint.
N'offense donc pas la matière:  celle-ci n'est pas méprisable; car rien de ce que Dieu a fait n'est méprisable" (Contra imaginum calumniatores, I, 16, ed; Kotter, pp. 89-90).
Nous voyons que, à cause de l'incarnation, la matière apparaît comme divinisée, elle est vue comme la demeure de Dieu.
Il s'agit d'une nouvelle vision du monde et des réalités matérielles. Dieu s'est fait chair et la chair est devenue réellement demeure de Dieu, dont la gloire resplendit sur le visage humain du Christ.
C'est pourquoi, les sollicitations du Docteur oriental sont aujourd'hui encore d'une très grande actualité, étant donnée la très grande dignité que la matière a reçue dans l'Incarnation, pouvant devenir, dans la Foi, le signe et le sacrement efficace de la rencontre de l'homme avec Dieu.

Jean Damascène reste donc un témoin privilégié du culte des icônes, qui deviendra l'un des aspects les plus caractéristiques de la théologie et de la spiritualité orientale jusqu'à aujourd'hui.
Il s'agit toutefois d'une forme de culte qui appartient simplement à la Foi Chrétienne, à la Foi dans ce Dieu qui s'est fait chair et s'est rendu visible.
L'enseignement de saint Jean Damascène s'inscrit ainsi dans la tradition de l'Eglise universelle, dont la doctrine sacramentelle prévoit que les éléments matériels issus de la nature peuvent devenir un instrument de grâce en vertu de l'invocation (epiclesis) de L'Esprit Saint, accompagnée par la confession de la Foi véritable.
Jean Damascène met également en relation avec ces idées de fond la vénération des reliques des saints, sur la base de la conviction que les saints Chrétiens, ayant participé à la Résurrection du Christ, ne peuvent pas être considérés simplement comme des "morts".
En énumérant, par exemple, ceux dont les reliques ou les images sont dignes de vénération, Jean précise dans son troisième discours en défense des images: "Tout d'abord (nous vénérons) ceux parmi lesquels Dieu s'est reposé, lui le seul Saint qui se repose parmi les saints (cf. Is 57, 15), comme la sainte Mère de Dieu et tous les saints.
Ce sont eux qui, autant que cela est possible, se sont rendus semblables à Dieu par leur volonté et, par l'inhabitation et l'aide de Dieu, sont dits réellement dieux (cf. Ps 82, 6), non par nature, mais par contingence, de même que le fer incandescent est appelé feu, non par nature mais par contingence et par participation du feu.
Il dit en effet: Vous serez saint parce que je suis Saint (Lv 19, 2)" (III, 33, col. 1352 A). Après une série de références de ce type, Jean Damascène pouvait donc déduire avec sérénité: "Dieu, qui est bon et supérieur à toute Bonté, ne se contenta pas de la contemplation de Lui-même, mais il voulut qu'il y ait des êtres destinataires de ses bienfaits, qui puissent participer de sa bonté: c'est pourquoi il créa du néant toutes les choses, visibles et invisibles, y compris l'homme, réalité visible et invisible.
Et il le créa en pensant et en le réalisant comme un être capable de pensée (ennoema ergon) enrichi par la parole (logo[i] sympleroumenon) et orienté vers l'esprit (pneumati teleioumenon)" (II, 2, PG, col. 865A).
Et pour éclaircir ultérieurement sa pensée, il ajoute:  "Il faut se laisser remplir d'étonnement (thaumazein) par toutes les œuvres de la providence (tes pronoias erga), les louer toutes et les accepter toutes, en surmontant la tentation de trouver en celles-ci des aspects qui, a beaucoup de personnes, semblent injustes ou iniques (adika), et en admettant en revanche que le projet de Dieu (pronoia) va au-delà des capacités cognitives et de compréhension (agnoston kai akatalepton) de l'homme, alors qu'au contraire Lui seul connaît nos pensées, nos actions et même notre avenir" (II, 29, PG, col. 964C).
Du reste, Platon disait déjà que toute la philosophie commence avec l'émerveillement: notre Foi aussi commence avec l'émerveillement de la Création, de la Beauté de Dieu qui se fait visible.
L'optimisme de la contemplation naturelle (physikè theoria), de cette manière de voir dans la création visible ce qui est bon, beau et vrai, cet optimisme Chrétien n'est pas un optimisme naïf: il tient compte de la blessure infligée à la nature humaine par une liberté de choix voulue par Dieu et utilisée de manière impropre par l'homme, avec toutes les conséquences d'un manque d'harmonie diffus qui en ont dérivées.
D'où l'exigence, clairement perçue par le théologien de Damas, que la nature dans laquelle se reflète la Bonté et la Beauté de Dieu, blessées par notre faute, "soit renforcée et renouvelée" par la descente du Fils de Dieu dans la chair, après que de nombreuses manières et en diverses occasions Dieu Lui-même ait cherché à démontrer qu'il avait créé l'homme pour qu'il soit non seulement dans l'"être", mais dans le "bien-être" (cf. La Foi Orthodoxe, II, 1, PG 94, col. 981°).
Avec un enthousiasme passionné, Jean explique: "Il était nécessaire que la nature soit renforcée et renouvelée et que soit indiquée et enseignée concrètement la voie de la vertu (didachthenai aretes hodòn), qui éloigne de la corruption et conduit à la Vie éternelle...
C'est ainsi qu'apparut à l'horizon de l'histoire la grande mer de l'Amour de Dieu pour l'homme (philanthropias pelagos)...".
C'est une belle expression. Nous voyons, d'une part, la Beauté de la Création et, de l'autre, la destruction accomplie par la faute humaine.
Mais nous voyons dans Le Fils de Dieu, qui descend pour renouveler la nature, la mer de l'Amour de Dieu pour l'homme.
Jean Damascène poursuit: " Lui-même, le Créateur et le Seigneur, lutta pour sa créature en lui transmettant à travers l'exemple son enseignement...
Et ainsi, Le Fils de Dieu, bien que subsistant dans la forme de Dieu, abaissa les Cieux et descendit... auprès de ses serviteurs... en accomplissant la chose la plus nouvelle de toutes, l'unique chose vraiment nouvelle sous le soleil, à travers laquelle se manifesta de fait la puissance infinie de Dieu" (III, 1. PG 94, coll. 981C-984B).
Nous pouvons imaginer le réconfort et la joie que diffusaient dans le cœur des fidèles ces paroles riches d'images si fascinantes.
Nous les écoutons nous aussi, aujourd'hui, en partageant les mêmes sentiments que les Chrétiens de l'époque: Dieu veut reposer en nous, il veut renouveler la nature également par l'intermédiaire de notre conversion, il veut nous faire participer de sa divinité. Que le Seigneur nous aide à faire de ces mots la substance de notre vie.

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http://orient.chretien.free.fr/jeanDeDamas.htm.

Saint Jean de Damas
Docteur de l'Église Catholique

Au VIIe siècle, sous l'influence croissante de l'Islam, un empereur de Constantinople, Léon III l'Isaurien, ordonnait par un édit d'ôter des églises et des lieux publics les tableaux et statues sacrés qui y étaient exposés à la vénération des fidèles; cet arrêt devait être sanctionné par des violences inouïes.
De la persécution des iconoclastes ou briseurs d'images, on retrouvera plus tard l'esprit chez les Albigeois, les Vaudois, les Hussites et les Protestants.
A travers les siècles et jusqu'à nos jours, dans l'esprit des Chrétiens et surtout en Orient, la tyrannie hérétique de Léon l'Isaurien évoque principalement le nom de saint Jean Damascène qui fut avec saint Germain de Constantinople et Georges de Chypre, à la tête des défenseurs des saintes icônes. Toutefois, c'est restreindre sa gloire légitime que de ne voir que cela en lui. Il est plus justement apprécié par l’Église orientale, qui le regarde comme le meilleur de ses théologiens.
Saint Jean est né à Damas vers l'année 675 d'une famille Chrétienne d'origine arabe probablement de la tribu des Ghassanides, son grand-père était un chef arabe qui s'appelait Al Mansour.
En effet l'empire Byzantin utilisait les tribus arabes dans son propre système de défense face à la Perse.
En 630, avec l'aide des tributs arabes, l'empereur Byzantin Héraclius avait pu chasser les Perses du Proche-Orient et ramené la Croix à Jérusalem.
Les Byzantins, que les arabes appellent les "Roums" c'est à dire Romains, utilisaient les tribus arabes pour défendre les frontières sud de leur Empire.
Mais en 636, lors de l'invasion musulmane du Proche-Orient, la cavalerie des ghassanides refusa de combattre leurs frères arabes et après des négociations entre tributs, les ghassanides se sont joint à l'armée Arabe pour battre à Yarmouk, l'armée Byzantine qui n'était plus que l'ombre d'elle même.
D'ailleurs Damas, malgré les légendes qui se sont développés dans le monde musulman, n'a pas été conquise militairement mais par accord entre la majeure partie des habitants qui étaient des Chrétiens Arabes et Omar Ibn el Khatab.
Le père de Saint Jean qui s'appelait Serge, était un Chrétien fervent et occupait un poste important auprès du nouveau Calife Mouawiya.
Le nouveau calife refusa de résider à Médine et transféra en 660, le siège du Califat à Damas. Serge dépensait en œuvres de Charité ses revenus, et surtout il profita de sa situation pour racheter les captifs Chrétiens.
Et parmi ces derniers, se trouvait un religieux venu de Sicile, nommé Cosmas ou Cosme l'Ancien, très versé dans la philosophie, et parlant plusieurs langues.
Or, précisément, Serge Mansour cherchait depuis longtemps un homme capable de donner à son fils une éducation convenable.
La Providence le comblait en lui faisant trouver un trésor d'érudition et de piété dans ce captif qu'on allait égorger.
Il courut le demander au calife qui n'y fit aucune objection. Cosme reçut la liberté, et devint l'ami du père et le maître du fils, qui, sous sa direction apprit avec un succès prodigieux les linéaments de la belle méthode aristotélicienne qui sera si en faveur au moyen âge. C'est dans cet environnement que grandit Saint Jean.
Quand l'éducation de Jean fut achevée, le moine dit à Serge: Vos vœux sont accomplis, la sagesse de votre enfant surpasse la mienne: Dieu complétera l'œuvre.
Je vous prie de me laisser me retirer au désert, afin de vaquer à la Céleste Contemplation. Serge fit la plus grande résistance, mais il dut céder aux vœux ardents du saint moine, qui se retira en Palestine, dans la laure de Saint-Sabas.

L’orient chrétien devait être agité pendant plus d'un siècle (725-840) par l'hérésie iconoclaste, et particulièrement sous le règne de l'empereur Léon III l'Isaurien.
Ce rustre couronné, ancien marchand de bestiaux, puis heureux soldat, était monté sur le trône de Constantinople en l'an 716.
Arrivé au pouvoir au milieu d'une véritable anarchie, il venait de se révéler comme un homme d’État de premier ordre, et il peut être regardé comme le réorganisateur de l'Empire byzantin. Mais en proscrivant le culte des images, à quel mobile obéissait-il?
Avait-il gardé quelque sympathie, manifestée dans sa jeunesse, pour cette terrible secte des pauliciens, issue du manichéisme, qui avait mis à feu et à sang l'Asie Mineure, incendiant les églises d'Arménie et de Syrie, et détruisant partout les saintes icônes?
Plus vraisemblablement, il avait l'ambition, sorte d'empereur-sacristain, d'étendre au sanctuaire les réformes qu'il était fier d'avoir réalisées dans l'ordre social et militaire: à coup sûr, il ne prévoyait pas que ces querelles iconoclastes allaient séparer Constantinople de Rome, et rapprocher Rome de Charlemagne, l'empereur d'Occident.
Avant d'arriver aux mesures de violence, Léon III l'Isaurien avait procédé peu à peu à l'«épuration» de l'épiscopat oriental; il devait, après la persécution, qui commença à l'automne de 725, mettre en demeure saint Germain, patriarche de Constantinople, d'adhérer à l'hérésie ou de se retirer.
En terre musulmane, les Églises melkites n'avaient rien à craindre de l'empereur Chrétien; elles restèrent fidèles au culte des saintes images, grâce à Georges de Chypre et à Jean de Damas.

Des témoins racontent: Jean parle avec éloquence du culte qui est rendu aux Saints dans l’Église Catholique. Le culte qui s'adresse à une créature est motivé par une relation, un rapport de cette créature avec Dieu. Ce principe général s'applique à la fois au culte des Saints et de leurs reliques, et au culte des Images en général.
Nous vénérons les Saints à cause de Dieu, parce qu'ils sont ses serviteurs, ses enfants et ses héritiers, des «dieux» par participation, les amis du Christ, les temples vivants du Saint-Esprit. Cet honneur rejaillit sur Dieu Lui-même, qui se considère comme honoré dans ses fidèles serviteurs, et nous comble de ses bienfaits.
Les Saints sont, en effet, les patrons du genre humain. Il faut bien se garder de les mettre au nombre des morts. Ils sont toujours vivants, et leurs corps mêmes, leurs reliques méritent aussi notre culte.
En dehors des corps des Saints, méritent aussi notre culte, mais culte relatif, qui remonte à Jésus-Christ ou à ses Saints, toutes les autres reliques et choses saintes, qu'il s'agisse de la vraie Croix et des autres instruments de la Passion ou des objets et lieux consacrés par la présence ou le contact de Jésus-Christ, de la Sainte Vierge ou des Saints.
Ces mêmes principes trouvent leur application toute logique dans le culte rendu aux saintes images.
Ce culte «présente pour les fidèles de multiples avantages: l'image est d'abord le livre des ignorants; c'est une exhortation muette à imiter les exemples des Saints; c'est enfin un canal des bienfaits Divins.»
Quand l'empereur byzantin voit se dresser en face de lui Jean Damascène, un adversaire redoutable à la cour même des califes, c'est-à-dire hors de sa portée il décide de se venger d'une manière hypocrite et cruelle: il fait remettre au calife une lettre écrite par un faussaire, signée du nom de Jean Serge Mansour et invitant l'empereur de Byzance à s'emparer de Damas.
On conçoit la colère du calife devant cette pièce à conviction, qui est pour lui la preuve d'une trahison.
Aussitôt, il fait mander saint Jean et lui fait trancher la main droite. Le martyr supporte courageusement ce supplice, rentre dans son oratoire privé; il se met en prière devant une image de la Très Sainte Vierge, suppliant la Mère de Dieu de lui rendre l'usage de sa main pour lui permettre de reprendre la plume.
Alors il s'endort; la Vierge de l’icône abaisse sur son chevaleresque défenseur un regard maternel et lui rend l'usage de sa main, autour de laquelle un mince liseré rouge persistera pour attester le prodige.
Dès lors, l'heureux miraculé renonce au monde et va s'enfermer dans la solitude de Saint-Sabas, où il continuera d'écrire à la louange de Marie.

Une autre tradition, s'ajoute à la précédente: sur l’icône miraculeuse, Jean avait suspendu en ex-vota une main d'argent, de même qu'en certains sanctuaires on a offert et peut-être offre-t-on encore des figurines de représentant têtes, mains ou jambes, correspondant à des parties du corps pour lesquelles les fidèles ont obtenu la guérison.
L’icône avec son ex-voto fut conservée comme une relique précieuse sous le nom de «Vierge Damascène» ou de « Vierge à trois mains». Quelle que soit son origine, cette image a une histoire que raconte ainsi le P. Joseph Goudard :
Au XIIIe siècle, elle fut remise par le supérieur de la laure à saint Sabas métropolite de Serbie et grand serviteur de Notre-Dame, dans un de ses deux pèlerinages en Terre Sainte.
De retour dans son pays, le prélat en fit don à son frère, Étienne, roi de Serbie, de la dynastie des Némanya, lui recommandant de la garder et de l'honorer d'un culte spécial comme un très précieux trésor de famille.
Plus tard, après l'extinction des Nérnanyn, l’icône fut transférée au Mont Athos, la montagne de Marie, et déposée au monastère de Kilandar.
Cette «Vierge Damascène » a eu une très grande célébrité en Orient. Les peintres la prirent pour modèle, et telle est l'origine de ces curieuses peintures où la Sainte Vierge est représentée avec trois mains.
Les Serbes allèrent plus loin; ce titre de «Vierge à triple main», ils en ont fait le vocable de plusieurs de leurs églises Cathédrales réputées «thaumaturges » encore aujourd'hui, telles Notre-Dame d'Uskub, Notre Dame de Skoplie , etc.

Jean Damascène fut à la fois philosophe, théologien, orateur ascétique, historien, exégète, poète même.
Le principal de ses écrits dogmatiques est la Source de la connaissance. Il comprend trois grandes divisions.
La première, appelée Dialectique, met sous les yeux du lecteur ce qu'il y a de meilleur dans la philosophie grecque; la deuxième, tout historique, est un clair résumé des hérésies apparues dans l’Église jusqu'à celle des iconoclastes: l'auteur y expose et réfute tout au long le mahométisme.
La troisième partie comprend son grand ouvrage bien connu: Exposition de la Foi Orthodoxe. Il y parle de Dieu, de ses œuvres, de ses attributs, de sa Providence, de l'Incarnation, des Sacrements; sur chaque vérité il résume l’Écriture et la Tradition.

Il est vraisemblable que ce dernier écrit fut composé au monastère de Saint-Sabas. Le texte nous en a été conservé dans une traduction arabe.
Cet ouvrage est d'une grande importance pour l'histoire de la théologie; malgré ses lacunes, il est le fidèle écho des enseignements des Pères de l'Eglise qui ont précédé son auteur, et on a dit qu'il représente la première Somme théologique digne de ce nom.
Le mystère de l'Incarnation est celui sur lequel Jean Damascène s'étend le plus longuement; sa théologie mariale, soit dans ce traité soit en d'autres ouvrages, est irréprochable: ici encore, interprète de renseignement des autres théologiens byzantins. Il expose d'une manière admirable les vues les plus orthodoxes sur l’Immaculée Conception (bien avant Lourdes) et la virginité perpétuelle de Marie, son rôle de corédemptrice du genre humain par sa libre coopération au plan Divin; son Assomption, sa Royauté sur les créatures, sa médiation universelle et sa Maternité de Grâce.

L’exposition de la Foi Orthodoxe fut mise à contribution souvent d'une façon inavouée par les théologiens byzantins; elle fut traduite en paléoslave, vers la fin du IXe siècle, par les soins de Jean, exarque de Bulgarie; en Russie, elle a été imprimée plusieurs fois.
Les Byzantins ont surnommé Jean Damascène Chrysorrhoas (qui roule de l'or), et ce nom dit assez toute l'admiration que la postérité a vouée à sa personne et à ses travaux. Nul n'est prophète dans son pays.
Les étrangers ont reconnu la grandeur de Saint Jean de Damas mais les arabes, ses propres frères, l'ont rejeté.

Saint Jean Damascène est considéré comme l'auteur d'un grand nombre de chants, savants et populaires, dont on voit quelques-uns cités dans les anthologies de musique religieuse, anciennes et modernes.
En tels d'entre eux la Très Sainte Vierge est chantée d'une manière heureuse; il a composé aussi des tropaires dans lesquels il demande pour les défunts le repos éternel, ce qui est très important pour l'histoire de la croyance au Purgatoire.
On a même voulu faire du moine de Saint-Sabas l'organisateur du chant liturgique grec, l'inventeur de la notation musicale qui porte son nom, l'auteur de l'Octoekos, livre liturgique d'un charme et d'une fraîcheur antiques, qui sous huit tons musicaux contient des tropaires et des canons sur la Résurrection, la Croix, la Vierge.
Le Père Pargoire déclare toutefois que s'il a jeté les bases du célèbre recueil, «Jean le Moine » ne l'a certainement pas bâti seul, ni tout d'une pièce, car d'autres, même au IXe siècle, apporteront leur pierre à cet édifice.
D'autre part, un historien de la musique byzantine, le P. Joannès Thibaut, affirme que « le Canon musical prouve que Jean Damascène connaissait son art à la perfection, et qu'il était, suivant L’expression consacrée, un musicien dans l'âme. »

Pour mémoire encore, enregistrons une autre tradition touchante: la Vierge Marie «venant doucement gourmander l'archimandrite de la laure, homme austère qui saisissait difficilement la portée apostolique des livres et surtout de la poésie.
- Pourquoi, lui dit Notre-Dame, pourquoi empêches-tu cette source de donner ses eaux limpides, lesquelles, en coulant sur le monde, emporteront les hérésies?»

Comme ou peut le voir, la trame de la vie de Jean Damascène est aussi ténue que possible, au moins dans la mesure où nous la connaissons. On pourrait même se demander pourquoi l’Église le vénère comme Saint. Comme s'il répondait précisément à cette question, le P. Jugie remarque judicieusement:
Sa sainteté, on la voit transparaître dans ses œuvres. Le ton d'humilité sincère avec lequel il parle de lui-même en plusieurs endroits de ses écrits, allant jusqu'à se traiter d'homme ignorant, son Amour pour Jésus-Christ, sa tendre dévotion à Marie, son dévouement pour l’Église qui lui a fait composer tous ses ouvrages, tout cela nous montre que le Docteur de Damas appartient à la race des grands Saints qui ont illustré l’Église à la fois par leur science et par leur vertu.

Selon la tradition Saint Jean Damascène est mort le 4 décembre 749.
Un concile des briseurs d'images réuni, le 10 février 753, au palais impérial de Hiéria, près de Chalcédoine, avec le bienveillant appui de l'empereur byzantin Constantin Copronyme, enregistrait avec une joie apparente la mort des trois défenseurs des saintes images, saint Germain, Georges de Chypre et saint Jean Damascène, par une formule demeurée célèbre: La Trinité a fait disparaître les trois.
Reprenant cette phrase et la rectifiant d'une manière heureuse, le VIle Concile œcuménique, réuni à Nicée en 787 et qui condamna l'hérésie des iconoclastes, déclara: «La Trinité a glorifié les trois»: la sixième session de ce même Concile entendit l'éloge de saint Jean Damascène; la septième proclama sa «mémoire éternelle».
Le corps de saint Jean Damascène fut conservé pendant au moins quatre siècles dans la laure de Saint-Sabas; plus tard, il fut transporté à Constantinople.
Certains Martyrologes latins semblent faire allusion à cette translation en inscrivant au 6 mai la mention suivante: «A Constantinople, déposition de Jean Damascène, de sainte mémoire, docteur insigne. »

Le couvent de Saint-Sabas conserve deux tableaux qui représentent le Saint. Sur le premier, on voit un vieillard à cheveux blancs, la figure rayonnante de beauté et de majesté, penché sur un parchemin, écrivant et chantant les louanges de Marie, telles que les a conservées la liturgie de l’Église grecque.
Sur le second, qui couronne l'entrée du tombeau de saint Jean, on voit un moine étendu sur son lit funèbre; sur sa poitrine, il a les mains jointes, contre lesquelles on a déposé une petite icône de Marie portant l'Enfant Jésus; la multitude des moines entoure le corps, qui semble plutôt reposer après une dure journée de travail.
De temps immémorial on montrait dans le quartier Chrétien de Soufanieh à Damas, non loin de la porte de Bab Touma, une ruine appartenant au wouakf dépendant de la grande mosquée et connu de toute la ville sous le nom de maison de saint Jean Damascène.
En 1878, après de longues démarches, les Jésuites achetèrent cette ruine et la transformèrent en un sanctuaire.
Si en Occident Saint Jean de Damas fait parti des Docteurs de l'Eglise, malheureusement à Damas et dans le monde arabe, rares sont ceux qui le connaissent ou qui ont jamais lu ses œuvres.

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Saint Jean Damascène
Prêtre et Docteur de l'Eglise

Biographie

Jean naît, vers 676, dans une riche famille arabe et Chrétienne de Damas, les Mansûr, dont les hommes occupent des postes officiels, tant sous les empereurs byzantins que, à partir de 636, sous les califes.
Compagnon d'enfance du futur calife Yazid, il reçoit, avec son frère adoptif, Cosmas, une bonne éducation à la fois grecque et arabe. Ils ont comme précepteur un moine italien, autre Cosmas, naguère pris comme esclave en Sicile par les Sarrasins et que Sergius, père de Jean, avait racheté.
Leur ayant appris tout ce qu'il pouvait savoir de rhétorique, de dialectique, d'arithmétique, de philosophie et de théologie, le savant Cosmas se retire au monastère de Saint-Sabas, tandis que son premier élève rejoint son père à la cour du calife pour être initié aux affaires de l'Etat, et que l'autre s'en va parfaire ses études ecclésiastiques à Jérusalem.
A la mort de Sergius, son fils lui succède et prend un tel ascendant sur l'esprit des califes qu'il est, vers 730, créé grand vizir.
Lorsque l'empereur Léon d'Isaurien prescrit de détruire les saintes images (730), Jean Damascène s'y oppose très vigoureusement et publie trois adresses.
Pour élimer cet intelligent adversaire, l'empereur byzantin envoie au Calife une lettre rédigée par des faussaires, selon laquelle Jean ne se proposait rien moins que de lui livrer Damas.
En possession du faux, le Calife refuse d’écouter son grand vizir et le renvoie après lui avoir fait trancher la main droite ; Jean récupère sa main et se retire dans son oratoire pour s'adresser ainsi à la sainte Vierge :
« Très pure Vierge Marie qui avez enfanté mon Dieu, vous savez pourquoi on m'a coupé la main droite, vous pouvez, s'il vous plaît, me la rendre et la rejoindre à mon bras. Je vous demande avec instance cette grâce pour que je l'emploie désormais à écrire les louanges de votre Fils et les vôtres. »
La Vierge lui apparaît pendant son sommeil et lui dit : « Vous êtes maintenant guéri, composez des hymnes, écrivez mes louanges, accomplissez ainsi votre promesse. »
Le Calife reconnaît l'innocence de Jean et le rétablit dans ses fonctions qu'il conserve le temps d'instruire son successeur et de mettre de l'ordre dans ses affaires.
Délivré des affaires du monde, il partage ses biens entre sa famille et les pauvres, puis rejoint les deux Cosmas, son ancien précepteur et son frère adoptif, appelé l'Hagiopolite, à la laure de Saint-Sabas ; après que de nombreux moines se sont jugés indignes de sa formation, l'higoumène de Mar-Saba, Nicodème, le confie à un vieux moine triste, ennemi de la poésie et de la musique, qui lui interdit d'écrire et le livre à toutes sortes d'humiliations ridicules.
Ayant supporté en silence cet affreux noviciat, Jean Damascène, autorisé à étudier et à écrire, compose ses fameuses hymnes.
Ordonné Prêtre, vers 735, par Jean de Jérusalem, un peu avant que son frère adoptif devienne Évêque de Majuma (Palestine) Jean Damascène ne quitte plus son monastère que pour prêcher. Il mourut à Mar-Saba le 04 Décembre 749.

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Prière

O fille du roi David et Mère de Dieu, roi universel.
O divin et vivant objet dont la beauté a charmé le Dieu créateur,
vous dont l'âme est toute sous l'action divine
et attentive à Dieu seul ;
tous vos désirs sont tendus vers Celui-là seul
qui mérite qu'on le cherche et qui est digne d'amour ;
vous n'avez de colère que pour le péché et son auteur.
Vous aurez une vie supérieure à la nature
mais vous ne l'aurez pas pour vous,
vous qui n'avez pas été créée pour vous.
Vous l'aurez consacrée tout entière à Dieu
qui vous a introduite dans le monde
afin de servir au salut du genre humain,
afin d'accomplir le dessein de Dieu,
l'Incarnation de son Fils et la déification du genre humain.
Votre coeur se nourrira des paroles de Dieu :
elles vous féconderont,
comme l'olivier fertile dans la maison de Dieu,
comme l'arbre planté au bord des eaux vives de l'Esprit,
comme l'arbre de vie qui a donné son fruit au temps fixé :
le Dieu incarné, la vie de toutes choses.
Vos pensées n'auront d'autre objet que ce qui profite à l'âme,
et toute idée non seulement pernicieuse, mais inutile,
vous la rejetterez avant même d'en avoir senti le goût.
Vos yeux seront toujours tournés vers le Seigneur,
vers la lumière éternelle et inaccessible ;
vos oreilles attentives aux paroles divines
et au son de la harpe de l'Esprit
par qui le Verbe est venu assumer notre chair. (...)
O Vous qui êtes à la fois fille et souveraine de Joachim et d'Anne,
Accueillez la prière de votre pauvre serviteur :
il n'est qu'un pécheur,
et, pourtant, de tout son coeur, il vous aime et vous honore.
C'est en vous
qu'il veut trouver la seule espérance de son bonheur,
le guide de sa vie,
la réconciliation auprès de votre Fils
et le gage assuré de son salut.
Délivrez-moi du poids de mes fautes,
dispersez l'obscurité accumulée autour de mon esprit,
débarrassez-moi de mon épaisse boue,
arrêtez mes tentations,
gouvernez ma vie avec bonheur
et conduisez-moi au bonheur du ciel.
Accordez la paix au monde.
Donnez à tous les chrétiens de cette ville
la joie parfaite et le salut éternel.

Nous vous en supplions,
obtenez-nous d'être sauvés,
d'être délivrés des passions de nos âmes,
d'être guéris des maladies de nos corps,
d'être délivrés de nos difficultés ;
obtenez-nous une vie tranquille dans la lumière de l'Esprit.
Enflammez-nous d'amour pour votre Fils.
Que notre vie lui soit agréable,
pour que,
établis dans la béatitude du ciel,
nous puissions vous voir un jour
resplendir dans la gloire de votre Fils,
pour que nous puissions chanter, dans une joie sans fin,
des hymnes saintes d'une manière digne de l'Esprit,
au milieu de l'assemblée des élus,
en l'honneur de Celui qui, par vous, nous a sauvés,
le Christ, Fils de Dieu et notre Dieu.
A lui soient la puissance et la gloire,
avec le Père et l'Esprit,
maintenant et toujours,
dans les siècles des siècles.
Amen.

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Lecture
Le Divin est ineffable et incompréhensible. « En effet, personne ne connaît Le Père si ce n’est Le Fils, et personne ne connaît Le Fils si ce n’est Le Père ». Et L’Esprit saint aussi connaît ce qui est de Dieu, de même que l’esprit de l’homme connaît ce qui est dans l’homme.
Personne n’a jamais connu Dieu, si ce n’est celui auquel lui-même l’a révélé. Dieu, pourtant, ne nous a pas abandonné dans une ignorance totale.
En effet, la connaissance de Dieu a été ensemencée par lui, conformément à la nature, en tout homme.
La Création elle-même, sa sauvegarde et son organisation proclament la grandeur de la nature Divine. De plus, d’abord par le moyen de la Loi et des Prophètes, puis par son Fils unique, Le Seigneur Notre Dieu et Sauveur Jésus Christ, Dieu a révélé la connaissance de Lui-même par tout ce qui nous est accessible.
C’est pourquoi nous accueillons, nous reconnaissons et nous vénérons ce qui nous a été transmis par la Loi, les Prophètes, les Apôtres et les Evangélistes, sans rien rechercher au-delà de ces médias.
Jean Damascène, La Foi Orthodoxe

Prière
Accorde-nous, Seigneur,
de trouver un appui
dans les prières de saint Jean Damascène ;
que la vraie Foi,
dont il fut un maître éminent,
soit toujours notre force et notre lumière.

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Date de dernière mise à jour : 03/12/2017