Saint Nicolas, Archevêque de Myre († 345). Fête le 06 Décembre.

Jeudi 06 Décembre 2018 : Fête de Saint Nicolas, Archevêque de Myre († 345).

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  Saint Nicolas
Archevêque de Myre
(† 345)

Nicolas, né probablement à Patare, en Lycie, en Asie mineure (actuelle Turquie) entre le 260 et 280, fut le fruit des prières de ses pieux parents.
Il eut l'esprit ouvert aux choses divines dès sa plus petite enfance ; à peine sut-il manger, qu'il sut jeûner.
Il avait un oncle Évêque, qui, voyant avec admiration les vertus de Nicolas, l'ordonna Prêtre dès qu'il eut l'âge requis et fit de lui cette prédiction : « Il sera la consolation des affligés, le sauveur des âmes en péril, le bon pasteur qui rassemble ses brebis égarées au bercail de Jésus-Christ. »

Une de ses premières œuvres fut de sauver l'honneur de trois filles exposées à la perte de leur vertu ; il les dota toutes, l'une après l'autre, et il le fit si discrètement, que c'est à la fin seulement que le père, touché d'admiration, surprit la main du bienfaiteur.
Après un pèlerinage aux lieux saints, Nicolas se retira à Myre, espérant échapper aux honneurs qu'il voulait éviter avec tant de soin, et à la mort de l'Évêque de Myre, qui arriva peu de temps après, il fut élu pour lui succéder.

Dès lors il s'appliqua à devenir le modèle de son troupeau. Il ne mangea plus qu'une fois le jour, et jamais de viande ; il faisait toujours lire à sa table quelque livre de la Sainte Écriture ; ses nuits se passaient en oraison, et la terre dure était sa couche pour le peu de repos qu'il prenait. Levé avant le jour, il réveillait ses clercs pour chanter des hymnes et des psaumes ; aussitôt le soleil paru, il allait à l'église et employait le reste du jour à ses diverses fonctions pastorales.

Nicolas, sous la persécution de Dioclétien, fut jeté dans un cachot et mis à la torture ; mais on n'osa pas le faire mourir, par peur de la vengeance de son peuple.

Peu de Saints ont opéré de plus nombreux et de plus éclatants miracles. Tantôt il apparaît à Constantin pendant la nuit, pour lui ordonner de mettre en liberté trois innocents qui doivent être exécutés le lendemain ; tantôt il se montre, en pleine tempête, à des matelots en danger qui l'ont appelé à leur secours.
Il est surtout légendaire entre mille, le miracle de la résurrection de trois enfants tués par un boucher et hachés menu, pour être mêlés à la viande de son commerce.
On l'honore comme le patron des écoliers.

Nicolas 2

http://nominis.cef.fr/contenus/saint/227/Saint-Nicolas-de-Myre.html.

Saint Nicolas de Myre

Évêque de Myre (+ v. 350)

Nous ne savons que peu de choses de lui. Il naquit en Asie Mineure, devint Évêque de Myre et, à ce titre, il assiste et souscrit au concile de Nicée en 325.
Par contre, sa vie posthume est beaucoup plus riche, grâce aux légendes sans doute fondées sur la réputation de sa bonté envers les pauvres et les enfants.
Son tombeau devient un lieu de pèlerinage, d'abord à Myre, puis à Bari en Italie où ses reliques furent transportées au XIe siècle pour les protéger des Musulmans.
Chaque année, des délégations des Églises Orthodoxes, particulièrement de Russie, viennent se joindre au pèlerinage des Catholiques latins, en une rencontre œcuménique significative. Le "bon saint Nicolas" est invoqué aussi bien en Orient où il est le patron des Russes, qu'en Occident où il est le patron des enfants et, si l'on peut parler ainsi, l'ancêtre du Père Noël.
Il est fêté le 9 mai par les Églises d'Orient.

Un internaute nous signale: "St Nicolas honoré en Lorraine est aussi le protecteur des filles à marier et des prisonniers. 
Deux épisodes de sa légende: l'un explique qu'il fournit secrètement une dot à trois sœurs dont le père trop pauvre ne pouvait les marier, l'autre rapporte qu'il exauça les prières du seigneur de Réchicourt (actuelle Moselle), prisonnier en Terre Sainte depuis des années, qui se retrouva miraculeusement libéré de ses chaînes sur le parvis de la Basilique à St Nicolas de Port (Meurthe-et-Moselle)."

L'Évêché de Metz nous signale: "La Fête de St Nicolas de Smyrne est une Fête obligatoire pour toute la Lorraine: il est son saint patron.
Le diocèse de Nancy possède la Basilique St Nicolas de Port qui abrite des reliques rapportées par le chevalier Aubert de Bari. Le diocèse de Metz compte 36 églises ou chapelles de ce patronyme."

Nicolas fut Évêque de Myre (Asie Mineure) dans la première moitié du IVe siècle. Au VIe siècle, une église à son nom abritait son tombeau.
Mais, en 1087, des marins de Bari s’emparèrent de ses reliques et les emportèrent dans leur ville qui est devenue le centre de son culte.
A la même époque, le chevalier Aubert, de Port, près de Nancy, rapporta d’un voyage à Bari une relique du saint.
Dans cette localité, qui prit plus tard le nom de Saint-Nicolas-de-Port, plusieurs églises furent construites successivement jusqu’à la belle Basilique actuelle où viendront, nombreux, les pèlerins à l’exemple de Jeanne-la- Lorraine.

Dans le diocèse de Metz, trente-six églises ou chapelles portent le titre de Saint Nicolas. La plus célèbre est celle de Munster. (Source: Diocèse de Metz)
Mémoire de Saint Nicolas, Évêque de Myre en Lycie au IVe siècle, célèbre en Occident comme en Orient, car Dieu récompensa par de nombreux miracles sa Charité et son zèle apostolique.

Martyrologe romain

Nicolas myra 2

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_de_Myre.
Nicolas de Myre ou Nicolas de Bari (communément connu sous le nom de « Saint Nicolas ») né à Patara, en Lycie, en 270, mort vers 345, est un Évêque catholique de l'empire d'Orient renommé pour sa Charité et sa Foi combative.

Canonisé, il a été proclamé protecteur de nombreuses nations et de nombreux corps de métiers, il est un personnage populaire de l'hagiographie chrétienne.

Biographie

Né à Patara, en Lycie, en 270, selon la légende, Saint Nicolas se serait tenu peu après sa naissance tout seul debout, bien droit sur ses jambes. Il s'agirait de son tout premier miracle.
Nicolas est mis à l'orphelinat à la suite d'une épidémie de peste.
Par la suite, il devient l'évêque de la ville de Myre, toujours en Lycie, située dans l'Anatolie du sud-ouest.
Selon la tradition, il est présent au Ier concile de Nicée en 325. Sa réputation de charité le fit proclamer saint et l'on Fête l'anniversaire de sa mort le 6 décembre.
Ses ossements sont conservés dans une église de Myre en Lycie jusqu'au XIe siècle. Ils ont la particularité de suinter une huile sacrée.
Cette manne est connue dans l'Europe du Moyen Âge. Cette célébrité attire soixante-deux marins venus de Bari, qui volent et ramènent ces reliques le 9 Mai 1087 en terre Chrétienne à Bari.
Une Basilique lui est spécialement construite entre 1089 et 1197. Quelques fragments de la relique seront cédés à la cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg.

De la légende à l'hagiographie

Saint Nicolas intervient au IVe siècle pour sauver trois officiers (ou trois notaires) que la légende transforme en petits enfants sortant du saloir.
Sa commémoration chrétienne le 6 décembre est une Fête très populaire dans bien des pays du monde.
À la Saint-Nicolas, la tradition veut que les enfants qui, durant toute l'année, ont été sages, reçoivent des friandises, de nature variable selon les régions, et des cadeaux. Ceux qui n'ont pas été sages se voient offrir un martinet par le père Fouettard, ce qui est rare, car il est possible de leur pardonner s'ils se repentent.

Il est saint patron (c'est à dire modèle et protecteur) des Lorrains, des Russes, des Fribourgeois, des Ovillois, des écoliers, des étudiants, des enseignants, des marins, des hommes et femmes souffrant de stérilité, des célibataires, des vitriers, des bouchers, des voyageurs.
Suivant les régions, les notaires se placent sous la protection de saints différents parmi lesquels saint Lazare, saint Luc, sainte Catherine, mais le plus souvent saint Nicolas, saint Marc et saint Yves.
De nos jours encore, c'est autour du 9 Mai (Saint-Nicolas d'été) et du 6 Décembre (Saint-Nicolas d'hiver) que se situent les principales assemblées de notaires. Sans doute cet évêque a-t-il été choisi par les notaires de Paris pour avoir doté trois jeunes filles pauvres en passe de devoir se prostituer pour subvenir à leurs besoins. A Paris, les avocats sont également placés sous sa protection, alors que les autres barreaux se placent sous celle de saint Yves.

La légende de Saint Nicolas est à l'origine du personnage du Père Noël : les Hollandais exportèrent au XVIIe siècle la Fête de Sint Niclaes ou Sinterclaes à la Nouvelle-Amsterdam, où, par déformation, « Sinte(r)claes » devint « Santa Claus ».

Saint nicolas statue avec 3 enfants 2Statue de Saint Nicolas exposée en l'église de Mauvages dans la Meuse (les trois enfants sont représentés dans le saloir)

Hagiographie de Saint Nicolas

  • Lors de sa naissance, Saint Nicolas se serait tenu tout seul debout, bien droit sur ses jambes. Il s'agirait de son tout premier miracle.
  • Saint Nicolas ressuscite trois petits enfants

Bien que destinée aux enfants et à l'instar de tant de contes et de comptines, une des légendes de saint Nicolas est plutôt effrayante.

Statue de saint Nicolas exposée en l'église de Mauvages dans la Meuse (les trois enfants sont représentés dans le saloir)

« Ils étaient trois petits enfants qui, s'en allaient glaner aux champs » comme dit la chanson. Perdus, ils demandent l'hospitalité chez un boucher qui ne trouve rien de mieux que de les tuer, les découper et les mettre au saloir. Le Bon saint Nicolas vient à passer sept ans plus tard et demande à son tour l'hospitalité. Il insiste pour manger le petit salé préparé sept ans plus tôt. Le boucher s'enfuit et Saint Nicolas ressuscite les trois enfants». Cette légende du meurtre et de la résurrection de trois enfants remonte au moins au XIIe siècle.

  • Selon certaines traditions,
    • le père Fouettard qui accompagne Saint Nicolas serait en fait le boucher de l'histoire. Pour lui faire regretter son méfait, Nicolas l'aurait condamné à l'accompagner lors de sa distribution de récompenses, en lui assignant la tâche de punir les enfants désobéissants.
    • Une morale de la comptine, peut-être plus tardive, mais plus heureuse, fait s'enfuir le boucher ; Saint Nicolas l'interpelle et lui dit que s'il se repent, Dieu lui pardonnera.
    • Selon certains, le père Fouettard est une invention des Messins lors du siège de leur ville par les Impériaux, en pleine période de festivité de la Saint-Nicolas en 1552 après la mise en place du protectorat français. De là leur serait venue l'idée de se moquer de l'assiégeant, Charles Quint, en le représentant sous les traits du boucher de la légende de Saint Nicolas.
  • La vie de Saint Nicolas est remplie d'anecdotes souvent représentées dans l'iconographie religieuse :
    • ainsi, apprenant qu'un père n'a pas de quoi fournir une dot de mariage à ses trois jeunes filles et qu'il n'a d'autre moyen de survivre que de les livrer à la prostitution, Nicolas jette des bourses pleines d'argent dans leurs bas qu'elles avaient mis à sécher sur la cheminée. Grâce à lui, le père peut préserver l'honorabilité de ses filles et de son nom afin de leur assurer un mariage respectable. C'est pour commémorer ce geste qu'à la Saint-Nicolas, les enfants reçoivent une orange, anciennement appelée pomme d'or.
    • Il sauve également de la tempête les marins d'un bateau portant une cargaison de blé pour la ville de Myre.

Fête de Saint Nicolas

Du fait de l'arrivée en Lorraine en 1087 d'une relique du Saint, sa dextre bénissante, rapportée depuis Bari par le seigneur Aubert de Varangéville , le bourg de Port, possession du sieur de Varangéville, devenu Saint-Nicolas-de-Port possède une église dédiée au saint patron de la Lorraine dès 1093.

Vers 1230, le chevalier lorrain Cunon de Réchicourt ayant suivi l'empereur Frédéric II du Saint-Empire et fait prisonnier au cours de la sixième croisade, aurait prié saint Nicolas avant de s'endormir dans sa geôle. Le lendemain matin, il se serait réveillé, encore attaché, sur les marches de l'église ; ses chaînes seraient tombées d'elles-même durant l'office qu'il suivit alors.

Depuis, chaque année, le samedi le plus proche de la fête de Saint-Nicolas, a lieu une procession en mémoire de ce « miracle ».

En 1429, avant de quitter son pays pour rejoindre la France, Jeanne d'Arc viendra se recuiellir devant la relique du saint.

A la fin du même XVè siècle, en Action de Grâce envers le saint protecteur de ses états pour avoir sauvé son Duché de Lorraine des griffes du duc de Bourgogne Charles le Téméraire (la belliqueux bourguignon avait même trouvé la mort lors de la Bataille de Nancy le 5 janvier 1477), le duc René II, fit reconstruire l'église du bourg de Saint-Nicolas-de-Port qui était déjà dédiée au saint évêque. Dès 1481 débutèrent les travaux et qu'une basilique d'un majestiueux gothique flamboyant remplaça les églises précédentes.

En 1622, le duc Henri II de Lorraine obtient du Pape Grégoire XV l'érection d'une église por ses sujets résidant à Rome. Cette très jolie église baroque sise près de la Place Navone est bien sûr dédié au saint protecteur de la "nation Lorraine" et se nomme Église Saint-Nicolas-des-Lorrains.

Plus largement, dans chaque ville ou village de Lorraine défile un corso en l'honneur de saint Nicolas.

St nicolas 11Saint Nicolas visite les maisons dans la nuit du 5 au 6 Décembre, souvent accompagné de son âne, et gratifie les enfants sages de friandises et de cadeaux pour la plus grande joie des petits et des grands… qui entonnent la complainte de saint Nicolas (les enfants moins sages ont souvent droit à une belle démonstration de miséricorde).

En Lorraine germanophone, saint Nicolas (Sankt Niklaus) est accompagné selon la tradition de son assistant Rupelz ou Rüpelz (équivalent du père Fouettard).

En France

Fêter Saint-Nicolas le 6 Décembre est dans le nord-est (Alsace-Lorraine) une tradition très vivace :
Les enfants des écoles reçoivent des oranges et une brioche en forme de bonhomme connue sous le nom de « mannele ».

En Belgique et aux Pays-Bas

Le 6 Décembre en Belgique et le 5 Décembre aux Pays-Bas, la Fête de Saint Nicolas est l'un des événements les plus importants pour les petits Belges et Néerlandais.
Saint Nicolas défile dans les rues des grandes villes, sur le dos de son âne, accompagné du Père Fouettard, en distribuant des friandises et des speculoos aux enfants.

Le jour où se déroule la Fête les enfants se lèvent et découvrent, comme à Noël, un cadeau, des bonbons et des spéculoos en forme de Saint Nicolas.
Dans les écoles, il est fréquent que les élèves reçoivent soit un cadeau, soit un paquet de bonbons. Saint Nicolas étant le patron des écoliers, chants, musiques et danses rythment la journée.

En Belgique, certaines entreprises distribuent le 6 Décembre un petit colis (speculoos, chocolat et mandarine) à leur personnel.
Saint-Nicolas est une manifestation très vivante en Belgique et aux Pays-Bas, où elle est aussi importante que Noël. On constate un certain alignement de cette Fête avec celle de Noël: Ainsi par exemple, les cadeaux du matin du 6 Décembre se trouvent parfois au pied d'un sapin de Noël.
Expression : En Belgique, au crépuscule lorsque les nuages et le ciel sont presque rouges on dit aux enfants que Saint Nicolas est en train de cuire ses spéculoos.

Patronage

Saint Nicolas est le patron (protecteur):

  • des écoliers, et d'une manière générale des enfants,
  • des marins et bateliers,
  • des avocats du barreau de Paris
  • des célibataires : De même que les filles célibataires de 25 ans "coiffent" sainte Catherine le 25 novembre, les garçons non mariés qui atteignent la trentaine fêtent saint Nicolas le 6 décembre. À cette occasion selon les différentes traditions régionales ils sont tenus de s'affubler de pyjamas, bonnets de nuits ou de sabots.
  • de la Lorraine, de la Russie, de la ville de Houilles, de la ville de Fribourg, de l'île de Terre-de-Bas aux Saintes,
  • de l'Université de Valladolid en Espagne.
  • de la ville de Bari en Italie.

Puglia bari6 tango7174 2Statue de Saint Nicolas de Myre dans la Basilique de Bari dans les Pouilles.

http://missel.free.fr/Sanctoral/12/06.php.

Né à Patare en Lycie 1 vers 270 de parents chrétiens : son père, Euphémius, était un homme riche, pieux et charitable ; sa mère, Anne, était la sœur de Nicolas l’Ancien, Évêque de Myre.  Nicolas fit présager dès l’enfance sa fidélité à la pratique du jeûne : les imagiers médiévaux ont reproduit sur nos vitraux le nourrisson repoussant d’un geste décidé le sein maternel. Nombreux sont les traits analogues qui ont rendu saint Nicolas si populaire.
La peste ayant enlevé ses parents et l’ayant laissé jeune à la tête d'un riche héritage, Nicolas consacra sa fortune à de bonnes œuvres.
Un homme veuf de son voisinage ayant trois filles nubiles et, par suite de revers de fortune, ne pouvant leur assurer une honnête situation, résolut de les prostituer ; Nicolas se fit à leur égard l'instrument de la Providence en leur procurant une riche dotation.
On dit que son oncle l’ordonna Prêtre et le fit supérieur du monastère de Sainte-Sion, près de Myre.
Quand l'Évêque de Myre vint à mourir, Dieu fit connaître aux Évêques de la province que Nicolas était l’homme de son choix pour cet office.
Contraint d'accepter l’épiscopat, Nicolas réalisa tout ce qu’on attendait de l'Évêque en ces temps primitifs ; il fut le guide doctrinal de son peuple, son défenseur dans les périls des persécutions, le sage administrateur des biens de la communauté Chrétienne, un organisateur zélé des œuvres charitables.
Jeté en prison durant les dernières années de la persécution de Dioclétien, il fut délivré à l'avènement de Constantin et revint à Myre.
L'idolâtrie était encore vivace : l'Évêque la combattit, renversant le temple de Diane qui était le centre de la réaction païenne dans la ville de Myre ; en un temps de famine, il s'ingénia pour procurer les vivres nécessaires à son peuple.
Parmi les miracles nombreux qui lui sont attribués, il faut mentionner celui que les artistes ont le plus fréquemment reproduit.
Trois officiers de Constantin avaient été envoyés en Phrygie pour réprimer une sédition ; en passant par Myre ils avaient été reçus par l'Évêque et l'avaient vu tirer des mains du bourreau trois de ses concitoyens injustement condamnés.
Rentrés à Constantinople les trois officiers tombèrent en disgrâce et furent condamnés à mort. Se souvenant de ce qu'avait fait l'Évêque de Myre, ils .s'adressèrent à Dieu pour obtenir que Nicolas manifestât sa puissance en leur faveur.
Constantin, à qui le prélat apparut en songe, reconnut l'innocence des condamnés et les fit remettre en liberté.
Tel est le thème que les artistes du Moyen Age ont représenté sous le titre des « trois tribuns sauvés de la mort. »
Un trouvère du XII° siècle a narré dans un de ses poèmes l'histoire de « trois clercs allant à l'école », mis à mort par un boucher à qui ils avaient demandé l'hospitalité, puis ressuscités par le saint Évêque de Myre.
La légende des « trois petits enfants qui s'en allaient glaner aux champs » s'ancra profondément dans la croyance populaire : représentée et chantée en Occident elle contribua a l'extension du culte rendu à saint Nicolas. Il faut en dire autant du miracle de la tempête apaisée par l'intercession de saint Nicolas.
Enfin Nicolas, au cours de son épiscopat, combattit les erreurs d'Arius, et fut l'un des 318 Évêques qui condamnèrent l'arianisme au premier Concile de Nicée.
Sa mort arriva peu de temps après, vers 325, et de son tombeau s'écoula une huile miraculeuse.

Vers 1087, comme la ville de Myre était au pouvoir des Turcs, des marchands de Bari furent assez heureux pour enlever les saintes reliques et les apportèrent dans leur ville où une église magnifique fut construite en l'honneur de saint Nicolas.

Saint Nicolas de Myre est assurément un des saints les plus populaires et son culte, né dans l’Eglise grecque, était déjà très répandu en Orient, lorsque soixante-deux corsaires de Bari razzièrent ses restes mortels abandonnés par les gens de Myre qui fuyaient les Turcs.
Le culte de saint Nicolas se développa Occident à la fin du XI° siècle, après le transfert de ses reliques à Bari (9 mai 1087), pour connaître, à partir du XII° siècle, un essort considérable, singulièrement en Italie et en Lorraine, dans l’Est de la France et en Allemagne rhénane.
Un très grand nombre de corporations ont pris saint Nicolas pour protecteur et pour patron, ce qui s'explique par les très nombreux miracles qui lui sont attribués.

La tempête apaisée explique que saint Nicolas soit réclamé par les marins, les bateliers, les pécheurs, les voyageurs et les pèlerins.
Les mal jugés se souviennent qu'il a obtenu de Constantin la grâce de trois officiers condamnés sur de faux témoignages.
Pour les tonneliers, c’est saint Nicolas qui fit sortir vivants d'un tonneau ou d'un cuvier les trois enfants mis à mort par un cruel boucher.
Les écoliers et écolières sont des protégés de prédilection : s'ils se conduisent bien, s'ils sont obéissants et studieux, saint Nicolas, le 5 décembre, veille de sa Fête, remplit leurs souliers ou leurs bas de friandises ; mais s'ils sont paresseux ou indociles, il leur apporte un martinet.
En Alsace, le 5 décembre au soir, les petits garçons se réunissent et parcourent les rues du village avec une clochette qu'ils agitent, puis ils crient : « Les petits enfants sont-ils couchés ? Saint-Nicolas va passer ! »
Avant de se coucher les enfants ne manquent pas de placer dans la cheminée un sabot pour recevoir le cadeau de saint Nicolas.
En Angleterre, les enfants de chœur avaient saint Nicolas pour patron : le 6 décembre, ceux des Cathédrales et des collégiales élisaient l'un d'entre eux pour Évêque : ce devait être le plus sage, le plus pieux, le plus zélé ; durant un mois, jusqu’au jour des Rois, des honneurs lui étaient rendus.
La dotation des filles de son pauvre voisin font de saint Nicolas le protecteur des filles à marier.
Saint Nicolas de Myre, patron des clercs, des filles à marier et des enfants, était aussi celui des bateliers, des pêcheurs au filet, des débardeurs, des commerçants de blé et de vin, des pharmaciens, des épiciers et des drapiers.

Avant la translation du corps de saint Nicolas à Bari, son culte avait déjà été introduit à Rome, au VII° siècle, par des moines orientaux.
Au IX° siècle, le Pape Nicolas I° (mort en 867) ajoutait à Sainte-Marie-in-Cosmedin, un oratoire en l’honneur de son saint patron.
La diaconie Saint-Nicolas-in-Carcere, sans doute en relation avec une église antérieure, fut créée au IX° ou au X° siècle. On a pu dénombrer à Rome quatre-ving-cinq églises, chapelles, couvents et hospices Saint-Nicolas.
Le culte de saint Nicolas fut introduit en Allemagne par la femme d’Othon I°, la byzantine Théophano dont le fils, Othon III (975-991) fonda, près d’Aix-la-Chapelle, Saint-Nicolas-de-Burtscheid. Saint Nicolas est le patron de Hambourg.
Après qu’Albert de Varangéville, rentrant de Terre Sainte eut dérobé à Bari un fragment de la dextre bénissant de saint Nicolas pour la rapporter en Lorraine, il fit édifier la chapelle Saint-Nicolas-de-Port qui laissa la place à une église plus grande, consacrée par Pibon, Évêque de Toul, en 1101 ; une nouvelle église fut construite en 1193 qui fut à son tour remplacée au XV° siècle quand saint Nicolas devint le patron de la Lorraine pour avoir favorisé la victoire du duc René II contre Charles le Téméraire, battu et tué sous les murs de Nancy (5 janvier 1477). A Rome, on le vénère à Saint-Nicolas-des-Lorrains.
En France, le comte d’Anjou, Foulque Nerra, grand pèlerin de Palestine, à la suite d’un vœu qu’il avait fait dans une tempête, fonda, en 1020, l’abbaye Saint-Nicolas d’Angers dont l’église nouvelle fut consacrée par le Pape Urbain II (10 février 1096).
Saint Nicolas est invoqué à Provins, de nombreuses églises lui sont dédiées dans les diocèses de Bourges, de Nevers, de Limoges et de Clermont, dans la Flandre française, au nord de la Lys, il est un des saints les plus honorés. Trente-deux communes françaises portent encore le nom de Saint-Nicolas.
A Paris, la première chapelle du Palais (île de la Cité), fondée par Robert le Pieux (996-1031), restaurée par Louis VI le Gros et détruite par saint Louis pour édifier la Sainte-Chapelle, était dédiée à saint Nicolas.
Le Parlement de Paris, à sa rentrée annuelle, entendait sa messe rouge célébrée à l’autel de saint Nicolas qui était l’un des patrons des juristes ; le président de la confrérie des avocats du palais prit le nom de bâtonnier parce qu’il tenait un bâton surmonté d’une effigie de saint Nicolas.
Robert de Dreux, frère de Louis VII, fonda, en 1187, en même temps que l'église collégiale Saint-Thomas du Louvre, un hôpital des pauvres écoliers de saint Nicolas.
En 1217 les écoliers obtinrent permission d'établir une chapelle et un cimetière, ce fut l'hospice Saint-Nicolas du Louvre, supprimé (1541) par le cardinal Jean du Bellay et remplacé par un collège de dix chanoines.
En 1744, Saint-Nicolas et Saint-Thomas du Louvre furent réunis en un seul corps sous le titre de Saint-Louis du Louvre. Depuis Charles V, le jour de la Fête de saint Nicolas, les écoliers, déguisés et menés par un des leurs portant les attributs des Évêques, couraient les rues en chantant. Les enfants de chœur de Notre-Dame allaient célébrer l'office à Saint-Nicolas-des-Champs.
Saint-Nicolas-des-Champs qui était à l’origine une chapelle dépendante de l’abbaye Saint-Martin-des-Champs, attestée dès 1119, fut érigée en paroisse en 1184 et souvent agrandie au cours des siècles.
Les parties les plus anciennes de l’actuel édifice sont du premier quart du XV° siècle, tandis que le reste fut construit aux XVI° et XVII° siècles ; le retable que Simon Vouet et Jacques Sarazin réalisèrent en 1629, est le seul retable parisien de cette époque à avoir échappé au vandalisme révolutionnaire.
On y voit, dans la deuxième chapelle de gauche, un Saint Nicolas dans la tempête de Jean-Baptiste Pierre qui imite en peinture un relief sculpté (1747), rapporté de Saint-Pierre-du-Gros-Caillou.
Lorsque le clos du Chardonnet fut englobé dans l’enceinte de Philippe Auguste, l’Évêque de Paris, Guillaume d’Auvergne, pour les habitants de ce nouveau quartier, fit élever une chapelle et un presbytère qu’il dédia à saint Nicolas (1230).
Devenue paroisse, la chapelle fut remplacée par une église (1243) qui fut à son tour remplacée par une église plus grande que Jean de Nanton, Évêque de Paris, consacra le 13 mai 1425. Agrandie en 1545, l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet reçut un nouveau clocher en 1625. Le 19 juillet 1656, le conseiller du Roi Christophe Martin, contrôleur général de la Marine et ancien marguillier de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, posa la première pierre d’une nouvelle église à laquelle travailla Charles Le Brun et dont Hardouin de Péréfix fit la dédicace le 15 août 1667 ; la nef fut achevée en 1716, la voûte fut posée en 1763, le maître-autel fut consacré par l’Archevêque Christophe de Beaumont le 4 décembre 1768.
Si l’on voulait chercher saint Nicolas à Paris, outre les deux églises dont nous venons de parler, on trouverait un vitrail de l’église Saint-Merry (début du XVI° siècle), une statue en bois (XVII° siècle), dans la chapelle de la congrégation Notre-Dame (ancienne Abbaye-aux-Bois), 11 rue de la Chaise, et une peinture sur l’iconostase de l’église Saint-Georges-des-Roumains, 38 rue Ribera (XVI°). On pourrait aussi voir, présentés au Louvre, le triptyque Harbaville, ivoire byzantin du XII° siècle, et une œuvre de Lorenzo di Credi (XV° siècle) où saint Nicolas est associé à saint Julien de Rimini. Dans les collection de la Bibliothèque nationale, on garde une miniature du XI° siècle, dans la Vie et miracle de saint Nicolas, et les Heures d’Anne de Bretagne, de Jean Bourdichon (XVI° siècle) où saint Nicolas ressuscite les trois écoliers dans le saloir. Au musée Jacquemart-André, on montre la miniature des Heures du maréchal Boucicaut.

Au tympan du portail sud de l’église Saint-Martin de Colmar, saint Nicolas est debout entre trois pucelles et trois clergeons (XII° siècle) ; à la même époque, on peignit la fresque romane de Saint-Jacques-des-Guérets, dans le vendômois, et l’on sculpta le bas-relief de l’église de Saint-Nicolas de Civray .
On voit saint Nicolas sur plusieurs vitraux, tels ceux du XIII° siècle des cathédrales de Chartres, d’Auxerre, de Bourges, du Mans et de Tours et tel celui de l’église de Saint-Julien-du-Sault (Yonne) et de l’église Saint-Pierre de Dreux ; c’est à la même époque que l’on doit les bas-reliefs du tympan du portail sud du transept de la cathédrale de Chartres. Au XIV° siècle, saint Nicolas est représenté sur un vitrail de l’église Saint-Gengoult de Toul ; c’est à de même époque que date le rétable de pierre du Mesnil-sur-Oger (Marne).
Le XV° siècle a laissé quelques belles statues de pierre, comme celle du Moutier-Saint-Jean (Côte-d’Or) et celle d’Ervy-le-Châtel (Aube), un saint Nicolas représenté par Jean Fouquetdans les Heures d’Etienne Chevalier, à Chantilly, et les fresques de l’église alsacienne d’Hunawihr.
On doit au XVI° siècle les vitraux de l’église Saint-Nicolas de Vézelise, en Lorraine, une statue de l’église Saint-Pantaléon de Troyes, un vitrail de l’église Saint-Etienne de Beauvais, une statuette reliquaire en argent de l’église d’Avesnes-le-Comte, en Artois.
Dans la Cathédrale de Sens, on voit un bas-relief en marbre, sculpté au XVIII° siècle par Etienne Gois.

Saint nicolas 11

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome01/006.htm.
Le jour de sa naissance, il se tint debout dans le bain ; de plus il prenait le sein une fois seulement. la quatrième (mercredi) et la sixième férie (vendredi).
Devenu grand, il évitait les divertissements, et préférait fréquenter les églises; il retenait dans sa mémoire tout ce qu'il y pouvait apprendre de l’Écriture sainte.
Après la mort de ses parents, il commença à penser quel emploi il ferait de ses grandes richesses, pour procurer la gloire de Dieu, sans avoir en vue la louange qu'il en retirerait de la part des hommes.
Un de ses voisins avait trois filles vierges, et que son indigence, malgré sa noblesse, força à prostituer, afin que ce commerce infâme lui procurât de quoi vivre.
Dès que le saint eut découvert ce crime, il l’eut en horreur, mit dans un linge une somme d'or qu'il jeta, en cachette, la nuit par une fenêtre dans la maison du voisin et se retira.
Cet homme à son lever trouva cet or, remercia Dieu et maria son aînée. Quelque temps après, ce serviteur de Dieu en fit encore autant. Le voisin, qui trouvait toujours de l’or, était extasié du fait; alors il prit le parti de veiller pour découvrir quel était celui qui venait ainsi à son aide. Peu de jours après, Nicolas doubla la somme d'or et la jeta chez son voisin.
Le bruit fait lever celui-ci, et poursuivre Nicolas qui s'enfuyait : alors il lui cria : « Arrêtez, ne vous dérobez pas à mes regards. » Et en courant le plus vite possible, il reconnut Nicolas; de suite il se jette à terre, veut embrasser ses pieds. Nicolas l’en empêche et exige de lui qu'il taira son action tant qu'il vivrait.
L'Évêque de Myre vint à mourir sur ces entrefaites ; les Évêques s'assemblèrent pour pourvoir à cette église.
Parmi eux se trouvait un Évêque de grande autorité, et l’élection dépendait de lui. Les ayant avertis tous de se livrer au jeûne et à la Prière, cette nuit-là même il entendit une voix qui lui disait de rester le matin en observation à la porte; celui qu'il verrait entrer le premier, dans l’église, et qui s'appellerait Nicolas, serait l’Évêque qu'il devait sacrer.
Il communiqua cette révélation à ses autres collègues, et leur recommanda de Prier, tandis que lui veillerait à la porte.
O prodige! À l’heure de matines, comme s'il était conduit par la main de Dieu, le premier qui se présente à l’église, c'est Nicolas.
L'Évêque l’arrêtant : « Comment t'appelles-tu, lui dit-il? » Et lui; qui avait la simplicité d'une colombe, le salue et lui dit : « Nicolas, le serviteur de votre sainteté. »
On le conduit dans l’église, et malgré toutes ses résistances, on le place sur le siège épiscopal. Pour lui, il pratique, comme auparavant, l’Humilité et la gravité de mœurs en toutes ses œuvres; il passait ses veilles dans la Prière, mortifiait sa chair, fuyait la compagnie des femmes; il accueillait tout le monde avec bonté; sa parole avait de la force, ses exhortations étaient animées, et ses réprimandes sévères. On dit aussi, sur la foi d'une chronique, que Nicolas assista au Concile de Nicée.

Un jour que des matelots étaient en péril, et, que, les yeux pleins de larmes, ils disaient : « Nicolas, serviteur de Dieu, si ce que nous avons appris de vous est vrai, faites que nous en ressentions l’effet. » Aussitôt, leur apparut quelqu'un qui ressemblait au saint : « Me voici, dit-il ; car vous  m’avez appelé. »
Et il se mit à les aider dans la manœuvre du bâtiment, soit aux antennes, soit aux cordages, et la tempête cessa aussitôt.
Les matelots vinrent à l’église de Nicolas, où, sans qu'on le leur indiquât, ils le reconnurent, quoique jamais ils ne l’eussent vu.
Alors ils rendirent grâces à Dieu et à lui de leur délivrance : mais le saint l’attribua à la divine Miséricorde et à leur Foi, et non à ses mérites.
Toute la province où habitait saint Nicolas eut à subir une si cruelle famine, que personne ne pouvait se procurer aucun aliment.
Or l’homme de Dieu apprit que des navires chargés de froment étaient mouillés dans le port. Il y va tout aussitôt prier les matelots de venir au secours du peuple qui mourait de faim, en donnant, pour le moins, cent muids de blé par chaque vaisseau. « Nous n'oserions, père, répondirent-ils, car il a été mesuré à Alexandrie, et nous avons ordre de le transporter dans les greniers de l’empereur: »
Le saint reprit: « Faites pourtant ce que je vous dis, et je vous promets que, par la puissance de Dieu, vous n'aurez aucun déchet devant le commissaire du roi. »
Ils le firent et la quantité qu'ils avaient reçue à Alexandrie, ils la rendirent aux employés de l’empereur; alors ils publièrent le miracle, et ils louèrent Dieu qui' avait été glorifié ainsi dans son serviteur.
Quant au froment, l’homme de Dieu le distribua selon les besoins de chacun, de telle sorte que, par l’effet d'un miracle, il y en eut assez pendant deux ans, non seulement pour la nourriture, mais encore pour les semailles.
Or, ce pays était idolâtre, et honorait particulièrement l’image de l’infâme Diane : jusqu'au temps de l’homme de Dieu, quelques hommes grossiers suivaient des pratiques exécrables et accomplissaient certains rites païens sous 'un arbre consacré à la Déesse ; mais Nicolas abolit ces pratiques dans tout le pays et fit. couper l’arbre lui-même.
L'antique ennemi, irrité pour cela contre lui, composa une huile dont la propriété contre nature était de brûler dans l’eau et sur les pierres ; le démon, prenant la figure d'une religieuse, se présenta à des pèlerins qui voyageaient par eau pour aller trouver saint Nicolas et leur dit. « J'aurais préféré aller avec vous chez le saint de Dieu, mais je ne le puis. Aussi vous priai-je d'offrir cette huile à son église, et, en mémoire de moi, d'en oindre toutes les murailles de sa demeure. » Aussitôt il disparut.
Et voici que les pèlerins aperçoivent une mitre nacelle chargée de personnes respectables, au milieu desquelles se trouvait un homme tout à fait ressemblant à saint Nicolas, qui leur dit : « Hélas ! que vous a dit cette femme, et qu'a-t-elle apporté ? »
On lui raconta tout de point en point. « C'est l’impudique Diane, leur dit-il; et pour vous prouver la vérité de mes paroles, jetez cette huile dans la mer. »
A peine l’eurent-ils jetée, qu'un grand feu s'alluma sur l’eau, et, contre nature, ils le virent longtemps brûler. Quand ils furent arrivés auprès du serviteur de Dieu, ils lui dirent: « C'est vraiment vous qui nous avez apparu sur la mer, et qui nous avez délivrés des embûches du diable. »
Dans le même temps, une nation se révolta contre l’empire romain ; l’empereur envoya contre elle trois princes, Népotien, Ursus et Apilion.
Un vent défavorable les fit aborder au port adriatique, et le bienheureux Nicolas les invita à sa table, voulant par là préserver son pays des rapines qu'ils exerçaient dans les marchés.
Or un jour, pendant l’absence du saint Évêque, le consul corrompu par argent avait condamné trois soldats innocents à être décapités.
Dès que l’homme de Dieu en fut informé, il pria ces princes de se rendre en toute hâte avec lui sur le lieu de l’exécution: à leur arrivée, ils trouvèrent les condamnés le genou fléchi, la figure couverte d'un voile et le bourreau brandissant déjà son épée sur leurs têtes.
Mais Nicolas, enflammé de zèle, se jeta avec audace sur le licteur, fit sauter au loin son épée de ses mains, délia ces innocents .et les emmena avec lui sains et saufs ; de là, il court au prétoire du consul et en brise les portes fermées.
Bientôt le consul arrive et le salue. Le saint n'en tient compte et lui dit : « Ennemi de Dieu, prévaricateur de la loi, quelle est ta présomption d'oser lever les yeux sur nous, alors que tu es coupable d'un si grand crime. »
Quand il l’eut repris durement, à la prière des chefs, il l’admit cependant a la pénitence. Après donc avoir reçu sa bénédiction, les envoyés de l’empereur continuent leur route et soumettent les révoltés sans répandre de sang.
A leur retour, ils furent reçus par l’empereur avec magnificence. Or quelques-uns, jaloux de leurs succès, suggérèrent par prière, et par argent, au préfet de l’empereur, de les accuser auprès de lui du crime de lèse-majesté.
L'empereur circonvenu, et enflammé de colère, les fit emprisonner et sans aucun interrogatoire, il ordonna qu'on les tuât cette nuit-là même.
Informés de leur condamnation par le geôlier, ils déchirèrent leurs vêtements et se mirent à gémir avec amertume.
Alors l’un deux, c'était Népotien, se rappelant que le bienheureux Nicolas avait délivré trois innocents, exhorta les autres à réclamer sa protection.
Par la vertu de ces prières, saint Nicolas apparut cette nuit-là à l’empereur Constantin et lui dit : « Pourquoi avoir fait saisir ces princes si injustement et avoir condamné à mort des innocents? Levez-vous de suite, et faites-les relâcher tout aussitôt ; ou bien je prie Dieu qu'il vous suscite une guerre dans laquelle vous succomberez et deviendrez la pâture des bêtes. »
« Qui es-tu, s'écria l’empereur, pour pénétrer la nuit dans mon palais et  m’oser parler ainsi ? » « Je suis, répliqua-t-il, Nicolas, Évêque de la ville de Myre. »
Il effraya aussi de la même manière le préfet dans une vision. « Insensé, lui dit-il, pourquoi as-tu consenti à la mort de ces innocents? Va vite et tâche de les délivrer, sinon ton corps fourmillera de vers et ta maison va être détruite. »
« Qui es-tu, répondit-il, pour nous menacer de si grands malheurs? » « Sache, lui répondit-il, que je suis Nicolas, Évêque de Myre. »
Et ils s'éveillent l’un et l’autre, se racontent mutuellement leur songe, et envoient de suite vers les prisonniers.
L'empereur leur dit donc : « Quels arts magiques connaissez-vous, pour nous avoir soumis à de pareilles illusions en songes? »
Ils répondirent qu'ils n'étaient pas magiciens, et qu'ils n'avaient pas mérité d'être condamnés à mort.
« Connaissez-vous, leur dit l’empereur, un homme qui s'appelle Nicolas ? » En entendant ce nom, ils levèrent les mains au ciel, en priant Dieu de les délivrer, par les mérites de saint Nicolas, du péril qui les menaçait.
Et après que l’empereur leur eut entendu raconter toute sa vie et ses miracles : « Allez, dit-il, et remerciez Dieu qui vous a délivrés par ses prières ; mais portez-lui quelques-uns de nos joyaux, de notre part, eu le conjurant de ne plus  m’adresser de menaces, mais de prier le Seigneur' pour moi et pour mon royaume. »
Peu de jours après, ces hommes se prosternèrent aux pieds du serviteur de Dieu, et lui dirent : « Vraiment vous êtes le serviteur, le véritable adorateur et l’ami du Christ: »
Quand ils lui eurent raconté en détail ce qui venait de se passer, il leva les yeux au ciel, rendit de très grandes actions de grâces à Dieu. Or après avoir bien instruit ces princes, il les renvoya en leur pays.

Quand le Seigneur voulut enlever le saint de dessus la terre, Nicolas le pria de lui envoyer, des anges; et en inclinant la tète, il eu vit venir vers lui : et après avoir dit le Psaume, In te, Domine, speravi, jusqu'à ces mots : In manus tuas, etc., il rendit l’esprit, l’an de J.-C. 343.
Au même moment, on entendit la mélodie des esprits Célestes.
On l’ensevelit dans' un tombeau de marbré ; de son chef jaillit une fontaine d'huile et de ses pieds une source d'eau; et jusqu'aujourd'hui, de tous ses membres, il sort une huile sainte qui guérit beaucoup de personnes.
Il eut pour successeur un homme de bien qui cependant fut chassé de son siège par des envieux.
Pendant son exil, l’huile cessa de couler; mais quand il fut rappelé elle reprit son cours.

Longtemps après les Turcs détruisirent la ville de Myre ; or, quarante-sept soldats de Bari y étant venus, et quatre moines leur ayant montré le tombeau de saint Nicolas, ils l’ouvrirent, et trouvèrent ses os qui nageaient dans l’huile ; ils les emportèrent avec respect dans la ville de Bari, l’an du Seigneur 1087.

Un homme avait. emprunté à un Juif une somme d'argent, et avait juré sur l’autel de saint Nicolas, car il ne pouvait avoir d'autre caution, qu'il rendrait cet argent le plus tôt qu'il pourrait.
Comme il le gardait longtemps, le Juif le lui réclama, mais le débiteur prétendit lui avoir payé sa dette. Le Juif le cita en justice et lui déféra le serment.
Cet homme avait un bâton creux qu'il avait rempli d'or en petites pièces, il l’apporta avec lui comme s'il en eût besoin pour s'appuyer.
Alors qu'il voulut prêter serment, il donna au Juif son bâton à tenir, et jura avoir rendu davantage qu'il ne lui avait été prêté.
Après le serment, il réclama son bâton et le Juif, qui ne se doutait pas de la ruse, le lui rendit : or, en revenant chez lui, le coupable, oppressé par le sommeil, s'endormit dans un carrefour, et un char qui venait avec grande vitesse le tua, brisa le bâton et l’or dont il était plein se répandit sur là terre.
Le Juif averti accourut et. vit la ruse : et comme on lui suggérait de reprendre son or, il s'y refusa absolument, à moins que le mort ne fût rendu à la vie par les mérites de saint Nicolas, ajoutant que, s'il en arrivait ainsi, il recevrait le Baptême et se ferait Chrétien. Aussitôt le mort ressuscite, et le Juif est Baptisé au nom de J.-C.

Un Juif, témoin de la merveilleuse puissance du bienheureux Nicolas à opérer des miracles, se fit sculpter une image du saint qu'il plaça dans; sa maison, et quand il entreprenait un long voyage, il lui confiait la garde de ses biens en disant ces paroles ou d'autres à peu près pareilles : « Nicolas, voici tous mes biens que je vous confie, si vous n'en faites bonne garde, j'en tirerai vengeance, par des coups de fouet. »
Or, un jour qu'il était absent, des voleurs viennent ravir tout et ne laissent que l’image. A son retour, le Juif se voyant dépouillé s'adresse à l’image et lui dit à peu près ces paroles : « Seigneur Nicolas, ne vous avais-je pas placé dans ma maison pour soigner mes biens contre les voleurs ?
Pourquoi avez-vous négligé de le faire, et n'avoir point empêché les voleurs ? Eh bien ! Vous en serez cruellement puni et vous paierez pour les larrons.
Aussi vais-je compenser le dommage que j'éprouve en vous faisant souffrir, et je calmerai ma fureur en vous assommant de coups de fouet. »
Alors le Juif prit l’image, la frappa et la flagella avec une atroce cruauté.
Chose merveilleuse et épouvantable ! Au moment où les voleurs se partageaient leu butin, le saint leur apparut, comme s'il eût reçu les coups sur lui, et leur dit: « Pourquoi-ai-je été flagellé par rapport à vous ? Pourquoi ai-j e été frappé si inhumainement ? Pourquoi ai-je enduré tant de tourments ?
Voyez comme mon corps est livide. Voyez comme il est couvert de sang. Allez au plus tôt restituer tout ce que vous avez pris, sinon la colère de Dieu s'appesantira sur vous ; votre crime sera rendu public et chacun de vous sera pendu. »
Et ils lui dirent: « Qui es-tu, toi qui nous parles de cette façon? » « Je suis Nicolas, reprit-il, serviteur de J.-C., c'est moi que le Juif a si cruellement traité pour le vol dont vous êtes coupables. »
Pleins d'effroi, ils viennent trouver le Juif, lui racontent le miracle, en apprennent ce qu'il a fait à l’image et lui rendent tout;; après quoi ils rentrent dans la voie de la droiture et le Juif embrasse la Foi du Sauveur.

Par amour pour son fils qui étudiait les belles-lettres, un homme célébrait tous les ans avec solennité la Fête de saint Nicolas.
Une fois le père de l’enfant prépara un repas auquel il invita grand nombre de clercs. Or le diable vint à la porte, en habit de mendiant, demander l’aumône.
Le père commande aussitôt à son fils de donner au pèlerin. L'enfant se hâte, mais ne trouvant pas le pauvre, il court après lui.
Parvenu à un carrefour, le diable saisit l’enfant et l’étrangle. A cette nouvelle, le père se lamenta beaucoup, prit le corps, le plaça sur un lit et se mit à exhaler sa douleur en proférant ces cris : « O très cher fils ! Comment es-tu ? Saint Nicolas ! Est-ce la récompense de l’honneur dont je vous ai donné si longtemps des preuves ? »
Et comme il parlait ainsi, tout à coup l’enfant ouvrit les yeux, comme s'il sortait d'un profond sommeil, et ressuscita.

Un noble pria le bienheureux Nicolas de lui obtenir un fils, lui promettant de conduire son enfant à son église où il offrirait une coupe d'or.
Un fils lui naquit et quand celui-ci fut parvenu à un certain âge, il commanda une coupe. Elle se trouva fort de son goût, et il l’employa à son usage, mais il en fit ciseler une autre d'égale valeur.
Et comme ils allaient par mer à l’église de saint Nicolas, le père dit à son fils d'aller lui puiser de l’eau dans la coupe qu'il avait commandée en premier lieu.
L'enfant, en voulant puiser de l’eau avec la coupe, tomba dans là mer et disparut aussitôt. Le père cependant, tout baigné de larmes, accomplit son vœu.
Etant donc venu à l’autel de saint Nicolas, comme il offrait la seconde coupe, voici qu'elle tomba de l’autel comme si elle en eût été repoussée.
L'ayant reprise et replacée une seconde fois sur l’autel, elle en fut rejetée encore plus loin. Tout le monde était saisi d'admiration devant un pareil prodige, lorsque voici l’enfant sain et sauf qui arrive portant dans les mains la première coupe ; il raconte, en présence des assistants, qu'au moment où il tomba dans la mer, parut aussitôt saint Nicolas qui le garantit. Le père rendu à la joie offrit les deux coupes au saint.

Un homme riche dut aux mérites de saint Nicolas d'avoir un fils qu'il nomma Adéodat. Il éleva, dans sa maison, une chapelle en l’honneur du saint dont il célébra, chaque année, la Fête avec solennité.
Or le pays était situé près de la terre des Agaréniens. Un jour Adéodat est pris par eux, et placé comme esclave chez leur roi.
L'année suivante, tandis que le père célébrait dévotieusement la Fête de saint Nicolas, l’enfant, qui tenait devant le monarque une coupe précieuse, se rappelle la manière dont il a été pris, la douleur et la joie de ses parents à pareil jour dans leur maison, et se met à soupirer tout haut.
A force de menaces, le roi obtint de connaître la cause de ces soupirs, et ajouta: « Quoi que fasse ton Nicolas, tu resteras ici avec nous. »
Tout à coup s'élève un vent violent qui renverse la maison et transporte l’enfant avec sa coupe devant les portes de l’église où ses parents célébraient la Fête; ce fut pour tous un grand sujet de joie.
On lit pourtant ailleurs que cet enfant était de la Normandie, et qu'allant outre-mer, il fut pris par le Soudan qui le faisait fouetter souvent en sa présence.
Or un jour de Saint-Nicolas, qu'il avait été fouetté et que, renfermé dans sa prison, il pleurait en pensant à sa délivrance et à la joie ordinaire de ses parents à pareil jour, tout à coup il s'endormit et, en se réveillant, il se trouva dans la chapelle de son père.

Im st nicolas myre 2Prière
Nous implorons ta Miséricorde, Seigneur :
à la Prière de Saint Nicolas
garde-nous de tous les périls,
pour que le chemin du Salut
soit dégagé devant nous. Par Jésus Le Christ,
Ton Fils, Notre unique Seigneur.

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Date de dernière mise à jour : 06/12/2018