Saint André Bessette, Frère de la Congrégation de la Sainte-Croix (1845-1937). Fête le 07 Janvier.

Dimanche 07 Janvier 2018 : Fête de Saint André Bessette, Frère de la Congrégation de la Sainte-Croix (1845-1937).

Saint andre bessette icon

L’icône du Saint Frère André ci-dessus a été écrite par une iconographe québécoise Élizabeth Bergeron (dessin par Alexandre Sobolev) et offerte au Pape Benoît XVI et une autre icône identique est à l'Oratoire St-Joseph à Montréal.
http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201010/20/01-4334419-une-charlevoisienne-offre-au-pape-une-icone-du-frere-andre.php


http://www.peintre-icones.fr/PAGES/CALENDRIER/Janvier/7.html

Saint André Bessette (1845-1937)

Issu d'une famille nombreuse et pauvre du Québec, il se retrouve orphelin à 12 ans. Malgré sa mauvaise santé et sa petite taille, il exerce divers métiers.
Cela n'améliore pas son état, mais il prie toujours, disent des témoins.

Après un passage aux États-Unis, il retourne au pays natal, et postule au Collège Notre-Dame, (aujourd'hui à Montréal), où la Congrégation de Sainte-Croix vient d'installer son noviciat et y prend le nom d'André.
Il fini par être admis malgré sa santé et son éducation restreinte. On lui confie la fonction de portier du collège. Il fait de plus office de barbier des élèves et d'infirmier auprès des collégiens malades.

Il faut remonter à 1877 pour découvrir sa première guérison, celle d'un Frère de sa Communauté.
Les miracles se propagèrent ensuite très rapidement. Bientôt les éclopés et les malades du quartier envahissent le collège à la recherche du petit frère qui guérit tous les maux.

Le Religieux prie avec eux ; il leur remet une médaille de Saint Joseph, à qui il voue une dévotion particulière.
Des personnes, de plus en plus nombreuses, se mettent à déclarer avoir été guéries ou soulagées de cette manière.
La réputation de sainteté du petit frère se répand de bouche à oreille.

Vers l'année 1900, sa Communauté lui demande de ne plus recevoir les malades à l'intérieur du collège.
Alors, il amène ses visiteurs prier jusque devant une statue de St Joseph, qu'il a installée dans une niche un peu plus loin en face du collège.
Il nourrit le projet d'y ériger une chapelle dédiée à Saint Joseph.

Il finit par obtenir l'autorisation de construire : celle-ci deviendra au fil du temps, l'une des plus grandes Basiliques du monde et le centre mondial de dévotion à St Joseph.
Les guérisons sans explications apparentes font du Frère André « le thaumaturge du mont Royal » pourtant, il s'en défend, en disant que ce n'est pas lui qui guérit, mais Dieu, par l'intermédiaire de St Joseph, et grâce aux prières de chacun.

À la fin de l'année 1936, le Frère André est à New York pour solliciter un don du milliardaire Rockefeller, pour parachever la construction de la Basilique.
Il sent déjà que la fin approche.
Pris d'un malaise, il souhaite revenir à Montréal. Le 6 Janvier 1937 à minuit cinquante-cinq, le Frère André rend son dernier souffle.

St andre official portrait 11Portrait officiel (Pour voir en grand format: st-andre-official-portrait.jpg st-andre-official-portrait.jpg).

http://nominis.cef.fr/contenus/saint/378/Saint-Andre-Bessette.html

Saint André Bessette

Frère Convers canadien (✝ 1937)

Alfred Bessette, Frère André, C.S.C., béatifié par le pape Jean-Paul II (lien en anglais) à Rome le 23 Mai 1982.
Canonisé le 17 Octobre 2010 - Homélie de Benoît XVI - en italien

Le 17 Octobre 2010, dans son homélie, évoquant le Frère André Bessette, Religieux du Québec, le Saint-Père a rappelé que "portier du collège Notre-Dame à Montréal, il manifesta une Charité sans bornes et s'efforça de soulager les détresses de ceux qui venaient se confier à lui...
Il y fut le témoin d'innombrables guérisons et conversions... Pour lui, tout parlait de Dieu et de sa présence.

Puissions-nous, à sa suite, rechercher Dieu avec simplicité pour le découvrir toujours présent au cœur de notre vie!". (Source: VIS 20101018 800)
En conclusion de la Messe de Canonisation, Benoît XVI a encouragé les francophones à marcher à la suite de Saint André Bessette, pour accomplir dans leur vie la volonté de Dieu, librement et par Amour, et à déborder de Charité envers nos frères et sœurs qui sont en détresse. (Source: VIS 20101018 240)

Voir le site internet de l'Oratoire saint Joseph du Mont-Royal qu'il fonda au Canada.

"Le Frère André a vécu dans une grande humilité. Guidé par une Foi profonde et sa dévotion envers saint Joseph, il a consacré sa vie à la Prière, au service des pauvres, à l’accueil des étrangers, guérissant les malades et réconfortant ceux qui souffraient.
Aujourd’hui encore, son souvenir demeure un témoignage important de Foi et d’Amour pour tous les Canadiens." ...

"Puisse la Canonisation du Frère André représenter un moment de joie pour tout le pays.
Puisse son héritage nous rappeler ce que chacun de nous peut réaliser au moyen de la Foi et de l’Amour.
Selon ses propres mots, 'c’est avec les plus petits pinceaux que les artistes peignent les plus beaux tableaux'"

Déclaration de Mgr Pierre Morissette, président de la conférence des Évêques Catholiques du Canada, à l'occasion de la Canonisation du Frère André.
Saint Frère André (Alfred Bessette) (1845-1937), témoin de la tendresse de Dieu, Religieux de la Congrégation de Sainte-Croix, bâtisseur de l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal, Montréal, Béatifié le 23 Mai 1982, Canonisé le 17 Octobre 2010. (diocèse d'Edmundston)

Un internaute nous communique: "Un jour une protestante vint le voir pour lui dire des injures. En sortant elle parlait encore contre lui, mais, les gens qui attendaient pour voir le Frère André lui firent remarquer quelle tenait maintenant ses béquilles dans ses mains au lieu de se soutenir avec comme en entrant..."


Un internaute nous communique cet extrait de l'homélie de Benoît XVI lors de la Canonisation du Frère André:
"Frère André Bessette, originaire du Québec, au Canada, et Religieux de la Congrégation de la Sainte-Croix, connut très tôt la souffrance et la pauvreté.
Elles l’ont conduit à recourir à Dieu par la Prière et une vie intérieure intense. Portier du collège Notre Dame à Montréal, il manifesta une Charité sans bornes et s’efforça de soulager les détresses de ceux qui venaient se confier à lui.

Très peu instruit, il a pourtant compris où se situait l’essentiel de sa Foi. Pour lui, croire signifie se soumettre librement et par Amour à la volonté divine.
Tout habité par le mystère de Jésus, il a vécu la béatitude des cœurs purs, celle de la rectitude personnelle.
C’est grâce à cette simplicité qu’il a permis à beaucoup de voir Dieu.

Il fit construire l’Oratoire Saint Joseph du Mont Royal dont il demeura le gardien fidèle jusqu’à sa mort en 1937.
Il y fut le témoin d’innombrables guérisons et conversions. «Ne cherchez pas à vous faire enlever les épreuves» disait-il, «demandez plutôt la grâce de bien les supporter».

Pour lui, tout parlait de Dieu et de sa présence. Puissions-nous, à sa suite, rechercher Dieu avec simplicité pour le découvrir toujours présent au cœur de notre vie! Puisse l’exemple du Frère André inspirer la vie Chrétienne canadienne!"

Sa fête liturgique est fixée au 7 janvier depuis 2012.
Au martyrologe romain le 6 Janvier: André (Alfred Bessette), Religieux de la Congrégation de la Sainte-Croix, qui s’employa à construire à Montréal au Québec un célèbre Sanctuaire en l’honneur de Saint Joseph.

Martyrologe romain.

Beato andrea bessette alfredo a 2

http://levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20180107&id=1002&fd=0

Saint André Bessette
Frère de la Congrégation de la Sainte-Croix

André (dans le civil Alfred) naît le 9 Août 1845 dans une famille pauvre et devint orphelin dès l'âge de douze ans.
Obligé de gagner sa vie, il sera ouvrier non spécialisé, souvent exploité, mal nourri, mal payé.
À vingt ans, il décide d'aller tenter sa chance dans les filatures du nord-est des États-Unis. Il y restera deux ans.

De retour au pays, Alfred Bessette se sent attiré par la vie Religieuse. En 1870, il va frapper aux portes de la Congrégation de Sainte-Croix à Montréal.
Désormais, il portera le nom de Frère André.
Nommé portier au Collège Notre-Dame, il exercera les tâches les plus humbles au service de la Communauté.

La vie de portier amène son lot d'imprévus et le frère André accueille souvent des visiteurs affligés de divers maux.
À chacun d'entre eux, il recommandera de prier St Joseph. Peu à peu, des témoignages de faveurs obtenues arrivent au collège.
Durant vingt-cinq ans, il recevra ainsi des gens dans son petit bureau ou dans la gare des tramways en face du collège.

Avec l'aide d'amis, le Frère André construit une première chapelle dédiée à St Joseph en 1904 ; les visiteurs de plus en plus nombreux auront ainsi un lieu pour se recueillir et se reposer.
Très vite, il faut agrandir.
Une première fois en 1908 puis en 1910, et encore en 1917 alors que la nouvelle crypte pourra accueillir 1000 personnes.
Mais ce n'est jamais assez grand pour accueillir tous ceux et celles qui le souhaitent. La Communauté poursuivra des travaux, malgré les difficultés économiques des années trente, jusqu'à l'érection de l'Oratoire que nous connaissons aujourd'hui.

De plus en plus, on parle de miracles qui s'accomplissent sur la montagne. Homme de Foi, le Frère André se défendra toujours de cette réputation de thaumaturge qui lui était faite partout jusqu'aux États-Unis où il avait des amis.
Il encourageait les gens à voir le médecin : « Je prierai le bon Dieu et Saint Joseph pour vous. », disait-il.

À sa mort, le 6 Janvier 1937, les journaux du temps ont rapporté que plus d'un million de personnes ont défilé devant sa dépouille.
Le monde Catholique nord-américain était en deuil.

Frère André Bessette a été élevé aux honneurs des autels le 23 Mai 1982, par le Pape Saint Jean Paul II (Karol Józef Wojtyła, 1978-2005), et Canonisé, le 17 Octobre 2010, à Rome, par le Pape Benoît XVI.

La date de sa Fête a été placée au 7 Janvier.

M rdb4 2720721 2Pour un approfondissement.
Saint Frère André

 Saint andre bessetteSaint Frère André né Alfred Bessette. (Pour voir en grand format : saint-andre-bessette.jpg saint-andre-bessette.jpg).

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A8re_Andr%C3%A9
Le Frère AndréAlfred Bessette, (09 Août 1845 – 06 Janvier 1937) est un Religieux Canadien-Français, du Québec, membre de la Congrégation de Sainte-Croix, et à qui sont attribuées de nombreuses guérisons miraculeuses.
Il est reconnu comme Saint, saint Frère André, par l'Église Catholique Romaine, ayant été Canonisé le 17 octobre 2010 par le Pape Benoît XVI.

Dès son enfance, Alfred Bessette est frêle et souvent malade. Bien qu'il soit très pieux, rien ne laisse présager qu'il puisse vivre longtemps et qu'il devienne l'homme religieux le plus célèbre au Québec.
À partir de la fin des années 1870, sa réputation de Saint et de thaumaturge grandit, malgré le fait qu'il soit presque illettré.
Son envergure dépasse même les frontières pour s'étendre partout en Amérique, puis en Europe et dans le reste du monde.
À Montréal, il a réussi à faire construire une imposante basilique dédiée à saint Joseph, et humblement nommée Oratoire Saint-Joseph, où viennent se recueillir environ deux millions de visiteurs par année, de toutes les origines, cultures, doctrines ou croyances.

Biographie

Un enfant fragile qui cherche sa voie

Alfred Bessette est né dans une petite maison (aujourd'hui disparue) du rang Grand-Bois, à Saint-Grégoire-le-Grand, un village situé 40 kilomètres au sud-est de Montréal, dans Le Haut-Richelieu, au Canada Est (aujourd'hui au Québec).
Sa famille provient d'un milieu francophone pauvre. Son père, Isaac Bessette (né Isaac Valentin Bessette le 13 Février 1807 à Sainte-Marie-de-Monnoir et marié à 24 ans), est un bûcheron, tandis que sa mère, Clothilde Foisy (née le 09 Août 1814 et mariée à Saint-Mathias le 27 Septembre 1831 à 17 ans), élève ses enfants, tenait sa maison et cultivait le potager.

Alfred Bessette est le huitième d'une famille de 13 enfants (dont 4 morts en bas âge).
Son père meurt le 20 Février 1855, victime d’un fatal accident en forêt, alors qu'Alfred est âgé de neuf ans, la famille réside depuis 5 ans à Farnham.
À Saint-Césaire, où déménage sa famille, sa mère trouve la mort des suites d'une tuberculose, le 20 Novembre 1857, à l'âge de 43 ans :
Alfred devient ainsi tout à fait orphelin à 12 ans. Une de ses tante maternelle, Rosalie Foisy-Nadeau, l'héberge de 1857 à 1860.

Il y suit des leçons de catéchisme, puis fait sa « Première Communion » à l'âge de 12 ans (comme c'était l'usage avant 1910, un usage changé par le Pape Pie X) et reçoit la Confirmation de Mgr Jean-Charles Prince, premier Évêque de Saint-Hyacinthe, le 07 Juin 1858.
Il tente d'exercer divers métiers, mais aucun ne lui offre un avenir intéressant, en raison de ses nombreux problèmes de santé et de sa petite taille.

Il loge ensuite chez François (Louis) Ouimet, le maire du village, quand son oncle Nadeau part avec sa famille chercher de l'or en Californie.
Alfred exerce ensuite divers métiers à Farnham, puis à Saint-Jean-sur-Richelieu, à Waterloo et à Chambly.
En 1862, de retour à Saint-Césaire, il y est apprenti boulanger et cordonnier.

Ces multiples expériences de travail n'améliorent pas son état, lui qui ne digère rien, mais il prie toujours, disent des témoins.
D'ailleurs, depuis sa tendre enfance à Farnham, Alfred a des comportements qui inquiètent son entourage : malgré sa santé fragile, il se prive de dessert et porte à la taille une ceinture en cuir avec des pointes de fer.
Ses stations de prière à genoux sont longues, fréquentes et intenses : on le trouve les bras en Croix, devant un Crucifix, à l'église, dans sa chambre ou dans une grange.

Puis, Alfred se joint à plusieurs Canadiens français qui émigraient vers les États-Unis pour travailler dans les filatures de coton de la Nouvelle-Angleterre.
De 1863 à 1867, il « gagne sa vie » aux États-Unis, au Connecticut (à Moosup, Putnam, Hartford et Killingly), au Massachusetts (à North Easton) et au Rhode Island (à Phenix) entre autres.
Il y apprend l’anglais, lui qui a peu d’instruction, ne sachant pratiquement pas lire et pouvant à peine signer son nom.

Lorsqu'en 1867 la nouvelle confédération canadienne est proclamée, il retourne comme certains autres au pays natal.
Il s'installe d'abord à Sutton, où vivent sa sœur Léocadie et son frère Claude. Alfred va ensuite demeurer un temps chez le curé de Farnham, l’abbé Édouard Springer, qui lui confie des tâches lui semblant plus ou moins bizarres : le soin du cheval, le jardin et les gros travaux physiques de la cure, au grand dam silencieux d’Alfred qui, de toute façon, n’était à l’aise nulle part.

À Farnham, il va prier sur la tombe de ses parents puis, en 1868, quand le curé de Farnham est muté ailleurs, il retourne chez le maire de Saint-Césaire.
Là, Alfred rend visite à l'Abbé Joseph André Provençal, curé de Saint-Césaire qui, remarquant le dévouement et la générosité du jeune homme de bientôt 23 ans, le Prêtre décide de le présenter à la Congrégation de Sainte-Croix de Montréal, à laquelle le curé a confié en 1869 la direction du collège de Saint-Césaire, le collège Saint-Joseph, qu'ils vient fonder et diriger.

Frere andre 2Statue du Frère André à l'extérieur de l'Oratoire Saint-Joseph

Son entrée en Communauté

À l'âge de 25 ans, Alfred Bessette se présente, le 22 Novembre 1870, au Collège Notre-Dame, à Côte-des-Neiges (aujourd'hui Montréal), où la congrégation de Sainte-Croix vient d'installer son noviciat.
Le mois précédent, le curé Provençal écrit une lettre de recommandation au maître des novices, Julien-Pierre Gastineau, lui disant qu'il envoie « un saint » à sa Communauté.

Il se trouve que peu après, le 08 Décembre 1870, le Pape Pie IX déclare Saint Joseph « patron de l'Église universelle ».
Avec un autre postulant, Alfred Bessette prend l'habit Religieux le 27 Décembre.
Puisqu'il s'agit d'une Communauté qui demande à chaque novice de se choisir un nom de Saint, Alfred adopte le nom d'André : il sera désormais le « Frère André », en l'honneur du curé Joseph André Provençal.

Après un noviciat plus long que prévu (qui durera trois ans), la Congrégation qui jusque-là hésite à garder le jeune homme en raison de ses problèmes de santé et de son éducation restreinte, décide finalement de l'accepter dans ses rangs.
L'Évêque de Montréal, Ignace Bourget est intervenu, rassurant le Frère André. Peu après, le nouveau maître des novices, Amédée Guy, le recommande en disant : « Si ce jeune homme devient incapable de travailler, il saura au moins bien prier ».
Admis à prononcer ses vœux temporaires le 22 Août 1872 à l'âge de 27 ans, le Frère André fait sa profession perpétuelle à 28 ans, le 02 Février 1874.

On lui confie la fonction de portier du collège Notre-Dame, une fonction qu'il exerce jusqu'à la mi-juillet 1909 : c'est lui qui accueille les gens à l'entrée du collège.
Plus tard, il en fera une plaisanterie, en disant qu'à son entrée en Communauté on lui a « montré la porte » et qu'il l'a gardée durant presque 40 ans.

Il doit aussi assurer la propreté des lieux, faire les courses, donner l'aumône aux pauvres. Il fait de plus office de barbier des élèves et d'infirmier auprès des collégiens malades, et s'occupe du courrier, du transport des colis des élèves, qu'il accompagne parfois les jours de promenade.
Il est heureux de pouvoir continuer à offrir ses menus services d'« homme à tout faire », et de pouvoir prier à sa guise, ce faisant : avant, pendant et après, seul ou avec des membres de sa Communauté, ou avec des visiteurs.

L'accueil des malades et les premières guérisons

Il faut remonter à 1877 pour découvrir sa première guérison, celle du Frère Aldéric de sa propre Communauté Religieuse, qui souffre d'une blessure à la jambe. Il y a ensuite celle d'un autre Frère fiévreux collé au lit par le médecin et que le Frère André avait envoyé jouer dehors apparemment en pleine forme.

Les miracles de celui-ci se propagèrent ensuite très rapidement. Bientôt les éclopés et les malades du quartier Côte-des-Neiges de Montréal envahissent le collège Notre-Dame à la recherche du petit frère qui guérit tous les maux.

Parmi les visiteurs que le Frère André accueille au collège Notre-Dame se trouvent des personnes qui confient leur maladie à ses Prières.
D'autres l'invitent à les visiter à la maison. Le Religieux prie avec eux ; il leur remet une médaille de Saint Joseph, à qui il voue une dévotion particulière, quelques gouttes de l'huile d'olive qui brûle devant la statue du Saint, dans la chapelle du collège, et leur conseille de s'en frictionner avec confiance.

Des personnes, de plus en plus nombreuses, se mettent à déclarer avoir été guéries ou soulagées de cette manière.
La réputation de sainteté du petit frère (haut d'à peine plus de 5 pieds, soit d'environ 155 centimètres) se répand de bouche à oreille.

La direction du collège finit par s'inquiéter du flot croissant des visiteurs. Des parents, des confrères, et même le médecin de l'établissement, dénoncent aux autorités Religieuses et sanitaires de la ville la présence de malades à proximité des élèves.
Certains qualifient le Frère de charlatan.

Vers l'année 1900, sa Communauté demande au Frère André de ne plus recevoir les malades à l'intérieur du collège, mais à l'arrêt du tramway, dans l'abri construit en face du collège à l'intention des parents des élèves.
C'est ce qu'il fit. Et il va même plus loin. Initialement, la compagnie de tramways fut réticente, mais face à l’afflux de voyageurs payants, elle fit rapidement semblant de ne rien voir, la renommée du Frère André lui assurant de nombreux voyageurs sur sa ligne vers Snowdon.

Frere andre 1920 2Le Frère André vers 1920

Sa dévotion et la petite chapelle pour prier Saint-Joseph

Alors, il amène ses visiteurs prier jusque devant une statue de Saint Joseph, qu'il a installée dans une niche sur le mont Royal, un peu plus loin en face du collège.
Puis, le frère André nourrit le projet d'y ériger une chapelle (un oratoire) et d'y créer ainsi un petit sanctuaire dédié à Saint Joseph.
Il finit par obtenir l'autorisation de construire la chapelle.
La direction du collège et l'Archevêque de Montréal, Mgr Paul Bruchési, précisent toutefois que les frais engagés seront à la charge des demandeurs.

Grâce aux dons offerts spontanément, en argent ou en nature (par exemple des statues, des vases, des vêtements liturgiques, une cloche…), le terrain est acquis et le sanctuaire primitif (cette chapelle, ce modeste oratoire) est inauguré le 16 Octobre 1904.
Pour le Frère André, alors âgé de 59 ans, c'est déjà, enfin, une belle réussite.

Les guérisons sans explications apparentes, que les gens lui imputent, font du Frère André un héros populaire dont la réputation grandit.
Il devint alors connu comme étant « le thaumaturge du mont Royal » — pourtant, il s'en défend, en disant que ce n'est pas lui qui guérit, mais Dieu, par l'intermédiaire de saint Joseph, grâce aux Prières de chacun.
L'afflux croissant des pèlerins y devient tel qu'on doit augmenter les dimensions de la chapelle à quatre reprises de 1908 à 1912.

À la mi-juillet 1909, les autorités du collège Notre-Dame assument l'administration de l'oratoire, dont le Frère André (depuis lors, libéré de sa fonction de portier du collège) devient dorénavant le gardien. À partir de 1910, il a même un secrétaire pour répondre au courrier qui lui est adressé.

De plus, depuis 1915, les supérieurs du Frère André lui permettent de prendre un peu de repos, deux fois par année ; il en profite pour aller visiter des parents et des amis à Sutton, à Saint-Césaire et à Québec, mais également aux États-Unis (surtout en Nouvelle-Angleterre) et en OntarioToronto, Sudbury, Ottawa).

Sa réputation populaire de Saint et de Thaumaturge le précède. Les chefs de gare annoncent sa venue et les gens se pressent à sa descente du train, à la porte des hôtels ou des presbytères où il est hébergé.
C'est chaque fois l'occasion de guérisons, que relatent les journaux locaux. Il revient toujours avec des offrandes, reçues en reconnaissance des faveurs obtenues.

St josephs oratoryL'Oratoire Saint-Joseph à Montréal.

L'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal

Article détaillé : Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal

« Après avoir montré beaucoup de réticence au sujet de son projet, les supérieurs du Frère André ont fini par se laisser gagner par la sincérité, la simplicité et la conviction de celui qui, pour étayer sa cause, ne s'est réclamé d'aucun miracle ni d'aucune vision, mais seulement de sa dévotion à Saint Joseph.
À cette ferveur particulière s'ajoutaient l'Amour de Dieu, la fréquentation de l'Évangile, ainsi qu'un culte à la Sainte Famille et au Sacré-Cœur (de Jésus).
À ses amis intimes, il racontait la Passion (de Jésus), avec une telle émotion qu'ils en étaient remués et transformés. Avec eux, il priait et faisait le chemin de la Croix. À tous, il demandait de prier. »

En 1913, sous la pression des laïcs et avec l'encouragement de Mgr Bruchési, un projet de Basilique, dont les plans sont dessinés par les architectes Alphonse Venne et Dalbé Viau, est mis en œuvre.
Après la construction en 1917, d'une crypte pouvant contenir environ 1 000 personnes, l'édification de la Basilique, encore dite l'Oratoire Saint-Joseph (du même nom que la chapelle primitive), commença en 1924 sur cette crypte, près de la modeste chapelle du Frère André, conservée.

L'argent pour la construction de ce qui deviendrait l'une des plus grandes églises du monde (après la Basilique Saint-Pierre de Rome), et le centre mondial de dévotion à Saint Joseph, proviendra des admirateurs du Frère André, que l'on trouvait déjà un peu partout.

Des associations de toutes sortes (mouvements sociaux, syndicats, Congrégations, malades chroniques ou handicapés, et autres) prennent l'habitude d'y faire des pèlerinages et des rassemblements de milliers de personnes à la fois.

À la fin de 1936, l'édifice est prêt à recevoir sa coupole, mais celle-ci n'est pas encore construite : ce sera un dôme inspiré de celui de la Basilique Saint-Pierre de Rome, mais plus allongé, moins sphérique et, par respect, de dimension à peine plus petite, et moins orné.
De fait, l'ensemble des travaux extérieurs de cette Basilique ne sera terminé qu'en 1967.

Décès

« À la fin de l'année 1936, le Frère André est à New-York pour solliciter un don du milliardaire Rockefeller, pour parachever la construction de la Basilique.
Il sent déjà que la fin approche.

Pris d'un malaise, il souhaite revenir à Montréal. Le 28 Décembre, il est conduit à l'hôpital Notre-Dame-de-l'Espérance, à Saint-Laurent.
Dans la soirée du 5 Janvier, la souffrance le gagne.
Mercredi le 6 Janvier 1937 à minuit cinquante-cinq, le Frère André rend son dernier souffle. »
— Tel que le rapporte la Société Radio-Canada (SRC), en 1957, pour souligner le 20e anniversaire du décès du Frère André.

Le Frère André meurt donc au tout petit matin du 06 Janvier 1937 (à 91 ans) à l'hôpital Notre-Dame-de-l'Espérance de Ville Saint-Laurent, sur l'Île de Montréal, et durant toute une semaine près d'un million de fidèles, malgré le mauvais temps, défilent jour et nuit devant sa dépouille.
Ils viendront nombreux lui rendre un dernier hommage à ses funérailles. Des transports spéciaux sont même organisés pour transporter les visiteurs venant des États-Unis, où le Frère André était très connu.

La Société Radio-Canada rapporte aussi que :
« La nouvelle de la mort du Frère André s'est répandue comme une traînée de poudre à travers le Canada et les États-Unis.
Les témoignages abondent et proviennent d'aussi loin que la France et Rome. Aux États-Unis, une trentaine de journaux couvrent sa mort. Il faut compter pas moins de 860 articles à son sujet, au Canada et aux États-Unis.
« Les gens viennent de partout pour rendre hommage au frère André. Aux États-Unis, des trains spéciaux arrivent du Maine, du Massachusetts, du Connecticut, du Rhode Island, du New Hampshire et du Vermont.
Plusieurs font même le voyage en avion, comme ce pèlerin de San Francisco dont le fils aurait été guéri par le Frère André.

« Un millionnaire new-yorkais est, quant à lui, parti tous les matins vers Montréal et rentré chaque soir chez lui par avion pendant huit jours, donc même après les funérailles. Il emmenait avec lui chaque fois quatre ou cinq personnes.
« Immédiatement après sa mort, un moule est appliqué sur son visage afin d'en conserver l'empreinte.
Les médecins procèdent également à l'exérèse (extraction) de son cœur, qui sera gardé à titre posthume.
« À la manière des pauvres, le corps du frère André est placé dans un simple coffre de bois.

« Les deux premiers jours, plus de 500 pompiers et 500 policiers se relaient pour assurer l'ordre dans la crypte où le corps du Frère André est exposé en chapelle ardente. »

Son corps sera placé quelques années plus tard dans un tombeau de marbre noir au sein même de la Basilique Saint-Joseph, tandis que son cœur conservé à part dans le même édifice, fera l'objet de dévotions.
Toutefois, ce dernier sera subtilisé en mars 1973, avant d'être retrouvé en décembre 1974.

Le 19 Février 2010, le Pape Benoît XVI annonce lors d'un consistoire que le Frère André sera Canonisé le 17 Octobre 2010.

Effectivement, le 17 octobre au matin, heure de Rome, le Pape Benoît XVI officialise la Canonisation du Frère André lors d'une cérémonie qui s'est déroulée sur la place Saint-Pierre devant 50 000 pèlerins, incluant plus de trois mille Québécois.
Diverses personnalités religieuses et politiques de Montréal et du Québec étaient aussi présentes à Rome.

Cinq autres Religieux (Stanisław Kazimierczyk, Giulia Salzano, Cándida María de Jesús, Mary MacKillop, Camilla Battista da Varano) ont été Canonisés à la même occasion.

Le 30 Octobre 2010, une grande Messe en l'honneur de la Canonisation du Frère André a lieu au Stade olympique de Montréal devant près de 50 000 personnes.

En présence du premier ministre du Canada Stephen Harper, du premier ministre du Québec, Jean Charest, du Maire de Montréal, Gérald Tremblay ainsi qu'une soixantaine d'Évêques du Canada, des États-Unis, d'Haïti et même du Bangladesh; la Messe a été célébrée par le Cardinal Jean-Claude Turcotte.

 

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Date de dernière mise à jour : 07/01/2018