Saints Louis Martin et Zélie Guérin, parents de Sainte Thérèse de Lisieux (19ème s.). Fête le 12 Juillet.

Jeudi 12 Juillet 2018 : Fête des Saints Louis Martin (1823-1894) et Zélie Guérin (1831-1877), parents de Sainte Thérèse de Lisieux (19ème s.).

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Les parents de Thérèse de Lisieux furent liés par un Amour fou, passionnés par l'éducation de leurs cinq filles et bouleversés par la mort de quatre enfants.
Leur existence est un témoignage d'une indéracinable et joyeuse espérance. Thérèse écrivait d'ailleurs :
« Le bon Dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la Terre. »

Zélie et Louis Martin ont progressé dans la Sainteté en traversant les étapes que rencontrent les couples modernes : ils se marient tard, s'inquiètent de la réussite de leurs affaires, sont soucieux de l'éducation de leurs enfants et sont terrassés par les maladies contemporaines : le cancer pour Zélie et une maladie neuro-psychiatrique pour Louis.
Thérèse rêvait de rejoindre Le Christ par l'ascenseur de l'Amour. Zélie et Louis Martin ont rallié le Ciel plus lentement, dans l'effort, par l'escalier de service.

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http://www.zenit.org/fr/articles/le-pape-confie-les-familles-a-la-priere-des-saints-epoux-martin

Le Pape confie les familles à la prière des Saints époux Martin

Angélus du Dimanche 18 Octobre (texte complet)

Rome, 18 Octobre 2015 (ZENIT.org) Anita Bourdin
« Confions à l’intercession des Saints époux Louis Martin et Marie-Azélie Guérin les joies, les attentes et les difficultés des familles françaises et du monde entier », a dit le Pape François au terme de la Messe de Canonisation des époux Martin, du P. Vincenzo Grossi et de Sainte Maria de l’Immaculée, ce Dimanche 18 Octobre, place Saint-Pierre.

Le Pape a lancé un appel à la fin de la violence et de la vengeance en Terre Sainte, « pour le bien de l’humanité ».
Puis il a salué, notamment, les visiteurs « venus de France, spécialement de Bayeux, Lisieux et Sées ».
Voici notre traduction des paroles du Pape François au terme de la Messe.

Paroles du Pape avant l’angélus
Chers frères et sœurs,
Je suis avec une grande préoccupation la situation de forte tension et de violence qui afflige la Terre Sainte.
Il faut en ce moment de beaucoup de courage et beaucoup de force d’âme pour dire non à la haine et à la vengeance et accomplir des gestes de paix.
C’est pourquoi prions afin que Dieu fortifie chez tous les gouvernants et chez tous les citoyens le courage de s’opposer à la violence et de faire des pas concrets de détente.
Dans le contexte actuel du Moyen Orient, il est plus que jamais décisif qu’on fasse la paix en Terre Sainte: nous le demandons à Dieu pour le bien de l’humanité.
Au terme de cette célébration, je désire vous saluer vous tous qui êtes venus rendre hommage aux nouveaux saints, en particulier les délégations officielles d’Italie, d’Espagne et de France.
Je salue les fidèles des diocèses de Lodi et de Crémone, ainsi que les Filles de l’Oratoire.  Que l’exemple de saint Vincenzo Grossi soutienne votre engagement pour l’éducation chrétienne des nouvelles générations.
Je salue les pèlerins venus d’Espagne en particulier de Séville, et les sœurs de la Compagnie de la Croix. Que le témoignage de Marie de l’Immaculée Conception nous aide à vivre la solidarité et la proximité avec les plus nécessiteux.
Je salue les fidèles venus de France, spécialement de Bayeux, Lisieux et Sées : confions à l’intercession des saints époux Louis Martin et Marie-Azélie Guérin les joies, les attentes et les difficultés des familles françaises et du monde entier.
Je remercie les cardinaux, les évêques, les prêtres, les personnes consacrées, ainsi que les familles, les groupes paroissiaux et les associations.
Et maintenant adressons-nous à la Vierge Marie avec un amour filial.
Angelus Domini…
© Traduction de Zenit, Anita Bourdin

Louis martin y zelie guerin

http://www.zenit.org/fr/articles/devenir-des-canaux-de-la-compassion-du-christ

Devenir des “canaux” de la Compassion du Christ

Homélie pour quatre Canonisations (texte complet)

Rome, 18 Octobre 2015 (ZENIT.org) Pape François

Le Pape François invite à choisir le service comme « style de l’autorité ». Car « Jésus exerce essentiellement un Sacerdoce de Miséricorde et de Compassion. » Et c’est ce qu’on fait les Saints: ils sont devenus "des “canaux” de son Amour, de sa Compassion"
Le Pape a présidé la Messe de Canonisation des époux Martin (France), du P. Vincenzo Grossi (Italie) et de Sœur Maria de l’Immaculée (Espagne), ce Dimanche 18 Octobre, place Saint-Pierre, au cœur du synode sur la famille.
Le Pape affirme « l’incompatibilité entre honneurs, succès, réputation, triomphes terrestres et la logique du Christ crucifié ».
« Jésus nous invite, exhorte le Pape, à changer de mentalité et à passer de la convoitise du pouvoir à la joie de disparaître et de servir ; à extirper l’instinct de domination sur les autres et à exercer la vertu de l’humilité. »
Voici l’exemple du Christ : « Jésus exerce essentiellement un Sacerdoce de Miséricorde et de Compassion. »
A.B.

Homélie du Pape François
Les lectures bibliques nous présentent aujourd’hui le thème du service et nous appellent à suivre Jésus sur le chemin de l’humilité et de la croix.
Le prophète Isaïe décrit la figure du Serviteur du Seigneur (53, 10-11) et sa mission de Salut. Il s’agit d’un personnage qui ne se vante pas de généalogies illustres, il est méprisé, évité par tous, expert en souffrance.
Quelqu’un à qui on n’attribue pas d’entreprises grandioses, ni de discours célèbres, mais qui mène à son accomplissement le plan de Dieu à travers une présence humble et silencieuse et à travers sa propre souffrance.
Sa mission, en effet, se réalise au moyen de la souffrance, qui lui permet de comprendre ceux qui souffrent, de porter le fardeau des fautes d’autrui et de les expier.

L’exclusion et la souffrance du Serviteur du Seigneur, prolongées jusqu’à la mort, se révèlent fécondes au point de racheter et de sauver les multitudes. Jésus est le Serviteur du Seigneur : sa vie et sa mort, entièrement dans la forme du service (cf. Ph 2, 7), ont été cause de notre salut et de la réconciliation de l’humanité avec Dieu.
Le kérygme, cœur de l’Évangile, atteste que dans sa mort et sa résurrection se sont accomplies les prophéties du Serviteur du Seigneur.

Le récit de Saint Marc décrit la scène de Jésus aux prises avec les disciples Jacques et Jean, qui – soutenus par leur mère – voulaient s’asseoir à sa droite et à sa gauche dans le Royaume de Dieu (cf. Mc 10, 37), revendiquant des places d’honneur, selon leur vision hiérarchique du royaume même.
La perspective dans laquelle ils se placent se révèle encore polluée par des rêves de réalisation terrestre.
Jésus alors donne une première “secousse” à ces convictions des disciples rappelant son chemin sur cette terre : « La Coupe que je vais boire, vous la boirez… quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela a été préparé » (vv. 39-40).
Avec l’image de la coupe, il assure aux deux la possibilité d’être associés jusqu’au bout à son destin de souffrance, sans toutefois garantir les places d’honneur ambitionnées.
Sa réponse est une invitation à le suivre sur le chemin de l’Amour et du service, repoussant la tentation mondaine de vouloir exceller et commander aux autres.

Devant des gens qui intriguent pour obtenir le pouvoir et le succès, les disciples sont appelés à faire le contraire.
Il les avertit donc: « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maître ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur » (vv. 42-44).
Avec ces paroles, il indique le service comme style de l’autorité dans la communauté Chrétienne. Celui qui sert les autres et est réellement sans prestige exerce la véritable autorité dans l’Église.
Jésus nous invite à changer de mentalité et à passer de la convoitise du pouvoir à la joie de disparaître et de servir ; à extirper l’instinct de domination sur les autres et à exercer la vertu de l’humilité.
Et après avoir présenté un modèle à ne pas imiter, il s’offre lui-même comme idéal auquel se référer.
Dans l’attitude du Maître, la communauté trouvera la motivation de la nouvelle perspective de vie : « Car Le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude » (v. 45).
Dans la tradition biblique, Le Fils de l’homme est celui qui reçoit de Dieu « domination, gloire et royauté » (Dn 7, 14).
Jésus remplit d’un nouveau sens cette image et précise qu’il a le pouvoir en tant que serviteur, la gloire en tant que capable d’abaissement, l’autorité royale en tant que disponibilité au don total de sa vie.
C’est en effet, par sa Passion et sa mort qu’il conquiert la dernière place, atteint le maximum de grandeur dans le service, et en fait don à son Église.

Il y a incompatibilité entre une manière de concevoir le pouvoir selon des critères mondains et l’humble service qui devrait caractériser l’autorité selon l’enseignement et l’exemple de Jésus. Incompatibilité entre ambitions, arrivismes et suite du Christ ; incompatibilité entre honneurs, succès, réputation, triomphes terrestres et la logique du Christ crucifié. Il y a au contraire compatibilité entre Jésus “expert en souffrance” et notre souffrance.

La Lettre aux Hébreux, qui présente Le Christ comme le souverain Prêtre qui partage en tout notre condition humaine, excepté le péché, nous le rappelle : « Nous n’avons pas un grand Prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand Prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché » (4, 15). Jésus exerce essentiellement un Sacerdoce de Miséricorde et de Compassion.

Il a fait l’expérience directe de nos difficultés, il connaît de l’intérieur notre condition humaine ; ne pas avoir fait l’expérience du péché ne l’empêche pas de comprendre les pécheurs.
Sa Gloire n’est pas celle de l’ambition ou de la soif du pouvoir, mais c’est la gloire d’aimer les hommes, d’assumer et de partager leur faiblesse et de leur offrir la grâce qui guérit, d’accompagner avec une infinie tendresse leur chemin de souffrance.

Chacun de nous, en tant que baptisé, participe pour la part qui lui est propre au Sacerdoce du Christ ; les fidèles laïcs au Sacerdoce commun, les Prêtres au Sacerdoce ministériel. Tous nous pouvons donc recevoir la Charité qui émane de son Cœur ouvert aussi bien pour nous-mêmes que pour les autres : nous devenons des “canaux” de son Amour, de sa Compassion, spécialement envers tous ceux qui sont dans la douleur, dans l’angoisse, dans le découragement et dans la solitude.

Ceux qui aujourd’hui ont été proclamés Saints ont constamment servi leurs frères avec une humilité et une charité extraordinaires, imitant ainsi le divin Maître.
Saint Vincent Grossi a été un curé plein de zèle, toujours attentif aux besoins de ses gens, spécialement aux fragilités des jeunes.
Pour tous, il rompait avec ardeur le pain de la Parole et il est devenu un bon samaritain pour les plus nécessiteux.
Sainte Marie de l’Immaculée Conception a vécu elle-même dans une grande humilité le service des derniers, avec une attention particulière aux enfants des pauvres et aux malades.

Les Saints époux Louis Martin et Marie Azélie Guérin ont vécu le service chrétien dans la famille, construisant jour après jour une atmosphère pleine de foi et d’amour ; et dans ce climat ont germé les vocations de leurs filles, parmi lesquelles Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.
Le témoignage lumineux de ces nouveaux Saints nous pousse à persévérer sur la route du service joyeux des frères, confiant dans l’aide de Dieu et dans la protection maternelle de Marie.
Du ciel qu’ils veillent maintenant sur nous et nous soutiennent de leur puissante intercession !
[Texte original: Italien]
© Librairie éditrice du Vatican

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Saints Louis Martin et Zélie Guérin

Parents de Sainte Thérèse de Lisieux (19ème s.)

Louis Martin (1823-94) et Zélie (ou Azélie) Guérin (1831-77).
Parents de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, déclarées "Vénérables" par Jean-Paul II le 26 Mars 1994. Béatification le 19 Octobre 2008 à la Basilique de Lisieux.
Le 18 Mars 2015 promulgation du décret relatif au miracle attribué aux Bienheureux Louis Martin (1823 - 1894) et Zélie Guérin son épouse (1831 - 1877), laïcs français.
- Homélie du Card. José Saraiva Martins à l'occasion de la béatification de Louis et Zélie Martin.

Canonisés le 18 Octobre 2015, XXIXe Dimanche du Temps Ordinaire - Messe et canonisation des bienheureux: - Vincent Grossi - Marie de l'Immaculée Conception - Louis Martin et Marie-Azélie Guérin
'Ceux qui aujourd’hui ont été proclamés Saints ont constamment servi leurs frères avec une humilité et une charité extraordinaires, imitant ainsi le divin Maître.
Saint Vincent Grossi a été un curé plein de zèle, toujours attentif aux besoins de ses gens, spécialement aux fragilités des jeunes. Pour tous, il rompait avec ardeur le pain de la Parole et il est devenu un bon samaritain pour les plus nécessiteux.

Sainte Marie de l’Immaculée Conception, en puisant aux sources de la prière et de la contemplation, a vécu en personne dans une grande humilité le service des derniers, avec une attention particulière aux enfants des pauvres et aux malades.

Les Saints époux Louis Martin et Marie Azélie Guérin ont vécu le service chrétien dans la famille, construisant jour après jour une atmosphère pleine de Foi et d’Amour ; et dans ce climat ont germé les vocations de leurs filles, parmi lesquelles Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.
Le témoignage lumineux de ces nouveaux Saints nous pousse à persévérer sur la route du service joyeux des frères, confiant dans l’aide de Dieu et dans la protection maternelle de Marie.
Du Ciel qu’ils veillent maintenant sur nous et nous soutiennent de leur puissante intercession!
(extraits de l'homélie du Pape François)

Pour les parents de Thérèse, Dieu est toujours premier servi. Thérèse sera profondément marquée par leur foi profonde et la ferveur religieuse de sa famille. Thérèse écrivait d'ailleurs: «Le bon Dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la terre.» (Source: Sanctuaire de Lisieux)

Le Sanctuaire de Lisieux nous communique: Zélie Martin s'appelait en fait Azélie Martin.
- Prière pour obtenir des grâces par l'intercession des Serviteurs de Dieu et pour leur glorification.
- A lire: Zélie et Louis Martin, les saints de l'escalier par Henri et Alice Quantin.
- "Voici 150 ans, Louis et Zélie Martin, parents de Thérèse, s'engageaient dans le mariage, à Alençon ..." Texte de Monseigneur Pierre Pican, Évêque de Bayeux et Lisieux
- Louis et Zélie Martin: un couple de bienheureux (site de l'Eglise catholique en France)
- Les parents Martin: un parcours de sainteté qui transmet la foi - conférence donnée à Alençon-Lisieux, 12-13 Juillet 2008, à l'occasion du 150ème anniversaire de mariage des Vénérables Serviteurs de Dieu, Louis et Zélie Martin par le Cardinal José Saraiva Martins, Préfet-Emérite de la Congrégation pour la cause des Saints (Vatican)
- Bienheureux Louis (1823-94) et Zélie (1831-77) Martin. Parents de Sainte Thérèse de Lisieux, Louis et Zélie Martin ont fait de leur Nazareth au quotidien un chemin de sainteté. L'Église les proclame Bienheureux dans le sens où ils ont vécu l'esprit des Béatitudes. Ils nous sont donnés comme témoins de la Sainteté de Dieu.
Témoins - site de l'Église catholique en France

- homélie du cardinal Ennio Antonelli à Alençon le 10 juillet 2010 pour la fête des bienheureux Louis et Zelie Martin

Fêtés le 12 Juillet, date de leur mariage.

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https://levangileauquotidien.org/FR/gospel/2018-07-13

Saints Louis et Zélie Martin
Parents de Sainte Thérèse de Lisieux
Témoins de l’Amour Conjugale

Fêtés ensemble le 12 Juillet : date de leur Mariage.

Louis Martin, de son nom complet Louis-Joseph-Aloys-Stanislas Martin, naît à Bordeaux le 22 Août 1823 ; il est horloger.
Zélie Martin, née Azélie-Marie Guérin, ouvrit les yeux au monde le 23 Décembre 1831 à  Gandelain, près de Saint-Denis-sur-Sarthon, Orne ; elle est dentellière.

Le 12 Juillet 1858, Louis Martin et Zélie Guérin se marient à l’hôtel de ville d’Alençon à 22h et à l’église Notre-Dame d’Alençon à minuit. Tous deux avaient pensé à la Vie Religieuse mais c’est au cœur de la vie de couple et en élevant une famille de neuf enfants qu’ils vont découvrir leur chemin de Sainteté.

Zélie sera une femme active à la tête d’une petite entreprise de dentelle (le point d’Alençon). Elle va procurer du travail à une vingtaine d’ouvrières à domicile.
Elle sera une épouse amoureuse de son mari.
Dans ses lettres à Louis, elle écrit : « Ta femme qui t’aime plus que sa vie » ou encore « Je t’embrasse comme je t’aime ».

Ce ne sont pas que des mots : leur joie est d’être ensemble et de partager tout ce qui fait la vie quotidienne, sous le regard de Dieu. Zélie sera une mère comblée et en même temps éprouvée.
De 1860 à 1873, neuf enfants naîtront au foyer Martin, dont quatre vont mourir en bas âge.
Zélie éprouvera de grandes joies à la naissance de ses enfants : « J’aime les enfants à la folie, j’étais née pour en avoir ».

Au moment de la naissance de Thérèse, la dernière, Zélie a déjà le cancer du sein et elle souffre de plus en plus.
Elle ajoute : « J’ai déjà beaucoup souffert dans ma vie ».

La confiance est l’âme de l’éducation familiale. Zélie souhaite pour ses enfants de devenir des Saints.
Cela ne l’empêche pas d’organiser des fêtes, des jeux et même d’acheter de belles robes pour ses enfants.
En famille, on prie tous les jours et durant le mois de mai les filles aiment apporter de belles fleurs à la statue de Marie : la Vierge du Sourire.
Zélie Martin va décéder le 28 Août 1877, à l’âge de 46 ans, en laissant cinq enfants qu’elle va confier à son mari : Louis.

Louis est un fils de militaire. Il va s’installer à Alençon et il ouvre une horlogerie-bijouterie à l’âge de 27 ans.
Jusqu’à son mariage, il partage son temps entre son travail, des loisirs (la pêche en particulier), la lecture et la rencontre des autres.

Il s’engage au service des plus pauvres dans le cadre de la Conférence Saint Vincent Paul et va, chaque matin, à la Messe.
Chaque semaine, il participe aussi à l’Adoration Eucharistique. Il a été un époux plein d’attention et d’affection pour son épouse et ses filles.

Quand leur mère va décéder, il va quitter Alençon pour Lisieux, auprès des Guérin, sa belle famille.
Après l’entrée de Thérèse au Carmel, commence pour lui l’épreuve de la maladie qui le conduit à être interné au Bon Sauveur, l’hôpital psychiatrique de l’époque.
Pendant les périodes de rémission, on le voit s’occuper des malades qui l’entourent. Paralysé, il revient dans sa famille et meurt le 24 Juillet 1894 à 71 ans.

Zélie avait écrit, à propos de son mari :
« Je suis très heureuse avec lui. Il me rend la vie bien douce. C’est un saint homme que mon mari, j’en désire un pareil pour toutes les femmes ».
Ce qui a caractérise la sainteté des époux Martin, c’est leur capacité à vivre l’ordinaire de la vie en ayant une grande confiance en l’Amour de Dieu et une relation de couple fondée sur la Prière et la générosité.
Un chemin possible pour toutes les familles qui le désirent.

Louis Martin (1823-94) et Zélie Guérin (1831-77), parents de Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, déclarées "Vénérables" par Saint Jean-Paul II le 26 Mars 1994. Béatification le 19 Octobre 2008 à la Basilique de Lisieux par le Pape Benoît XVI, à l’occasion des 150 ans de leur mariage, le 19 Octobre 2008.

Pour les parents de Thérèse, Dieu est toujours premier servi.
Thérèse sera profondément marquée par leur Foi profonde et la ferveur religieuse de sa famille.

Louis et Zélie Martin ont formé un foyer d’Amour et Thérèse écrira : « Le bon Dieu s’est plu à m’entourer d’Amour, mes premiers souvenirs sont empreints des sourires et des caresses les plus tendres ».
En pensant à ses parents, elle dira qu’ils étaient plus dignes du Ciel que de la Terre.
Thérèse écrivait d'ailleurs: «Le bon Dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la Terre.»
(Source: Sanctuaire de Lisieux).

Le Pape François (Jorge Mario Bergoglio, 2013-) a proclamé, le Dimanche 18 Octobre 2015, à Rome, quatre nouveaux Saints : Vincenzo Grossi, un Prêtre italien mort en 1917 près avoir consacré sa vie à venir en aide aux pauvres dans le nord de l'Italie, María Isabel Salvat Romero, une Religieuse espagnole morte en 1998 et le couple Louis et Zélie Martin, un geste symbolique en plein synode sur la famille.

La Canonisation de Louis Martin et de son épouse Zélie marque une première dans l'histoire de l'Église. D'autres couples ont, par le passé, été Béatifiés mais aucun n'avait jusqu'ici été Canonisé.

Pour des approfondissements biographiques :
>>>Canonisation de Louis et Zélie Martin
>>>Louis et Zélie Martin - Kto

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Pour un approfondissement biographique :
>>> Témoins de l'amour conjugal

Louis et Zélie Martin, témoins de l’Amour conjugal

Enfants de la terre de Normandie, un don pour tous

Parmi les vocations auxquelles les hommes sont appelés par la Providence, le mariage est l’une des plus nobles et des plus élevées.
Louis et Zélie ont compris qu’ils pouvaient se sanctifier non pas malgré le mariage mais à travers, dans et par le mariage, et que leurs épousailles devaient être considérées comme le point de départ d’une montée à deux.

Aujourd’hui, l’Église n’admire pas seulement la sainteté de ces fils de la terre de Normandie, un don pour tous, mais elle se mire dans ce couple de Bienheureux qui contribue à rendre la robe de mariée de l’Église, plus belle et splendide.
Elle n’admire pas seulement la sainteté de leur vie, elle reconnaît dans ce couple la sainteté, éminence de l’institution de l’amour conjugal, telle que l’a conçue le Créateur Lui-même.

L’Amour conjugal de Louis et Zélie est un pur reflet de l’Amour du Christ pour son Église ; il est aussi un pur reflet de l’Amour dont l’Église aime son Epoux : Le Christ.
Le Père nous a choisis avant la Fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables sous Son regard, dans l’Amour (Ep 1,4).

« Ils sont devenus Lumière du monde »

Louis et Zélie ont témoigné de la radicalité de l’engagement évangélique de la vocation au mariage jusqu’à l’héroïsme.
Ils n’ont pas craint de se faire violence à eux-mêmes pour ravir le Royaume des Cieux et ainsi ils sont devenus la Lumière du monde que l’Église aujourd’hui met sur le lampadaire afin qu’ils brillent pour tous ceux qui sont dans la maison (Église).
Ils brillent devant les hommes afin que ceux-ci voient leurs bonnes œuvres et glorifient notre Père qui est dans les Cieux.
Leur exemple de Vie Chrétienne est telle une ville située sur une montagne qui ne peut être cachée (cf. Mt 5,13-16).

« Maître donne-nous ton avis »

Quel est le secret de la réussite de leur Vie Chrétienne ? On t’a fait savoir, homme, ce qui est bien, ce que Dieu réclame de toi : rien d’autre que pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec Ton Dieu (Mi 6,8).
Louis et Zélie ont marché humblement avec Dieu à la recherche de l’avis du Seigneur. Maître donne-nous ton avis.
Ils cherchaient l’avis du Seigneur. Ils étaient assoiffés de l’avis du Seigneur. Ils aimaient l’avis du Seigneur.
Ils se sont conformés à l’avis du Seigneur sans récriminer. Pour être sûrs de marcher dans le véritable avis du Seigneur, ils se sont tournés vers l’Église, experte en humanité, mettant tous les aspects de leur vie en harmonie avec les enseignements de l’Église.

« Dieu, premier servi »

Pour les époux Martin, ce qui est à César et ce qui est à Dieu était très clair. Messire Dieu, premier servi, disait Jeanne d’Arc.
Les Martin en ont fait la devise de leur foyer : chez eux Dieu avait toujours la première place dans leur vie.
Madame Martin disait souvent : Dieu est le Maître. Il fait ce qu’Il veut. Monsieur Martin lui faisait écho en reprenant : Dieu, premier servi.

Lorsque l’épreuve atteignit leur foyer, leur réaction spontanée fut toujours l’acceptation de cette volonté Divine.
Ils ont servi Dieu dans le pauvre, non par simple élan de générosité, ni par justice sociale, mais simplement parce que le pauvre est Jésus.
Servir le pauvre, c’est servir Jésus, c’est rendre à Dieu ce qui est à Dieu : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait (Mt 25,34-40).

Le Ciel n’est pas vide, le « Ciel est peuplé d’âmes »

Dans quelques instants nous proclamerons notre Profession de Foi que Louis et Zélie ont répétée tant de fois à la messe et qu’ils ont enseignée à leurs enfants.
Après avoir confessé la Sainte Église Catholique, le Symbole des Apôtres ajoute la Communion des Saints.

Je croyais, disait Thérèse, je sentais qu’il y a un Ciel et que ce Ciel est peuplé d’âmes qui me chérissent, qui me regardent comme leur enfant… (Ms B).
Dans ce Ciel peuplé d’âmes, nous pouvons compter désormais les Bienheureux Louis et Zélie, que pour la première fois, nous invoquons publiquement : Louis et Zélie priez Dieu pour nous. Je vous en prie chérissez-nous, regardez nous comme vos enfants, chérissez l’Église entière, chérissez surtout nos foyers et leurs enfants.

- Louis et Zélie sont un don pour les époux de tous âges par l’estime, le respect et l’harmonie avec lesquels ils se sont aimés pendant 19 ans.
Zélie écrivait à Louis : Je ne puis pas vivre sans toi, mon cher Louis. Il lui répondait : Je suis ton mari et ami qui t’aime pour la vie.
Ils ont vécu les promesses du mariage ; la fidélité de l’engagement, l’indissolubilité du lien, la fécondité de l’Amour, dans le bonheur comme dans les épreuves, dans la santé comme dans la maladie.

- Louis et Zélie sont un don pour les parents. Ministres de l’Amour et de la vie, ils ont engendré de nombreux enfants pour Le Seigneur.
Parmi ces enfants, nous admirons particulièrement Thérèse, chef d’œuvre de la Grâce de Dieu mais aussi chef d’œuvre de leur Amour envers la vie et les enfants.

- Louis et Zélie sont un don pour tous ceux qui ont perdu un conjoint. Le veuvage est toujours une condition difficile à accepter.
Louis a vécu la perte de sa femme avec Foi et générosité, préférant, à ses attraits personnels, le bien de ses enfants.

- Louis et Zélie sont un don pour ceux qui affrontent la maladie et la mort. Zélie est morte d’un cancer, Louis a terminé son existence, éprouvé par une artériosclérose cérébrale.
Dans notre monde qui cherche à occulter la mort, ils nous enseignent à la regarder en face, en s’abandonnant à Dieu.

Modèle exemplaire de foyer missionnaire

Enfin je rends grâce à Dieu, en cette 82e Journée Mondiale des Missions, car Louis et Zélie sont un modèle exemplaire de foyer missionnaire.
Voilà la raison pour laquelle le Saint Père a voulu que la Béatification se réalise en cette journée si chère à l’Église Universelle, comme pour unir les maîtres Louis et Zélie à la disciple Thérèse, leur fille, devenue Patronne des Missions et Docteur de l’Église.

Les témoignages des enfants Martin au sujet de l’esprit missionnaire qui régnait dans leur foyer sont unanimes et frappants :
Mes parents s’intéressaient beaucoup au Salut des âmes…
Mais l’œuvre d’apostolat la plus connue chez nous était la Propagation de la Foi pour laquelle, chaque année, nos parents faisaient une très belle offrande.
C’est encore ce zèle des âmes qui leur faisait tant désirer avoir un fils Missionnaire et des filles Religieuses.
Tout récemment, le Cardinal Dias, Préfet de la Congrégation pour l’Évangélisation des peuples (Propagande Fide) écrivait : Pour un disciple du Christ, annoncer l’Évangile n’est pas une option mais un Commandement du Seigneur…

Un Chrétien doit se considérer en mission (…) pour répandre l’Évangile dans chaque cœur, dans chaque maison, dans chaque culture (Conférence de Lambeth, 23 juillet 2008).

Puissent, mes frères, vos familles, vos paroisses, vos Communautés Religieuses, de Normandie, de France… et du monde entier, être aussi des foyers saints et missionnaire, comme l’a été le foyer des Bienheureux époux Louis et Zélie Martin.
Amen.
Basilique Sainte-Thérèse de l’enfant Jésus, Lisieux, Dimanche 19 Octobre 2008.
Source : diocèse de Bayeux-Lisieux.

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http://www.diocese-saintetienne.fr/Bienheureux-Louis-et-Zelie-Martin.html

Saints Louis et Zélie Martin : Les Saints de l’ordinaire, des Saints pour notre époque

Retour sur la vie de Louis et Zélie Martin, Béatifiés le 19 Octobre 2008 à Lisieux, qui furent aussi les parents de Sainte Thérèse.

Un jour, Zélie, 27 ans, croisant un jeune homme sur un pont, perçoit une parole intérieure : « C’est celui-là que j’ai préparé pour toi ».
Ils se marient le 13 juillet 1858, trois mois après leur première rencontre. Le foyer accueille 9 enfants :
« Nous ne vivions plus que pour nos enfants, c’était tout notre bonheur et nous ne l’avons trouvé qu’en eux », écrira Zélie.
Louis Martin, pour aider Zélie débordée par le succès de son entreprise de dentelles, abandonne l’horlogerie.
Louis excelle dans la partie commerciale et augmente considérablement les bénéfices de l’entreprise.

Avec cela, les époux Martin font partie de plusieurs associations de piété : Tiers-Ordre de Saint-François, Adoration nocturne, etc.
L’éducation des enfants est à la fois joyeuse, tendre et exigeante.

Après la mort de leur mère, les plus jeunes filles seront confiées aux Bénédictines de Notre-Dame du Pré, et Louis saura leur ménager des distractions : séances théâtrales, voyages à Trouville, séjours à Paris…

Les parents Martin accueillent les vocations de leurs filles comme un don de Dieu, à respecter, guider et accompagner.
« Vous, parents, rendez grâces au Seigneur s’Il a appelé l’un de vos enfants à la vie Consacrée », a écrit le Pape Jean-Paul II.

Les épreuves balaient aussi la famille : trois enfants meurent en bas âge, dont les deux garçons.
Puis c’est le décès brusque de Marie-Hélène, à 5 ans et demi. Fin 1876, Zélie ressent les premiers symptômes d’un cancer du sein, inopérable.
Vaillamment, Zélie fait face jusqu’au bout. Elle meurt le 28 août 1877.

Louis Martin, affligé d’artériosclérose, est victime d’une crise de délire qui nécessite son internement à l’hôpital du Bon-Sauveur de Caen.
Lorsque ses jambes sont atteintes de paralysie, en mai 1892, on le ramène à Lisieux. Il s’éteint doucement à la suite d’une crise cardiaque, le 29 juillet 1894.

Les reliques des Bienheureux Louis et Zélie Martin parcourront notre diocèse du 29 septembre au 10 octobre 2010.
Ce peut être l’occasion pour nous de méditer sur ces quelques étapes phares de leur vie. Ce couple de Bienheureux nous offre un modèle de sainteté ordinaire et l’Église nous propose de solliciter leur intercession avec Foi et confiance.
Alexis et Judith Caillat, Claire Chassang

Les reliques. Qu’est-ce que des reliques ?

Les reliques corporelles sont des ossements qui doivent être recueillis en un seul lieu, sans être divisés, « afin que l’on comprenne bien qu’il s’agit de restes de corps humains ».
Leur authenticité est bien sûr capitale et ne doit être entachée d’aucun doute.

Pourquoi vénérer des reliques ?

Le Concile Vatican II a rappelé que « selon la Tradition, les Saints font l’objet d’un culte dans l’Église ».
Le mot tradition n’est pas trop fort, puisque déjà, les premiers Chrétiens se réunissaient, en famille, autour des tombes des martyrs, pour se souvenir d’eux.

La dévotion accordée aux reliques se poursuit donc de nos jours, que ce soit à l’occasion de grandes Fêtes religieuses, d’ostensions, comme celle du Saint Suaire que nous venons de vivre, mais aussi au cours de nombreux pèlerinages aux tombeaux des grands Saints de nos pays.
« Il n’y a pas là de superstition, mais du respect, de l’admiration, le désir de conserver tout ce qui reste d’un homme connu et vénéré. »

Lorsqu’on honore les restes d’un grand homme, cela peut sembler juste, comme une reconnaissance.
Mais vénérer les restes d’un saint, appelle une démarche de Foi. La dévotion accordée aux reliques nous rappellent que notre Église est composée d’hommes et de femmes réels, qu’elle fut fondée au long des siècles, et encore de nos jours, sur le sang versé des martyrs et les vies offertes d’une multitude de Saints et de Saintes, parfois inconnus.
Et que, par leur intercession si efficace et si douce, nous sommes appelés à être nous aussi, comme le disait Saint Pierre « des pierres vivantes ».

Benoît XVI, dans cet extrait du discours aux jeunes des JMJ de Cologne le 20 août 2005 :
« Les reliques nous conduisent à Dieu Lui-même : en effet, c’est Lui qui, par la force de sa Grâce, donne à des êtres fragiles le courage d’être ses témoins devant le monde.

En nous invitant à vénérer les restes mortels des Martyrs et des Saints, l’Église n’oublie pas qu’il s’agit certes de pauvres ossements humains, mais d’ossements qui appartenaient à des personnes visitées par la puissance transcendante de Dieu.
Les reliques des Saints sont des traces de la présence invisible mais réelle qui illumine les ténèbres du monde, manifestant que le règne de Dieu est au-dedans de nous.
Elles crient avec nous et pour nous : « Maranatha » – « Viens Seigneur Jésus ». »

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http://www.clairval.com/lettres/fr/2008/09/23/6240908.htm

Bien cher Ami de l'Abbaye Saint-Joseph,
«Oui, la civilisation de l'Amour est possible, ce n'est pas une utopie! Mais elle n'est possible que si l'on se tourne constamment avec ardeur vers Dieu, Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, de qui provient toute paternité dans le monde (Ep 3, 14-15), de qui provient toute famille humaine» (Jean-Paul II, Lettre aux Familles, 2 Février 1994, n. 15). C'est, en effet, dans la famille que naît et se développe la civilisation de l'Amour.

Or, «depuis quelque temps se répètent les attaques contre l'institution familiale. Il s'agit d'atteintes d'autant plus dangereuses et insidieuses qu'elles méconnaissent la valeur irremplaçable de la famille fondée sur le mariage» (Jean-Paul II, 4 juin 1999).
Mais «il n'est pas sans importance pour les enfants de naître et d'être éduqués dans un foyer constitué par des parents unis dans une alliance fidèle» (Ibid.).

Le mariage est cette alliance par laquelle «un homme et une femme constituent entre eux une communauté de toute la vie, ordonnée par son caractère naturel au bien des conjoints ainsi qu'à la génération et à l'éducation des enfants» (Code de Droit Canonique, c. 1055, § 1).
Le respect d'une telle union est «d'une extrême importance pour le progrès personnel et le sort éternel de chacun des membres de la famille, pour la dignité, la stabilité, la paix et la prospérité de la société humaine tout entière» (Vatican II, Gaudium et spes, 48).
C'est pourquoi l'Église défend fortement l'identité du mariage et de la famille. Dans ce but, elle propose l'exemple des parents de Sainte Thérèse de Lisieux, Louis et Zélie Martin, qui seront Béatifiés le 19 Octobre 2008.

« C'est parce que je crois ! »
Louis Martin est né à Bordeaux, le 22 Août 1823, second d'une famille de cinq enfants. Son père, officier de carrière, est alors en Espagne.
La famille Martin est ballottée au gré des garnisons du père: Bordeaux, Avignon, Strasbourg.
Au moment de sa mise à la retraite, en décembre 1830, le Capitaine Martin s'établit à Alençon, en Normandie.
C'est un officier d'une piété exemplaire. L'aumônier du régiment lui ayant jadis représenté qu'on s'étonnait parmi la troupe de le voir, au cours de la Messe, demeurer si longtemps à genoux après la Consécration, il avait répondu sans sourciller:
«Dites-leur que c'est parce que je crois!»

Louis reçoit en famille, puis chez les Frères des Écoles Chrétiennes, une éducation religieuse très forte.
Il ne choisit pas le métier des armes selon la tradition de sa famille, mais celui d'horloger, qui convient mieux à sa nature méditative et silencieuse, ainsi qu'à sa grande habileté manuelle. Il effectue son apprentissage d'abord à Rennes, puis à Strasbourg.

Au seuil de l'automne 1845, Louis prend la décision de se donner tout entier à Dieu. Il se rend à l'Hospice du Grand-Saint-Bernard, au cœur des Alpes, où des chanoines se vouent à la Prière et au sauvetage des voyageurs perdus en montagne.
Il se présente au Prieur qui l'invite à retourner chez lui pour compléter ses études de latin avant une éventuelle entrée au Noviciat.
Après une tentative infructueuse pour se mettre tardivement à l'étude, Louis, non sans regret, renonce à son projet. Pour parfaire ses connaissances en horlogerie, il se rend à Paris, puis revient s'installer à Alençon chez ses parents; sa vie très réglée fait dire à ses amis: «Louis, c'est un saint».

Louis ne cherche pas à se marier et sa mère s'en désole; mais, à l'école dentellière, où elle suit des cours, son attention est attirée par une jeune fille habile et de bonnes manières.
Ne serait-ce pas la «perle» qu'elle désire pour son fils?

Cette jeune fille est Zélie Guérin, née à Gandelain, dans l'Orne (Normandie), le 23 Décembre 1831, deuxième de trois enfants.
Son père et sa mère sont de familles profondément Chrétiennes. En septembre 1844, ils s'installent à Alençon, où les deux filles aînées reçoivent une formation soignée au pensionnat des Religieuses du Sacré-Cœur de Picpus.

Zélie pense à la Vie Religieuse, tout comme son aînée qui deviendra Sœur Marie-Dosithée à la Visitation du Mans.
Mais la Supérieure des Filles de la Charité, à qui elle demande son admission, lui répond sans hésiter que telle n'est pas la volonté Divine.
Devant une affirmation si catégorique, la jeune fille s'incline, non sans tristesse. Dans un bel optimisme surnaturel, elle s'écrie:
«Mon Dieu, j'entrerai dans l'état de mariage pour accomplir votre volonté Sainte. Alors, je vous en prie, donnez-moi beaucoup d'enfants, et qu'ils vous soient consacrés!»
Zélie se perfectionne alors dans la confection de Point d'Alençon, technique de dentelle particulièrement réputée.
Le 8 décembre 1851, Fête de l'Immaculée Conception, elle a une inspiration: «Fais faire du Point d'Alençon». Dès lors, elle s'installe à son compte.

Un jour, croisant un jeune homme dont la noble physionomie, l'allure réservée et la tenue pleine de dignité l'impressionnent fortement, Zélie perçoit une parole intérieure: «C'est celui-là que j'ai préparé pour toi».
L'identité du passant, Louis Martin, lui est bientôt révélée. Les deux jeunes gens ne tardent pas à s'apprécier et à s'aimer.
Leur accord s'établit si promptement qu'ils se marient le 13 Juillet 1858, trois mois après leur première rencontre.

Louis et son épouse se proposent de vivre comme frère et sœur, suivant l'exemple de Saint Joseph et de la Vierge Marie.
Dix mois de vie commune dans une totale continence leur permettent de fondre ensemble leurs âmes dans une intense communion spirituelle.
Mais une prudente intervention de leur Confesseur et le désir de donner des enfants au Seigneur, les décident à interrompre cette sainte expérience.
Zélie écrira à sa fille Pauline: «Pour moi, je désirais avoir beaucoup d'enfants, afin de les élever pour le Ciel».
En moins de treize ans, ils auront neuf enfants. Leur amour sera beau et fécond.

Aux antipodes
«Un amour qui n'est pas «beau», c'est-à-dire un amour réduit à la seule satisfaction de la concupiscence, ou à un «usage» mutuel de l'homme et de la femme, rend les personnes esclaves de leurs faiblesses» (Lettre aux familles, 13).
Dans cette perspective, les personnes sont utilisées comme des choses: la femme peut devenir pour l'homme un objet de plaisir, et réciproquement; les enfants, une gêne pour les parents; la famille, une institution encombrante pour la liberté de ses membres.

On se trouve alors aux antipodes du véritable Amour. «En ne cherchant que le plaisir, on peut en venir à tuer l'amour, à en tuer le fruit, dit le Pape.
Pour la culture du plaisir, le fruit béni de ton sein (Lc 1, 42) devient en un sens un «fruit maudit»», c'est-à-dire indésirable, que l'on veut supprimer par l'avortement.
Cette culture de mort s'oppose à la loi Divine: «La Loi de Dieu à l'égard de la vie humaine est sans équivoque et catégorique. Dieu ordonne: Tu ne tueras pas (Ex 20, 13).
Aucun législateur humain ne peut donc affirmer: Il t'est permis de tuer, tu as le droit de tuer, tu devrais tuer» (Ibid., 21).

«Toutefois, ajoute le Pape, on voit se développer, surtout parmi les jeunes, une nouvelle conscience du respect de la vie depuis la conception...
C'est un levain d'espérance pour l'avenir de la famille et de l'humanité» (Ibid.). En effet, dans le nouveau-né se réalise le bien commun de la famille et de l'humanité.

Les parents Martin expérimentent cette vérité à travers l'accueil de leurs nombreux enfants: «Nous ne vivions plus que pour nos enfants, c'était tout notre bonheur et nous ne l'avons trouvé qu'en eux», écrira Zélie.
Leur vie conjugale ne va cependant pas sans épreuves. Trois enfants meurent en bas âge, dont les deux garçons.
Puis c'est le décès brusque de Marie-Hélène, à 5 ans et demi. Prières, pèlerinages se succèdent au milieu des angoisses, spécialement en 1873, durant la grave maladie de Thérèse et la typhoïde de Marie.

La confiance de Zélie dans les plus grandes inquiétudes est fortifiée par le spectacle de la Foi de son époux, en particulier de son exacte observance du repos du Dimanche: jamais Louis n'ouvre son magasin le Dimanche.
C'est la «Fête du Bon Dieu» qu'on célèbre en famille, d'abord par les Offices paroissiaux, puis par de grandes promenades. On emmène les enfants aux fêtes d'Alençon, jalonnées de cavalcades et de feux d'artifices.

L'éducation des enfants est à la fois joyeuse, tendre et exigeante. Dès l'éveil des intelligences, Madame Martin leur apprend l'offrande matinale du cœur au Bon Dieu, l'acceptation toute simple des difficultés quotidiennes «pour faire plaisir à Jésus ».
Marque indélébile qui sera la base de la «petite voie» enseignée par leur benjamine: la future Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus.

«Le foyer est ainsi la première école de Vie Chrétienne», comme l'enseigne le Catéchisme de l'Église Catholique (CEC, 1657).
Louis seconde son épouse dans sa tâche auprès des enfants: il se met en route dès 4 heures du matin, à la recherche d'une nourrice pour un de ses derniers-nés, malade; il accompagne sa femme à dix kilomètres d'Alençon par une nuit glacée au chevet de leur premier fils, Joseph; il fait le garde-malade auprès de son aînée, Marie, atteinte de la fièvre typhoïde, à l'âge de 13 ans...

Le dynamisme que donne l'amour
Très dynamique, Louis Martin n'est pas le «doux rêveur» qu'on a parfois décrit. Pour aider Zélie, débordée par le succès de son entreprise de dentelle, il abandonne l'horlogerie.
La dentelle se travaille par pièces de 15 à 20 centimètres.
On y emploie des fils de lin de très haute qualité et d'une finesse extrême. La «trace» une fois exécutée, le «morceau» passe de main en main suivant le nombre de points qu'il comporte – il en existe neuf, qui constituent autant de spécialités.
Il faut ensuite procéder à l'assemblage: labeur délicat mené à l'aide d'aiguilles et de fils de plus en plus ténus.
Zélie réalise elle-même l'invisible raccord des pièces que lui apportent des dentellières travaillant à domicile.
Cependant, il faut trouver des débouchés. Louis excelle dans cette partie commerciale et augmente considérablement les bénéfices de l'entreprise. Mais il sait aussi trouver le temps de se détendre et d'aller à la pêche.

Avec cela, les époux Martin font partie de plusieurs associations de piété: Tiers-Ordre de Saint-François, Adoration nocturne, etc.
Ils puisent leur force dans l'observance amoureuse des prescriptions et des conseils de l'Église: jeûnes, abstinences, Messe quotidienne, Confession fréquente.

«Les forces Divines sont beaucoup plus puissantes que vos difficultés! écrit le Pape Jean-Paul II aux familles.
L'efficacité du Sacrement de la Réconciliation est immensément plus grande que le mal agissant dans le monde...
Incomparablement plus grande est surtout la puissance de l'Eucharistie...

Dans ce Sacrement, c'est Lui-même que Le Christ nous a laissé comme nourriture et comme boisson, comme source de puissance salvifique...
La Vie qui vient de Lui est pour vous, chers époux, parents et familles! N'a-t-Il pas institué l'Eucharistie dans un contexte familial, au cours de la dernière Cène?...
Les paroles prononcées alors gardent toute la puissance et toute la sagesse du Sacrifice de la Croix» (Ibid., 18).

Des fruits durables
À la source Eucharistique, Zélie puise une énergie au-dessus de la moyenne des femmes, et son époux, une tendresse au-dessus de la moyenne des hommes.
Louis gère les finances. Il acquiesce de bon gré aux demandes de son épouse: «Pour la retraite de Marie à la Visitation, écrit Zélie à Pauline, tu sais comme papa aime peu à se séparer de vous et il avait d'abord formellement dit qu'elle n'irait pas...
Hier soir, Marie se lamentait à ce propos; je lui ai dit: «Laisse-moi faire, j'arrive toujours à ce que je veux et sans combat; il y a encore un mois d'ici là; c'est assez pour décider ton père dix fois.»
Je ne me trompais pas, car à peine une heure après, lorsqu'il est entré, il s'est mis à parler très amicalement à ta sœur (Marie)...
«Bon, me dis-je, voilà le moment!» Et j'ai insinué l'affaire. «Tu désires donc beaucoup faire cette retraite?» dit son père à Marie: «Oui, papa. – Eh bien, vas-y!»...

Je trouve que j'avais une bonne raison de vouloir que Marie aille à la retraite. Il est vrai que c'est une dépense, mais l'argent n'est rien quand il s'agit de la sanctification d'une âme; et l'année dernière, Marie m'est revenue toute transformée. Les fruits durent encore; cependant il est temps qu'elle renouvelle sa provision».

Les retraites spirituelles produisent des fruits de conversion et de sanctification, car sous l'effet de leur dynamisme, l'âme, docile aux illuminations et aux mouvements de L'Esprit-Saint, se purifie toujours plus des péchés, pratique les vertus, imitant Jésus-Christ, modèle absolu, pour arriver à une union plus intime avec Lui.

C'est pourquoi le Pape Paul VI a pu dire: «La fidélité aux exercices annuels en milieu préservé assure le progrès de l'âme».
Parmi toutes les méthodes d'exercices spirituels, «il en est une qui a remporté l'approbation entière et répétée du Siège Apostolique...
la méthode de Saint Ignace de Loyola, de celui qu'il Nous plaît d'appeler Maître spécialisé dans les exercices spirituels» (Pie XI, Encyclique Mens Nostra).

La vie profondément Chrétienne des parents Martin s'ouvre naturellement à la Charité envers le prochain: aumônes discrètes aux pauvres, auxquelles les filles sont associées selon leur âge, assistance aux malades.
Ils n'ont pas peur de se battre en justice pour soutenir des opprimés. De même, ils font ensemble les démarches nécessaires pour l'entrée d'un indigent à l'hospice, alors que celui-ci n'y a pas droit, n'étant pas assez âgé.
Ces services dépassent les limites de la paroisse et manifestent un grand esprit missionnaire: larges offrandes annuelles à la Propagation de la Foi, participation à l'édification d'une église au Canada, etc.

Mais le bonheur familial intense des Martin ne dure pas très longtemps. Dès 1865, Zélie remarque la présence d'une tumeur à son sein, apparue après une chute sur l'angle d'un meuble.
Son frère, pharmacien, et son mari n'y accordent pas une grande importance. Fin 1876, le mal se réveille et le diagnostic est formel: «tumeur fibreuse inopérable» parce que trop avancée.

Vaillamment, Zélie fait face jusqu'au bout. Consciente du vide que laissera sa disparition, elle demande à sa belle-sœur, Madame Guérin, d'aider son mari pour l'éducation des plus jeunes après sa mort.

Madame Martin meurt le 28 Août 1877. Pour Louis, âgé de 54 ans, c'est un effondrement, une plaie profonde qui ne se refermera qu'au Ciel.
Mais il accepte tout, avec un esprit de Foi exemplaire et la conviction que sa «Sainte épouse» est au Ciel.
Il complétera la tâche commencée dans l'harmonie d'un amour sans faille: l'éducation des cinq filles.

Pour cela, écrit Thérèse, «le cœur si tendre de papa avait joint à l'amour qu'il possédait déjà un amour vraiment maternel».
Madame Guérin s'offre à aider la famille Martin et invite son beau-frère à transplanter son foyer à Lisieux.
La pharmacie de son mari sera pour les petites orphelines une seconde maison, et l'intimité qui unit les deux familles ne fera que grandir, dans les mêmes traditions de simplicité, de labeur et de droiture.
Malgré les souvenirs et les amitiés fidèles qui pourraient le retenir à Alençon, Louis se résout au sacrifice et déménage pour Lisieux.

Un grand honneur
La vie aux «Buissonnets», la nouvelle maison de Lisieux, est plus austère et retirée qu'à Alençon.
La famille entretient peu de relations, et cultive le souvenir de celle que Monsieur Martin désigne toujours à ses enfants comme «votre Sainte maman».
Les plus jeunes filles sont confiées aux Bénédictines de Notre-Dame du Pré. Mais Louis sait leur ménager des distractions: séances théâtrales, voyages à Trouville, séjour à Paris, etc., recherchant à travers toutes les réalités de la vie, la Gloire de Dieu et la sanctification des âmes.

Sa sainteté personnelle se révèle surtout dans l'offrande de toutes ses filles, puis de lui-même.
Zélie prévoyait déjà la vocation de ses deux aînées: Pauline entre au Carmel de Lisieux en octobre 1882, et Marie en octobre 1886.
En même temps Léonie, enfant de caractère difficile, inaugure une série d'essais infructueux d'abord chez les Clarisses, puis à la Visitation, où après deux échecs elle finira par entrer définitivement, en 1899.

Thérèse, la benjamine, la «petite Reine», va surmonter tous les obstacles pour entrer au Carmel à 15 ans, en avril 1888.
Deux mois plus tard, le 15 juin, Céline dévoile à son père qu'elle aussi se sent appelée à la Vie Religieuse.
Devant ce nouveau sacrifice, la réaction de Louis Martin est splendide: «Viens, allons ensemble devant le Saint-Sacrement remercier Le Seigneur qui me fait l'honneur de prendre tous mes enfants».

«Vous, parents, rendez grâces au Seigneur s'il a appelé l'un de vos enfants à la Vie Consacrée, écrit le Pape Jean-Paul II.
Comme cela a toujours été, il faut se sentir très honoré que Le Seigneur porte son regard sur une famille et choisisse l'un de ses membres pour l'inviter à prendre la voie des conseils évangéliques.
Gardez le désir de donner au Seigneur l'un de vos enfants pour la croissance de l'Amour de Dieu dans le monde.
Quel fruit de l'Amour conjugal pourrait être plus beau que celui-là?» (Exhortation apostolique Vita consecrata, 25 mars 1996, n. 107).

La vocation est avant tout une initiative Divine. Mais une éducation Chrétienne favorise la réponse généreuse à l'appel de Dieu:
«C'est au sein de la famille que les parents sont par la parole et par l'exemple, pour leurs enfants, les premiers hérauts de la Foi, au service de la vocation propre de chacun et tout spécialement de la vocation sacrée» (CEC, 1656).

Aussi, «si les parents ne vivent pas les valeurs évangéliques, le jeune garçon et la jeune fille pourront difficilement entendre l'appel, comprendre la nécessité des sacrifices à consentir ou apprécier la beauté du but à atteindre.
C'est en effet dans la famille que les jeunes font la première expérience des valeurs évangéliques, de l'Amour qui se donne à Dieu et aux autres.
Il faut aussi qu'ils soient formés à l'usage responsable de leur liberté, afin d'être prêts à vivre, selon leur vocation, les plus hautes réalités spirituelles» (Vita consecrata, ibid.).

« Je suis trop heureux »
Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face témoignera de la manière dont son père vivait concrètement l'Évangile:
«Ce que surtout j'avais remarqué, c'était les progrès que papa faisait dans la perfection; à l'exemple de Saint François de Sales, il était parvenu à se rendre maître de sa vivacité naturelle au point qu'il paraissait avoir la nature la plus douce du monde...
Les choses de la terre semblaient à peine l'effleurer, il prenait facilement le dessus des contrariétés de cette vie».

En mai 1888, Louis revoit les étapes de sa vie, au cours d'une visite dans l'église où avait été célébré son mariage.
Il raconte ensuite à ses filles: «Mes enfants, je reviens d'Alençon, où j'ai reçu dans l'église Notre-Dame de si grandes grâces, de telles consolations, que j'ai fait cette Prière:
Mon Dieu, c'en est trop! Oui, je suis trop heureux, il n'est pas possible d'aller au Ciel comme cela, je veux souffrir quelque chose pour vous! Et je me suis offert... »
Le mot «victime» expire sur ses lèvres, il n'ose pas le prononcer, mais ses filles ont compris.

Dieu ne tarde pas à exaucer son serviteur.
Le 23 juin 1888, affligé de poussées d'artériosclérose qui l'affectent dans ses facultés mentales, Louis Martin disparaît de son domicile.
Après bien des angoisses, on le retrouve au Havre, le 27. C'est le début d'une lente et inexorable déchéance physique.

Peu après la prise d'habit de Thérèse, où il se montre «si beau, si digne», il est victime d'une crise de délire qui nécessite son internement à l'hôpital du Bon-Sauveur de Caen: situation humiliante qu'il accepte avec une Foi profonde.
Quand il peut s'exprimer, il répète: «Tout pour la plus grande Gloire de Dieu», ou encore: «Je n'avais jamais eu d'humiliation dans ma vie, il m'en fallait une».

Lorsque ses jambes sont atteintes de paralysie, en mai 1892, on le ramène à Lisieux. «Au revoir, au Ciel!» peut-il juste dire à ses filles, lors de sa dernière visite au Carmel.
Il s'éteint doucement à la suite d'une crise cardiaque, le 29 juillet 1894, assisté par Céline qui a différé son entrée au Carmel pour s'occuper de lui.

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face pourra dire: «Le bon Dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la Terre».
Puissions-nous, en suivant leur exemple, parvenir à la Demeure éternelle que la Sainte de Lisieux appelle «le foyer Paternel des Cieux».
Dom Antoine Marie osb, abbé

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Louis et Zélie Martin

Louis Martin (°1823 - †1894), horloger, et son épouse Azélie-Marie Guérin dite Zélie (°1831 - †1877) dentellière, appartiennent à la petite bourgeoisie d’Alençon. Ils ont été béatifiés le 19 octobre 2008 à Lisieux, pour l'exemplarité de leur vie de couple et Canonisés à Rome le 18 Octobre 2015 par le Pape François.

Ils sont les parents de sainte Thérèse de l'enfant Jésus et de la sainte Face et de ses quatre sœurs, toutes religieuses.

Biographies

Louis martin 1Louis Martin en 1875.

Louis Martin

Louis Martin naît le 22 août 1823 à Bordeaux, fils de Pierre-François Martin (1777 - 1865) et de Fanie Boureau (1780 - 1883). Dernier d'une famille de trois filles et deux garçons, il est élevé au hasard des garnisons de son père, militaire de carrière. Après ses études, Louis apprend le métier d'horloger.

Vers 22 ans, attiré par la Vie Monastique, il demande à entrer au monastère du Grand-Saint-Bernard ; mais sa candidature est refusée car il ignore le latin. Il séjourne alors trois ans à Paris, puis s'installe à Alençon chez ses parents qui occupent un magasin d'horlogerie-bijouterie, rue du Pont-Neuf.

Pendant huit années, il mène une vie laborieuse, calme et méditative. Ses distractions consistent en de longues séances de pêche, quelques parties de chasses et les soirées avec ses amis au Cercle Catholique "Vital Romet".

Sa Foi demeure vive, c'est un Chrétien fervent : Messes le Dimanche et en semaine, adoration du Saint-Sacrement, pèlerinages.

Il achète en Alençon le Pavillon, une tour entourée d'un terrain, pour jardiner, lire et méditer. À 34 ans, il est encore célibataire, au grand désespoir de sa mère.

Zelie martin 1Zélie Martin en 1875.

Zélie Guérin

Azélie-Marie Guérin – qu'on appellera toujours Zélie – naît le 23 décembre 1831 à Gandelain, village de l'Orne proche du bourg de Saint-Denis-sur-Sarthon.

Son père Isidore Guérin (1777 - 1865), un ancien soldat de la Grande Armée qui s'est battu à Wagram, a suivi Masséna et Soult pendant la guerre d'Espagne, est désormais gendarme à Saint-Denis-sur-Sarthon.

Sa mère, Louise-Jeanne Macé (1805 - 1859), est une paysanne assez rude. Zélie a une sœur aînée, Marie-Louise (1829 - 1877). Son frère Isidore (1841 - 1909) naît dix ans plus tard.

En septembre 1844, ses parents s'installent à Alençon.

Zélie et Marie-Louise reçoivent une formation soignée au pensionnat des religieuses des Sacrés-Cœurs de Picpus.

Intelligente et travailleuse, Zélie garde de son éducation austère une tendance au scrupule, bien dans la spiritualité de l'époque.

Les relations avec sa mère sont difficiles et elle ne conservera pas le souvenir d'une enfance heureuse, elle écrira même : « Mon enfance, ma jeunesse ont été tristes comme un linceul ». Elle ressent assez tôt un appel à la sainteté, que tempère pourtant son robuste bon sens : « Je veux devenir une sainte, ce ne sera pas facile (...) ».

Elle songe alors à entrer à l'Hôtel-Dieu d'Alençon comme religieuse, mais la supérieure l'en dissuade.

Déçue, elle devient dentellière et se révèle particulièrement douée pour la confection de dentelle au point d'Alençon, travail délicat et minutieux.

En 1853, âgée seulement de 22 ans, elle ouvre une boutique avec Marie-Louise. Mais sa sœur la quitte pour entrer au couvent des Visitandines du Mans sous le nom de sœur Marie-Dosithée.

Porche basiliqueBasilique Notre Dame d'Alençon, lieu du mariage de Louis et Zélie le 12 Juillet 1858.
Porche de la Basilique Notre Dame d'Alençon, lieu du mariage des Bienheureux Louis et Zélie Martin, et du Baptême de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus
Photo de Pierre-Yves Emile.

Le mariage

En 1858, c'est à l'âge de 35 ans, sur le pont de Sarthe dans la capitale ornaise, que Louis rencontre Zélie qui en a alors 27.

Ils se marient le 13 juillet 1858 à l'église Notre-Dame d'Alençon. À l'instigation de Louis, ils décident d'abord de vivre comme frère et sœur dans une continence perpétuelle.

Mais leur confesseur les en ayant dissuadés, les accouchements se succèdent entre 1859 et 1873 : Zélie donne naissance à neuf enfants, sept filles et deux garçons.

Hélas, la mortalité infantile demeure très élevée à cette époque, et les Martin perdent quatre enfants en bas âge.

Malgré ces deuils, malgré une maladie du sein qui progresse lentement depuis 1863, Zélie consacre toute son énergie à son entreprise.

Celle-ci est prospère et emploie jusqu'à une vingtaine d'ouvrières. À force de labeur et d'épargne, les époux Martin ont acquis une grande aisance financière.

En 1870, Louis vend son horlogerie à un neveu, afin d'aider sa femme à administrer la boutique et à gérer leurs biens.

Zélie se dévoue également pour ses filles : « Moi j'aime les enfants à la folie. J'étais née pour en avoir, mais il sera bientôt temps que cela finisse ».

Maison natale de sainte therese maison de louis et zelie martinMaison à Alençon des Bienheureux Louis et Zélie Martin, Maison natale de Sainte Thérèse.
Photo de Pierre-Yves Emile.

La petite dernière, Thérèse, naît en janvier 1873. Afin de recevoir une éducation Chrétienne, les aînées sont envoyées au pensionnat de la Visitation du Mans.

Les soucis ne manquent pas, tels les difficultés scolaires de Léonie ou la santé délicate de Thérèse, à qui il faut trouver une nourrice à la campagne.

Si Zélie, femme active et énergique, tient incontestablement une place prépondérante dans le couple, elle ne cesse de louer la bonté paisible de Louis : « C'est un saint homme que mon mari, j'en désire un pareil à toutes les femmes ».

Fervents chrétiens, Zélie et Louis assistent chaque matin à la messe de 5h30. Ils pratiquent le jeûne et la prière en famille, respectent scrupuleusement le repos du dimanche.

Ils savent également mettre en pratique leurs convictions : ils visitent les vieillards seuls, les malades, les mourants ; lorsque l'occasion se présente, ils accueillent un vagabond à leur table, font les démarches pour le faire accepter à l'hospice d'Alençon.

Zélie s'occupe notamment de ses bonnes et de ses ouvrières, souvent jeunes et inexpérimentées.

En 1876, la maladie frappe la famille Martin. C'est d'abord la sœur de Zélie, Marie-Dosithée, que ronge inexorablement la tuberculose.

Durement affectée, Zélie se résout à consulter pour elle-même un médecin en décembre 1876. Malgré ses maux de tête, ses douleurs d'estomac, elle n'avait pas voulu jusqu'alors se soucier de sa santé.

Mais le diagnostic ne laisse aucun espoir : la « tumeur fibreuse » au sein est trop avancée, une opération serait inutile. Zélie reçoit lucidement la nouvelle, tandis que Louis est « comme annéanti ».

Isidore, le frère de Zélie devenu pharmacien à Lisieux, lui fait rencontrer un grand chirurgien. Mais celui-ci déconseille également l'opération : il est trop tard.

Le 24 février 1877, Marie-Dosithée s'éteint. C'est pour Zélie un coup terrible, et son mal empire.

En juin 1877, malgré ses souffrances, elle se rend à Lourdes, mais le miracle espéré n'a pas lieu.

De retour à Alençon, elle met de l'ordre dans ses affaires et prépare la maisonnée à sa prochaine disparition.

Elle reçoit l'extrême-onction le 26 août en présence de Louis et de ses filles, et meurt après deux jours d'agonie le 28 août 1877.

Elle est inhumée le 29 août au cimetière d'Alençon, laissant une famille effondrée et cinq filles dont la plus jeune, Thérèse, est âgée seulement de quatre ans et demi.

Lisieux les buissonnetsLa maison familiale des Buissonnets à Lisieux. Maison familiale des Martin (Lisieux) où Sainte Thérèse passa son enfance.
Photo de Grentidez

Le veuvage de Louis

En Novembre 1877, Louis et ses cinq filles s’installent à Lisieux pour se rapprocher d'Isodore Guérin, frère de Zélie, qu'un conseil de famille a désigné subrogé tuteur des enfants. Isidore et son épouse sont en effet persuadés que c'est la solution la plus sage et ils sont parvenus à convaincre Louis, d'abord réticent, de faire ce voyage.

Pour accueillir la famille Martin, ils ont trouvé une maison bourgeoise entourée d'un parc: Les Buissonnets.

Louis, qui a vendu le commerce familial d'Alençon et vit désormais de ses rentes, se consacre à ses filles.

Les filles grandissent, et les plus jeunes : Léonie, Céline puis Thérèse font à leur tour leurs études au pensionnat des bénédictines de Lisieux.

En 1882, Pauline décide, avec le consentement de Louis, de devenir carmélite.

Le 15 octobre, elle entre au carmel de Lisieux, au grand désarroi de Thérèse qui se sent abandonnée.

Thérèse, sans doute la plus touchée par la mort de Zélie, est devenue une enfant excessivement sensible, toujours prête à fondre à larmes.

En février 1886, Louis se résout à la retirer de son école et à lui faire donner des leçons particulières.

En août 1886, à la surprise de toute la famille, l'aînée des filles, l'indépendante Marie décide à son tour d'entrer au carmel de Lisieux.

Louis qui perd sa fille préférée, son « diamant », doit cacher sa peine. C'est également un choc pour Thérèse, dont Marie était devenue la confidente.

D'autant qu'en octobre, Léonie se fait admettre au couvent des clarisses. La chaude atmosphère des Buissonnets est en train de disparaître.

Il ne reste autour de Louis que Thérèse et Céline, qui est alors promue maîtresse de maison à dix-sept ans et demi.

Début décembre 1886, Léonie est de retour : sept semaines de la dure vie des clarisses ont eu raison de sa bonne volonté.

Pourtant, au printemps 1887, elle demande à son père l'autorisation d'entrer à la Visitation de Caen.

Le 1er mai 1887, Louis Martin subit une petite attaque qui le laisse paralysé du côté gauche pendant quelques heures.

Mais l'intervention rapide de son beau-frère le tire d'affaire.

1887 est une année de profonde transformation pour Thérèse, après la grâce qu'elle a reçue à Noël 1886 et qui l'a fait sortir de l'enfance.

La détermination à devenir carmélite grandit en elle, non pour retrouver Marie et Pauline, mais parce qu'elle se sent appelée par Jésus.

Le 2 juin 1887, jour de la Pentecôte, après avoir prié toute la journée, elle présente sa requête à son père, dans le jardin des Buissonnets.

Louis objecte la jeunesse de sa fille, qui n'a pas encore quinze ans, mais il se laisse vite convaincre.

Il ajoute que Dieu lui fait « un grand honneur de lui demander ainsi ses enfants ».

Therese de lisieux entree au carmelStatue représentant Thérèse et Louis Martin : elle lui demande l'autorisation d'entrer au Carmel.
Photo de Patrick89.
Statue représentant Thérèse Martin (future Sainte Thérèse de Lisieux) demandant à son père Louis l'autorisation d'entrer au Carmel, dans le jardin des Buissonnets.
Louis Richomme (1883-1975), en Religion Frère Marie-Bernard de la Grande Trappe (Soligny-la-Trappe), est l'auteur "officiel" des statues de Sainte-Thérèse de l'enfant Jésus selon le Carmel de Lisieux.

Mais il faut surmonter les difficultés et convaincre l'oncle Isidore, puis le chanoine Delatroëtte, supérieur du Carmel.

Celui-ci se révèle intraitable et Louis propose de rencontrer l'Évêque, Mgr Hugonin. L'entrevue se passe bien, mais l'Évêque remet sa décision à plus tard.

Devant le profond désarroi de sa fille, Louis évoque un ultime recours auprès du Pape. Il doit en effet participer en novembre 1887 à un pèlerinage à Rome, organisé à l'occasion du jubilé de Léon XIII.

C'est aussi l'occasion d'un grand voyage comme les affectionne Louis. Il fait visiter Paris à ses cadettes Thérèse et Céline, puis c'est le trajet en train à travers la Suisse, l'arrivée en Italie où les visites s'enchainent : Milan, Venise, Bologne puis Rome.

Lors de l'audience papale tant attendue, le 20 Novembre 1887, Thérèse se jette aux pieds du pape et l'implore de permettre son entrée au Carmel.

Léon XIII lui répond avec bienveillance mais aussi avec fermeté, qu'elle doit faire ce que les supérieurs diront et s'en remettre à la volonté de Dieu.

Après l'échec de la démarche, la famille Martin regagne tristement Lisieux.

Pourtant le 1er janvier 1888, veille des quinze ans de Thérèse, arrive par courrier l'accord de l'Évêque.

L'entrée au Carmel n'est prévue qu'en avril. Pour meubler l'attente de Thérèse, Louis Martin, toujours prêt à partir, lui propose un grand pèlerinage à Jérusalem.

Mais il faudrait pour cela repousser la date d'entrée et Thérèse s'y refuse.

Le 9 avril 1888, c'est le jour du départ ; devant la porte, Louis bénit sa fille en pleurant.

Le Carmel de Lisieux abrite désormais trois de ses filles : Marie, Pauline et Thérèse.

Le lendemain, il écrit à des amis : « Ma Petite Reine est entrée hier au Carmel. Dieu seul peut exiger un tel sacrifice, mais il m'aide si puissamment qu'au milieu de mes larmes, mon cœur surabonde de joie ».

Caen bonsauveur pavillonsaintcharlesAsile du Bon-Sauveur, ancien pavillon Saint-Charles, où est interné Louis.
Photo de Karldupart.

La vieillesse

Depuis le voyage en Italie, Louis Martin a beaucoup vieilli. Céline écrit ainsi à sa jeune sœur : « Ce pauvre petit Père, il me semble maintenant si vieux, si usé. Ô J'ai le cœur déchiré, je me figure qu'il mourra bientôt ».

Il commence en effet à souffrir d'artériosclérose, de crises d'urémie qui provoquent étourdissements et pertes de mémoire.

Le 23 juin 1888, c'est l'inquiétude et l'incompréhension aux Buissonnets : M. Martin a disparu ! Le lendemain arrive un télégramme du Havre : Louis demande de l'argent sans laisser d'adresse.

On le retrouve enfin au Havre, lucide mais poursuivi par l'idée de se retirer et de vivre en ermite.

C'est un traumatisme pour toute la famille, et particulièrement pour Thérèse qui a choisi l'enfermement au carmel au moment où son père aurait besoin d'elle.

Elle est blessée par les questions et les paroles maladroites de certaines sœurs. Les ragots les plus malveillants parviennent même à franchir la clôture du carmel : si Louis Martin est devenu « fou », n'est-ce pas dû au départ de ses filles en religion, surtout de la plus jeune qu'il aime tant.

Louis alterne dès lors les périodes de lucidité et les rechutes. Sentant sa fin prochaine, il se montre généreux : il offre les 10 000 francs nécessaires à l'achat d'un maître-autel à la cathédrale de Lisieux, pour lequel une souscription avait été lancée. Il offrira la même somme au carmel en 1890, pour la profession de Thérèse.

Le 10 janvier 1889, jour de la prise d'habit de Thérèse, la santé de M. Martin est stable. Il peut descendre la nef au bras de sa fille, qui écrit : « Jamais il n'avait été plus beau, plus digne. Il fit l'admiration de tout le monde ».

Pourtant, un mois plus tard, c'est le drame. Lors d'une crise sévère, Louis s'imagine au milieu d'une bataille et s'empare de son revolver. Appelé en hâte, l'oncle Isidore parvient à désarmer son beau-frère.

Le 12 février 1889, le médecin décide d'interner le malade à l'asile du Bon-Sauveur, à Caen. Il y restera trois ans, étonnant le personnel par sa gentillesse et sa docilité pendant ses longs moments de lucidité.

Il accepte la situation avec courage et résignation : « Je sais pourquoi le bon Dieu m'a donné cette épreuve : je n'avais jamais eu d'humiliation pendant ma vie, il m'en fallait une ».

Thérèse partage douloureusement l'épreuve de son père. Elle avait toujours vu en lui l'image de Dieu, père bienveillant ; elle le reconnaît maintenant dans le Christ humilié, méprisé de tous. Elle médite longuement sur cette souffrance, étape importante sur son chemin spirituel.

En juin, Isidore Guérin, craignant que le malade ne dilapide son patrimoine, obtient de Louis un acte de renonciation à la gestion de ses biens.
Le vieil homme, lucide ce jour-là, sanglote :

« Ah ! Ce sont mes enfants qui m'abandonnent! ». À Noël 1889, le bail des Buissonnets est résilié, tandis que le Carmel hérite de quelques meubles.

Le 24 septembre 1890, âgée de dix-sept ans et demi, Sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus prononce ses vœux et devient définitivement Carmélite.

Ce jour de joie et d'aboutissement pour la jeune fille est également « tout entier voilé de larmes », tant elle pleure l'absence de son père.

Enfin, le 10 Mai 1892, l'épreuve prend fin : Isidore ramène Louis de l'asile de Caen. Le vieillard peut rencontrer ses trois filles Carmélites au parloir pour la première fois depuis quatre ans, ce sera aussi la dernière.

Il est lucide, mais très amaigri et ne parle pas. On l'installe chez les Guérin, où Céline et Léonie, aidés d'une bonne et d'un domestique, s'occupent de lui car il ne marche plus.

Pendant l'été 1893, il est conduit au château de la Musse, une belle propriété campagnarde dont a hérité Isidore Guérin.

Mais la santé du vieil homme se détériore : le 27 mai 1894, il subit une violente attaque qui paralyse son bras gauche.

Le 5 juin, il fait une crise cardiaque. Malgré son état, on le transporte à la Musse début juillet. C'est là qu'il meurt le 29 juillet 1894, en présence de sa fille Céline.

Il est inhumé à Lisieux le 2 Août. Le 14 Septembre, Céline rejoint ses sœurs au Carmel de Lisieux.

Famille martin

La famille Martin 

De 1860 à 1873, Louis et Zélie Martin ont neuf enfants (sept filles et deux garçons) dont quatre meurent en bas âge. Leurs cinq filles deviennent toutes religieuses :

Procès de Béatification

Léonie Martin

Léonie Martin est la seule des cinq sœurs qui ne soit pas devenue Carmélite. Elle est entrée trois fois en Religion avant de finalement rejoindre le monastère des Visitandines de Caen en 1899.
Elle prit le nom de Sœur Françoise-Thérèse et fut une fervente disciple de la voie de Thérèse.
Elle est morte en 1941 à Caen et sa tombe, accessible au public, se situe dans la crypte du Monastère.
Le 25 Mars 2012, Monseigneur Jean-Claude Boulanger, Évêque de Bayeux et Lisieux, a émis un imprimatur concernant une Prière demandant que Léonie soit déclarée Vénérable.
Le 16 Juin 2013, le Sanctuaire de Lisieux informe que le procès de Béatification est en cours.

Vénération et miracle

Si, lors des Fêtes pour la Canonisation de Thérèse le 17 mai 1925, le Cardinal Antoine Vico souhaitait que la Congrégation pontificale des Rites s'intéresse à la vie des parents de la Sainte, il fallut attendre 1941, date de la publication des lettres de Zélie, et 1946, date de la publication d'Histoire d'une famille par le Père Stéphane Piat, pour que l'Évêque de Bayeux et Lisieux exprime publiquement à Monseigneur Roncalli, futur Pape Jean XXIII, son espoir de voir introduire la cause des parents Martin.

Le procès de Louis commence à Lisieux le 22 mars 1957 et est clôturé le 12 février 1960, tandis que celui de Zélie est instruit à Sées. Les deux causes sont réunies en 1971.

Le 26 mars 1994, le pape Jean Paul II signe les décrets d'héroïcité de leurs vertus et les proclame tous deux vénérables.

Le 10 juin 2003, l'Archevêque de Milan, le cardinal Tettamanzi clôture le miracle attribué à l'intercession de Louis et Zélie Martin, pour la guérison subite et inexpliquée d'un enfant né le 25 mai 2002 avec de graves problèmes respiratoires, à Monza. Cette guérison est reconnue comme miraculeuse le 3 juillet 2008 par le Pape Benoît XVI, ouvrant la voie à la Béatification.

Louis et Zélie Martin sont Béatifiés le 19 octobre 2008 à Lisieux. En déclarant Bienheureux Louis et Zélie Martin d'Alençon, l'Église offre à tous les couples de la terre un modèle montrant que le mariage et la vie de famille forment un chemin de sainteté aussi efficace que celui de la vie religieuse.

Contrairement à ce que l'on pourrait parfois penser, les époux Martin n'ont pas été déclarés Bienheureux pour le seul fait d'avoir avoir été les parents de Sainte Thérèse.

Leur vie commune, vécue uniquement à Alençon, est un témoignage de sainteté qui se suffit à lui-même.

Ainsi, en vivant d'une Prière constante qu'ils partageaient en famille et en couple, en étant insérés dans la société alençonnaise et dans la vie professionnelle, ils eurent le souci des plus pauvres; pour Louis, au-travers de la conférence Saint Vincent de Paul ou le cercle Vital Romet,

et pour Zélie, par l'attention qu'elle portait à chacune de ses ouvrières dentellières.

C'est le second couple Béatifié, le premier, en 2001 concernait Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi.

« L'union était remarquable dans cette famille, soit entre les époux, soit entre les parents et les enfants ».

« Le Bon Dieu m'a donné un père et une mère plus dignes du Ciel que de la Terre ».

Commentaires (2)

1. lys-zelie martin ou deborah rebecca nsas-nsas 19/10/2015

Radio Vatican La voix du Pape et de l'Eglise en dialogue avec le monde
Vatican \ Activités Canonisations : comme les nouveaux saints, se faire serviteur des autres

(RV) Avoir le pouvoir en tant que serviteur et suivre Jésus sur le chemin de l’humilité et de la croix, comme ceux qui ont été faits saints ce dimanche, voici le sens de l'homélie du Pape François lors de la messe de canonisations place Saint-Pierre au Vatican devant 80 000 fidèles environ.
Dès le début de la célébration, quatre bienheureux ont été canonisés par le Saint-Père, dont le premier couple de l’histoire de l’Église catholique à être canonisé : Louis et Zélie Martin, parents de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. La date de cette canonisation ce dimanche est symbolique, non seulement parce qu’elle intervient au cœur du synode sur la Famille, mais aussi car ce 18 octobre l’Église fête la Journée missionnaire mondiale, placée sous le patronage de sainte Thérèse, elle-même canonisée il y a 90 ans, en 1925.
Les époux Martin « ont honoré le mariage et la famille chrétienne »
Lors du rite de canonisation au début de la messe, le Cardinal Angelo Amato, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, a évoqué la vie des quatre bienheureux, dont celle des époux Martin : « Le Bienheureux Louis Martin et la Bienheureuse Marie Zélie Guérin, avec leur vie, ont honoré le mariage et la famille chrétienne, comme époux et parents exemplaires. Louis est né à Bordeaux en 1823 et s’est dédié au commerce, comme propriétaire d’un négoce de bijouterie et d’horlogerie. En 1858, il a épousé Marie Zélie Guérin, née à Alençon en 1831, où elle dirigeait une petite usine de dentelles.»

Le Cardinal Angelo Amato a poursuivi : « Leur famille fut vraiment une petite Église dans laquelle régnait une foi joyeuse et profonde, et une charité délicate et attentionnée. Ensemble, les deux bienheureux ont parcouru les voies de la sainteté conjugale. De leur union sont nés neuf enfants, mais seules cinq filles ont survécu : quatre, parmi lesquelles Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, sont entrées au Carmel de Lisieux, et la cinquième est devenue sœur visitandine à Caen. L’exemple quotidien des parents fut décisif dans leur vocation religieuse. Marie Zélie, malade du cancer, est décédée en 1877 à l’âge de 45 ans. Son mari a traversé l’ultime période de sa vie dans la prière et entre de nombreuses infirmités. Il s’est endormi dans le Seigneur en 1894, à l’âge de 71 ans. Louis et Marie Zélie furent béatifiés ensemble le 19 octobre 2008. »
Les nouveaux saints, un témoignage du service joyeux pour les autres
Évoquant à son tour les bienheureux canonisés ce dimanche, le Saint-Père est revenu lors de son homélie sur leur humilité et leur charité : « Ils ont constamment servi leurs frères avec une humilité et une charité extraordinaires ». Le Pape a ensuite dit un mot de chacun de ceux qui ont été faits saints: « Saint Vincent Grossi a été un curé plein de zèle, toujours attentif aux besoins de ses gens, spécialement aux fragilités des jeunes. Pour tous, il rompait avec ardeur le pain de la Parole et il est devenu un bon samaritain pour les plus nécessiteux. »
Parlant de Sainte Marie de l’Immaculée Conception, François a rappelé qu’« elle a vécu elle-même dans une grande humilité le service des derniers, avec une attention particulière aux enfants des pauvres et aux malades. »
Quant aux saints époux Louis Martin et Marie Azélie Guérin, « ils ont vécu le service chrétien dans la famille, construisant jour après jour une atmosphère pleine de foi et d’amour; et dans ce climat ont germé les vocations de leurs filles, parmi lesquelles sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. » Lors de la prière de l'angélus, le Pape salué les pèlerins « provenant de France, spécialement de Bayeux, Lisieux et Sées : nous confions à l'intercession des saints époux Louis Martin et Marie Azélie Guérin les joies, les attentes et les difficultés des familles françaises et du monde entier. » Ces nouveaux Saints sont un «témoignage lumineux qui nous pousse à persévérer sur la route du service joyeux des frères » avait insisté le Pape François dans son homélie.
L'Évangile de saint Marc de ce dimanche revient en effet sur le sens du service. Le texte raconte les désirs de Jacques et Jean, qui veulent à tout prix être assis à la droite et à la gauche de Jésus, « revendiquant des places d’honneur ». Première secousse de Jésus aux convictions de ses disciples explique le Pape citant les textes : « La coupe que je vais boire, vous la boirez… Quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela a été préparé ». Pour le Saint-Père, cette réponse est une invitation à suivre le Christ « sur le chemin de l’amour et du service, repoussant la tentation mondaine de vouloir exceller et commander aux autres. »

Changer de mentalité, passer de la convoitise du pouvoir à la joie de servir

François a ensuite insisté sur le thème du service. Comme Jésus appelle ses disciples à être serviteur plutôt qu’à chercher le pouvoir et le succès, le Pape nous appelle à changer de mentalité. « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maître; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur », a martelé François. « Avec ces paroles, il indique le service comme style de l’autorité dans la communauté chrétienne » dit le Pape. « Celui qui sert les autres et est réellement sans prestige exerce la véritable autorité dans l’Église. » Nous sommes invités à « changer de mentalité et à passer de la convoitise du pouvoir à la joie de disparaître et de servir » a ajouté le Pape, « à extirper l’instinct de domination sur les autres et à exercer la vertu de l’humilité ».

Dans la tradition biblique, le Fils de l’homme est celui qui reçoit de Dieu «domination, gloire et royauté ». Le Christ donne un nouveau sens à cette image, a précisé le Saint-Père : « Jésus a le pouvoir en tant que serviteur, la gloire en tant que capable d’abaissement, l’autorité royale en tant que disponibilité au don total de sa vie. C’est en effet, par sa passion et sa mort qu’il conquiert la dernière place, atteint le maximum de grandeur dans le service, et en fait don à son Église. »

C’est une question d’incompatibilité, a précisé le Pape. « Incompatibilité entre une manière de concevoir le pouvoir selon des critères mondains et l’humble service qui devrait caractériser l’autorité selon l’enseignement et l’exemple de Jésus. Incompatibilité entre ambitions, arrivismes et suite du Christ; incompatibilité entre honneurs, succès, réputation, triomphes terrestres et la logique du Christ crucifié. Il y a au contraire compatibilité entre Jésus “expert en souffrance” et notre souffrance » a expliqué François.
POUR LYS-ZELIE MARTIN OU DEBORAH REBECCA NSAS-NSAS 12 JUILLET 2014 VEILLEE DES RELIQUES DE STE THERESE DE LISIEUX EN LA FETE LITURGIQUE DES SAINTS LOUIS ET ZELIE MARTIN SANCTUAIRE SACRE CŒUR DE MOKOLO ARCHIDIOCESE DE YAOUNDE INTENTION DE MESSE ET DE PRIERE EN OVATION CE 19 OCTOBRE 2015 DEVANT LE SAINT SACREMENT HEURE SAINTE SALVATRICE SAUVE-NOUS ET ACCORDE NOUS LA GRACE D’EPOUSE SE FRANCOIS HOLLANDE AU CAMEROUN 3 JUILLET 2015 APRES LE BENIN ET ANGOLA SANS OUBLIER LE PAPE FRANCOIS AU KENYA OUGANDA ET RCA EN NOVEMBRE 2015 DIMANCHE DES MISSIONS PRIEZ POUR NOUS LE SACRE CŒUR DE JESUS ESPOIR ET SALUT DE LA FRANCE : CAMEROUN TERRE DES MISSIONS CAMEROUN TERRE DE FRANCE OFFRANDE DE LA NEUVAINE DE STE THERESE AVEC SES PARENTS SAINT LOUIS (CŒUR IMMACULE DE MARIE MONUMENT DES 50 ANS DES INDEPENDANCES DU CAMEROUN A BUEA ACTE DE CONSECRATION DE LA FRANCE A LA VIERGE MARIE PAR LOUIS XIII 15 AOUT) ) ET SAINTE ZELIE (NOTRE DAME REINE DE LA PAIX DE NSIMALEN SANCTUAIRE DES APPARITIONS MARIALES DE NOTRE DAME REINE DE LA PAIX DE NSIMALEN 13 MAI 1986)
Neuf jours en compagnie de Louis et Zélie Martin
Louis et Zélie Martin canonisés à Rome le 18 octobre 2015 sont les parents de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face, Docteur de l’Église. Nous pouvons préparer cette canonisation en priant cette neuvaine.

2. ZÉLIE 29/10/2016

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Date de dernière mise à jour : 12/07/2018