Saint Camille de Lellis, Prêtre et Fondateur d'un Ordre d'infirmiers « les Camilliens » (1550-1614). Fête le 14 Juillet.

Jeudi 14 Juillet 2022 : Fête de Saint Camille de Lellis, Prêtre et Fondateur d'un Ordre d'infirmiers « les Camilliens » (1550-1614).

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http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1504/Saint-Camille-de-Lellis.html.

Saint Camille de Lellis

Fondateur des Clercs réguliers pour le service des malades (? 1614)

Cet adolescent italien, orphelin et sans fortune, eut une jeunesse dissipée. Il s'engagea dans l'armée espagnole pour combattre les Turcs.
Un jour de malchance, il perd au jeu tout ce qu'il possède. On le renvoie de l'armée. Il fait alors tous les métiers pour aboutir comme homme de service dans un Couvent de Capucins.
Et c'est là qu'il se convertit.

Comme il ne fait rien à moitié, il y demande son admission. Mais un ulcère incurable à la jambe lui interdit l'état Religieux.
Camille entre à l'hôpital Saint-Jacques de Rome pour se faire soigner. Il est si frappé par la détresse des autres malades qu'il s'y engage comme infirmier.

L'indifférence de ses collègues vis-à-vis des malades le bouleverse. Il entreprend de réformer tout cela.
En prenant soin des malades, ce sont les plaies du Christ qu'il soigne. Sa Charité rayonnante lui attire de jeunes disciples.

Ces volontaires, qui se réunissent pour prier ensemble et rivalisent de tendresse envers les malades, constituent le noyau initial des Clercs Réguliers des Infirmes que l'on appellera familièrement par la suite les "Camilliens".

La mission de ces nouveaux Religieux, Pères et Frères, est "l'exercice des œuvres spirituelles et corporelles de Miséricorde envers les malades, même atteints de la peste, tant dans les hôpitaux et prisons que dans les maisons privées, partout où il faudra."
Pour mieux établir son Institut, Camille devint Prêtre. Partout où se déclare une peste, il accourt ou envoie ses frères. Il finit par mourir d'épuisement à Rome.

Toute sa vie, il fut un homme très charitable. L’importance des réformes qu’il entreprit dans l’assistance hospitalière en fait le précurseur de la bienfaisance publique moderne...
Canonisé le 29 Juin 1746 par Benoît XIV, le titre de Protecteur des hôpitaux et des malades lui fut donné en même temps qu’à St Jean de Dieu, par Léon XIII le 22 Juin 1886.
En 1930, Pie XI le proclame patron du personnel des hôpitaux ainsi que Saint Jean de Dieu. Il est fêté le 15 Juillet dans son Ordre et le 18 dans l'Église. (Diocèse aux Armées françaises)

Mémoire de Saint Camille de Lellis, Prêtre. Né près de Thienne dans les Abruzzes, au royaume de Naples, il s’adonna dès sa jeunesse à la vie militaire, avec un penchant pour les vices du monde, mais il se convertit en aidant à soigner les malades à Rome dans l’hôpital Saint-Jacques des Incurables.
Il s’efforça dès lors de voir en eux Le Christ et, devenu Prêtre, il jeta les Fondations de la Congrégation des Clercs Réguliers ministres des malades. Il mourut à Rome en 1614.

Martyrologe romain

La musique que je préfère, c’est celle que font les pauvres malades lorsque l’un demande qu’on lui refasse son lit, l’autre qu’on lui rafraîchisse la langue ou qu’on lui réchauffe les pieds.
Saint Camille de Lellis à ses Frères.

Beuvry la foret nord fr eglise statue st camille de lellis 11Statue de Camille de Lellis soignant un malade (église de Beuvry-la-Forêt).
Photo de Havang(nl).

https://levangileauquotidien.org/FR/display-saint/315ea71a-bfdb-4c17-8acf-06582e981ec9

Saint Camille de Lellis
Prêtre et Fondateur des :

« Clercs réguliers ministres des infirmes »
(Camilliens)

Camillo da Lellis, naît à Bucchianico près de Chieti dans les Abruzzes, le 25 Mai 1550 ; il fut privé de sa mère dès le berceau.
Malgré les heureux présages donnés par un songe qu'avait eu sa mère avant sa naissance, il eut une enfance peu vertueuse ; sa jeunesse fut même débauchée.
Jusque vers l'âge de vingt-cinq ans, on le voit mener une vie d'aventures ; il se livre au jeu avec frénésie, et un jour en particulier il joue tout, jusqu'à ses vêtements.

Sa misère le fait entrer dans un Couvent de Capucins, où il sert de commissionnaire. Un jour, en revenant d'une course faite à cheval, pour le service du Monastère, il est pénétré d'un vif rayon de la Lumière Divine et se jette à terre, saisi d'un profond repentir, en versant un torrent de larmes :
« Ah ! Malheureux que je suis, s'écria-t-il, pourquoi ai-je connu si tard Mon Dieu ? Comment suis-je resté sourd à tant d'appels ? Pardon, Seigneur, pardon pour ce misérable pécheur ! Je renonce pour jamais au monde ! »

Transformé par la pénitence, Camille fut admis au nombre des novices et mérita, par l'édification qu'il donna, le nom de « frère Humble ».
Dieu permit que le frottement de la robe de bure rouvrît une ancienne plaie qu'il avait eue à la jambe, ce qui l'obligea de quitter le Couvent des Capucins.
Lorsque guéri de son mal, il voulut revenir chez ces Religieux.
Saint Philippe de Néri, consulté par lui, lui dit : « Adieu, Camille, tu retournes chez les Capucins, mais ce ne sera pas pour longtemps. »
En effet, peu après, la plaie se rouvrit, et Camille, obligé de renoncer à la Vie Monastique, s'occupa de soigner les malades et d'édifier des hôpitaux.

Il est frappé par la détresse des autres malades et s'engage comme infirmier. L'indifférence de ses collègues, des mercenaires ou repris de justice, vis-à-vis des malades le bouleverse.
Il ressent le besoin de réunir autour du Crucifix des hommes qui partagent son amour des malades.
Il est guidé, en cette démarche, par son père spirituel, Saint Philippe Néri.

Saint camille de lellis 2En prenant soin des malades, ce sont les plaies du Christ qu'il soigne. Sa charité rayonnante lui attire de jeunes disciples.

C'est en voyant la négligence des employés salariés de ces établissements que sa vocation définitive de fondateur d'un Ordre d'infirmiers se révéla en lui :
« Nous porterons, se dit-il, la Croix sur la poitrine ; sa vue nous soutiendra et nous récompensera. »
Les commencements de cet Institut nouveau furent faibles et biens éprouvés ; mais bientôt le nombre des Religieux s'étendit au-delà de toute espérance.
Camille, après des études opiniâtres, s'était fait ordonner Prêtre, et il était en mesure de soutenir sa tâche.

Ces volontaires, qui se réunissent pour prier ensemble et rivalisent de tendresse envers les malades, constituent le noyau initial des « Clercs Réguliers Ministres des Infirmes » que l'on appellera par la suite les « Camilliens » ou « Serviteurs des Malades ».

C'est en 1586 que le Pape Sixte V (Felice Peretti, 1585-1590) reconnaît la Congrégation et autorise le port de la grande Croix rouge sur leur soutane.
La mission de ces nouveaux Religieux est « l'exercice des œuvres spirituelles et corporelles de Miséricorde envers tous les malades, tant dans les hôpitaux et prisons que dans les maisons privées, partout où il faudra. »

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Partout où se déclare une peste, il accourt ou envoie ses frères. Il finit par mourir d'épuisement à Rome, le 14 Juillet 1614.
Pendant une peste affreuse, le Saint fit des prodiges de Charité ; il allait partout à la recherche de la misère, se dépouillait lui-même et donnait jusqu'aux dernières ressources de son Monastère.
Dieu Bénissait le désintéressement de son serviteur, car des mains généreuses arrivaient toujours à temps pour renouveler les provisions épuisées.
Plein de vertus, épuisé de travaux, Camille mourut à Rome, les bras en Croix, la Prière sur les lèvres.

Camillo da Lellis a été Béatifié le 07 Avril 1742 et Canonisé le 29 Juin 1746 par Benoît XIV (Prospero Lorenzo Lambertini, 1740-1758).

Il est déclaré patron Céleste des hôpitaux et des malades en 1886 par Léon XIII (Gioacchino Pecci, 1878-1903) et proclamé patron Céleste des soignants en 1929 par Pie XI (Ambrogio Damiano Achille Ratti, 1922-1939).
Paul VI (Giovanni Battista Montini, 1963-1978), en 1974, en a fait le protecteur particulier du service de santé de l'armée italienne.
« La musique que je préfère, c’est celle que font les pauvres malades lorsque l’un demande qu’on lui refasse son lit, l’autre qu’on lui rafraîchisse la langue ou qu’on lui réchauffe les pieds. »

Christ en croix oscar dehaesChrist en Croix d’Oscar DEHAES, d'après le "tableau que Saint Camille de Lellis (1550-1614) fit peindre et qu'il contemplait durant sa dernière maladie, afin de fortifier son espérance" (Mélanges Artistiques et Littéraires de 1914).

Pour un approfondissement :
>>> Ordre des Camilliens

Saint camille de lellis 326

http://missel.free.fr/Sanctoral/07/14.php.

Saint Camille de Lellis
Biographie

Saint Camille de Lellis (mort le 14 Juillet 1614) est le Fondateur des Clercs réguliers ministres des infirmes, plus connus sous le nom de Camilliens, qu'il institue à Rome, le 8 Septembre 1584, que le Pape Sixte V approuve le 18 Mars 1586 et que le Pape Grégoire XIV érige en Ordre Religieux le 21 Septembre 1591.

Fortement centralisé sous son préfet général, l'Ordre qui comprend déjà trois cents membres répartis en cinq provinces à la mort de son Fondateur, connaît au XVII° siècle un essor rapide en Italie, en Espagne, au Portugal et aux Amériques.
Les Camilliens portent l'habit clérical ordinaire (soutane noire) surchargée d'une Croix latine rouge cousue.


Fils d’un officier au service de Charles-Quint qui avait pris part au sac de Rome (1527), Camille de Lellis naquit à Bocchianico, au sud de Chieti, dans les Abruzzes (royaume de Naples) le 25 Mai 1550.
Orphelin de mère, à treize ans, et de père, à dix-neuf ans, ce géant, joueur invétéré qui s’était ruiné dans les jeux de hasard, était sans ressource lorsqu’atteint d’une plaie au pied, il alla se faire soigner à l’hôpital romain de Saint-Jacques des Incurables où, ne pouvant payer, il fut employé un mois comme infirmier.

Comme il avait transformé sa chambre en salle de jeux, on le chassa de l’hôpital et, à la fin de 1569, il s’enrôla dans l’armée vénitienne qui allait combattre le sultan Sélim II, puis il servit sous don Juan d’Autriche mais la dysenterie l’empêcha de participer à la bataille de Lépante (1571). Il embarqua sur les galères napolitaines en route vers Tunis.

Libéré du service, il vécut plus ou moins bien du jeu. Ayant rencontré deux Franciscains dans les rues de Zermo, il fit vœu de renoncer aux désordres de sa vie mais il oublia très vite ses bonnes dispositions qui le reprirent, sans plus d’effet, lorsqu’il fut près de périr dans une tempête qui dura trois jours et trois nuits.
Ayant perdu au jeu son épée, son arquebuse, son manteau et sa chemise, il fut réduit à la mendicité jusqu’au début de 1575 où il se fit engager comme manœuvre chez un entrepreneur qui construisait le Couvent des Capucins de Manfredonia.

Un soir que l’entrepreneur l’avait envoyé faire une course au couvent, le père gardien le prit à part et l’entretint de la nécessité de se donner à Dieu ; le lendemain, alors qu’il revenait à cheval, songeant à la conversation de la veille, il tomba de sa monture et, dans une intense lumière intérieure, il vit ses péchés avec le Jugement de Dieu :
« Ah ! Malheureux, misérable que je suis, pourquoi ai-je connu si tard Mon Seigneur et Mon Dieu ? Comment suis-je resté sourd à tant d’appels ? Que de crimes ! Ne vaudrait-il pas mieux que je ne fusse jamais né ? Pardon, Seigneur, pardon pour ce misérable pécheur : laissez-lui le temps de faire une vraie Pénitence. Je ne veux plus rester dans le monde, j’y renonce à jamais. »

Admis par les Capucins de Manfredonia, il se montra si bien converti qu’on l’envoya faire son noviciat à Trivento.
En chemin, un soir, comme il s’apprêtait à traverser une rivière, il entendit une voix lui crier du haut d’une montagne : « Ne va pas plus loin, ne passe pas ! »
Il regarda pour voir qui lui parlait, et, n’apercevant personne, il continua d’avancer ; la même voix l’appela trois fois et parvint enfin à l’arrêter ; il revint sur ses pas et s’endormit sous un arbre : le lendemain, il apprit que la rivière était là si profonde qu’il y eût certainement perdu la vie s’il ne se fût arrêté.

Au Couvent de Trivento, sa vie fut parfaite mais la plaie de sa jambe s’étant rouverte et envenimée, il dut retourner à l’hôpital romain de Saint-Jacques des Incurables où il se mit sous la direction de saint Philippe Néri.
Guéri, il resta, comme infirmier et devint le maître de maison (économe). Bon gestionnaire, il fit passer les revenus annuels de l’hôpital de cent à quatorze cent quatre-vingt-seize écus bien qu’il exigeât la meilleure marchandise et qu’il refusât le blé de mauvaise qualité.

Il envisagea de réformer les soins et, avec le chapelain et quatre infirmiers, de créer une association d’infirmiers (août 1582) mais il échoua devant l’incompréhension des directeurs de l’hôpital ; c’est alors qu’il songea à fonder une Congrégation entièrement consacrée au soin des malades.
Pour mettre en œuvre son projet, il comprit qu’il lui fallait être Prêtre, aussi, tout en continuant son travail d’économe de l’hôpital, alla-t-il suivre les cours du Collège Romain.

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Ordonné Prêtre, il célébra sa première Messe dans la chapelle de l’hôpital Saint-Jacques des Incurables (10 Juin 1584) dont les directeurs le nommèrent chapelain de la Madonnina des Miracles.
Contre l’avis de Saint Philippe Néri, il abandonna sa charge d’économe, quitta l’hôpital et, dans sa chapelle, le 8 Septembre 1584, il reçut ses premiers disciples qui furent employés à l’hôpital du Saint-Esprit :
« Parfois, il y a jusqu’à deux cents lits occupés, et c’est à qui vomira, toussera, criera, tirera le souffle, rendra l’âme, se démènera frénétiquement tant qu’il faut le lier; et c’est à qui gémira et qui se lamentera...
Se pourvoir de pain, de viande, d’épices, de draps et de couvertures, c’est à quoi l’argent réussit sans grande fatigue.
Mais le service est mauvais superlativement, abominable.
Pensez si on tient à venir vider les vases de ces gens-là, à six giuli par mois ; on en donnerait dix que ce serait la même chose. »


Les nouveaux Religieux n’ayant pas de chapelle, ils obtinrent le Couvent de la Madeleine et les logis adjacents (1586).
Approuvé par les Papes, Camille de Lellis fut le premier préfet général de son ordre, charge qu’il abandonna en 1607.
Après que Grégoire XIV eut fulminé la bulle qui érigeait l’Ordre des Ministres des infirmes sous la règle de Saint-Augustin (21 Septembre 1591), le 8 Septembre 1591, Fête de la Nativité de la Sainte Vierge, en l’église du Couvent de la Madeleine, les vingt-cinq premières professions purent être faites où chaque Camillien disait à Dieu :
« Je vous promets de servir les pauvres malades, vos fils et mes frères, tout le temps de ma vie, avec le plus de Charité possible. »

Atteint de graves infirmités, épuisé par de nombreux voyages, Camille de Lellis mourut à Rome, au Couvent de la Madeleine, le 14 Juillet 1614, une heure après le commencement de la nuit.
Quand le Cardinal Ginnasio lui porta le viatique, il dit : « Je reconnais, Seigneur, que je suis le plus grand des pécheurs et que je ne mérite pas de recevoir la faveur que vous daignez me faire; mais sauvez-moi par votre infinie Miséricorde. Je mets toute ma confiance dans les mérites de votre précieux Sang. »
Il laissait 15 maisons et 8 hôpitaux à 242 profès, répartis en 5 provinces.

Benoît XIV Béatifia (2 Février 1742) et Canonisa (29 Juin 1746) Camille de Lellis.
Un décret de la Congrégation des Rites (15 Décembre 1762), signé par Clément XIII le 18 Juillet, étend sa Fête à toute l’Église.
Avec saint Jean de Dieu, Léon XIII le proclame patron des malades et des hôpitaux (22 Juin 1886), Pie XI le proclame patron du personnel des hôpitaux (28 Août 1930).

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http://nouvl.evangelisation.free.fr/camille_de_lellis.htm.

Camille de Lellis
Fondateur de l'Ordre des Camilliens
(1550-1614)

La vie de Camille de Lellis se déroule au cours de la seconde moitié du 16e siècle et au début du 17e.
La toile de fond de son action est la Rome du cinquecento et plus largement l’Italie, morcelée en une multitude de principautés ou de républiques.
Alors que l’Europe réussit à repousser les invasions turques, certains états italiens subissent la domination étrangère des Espagnols et des Français.
La culture et l’art vivent la transition de l’euphorie de la renaissance à la période baroque.


Dans le domaine de la santé, l’Église continue à proposer ses hôpitaux, comme elle l’avait fait au Moyen-âge avec la création des Hôtel-Dieu, et à animer des associations caritatives populaires, comme les compagnies du Divin Amour et de la Miséricorde.

Les princes considèrent eux aussi comme important pour leur prestige de construire de grands hôpitaux pour l’accueil et l’assistance des malades pauvres et ils en confient les projets aux meilleurs architectes de l’époque.
Mais cette splendeur architecturale et cette décoration artistique contrastaient avec les déficiences criantes dans le domaine de l’hygiène et des soins, ainsi qu’avec les grosses insuffisances dans l’assistance: celle-ci était confiée à des gens que n’intéressait que l’argent et qui n’étaient pas préparés, manquant non seulement des plus élémentaires notions médicales mais souvent aussi d’un minimum d’attitude d’humanité.
Ceux qui en souffraient étaient les malades: maltraités par gestes et en paroles, abandonnés dans leur saleté, nourris tant bien que mal, livrés aux caprices et aux plaisanteries de ce personnel mercenaire.

C’est la situation que trouva Camille à l’hôpital Saint-Jacques de Rome, lorsqu’il y arriva en 1575 pour soigner sa jambe ulcéreuse. Une plaie qui décida du cours de sa vie: Dieu s’en servit pour lui montrer sa voie! Face à la situation d’abandon des malades, Camille comprit qu’il ne pouvait y faire front tout seul. Il songea à réunir un groupe d’amis et à les engager dans le même projet: se consacrer totalement au service des malades pour le seul amour de Dieu et avec l’amour que peut avoir une mère pour son fils unique malade.
C’est ainsi qu’en 1582 prit naissance la compagnie des Servants des Malades. Quatre ans plus tard, le Pape Sixte V la reconnut comme Congrégation et accéda à la demande de Camille de porter une Croix rouge sur l’habit.

“Rappelez-vous que les malades sont la pupille et le cœur de Dieu

et que ce qui est fait à ces pauvres est fait à Dieu”.

Saint Camille de Lellis

La compagnie s’agrandit. Camille et les siens prirent du service dans l’hôpital du Saint-Esprit, mais ils se mirent aussi à rechercher les malades et les pauvres dans les quartiers et les taudis de la Ville. Lorsqu’ en 1590 une famine éclata à Rome, les servants des Malades se dépensèrent pour secourir toutes les nécessités. Le Pape Grégoire XIV en fut dans l’admiration et décida d’ériger la Congrégation en Ordre des Serviteurs des Malades.

Dans les hôpitaux de Rome il s’était opéré une véritable réforme sanitaire. Très rapidement arrivèrent de diverses parties de l’Italie des invitations à introduire ces Religieux dans les hôpitaux locaux. En une vingtaine d’années, les Serviteurs des Malades prirent ainsi du service dans les villes principales, de Naples à Milan, de Gênes à Palerme, etc.

Ce n’est pas tout. Lorsqu’une armée partait pour une campagne de guerre, Camille envoyait ses compagnons porter la Croix rouge sur les champs de bataille. Lorsqu’une épidémie éclatait dans une ville, il accourait avec les siens pour soigner les pestiférés. Mais surtout, l’hôpital fut sa maison pendant quarante ans. Ce fut là l’école où il forma des centaines de jeunes au service de la charité, par son exemple et par ses enseignements précieux contenus dans ses règles pour servir les malades en toute perfection. Un code d’assistance sanitaire qui fut mis en application dans divers hôpitaux d’Italie.

Camille mourut à Rome le 14 juillet 1614. Lorsque Benoît XIV le Canonisera en1746, il déclarera solennellement que Camille de Lellis avait été le promoteur d’une "nouvelle école de Charité".

D’autres Papes ont rappelé que Camille a été exemplaire dans le monde de la santé: Léon XIII l’a déclaré patron des hôpitaux et des malades, Pie XI l’a proclamé patron des infirmiers et Paul VI en a fait le protecteur particulier du service de santé militaire italien.

Comment Camille a-t-il réalisé "sa" réforme sanitaire? Son œuvre a été multiple: elle a visé des buts variés, dictés par des situations concrètes et abordés avec une volonté éclairée et tenace. Nous pouvons examiner cette œuvre sous quatre aspects.

1. Réforme de la notion de “malade”

Au temps de Camille, à Rome comme ailleurs, l’hôpital était l’ultime refuge pour les désespérés. Alors que les riches ou les personnes aisées étaient soignées dans leur maisons par des médecins privés, l’hôpital accueillait des pauvres de tous genres, abandonnés, vagabonds, personnes affamées et amaigries, ainsi qu’une marée de malades contagieux refusés par la société.
Et lorsque ceux-ci ne pouvaient pas ou ne voulaient pas se rendre à l’hôpital, ils restaient dans leurs misérables habitations; ou bien, lorsqu’ils n’en avaient pas, ils se réfugiaient dans les "grottes romaines, c’est-à-dire dans les anfractuosités des ruines de l’antiquité classique ou sous les arches de l’aqueduc de la campagne romaine.
La société de la Renaissance les ignorait, les considérait comme les derniers et les tenait en marge. Saint Camille les recherchait; il les assistait et en faisait "les premiers" dans un sens absolu.

"Servir les pauvres malades, enfants de Dieu et mes frères". Pour Saint Camille, le malade est vraiment un "homme", un homme concret, un homme pauvre, pauvre de biens, mais surtout pauvre du bien qu’est la santé.
D’abord il "voit" cet homme, et ensuite il "discute" sur ses droits. Les "droits du malade" ne sont pas, pour lui, des principes théoriques imprimés dans les constitutions ou dans les lois, mais ce sont des "nécessités concrètes" qui exigent une réponse de la part de ceux qui sont auprès du malade.
La vision Chrétienne enrichit mais ne brouille pas la perception humaine intégrale du malade comme homme, de l’individu qui, même dans sa pauvreté et son infirmité, garde toujours une "dignité" unique que l’on ne peut pas supprimer.

C’est au service de cet homme que Camille a consacré sa vie.

2. Réforme de l’assistance auprès des malades

Il se consacre naturellement à "tout" l’homme, pas seulement à sa "maladie". Camille a compris que c’est l’homme tout entier qui entre à l’hôpital: il ne laisse rien dehors, ni de sa personne ni de sa personnalité; il amène quelques loques, mais aussi son âme libre et immortelle.
C’est ainsi qu’il institua son Ordre Religieux "avec deux ailes", comme il disait, Pères et Frères, d’égale dignité, dans des services distincts et complémentaires, qui retrouvaient leur unité du fait de l’unicité de la personne du malade.
Mais ceci, la médecine psychosomatique moderne l’a compris elle aussi, au moins en théorie ! Ce qu’il convient surtout de faire ressortir ici, c’est le caractère de service total que Camille a imposé par rapport à la personne humaine, même dans le seul domaine de l’assistance que nous appelons corporelle ou de soins médicaux: il a fixé immédiatement des règles pour répondre à toutes les nécessités de la personne, en ne réduisant pas cette assistance à des prestations cliniques essentielles mais en les étendant à toutes les exigences que le personnel soignant d’alors — et peut-être aussi celui d’aujourd’hui — aurait pu être porté à négliger.

Lorsque, par exemple, Camille recommande de veiller à la propreté de la bouche et des dents des malades, lorsqu’il indique la manière de bien faire le lit, lorsqu’il écrit aux responsables d’un hôpital pour demander que l’on donne à chaque malade des tricots de laine ou une robe de chambre contre les rigueurs du froid, lorsqu’il recommande sur tous les tons l’hygiène dans l’environnement, il est clair que Camille vise à offrir au malade une "maison", un accueil et une assistance convenable, on pourrait dire familière, qui le soulage des désagréments et lui enlève la sensation d’être devenu un objet hors d’usage.
L’hôpital doit être la maison de l’"hospitalité", avec toute l’épaisseur classique et Chrétienne que comporte ce mot.

Mais qu’en est-il des services qui étaient fournis alors dans les hôpitaux romains ? Saint Camille s’en était rendu compte lorsque, comme il a été dit plus haut, il était entré à Saint Jacques des Incurables pour soigner une plaie à la jambe dont il souffrait depuis des années et qui l’avait empêché de revêtir la bure Franciscaine.
Cette plaie qui ne guérissait pas le cloua à l’hôpital. Il observa autour de lui et décida en premier lieu de se mettre volontairement au service de ses frères. Il y en avait de toutes les catégories, et il choisit les plus négligés: les malades atteints du typhus, de maladies vénériennes ou de la peste.
Son empressement et son dévouement suscitèrent l’estime des administrateurs qui bientôt le nommèrent "maître de maison", c’est-à-dire... directeur sanitaire et administratif ainsi que responsable de l’ensemble du personnel !

S maria maddalena tomba s camillo de lellisTombe de Saint Camille de Lellis dans l’église Santa Maria Maddalena à Rome.
Le transept soutient une coupole et possède de chaque côté deux petites chapelles l'une dédiée à Camille de Lellis (où il fut dans un premier temps enterré avant d'être déplacé sous l'autel), l'autre à Nicolas de Myre.

Date de dernière mise à jour : 14/07/2022

Commentaires

  • SOPHIE

    1 SOPHIE Le 14/07/2015

    Ton saint patron
  • OSTER

    2 OSTER Le 20/08/2015

    Bonjour,
    en 1958, j'étais à l'abbaye de Marbach 68 suite à un problème pulmonaire. J'avais reçu une petite croix rouge en étoffe que malheureusement j'ai égaré.
    Existe-t-il encore la même croix pour les malades. Si oui, pouvez-vous m'en faire parvenir une?
    OSTER Richard 2, rue Pasteur 88110 RAON L'ETAPE
    Respectueusement
  • Mossler

    3 Mossler Le 23/04/2018

    Viens de connaître St Camille de Lellis et savoir qu'il est le protecteur de tous les soignants et des malades ...J'en suis très sensible d'autant plus que j'ai une belle fille qui est infirmière et ai une fille handicapée puis une nièce autiste ! ...
    Cette connaissance c'est faite sur les ondes d'une radio locale !! qui disait que ce Saint était prié pour que les interventions chirurgicales se passent bien...et justement ..je vais avoir un examen en cardio pour voir ce qui se passe dans mon coeur ! ... Il va être probable qu' une prothèse de mon genou droit soit envisagée..
    Existe -t'il une priére spécifique ? .
    Vous remercie de me lire et espère une réponse.
    Veuillez agréer Madame Monsieur mes meilleurs sentiments..
    Mme Mossler Nicole

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