Bienheureuse Anne de Saint-Barthélémy, Carmélite. Fête le 07 Juin.

Jeudi 07 Juin 2018 : Fête de la Bienheureuse Anne de Saint-Barthélémy, Carmélite (1549-1626).

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http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1285/Bienheureuse-Anne-de-Saint-Barthelemy.html

Bienheureuse Anne de Saint-Barthélemy

Carmélite (✝ 1626)

Espagnole originaire du diocèse d'Avila, elle fut la secrétaire de Sainte Thérèse et l'accompagna lors de ses Fondations en Espagne. Puis Prieure de Pontoise et de Tours, elle fonda ensuite le Carmel d'Anvers.
Béatifiée par le Pape Benoît XV en 1917.

Un internaute nous communique: Anne de Saint-Barthélémy, née Anna Garcia (1549-1626), fut une compagne fidèle de sainte Thérèse au Carmel d'Avila avant sa venue en France en 1604 et en Belgique en 1611.

Voir aussi: Elle entretint une correspondance très suivie avec la mère prieure du carmel anglais voisin où se mêlent conseils pour la vie spirituelle et directives pratiques. sur les pages consacrées aux 400 ans du Carmel thérésien en France.
Anne de Saint-Barthélemy, après avoir fondé à Tours, se rendit, elle aussi, aux Pays-Bas...

À Anvers en Belgique, en 1626, la Bienheureuse Anne de Saint-Barthélemy, vierge, moniale de l’Ordre des Carmélites déchaussées.
Disciple et secrétaire de Sainte Thérèse de Jésus, dotée de grâces Mystiques, elle diffusa et rénova sans relâche l’Ordre en France.

Martyrologe romain

Si nous voulons réussir à marcher tout droit vers la perfection que nous cherchons et à laquelle nous sommes appelées, prenons notre Sainte Mère pour avocate.

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http://nouvl.evangelisation.free.fr/anne_de_saint_barthelemy.htm

Anne de Saint-Barthélemy - Qui es-tu ?

La bergère d'Almendral
qui devint Prieure au Carmel
Anne de Saint-Barthélemy
o.c.d.
(1549-1626)

Anne Garcia est née le 1er octobre 1549, à Almendral de la Cañada, près d'Avila en Castille, la sixième de sept enfants, dans un foyer fervent qui pratique la dévotion à la Passion du Christ, médite la vie des Saints et entretient un vif Amour de l'Église.
Lorsque la jeune Anne devient orpheline, elle n'a que dix ans. Ses frères aînés la prennent en charge et font d'elle une bergère.
Bien qu'elle se plaise dans les champs et la nature, Anne a dès l'enfance le désir de se donner à Dieu.
Fait exceptionnel, elle est gratifiée à partir de dix ans d'expériences Mystiques qui se poursuivront toute sa vie.
Par discrétion, elle ne divulgue pas ces faveurs.
Viennent les épreuves : incomprise de ses frères, elle rencontre un Prêtre qui la comprend et l'accompagne au Monastère entrevu lors de ses visions.
Ce Carmel est celui de Saint-Joseph d'Avila, fondé quelques années auparavant par Thérèse de Jésus...

Anne entre au couvent le 2 Novembre 1570 comme Sœur du voile blanc (converse) ; elle prend le nom de Sœur Anne de Saint-Barthélemy, en raison d'une guérison attribuée à l'apôtre peu avant son entrée au noviciat.
Professe le 15 Août 1572, elle devient l'inséparable compagne, infirmière et secrétaire de Sainte Thérèse de Jésus qui mourra dix ans plus tard.

Anne, jusqu'ici analphabète, apprend à écrire en copiant les lettres de la Réformatrice du Carmel.
Sa vie durant, la « fille » demeure très reconnaissante envers la « Mère » qu'elle vénère comme une Sainte.
Elle participe aux quatre dernières Fondations de la Madre qui expire dans ses bras le 4 Octobre 1582, à Alba de Tormes.

À partir de 1582, la seule préoccupation d'Anne est la sauvegarde intégrale de l'esprit thérésien.
Sa vie de Sœur converse se poursuit en Espagne pendant vingt-deux ans : les Monastères d'Avila, de Madrid et d'Ocaña - dont elle prend part à la Fondation en 1595 - se disputent sa présence.
Digne héritière de la Madre, elle a pour charisme le bon sens, la simplicité et la joie spirituelle.
Anne de Saint-Barthélemy en est contagieuse... !

Lorsque les Carmélites espagnoles franchissent les Pyrénées en 1604, Anne compte parmi les six compagnes qui, avec les ecclésiastiques français, inaugureront le premier Monastère de Paris.
En janvier 1605, malgré ses réticences, elle se voit imposer le voile noir des Sœurs choristes et devient Prieure.
C'est ainsi qu'à la « petite bergère » est confié le priorat, d’abord à Pontoise, à Paris - l'actuel Carmel de Clamart - puis à Tours, jusqu'en 1611.

Ne pouvant obtenir la juridiction des Carmes en France, elle rejoint ses compatriotes arrivées en Flandres en 1607.
Maîtresse des novices à Mons, elle prépare pendant une année la Fondation d'Anvers qui se fera en 1612.
Ce Monastère, comme tous les autres en Flandres, est placé sous la juridiction de l'Ordre et relève de la Congrégation d'Italie.
Anne en est la Fondatrice et assumera la charge de Prieure jusqu'à sa mort, survenue le 7 Juin 1626.

De son vivant, on lui avait attribué la préservation d'Anvers contre les attaques hollandaises de 1622 et 1624 ; très tôt, des démarches sont entreprises pour sa Béatification.
Le 29 Juin 1735, Clément XII proclame l'héroïcité de ses vertus et le 6 Mai 1917, Benoît XV la déclare Bienheureuse.
Son titre de « libératrice d'Anvers » sera pleinement confirmé en 1944-1945 lorsque le grand port flamand échappe aux assauts des puissances de l'Axe.

Sa vie spirituelle
Anne parle souvent de Dieu présent comme une personne humaine. Pour elle, Dieu se donne et cherche qui veut bien partager sa vie.
Elle prie Dieu à grands cris pour son Église. Dans ses lettres, on retrouve souvent l'invitation à faire « la volonté de Dieu », à lui « recommander ces affaires », c'est-à-dire les intentions confiées aux Carmélites.
La spiritualité d'Anne de Saint-Barthélemy se reconnaît au christocentrisme typiquement thérésien, à sa dévotion à la Sainte Humanité de Jésus et à l'idéal Carmélitain de vivre avec Le Christ et pour Lui.
Fréquemment gratifiée de visions imaginaires, mais aussi de paroles intérieures, elle accueille ces grâces particulières comme des consolations, comme un pur don du Seigneur pour son progrès spirituel.
Les recevant avec humilité, Anne fait preuve d'un zèle pour la Gloire de Dieu qui s'en trouve confirmé.
Âme à la Foi vive, amoureuse de Celui qui l'entoure de ses prévenances, elle entre de plain-pied dans la mystique nuptiale chère au Carmel thérésien : Le Christ-Époux s'unissant à l'Église-Épouse.
Sa joie est de le posséder dans la communion sacramentelle. Dans les Monastères thérésiens on avait le privilège, rare à cette époque, de pouvoir Communier tous les Dimanches et aux Solennités.

Sa « vocation première » : le service
Anne est entrée au Carmel pour se consacrer totalement à Dieu et au service des autres. Foncièrement altruiste, elle tient plus en estime son prochain qu'elle-même.
Les charges qui lui reviennent le plus souvent sont : cuisinière, infirmière, portière... et parfois les trois en même temps !
 Lorsqu'elle ne peut prier le jour, elle consacre une partie de la nuit à l'Oraison. Servir pour elle est primordial : elle affirme sans relâche que sa « vocation première » au Carmel est le service.
Devenue Prieure, cet idéal la poursuit sans qu'il soit détourné par les honneurs. La charge, qui lui confère l'autorité morale, loin de l'écraser, la rend compatissante pour les personnes qui souffrent, tant à l'intérieur du cloître qu'au-dehors. Son ardeur apostolique, c'est le zèle des âmes, le Salut du monde.
Selon le P. Sérouet, « Anne de St-Barthélemy est une réplique fidèle de la vie et de l'enseignement de sa Sainte Mère Thérèse de Jésus. Son enseignement spirituel n'a rien de théorique ou de didactique. »

Bienheureuse anne de saint barthelemy

Tableau de la Bienheureuse Anne de Saint-Barthélelmy (XVIIe siècle), anonyme.

Complément biographique.
Bienheureuse Anne de Saint-Barthélémy

1549 - 1626 : Bergère des campagnes espagnoles…
Plus précisément, notre Bienheureuse est née au petit village castillan d’Almendral, non loin d’Avila le 1er Octobre 1549.
Son nom : Anna Garcia. Elle est l’avant dernière d’un foyer de 7 enfants.
Sa famille ne connaît ni misère, ni opulence ; elle-même est une fillette comme les autres, ni mieux ni moins douée ; savait-elle lire ?
Peut-être… mais écrire, non ; elle l’apprendra à la trentaine au contact de la Réformatrice du Carmel : Thérèse d'Avila.
Elle connaît une vie libre et solitaire à la garde des troupeaux, au contact de la nature. La terre lui semble alors un beau jardin où elle vit seule avec ses moutons, les arbres, les herbes, les fleurs.

Jésus y est son compagnon et elle en conversation intérieure avec Lui. Son enfance se déroule comme un printemps, rythmé par les jours de fêtes liturgiques où tout le village se retrouve à l’église pour la Messe, les vêpres et le Rosaire.
Mais les horizons de son enfance harmonieuse et insouciante se désagrègent peu à peu. Les parents meurent.

Puis arrive l’heure des choix …Mariage ?.. Vie Religieuse ?… Son frère aîné la veut mariée absolument, et lui cherche un époux.
Anne penche vers la Vie Religieuse et résiste. Les frères lui imposent alors des travaux plus rudes. Discussions, querelles, vexations suivent.
Un soir, son frère aîné, au comble de l’exaspération, lève son épée sur elle ; elle n’a que le temps d’aller se réfugier à la cave où elle passe la nuit.
Au matin, la colère orageuse de son frère s’est dissipée et tous, frères et sœurs, acquiescent à son désir.
On la conduit au Carmel Saint Joseph d’Avila le 2 Novembre 1570. Voyage d’une morne et silencieuse tristesse succédant aux violences familiales.

Carmélite à Saint Joseph d’Avila
La porte du Couvent s’est refermée sur l’humble bergère de 21 ans ; elle est accueillie comme Sœur converse, c’est à dire chargée des travaux manuels (cuisine, jardin etc..) ; elle aime beaucoup mieux en effet servir les Sœurs que de réciter le bréviaire.
La joie habite son cœur, mais pas pour longtemps. L’aridité du désert supplante les jours printaniers de sa jeunesse.
Sa vigueur naturelle est touchée. Cependant, peu à peu, à l’école de la Mère Fondatrice, Thérèse de Jésus, elle apprend à se laisser dépouiller par la main de Dieu, à passer peu à peu d’ « un, je veux faire des choses pour Dieu » à un « je me laisse faire par les évènements, je laisse Dieu me prendre. »
Une harmonie de vie nouvelle est à retrouver.
En 1577, La Mère Fondatrice, lui demande de devenir l’infirmière de la Communauté. Elle excelle dans ce rôle et s’y épanouit humainement et spirituellement.

Sur le chemin des fondations avec Sainte Thérèse
Quelque temps après, la Mère Fondatrice fait une mauvaise chute et se casse le bras ; Son corps vieillit de souffrances, de fatigue et de soucis ; elle quitte néanmoins Avila pour reprendre des Fondations et demande à Anne de Saint Barthélémy de l’accompagner. Elle a 28 ans et la Mère Thérèse en a 62.

Anne reçoit ainsi l’immense bonheur de « converser avec une Sainte ». Une amitié profonde se noue entre elles deux.
Elle devient son infirmière, sa confidente et sa secrétaire, apprenant à écrire en copiant l’écriture de la Madre.

Enfin, quelques instants avant de mourir, la Mère Thérèse fait approcher Anne de Saint Barthélémy, pose sa tête sur son bras, lui exprimant ainsi sa reconnaissance, sa confiance et sa tendresse, et passe ainsi de ce monde en l’autre; ce dernier geste est une grande consolation pour la jeune Sœur, malgré la peine qu’elle éprouve de la séparation.
La mort de la Fondatrice introduit en effet une nouvelle rupture dans sa vie mais l’oblige en même temps à donner toute sa mesure humaine et spirituelle.

1604…En route pour la France
La traduction des œuvres de Sainte Thérèse vient de paraître en France et suscite dans le milieu spirituel parisien, Bérulle, Madame Acarie, Jean de Brétigny et d’autres…, le grand désir de voir s’implanter en France les Carmélites de Sainte Thérèse.
On organise donc un voyage en Espagne dans le but de ramener quelques Carmélites qui seraient les pierres de Fondation du Carmel en France.
Sr Anne de Saint Barthélémy est du nombre des 6 Carmélites choisies. Elle accepte en souvenir de la Mère Thérèse qui avait intensément porté dans sa prière le bien spirituel de ce pays où se développait la Réforme protestante.
Le groupe des Sœurs Fondatrices arrive en France le 15 Octobre 1604.
Ignorante de la langue française Anne se confie en la Providence pour aller de l’avant, disposée au déracinement et accueillante aux épreuves qui ne lui feront pas défaut.

Prieure du Carmel de Pontoise, Paris…
La première épreuve qu’elle doit assumer est celle de quitter sa condition de Sœur converse pour devenir Prieure du 2ème Carmel de France à Pontoise en 1605, puis de Paris.

A son sujet, écrit H. Brémond, « Ce que la France avait alors de plus rare, s’est laissé conduire avec joie par cette humble femme dont les yeux semblaient refléter encore la dernière extase de Sainte Thérèse. »
Très vite on reconnaît ses qualités spirituelles de grande humilité et de charité et son autorité de témoin privilégié de Sainte Thérèse.

Prieure à Tours (1608-1611)
En 1608, les supérieurs lui demandent d’aller fonder un Carmel à Tours. C’est là qu’elle accueille la première novice bretonne, Marie de Kerémar, en Religion Sr Marie de Saint Élie, originaire d’Allineuc, petite bourgade du centre Bretagne, près de Quintin.
Allineuc était à l’époque un centre de production de toiles de lin expédiées en grande partie en Espagne via les ports de Morlaix et de Nantes.
Ce commerce a certainement contribué à faire connaître la Réforme de la Mère Thérèse jusqu’au centre Bretagne.
Sr Marie de Saint Élie sera plus tard Co-Fondatrice des Carmels de Nantes, Morlaix et Guingamp.

Paris à nouveau
A la fin de son Priorat, Mère Anne de Saint Barthélémy regagne Paris, avec le souhait d’aller en Flandres, où se développe également le Carmel Thérésien sous l’impulsion de la Mère Anne de Jésus, sa compagne de Fondation à Paris et des Pères Carmes espagnols.
Elle n’est pas toujours d’accord en effet avec le mode de gouvernement du Carmel français par le Cardinal de Bérulle et pense que ce charisme doit être dévolu aux Pères Carmes selon le désir de Sainte Thérèse elle-même.

Sa présence à Paris n’est que de quelques mois mais ne passe pas inaperçue.
Au cours de l’été 1611, Julienne de Kerémar, sœur de Marie, vient lui demander conseil, au sortir d’un essai de Vie Religieuse chez les Capucines de Paris.
Mère Anne de Saint Barthélémy semble enchantée de cette rencontre et lui propose, à défaut de pouvoir être Religieuse, de fonder un Carmel en Bretagne.
Julienne propose que ce soit à Morlaix, car elle sait que cette ville désire « un Couvent de femmes adonnées à la prière. »

L’idée est lancée ; elle fera son chemin  et aboutira, après de nombreuses difficultés et péripéties certes, à la Fondation du Carmel de Morlaix, en 1624.
C’est pourquoi notre Carmel de Morlaix nourrit beaucoup d’affection et de reconnaissance à l’égard de la compagne privilégiée de Sainte Thérèse.

Puis les Flandres
En Octobre 1611, Mère Anne de Saint Barthélémy quitte la France pour Bruxelles d’où elle est envoyée fonder le Carmel d’Anvers l’année suivante ; manifestement elle est plus à l’aise sous la conduite des Pères Carmes dont certains sont espagnols. Mais elle garde les Carmélites françaises dans son cœur.

La ville d’Anvers l’accueille comme une sainte ; elle attribuera à ses prières et à celles des Carmélites d’avoir été sauvée de la destruction à 2 reprises par l’ennemi hollandais ; aussi appela-t-on la Mère Anne « le bouclier d’Anvers ».
Des personnes de toutes conditions viennent à elle. Une fois de plus, ses qualités humaines et spirituelles trouvent à s’exprimer avec bonheur.
Après avoir été l’âme du Carmel français en ses origines, elle communique aux flamandes le pur esprit Thérésien.
Elle meurt au Carmel d’Anvers le 7 Juin 1626 et fut Béatifiée en 1917.

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Date de dernière mise à jour : 07/06/2018