Bienheureuse Marie-Thérèse Soubiran, Fondatrice de la Congrégation de Marie-Auxiliatrice (✝ 1889). Fête le 07 Juin.

Jeudi 07 Juin 2018 : Fête de la Bienheureuse Marie-Thérèse Soubiran, Fondatrice de la Congrégation de Marie-Auxiliatrice (✝ 1889).

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Bse Marie-Thérèse de Soubiran la Louvière
Vierge et Fondatrice :
« Congrégation de Marie Auxiliatrice » 

Marie-Thérèse de Soubiran La Louvière naît le 16 Mai 1834 à Castelnaudary. Elle est issue d'une ancienne famille du Midi de la France.
Élevée par des parents profondément Chrétiens, elle désire très jeune répondre à l'appel de Dieu et lui consacrer sa vie.

À 20 ans, elle essaie une Vie Religieuse dans un béguinage de Gand en Belgique, mais cette expérience ne dure qu'un an et elle revient en France, où elle voudrait l'adapter.
En 1854, avec quelques compagnes, elle ébauche une première forme de Vie Religieuse.

Pendant plusieurs années, les Sœurs partagent une vie de pauvreté dans la prière et le travail. Elles construisent une maison pour accueillir les fillettes pauvres, mais, à peine achevée, la maison est détruite par un incendie.

Afin de mieux discerner le dessein de Dieu, Marie-Thérèse part à Toulouse en 1864 pour faire une retraite de trente jours.
Dans la prière, elle comprend que Dieu lui demande de continuer la Fondation ébauchée, mais en lui donnant une autre base, et qu'elle doit y demeurer pour en assurer la croissance.
Elle consacre alors la jeune Congrégation à Marie, dont désormais toutes les Sœurs porteront le nom.

La « Congrégation de Marie Auxiliatrice » est née. Les Sœurs adopteront la spiritualité ignatienne et trouveront Dieu aussi bien dans la prière que dans l'action apostolique.
La maison mère de Toulouse essaime bientôt dans toute la France et même, après la guerre de 1870, en Angleterre.

Soutenir les jeunes filles de l'âge de quatorze ans à vingt cinq ans environ. Très spécialement cette partie de la jeunesse qui, sans famille, réside dans les grandes villes, fréquente l'atelier et les fabriques.
Ce but étant un besoin de nos sociétés modernes qui centralisent tout et remplacent les familles Chrétiennes par des masses d'individus.
Pour mieux se mettre entre les mains de Dieu, « pour ne faire fond que sur Lui », Marie-Thérèse renonce à tous ses biens personnels par un vœu de pauvreté radical : Dieu lui donne une tâche à accomplir, elle compte uniquement sur Lui pour la réaliser. « Celui qui met sa confiance en Dieu est fort de la force même de Dieu ».

Mais une sœur la supplante à la tête de la Congrégation et la chasse. En 1874, elle échoue à Paris où elle est recueillie par les Sœurs de Notre-Dame de Charité. Elle mène alors une vie très effacée jusqu'à sa mort le 7 Juin 1889.

Un an plus tard, une nouvelle supérieure est élue à la tête de la Congrégation de Marie-Auxiliatrice et Mère Marie-Thérèse est réhabilitée.
Marie-Thérèse de Soubiran est proclamée Bienheureuse le 20 Octobre 1946 par le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958).

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http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1288/Bienheureuse-Marie-Therese-Soubiran.html.

Bienheureuse Marie-Thérèse Soubiran

Fondatrice de la Congrégation de Marie-Auxiliatrice (✝ 1889)

Née à Castelnaudary, elle désirait se faire Carmélite. A vingt ans, obéissante envers son père spirituel, qui avait en tête de fonder un béguinage à Castelnaudary, elle va s'initier à ce genre de vie en Belgique.
A son retour, elle fonde la Congrégation de Sainte Marie du Béguinage qui, en 1863, deviendra celle de Marie-Auxiliatrice, vouée à l'éducation des enfants pauvres et au soin des malades.

En 1869, entre dans la Congrégation une prétendue veuve, madame Riché, qui fait profession sous le nom de Sœur Marie-François de Borgia.
Intrigante, elle devient assistante générale, fait déconsidérer l'humble Marie-Thérèse, prend sa place et la chasse de la Congrégation.
Après quelque temps de désarroi, Sœur Marie-Thérèse entre dans la maison parisienne de Notre-Dame de la Charité (1874), y fait profession Religieuse et y vit quinze ans, très effacée, même méprisée.
Elle meurt de phtisie ne laissant apparemment personne inconsolable.

Quant à la soi-disant veuve Riché, elle gouverne la Congrégation pendant quinze années alors que son mari, toujours en vie, courait partout pour la retrouver.
L'imposture ne prit fin qu'en 1890. La mère Marie-François disparut sans laisser trace et mourut dans une grande solitude.

Les Sœurs de Marie-Auxiliatrice passent par hasard au cimetière de Villepinte au moment où le cercueil de Julie Richer était déposé dans une tombe voisine de celle de la Mère de Soubiran et l'on commença à vénérer Sœur Marie-Thérèse.
En 1946, la fondatrice est proclamée bienheureuse par le pape Pie XII. (Les Sœurs de Marie-Auxiliatrice à Evry)
Voir aussi la Bienheureuse Marie Thérèse de Soubiran - diocèse de Paris.
À Paris, en 1889, la Bienheureuse Marie-Thérèse de Soubiran La Louvière, vierge. Pour la plus grande gloire de Dieu, elle fonda la Société de Marie Auxiliatrice, mais chassée de son Institut, elle passa le reste de sa vie dans la plus grande humilité.

Martyrologe romain

J'ai su que Jésus-Christ m'a aimée, je l'ai su dans l'histoire de ma vie.

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http://www.marieauxiliatrice.catholique.fr/-Notre-histoire-.

Congrégation des sœurs de Marie-Auxiliatrice.

Notre histoire

Au milieu du XIX ème siècle, notre Congrégation naît en France sous l’impulsion de Marie Thérèse de Soubiran.
Native de Castelnaudary, c’est dans cette petite bourgade du Lauragais qu’elle fonde d’abord un Béguinage ; elle le transformera dix ans plus tard en Congrégation Religieuse, sous le vocable de Marie Auxiliatrice.
En 1874, notre Fondatrice est expulsée de sa Congrégation par une Religieuse intrigante.

Marie Thérèse va alors passer les quinze dernières années de sa vie , Religieuse au Monastère Notre de Charité, à Paris où elle meurt le 7 juin 1889.
Depuis l’exil de sa Fondatrice jusqu’à la démission en 1890 de l’intrigante devenue Supérieure Générale, la Congrégation connaît une période de grande instabilité.
Une période de renouveau suivra, avec le Supériorat de Mère Marie Elisabeth de Luppé assistée de Mère Marie Angèle Reynes.

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http://www.marieauxiliatrice.catholique.fr/Marie-Therese-de-Soubiran.

Marie Thérèse de Soubiran

Une enfance protégée.

Le 16 mai 1834, Sophie Thérèse de Soubiran naît à Castelnaudary, petite ville du Lauragais à 40 km environ au sud de Toulouse.
Sa famille très chrétienne est issue de la vieille noblesse méridionale, ruinée à la Révolution lorsqu’elle revint de son exil en Espagne.

Six ans plus tard, une petite sœur Marie, vient la rejoindre. Le père, ancien militaire, est austère et attaché aux valeurs traditionnelles ; ses enfants reçoivent une éducation à la maison auprès de leur, mère, de la tante Sophie restée célibataire et de l’oncle paternel, le chanoine Louis de Soubiran. Tous habitent le vieil hôtel familial.
Le chanoine de Soubiran dirige la Congrégation Mariale de Castelnaudary qui regroupe un certain nombre d’enfants et de jeunes filles de cette ville et des environs, de tous milieux sociaux.
Sophie Thérèse y est admise très jeune ; c’est là qu’elle entend l’appel à la mission. Elle note dans ses écrits spirituels :
 « De quatorze à dix huit ans, le bon Dieu subjugua entièrement mon cœur... L’oraison sur la vie et les mystères de notre Seigneur m’était facile et douce ; j’y recevais de vives lumières sur la vie intérieure, le prix de la souffrance connue de Dieu seul…l’abandon à la sainte volonté.
Dès ce moment le bon Dieu s’est attaché mon cœur…Oui les charmes de son Amour ont ravi mon cœur….
Je reçus de vives lumières sur la beauté du travail apostolique.
Je compris l’abnégation qu’exigeait ce travail tout divin et combien il est nécessaire de s’y dépenser sans cesse, sans rien retenir pour soi-même, avec un soin tout particulier de tout rapporter à Dieu….

La grâce d’une grande dévotion au Sacré Cœur de Jésus me fut donnée, une douce confiance en la très sainte Vierge… Mon âme désirait très vivement le Carmel, parce que l’on y est à Dieu sans partage… »

Le Béguinage

Depuis plusieurs années, le chanoine de Soubiran mûrit le projet d’établir à Castelnaudary, un Béguinage, institution religieuse médiévale pour jeunes filles pieuses, restées célibataires mais sans vocation religieuse proprement dite. Pour le réaliser, il compte sur sa nièce qui va avoir vingt ans…
Cette proposition est loin de répondre aux attraits de Sophie Thérèse qui lutte pendant un an et fait une retraite pour se déterminer.
« Pour exécuter la volonté divine qui venait de m’être clairement manifestée, mon esprit dut marcher de tout point sur tout ce qu’estime le monde… »
Le 8 août 1854, Sophie Thérèse part au Béguinage de Gand , en Belgique pour s’initier à cette nouvelle vie.
De retour, dans sa ville natale le 29 septembre de la même année, elle va directement s’installer à l’Enclos du Bon Secours, préparé à cet effet par son oncle : le Béguinage est fondé.
Des jeunes filles se joignent à elle et le 14 novembre 1855, Sophie Thérèse y fait profession et devient la Supérieure de cette petite Communauté, sous le nom de Mère Thérèse.
Très vite elle modifie la Règle du Béguinage, pour y mettre une vie plus conventuelle.

Dans la nuit du 5 au 6 novembre 1861, un incendie, ravage tout les bâtiments que l’on vient de construire pour agrandir le couvent.
Mère Thérèse emporte le Saint Sacrement dans ses bras pour le mettre à l’abri et passe le reste de la nuit en Adoration ; la Sainte Vierge invoquée donna miraculeusement le temps de sauver les religieuses et les 26 enfants de l’œuvre de la Préservation qui étaient accueillies au Bon Secours.
L’année suivante, Mère Thérèse fait le vœu que toutes les Sœurs porteront le nom de Marie ; à la date anniversaire de l’incendie, les religieuses renouvellent une nuit d’Adoration devant le Saint Sacrement.
Dès lors, l’aspiration à une vie religieuse plus solidement établie se précise parmi les Sœurs du Béguinage, où l’Adoration Eucharistique tiendrait une place centrale.

Nuit de feu

Nuit du 5/6 novembre 1861 au Béguinage de Castelnaudary. Lieu source pour la Congrégation.

«  Le 6 novembre 1861, un incendie épouvantable dévora le couvent et faillit envelopper dans ses flammes 26 religieuses et bon nombre d’enfants.
La très sainte Vierge invoquée donna miraculeusement le temps de sauver les personnes ; pour l’édifice, il fut détruit ; et chose remarquable, la veille au soir, après une instruction, il avait été dit : être de mauvaises religieuses, donner naissance à une communauté qui serait sans régularité et sans ferveur, il vaudrait mieux mourir mille fois, oui, il vaudrait mieux que le bon Dieu nous détruise toutes d’un seul coup, même en nous brûlant.
 »

Marie-Thérèse de Soubiran (manuscrit Amour et Miséricorde)
Pendant l’incendie, et dès que les secours furent organisés, Marie Thérèse de Soubiran, qui avait emporté le Saint Sacrement pour le mettre à l’abri, passa le reste de la nuit en Adoration, rejointe par quelques Religieuses.
« L’événement est Fondateur en ce qu’il est à l’origine de l’Adoration Eucharistique ; et plus précisément de l’Adoration de nuit. Il l’est aussi pour la conception de la pauvreté religieuse à vivre à Marie Auxiliatrice.

Nuit de feu riche en symboles bibliques :
- Nuit : temps de repos, temps où peut germer la semence qui pousse toute seule. Nuit qui enveloppe la terre de son mystère quand la Parole se fait chair. Nuit pascale...
- Feu : qui brûle et détruit, purifie et se propage, qui consomme le Sacrifice adressé à Dieu.
Marie Thérèse n’a pas choisi de brûler sa maison ; celle-ci a été livrée aux flammes sans son accord !
Mystère de la destruction d’un bâtiment et d’une œuvre pour la construction d’une autre "maison "selon le cœur de Dieu, c’est le même mystère qui a pénétré les profondeurs du « oui » de Marie Thérèse de Soubiran.
Ce feu n’est pas venu par hasard. A la lumière de la Foi, elle a compris tout ce qu’il signifiait pour elle et pour nous » (extrait d’une conférence de Sr Geneviève M. Perret)

Marie Auxiliatrice

Afin de mieux discerner le dessein de Dieu sur le Béguinage, Mère Marie Thérèse demande conseils et fait une retraite spirituelle de 30 jours selon les Exercices spirituels de St Ignace, à Toulouse en 1864.
Dans la Prière elle comprend que Dieu lui demande de continuer la fondation ébauchée, mais en lui donnant une autre base.

Les Sœurs adopteront la spiritualité Ignatienne et trouveront Dieu aussi bien dans la Prière que dans l’action apostolique.
Pour mieux se mettre entre les mains de Dieu, « pour ne faire fond que sur Lui seul », Marie Thérèse renonce à tous ses biens personnels par un vœu de pauvreté radicale ; c’était le 7 juin 1864.
Dieu lui donne une tâche à accomplir, elle compte uniquement sur Lui pour la réaliser.
Mère Marie Thérèse se met à l’œuvre : elle constate l’exode rural des jeunes vers la ville où l’industrialisation commence à se développer.
Le projet apostolique de la Congrégation de Marie Auxiliatrice sera donc de :

« Soutenir les jeunes filles de l’âge de quatorze à vingt cinq ans environ. Très spécialement cette partie de la jeunesse qui, sans famille, réside dans les grandes villes, fréquente l’atelier et les fabriques.
Ce but étant un besoin de nos sociétés modernes qui centralisent tout et remplacent les familles chrétiennes par des masses d’individus… »

Marie Thérèse fonde une communauté à Toulouse et ouvre une « Maison de famille », ancêtre du Foyer de jeunes travailleuses.

Dès 1869, s’amorce une période d’extension : elle ouvre une maison de famille à Amiens, sur la demande pressante de l’Évêque, puis à Lyon.
A la guerre de 1870, presque toutes les sœurs partent en Angleterre avec le Noviciat qui regagne la France fin 1871 à Bourges, une communauté reste en Angleterre ; une autre maison de famille s’ouvre à Paris, puis à Angers.
Le développement de la Congrégation a été très rapide, sous l’impulsion de Mère Marie François qui a été élue Assistante Générale en 1871.
Fin 1873, cette dernière profite de petites difficultés pour annoncer une faillite avec des comptes qu’elle a falsifiés et elle accuse la Supérieure Générale, Mère Marie-Thérèse de ne pas savoir gouverner….

Un orage à Marie Auxiliatrice

Exil et départ de la Fondatrice

Sous l’action intrigante de son Assistante générale, début 1874 Marie Thérèse doit s’éloigner de la Congrégation qu’elle avait fondée :

« Le 9 février, tout se brisait pour moi,
la tempête me sépara violemment
de tout ce qui m’était le plus cher ici-bas…
Je fus rejetée sans asile, chargée de la responsabilité
de tout ce qui s’effondrait,
accusée par tous, de tous les malheurs
prêts à fondre sur Marie Auxiliatrice. »

Marie Thérèse quitte sa communauté de Bourges ; elle va prendre conseil auprès du Père Ginhac S.J qui réside à Castres ; elle démissionne de sa charge de Supérieure Générale.
« Mon Dieu seul me restait, seul il me consolait dans ce flot d’amertume dans lequel mon être tout entier semblait être submergé… »
Elle vit son exil à l’hôpital de Clermont Ferrand, où elle est tolérée comme « hôte » ; Marie Thérèse est dans le dénuement et presque l’indigence, elle fait un peu de broderie pour subvenir à ses besoins…
Elle prie et s’en remet à la direction du Père Perrard, Jésuite, qui l’accompagne dans cette épreuve, et cherche pour elle un couvent qui accepterait de la recevoir…Sa mauvaise santé et son passé de Fondatrice, lui ferment bien des portes…

Marie Thérèse de Soubiran au Monastère de Notre Dame de Charité

Après 9 mois d’exil, Marie Thérèse de Soubiran est accueillie le 20 septembre 1874, au Monastère Notre Dame de Charité, rue St Jacques à Paris. Admise d’abord comme dame pensionnaire, elle entre au Postulat le 24 décembre.

Le 20 avril de l’année suivante, elle prend l’habit et reçoit son nouveau nom : Sœur Marie du Sacré Cœur ; elle est admise définitivement dans ce Monastère le 29 juin 1877.
Avec beaucoup d’humilité, de fidélité et d’amour, elle s’initie à tous les usages et coutumes de sa nouvelle famille Religieuse ; tantôt seconde portière, ou troisième maîtresse, dans les classes, son apostolat auprès des jeunes filles que recueille cet institut est réduit. Sa santé se détériore très vite.
Pendant quinze ans, Sœur Marie du Sacré Cœur, vit un enfouissement avec Le Christ et une Résurrection en Lui.
Elle relit sa vie, ses épreuves à la lumière d’une Foi toujours plus vive et d’une confiance sans limite en l’Amour de Dieu qui l’a dépouillée de tout et qui est devenu sa force, sa joie, sa Prière, sa plénitude.
« Notre Seigneur m’a traitée comme une tendre mère qui, prenant son enfant dans ses bras, lui enlève tout pour qu’enfin le petit ne regarde qu’elle, ne pense qu’à elle. »
Le 7 juin 1889, Sœur Marie du Sacré Cœur, s’endort dans la Paix de Dieu. Le 20 octobre 1946, le Pape Pie XII, la proclame Bienheureuse.

Marie Auxiliatrice sous le Généralat de Mère Marie François

Un temps d’instabilité

L’Assistante Générale intrigante est devenue Supérieure Générale après le départ de la Fondatrice.
Elle s’emploie à faire disparaître ce qu’elle peut du passé : changement de nom de la Congrégation, de spiritualité, de manière de vivre.

Elle déstabilise un certain nombre de religieuses qui partent ; d’autres sont renvoyées ou sans cesse changées de maisons et d’emplois. Le noviciat, tous les six mois, lui aussi est transféré, d’une maison à une autre….
En ces temps très perturbés, des œuvres apostoliques se forment et se développent de manière incohérente.
Toutefois une œuvre va naître qui connaîtra un essor durable.
Dès 1875, les religieuses remarquent que parmi les jeunes filles des foyers, certaines sont atteintes de tuberculose…
Dès lors une caisse de Secours Mutuel se met en place , puis une ébauche de sanatorium est organisée à Livry en 1877 ; les locaux deviennent rapidement trop petits.

Le 19 mars 1881, le sanatorium de Villepinte ouvre ses portes : c’est le premier établissement de ce qui deviendra l’Association de Villepinte qui prendra une part très active dans la lutte contre la tuberculose.

Marie Auxiliatrice, le renouveau

En février 1890, Mère Marie François donne sa démission du Généralat et quitte subitement la Congrégation.
Une nouvelle ère commence, un nouvel élan va être donné grâce à Mère Marie Elisabeth de Luppé qui est élue Supérieure Générale et qui a pour assistante Mère Marie Angèle Reynes.

Toutes deux sont les fidèles compagnes de Marie-Thérèse de Soubiran et ont gardé bien vivant l’esprit de la Fondatrice….
Elles vont ouvrir de nouveaux Foyers, développer les écoles et les établissements de soins de l’Association de Villepinte.

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Notre spiritualité

La spiritualité de la Congrégation a été marquée par les expériences vécues dès l’origine :
Le premier couvent construit a été détruit entièrement par un incendie ( voir Notre Histoire ) et la première Communauté a été réduite à une pauvreté absolue…
Marie-Thérèse, après avoir veillé à ce que les Sœurs et les enfants accueillies au Bon Secours étaient toutes hors de danger, est allée s’agenouiller au pied du petit Tabernacle qu’elle avait mis à l’abri. Les Sœurs sont venues la rejoindre… première Adoration nocturne qui restera un aspect essentiel.

Et lorsque vint le moment d’écrire les Constitutions, Marie-Thérèse prenait son inspiration au pied du Saint Sacrement et à l’écoute des Sœurs si désireuses d’une vie Religieuse authentique.
L’autre expérience fondatrice a été celle des Exercices Spirituels de Saint Ignace que Marie-Thérèse de Soubiran a faits bien des fois, mais particulièrement aux moments où elle a du faire un choix pour son avenir et celui de sa famille religieuse.
En s’engageant dans la démarche des Exercices de trente jours, elle a laissé émerger sa vocation profonde.
Son « élection » (choix réalisé à la lumière de Dieu) lui a fait décider de s’orienter résolument vers un type de vie religieuse apostolique.
Reconnaissant tout ce qu’elle devait à cette expérience existentielle, Marie-Thérèse a opté pour vivre de cette spiritualité.

Les deux courants profonds qui ont traversé la vie de Marie-Thérèse (l’Eucharistie et la spiritualité ignatienne) sont ainsi les bases de la vie spirituelle des Sœurs de Marie-Auxiliatrice.

MARIE-THERESE DE SOUBIRAN (1ère partie)

Humble et humiliée à la suite de Jésus-Christ humilié.

Marie-Thérèse de Soubiran, jusque dans les situations extrêmes qui ont jalonné sa vie, a vécu l’humilité sous toutes ses formes.

Très jeune, Sophie Thérèse apprit, dans le mouvement marial que dirigeait son oncle le chanoine Louis de Soubiran, à rompre sa volonté propre pour s’abandonner à la volonté de Dieu. Dès l’âge de 16 ans, elle découvrit la beauté et la valeur du travail apostolique et elle note :
"Je compris l’abnégation qu’exigeait ce travail tout divin et combien il est nécessaire de s’y dépenser sans cesse, sans rien retenir pour soi-même, avec un soin tout particulier de tout rapporter à Dieu." (Amour et Miséricorde 1850)
Nous avons bien là une attitude concrète d’humilité à l’opposé de l’orgueilleux qui se glorifie de ses œuvres.

Elle a 20 ans lorsque son oncle chanoine lui demande de réintroduire le Béguinage en France, alors qu’elle se sent attirée par le Carmel. Sophie Thérèse lutte, mais se détermine pour répondre à la volonté de Dieu qu’elle reconnaît correspondre à celle de son oncle, et que là, elle procurerait plus de Gloire à Dieu :
"Pour exécuter la volonté de Dieu qui venait de m’être clairement manifestée, mon esprit dut marcher de tout point sur tout ce qu’estime le monde et sur son opinion...Quant aux appuis humains, il n’y en avait point. Toute ma richesse était la volonté de Dieu." (Amour et Miséricorde 1854)
Comment aurait-elle pu reconnaître cette volonté divine qui était aux antipodes de son désir du Carmel si elle n’était pas humble ?
L’humilité rend capable d’entendre une autre volonté que la sienne ; elle donne cette liberté de se livrer à Dieu et donne la lucidité de regarder en face diverses humiliations tout en les surmontant pour le bien d’autrui et pour procurer la Gloire de Dieu.

Dix ans après la Fondation du Béguinage, Sophie Thérèse devenue Mère Thérèse, toujours par humilité, s’interrogeait sur le Béguinage, prête à le dissoudre si c’était la volonté de Dieu :
" Ma volonté bien déterminée était donc de dissoudre ou de fondre ce qui existait pour peu que le bon Dieu en manifestât la volonté. Jamais je n’avais voulu être, cru devoir être autre chose qu’instrument et non moteur."
Elle consulte les Pères Jésuites et fait les Exercices spirituels de St Ignace au cours desquels elle voit la confirmation de son œuvre avec "pour elle obligation d’y rester, de travailler à sa formation et son extension ".
Dans le précieux carnet de 1866, nous découvrons la pensée première de notre Fondatrice dans lequel elle fait sans cesse référence à l’humilité :
" Le genre de vie de la Congrégation, en toutes choses doit avoir ces trois caractères de simplicité, d’humilité et de pauvreté." (Carnet de 1866 n°20)
Sœur Marie Clarisse

MARIE-THERESE DE SOUBIRAN ( 2ème partie)

Humble et humiliée à la suite du Christ humilié

L’humilité vécue jusqu’au bout

Rejetée par sa Congrégation à cause de l’intrigue de son Assistante , Marie-Thérèse écrit :
"Je fus rejetée sans asile, chargée de la responsabilité de tout ce qui s’effondrait, accusée par tous de tous les malheurs prêts à fondre sur Marie-Auxiliatrice ; vis à vis de tous, obligée à garder le silence et de laisser ainsi tout peser sur moi seule afin que le scandale ne fût pas plus grand...
Mère Marie-François m’accusa aux yeux de tous d’orgueil et d’ambition, d’une affreuse irrégularité qui ne pouvait, disait-elle, qu’attirer sur la Société la malédiction.
En des choses si graves, il est aisé, ce me semble de se donner tort, de penser et de croire que d’autres feront mieux que vous et de proposer le complet sacrifice de son honneur et de tout soi-même pour sauver des intérêts si sacrés. Il me vint donc la pensée qu’il serait bon d’offrir, de donner ma démission."


(Motifs de ma sortie de Marie-Auxiliatrice)
Marie-Thérèse va alors connaître six mois d’exil à l’hôpital de Clermont à titre d’hôte dans une grande pauvreté et dénuement.
Puis après bien des déceptions et humiliations, elle est admise dans la Congrégation des Sœurs de Notre Dame de Charité du Refuge, le 24 décembre 1874, elle, Fondatrice de Marie-Auxiliatrice redevient postulante dans cette nouvelle Congrégation où elle passera par toutes les étapes de formation ; elle se plie à tous les exercices en toute humilité et personne ne pourra deviner son passé !
Alors commence pour elle quinze années d’enfouissement avec Le Christ ; dépouillée de tout et d’elle-même, elle peut s’ancrer dans un abandon confiant en l’Amour de Dieu. Humble avec Jésus-Christ humble, elle s’identifie à Celui qui est sa vie :
" Maintenant dans l’oubli, l’inaction, la nullité la plus complète ma vie sera employée à m’anéantir moi-même, à me laisser anéantir de bon cœur par toutes choses. Quel heureux échange, quelle tendresse de la part de notre Seigneur ! Aurais-je jamais pu croire que le bon Dieu me fit une si belle part ? Telle a été la sienne." (19 novembre 1879)

Dans la nouvelle Congrégation qui l’a accueillie, Marie-Thérèse, devenue Sœur Marie du Sacré Cœur, a noté sa Prière d’abandon et de confiance, en 1881 qui reflète toute sa profondeur de vie spirituelle ; en voici un extrait :
"Seigneur Mon Dieu, c’est vous qui avez tout fait, tout conduit, c’est votre bonté et votre toute-puissance qui ont pourvu à tout.
Oui, Seigneur, je le crois, vous ferez tout pour mon Salut et mon bien, Vous conduirez tout, Vous pourvoirez à tout et moi, j’aurai confiance, je m’abandonnerai à votre conduite, sans crainte, réflexions ni calculs.

Dans une Foi vive et confiante, pour ce qui reste à faire, Seigneur, je vous en remercie comme si cela était déjà fait

Img016 c6b39 1Dès l’origine, Marie-Thérèse voulait que l’humilité soit un des traits particuliers pour la Congrégation et que les Sœurs soient formées à la pratique de cette vertu "fondement de toutes les autres pour une vie religieuse."
A cette école, bien des générations de religieuses ont emprunté ce chemin d’humilité qui les a maintenues fortes et solides dans leur Foi.

Dans ce monde d’aujourd’hui où de se déploient orgueil, domination, course au pouvoir, jalousie, individualisme et égocentrisme, ce trait caractéristique de notre Congrégation, devrait être de plus en plus actuel.
On peut éventuellement penser que Marie-Thérèse emploierait d’autres mots que : humilité, petitesse, abnégation qui recouvriraient les mêmes réalités, afin de nous rappeler avec fermeté, l’opportunité impérieuse d’ouvrir nos cœurs à l’humilité qui nous met sur la route de Jésus humble et humilié, venu pour nous sauver.
Sœur Marie-Clarisse

Grands axes de notre spiritualité

« La spiritualité de St Ignace est apparue à Marie-Thérèse de Soubiran comme la plus en harmonie avec la vocation de Marie-Auxiliatrice ; c’est toujours à cette source que la vie de la Congrégation s’alimente et se renouvelle. »
Constitutions n°18

« Notre vocation est fondamentalement Eucharistique : c’est dans l’Eucharistie Célébrée, Contemplée et vécue que se renouvellent nos forces pour l’annonce de Jésus-Christ… »
Constitutions n°8

« La Vierge Marie, la première, a participé à la mission de son Fils. Elle nous invite à aider les âmes, selon la simplicité de sa réponse à l’Annonciation :
Voici la Servante du Seigneur-, »
Constitutions n°10

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Date de dernière mise à jour : 07/06/2018