Saint Anthelme de Chignin, Évêque de Belley. Fête le 26 Juin.

Mardi 26 Juin 2018 : Fête de Saint Anthelme de Chignin, Évêque de Belley (✝ 1178).

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Saint Anthelme de Chignin

Évêque de Belley ( 1178)

Anthelme était né au château de Chignin en Savoie non loin de Chambéry et préféra la solitude de la Prière avec Le Christ à la vie mondaine et chasseresse des grands seigneurs.
Il fut Moine de Portes, puis de la Grande Chartreuse.
Il reconstruisit la Grande-Chartreuse qu'une avalanche avait détruite et en devint le septième Prieur.

Ce fut lui qui fonda les premières Chartreuses pour les femmes désireuses de mener une vie érémitique.
Comme il avait dû punir deux de ses Moines qui le méritaient, ceux-ci firent appel au Pape Alexandre III, qui d'abord les soutint.
Pour que règne la paix, Saint Anthelme donna sa démission et rentra joyeusement dans le rang.

Mais son bonheur dura peu. Le Pape, mieux informé, revint sur sa décision, et pour comble, le nomma Évêque de Belley.
Il s'était pareillement brouillé avec l'empereur Frédéric Barberousse pour avoir refusé Victor IV, un antipape de fabrication impériale.
Là encore la modestie d'Anthelme fut contrariée: l'empereur se réconcilia avec lui et l'éleva, lui et ses successeurs, à la dignité de prince du Saint Empire romain germanique.
Il tenta en vain de servir de médiateur entre saint Thomas Beckett et le roi Henri II d'Angleterre.

43e évêque sur la liste épiscopale du diocèse de Belley-Ars: Saint Anthelme (1163-1178)
"La grande figure du XIIe siècle dans l’Ain est Saint Anthelme; Chartreux lui-même, il devient Évêque de Belley de 1163 à 1178.
Il lutte contre les abus et défend le peuple opprimé par le comte de Savoie. Entre le XIII siècle et le XVI siècle, villes et villages édifient leurs églises paroissiales, d’abord en style roman, puis gothique.
Il nous reste, dans l’Ain, quelques beaux témoignages de l’ardeur et du talent de ces artisans et artistes, mis au service de la gloire de Dieu." (Diocèse de Belley-Ars - 2000 ans de vie Chrétienne)

À Belley, en 1178, Saint Anthelme, Évêque. D’abord Moine de la Grande Chartreuse, il reconstruisit les bâtiments ruinés par une avalanche; prieur, il convoqua un chapitre général; contraint par le Pape d’accepter l’évêché de Belley, il mit un zèle infatigable et une intrépide fermeté à corriger les mœurs du clergé et des nobles.

Martyrologe romain

Nous recevons l’esprit d’amour qui vient en aide à notre faiblesse afin que nous chantions la joie d’être aimés de Dieu et de l’aimer.
Le reste importe peu de ce que pensent de nous les hommes si nous restons fidèles à l’amour que Dieu nous demande de vivre et de transmettre.
Lectionnaire d’Emmaüs.

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Savoie -Peinture murale église N.D. de Myans

http://www.123savoie.com/article-86556-1-st-anthelme.html

Saint Anthelme

Saint Anthelme vit le jour au château de Chignin, vers l’an 1106, fils d’Hardouin gentilhomme de Savoie, de l’ancienne maison de Migain et d’une dame d’une naissance également illustre.
Ces parents très pieux lui donnèrent une éducation très Chrétienne.
Devant une telle dévotion envers la religion, les Évêques de Belley et de Genève se disputèrent le jeune Anthelme afin de l’attacher à leur église et de le mettre au premier rang de leur chapitre.

Devant un tel engouement religieux, le choix d’Anthelme se porta vers Belley où il fut nommé sacristain, employé chargé de l’entretien de l’église et des objets de culte, principale dignité de la Cathédrale.

Devant tant d’honneurs et de revenus, que sa position lui apportait en plus de son riche patrimoine, il sut rester simple.
Beaucoup de personnes venaient le solliciter mais il était plus enclin à venir en aide aux pauvres.
De ce fait sa maison devient vite une maison d’hospitalité où les misérables trouvaient constamment de quoi soulager leurs besoins.

Sa vie de dévotion lui laissa quelques désillusions. Le monde ne lui paraissait plus digne de ses regards.
A force de méditation, il prend la résolution de renoncer au monde et à tout ce qu’il avait aimé.
Il avait 25 ans, lorsqu’il se mit à visiter les Monastères voisins principalement ceux des Chartreux.
A force de visiter ces Monastères, il se sentit de plus en plus proche d’eux. Il rentra dans les Ordres vers 1135 par l’entremise de Bernard de Portes, Évêque de Belley, de l’Ordre des Chartreux.

En 1137, il reçut l’habit de Chartreux et confia à ses amis, le soin de distribuer ses biens aux pauvres.
Quelque temps après, un éboulement de neige, entraînant dans sa chute des rochers, détruisit presque en entier les cellules de la Grande Chartreuse et vit périr six Religieux.

Hugues II, alors Évêque de Grenoble, demanda à Anthelme de venir relever ces ruines et réparer un tel désastre.
Arrivé sur place il n’est nullement déconcerté par les lieux isolés et hostiles, bien au contraire.

Résigné aux ordres de ses supérieurs, il fut établi procureur de la Grande Chartreuse en 1138.
Il s’acquitta de ses pénibles fonctions avec prudence, mais cela ne l’empêchât pas de suivre les règles de la Communauté.
Il s’employait à multiplier les activités manuelles car l’oisiveté était considérée comme source de beaucoup de vices.

Dès les travaux manuels finis il rentrât dans sa cellule et c’était là dans le silence et la méditation, qu’il puisait les forces nécessaires pour triompher de toutes les difficultés et de tous les ennuis qu’il rencontrait dans le gouvernement des affaires temporelles.
Il se chargeait si bien de sa tâche, qu’à l’âge de 33 ans il fut jugé digne d’en occuper la première charge.

Hugues 1er, alors Prieur de la Grande Chartreuse se démit volontairement de sa charge, pour se consacrer à la Contemplation.
Il désirait être remplacé par Anthelme. Quelques uns le trouvèrent sévère, mais tous se félicitèrent de l’avoir comme supérieur.
On disait de lui qu’il était l’œil de l’aveugle, le bras de l’infirme et le pied du boiteux. Il s’évertua à suivre les traces de ses prédécesseurs.
Sous son prieural, les Chartreuses se multiplièrent en France et à l’étranger.
Il unifia aussi ces dernières qui étaient indépendantes les unes des autres et soumises aux Évêques des diocèses.

Il fit le premier chapitre de l’Ordre des Chartreux en rassemblant tout les Prieurs de chaque Chartreuse.
Il fut reconnu par chacun d’eux comme Grand Prieur. Grâce à lui, l’Ordre acquit une grande réputation. Il fit reconstruire la Grande Chartreuse et la fit prospérer.
Quand le siège épiscopal de Grenoble vint à être libre, l’élection du nouveau prélat donna lieu à des divisions au sein du diocèse.
Les Chartreux crurent devoir intervenir, sans doute parce que l’Évêque défunt était lui même Chartreux.
Mais certains disciples Chartreux ennemis de la sévère discipline d’Anthelme, portèrent l’affaire devant le Pape Eugène III.
Ils voulaient discréditer Anthelme. Son innocence fut reconnue et lui donna un surcroît d’autorité.

Après 12 ans, à la tête de la Grande Chartreuse il se retirât de ce rôle au bénéfice de Bazile de Bourgogne pour retourner au rang de simple Prieur.
Il fut souvent appelé par Bazile afin de l’éclairer de ses conseils.

Quelques années après, Dom Bernard de Varin, Prieur de Portes désirant se retirer, supplia vivement Anthelme de le remplacer.
Ce dernier ne put rien lui refuser, car c’était lui qui lui avait donné l’envie de rentrer dans les Ordres, de plus Anthelme était à l’origine de cette Chartreuse.
Il prit ses fonctions en 1153 et régenta celle-ci avec autant de rigueur que celle qu’il eut pour la Grande Chartreuse.
Au bout de deux ans, il se retira de son rôle de Prieur de Portes pour revenir simple Prieur à la Grande Chartreuse.

A la mort du Pape Adrien IV en 1159, les Cardinaux, le clergé et le peuple portèrent Roland, chancelier de l’église Romaine, au poste de Pape.
Il fut proclamé sous le nom d’Alexandre III, le 7 Septembre 1159.

Lors de son intronisation au titre de Pontife, il se vit retirer la Chappe écarlate, signe de l’investiture pontificale, par Octavien.
Ce dernier n’avait eu que deux votes de Cardinaux, soutenus par l’Empereur Frédéric Barberousse.
Alexandre III avait combattu les ambitions de ce dernier soutenant les intérêts du Pape. Cette élection provoqua un schisme.

En 1161, un Concile est convoqué à Toulouse. Les Rois de France et d’Angleterre, plus de cent Évêques, un grand nombre de Seigneurs des deux nations, plusieurs Cardinaux se déclarèrent pour Alexandre III et excommunièrent Octavien.
L’Ordre des Chartreux exerçait une grande influence dans l’église.

Anthelme, aidé de Geofroy, Abbé de l’Abbaye de Hautecombe écrivit aux Abbés indécis pour leur expliquer la légitimité de l’élection d’Alexandre III. Sur cet entre fait, ce dernier fut remis sur le trône pontifical et le schisme prit fin.

A la mort de Ponce III, prélat de l’église de Belley en 1162, le peuple se tournât vers le Pape Alexandre III afin que ce dernier désigne son remplaçant.
Le Pape écrivit à Anthelme, lui ordonnant de se charger de l’église de Belley et manda au Prieur de la Grande Chartreuse de le forcer à prendre ce poste.

Devant une telle charge, il prit la fuite et fut recherché par les Chartreux qui l’amenèrent peiner à Belley. Ils lui exposèrent l’Ordre du Pape en lui montrant ses lettres ainsi que le commandement du Prieur, mais Anthelme refusa.
Il lui fut proposé un choix : obéir au Pape ou aller le trouver à Rome pour lui signifier son refus.

Flatté de cette espérance, il se mit en chemin. Le Pape le reçut avec honneur, Anthelme lui demanda grâce et le pria de ne pas le contraindre.
Le Pape réussit à le convaincre et le sacra solennellement de sa main en 1163.

A son départ de Rome, Anthelme était devenu Évêque. Il fut accueillit à Belley avec acclamations et grande joie.
Dans son palais épiscopal il vivait à l’identique que dans sa cellule de la Grande Chartreuse. Malgré ses déboires avec l’Empereur Frédéric Barberousse, Anthelme sut s’attirer ses faveurs mais n’en tira aucune gloire ou profit personnel, mais plus au profit de son église.

Il remit de l’ordre dans son diocèse, créa des écoles et parcourut son diocèse laissant des traces de sa charité et de sa sainteté.
En 1169, le Pape Alexandre III l’envoya en Angleterre afin de mettre fin au long débat qui divisait Henri II et Thomas de Cantorbéry.
Ce dernier savait combien la médiation d’Anthelme avait été heureuse pour l’église et Thomas sollicita le Pape pour designer Anthelme, pour conduire cette affaire délicate. Il ne put la conduire car Thomas fut assassiné dans son palais.

Le 24 mars 1175, Anthelme reçut de l’Empereur Barberousse le titre de "Prince du St Empire".
Il l’investit de la souveraineté de la ville de Belley et de ses dépendances. Ces privilèges lui valurent des différents avec le Comte de Savoie Humbert III.

A la fin de sa vie il refusa de rédiger son testament car un Religieux ne possédait rien.
Sur son lit de mort tout le monde le pleurait, pendant qu’il Bénissait.

Il mourut le 26 Juin 1178 alors âgé de 72 ans, après avoir passé 30 ans dans un cloître et 15 ans dans l’épiscopat. Sa mort fut longuement pleurée.
Il fut enseveli en habit de Chartreux paré de la mitre, de la croix pectorale, de l’anneau et du bâton pastoral et enterré à l’Abbaye de Hautecombe où le Roi Charles-Albert de Savoie fit restaurer son mausolée qui avait été détruit durant la Révolution.

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Date de dernière mise à jour : 26/06/2018