Saint Irénée, Évêque et Martyr (120-202). Fête le 28 Juin.

Jeudi 28 Juin 2018 : Fête de Saint Irénée, Évêque et Martyr (120-202).

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http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1403/Saint-Irenee-de-Lyon.html.

Saint Irénée de Lyon

Évêque et martyr (✝ v. 201)

Irénée venait d'Asie Mineure comme beaucoup d'autres dans cette vallée du Rhône. Dans sa jeunesse, il avait été disciple de saint Polycarpe de Smyrne qui avait été lui-même un disciple de saint Jean l'Apôtre.
C'est peut-être ce qui lui donna le sens aigu de la tradition dans l'Église: transmission d'homme à homme du dépôt de la Foi.
On le retrouve à Lyon. On ne sait pourquoi, car il ne s'est pas expliqué sur les raisons de son voyage.
On ne sait pas non plus comment il échappe à la grande persécution qui décime les Églises de Lyon et de Vienne.

Etait-il en mission à Rome comme on l'a dit? En tous cas, il succède à saint Pothin l'Évêque de Lyon, mort martyr pendant cette persécution.
Il ne cesse de se dépenser au service de la paix des Églises. Un grand danger le préoccupe: les doctrines gnostiques qui se répandent dangereusement.
Elles nient l'Incarnation du Fils de Dieu et mettent en péril l'intégrité de la Foi. Saint Irénée les étudie très minutieusement, enquête, interroge, lit.

Armé par cette connaissance approfondie de l'adversaire, il rédige un important traité "Contre les hérésies" pour réfuter ces doctrines ésotériques.
En même temps, il intervient auprès du Pape pour l'empêcher d'exclure de la communion de l'Église les communautés qui fêtent Pâques à une autre date que l'Église romaine.
Il n'oubliait pas que son nom signifie: "le pacifique". L'intelligence, la charité et le sens de la Tradition apostolique resplendissent dans ses œuvres. Il fut le premier grand théologien de l'Église d'Occident et mourut peut-être martyr.

...Selon son enseignement, la Foi de l’Église doit être transmise de manière à apparaître telle qu'elle doit être, c'est-à-dire "publique", "unique", "pneumatique", "spirituelle"... (Saint Irénée de Lyon - Benoît XVI - audience du 28 mars 2007)
Voir sur le site du musée du diocèse de Lyon:
Eusèbe de Césarée ... reprend des éléments d’écrits d’Irénée en partie perdus. Il le présente comme 'presbytre de la communauté de Lyon' (paroikia) quand la persécution éclate en 177. Il succède à Pothin l’Évêque martyr.

Mémoire de Saint Irénée, Évêque et martyr, vers l’an 200. Comme l’écrit saint Jérôme, il fut, dans sa jeunesse, disciple de saint Polycarpe de Smyrne et conserva fidèlement la mémoire du temps des apôtres.
Il était Prêtre de Lyon quand il succéda à l’Évêque Saint Pothin et on pense qu’il a été aussi couronné de la gloire du martyre.
Il a exposé sans relâche la Tradition apostolique et publié un ouvrage célèbre en cinq livres contre les hérésies pour défendre la Foi Catholique.

Martyrologe romain

Il est meilleur et plus utile d’être ignorant et de peu de savoir, mais de s’approcher de Dieu par l’Amour, que de se croire savant et habile au point de se trouver blasphémateur à l’égard de son Seigneur pour avoir imaginé un autre Dieu et Père que Lui.
Saint Irénée - Contre les hérésies II.26

Sant ireneo di lione 1

https://levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20180628&id=4936&fd=0

Saint Irénée
Évêque et martyr
(* 135-140 - † 202-203)

Irénée naquit selon toute probabilité à Smyrne (aujourd'hui Izmir, en Turquie), vers 135-140, où, encore jeune, il alla à l'école de l'Évêque Polycarpe, lui-même disciple de l'Apôtre Jean.

Nous ne savons pas quand il se rendit d'Asie mineure en Gaule, mais son transfert dut coïncider avec les premiers développements de la Communauté Chrétienne de Lyon : c'est là que, en 177, nous trouvons Irénée au nombre du collège des Prêtres.

C'est précisément cette année qu'il fut envoyé à Rome, porteur d'une lettre de la Communauté de Lyon au Pape Éleuthère.
La mission romaine qui permit à Irénée d'échapper à la persécution de Marc-Aurèle, dans laquelle au moins 48 martyrs trouvèrent la mort, parmi lesquels l'Évêque de Lyon lui-même, Pothin, âgé de 90 ans, mort des suites de mauvais traitements en prison.
Ainsi, à son retour, Irénée fut élu Évêque de la ville.
Le nouveau Pasteur se consacra entièrement au Ministère épiscopal.

Il exposa sans relâche la Tradition apostolique et publia un ouvrage célèbre en cinq livres contre les hérésies, Adversus haereses.
Il mourut, très probablement martyr, vers 202-203.

Sant ireneo di lione bis

Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :
>>> Saint Irénée de Lyon
[Allemand, Anglais, Croate, Espagnol, Français, Italien, Portugais]

BENOÎT XVI
AUDIENCE GÉNÉRALE
Mercredi 28 Mars 2007

Saint Irénée de Lyon

Chers frères et sœurs!
Dans les catéchèses sur les grandes figures de l'Église des premiers siècles, nous arrivons aujourd'hui à l'éminente personnalité de saint Irénée de Lyon.
Les informations biographiques à son sujet proviennent de son propre témoignage, qui nous est parvenu à travers Eusèbe, dans le livre V de l'Histoire ecclésiastique.
Irénée naquit selon toute probabilité à Smyrne (aujourd'hui Izmir, en Turquie), vers 135-140, où, encore jeune, il alla à l'école de l'Évêque Polycarpe, lui-même disciple de l'Apôtre Jean.
Nous ne savons pas quand il se rendit d'Asie mineure en Gaule, mais son transfert dut coïncider avec les premiers développements de la Communauté Chrétienne de Lyon:  c'est là que, en 177, nous trouvons Irénée au nombre du collège des Prêtres.
C'est précisément cette année qu'il fut envoyé à Rome, porteur d'une lettre de la Communauté de Lyon au Pape Eleuthère.
La mission romaine qui permit à Irénée d'échapper à la persécution de Marc-Aurèle, dans laquelle au moins 48 martyrs trouvèrent la mort, parmi lesquels l'Évêque de Lyon lui-même, Pothin, âgé de 90 ans, mort des suites de mauvais traitements en prison.
Ainsi, à son retour, Irénée fut élu Évêque de la ville. Le nouveau Pasteur se consacra entièrement au Ministère épiscopal, qui se conclut vers 202-203, peut-être par le martyre.

Irénée est avant tout un homme de Foi et un Pasteur. Du bon Pasteur, il possède le sens de la mesure, la richesse de la doctrine, l'ardeur missionnaire.
En tant qu'écrivain, il poursuit un double objectif: défendre la véritable doctrine des attaques des hérétiques, et exposer avec clarté les vérités de la Foi.
Les deux œuvres qui nous sont parvenues de lui correspondent exactement à ces objectifs: les cinq livres Contre les hérésies, et l'Exposition de la prédication apostolique (que l'on peut également appeler le plus ancien "catéchisme de la doctrine Chrétienne").
En définitive, Irénée est le champion de la lutte contre les hérésies. L'Église du II siècle était menacée par ce que l'on appelle la gnose, une doctrine qui affirmait que la Foi enseignée dans l'Église ne serait qu'un symbolisme destiné aux personnes simples, qui ne sont pas en mesure de comprendre les choses difficiles; au contraire, les initiés, les intellectuels, - on les appelait les gnostiques - auraient compris ce qui se cache derrière ces symboles, et auraient formé un Christianisme élitiste, intellectuel.
Bien sûr, ce Christianisme intellectuel se fragmentait toujours plus en divers courants de pensées souvent étranges et extravagants, mais qui attiraient de nombreuses personnes.
Un élément commun de ces divers courants était le dualisme, c'est-à-dire que l'on niait la Foi dans l'unique Dieu, Père de tous, Créateur et Sauveur de l'homme et du monde. Pour expliquer le mal dans le monde, ils affirmaient l'existence, auprès de Dieu bon, d'un principe négatif. Ce principe négatif aurait produit les choses matérielles, la matière.

En s'enracinant solidement dans la doctrine biblique de la création, Irénée réfute le dualisme et le pessimisme gnostique qui sous-évaluaient les réalités corporelles.
Il revendiquait fermement la sainteté originelle de la matière, du corps, de la chair, ainsi que de l'esprit.
Mais son œuvre va bien au-delà du rejet de l'hérésie: on peut dire, en effet, qu'il se présente comme le premier grand théologien de l'Église, qui a créé la théologie systématique; lui-même parle du système de la théologie, c'est-à-dire de la cohérence interne de toute la Foi.
Au centre de sa doctrine réside la question de la "règle de la Foi" et de sa transmission.
Pour Irénée, la "règle de la Foi" coïncide en pratique avec le Credo des Apôtres et nous donne la clé pour interpréter l'Evangile, pour interpréter le Credo à la lumière de l'Evangile.
Le symbole apostolique, qui est une sorte de synthèse de l'Evangile, nous aide à comprendre ce qu'il veut dire, et la façon dont nous devons lire l'Evangile lui-même.

En effet, l'Evangile prêché par Irénée est celui qu'il a reçu de Polycarpe, Évêque de Smyrne, et l'Evangile de Polycarpe remonte à l'Apôtre Jean, dont Polycarpe était le disciple.
Et ainsi, le véritable enseignement n'est pas celui inventé par les intellectuels au-delà de la Foi simple de l'Eglise.
Le véritable Evangile est celui enseigné par les Évêques qui l'ont reçu des Apôtres à travers une chaîne ininterrompue.
Ceux-ci n'ont rien enseigné d'autre que précisément cette Foi simple, qui est également la véritable profondeur de la révélation de Dieu.
Ainsi - nous dit Irénée - il n'existe pas de doctrine secrète derrière le Credo commun de l'Église.
Il n'existe pas de Christianisme supérieur pour les intellectuels. La Foi publiquement confessée par l'Église est la Foi commune de tous.
Seule cette Foi est apostolique, elle vient des Apôtres, c'est-à-dire de Jésus et de Dieu.
En adhérant à cette Foi transmise publiquement par les Apôtres à leurs successeurs, les Chrétiens doivent observer ce que les Évêques disent, ils doivent suivre en particulier l'enseignement de l'Église de Rome, prééminente et très ancienne.
Cette Église, en raison de son origine antique, possède un caractère apostolique suprême; en effet, elle tire son origine des piliers du Collège apostolique, Pierre et Paul.
Toutes les Églises doivent être en accord avec l'Église de Rome, en reconnaissant en elle la mesure de la véritable tradition apostolique, de l'unique Foi commune de l'Église.
A travers ces arguments, ici brièvement résumés, Irénée réfute à leur racine même les prétentions de ces gnostiques, de ces intellectuels: avant tout, ils ne possèdent pas une vérité qui serait supérieure à celle de la Foi commune, car ce qu'ils disent n'est pas d'origine apostolique, mais est inventé par eux; en second lieu, la vérité et le Salut ne sont pas le privilège et le monopole de quelques personnes, mais tous peuvent y parvenir à travers la prédication des successeurs des Apôtres, et surtout de l'Évêque de Rome.
En particulier - toujours en remettant en question le caractère "secret" de la tradition gnostique, et en soulignant ses effets multiples et contradictoires entre eux - Irénée se préoccupe d'illustrer le concept authentique de Tradition apostolique, que nous pouvons résumer en trois points.

a) La Tradition apostolique est "publique", et non pas privée ou secrète. Pour Irénée, il ne fait aucun doute que le contenu de la Foi transmise par l'Église est celui reçu par les Apôtres et par Jésus, par le Fils de Dieu.
Il n'existe pas d'autre enseignement que celui-ci. C'est pourquoi, celui qui veut connaître la véritable doctrine doit uniquement connaître "la Tradition qui vient des Apôtres et la Foi annoncée aux hommes": tradition et Foi qui "sont parvenues jusqu'à nous à travers la succession des Évêques" (Adv. Haer. 3, 3, 3-4).
Ainsi, succession des Évêques, principe personnel et Tradition apostolique, de même que principe doctrinal coïncident.

b) La Tradition apostolique est "unique". En effet, tandis que le gnosticisme est sous-divisé en de multiples sectes, la Tradition de l'Église est unique dans ses contenus fondamentaux que - comme nous l'avons vu - Irénée appelle précisément regula fidei ou veritatis: et parce qu'elle est unique, elle crée ainsi une unité à travers les peuples, à travers les diverses cultures, à travers les différents peuples; il s'agit d'un contenu commun comme la vérité, en dépit de la diversité des langues et des cultures.
Il y a une phrase très précieuse de saint Irénée dans le livre Contre les hérésies: "L'Église, bien que disséminée dans le monde entier, préserve avec soin [la Foi des Apôtres], comme si elle n'habitait qu'une seule maison; de la même façon, elle croit dans ces vérités, comme si elle n'avait qu'une seule âme et un même cœur; elle proclame, enseigne et transmet en plein accord ces vérités, comme si elle n'avait qu'une seule bouche.
Les langues du monde sont différentes, mais la force de la tradition est unique et la même: les Églises fondées dans les Germanies n'ont pas reçu ni ne transmettent de Foi différente, pas plus que celles fondées dans les Espagnes, ou encore parmi les Celtes ou dans les régions orientales, ou en Egypte ou en Libye ou dans le centre du monde" (1, 10, 1-2).

On voit déjà à cette époque, nous sommes en l'an 200, l'universalité de l'Église, sa catholicité et la force unificatrice de la vérité, qui unit ces réalités si différentes, de la Germanie à l'Espagne, à l'Italie, à l'Egypte, à la Libye, dans la vérité commune qui nous a été révélée par Le Christ.

c) Enfin, la Tradition apostolique est, comme il le dit dans la langue grecque dans laquelle il a écrit son livre, "pneumatique", c'est-à-dire spirituelle, guidée par l'Esprit Saint: en grec Esprit se dit pneuma.
Il ne s'agit pas, en effet, d'une transmission confiée à l'habileté d'hommes plus ou moins savants, mais à L'Esprit de Dieu, qui garantit la fidélité de la transmission de la Foi.
Telle est la "vie" de l'Église, ce qui rend l'Église toujours fraîche et jeune, c'est-à-dire féconde de multiples charismes.
Pour Irénée, Église et Esprit sont inséparables: "Cette Foi", lisons-nous encore dans le troisième livre Contre les hérésies, "nous l'avons reçue de l'Église et nous la conservons: la Foi, par l'œuvre de L'Esprit de Dieu, comme un dépôt précieux conservé dans un vase de valeur rajeunit toujours et fait rajeunir également le vase qui la contient.
Là où est l'Église se trouve L'Esprit de Dieu; et là où est l'Esprit de Dieu, se trouve l'Église et toute grâce" (3, 24, 1).

Comme on le voit, saint Irénée ne se limite pas à définir le concept de Tradition. Sa tradition, la tradition ininterrompue, n'est pas traditionalisme, car cette Tradition est toujours intérieurement vivifiée par L'Esprit Saint, qui la fait à nouveau vivre, qui la fait être interprétée et comprise dans la vitalité de l'Église.
Selon son enseignement, la Foi de l'Église doit être transmise de manière à apparaître telle qu'elle doit être, c'est-à-dire "publique", "unique", "pneumatique", "spirituelle".
A partir de chacune de ces caractéristiques, on peut conduire un discernement fructueux à propos de l'authentique transmission de la Foi dans l'aujourd'hui de l'Église.
De manière plus générale, dans la doctrine d'Irénée la dignité de l'homme, corps et âme, est solidement ancrée dans la création Divine, dans l'image du Christ et dans l'œuvre permanente de sanctification de L'Esprit.
Cette doctrine est comme une "voie maîtresse" pour éclaircir avec toutes les personnes de bonne volonté l'objet et les limites du dialogue sur les valeurs, et pour donner un élan toujours nouveau à l'action missionnaire de l'Église, à la force de la vérité qui est la source de toutes les véritables valeurs du monde.

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http://missel.free.fr/Sanctoral/06/28.php.

Saint Irénée,
Évêque de Lyon et martyr

Biographie

Au 2 juin, nous fêtions les martyrs de Lyon, immolés en 177. Les survivants, émus du trouble que suscitait le mouvement prophétique montaniste [1], né en Asie Mineure, envoyèrent des lettres aux Eglises d'Asie et de Phrygie [2], et au Pape Eleuthère [3].
Ils demandèrent à Irénée d’être leur ambassadeur auprès du Pape ; Irénée était muni de cette recommandation :
« Nous avons chargé de te remettre cette lettre notre frère et compagnon, Irénée, et nous te prions de lui faire bon accueil, comme à un zélateur du testament du Christ.
Si nous pensions que le rang crée la justice, nous le présenterions d'abord comme Prêtre d'Église, car il est cela.
 »
Le nom d'Irénée dérive du mot grec qui veut dire « paix. » Irénée recevait une mission de paix.
Il serait toujours agent de liaison, d'union, de paix. A son retour, le vieil Évêque Pothin était mort martyr [4], et Irénée fut élu pour lui succéder.

Irénée était né en Asie Mineure, peut-être à Smyrne, vers 130-135. Dans sa jeunesse, il avait connu le saint Évêque Polycarpe [5].
Au Prêtre Florinus qui était tombé dans l’hérésie gnostique, Irénée écrivit : « Je t’ai vu, quand j'étais encore enfant, dans l'Asie inférieure, auprès de Polycarpe ; tu avais une situation brillante à la cour impériale et tu cherchais à te faire bien voir de lui.
Car j’ai meilleur souvenir de ces jours d'autrefois que des évènements récents. Ce que l'on a appris dès l'enfance, en effet, se développe en même temps que l'âme, en ne faisant qu'un avec elle.
Si bien que je puis dire le lieu où s'asseyait pour nous entretenir le Bienheureux Polycarpe, ses allées et venues, le caractère de sa vie et l'aspect de son corps, les discours qu'il tenait à la foule, et comment il racontait ses relations avec Jean, et avec les autres qui avaient vu le Seigneur, et comment il rapportait leurs paroles, et ce qu'il tenait d'eux au sujet du Seigneur, de ses miracles, de son enseignement, en un mot comment Polycarpe avait reçu la tradition de ceux qui avaient vu de leurs yeux le Verbe de vie, il était dans tout ce qu'il rapportait d'accord avec les Ecritures.
J'écoutais cela attentivement, par la faveur que Dieu a bien voulu me faire, et je le notais non sur du papier, mais en mon cœur, et, par la grâce de Dieu, je ne cesse de le ruminer fidèlement.
Je puis témoigner devant Dieu que si le bienheureux vieillard, l'homme apostolique, avait entendu quelque chose de pareil
(les doctrines gnostiques), il se serait récrié, il aurait bouché ses oreilles, il aurait dit comme à son ordinaire : O bon Dieu, pour quels temps m'as-tu réservé, faut-il que je supporte de telles choses ! Et il aurait fui loin du lieu où, assis ou debout, il aurait entendu de pareils discours.[6] »
L’esprit d’Irénée, formé à l'admiration « des témoins du Verbe de vie », avait donc reçu à un haut degré le culte de la tradition.
On comprend que les nouveautés gnostiques aient trouvé en lui un adversaire décidé. La gnose (ce mot grec signifie science, connaissance) prétendait offrir à une élite des connaissances supérieures sur Dieu et l'univers.
Le passage difficile de l'infini au fini se faisait dans ce système grâce à des émanations d'êtres intermédiaires, les éons, dont les accouplements étranges faisaient revivre les théogonies mythologiques.

Saint Irénée écrivit contre la gnose [7] « La réfutation de la fausse science » qu'on appelle aussi « Adversus hœreses » (Contre les hérésies).
Il s'excusait de son mauvais style grec : « Nous vivons chez les Celtes, et dans notre action auprès d'eux, usons souvent de la langue barbare. »
Mais le contact avec ces barbares, qui portaient, gravé dans leur cœur par l'esprit, le message du salut, était salutaire.
Pour vaincre les novateurs, il suffisait presque de révéler leurs doctrines. L'emploi de l'ironie, à propos de tous ces enfantements d'éons, eût été facile.
Mais Irénée cherchait surtout à convertir les gnostiques : « De toute notre âme, nous leur tendons la main, et nous ne nous lasserons pas de le faire. »
En face des rêveries morbides de ses adversaires, comme sa théologie apparaît simple, saine et optimiste : « Le Verbe de Dieu, poussé par l'immense Amour qu'il vous portait, s'est fait ce que nous sommes afin de nous faire ce qu'il est Lui-même. »

Sans négliger la théologie rationnelle, Irénée a exposé avec bonheur l'argument de la tradition : « La tradition des apôtres est manifeste dans le monde entier : il n'y a qu'à la contempler dans toute église, pour quiconque veut voir la vérité.
Nous pouvons énumérer les Évêques qui ont été institués par les apôtres, et leurs successeurs jusqu'à nous : ils n'ont rien enseigné, rien connu qui ressemblât à ces folies.
Car si les apôtres avaient connu des mystères cachés dont ils auraient instruit les parfaits, en dehors et à l'insu du reste (des chrétiens), c'est surtout à ceux auxquels ils confiaient les Églises qu'ils les auraient communiqués.
Ils exigeaient la perfection absolue, irréprochable, de ceux qui leur succédaient et auxquels ils confiaient, à leur place, la charge d'enseigner...
Il serait trop long... d'énumérer les successeurs des apôtres dans toutes les Églises ; nous ne nous occuperons que de la plus grande et la plus ancienne, connue de tous, de l'Église fondée et constituée à Rome par les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul ; nous montrerons que la tradition qu'elle tient des apôtres et la Foi qu'elle a annoncée aux hommes sont parvenues jusqu'à nous, par des successions régulières d'Évêques...
C'est avec cette Église (romaine), en raison de l'autorité de son origine, que doit être d'accord toute Église, c'est-à-dire tous les fidèles venus de partout ; et c'est en elle que tous ces fidèles ont conservé la tradition apostolique
.[8] »

Irénée a écrit aussi un petit livre, « Démonstration de la prédication apostolique. » Il était perdu. On l'a découvert en 1904, dans une traduction arménienne.
Dans la controverse sur la date de Pâques, Irénée penchait pour l'usage de l'Asie, qui fêtait la Résurrection du Christ le dimanche, et non un autre jour.
Mais il tenait aussi à sauvegarder la charité, la tolérance. Il essayait de retenir le Pape Victor sur le point d'excommunier les dissidents.
Il avait écrit : « Il n'y a pas de Dieu sans bonté. »
Est-il mort martyr ? Il y a dans ce sens une indication du martyrologe hiéronymien, une autre de saint Jérôme et une autre de saint Grégoire de Tours.
Les anciens bollandistes (Tillemont, Ruinart) opinaient dans ce sens. Mais on ne peut rien affirmer.
Saint Irénée, d'après saint Grégoire de Tours, fut enterré dans la crypte de la Basilique Saint-Jean, sous l'autel.
A cette Basilique, succéda une église Saint-Irénée, qui a donné son nom à un quartier de Lyon (rive droite de la Saône, sud-ouest de l'ancienne cité).
En 1562, les calvinistes dispersèrent les reliques du saint. Un antique calendrier de marbre, retrouvé à Naples, marque la passion d'Irénée au 27 juin.

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Vitrail représentant Saint-Irénée réalisé au XIXe siècle par Lucien Bégule pour l'église Saint-Irénée de Lyon.

Pour un approfondissement doctrinal
> > > Contre les Hérésies.

Ou encore :
> > > Contre les Hérésies.

Commentaires (1)

1. GUY CHASSE 28/06/2018

Vraiment très intéressant. Un Père de l'Église qui fut disciple d'un Père Apostolique. Le retour aux «sources» est toujours nécessaire, même en notre Époque.

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Date de dernière mise à jour : 28/06/2018