Saint Willibrord, Évêque d'Echternach (658-739). Fête le 07 Novembre.

Mardi 07 Novembre 2017 : Fête de Saint Willibrord, Évêque d'Echternach (658-739).
Fête au Luxembourg. Patron secondaire des Pays-Bas. Au Luxembourg : fête de Saint Willibrord, patron secondaire - lectures propres.

Solennité propre pour les Pays-Bas (Saint Patron de la Province de l'Église hollandaise).
Fête propre pour le Grand-Duché du Luxembourg.
Mémoire obligatoire pour le Royaume du Danemark.
Mémoire facultative propre pour l'Angleterre.
Mémoire facultative propre à l'Irlande.
Mémoire facultative propre à l'Allemagne.
http://notredamedesneiges.over-blog.com/article-7-novembre-fete-de-saint-willibrord-eveque-d-utrecht-88673439.html

San villibrordo b 2Saint Willibrord. Peinture sur bois.
Église Saint-Willibrord. Gravelines. Flandres.

http://www.peintre-icones.fr/PAGES/CALENDRIER/Novembre/7.html

St Willibrord (658-739)

" Pendant cinquante ans, écrit Alcuin, ce grand Missionnaire et grand ami du Christ se dévoua, jour après jour, à la conversion des infidèles. "

En 690, alors que Pépin d'Herstal achevait la conquête de la Frise, Willibrord y arriva, venant d'Irlande, à la tête d'un groupe de moines anglo-saxons.
En 695, le Pape Serge Il' le sacra Évêque d'Utrecht. Cinq ou six ans plus tard, Willibrord fonda le Monastère d'Echternach.

C'était d'Utrecht et d'Echternach que ses Missionnaires partaient pour aller évangéliser les populations rhénanes encore païennes.
Willibrord poussa jusqu'au Danemark et même, semble-t-il, jusqu'en Thuringe, Ce fut lui qui Baptisa Pépin le Bref, père de Charlemagne.

Il fut inhumé à Echternach où chaque année, depuis le XIVe siècle, le mardi de la Pentecôte, une procession dansante, unique en son genre (cinq pas en avant, trois en arrière), se déroule en son honneur.

Fête au Luxembourg. Patron secondaire des Pays-Bas. Au Luxembourg : fête de saint Willibrord, patron secondaire - lectures propres

WillibrordiconIcône de Saint Willibrord, Évêque d’Utrecht. http://www.stwillibrord.org/name.html

http://nominis.cef.fr/contenus/saint/63/Saint-Willibrord.html.

Saint Willibrord

Évêque d'Utrecht (+ 739)

Originaire de l'Est de l'Angleterre, il fut confié par sa famille au Monastère de Ripon dirigé alors par saint Wilfrid d'York.
A vingt ans, il gagne en Irlande le Monastère de " l'île des Saints ". En 690, on l'envoie évangéliser la Frise avec onze Moines anglo-saxons.

Il acquiert l'amitié du père de l'empereur Charlemagne, Pépin le Bref qu'il convertit et qui, à partir de ce jour, le soutiendra sans faillir.
Fidèle à l'obéissance de l'Église, Willibrord se rend à Rome demander au Pape Serge 1er un mandat officiel pour prêcher l'Évangile.

Nommé Évêque d'Utrecht, il fonde l'abbaye d'Echternach au Luxembourg et c'est à partir de là qu'il accomplit des missions en Frise et au Danemark. Il revient à Echternach où il est enterré et vénéré par un pèlerinage dont la danse et la procession sont célèbres depuis le 14ème siècle et encore de nos jours.

Né en Angleterre, ordonné par le Pape Saint Serge Ier, Évêque d’Utrecht, il annonça l’Évangile en Frise et en Danie, fonda des sièges épiscopaux et des Monastères et, accablé de travaux et usé par l’âge, il s’endormit dans Le Seigneur dans le Monastère qu’il avait fondé.
Martyrologe romain.

Mill statue de st willibrord 11Pour un approfondissement biographique
> > > Saint Willibrord, Évêque d’Utrecht.

Szent willibrord 2

http://levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20171107&id=7958&fd=0

Saint Willibrord
Évêque (658-738)

Willibrord fut annoncé à sa pieuse mère par une éclatante lumière qui lui apparut en songe.
Dès sa plus tendre enfance il fut placé, pour son éducation, dans un Monastère de l'Angleterre, son pays.

Après de brillantes études, ordonné Prêtre à trente-trois ans, il sentit le feu du zèle dévorer son âme et résolut de porter l'Évangile en Frise.
Il s'embarqua donc avec douze compagnons et aborda sur les rivages du Rhin, au pays des Frisons.
La conversion de ces peuples farouches, commandés par des chefs cruels, présentait des difficultés incroyables ; aussi le zèle de l'ardent missionnaire ne fut-il ni toujours ni partout couronné de succès. Plusieurs fois, Willibrord s'exposa au martyre en combattant de front les superstitions des pays où il passait ; mais son heure n'était pas venue ; Dieu le destinait à de plus longs travaux.

Il reçut la Consécration épiscopale des mains du Pape St Sergius I (687-701), et revint travailler avec une nouvelle ardeur à la conquête des âmes.
Poussant ses missions plus avant vers le nord, il eut le bonheur de gagner à Jésus-Christ la plus grande partie des contrées connues depuis sous le nom de Zélande et de Hollande.
Le don des miracles ne contribua pas peu à ses succès. Dans une course apostolique, le saint évêque et ses compagnons entrèrent, harassés de fatigue, dans la maison d'un habitant du pays, qui fut très honoré de les recevoir, mais n'avait pas une goutte de vin à leur offrir.

Les missionnaires en avaient un peu : leur chef le Bénit, et quarante personnes purent satisfaire leur soif.
Une autre fois un païen, lui voyant traverser sa propriété, lui adressa des injures ; le lendemain, il fut frappé d'une manière foudroyante par la main de Dieu.

Tout pauvre qu'il était, le Saint donnait toujours. Douze mendiants vinrent un jour lui tendre la main ; il n'avait qu'un petit flacon de vin, il les fit boire, et le flacon se trouva plein comme auparavant.
Ainsi Dieu favorisait l'œuvre de son serviteur.

Souvent, l'eau Bénite et le signe de la Croix, l'apôtre mettait en fuite l'ennemi des âmes. Dieu lui donna un puissant auxiliaire en son compatriote Winfrid, devenu Saint Boniface.
À sa mort, son tombeau, trop petit, s'allongea pour le recevoir, et son corps exhala un délicieux parfum.

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http://nouvl.evangelisation.free.fr/willibord_dutrecht.htm.
Saint Willibrord naquit vers l'an 658, dans le royaume de Northumberland. Il n'avait point encore sept ans, lorsqu'on l'envoya dans le Monastère de Rippon, gouverné alors par Saint Wilfrid, qui en était le Fondateur.
Son père se nommait Wilgis, et vivait dans une grande piété. Il quitta le monde pour embrasser l'état Monastique, et se fit depuis Ermite.

Dans sa vieillesse, il prit la conduite d'une petite Communauté qu'il avait fondée entre l'Océan et l'Humber.
On l'honore parmi les Saints dans le Monastère d’Epternac, au diocèse de Trêves, et il est nommé dans les calendriers anglais. Alcuin a donné sa vie.

Willibrord, en s'accoutumant de bonne heure à porter le joug du Seigneur, le trouva toujours depuis doux et léger.
Pour mieux conserver les fruits de l'éducation qu'il avait reçue, il prit l'habit à Rippon, étant encore fort jeune. Les progrès qu'il fit dans la vertu et dans les sciences furent également rapides.
A l'âge de vingt ans, il obtint la permission de passer en Irlande, dans l'espérance d'y trouver encore plus de facilité pour se perfectionner dans les voies de la piété. Il se joignit à Saint Egbert, ou Ecgbright, et au B. Wigbert, que le même dessein y avait attirés.

Il passa douze ans avec eux. Malgré la faiblesse de sa constitution, il surpassait ses compagnons par sa ferveur et sa fidélité aux devoirs qu'il avait à remplir.
On ne se lassait point d'admirer son humilité, sa modestie, son affabilité, la douceur et l'égalité de son caractère.

Saint Egbert désirait depuis longtemps de prêcher l'Évangile aux idolâtres, à ceux surtout qui habitaient la Frise ; mais on le fit renoncer à ce projet, et on lui conseilla d'aller exercer son zèle apostolique dans les îles situées entre l'Irlande et l'Ecosse.
Il y établit la vraie manière de célébrer la Pâque, et mourut dans celle d'Hii, peu de temps avant que Bédé entreprit d'écrire son histoire.

Il est nommé dans les calendriers anglais, sous le 24 Avril. On trouve dans Bédé le récit édifiant de ses austérités et des actions que son zèle et sa charité lui inspirèrent.
Pendant qu'Egbert travaillait à la gloire de Dieu, dans les lies, Wigbert annonçait Jésus-Christ dans la Frise.

Il en revint après y avoir passé deux ans, sans que ses travaux eussent été suivis d'un grand succès. Egbert et ceux qui s'intéressaient à cette mission, ne se découragèrent point ; ils prièrent avec une nouvelle ferveur, pour obtenir la conversion de tant d'âmes qui étaient menacées d'un malheur éternel.

Willibrord, qui venait d'être ordonné Prêtre, et qui était âgé d'environ trente ans, témoigna un désir ardent de passer dans la Frise, et il en demanda la permission à ses supérieurs.
Egbert, qui connaissait sa ferveur, son zèle et ses talents, ne douta point que ce désir ne vînt du Ciel ; il acquiesça donc à sa demande, en l'exhortant demettre en Dieu sa confiance.

Saint Swidbert et dix autres Moines anglais se joignirent à Saint Willibrord. Les Frisons habitaient anciennement une vaste étendue de pays sur les côtes de l'Océan germanique.
Etant entrés dans la Gaule Belgique, ils s'emparèrent des provinces situées vers l'embouchure du Rhin, dont les Cattes, aussi Germains d'origine, étaient alors les maîtres [1].

Parmi les peuples de la Germanie, aucun ne sut si bien maintenir sa liberté contre les Romains, que les Frisons.
Suivant Procope, ils vinrent dans la Grande-Bretagne avec les Anglo-Saxons, et la situation de leur pays ne permet pas de douter qu'ils ne fussent de bons marins.
On lit dans saint Ludger, que Swidbert et les autres missionnaires qui l'accompagnaient, désirèrent, de préférence, de porter la lumière de la Foi à ces peuples, parce que leurs ancêtres descendaient d'eux.

Saint Eloi, Évêque de Noyon, avait prêché Jésus Christ dans une partie de la Frise. L'Évangile leur avait été aussi annoncé par Saint Wilfrid, en 678 ; mais ces premières tentatives avaient produit peu de fruit ; en sorte que le vrai Dieu était presque entièrement inconnu dans la Frise, lorsque Saint Willibrord y arriva en 690 ou 691.
Il paraît certain que nos douze Missionnaires abordèrent à Catwick, qui était à l'ancienne embouchure du Rhin [2].

Willibrord crut devoir faire un voyage à Rome, pour demander au Pape Sergius sa Bénédiction apostolique, et une autorisation pour prêcher l'Évangile aux nations idolâtres.
Le Souverain-Pontife, connaissant son zèle et sa sainteté, lui accorda les plus amples pouvoirs, et lui donna des reliques pour la consécration des églises qu'on ferait bâtir.

Il repartit le plus tôt qu'il lui fut possible, tant il désirait gagner à Jésus-Christ cette multitude d'âmes qui étaient sous la puissance du démon.
Swidbert fut spécialement chargé de la conversion des Boructuaires, et en devint l'évêque. Il paraît que ce peuple habitait le territoire de Berg, une partie de celui de la Marck, et le pays voisin, du côté de Cologne.

Willibrord et les dix autres Missionnaires prêchèrent la Foi, avec le plus grand succès, dans cette partie de la Frise, qui appartenait aux Français.
Le nombre des Chrétiens était si considérable au bout de six ans, que Pépin, de l'avis des autres Évêques, envoya Willibrord à Rome, avec des lettres de recommandation pour le Pape, qui était instamment prié de l'honorer du caractère épiscopal.
Inutilement le Saint voulut faire tomber sur un autre cette dignité; on n'eut aucun égard à ses représentations.

Le Pape Sergius le reçut avec de grandes marques d'honneur, changea son nom en celui de Clément, et le sacra Archevêque des Frisons, dans l'église de Saint-Pierre.
Il lui donna aussi le pallium, avec le pouvoir de fixer son siège en tel lieu du pays qu'il jugerait le plus convenable.

Le Saint, après avoir passé quatorze jours à Rome, revint dans la Frise, et fixa sa résidence à Utrecht. Pépin lui fit présent du château royal du Viltaburg.
Le saint Archevêque bâtit à Utrecht l'église du Sauveur, dont il fit sou siège métropolitain. Il répara aussi celle de Saint-Martin, que les païens avaient presqu'entièrement détruite.

On pense qu'elle avait été construite par le Roi Dagobert, à la prière de Saint "Wilfrid. Elle devint depuis Cathédrale d'Utrecht, et fut desservie par des chanoines.
L'onction épiscopale sembla donner encore plus de force et d'activité au zèle de Willibrord. Deux ans après son sacre, c'est-à-dire, en 698, les libéralités de Pepin et de l'Abbesse Irmine, le mirent en état de fonder l'Abbaye d'Epternac, qu'il gouverna jusqu'à sa mort.

Elle est dans le diocèse et à deux lieues de Trèves, et présentement dans le duché de Luxembourg.
Le Monastère de Horrea, dont Irmine, qu'on croit avoir été fille de Dagobert II, était abbesse, fut, au rapport d'Alcuin, miraculeusement délivré de la peste par Saint Willibrord.

Pépin de Héristal avait beaucoup de vénération pour le Saint Apôtre de la Frise.
Avant sa mort, il renvoya Alpaïs, sa concubine, dont il avait eu de Charles Martel, et se réconcilia avec Plectrude, sa femme.

Dans son testament, qu'il signa avec Plectrude, sa femme, il recommanda ses neveux à Saint Willibrord, sans faire mention de Charles, son fils naturel.
Il donna en même temps au Saint le village de Swestram, aujourd'hui Susteren, dans le duché de Juliers, à une lieue de la Meuse, lequel servit à doter un Monastère de Religieuses qui fut bâti en ce lieu.

Ce fut au mois de Décembre 714, que mourut Pépin de Héristal. Pépin-le-Bref, fils de Charles Martel, et qui fut depuis Roi de France, était né quelque temps auparavant.
Il reçut le Baptême des mains de Saint Willibrord, qui, suivant Alcuin, prophétisa en cette occasion, en annonçant que cet enfant surpasserait en gloire tous ses ancêtres.

Charles Martel devint bientôt maire du palais, et fut le premier guerrier et le plus grand homme d'état de son siècle.
En 723, il donna les revenus dépendants du château d'Utrecht, au Monastère que Saint Willibrord y avait fondé, et dont il voulait faire sa Cathédrale. Saint Grégoire fut depuis Abbé de ce Monastère, qu'on sécularisa dans la suite des temps.

Charles Martel fit plusieurs autres donations à diverses églises fondées par le saint Archevêque. Il lui abandonna la souveraineté de la ville d'Utrecht, avec ses dépendances et ses appartenances. Dans tous ces établissements, Willibrord ne se proposait que d'affermir et de perpétuer l'œuvre de Dieu.

Non content d'avoir planté la Foi dans la partie de la Frise, dont les Français avaient fait la conquête, il pénétra dans celle qui obéissait à Radbod, prince ou Roi des Frisons.
Radbod était toujours opiniâtrement attaché à l'idolâtrie. Il n'empêcha cependant point le Saint d'instruire ses sujets, et il venait quelquefois lui-même l'entendre.

Willibrord passa dans le Danemark ; mais Ongend, qui y régnait alors, était un prince méchant et cruel ; et son exemple, qui avait beaucoup d'influence sur ses sujets, mettait un obstacle presque invincible à leur conversion.
Le Saint se contenta d'acheter trente enfants du pays, qu'il Baptisa après les avoir instruits, et qu'il amena avec lui.

En revenant, il fut assailli d'une tempête qui le jeta dans l'île appelée Fositeland, aujourd'hui Amelandt, sur la côte de la Frise, au nord.
Les Danois et les Frisons révéraient singulièrement cette île, qui était consacrée à leur dieu Fosite.
Ils auraient regardé comme impie et sacrilège , quiconque aurait osé tuer les animaux qui y vivaient , manger quelque chose de ce qu'elle produisait, ou parler, en puisant de l'eau à une fontaine qui y était.

Le Saint, touché de leur aveuglement, voulut les détromper d'une superstition aussi grossière. Il fit tuer quelques animaux, que lui et ses compagnons mangèrent, et il Baptisa trois enfants dans la fontaine, en prononçant a haute vois les paroles prescrites par l'Église.
Les païens s'attendaient qu'ils allaient être punis de mort ; mais voyant qu'il ne leur arrivait rien, ils ne savaient si c'était patience ou défaut de pouvoir de la part de leur dieu.

Radbod fut transporté de fureur, quand il apprit ce qui s'était passé. Il ordonna de tirer au sort trois jours de suite, et trois fois chaque jour, dans le dessein de faire périr celui sur lequel il tomberait.
Dieu permit qu'il ne tombât point sur Willibrord ; mais un de ses compagnons fut sacrifié à la superstition, et mourut martyr de Jésus-Christ.

Le Saint ayant quitté Radbod, se rendit dans une des principales îles qui dépendent de la Zélande; c'était Walcheren; il y fit un grand nombre de conversions, et y établit plusieurs églises.
La mort de Radbod, arrivée en 719, lui laissa la liberté de prêcher dans toute la Frise.
En 720, il fut joint par Saint Boniface, qui passa trois ans avec lui avant d'aller en Allemagne.

Bédé, qui écrivit alors son histoire, parle ainsi de notre Saint (19): « Willibrord, surnommé Clément, est encore vivant, c'est un vénérable vieillard, Évêque depuis trente-six ans, qui attend les récompenses de la vie Céleste, après avoir généreusement combattu dans la guerre spirituelle. »

II avait, suivant Alcuin, une figure agréable et pleine de dignité. Il était doux et toujours gai dans la conversation, sage dans ses conseils, infatigable dans les fonctions apostoliques, et en même temps attentif à nourrir et à fortifier son âme par la prière, le chant des psaumes, les veilles et le jeûne.
Le même auteur, qui écrivait environ cinquante ans après la mort du Saint, assure qu'il fut doué du don des miracles.

Il rapporte entre autres le suivant. Lorsque Willibrord prêchait dans l'île de Walcheren, où l'on a depuis bâti les villes de Flessingue et de Middelburg, il trouva dans un village une idole fameuse, à laquelle le peuple offrait des vœux et des sacrifices.
Transporté de zèle, il la renversa et la mit en pièces. Le prêtre de l'idole lui déchargea un coup de sabre qui ne lui fit aucune blessure. Ce malheureux fut bientôt après possédé du démon, et réduit dans l'état le plus déplorable.

Willibrord et ses compagnons, par leurs larmes, leurs prières et leur zèle, détruisirent le paganisme dans la plus grande partie de la Zélande et de la Hollande, et dans tous les lieux des Pays-Bas, où saint Amand et saint Lebwin n'avaient jamais pénétré.

Quant aux Frisons, qui avaient été jusque-là un peuple barbare, ils se civilisèrent peu à peu, et devinrent célèbres par leurs vertus, ainsi que par la culture des arts et des sciences. Saint Wulfran, archevêque de Sens, et d'autres ouvriers évangéliques, frappés de tant de succès, prièrent Saint Willibrord de les associer aux travaux de ses missions.

Notre Saint choisissait avec beaucoup de soin ceux qu'il destinait à recevoir les ordres sacrés : il craignait que d'indignes ministres ne détruisissent tout le bien que la Miséricorde Divine avait opéré pour le Salut des âmes.
Il était aussi fort exact à s'assurer des dispositions de ceux qu'il admettait au Baptême, afin de ne pas exposer nos augustes mystères à la profanation. Pour bannir l'ignorance, et faciliter la propagation de l'Évangile, en éclairant les esprits et en adoucissant les mœurs, il établit à Utrecht des écoles qui devinrent fort célèbres.

Enfin Willibrord se voyant parvenu à un âge fort avancé, prit un coadjuteur qu'il sacra évêque, pour le charger du gouvernement de son diocèse, et se prépara dans la retraite au passage de l'éternité.
Il mourut, suivant l'opinion la plus probable, en 738. Alcuin et Raban mettent sa mort le 6 Novembre ; mais il est nommé le 7 de ce mois dans les martyrologes d'Usuard et d'Adon, dans le romain, et dans celui des Bénédictins.

II fut enterré, comme il l'avait désiré, dans le nouveau monastère d'Epternac, et on y gardait ses reliques dans une châsse.
On voit à Trêves, dans l'Abbaye de Notre-Dame ad martyres, l'autel portatif dont le Saint faisait usage pour la Célébration des saints Mystères dans ses missions de Frise, de Zélande et de Hollande. Divers auteurs ont publié le testament de saint Willibrord, en faveur du monastère d'Epternac.

Un vrai pasteur, s'il a de la ferveur et du zèle, ne reste point dans l'inaction, tant qu'il peut consoler, instruire, exhorter, pleurer et prier pour les âmes confiées à ses soins, et qui sont sans cesse exposées au danger de se perdre éternellement.
Il sait mettre de l'ordre dans sa conduite pour suffire à tout, et il remplit tous ses devoirs avec plus de facilité qu'on ne pourrait d'abord l'imaginer.

Nous pouvons tous nous convaincre de cette vérité par l'expérience. Sans être pasteurs, nous avons une multitude d'obligations à remplir par rapport au prochain et par rapport à nous-mêmes ; en sorte que tous nos moments doivent avoir une destination particulière.
Ce serait une illusion dangereuse que de penser autrement. Il faut donc satisfaire à ces différentes obligations.
Le temps ne nous manquera point ; il est seulement à craindre que nous le perdions, soit par lâcheté, soit par défaut d'ordre dans notre conduite, et de règlement dans nos actions.
SOURCE : Alban Butler : Vie des Pères, Martyrs et autres principaux Saints… – Traduction : Jean-François Godescard.

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http://hodiemecum.hautetfort.com/apps/search/?s=Saint+Willibrord

7 Novembre. Saint Willibrord, apôtre de la Frise, de la Zélande, de la Flandre et du Brabant. 738.

Né en Northumbrie, Angleterre, 658 ; mort à Echternach, Luxembourg, 739. Son nom indique qu'il est de lignée Saxonne (Willi est une grande divinité de la mythologie nordique ; brord indique " sous la protection de ").
Willibrord, premier Archevêque d'Utrecht, est un des Missionnaires envoyés par les Chrétiens Anglo-Saxons un siècle après qu'ils aient eux-mêmes été Christianisés par des Missionnaires dans le Sud et l'Est de l'Angleterre, venus de Rome et du Continent, et par le nord et l'ouest via les peuples Celtiques d'Ecosse, Irlande et Pays de Galles.

Notre information sur Willibrord provient de Bède le Vénérable (Histoire de l'Église et du peuple Anglais, 5, 10-11.) et d'une biographie de son jeune parent, le Bienheureux Alcuin, ministre de l'éducation sous l'empereur Charlemagne.

Willibrord naquit en Northumbrie vers 658, et étudia en France et en Irlande.
Bien que leur nom de famille était clairement païen, ses parents étaient Chrétiens. Le père de Willibrord était un si pieu Chrétien qu'à ses frais, il fonda un petit Monastère près de la mer et partit y vivre.

Comme beaucoup d'enfants de l'époque, à 7 ans, Willibrord fut envoyé dans un autre Monastère, à Ripon, pour y être éduqué sous Saint Wilfrid. (La Règle de Saint Benoît parle d'oblats offerts au Monastère par leurs parents. La mère de Willibrord était soit morte, soit avait pris le voile).

A cette époque, les Moines interprétaient fort librement leur vœu d'attachement à une Communauté, et nombre d'entre eux partaient compléter leur éducation en Irlande, si célèbre pour son érudition.
Durant 12 ans, Willibrord étudia à Rathmelsigi sous les Saints Egbert et Wigbert, et y fut ordonné Prêtre en 688.

C'est à Rathmelsigi que commence la véritable histoire de Willibrord, car Egbert avait un but favori qu'il partageait avec nombre de ses Moines.
Il planifiait d'envoyer des Missionnaires sur le Continent, et en particulier auprès des païens Germains en Frise.
C'était une excellente opportunité pour gagner un peuple entier à Dieu, et aussi pour gagner la couronne du martyr.

Willibrord, âgé de 32 ans, fut choisit par Egbert pour diriger 11 autres Moines Anglais, par delà la Mer du Nord jusqu'en Frise.
On décrit Willibrord comme plus petit que la moyenne et joyeux. Il apprenait vite une langue, avait bonne éducation, soif d'aventure, et un grand sens de l'humour. Et surtout, Foi, Espérance et Charité.

A l'automne 690, les 12 arrivèrent à Katwijk-aan-Zee, à l'une des embouchures du Rhin. De là ils suivirent le fleuve jusque Wij-bij Duurstede (Hollande), et cherchèrent Pépin II d'Herstal, maire du palais de Clovis II, roi des Francs.
Pépin venait juste d'arracher la Basse Frise au duc païen Radbod, considéré comme un ours sauvage, qui régnait en tyran sur des étendues de boues sabloneuses et empoisonnait ses ennemis.
A peine avait-il rencontré Pépin et reçut son soutien pour la conversion des Frisons, qu'il partit pour Rome afin de demander conseil au Pape Serge Ier, et recevoir ses ordres pour la mission.
Avant son départ, il fut consacré pour cette œuvre par ce Pape.

Pour sa seconde visite à Rome, en 695, Willibrord arriva à convaincre le Pape Serge II que la jeune mission avait besoin d'un Évêque indépendant tant de York que de Pépin II ; et Serge, pour sa part, réalisa que la seule personne capable de remplir une telle tâche, qui nécessitait autant de tact que d'énergie, était Willibrord.

Et c'est ainsi qu'il fut consacré Archevêque le 22 Novembre - le jour de la Fête de Sainte Cécile, dans l'église Sainte-Cécile.

Probablement parce qu'un Sicilien ne parvenait pas à prononcer convenablement " Willibrord ", Serge insista pour changer le nom du Saint en " Clément ", un choix qui pourrait avoir été influencé par la douceur flegmatique de l'Anglois.
Serge le renvoya dans son troupeau, avec quelques reliques et le titre d'Archevêque des Frisons.

De retour dans ses brumes nordiques, Clément-Willibrord, qui utilisait rarement son nom latin, créa son siège à Utrecht.
Ainsi, il inaugura une colonie anglaise en Europe continentale, qui eut une forte influence religieuse durant 100 ans.

Au contraire des évêchés modernes, remplis d'administrateurs et d'équipement, l'archiépiscopat de Willibrord était vivant.
Il était sans arrêt en chemin, comme ses Moines Missionnaires, prêchant de village en village. Progressivement, il fonda dans chaque hameau une paroisse, avec son propre Prêtre et les liturgies illuminées par l'esprit Bénédictin.

Willibrord et Saint Boniface de Crediton furent ensemble responsables de l'institution de chorepiscopi, " Évêques régionnaires ", dans cette partie de l'Europe occidentale, afin de les aider dans leur travail.

Willibrord était adroit pour traiter avec les puissants du lieu, qui avaient les terres, l'argent et la puissance nécessaire pour soutenir son œuvre.
Il utilisa ces grands, en fit des serviteurs de l'Évangile, mais ne leur fut jamais subordonné, ni prêt à donner sa Bénédiction pour leurs folies.

Il obtint d'eux de grandes étendues de terres qu'il transforma en villages et paroisses, comme Alphen dans le nord Brabant.
Avec leur argent, il fonda des Monastères qui servirent de centres d'illumination intellectuelle et religieuse.
Willibrord était apparemment opposé au travail des Culdees, qu'il rencontra.

Vers 700, il fonda un second important centre Missionnaire, à Echternach, sur les bords de la Sure, dans l'actuelle jonction entre le Grand-Duché de Luxembourg et l'Allemagne.
Il continua à évangéliser, en particulier la zone nord des pays de l'actuel Benelux, bien qu'il semble qu'il aie aussi exploré le Danemark et peut-être la Thuringe (Haute Frise).

Un jour, il faillit mourir en mission - il fut attaqué par un prêtre païen à Walcheren, pour avoir détruit une idole.
C'est en 714 que Willibrord Baptisa Charles Martel, le fils de Pépin le Bref.

Durant la période 715-719, Willibrord expérimenta des revers durant la révolte des Frisons contre les Francs.
A la mort de Pépin 2, le 16 Décembre 714, le duc Radbod, qui lui avait fait allégeance mais n'avait jamais été convertit, envahit les territoires qu'il avait perdus contre Pépin d'Herstal. Il massacra, pilla, brûla et vola tout ce qu'il put trouver portant la marque Chrétienne.

Mais bien vite, la querelle de succession interne à la famille de Pépin ayant été résolue par l'habileté de Charlemagne, Radbod et ses alliés de Neustrie furent battus par Charlemagne et ses Austrasiens, dans la forêt de Compiègne, le 26 Septembre 715.

Il y aura encore d'autres soulèvements jusqu'à la mort de Radbod en 719, mais Willibrord et ses Missionnaires seront à même de réparer les dégâts et de renouveler leur œuvre. Vers 719, Boniface les rejoignit et travailla avec eux en Frise durant 3 ans, avant de partir pour la Germanie.

La réussite Missionnaire de Willibrord ne fut pas spectaculaire - la rapidité et le nombre des conversions ont été exagérées par les auteurs postérieurs - mais ce furent de solides fondations posées ; " sa Charité était manifeste dans son incessant travail quotidien pour l'Amour du Christ " (Alcuin). On l'appelle l'Apôtre des Frisons.

Il mourut alors qu'il faisait retraite à Echternach, le 7 Novembre 739. Son maigre corps fut placé dans un sarcophage de pierre, que l'on peut toujours y voir.

Durant le début du VIIIe siècle, un Moine d'Echternarch composa un calendrier des Saints, dont nombre étaient en relation avec les passages de la vie de Willibrord.
Le Calendrier de Saint Willibrord est à présent à la Bibliothèque Nationale à Paris, manuscrit latin ms. 10.837, et est du plus haut intérêt pour les étudiants en hagiographie ; à la date du 21 Novembre 728 (folio 39) on trouve plusieurs lignes autobiographiques rédigées par Willibrord en personne, donnant les dates de son arrivée en France et son Ordination comme Évêque. (Attwater, Delaney, Encyclopaedia, Grieve, Verbist).

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Date de dernière mise à jour : 07/11/2017