Saint Jean de Capistran, Prêtre Franciscain (1386-1456). Fête le 23 Octobre.

Lundi 23 Octobre 2017 : Fête de Saint Jean de Capistran, Prêtre Franciscain, Patron des aumôniers militaires (1386-1456).

Saint jean de capistran cathedrale vienne 11La chaire gothique, surmontée du monument baroque à Saint Jean de Capistran, adossés au chevet de la Cathédrale Saint-Étienne à Vienne, Autriche.
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 Saint Jean de Capistran
Prêtre o.f.m.
Patron des aumôniers militaires

Jean de Capistran, (24 Juin 1386-23 Octobre 1456), l'un des Saint Jean, était un Franciscain italien, qui prêcha dans l’Europe entière. Il a été Canonisé en 1690 ; il est fêté le 23 Octobre par l’Eglise Catholique Romaine.

En 1984, le Pape Saint Jean-Paul II nomma Saint Jean de Capistran, patron des aumôniers militaires.

Jean, né à Capistrano, dans l'Abruzze, était fils d'un gentilhomme français qui avait suivi à Naples le duc d'Anjou, devenu roi de ce pays.

Après ses humanités, il fut envoyé à Pérouse pour y étudier le droit Canonique et civil. On le pourvut d'une place de judicature, et un homme riche et noble, charmé de ses qualités éminentes, lui donna sa fille en mariage. Tout lui souriait dans le monde, quand tout à coup s'évanouirent ces flatteuses espérances.

Dans une guerre contre le roi de Naples, la ville de Pérouse le soupçonna de prendre le parti de ce prince ; on le fit arrêter.

Malgré son innocence et son éloquence à se défendre, il fut jeté en prison. Sur ces entrefaites sa femme étant morte, il résolut de ne plus servir que Dieu.

Il vendit tous ses biens, paya sa rançon, distribua le reste aux pauvres, et se réfugia chez les Franciscains, au monastère du Mont, près de Pérouse.

Le gardien, craignant que cette vocation ne fût l'effet d'un dépit passager plutôt que d'un mouvement de la grâce, voulut l'éprouver.

Il lui ordonna de faire le tour de la ville de Pérouse dont il avait été gouverneur, monté à rebours sur un âne, couvert d'un mauvais habit et la tête coiffée d'un bonnet de carton où étaient écrits divers péchés. Après une telle épreuve, les humiliations du noviciat ne lui coûtèrent plus.

On lui donna pour maître un simple frère convers, à la direction duquel Jean se soumit avec la simplicité d'un enfant. Il fut traité par lui avec dureté :
« Je rends grâces au Seigneur, disait-il plus tard, de m'avoir donné un tel guide ; s'il n'eût usé envers moi de pareilles rigueurs, jamais je n'aurais pu acquérir l'Humilité et la Patience. »

Jean fut renvoyé par deux fois du noviciat comme incapable de remplir jamais aucun emploi dans la Religion.

Il resta jour et nuit à la porte du Couvent, souffrant avec joie l'indifférence des Religieux, les railleries des passants et les mépris des pauvres qui venaient demander l'aumône.

Une persévérance si héroïque désarma la sévérité des supérieurs et dissipa leurs craintes. Jean, reçu de nouveau, fut enfin admis à la profession.

Dès lors sa vie fut admirable, il vivait uniquement de Jésus sur la Croix. Embrasé d'Amour pour Dieu, il faisait de sa vie une Oraison continuelle : le Crucifix, le Tabernacle, l'image de Marie, le jetaient dans l'extase :
« Dieu, disait-il, m'a donné le nom de Jean, pour me faire le fils de Marie et l'ami de Jésus. »

Ordonné Prêtre, Jean fut appliqué au Ministère de la Parole. Ses paroles produisaient partout des conversions nombreuses.

Une secte de prétendus moines, les Fraticelli, dont les erreurs et les mœurs scandalisaient l'Église, fut anéantie par son zèle et sa Charité.

Le Pape Eugène IV, frappé des prodigieux succès de ses discours, l'envoya comme Nonce en Sicile ; puis le chargea de travailler, au Concile de Florence, à la réunion des Latins et des Grecs. Enfin il le députa vers le roi de France, Charles VII.

Ami de Saint Bernardin de Sienne, il le défendit, devant la cour de Rome, contre les calomnies que lui attirait son ardeur pour la réforme de son Ordre ; il l'aida grandement dans cette entreprise, et il alla lui-même visiter les maisons établies en Orient.

Nicolas V l'envoya, en qualité de commissaire apostolique, dans la Hongrie, l'Allemagne, la Bohème et la Pologne.

Toutes sortes de Bénédictions accompagnèrent ses pas. Il ramena au bercail de l'Église un grand nombre de personnes, et convertit une quantité prodigieuse de Juifs et de Musulmans.

À cette époque, Mahomet II menaçait l'Occident d'une complète invasion, tenait Belgrade assiégée, il se promettait d'arborer le croissant dans l'enceinte même de Rome.

Le Pape Calixte III chargea Saint Jean de Capistran de prêcher une croisade : à la voix puissante de cet ami de Dieu, une armée de 40,000 hommes se leva ; il lui trouva pour chef Huniade, un héros, et il la conduisit à la victoire.

Étant à trois journées de marche des Turcs, tandis qu'il Célébrait la Messe en plein air dans les grandes plaines du Danube, les témoins ont rapporté qu'une flèche partie d'en haut vint, pendant le Saint Sacrifice, se placer sur le corporal.
Après la Messe, le Saint lut ces mots écrits en lettres d'or sur le bois de la flèche :

« Par le secours de Jésus, Jean de Capistran remportera la victoire. » Au fort de la mêlée, il tenait en main l'étendard de la Croix et criait :
"Victoire, Jésus, victoire ! »
Belgrade fut sauvée. C'était en l'an 1456.

Trois mois après, Saint Jean de Capistran, ayant prononcé ces paroles du Nunc dimittis : « C'est maintenant, Seigneur, que vous laisserez mourir en Paix votre serviteur, » expira en disant une dernière fois : « Jésus ».
Il avait 70 ans.
Jean de Capistran a été Canonisé le 16 Octobre 1690 par le Pape Alexandre VIII (Pietro Vito Ottoboni, 1689-1691).
Frères des Écoles Chrétiennes, Vie des Saints.

Saint 89 2Saint Jean de Capistran apparaissant à Saint Pierre d'Alcantara. Luca Giordano. XVIIe.

http://nominis.cef.fr/contenus/saint/2066/Saint-Jean-de-Capistran.html.

Saint Jean de Capistran

Frère Mineur (+ 1456)

Originaire d'une noble famille de condottiere allemand, à Capestrano dans le royaume de Naples, Jean étudie le droit ce qui lui permet de commencer une carrière juridique. Gouverneur et capitaine de Pérouse, il se marie.

Mais la mort de sa femme bien-aimée lui casse ses projets alors qu'il a 29 ans. Il se convertit d'une vie qui avait connu quelques scandales.

Il parcourt alors Pérouse, monté à rebours sur un âne, coiffé d'une mitre en carton où se lisaient ses plus gros péchés.

Il peut alors entrer chez les Franciscains de Pérouse. Ses qualités de juriste et son grand souci d'une Vie Religieuse plus rigoureuse lui valent de rédiger les nouvelles Constitutions de la branche "observante" de l'Ordre Franciscain.

Il rédige aussi, pour ses Frères Prêtres, le "Miroir des clercs" qui aura un grand succès. Formé à la prédication par saint Bernardin de Sienne, il devient un grand prédicateur populaire qui prêche la dévotion au Nom de Jésus.

Fin diplomate, il est employé par plusieurs Papes pour des missions délicates, en particulier pour la conversion des milieux hussites en Bavière, en Saxe, en Silésie et en Pologne.

La grande affaire de sa vie sera la prédication de la croisade contre les Turcs qui, par la prise de Constantinople en 1453, ont anéanti l'empire des Chrétiens d'Orient sous le regard indifférent des Chrétiens d'Occident.
Mais voilà qu'ils menacent aussi l'Europe. Jean consacre toute son ardeur à convaincre les Occidentaux de l'urgence des temps.

Les Hongrois le suivent. Il accompagne leur armée, dirige la bataille et l'avance turque est stoppée près de Belgrade en 1456. Saint Jean de Capistran mourra de la peste noire sur les bords du Danube quelque temps après.
Le rôle de Jean de Capistran au service de la réconciliation des peuples d'Europe autant que sa prédication pour conseiller les chefs militaires et ranimer l'espérance des chevaliers lui ont valu d'être choisi comme saint patron des aumôniers militaires. (diocèse aux armées françaises)

Mémoire de Saint Jean de Capistran, Prêtre de l’Ordre des Mineurs, qui travailla à rétablir dans son Ordre la discipline régulière et à affermir la Foi et les mœurs Catholiques à travers l’Europe.
Par la ferveur de ses prédications et de ses Prières, il encouragea le peuple des fidèles et contribua à la défense de la liberté des Chrétiens.
Épuisé de fatigue, il mourut en 1456 au Couvent d’Ujlak, sur la rive du Danube, alors dans le royaume de Hongrie.
Martyrologe romain.

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Biographie

Saint Jean de Capistran naquit au royaume de Naples, près d'Aquila, à Capistran, dans les Abruzzes, le 24 juin 1386, d’un noble seigneur, sans doute angevin mais peut-être savoyard, qui avait suivi Louis I° d'Anjou [1] dans la conquête du royaume de Naples, et, après avoir épousé une personne de rare piété, s'était fixé à Capistran.
Très tôt orphelin de père, Jean fut initié par sa mère aux premiers éléments, puis fut envoyé à Pérouse où, pendant dix ans, il étudia si brillamment le droit civil et canonique que ses maîtres, le considérant comme le prince des jurisconsultes, recouraient à son jugement dans les questions épineuses.

Nommé gouverneur de Pérouse [2] par le roi Ladislas [3] (1412), Jean étant pour tous un juge intègre et incorruptible, traita sévèrement les fauteurs de désordre.
Un seigneur tenta de le soudoyer pour obtenir une sentence de mort contre un ennemi, mais Jean ayant soigneusement étudié le cas et reconnu l'innocence de l'accusé, le libéra en dépit des menaces de l’accusateur.

En 1415, il allait épouser la fille d'un riche pérugin, quand, négociant la paix entre Pérouse et de Rimini, il fut trahi et enfermé, les fers aux pieds, dans une tour de Rimini.
En s'évadant le long de la muraille extérieure,  il tomba et se brisa le pied ; ressaisi, il fut jeté dans un cachot souterrain où, épuisé, révolté et livré à de tristes réflexions, il s'endormit.

« Lui apparut dans les airs un homme vêtu de l’habit des Franciscains, s’adressant ainsi à lui : “ A qui parles-tu avec tant d’arrogance ? ”
Jean lui dit plein de terreur : “ Qu’est-ce que Dieu veut de moi ? ” Et l’homme lui répondit : “ Ne vois-tu pas ce que Dieu a choisi de faire de toi ? Ne vois-tu pas cet habit que je porte ? A ce monde tu enseigneras la Religion. ”
Jean répondit : “ Je ferai ce que Dieu ordonne et je la proclamerai puisque telle est la volonté de Dieu. ”
- L’homme vêtu de l’habit des Frères mineurs, plongeant son regard dans le sien ; il le regarda avec tant de tendresse que son cœur fondit et de ses yeux jaillirent comme des torrents de larmes et de ses entrailles sortirent de profonds soupirs.
-  L’homme disparut mais il eut une autre vision : lui fut montrée la terre presque dans l’obscurité, dans une ombre épaisse et au milieu des ténèbres demeurait un rayon de lumière et vers cette lumière affluaient de nombreux peuples, des foules innombrables.
Toujours il pensa et crut que cet homme lui était apparu était le bienheureux François.
Personne ne peut nier que les peuples s’acheminant vers la lumière fussent les Italiens, les Allemands, les Bohémiens, les Hongrois, les habitants de la Transylvanie et de la Valachie, les Russes et les Slaves ; et le rayon de lumière était Jean lui-même qui répandit la doctrine divine.
 »

Libéré au prix d'une forte rançon, Jean vendit ses biens, rendit la dote à sa fiancée, distribua aux pauvres le reste de ce qu'il possédait et demanda son admission chez les Observants del Monte, près de Pérouse.
Pour éprouver sa vocation Marc de Bergame lui dit : « Les couvents ne sont point le refuge des vagabonds et de quiconque est fatigué du siècle ; il faut bien d'autres preuves pour entrer dans un ordre religieux ; je ne vous admettrai que quand vous aurez dit un adieu solennel au monde et à toute vanité terrestre. »
Jean parcourut les rues de Pérouse, monté à rebours sur un âne, couvert de haillons et coiffé d'une mitre de carton sur laquelle étaient écrits en gros caractères tous les péchés de sa vie ; la populace le considérant comme un insensé, l'accabla de ses moqueries et de ses injures.

A la suite de cette épreuve, Jean fut admis au couvent des Franciscains de Pérouse (4 octobre 1416) et placé sous la direction d'Onuphre de Seggiano, simple frère lai, mais religieux d'une rare prudence et d'une haute sainteté : il travailla dès lors à se dépouiller du vieil homme pour revêtir le nouveau, se montra assidu à l'oraison, plein de zèle et de charité à l'égard de ses frères malades, donna l'exemple d'une obéissance aveugle dans la pratique des plus rigoureuses austérités.

Le noviciat fut marqué pour Jean par de grandes humiliations, de fortes réprimandes, de rudes souffrances corporelles.
Un jour que les novices devaient laver les tuniques, les frères n'osaient commencer le travail parce que l'eau dans laquelle trempaient les tuniques était toute bouillante ; survint alors le frère Onuphre qui, sans rien dire aux autres, adressa de vifs reproches à Jean, l’accusant de négligence et de paresse, puis tirant de l'eau bouillante une tunique, il la lui jeta au visage. Sentant son visage brûlé, Jean se jeta à genoux devant son supérieur, mais aucune trace de brûlure ne paraissait sur sa face.

Admis bientôt à faire sa profession, l'humble religieux redoubla de ferveur dans l'accomplissement des tâches, singulièrement des plus bas offices.
Jean de Caspistran étudia ensuite la théologie avec saint Jacques de La Marche [4], et eut pour premier maître saint Bernardin de Sienne [5].
Celui-ci ne tarda pas à constater les progrès surprenants de son élève : un jour, il dit en parlant de lui : « Jean apprend en dormant ce que d'autres n'apprennent qu'en travaillant jour et nuit. »

Jean de Capistran qui semblait avoir reçu la science infuse, se montra profond théologien, savant canoniste et le plus grand missionnaire de son temps.
Disciple de saint Bernardin de Sienne, il en saisit le secret : humilité, prière et pénitence, comptant avant tout sur la grâce divine pour surmonter les obstacles.
Vers 1420, Jean était diacre quand saint Bernardin le fit prêcher à Sienne et en Toscane.
Ordonné Prêtre, vers 1425, il ne s’accorda plus de repos, parcourant l’Italie pour combattre toutes les erreurs, attaquer toutes les sectes, et ramener à Dieu des milliers de pécheurs, de juifs, d’hérétiques et de schismatiques ; la sainteté de sa vie forçait au silence ceux qui refusaient la conversion. Dans toute l'Italie, les populations accouraient en foule pour l'entendre.

Martin V, Eugène IV, Nicolas V et Calixte III, eurent recours à Jean dont ils firent un nonce apostolique, un légat a latere et un inquisiteur général.
Contre les excès des fratricelles qui s'étaient multipliés en Italie à la faveur du Grand Schisme d’Occident, Martin V donna d’amples pouvoirs à Jean de Capistran et à Jacques de la Marche (1426) ; l'erreur, un instant comprimée par l'éloquence, le courage et la charité des deux Franciscains, se réveilla plus menaçante, aussi mandaté par Eugène IV (1432) et Nicolas V (1447), Jean de Capistran poursuivit l'hérésie sans se soucier des fatigues ou par des périls.

Un jour, en rase campagne, il s'éloigna de ses compagnons pour prier ; des hérétiques, ne sachant pas qui il était, lui demandèrent d'un air furieux où était le frère Jean de Capistran ; comprenant le danger, mais ne voulant pas se sauver par un mensonge, répondit d'une voix ferme : C'est moi qui suis Jean de Capistran !
Frappès d'une terreur soudaine, les sectaires ne lui firent aucun mal. Jean de Capistran, comme son maître Bernardin, appuyait son enseignement  sur le Nom de Jésus  dont il proclamait les gloires.

Quand il apprit que Bernardin était persécuté à cause de cette dévotion, il accourut à Rome pour plaider la cause de son maître auprès de Martin V.
Il assista Martin V dans sa dernière maladie, et prédit à Eugène IV sa prochaine élection ; il examina, avec saint Laurent Justinien, la cause des disciples de Jean Colombini [6], les Jésuates, soupçonnés d’avoir parti lié avec les fratricelles, qui criaient : « Vive le Christ et la riche sainte pauvreté que nous avons choisie pour épouse ! »
Il attesta leur innocence (1437).
Vers 1439, nommé visiteur des couvents franciscains de Terre Sainte, Jean de Capistran travailla à l’union des Arméniens dont il ramena des représentants au concile de Florence [7].
Il s’opposa à l'antipape Félix V, et fut légat d’Eugène IV en Milanais et en Bourgogne ; il gagna Philippe Visconti [8] à la cause de Rome, puis, passant en Bourgogne, il y fut reçu comme un ange du Ciel.

Après le Concile de Florence Jean, nommé nonce apostolique en Sicile, s'arrêta au couvent du lac Trasimène où il vit pour la dernière fois Bernardin de Sienne.
A Palerme, il préféra au palais une cellule du couvent où il remplit les plus humbles offices. A la mort de Bernardin, il vint à Aquila pour être témoin des miracles accomplis sur son tombeau et prépara sa Canonisation.
Il prêcha en Italie la croisade contre les Turcs, puis fut légat en France. A Eugène IV, il refusa l'évêché d'Aquila, pour continuer la vie du cloître et les travaux du ministère apostolique ; profondément touché, le Pape n'insista pas davantage pour l'évêché de Rietti.

Continuant de remplir des charges importantes sous Nicolas V auquel il avait prédit la tiare, Jean travaillait à la réforme de son ordre ;  disciple de saint Bernardin de Sienne, Jean de Capistran, visiteur ou vicaire général, s’occupa de la réforme des conventuels et de l'extension de l'observance, en Italie et en France.
« Plus qu'aucun autre il dilata et accrut, non seulement le premier ordre de Saint-François, mais encore le second et le troisième. »
Il fonda ou réforma un grand nombre de Monastères du second ordre, y mettant en vigueur la première règle de sainte Claire.
Il propagea le tiers-ordre qu’il défendit par le Defensorium tertii ordinis a sancto Francisco instituti.
Il fut envoyé en Allemagne où il fut chargé d'étendre et de gouverner l'Ordre.

L’empereur Frédéric III et son frère Albert, duc d'Autriche, demandèrent Jean de Capistran à Nicolas V, pour combattre les hussites et rétablir la concorde parmi les princes allemands.
L’ambassade, conduite par Æneas Sylvius Piccolomini, futur Pie II, eut un plein succès.
 Jean de Capistran, nonce apostolique et inquisiteur, choisit douze compagnons, les fit pèleriner à Assise et, à pied, ils gagnèrent l’Allemagne dans le recueillement, un âne portant leurs bagages.
Près de Trévise, comme le batelier leur refusait le passage du Siliano parce qu'ils n'avaient pas d'argent, Jean étendit sur le fleuve le manteau de saint Bernardin : les eaux se divisèrent pour laisser passer les religieux, puis se rejoignirent.
On leur fit un triomphe en Lombardie ; en Allemagne, des villes entières se portèrent à leur rencontre, recevant Jean comme l'envoyé de Dieu.
Après quelques jours à Neustadt, près de la cour, il partit pour Vienne ; Pie II fit ce portrait : « Il était petit de taille, avancé en âge (65 ans), desséché, amaigri, épuisé, n'ayant que la peau et les os, et néanmoins toujours gai et infatigable au travail.
Il prêchait tous les jours, traitait les questions les plus profondes, plaisait aux simples comme aux savants ; il avait journellement vingt et trente mille auditeurs ; il prêchait en latin et un interprète traduisait son discours.
 »

Jean prêcha en Carinthie, en Styrie, en Autriche, en Bohême, en Moravie, en Silésie, en Bavière, en Thuringe, en Saxe, en Franconie, en Pologne, en Transylvanie, en Moldavie, en Valachie et dans d'autres provinces, accomplissant des prodiges, des guérisons et quelques résurrections.
Dans toutes les villes où il prêchait, il faisait apporter les tableaux obscènes, les cartes, les dés, les faux cheveux ou autres vaines parures, et les livrait aux flammes, en présence de la foule.
Cette exécution solennelle, l'Incendie du château du diable, introduite par saint Bernardin, était continuée par tous ses disciples.
Un prêtre envieux qui s'était avisé de blâmer Jean, mourut la nuit suivante.

Jean de Capistran envoya plusieurs de ses religieux en Prusse et en d'autres provinces où il ne pouvait aller lui-même ; de toutes parts ou réclamait sa présence, on faisait appel à ses conseils.
Après la prise de Constantinople [9], les Turcs menaçaient la Hongrie. A la diète de Neustadt (2 février 1455) Jean fit approuver une croisade que la mort de Nicolas V ajourna d’un an ; Calixte III invita les princes chrétiens à prendre les armes.
Jean entra triomphalement en Hongrie ; au milieu de 1455, à la diète de Bude, il dissipa toutes les hésitations et enthousiasma tous les cœurs puis il prêcha en Hongrie pour la croisade dont Jean Corvin Hunyade [10] fut nommé généralissime. Le 14 février 1456, à Bude, Jean reçut la croix des mains du Cardinal légat.

Les Turcs, par terre et par mer, s'avançaient vers Belgrade, forteresse de la frontière hongroise, ceinte des eaux de la Save et du Danube.
Jean de Capistran se hâta d'appeler les croisés sous les armes, fit préparer quelques barques avec des vivres, et, accompagné de quelques Franciscains, avec un petit nombre de croisés, descendit le Danube vers Belgrade.
A Peterwardein, comme il célébrait la messe, tomba du Ciel une flèche où étaient écrits en lettres d'or :
« Jean, ne crains pas, poursuis avec assurance ce que tu as commencé, car par la vertu de mon Nom et de la sainte Croix tu remporteras la victoire sur les Turcs. »
Il imposa la Croix à ceux qui ne l’avaient pas encore, en fit tous les ornements Sacerdotaux et ordonna de fabriquer un étendard où l’on mit la Croix et la figure de saint Bernardin.

Entré à Belgrade le 2 juillet, alors Fête de la Visitation, il trouva les habitants pleins de joie, ne redoutant plus l’attaque des Turcs, du moment que Jean de Capistran était dans leurs murs.

Le quatrième jour, la ville fut investie par les infidèles.
Déterminé à chercher du secours, Jean célébra la Messe, adressa aux croisés une exhortation pour les animer au courage et à la résistance.
De Peterwardein, il écrivit à Hunyade, retiré dans un de ses châteaux, pour lui annoncer le grand péril et le supplier de lui venir en aide, pour l'amour de Dieu, pour l'honneur du nom Chrétien, et pour son propre honneur.
Hunyade réunit tous les croisés à Semlin, avec quelques vaisseaux pour forcer le blocus et ravitailler la ville.

Jean écrivit des lettres et députa ses religieux pour inviter les prélats et les barons à venir conjurer le péril.
Les croisés affluèrent près de Jean de Capistran qui ne se donna plus le temps de manger ni de dormir, tout entier à la rupture du blocus.
Debout sur le rivage, tenant en main l'étendard sacré, il ne cessait d'invoquer le nom de Jésus.

Vaincus sur le fleuve, les infidèles redoublaient leurs efforts par terre : pendant les onze jours qui suivirent la victoire navale, Jean resta nuit et jour au milieu des croisés.
Les Turcs se décidèrent à donner un assaut général et Jean Hunyade vint pendant la nuit dire à Capistran : « Mon Père, nous allons infailliblement succomber !

- Ne craignez point, illustre seigneur, luirépondit Jean de Capistran, Dieu est puissant ; il peut avec des faibles instruments briser la force des Turcs, défendre la ville et confondre nos ennemis.
Et comme Hunyade répliquait qu'il considérait la citadelle comme perdue : Ne craignez point, lui dit Jean de Capistran, la citadelle sera à nous, nous défendons la cause de Dieu et le Nom du Christ, je suis certain que Dieu fera triompher sa cause. »

Il choisit quatre mille croisés parmi les plus forts, les plus courageux et les plus fidèles, les conduisit dans la citadelle où il leur ordonna d'invoquer le Nom de Jésus.
Pendant la soirée et la nuit, on résista : les Turcs prirent la première enceinte ; un combat acharné s'engagea près du pont-levis de la seconde enceinte.
Les croisés jetèrent des broussailles enflammées sur les assaillants qui se retirèrent en criant : « Retirons-nous, car le Dieu des Chrétiens combat pour eux. »

Au jour, on vit dans les fossés de nombreux cadavres turcs, alors que seulement soixante chrétiens étaient morts.
Quelques jours plus tard, précédé de son étendard, Jean de Capistran sortit de la ville pour un nouveau combat ; les Chrétiens acclamaient le Nom de Jésus en lançant leurs flèches et les infidèles terrifiés étaient renversés de leurs chevaux ou prenaient la fuite.
La formidable armée du Croissant fut taillée en pièces et laissa, dit-on, quarante mille morts sur le terrain ; Mahomet II lui-même, qui se faisait appeler la terreur de l’univers, blessé d’une flèche, fut obligé de fuir (14 juillet 1456).

A l'annonce de cette victoire, le Pape Calixte III institua la Fête de la Transfiguration.

Quelques semaines plus tard, Hunyade mourait entre les bras de Jean de Capistran qui, brisé par l'âge et les fatigues, dévoré par une fièvre continuelle, voyait avec calme approcher la mort ; au couvent de Vilak, près de Sirmium il reçut les derniers Sacrements avec abondance de larmes, puis, étendu sur la terre nue, il s'endormit paisiblement dans le Seigneur, âgé de soixante et onze ans (23 octobre 1456).

Le corps de Jean de Capistran fut enseveli dans l'église du couvent de Vilak où les peuples vinrent en foule vénérer son tombeau, obtenant par son intercession d'innombrables guérisons et plusieurs résurrections.

Les Turcs s'étant emparés de Belgrade (1521), prirent le château fort de Vilak et ruinèrent le couvent des Franciscains.
On ne sut plus dès lors ce qu'était devenue la précieuse dépouille de Jean de Capistran que d’anciennes archives franciscaines de Bulgarie, découvertes en 1874, disent avoir été vendue par les Turcs à un riche seigneur qui la donna à une communauté de basiliens schismatiques. D'après cette version, le corps du saint, préservé de toute corruption et revêtu de l'habit Franciscain, se trouverait à Bistriz en Roumanie.

Des Vies de saint Jean de Capistran furent écrites par trois de ses disciples : Christophe de Varèse, Jérôme d’Uldine et Nicolas de Fara.
Dès 1515, Léon X permit à la ville de Capistran et à tout le diocèse de Sulmone de célébrer, avec une messe et un office solennels, la Fête de Jean qu'on appelait « le champion du saint Nom de Jésus, le chef des armées Catholiques contre les infidèles. »
Grégoire XV étendit cette permission à toutes les familles Franciscaines.

Cependant, malgré les nombreux miracles et les nombreuses requêtes, son procès de Canonisation ne commença qu’en 1662 ; il fut Canonisé par Alexandre VII, le 16 octobre 1690, et la bulle de Canonisation fut publiée par Benoît XIII, en 1724.
Son office a été étendu à l'Église universelle par Léon XIII (1885).
Sa Fête était célébrée le 23 octobre, jour anniversaire de sa mort, jusqu’à Léon XIII qui la fixa au 28 mars, mais comme les pays qui lui étaient les plus dévots avaient obtenu de garder le 23 octobre, Paul VI la rétablit pour tous à cette date.

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Date de dernière mise à jour : 23/10/2017