Sainte Thérèse d'Avila, vierge, Réformatrice des Carmélites et Docteur de l'Église (1515-1582). Fête le 15 Octobre.

Dimanche 15 Octobre 2017 : Fête de Sainte Thérèse d'Avila, vierge, Réformatrice des Carmélites et Docteur de l'Église (1515-1582).

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Ste Thérèse d'Avila (1515-1582)

Thérèse de Cépéda y Ahumada naquit en 1515 à Avila, dans une famille de la noblesse espagnole.

Douée d’un tempérament de feu et d’une grande imagination, elle entra à vingt ans au Carmel du lieu, malgré la vive opposition de son père.

Toutes ses passions, Thérèse les fit passer dans sa vie intérieure ; elle connut une profonde intimité avec le Seigneur, mais elle eut aussi affaire à l’aridité, la « nuit des sens ».

A quarante ans, grâce à ce qu’elle décrira dans son œuvre comme des expériences mystiques, elle trouva une stabilité spirituelle assurée, malgré sa mauvaise santé physique, conséquence indubitable des conditions de vie des Monastères de son temps.

Sous la direction de François de Borgia et de Pierre d’Alcantara, puis de Jean de la Croix, Thérèse entreprit de fonder de petites Communautés Carmélitaines dans toute l’Espagne pour offrir aux Moniales une vie de Prière intense.
C’est le début de la réforme du Carmel, qui touchera peu après aussi la branche masculine.

Parvenue à une vraie connaissance d’elle-même et de la présence de Dieu dans son âme, Thérèse laissa à la postérité, sur l’ordre de son père spirituel, des traités sur la Prière et sur la Vie intérieure qui lui ont valu le titre de Docteur de l’Église sous le pontificat de Paul VI, en 1970.
Thérèse est morte le 4 Octobre 1582 ; on fait mémoire d’elle le 15, parce que, ce jour-là précisément, l’Église d’Occident passa du calendrier julien au calendrier grégorien.

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http://carmina-carmina.com/carmina/Mytholosaintes/therese.htm

Sainte Thérèse d’Avila

Sainte Thérèse mourut le soir du 4 Octobre 1582. C’était le dernier jour du calendrier Julien. Elle fut enterrée le lendemain, c’est-à-dire 11 jours plus tard, le 15 Octobre, premier jour du calendrier Grégorien, le nôtre.
Passage fabuleux du calendrier Julien au calendrier Grégorien qui suscita des émeutes en raison de la suppression de 11 jours.

Tous les pays résistèrent à ce passage. Ce n’est que progressivement qu’ils acceptèrent de réorganiser leur calendrier.
La Russie ne le fit qu’en 1918 et le dernier fut la Turquie en 1923.

Qu’est-ce que Sainte Thérèse est devenue pendant ces 11 jours qui lui ont été volés à la fin de sa vie, entre sa mort et son enterrement ?
Elle a clôturé un cycle important. Comme pour beaucoup de Saints, à l’heure où elle mourut, une colombe sortit de sa bouche puis elle dégagea une odeur suave.
A côté de sa cellule, il y avait un arbre tout sec, recouvert de décombres et de chaux, qui se mit à reverdir et commença à porter des fleurs.

Thérèse est née le 28 Mars 1515 au sud de la Vieille Castille, à Avila. Son père, un peu ascétique, s’appelait Don Alphonse Sanchez de Cepeda.
Il eut trois enfants de sa première femme. Sa seconde femme, Dona Beatrix, qui s’habillait toujours comme une vieille dame, lui donna 7 fils et 2 filles dont Thérèse.
Béatrix mourut à l’âge de 33 ans. Thérèse était âgée de 13 ans.

Était-elle rousse ? Un portrait peint par le Frère Jean de la Misère la représente avec des sourcils roux-noirs. Elle était assez grande et portait sur le côté gauche du visage trois grains de beauté.

Vers 7 ans, elle s’enthousiasma pour la lecture des Saints martyrs. Elle fugua un jour, avec son frère Rodrigue, son aîné de 4 ans, pour aller se faire martyriser par les Sarrasins.
Un oncle les rencontra sur la route de Salamanque et les obligea à revenir à la maison. Ils se bâtirent alors, en guise d’ermitages, des cabanes en branche dans le jardin.

Elle se mit à lire des romans de chevalerie, comme le faisait sa mère. Puis devint frivole en prenant un soin excessif de ses parures et de ses parfums.

Après la mort de sa mère, son père la plaça en pension dans un Couvent, chez les Dames Augustines d’Avila.
Au bout de 18 mois, elle tomba gravement malade et son père fut obligé de la ramener à la maison afin de la soigner.
Puis il la conduisit chez sa sœur aînée. C’est là qu’elle eut des entretiens avec son oncle, Pierre Sanchez de Cepeda, à l’issue desquels elle décida d’avoir une vie plus spirituelle.

Elle insista alors auprès de son père pour qu’il lui permette d’entrer au Monastère de l’Ordre de Notre Dame du Mont Carmel d’Avila.
Elle écrivit elle-même que lorsqu’elle quitta sa maison pour aller au Carmel, elle eut l’impression qu’on lui arrachait les entrailles et que ses os se déboîtaient.

Elle y revêtit l’habit le 2 Novembre 1533. Elle avait 18 ans. Elle reçut alors le don des larmes.

Thérèse était étique, maigre et maladive. Mais elle édifia son entourage par sa conduite. Elle devait supporter des vomissements continuels.
Les médecins pensèrent qu’elle était inguérissable. Son estomac fonctionnait mal et son corps sec et décharné la faisait parfois se contracter à tel point qu’elle paraissait toute contrefaite.

Un jour de l’Assomption, le 15 Août, elle tomba en syncope. Pendant 4 jours on la tint pour morte et l’on prépara sa tombe.
On voulut l’enterrer mais son père arriva et, sentant un léger battement au pouls, assura qu’elle était vivante. Puis elle se réveilla en disant que pendant son extase, elle avait vu Dieu, le Ciel et les Enfers.
Grâce à ses prières à Saint Joseph, elle retrouva un peu de santé. Elle lui développa un culte particulier.

Puis Thérèse commença à recevoir la visite de Jésus-Christ. Un jour il lui apparut couvert de plaies. Elle en eut le cœur brisé.
Un autre jour il lui dit “Je ne veux plus que tu aies d’amitié avec les hommes mais que tout ton entretien soit avec les anges !

Il la visitait souvent, quelquefois sous des formes sensibles et quelquefois sous des formes plus intellectuelles. D’autres fois, elle ne voyait que ses mains.
Un jour Thérèse lui présenta une croix en ébène comme on ferait au démon pour le chasser. Jésus la prit et la lui rendit enchâssée de quatre pierres précieuses.

La transverbération :
Jésus alluma en elle un tel feu de l’Amour et un tel désir de le voir qu’elle en conçut une blessure qui la mit en état de langueur.
Elle était blessée d’une plaie divine, qui, en la faisant languir et mourir, lui causait un plaisir ineffable, auquel tous les plaisirs du monde ne peuvent être comparés.”

Un Séraphin (brûlant) lui apparut, qui, ayant un dard à la main lui transperçait le cœur. Le dard était de fin or et il y avait au bout une pointe de fer qui était en feu.
Quand il le portait dans son cœur, il lui produisait une flamme d’Amour si excessive, qu’elle ne pouvait presque en supporter la véhémence; et quand il le retirait, il semblait qu’il lui arrachait les entrailles : il la laissait si embrasée, qu’elle était comme hors d’elle-même.

La douleur des blessures sacrées lui faisait échapper des gémissements; mais leur suavité qui n’était pas moindre, l’enivrait tellement qu’elle ne pouvait plus ni voir ni parler, mais seulement jouir de la douceur de sa peine et des délices de son amour.
” 
(Petits Bollandistes).

Les visions :
Puis, Satan lui apparut plusieurs fois. Il parlait avec une bouche horrible. De son corps semblait sortir une grande flamme.
Elle raconte dans sa vie que lorsque Satan lui apparaissait, elle faisait le signe de croix pour le chasser, mais il revenait toujours.
Alors elle eut recours à l’eau Bénite bien plus efficace.

En 1559, elle eut une vision de l’Enfer : C’était comme un four bas, obscur et resserré. Le sol était composé d’une eau infecte dans laquelle grouillaient des bêtes à venin. Au fond, il y avait une cavité étroite dans laquelle Thérèse se sentit encastrée. Elle ressentit dans son corps des douleurs excessives.

Un jour des Rameaux, elle reçut la Sainte communion mais fut quelques temps sans pouvoir avaler l’hostie.  Il lui semblait alors qu’elle avait la bouche pleine de sang et que son visage en était tout couvert.
Elle sentait le sang comme tout chaud et nouvellement sorti de ses veines. (Pour ceux que ça intéresse, Cf. L’enfer et les fantasmes de l’hostie, Piero Camporesi, Hachette, 1989).

Thérèse faisait souvent de la lévitation. On la voyait suspendue en l’air pendant ses prières. Au début de ses lévitations, un jour où elle s’était mise à monter, elle s’accrocha à une grille tant la position était inconfortable. Puis, elle s’habitua à monter sans appui.

Son visiteur le plus fréquent était bien sûr Jésus-Christ avec qui elle entretenait de doux rapports, mais elle eut aussi l’honneur de recevoir la visites de la Sainte Vierge, de Saint Joseph, des apôtres Pierre et Paul, de Saint Dominique, (avec qui elle discuta pendant deux heures) Saint François, Sainte Claire et de biens d’autres Saints ainsi que des dix mille martyrs qui lui promirent de l’assister au moment de sa mort.

Un jour la Vierge lui apparut avec un grand manteau dont elle couvrait Thérèse et toutes ses Moniales.

Réformes et Fondations :
Thérèse fut une grande réformatrice et fonda une vingtaine de nouvelles maisons pour les Sœurs ainsi qu’une quinzaine de maisons pour les Religieux dont plusieurs en Italie et au Mexique.
Chaque fois, elle y installait le culte à Saint Joseph.

Comme toutes les Fondatrices, elle eut bien des difficultés pour l’organisation et le financement de ses maisons. Ses rapports constants avec Jésus la confortaient dans son dessein.

On disait à l’époque qu’elle était possédée par un “esprit ambulatif”, qui avait la « bougeotte ».
La difficulté était augmentée par les accès de fièvre qu’elle contractait assez souvent. On aurait pu croire qu’elle était mue par l’horreur que lui inspiraient les destructions et les cruautés commises par les Protestants dans toute la France.
Son grand désir était de construire chaque fois une église de plus.

Tout ça ne l’empêchait pas d’écrire plusieurs ouvrages dont sa “vie”, tout en exigeant de ses Moniales la plus grande simplicité de fonctionnement, à la limite de la naïveté.

Elle Communiait le plus souvent possible. Elle obtint même de pouvoir Communier tous les jours.
C’est à partir de ce moment que ses vomissements du matin disparurent pour ne laisser place qu’aux vomissements du soir, et cela pendant 23 ans.

Paradoxalement elle avait une mentalité bien pragmatique. Un soir de la Toussaint, elle était à Salamanque, elle s’enferma avec une Moniale pour dormir dans une salle.
Sa compagne lui dit : “Ma Mère, je me demande ce que vous feriez si je mourais ici subitement ?
Thérèse lui répondit : “ma Sœur, quand ce sera arrivé, je verrai ce qu’il y a à faire. Pour l’instant, laissez-moi dormir !

Un jour qu’elle s’était blessée à la jambe, elle dit à Jésus “Seigneur, après tant d’ennuis, il faut que celui-là m’arrive en supplément !
Jésus répondit “Thérèse, c’est ainsi que je traite mes amis !” Elle répondit “Pas étonnant que vous en ayez si peu !

Il paraît qu’elle était même très bonne cuisinière.

Peu avant sa mort, elle rendit la vie à un de ses neveux en le serrant fort sur son sein.

Mais Thérèse se sentait usée !
Elle pouvait de moins en moins vivre sans jouir des embrassements et des embrasements de son bien-aimé.
D’autant plus qu’un jour Jésus lui dit que s’il n’avait pas créé le Ciel il l’aurait créé pour elle toute seule et qu’il voulait l’y mettre au plus vite.

Terminant sa dernière Fondation, à Burgos, elle voulut rentrer à Avila. Passant par Albe, la veille de la Saint Matthieu, elle y faiblit. Elle tint encore jusqu’à la Saint Michel puis il fallut la coucher.

Le 3 au soir, elle demanda le Saint viatique. Elle pouvait à peine se remuer. Puis elle recommanda à ses Religieuses de ne rien changer à sa règle.
(Saint Dominique, avant sa mort, avait fulminé contre ceux qui auraient osé toucher à quoi que ce soit de sa règle Dominicaine).

Le lendemain, elle demanda un crucifix, se mit sur le côté avec la croix dans ses bras. On lui donna l’extrême onction.
Dieu lui apparut ainsi que les dix mille martyrs qui avaient fait la promesse d’être présents à sa mort.
Puis elle mourut en fin de soirée.

Santa 29http://levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20171015&id=7286&fd=0

Sainte Thérèse d'Avila
Vierge et Docteur de l'Église
 (1515-1582)

Thérèse (nom complet : Teresa Sánchez de Cepeda Avila Y Ahumada) naît à Avila (85 km à nord-ouest de Madrid, le 28 mars 1515, de parents nobles et Chrétiens.
Dès l'âge le plus tendre, un fait révéla ce qu'elle devait être un jour.
Parmi ses frères, il y en avait un qu'elle aimait plus que les autres ; ils se réunissaient pour lire ensemble la vie des saints :
« Quoi ! lui dit-elle, les martyrs verront Dieu toujours, toujours ! Allons, mon frère, chez les cruels Maures, et soyons martyrs nous aussi, pour aller au Ciel. »
Et, joignant les actes aux paroles, elle emmenait son petit frère Rodrigue ; ils avaient fait une demi-lieue, quand on les ramena au foyer paternel.
Elle avait dès lors une grande dévotion à la Sainte Vierge. Chaque jour elle récitait le rosaire.

Ayant perdu sa mère, à l'âge de douze ans, elle alla se jeter en pleurant aux pieds d'une statue de Marie et la supplia de l'accepter pour sa fille, promettant de la regarder toujours comme sa Mère.
Cependant sa ferveur eut un moment d'arrêt. De vaines lectures, la société d'une jeune parente mondaine, refroidirent son âme sans toutefois que le péché mortel la ternît jamais.
Mais ce relâchement fut court, et, une vive lumière divine inondant son âme, elle résolut de quitter le monde.
Elle en éprouva un grand déchirement de cœur ; mais Dieu, pour l'encourager, lui montra un jour la place qu'elle eût occupée en enfer, si elle s'était attachée au monde.

Elle devint la réformatrice de l'Ordre du Carmel et fut accompagnée de saint Jean de la Croix.
Un séraphin vint un jour la percer du dard enflammé de l'Amour Divin : Jésus la prit pour épouse.

Ses révélations, ses écrits, ses miracles, ses œuvres, ses vertus, tout est sublime à la même hauteur.
Elle a notamment rédigé à la demande de ses supérieures : Le Château intérieur, Le Chemin de la perfection, Les Exclamations, Les Fondations.

En 1582, après avoir fondé le Carmel de Burgos et tandis qu'elle est en train d'effectuer son voyage de retour à Avila, elle meurt la nuit du 15 octobre à Alba de Tormes, en répétant humblement ces deux phrases :
« A la fin, je meurs en fille de l'Église » et « L'heure est à présent venue, mon Epoux, que nous nous voyons ».
Une existence passée en Espagne, mais consacrée à l'Église tout entière.

Thérèse d'Avila a été Béatifiée par le Pape Paul V (Camillo Borghese, 1605-1621) en 1614 et Canonisée le 12 mars 1622 par Grégoire XV (Alessandro Ludovisi, 1621-1623) ; elle est proclamée « Docteur de l'Église » par le Bienheureux Pape Paul VI (Giovanni Battista Montini, 1963-1978) en 1970.

Avila sainttheresa1Statue de Thérèse à Ávila. Téléversé par Xauxa

Pour approfondir, lire la Catéchèse du Pape Benoît XVI :
>>> Sainte Thérèse d'Avila  
[Allemand, Anglais, Croate, Espagnol, Français, Italien, Portugais]

Pour lire ou télécharger les Œuvres :
>>> Autobiographie (écrite par elle-même)
>>> Le chemin de la perfection
>>> Le Château Intérieur

 

Avila 2http://nominis.cef.fr/contenus/saint/2022/Sainte-Therese-d-Avila.html.

Sainte Thérèse d'Avila

Réformatrice du Carmel et Docteur de l’Église (✝ 1582)

Thérèse de Jésus.
Née dans une noble famille d'Avila en Castille, elle entre à 20 ans au Carmel. Elle se rend compte que les pratiques Religieuses de cet Ordre se sont dégradées et elle veut le réformer pour le faire revenir à la Règle primitive, malgré bien des résistances.

Elle fonde de nombreux Couvents en Espagne. Elle vit des expériences Mystiques très fortes et rencontre saint Jean de la Croix, lui même Mystique.

Elle nous a laissé des écrits de haute spiritualité, en particulier «Le château intérieur de l'âme» qui est une extraordinaire méthode de Prière et d'Oraison qui la range parmi les meilleurs guides de l'Oraison Contemplative. Paul VI la proclame Docteur de l'Église en 1970.
Elle fait partie des Saints patrons des JMJ de Madrid.

Le 2 février 2011, la catéchèse de Benoît XVI a été consacrée à un portrait de sainte Thérèse de Jésus (1515 - 1582).

Teresa de Ahumada, née à Avila (Espagne), eut une éducation et une vie mondaine avant de lire les auteurs spirituels franciscains qui lui apprirent la Méditation et la Prière. Elle entra à vingt ans au Carmel de sa ville natale, et combattit sa résistance à l'appel de Dieu.

"A trente neuf ans, pendant le Carême 1554, Thérèse atteint le sommet de cette lutte contre ses propres faiblesses". Puis son évolution intérieure "la porta vers l'idée de réformer l'Ordre Carmélitain.

Soutenue par son Évêque, elle fonda en 1562 à Avila le premier Carmel réformé", suivi par dix sept nouvelles Fondations. "Sa rencontre avec Saint Jean de la Croix, qui avait établi en 1568 près d'Avila le premier Couvent de Carmes déchaux, fut fondamentale.

Thérèse d'Avila, qui mourut en 1582, fut béatifiée par Paul V en 1614 et Canonisée en 1622 par Grégoire XV. Paul VI lui attribua en 1970 le titre de Docteur de l'Église.
 

Puis Benoît XVI a rappelé que la Sainte espagnole, "sans avoir reçu une formation académique, sut toujours tirer bénéfice des enseignements théologiques, littéraires et spirituels de ses maîtres.

Elle écrivit son autobiographie intitulée Le livre des miséricordes du Seigneur", écrit pour "soumettre son âme au discernement" de son Confesseur Saint Jean d'Avila.

Elle écrivit ensuite Le chemin de la perfection à l'attention de ses Religieuses, mais "l'œuvre Mystique majeure de Sainte Thérèse fut son Château intérieur de 1577, un écrit de la maturité" dans lequel elle décrit le cheminement vers la sainteté.

Le livre des Fondations sera réservé à l'action réformatrice de son Ordre. Évoquant alors la spiritualité thérésienne, le Saint-Père en a souligné "les vertus évangéliques qui sont à la base de la Vie Chrétienne..., en harmonie avec les personnages bibliques et à l'écoute de la Parole".

Thérèse d'Avila affirmait le caractère essentiel de la Prière, "enseignant aux lecteurs de ses œuvres à prier avec elle".

L'importance de l'humanité du Christ était un autre sujet de prédilection de la Sainte, d'où la place qu'elle réservait "à la méditation de la Passion et à l'Eucharistie, présence du Christ dans l'Église, fondement de la vie du croyant et cœur de la liturgie".

Son amour total pour l'Église, a rappelé Benoît XVI, allait de pair avec son affirmation de "la perfection comme aspiration et finalité de toute Vie Chrétienne... Sainte Thérèse d'Avila est un maître de Vie Chrétienne pour les fidèles de tout temps.

Dans une société souvent pauvre de spiritualité, elle nous apprend à être des témoins constants de Dieu, de sa présence et de son action. Son exemple de contemplative active doit nous pousser à consacrer chaque jour du temps pour la Prière.

Il ne s'agit pas de temps perdu mais un moment d'ouverture sur le chemin qui conduit à la vie, un moment pour apprendre de Dieu ce qu'est un Amour ardent pour Lui et son Église, ce qu'est la Charité réelle à offrir à nos frères".
(VIS 20110202 530)

Mémoire de Sainte Thérèse de Jésus, vierge et Docteur de l’Église. Entrée à Avila dans l’Ordre du Carmel et devenue Mère et maîtresse d’une observance plus stricte, elle disposa dans son cœur un itinéraire spirituel sous la forme d’une montée par degrés de l’âme vers Dieu; pour la réforme de son Ordre, elle dut supporter beaucoup de souffrances, qu’elle surpassa par une énergie sans faille; elle composa aussi des livres qui rapportent sa doctrine très élevée et son expérience, et mourut à Alba de Tormes en 1582.
Martyrologe romain.

Qu’il est admirable de songer que Celui dont la grandeur emplirait mille mondes et beaucoup plus, s’enferme ainsi en nous qui sommes une si petite chose !

Sainte Thérèse - Chemins de la Perfection.

Egl catho 15 octobre extase de sainte thrse davila 2http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2011/documents/hf_ben-xvi_aud_20110202_fr.html.

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Salle Paul VI
Mercredi 2 Février 2011

[Vidéo]

Sainte Thérèse de Jésus

Chers frères et sœurs,

Au cours des catéchèses que j’ai voulu consacrer aux Pères de l’Eglise et aux grandes figures de théologiens et de femmes du Moyen-âge, j’ai eu l’occasion de m’arrêter également sur certains saints et saintes qui ont été proclamés docteurs de l’Eglise en raison de leur éminente doctrine.

Aujourd’hui, je voudrais commencer une brève série de rencontres pour compléter la présentation des docteurs de l’Eglise.

Et je commence par une sainte qui représente l’un des sommets de la spiritualité chrétienne de tous les temps: sainte Thérèse d’Avila (de Jésus).

Elle naît à Avila, en Espagne, en 1515, sous le nom de Teresa de Ahumada. Dans son autobiographie, elle mentionne elle-même certains détails de son enfance: la naissance de «parents vertueux et craignant Dieu», au sein d’une famille nombreuse, avec neuf frères et trois sœurs.

Encore enfant, alors qu’elle n’avait pas encore 9 ans, elle a l’occasion de lire les vies de certains martyrs, qui lui inspirent le désir du martyre, si bien qu’elle improvise une brève fugue de chez elle pour mourir martyre et monter au Ciel (cf. Vie, 1, 4): «Je veux voir Dieu» déclare la petite fille à ses parents.

Quelques années plus tard, Thérèse parlera de ses lectures d’enfance, et affirmera y avoir découvert la vérité, qu’elle résume dans deux principes fondamentaux: d’un côté, «le fait que tout ce qui appartient au monde ici bas passe» et de l’autre, que seul Dieu est «pour toujours, toujours, toujours», un thème qui revient dans la très célèbre poésie «Que rien ne te trouble,/ que rien ne t’effraie;/ tout passe. Dieu ne change pas:/ la patience obtient tout;/ celui qui possède Dieu/ ne manque de rien/ Dieu seul suffit!».

Orpheline de mère à l’âge de 12 ans, elle demande à la Très Sainte Vierge de lui servir de mère (cf. Vie, 1, 7).

Si, au cours de son adolescence, la lecture de livres profanes l’avait conduite aux distractions d’une vie dans le monde, l’expérience comme élève des moniales augustiniennes de Sainte-Marie-des-Grâces d’Avila, ainsi que la lecture de livres spirituels, en particulier des classiques de la spiritualité Franciscaine, lui enseignent le recueillement et la prière.

A l’âge de 20 ans, elle entre au monastère Carmélite de l’Incarnation, toujours à Avila; dans sa vie religieuse, elle prend le nom de Thérèse de Jésus.

Trois ans plus tard, elle tombe gravement malade, au point de rester quatre jours dans le coma, apparemment morte (cf. Vie, 5, 9).

Même dans la lutte contre ses maladies, la sainte voit le combat contre les faiblesses et les résistances à l’appel de Dieu: «Je désirais vivre — écrit-elle — car je le sentais, ce n'était pas vivre que de me débattre ainsi contre une espèce de mort; mais nul n'était là pour me donner la vie, et il n'était pas en mon pouvoir de la prendre.

Celui qui pouvait seul me la donner avait raison de ne pas me secourir; il m'avait tant de fois ramenée à lui, et je l'avais toujours abandonné» (Vie, 8, 2)

En 1543, sa famille s’éloigne: son père meurt et tous ses frères émigrent l’un après l’autre en Amérique.

Au cours du carême 1554, à l’âge de 39 ans, Thérèse atteint le sommet de sa lutte contre ses faiblesses.

La découverte fortuite de la statue d’«un Christ couvert de plaies» marque profondément sa vie (cf. Vie, 9).

La sainte, qui à cette époque trouvait un profond écho dans les Confessions de saint Augustin, décrit ainsi le jour décisif de son expérience mystique: «Le sentiment de la présence de Dieu me saisissait alors tout à coup.

Il m'était absolument impossible de douter qu'il ne fût au dedans de moi, ou que je ne fusse toute abîmée en Lui» (Vie, 10, 1).

Parallèlement au mûrissement de son intériorité, la sainte commence à développer concrètement l'idéal de réforme de l'ordre du Carmel: en 1562, elle fonde à Avila, avec le soutien de l'évêque de la ville, don Alvaro de Mendoza, le premier Carmel réformé, et peu après, elle reçoit aussi l'approbation du supérieur général de l'ordre, Giovanni Battista Rossi. Dans les années qui suivent, elle continue à fonder de nouveaux carmels, dix-sept au total.

La rencontre avec saint Jean de la Croix, avec lequel, en 1568, elle fonde à Duruelo, non loin d'Avila, le premier couvent de Carmélites déchaussées, est fondamentale.

En 1580, elle obtient de Rome l'érection en Province autonome pour ses carmels réformés, point de départ de l'ordre religieux des Carmélites déchaussées.

Thérèse termine sa vie terrestre au moment où elle est engagée dans l'activité de fondation. En 1582, en effet, après avoir fondé le carmel de Burgos et tandis qu'elle est en train d'effectuer son voyage de retour à Avila, elle meurt la nuit du 15 octobre à Alba de Tormes, en répétant humblement ces deux phrases: «A la fin, je meurs en fille de l'Eglise» et «L'heure est à présent venue, mon Epoux, que nous nous voyons».

Une existence passée en Espagne, mais consacrée à l'Eglise tout entière. Béatifiée par le Pape Paul V en 1614 et Canonisée en 1622 par Grégoire XV, elle est proclamée «Docteur de l'Eglise» par le Serviteur de Dieu Paul VI en 1970.

 

Thérèse de Jésus n'avait pas de formation universitaire, mais elle a tiré profit des enseignements de théologiens, d'hommes de lettres et de maîtres spirituels.

Comme écrivain, elle s'en est toujours tenue à ce qu'elle avait personnellement vécu ou avait vu dans l'expérience des autres (cf. Prologue au Chemin de perfection), c'est-à-dire en partant de l'expérience.

Thérèse a l'occasion de nouer des liens d'amitié spirituelle avec un grand nombre de saints, en particulier avec saint Jean de la Croix.

Dans le même temps, elle se nourrit de la lecture des Pères de l'Eglise, saint Jérôme, saint Grégoire le Grand, saint Augustin.

Parmi ses œuvres majeures, il faut rappeler tout d'abord son autobiographie, intitulée Livre de la vie, qu'elle appelle Livre des Miséricordes du Seigneur.

Composée au Carmel d'Avila en 1565, elle rapporte le parcours biographique et spirituel, écrit, comme l'affirme Thérèse elle-même, pour soumettre son âme au discernement du «Maître des spirituels», saint Jean d'Avila.

Le but est de mettre en évidence la présence et l'action de Dieu Miséricordieux dans sa vie: c'est pourquoi l’œuvre rappelle souvent le dialogue de Prière avec le Seigneur.

C'est une lecture fascinante, parce que la sainte non seulement raconte, mais montre qu'elle revit l'expérience profonde de sa relation avec Dieu.

En 1566, Thérèse écrit le Chemin de perfection, qu'elle appelle Admonestations et conseils que donne Thérèse de Jésus à ses moniales.

Les destinataires en sont les douze novices du Carmel de saint Joseph d’Avila. Thérèse leur propose un intense programme de vie Contemplative au service de l'Eglise, à la base duquel se trouvent les vertus évangéliques et la Prière.

Parmi les passages les plus précieux, figure le commentaire au Notre Père, modèle de Prière. L’œuvre mystique la plus célèbre de sainte Thérèse est le Château intérieur, écrit en 1577, en pleine maturité.

Il s'agit d’une relecture de son chemin de vie spirituelle et, dans le même temps, d'une codification du déroulement possible de la vie Chrétienne vers sa plénitude, la sainteté, sous l'action de l'Esprit Saint.

Thérèse fait appel à la structure d'un château avec sept pièces, comme image de l'intériorité de l'homme, en introduisant, dans le même temps, le symbole du ver à soie qui renaît en papillon, pour exprimer le passage du naturel au surnaturel.

La sainte s'inspire des Saintes Ecritures, en particulier du Cantique des cantiques, pour le symbole final des «deux Epoux», qui lui permet de décrire, dans la septième pièce, le sommet de la vie Chrétienne dans ses quatre aspects: trinitaire, christologique, anthropologique et ecclésial.

A son activité de fondatrice des Carmels réformés, Thérèse consacre le Livre des fondations, écrit entre 1573 et 1582, dans lequel elle parle de la vie du groupe religieux naissant. Comme dans son autobiographie, le récit tend à mettre en évidence l'action de Dieu dans l’œuvre de fondation des nouveaux monastères.

Il n’est pas facile de résumer en quelques mots la spiritualité thérésienne, profonde et articulée.

Je voudrais mentionner plusieurs points essentiels. En premier lieu, sainte Thérèse propose les vertus évangéliques comme base de toute la vie Chrétienne et humaine: en particulier, le détachement des biens ou pauvreté évangélique, et cela nous concerne tous; l’Amour des uns pour les autres comme élément essentiel de la vie communautaire et sociale; l’Humilité comme amour de la Vérité; la détermination comme fruit de l’audace Chrétienne; l’espérance théologale, qu’elle décrit comme une soif d’eau vive.

Sans oublier les vertus humaines: amabilité, véracité, modestie, courtoisie, joie, culture. En deuxième lieu, sainte Thérèse propose une profonde harmonie avec les grands personnages bibliques et l’écoute vivante de la Parole de Dieu. Elle se sent surtout en harmonie avec l’épouse du Cantique des Cantiques et avec l’apôtre Paul, outre qu’avec Le Christ de la Passion et avec Jésus Eucharistie.

La sainte souligne ensuite à quel point la Prière est essentielle: prier, dit-elle, «signifie fréquenter avec amitié, car nous fréquentons en tête à tête Celui qui, nous le savons, nous Aime» (Vie 8, 5).

L’idée de sainte Thérèse coïncide avec la définition que saint Thomas d’Aquin donne de la Charité théologale, comme amicitia quaedam hominis ad Deum, un type d’amitié de l’homme avec Dieu, qui le premier a offert son amitié à l’homme; l’initiative vient de Dieu (cf. Summa Theologiae -II, 21, 1).

La Prière est vie et se développe graduellement en même temps que la croissance de la vie Chrétienne: elle commence par la Prière vocale, elle passe par l’intériorisation à travers la méditation et le recueillement, jusqu’à parvenir à l’union d’Amour avec Le Christ et avec la Très Sainte Trinité.

Il ne s’agit évidemment pas d’un développement dans lequel gravir les plus hautes marches signifie abandonner le type de Prière précédent, mais c’est plutôt un approfondissement graduel de la relation avec Dieu qui enveloppe toute la vie.

Plus qu’une pédagogie de la Prière, celle de Thérèse est une véritable «mystagogie»: elle enseigne au lecteur de ses œuvres à prier en priant elle-même avec lui; en effet, elle interrompt fréquemment le récit ou l’exposé pour se lancer dans une Prière.

Un autre thème cher à la sainte est le caractère central de l’humanité du Christ. En effet, pour Thérèse la vie Chrétienne est une relation personnelle avec Jésus, qui atteint son sommet dans l’union avec Lui par grâce, par amour et par imitation.

D’où l’importance que celle-ci attribue à la méditation de la Passion et à l’Eucharistie, comme présence du Christ, dans l’Eglise, pour la vie de chaque croyant et comme cœur de la liturgie. Sainte Thérèse vit un amour inconditionné pour l’Eglise: elle manifeste un vif sensus Ecclesiae face aux épisodes de division et de conflit dans l’Eglise de son temps.

Elle réforme l’Ordre des Carmélites avec l’intention de mieux servir et de mieux défendre la «Sainte Eglise Catholique Romaine », et elle est disposée à donner sa vie pour celle-ci (cf. Vie 33, 5).

Un dernier aspect essentiel de la doctrine thérésienne, que je voudrais souligner, est la perfection, comme aspiration de toute la vie Chrétienne et objectif final de celle-ci.

La sainte a une idée très claire de la «plénitude» du Christ, revécue par le Chrétien. A la fin du parcours du Château intérieur, dans la dernière «pièce», Thérèse décrit cette plénitude, réalisée dans l’inhabitation de la Trinité, dans l’union au Christ à travers le mystère de son Humanité.

Chers frères et sœurs, sainte Thérèse de Jésus est une véritable maîtresse de vie Chrétienne pour les fidèles de chaque temps.

Dans notre société, souvent en manque de valeurs spirituelles, sainte Thérèse nous enseigne à être des témoins inlassables de Dieu, de sa présence et de son action, elle nous enseigne à ressentir réellement cette soif de Dieu qui existe dans la profondeur de notre cœur, ce désir de voir Dieu, de chercher Dieu, d’être en conversation avec Lui et d’être ses amis.

Telle est l’amitié qui est nécessaire pour nous tous et que nous devons rechercher, jour après jour, à nouveau.

Que l’exemple de cette sainte, profondément contemplative et efficacement active, nous pousse nous aussi à consacrer chaque jour le juste temps à la Prière, à cette ouverture vers Dieu, à ce chemin pour chercher Dieu, pour le voir, pour trouver son amitié et trouver ainsi la vraie vie; car réellement, un grand nombre d’entre nous devraient dire: «Je ne vis pas, je ne vis pas réellement, car je ne vis pas l’essence de ma vie».

C’est pourquoi, le temps de la Prière n’est pas du temps perdu, c’est un temps pendant lequel s’ouvre la voie de la vie, s’ouvre la voie pour apprendre de Dieu un Amour ardent pour Lui, pour son Eglise, c’est une Charité concrète pour nos frères. Merci.

                                                           ***

Je salue cordialement les pèlerins francophones et plus particulièrement la Communauté Saint-Martin et le lycée Sacré-Cœur.

Que l’exemple de Sainte Thérèse de Jésus nous encourage à donner chaque jour du temps à la Prière pour apprendre à aimer Dieu et son Église!
Avec ma Bénédiction.

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http://www.carmel.asso.fr/-Sainte-Therese-d-Avila,54-

Sainte Thérèse d’Avila

« Que rien ne te trouble
Que rien ne t’épouvante
Tout passe
Dieu ne change pas
La patience triomphe de tout
Celui qui possède Dieu
Ne manque de rien
Dieu seul suffit ! »

Préparez 2015, le 5° centenaire de la naissance de Thérèse !

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http://www.carmel.asso.fr/L-essentiel-de-la-doctrine.html.

Pour nous entraîner dans son aventure vers la demeure la plus intérieure du château, Thérèse nous partage les certitudes nées de son expérience spirituelle.

Dieu nous propose son amitié

Le premier pas pour aventurer sa vieest d’oser croire que Dieu, le premier, désire notre amitié, qu’il veut faire de notre cœur le paradis de sa joie. Relisons notre vie pour la découvrir tissée des appels de Dieu, d’un amour jamais lassé de nous chercher, de nous attendre.

Entrons dans cette relation d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec celui dont nous savons qu’il nous aime. La prière silencieuse, l’oraison, est le rendez-vous avec l’Ami, la porte du château intérieur. Elle ouvre et creuse un long chemin à l’intérieur de nous-mêmes, un parcours basé sur une relation d’amour qui apprend peu à peu à se déployer, en vérité, dans tous les domaines de notre vie.

Le vrai guide et le chemin, c’est le bon Jésus

L’oraison est le lieu où nous le regardons, où nous lui ouvrons notre pauvreté, nous laissant mener dans la confiance par Celui qui nous appelle.

Peu à peu, nous accepterons de renoncer à ce qui blesse l’Ami, de nous ouvrir à la vie nouvelle qu’il nous propose, et il nous donnera accès à toute la vie de Dieu. Alors, dans une expérience de relation aux trois Personnes divines, nous entrons dans les secrets de Dieu, et le Christ nous partage son souci du salut du monde.

Sur la route, dynamisme et réalisme

Le dynamisme viendra de notre grand désir de parvenir à ce très intérieur de nous-même où Dieu demeure.

Sur cet horizon, aux dimensions divines, Thérèse nous invite avec réalisme à une marche quotidienne, concrète. Elle nous incite finement, souvent malicieusement, à déjouer nos illusions, à progresser dans la connaissance de nous-même, à nous déterminer à faire ce tout petit peuoù aujourd’hui, nous engageons notre liberté, tout de suite. Par ses exigences de détachement, de pauvreté, d’humilité, de charité fraternelle surtout, elle nous pousse au risque d’un amour vrai. La manière d’oraison de Thérèse est liée à une manière de vivre qui dispose à l’action de Dieu et qui en est le fruit.

Dans l’aventure où nous nous lançons, aidons-nous les uns les autres

Les petits Carmels fondés par Thérèse sont des lieux où l’on s’entraide à se tenir en éveil pour que Dieu soit libre de nous donner son amitié quand il le voudra, comme il voudra, avec le libre consentement de notre amitié pour lui. Secrètement, cette entraide joue au niveau de nos frères en humanité, connus ou inconnus. Thérèse a l’intuition neuve que la vie de prière est un service d’Église Dans un monde en feu, aidons le Seigneur en étant tels qu’il puisse écouter nos prières.

Thérèse ne nous propose rien d’autre que d’aller de l’avant sur le chemin étroit de l’Évangile, de prendre au sérieux les exigences incontournables d’une marche à la suite de Celui qui nous a tant aimés, le Christ Jésus. Si nous tenons les yeux fixés sur Lui, ce qui, de loin, nous semble un dangereux sentier de haute montagne, se découvre sous nos pas comme un chemin large et royal, l’espace où Dieu suscite peu à peu notre fragile liberté, à son image et ressemblance. Thérèse d’Avila éclairée par un ange sur les chemins de ses fondations.

Il reste très significatif, au 20e siècle, comme au 16e, que ce soit une femme qui en témoigne. Je suis femme et bonne à rien, écrit Thérèse avec humour. L’appel de Dieu est si clair et si contagieux dans l’expérience de cette femme libre, énergique et joyeuse.

Recueillons la déposition de cette exploratrice d’un monde nouveau, trop inconnu, encore, de nous. En nous laissant entraîner par son témoignage, nous lui donnerons vie et fécondité pour répondre d’une certaine manière à des défis mondialisés en cette aube d’une autre modernité.

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http://www.carmel.asso.fr/-Ses-ecrits-.html.

Thérèse est un écrivain de première grandeur dans la littérature espagnole. Elle écrivit sur l’ordre de ses Confesseurs qui lui demandaient soit de leur rendre compte des grâces dont elle était favorisée soit de donner un enseignement à ses Religieuses.

Le livre de la « Vie »

La Sainte se propose uniquement de manifester les voies par lesquelles Dieu avait conduit son âme.

Cette vie a donc un caractère spécial qui la distingue des histoires du même nom. Elle est avant tout le récit des grâces merveilleuses, des faveurs extraordinaires accordées à Sainte Thérèse jusqu’à l’âge de cinquante ans.

Elle retrace le portrait de l’intime de son âme plutôt que le tableau de ses actions extérieures. Elle peint au vif ses angoisses cachées et profondes aussi bien que ses ravissements extatiques ; elle est un chant de reconnaissance et d’amour, et, pour employer ses expressions, « le livre des Miséricordes du Seigneur ».

Les Grâces Mystique : ch. 25 à 29

O Seigneur de mon âme ! Comme vous montrez bien que vous êtes l’ami véritable ! Étant tout-puissant, quand vous voulez, vous pouvez. Jamais vous ne cessez d’aimer, si l’on vous aime. Que toutes les créatures vous louent, ô Maître du monde ! Et qui me donnera une voix assez forte pour faire entendre partout combien vous êtes fidèle à vos amis ? Tous les appuis d’ici-bas peuvent nous manquer ; mais vous, Seigneur de toutes choses, vous ne nous manquez jamais. Qu’elle est petite la part de souffrance que vous faites à ceux qui vous aiment ! O mon Maître, avec quelle délicatesse, quelle amabilité, quelle douceur, vous savez agir à leur égard ! Trop heureux celui qui n’aurait jamais aimé que vous ! Il semble, Seigneur, que vous éprouvez avec rigueur ceux qui vous aiment, afin que, dans l’excès de l’épreuve, se révèle l’excès plus grand encore de votre amour. O mon Dieu ! Que n’ai-je assez de talent, assez de science et des paroles toutes nouvelles, pour exalter aussi bien que je les comprends les merveilles de vos œuvres ! Tout me manque pour cela, mon divin Maître ! mais du moins, pourvu que votre main me protège, je ne vous abandonnerai jamais. Que tous les savants s’élèvent contre moi, que toutes les créatures me persécutent, que les démons me tourmentent : si vous êtes avec moi, je ne crains rien. Je sais maintenant par expérience, avec quel avantage vous faites sortir de l’épreuve ceux qui ne mettent leur confiance qu’en vous seul.

Les épreuves : ch. 30 et 31

Il plut à Notre-Seigneur de remédier en partie à mes peines, et même de les faire cesser pendant quelque temps, en conduisant dans cette ville le béni frère Pierre d’Alcantara. J’ai déjà parlé de lui, et dit quelque chose de sa pénitence (cf. fin du chap. 27). J’ai appris qu’entre autres austérités, il avait porté pendant vingt années un cilice en lames de fer-blanc, sans jamais le quitter. Il a composé en castillan de petits traités d’oraison, qui sont maintenant entre les mains de tout le monde.

L’oraison étant sa vie depuis tant d’années, il en a écrit d’une manière très utile pour les âmes qui s’y adonnent. Il avait gardé dans toute sa rigueur la première règle de Saint-François, et pratiqué cette pénitence que j’ai racontée plus haut.

Il me donna une très grande lumière ; car, jusqu’à ce moment, les visions intellectuelles, et même les imaginaires qui se voient des yeux de l’âme, avaient été pour moi quelque chose d’incompréhensible. Je croyais comme je l’ai dit, qu’on ne devait estimer que celles qui frappent les yeux du corps ;et je n’en avais point de celles-là. Ce saint homme m’éclaira sur tout, et me donna une parfaite intelligence de ces visions ; il me dit de ne plus craindre, mais de louer Dieu, m’assurant qu’il en était l’auteur, et qu’après les vérités de la foi, il n’y avait point de chose plus certaine ni à laquelle je dusse donner une plus ferme créance. Il se consolait extrêmement avec moi, me témoignant beaucoup de bonté et de bienveillance, et il m’a toujours depuis fait part de ses pensées les plus intimes et de ses desseins. Heureux de voir que Notre-Seigneur m’inspirait une si ferme résolution, et tant de courage pour entreprendre les mêmes choses qu’il lui faisait la grâce d’exécuter, il goûtait un grand contentement dans cette mutuelle communication de, nos âmes.

Car dans l’état auquel le divin Maître l’avait élevé, le plus grand plaisir, comme la plus pure consolation, est de rencontrer une âme en qui l’on croit découvrir le commencement des mêmes grâces. Je ne faisais alors, ce me semble, que d’entrer dans une si sainte voie. `Dieu veuille que j’y marche maintenant !

Ce saint homme fut pénétré de la plus vive compassion pour moi. Il me dit qu’une des plus grandes peines dans cet exil était celle que j’avais endurée, c’est-à-dire cette contradiction des gens de bien ; il ajouta qu’il me restait encore beaucoup à souffrir, parce que j’avais besoin d’une continuelle assistance, et qu’il n’y avait personne dans cette ville qui me comprît.

Il me promit de parler à mon confesseur, et à un de ceux qui me causaient le plus de peine. Ce dernier était ce gentilhomme dont j’ai fait mention. Son dévouement sans bornes pour moi était la cause de toute cette guerre qu’il me faisait.

C’était une âme sainte, mais craintive ; et comme il m’avait vue naguère si imparfaite, il ne parvenait pas à se rassurer a mon sujet. 

Sainte Thérèse d'Avila, VISION DE L'ENFER

Vision de l’enfer et Fondation de San Jose : ch. 32 à 36

Déjà, depuis longtemps, Notre-Seigneur m’avait accordé la plupart des grâces dont j’ai parlé et d’autres encore fort insignes, lorsqu’un jour, étant en oraison, je me trouvai en un instant, sans savoir de quelle manière, transportée dans l’enfer.

Je compris que Dieu voulait me faire voir la place que les démons m’y avaient préparée, et que j’avais méritée par mes péchés.

Cela dura très peu ; mais quand je vivrais encore de longues années, il me serait impossible d’en perdre le souvenir.

Nulle parole ne peut donner la moindre idée d’un tel tourment, il est incompréhensible. Je sentis dans mon âme un feu dont, faute de termes, je ne puis décrire la nature, et mon corps était en même temps en proie à d’intolérables douleurs. J’avais enduré de très cruelles souffrances dans ma vie, et, de l’aveu des médecins, les plus grandes que l’on puisse endurer ici-bas ; j’avais vu tous mes nerfs se contracter à l’époque où je perdis l’usage de mes membres ; en outre, j’avais été assaillie par divers maux dont quelques-uns, comme je l’ai dit, avaient le démon pour auteur. Tout cela, néanmoins, n’est rien en comparaison des douleurs que je sentis alors ; et ce qui y mettait le comble, c’était la vue qu’elles seraient sans interruption et sans fin.

Mais ces tortures du corps ne sont rien à leur tour auprès de l’agonie de l’âme. C’est une étreinte une angoisse, une douleur si sensible, c’est en même temps une si désespérée et si amère tristesse, que j’essaierais en vain de les dépeindre. Si je dis qu’on se sent continuellement arracher l’âme, c’est peu ; car dans ce cas, c’est une puissance étrangère qui semble ôter la vie, mais ici, c’est l’âme qui se déchire elle-même. Non, jamais je ne pourrai trouver d’expression pour donner une idée de ce feu intérieur et de ce désespoir, qui sont comme le comble de tant de douleurs et de tourments. Je ne voyais pas qui me les faisait endurer, mais je me sentais brûler et comme hacher en mille morceaux : je ne crains pas de le dire, le supplice des supplices, c’est ce feu intérieur et ce désespoir de l’âme.

Toute espérance de consolation est éteinte dans ce pestilentiel séjour ; on ne peut ni s’asseoir ni se coucher, car l’espace manque dans cette sorte de trou pratiqué dans la muraille ; et les parois elles-mêmes, effroi des yeux, vous pressent de leurs poids. Là, tout vous étouffe ; point de lumière ; ce ne sont que ténèbres épaisses ; et cependant, ô mystère ! Sans qu’aucune clarté brille, on aperçoit tout ce qui peut être pénible à la vue.

Il ne plut pas à Notre-Seigneur de me donner alors une plus grande connaissance de l’enfer. Il m’a montré depuis, dans une autre vision, des choses épouvantables, des châtiments encore plus horribles à la vue, infligés à certains vices ; mais comme je n’en souffrais point la peine, mon effroi fut moindre.

Dans la première vision, au contraire, ce divin Maître voulut que j’éprouvasse véritablement ces tourments et cette peine dans mon esprit, comme si mon corps les eût soufferts.

J’ignore la manière dont cela se passa, mais je compris bien que c’était une grâce insigne, et que le Seigneur avait voulu me faire voir, de mes propres yeux, de quel supplice sa miséricorde m’avait délivrée.

Car tout ce qu’on peut entendre dire, de l’enfer, ce que j’en avais lu ou appris dans mes propres méditations, quoique j’aie assez rarement approfondi ce sujet, la voie de la crainte ne convenant pas à mon âme, tout ce que les livres nous disent des déchirements et des supplices divers que les démons font subir aux damnés, tout cela n’est rien auprès de la peine, d’un tout autre genre, dont j’ai parlé ; il y a entre l’un et l’autre la même différence qu’entre un portrait inanimé et une personne vivante ; et brûler en ce monde est très peu de chose, en comparaison de ce feu où l’on brûle dans l’autre.

Je demeurai épouvantée, et quoique six ans à peu près se soient écoulés depuis cette vision, je suis en cet instant saisie d’un tel effroi en l’écrivant, que mon sang se glace dans mes veines. Au milieu des épreuves et des douleurs, j’évoque ce souvenir, et dès lors tout ce qu’on peut endurer ici-bas ne me semble plus rien, je trouve même que nous nous plaignons sans sujet.

Je le répète, cette vision est à mes yeux une des plus grandes grâces que Dieu m’ait faites ; elle a contribué admirablement à m’enlever la crainte des tribulations et des contradictions de cette vie ; elle m’a donné du courage pour les souffrir ; enfin, elle a mis dans mon cœur la plus vive reconnaissance envers ce Dieu qui m’a délivrée, comme j’ai maintenant sujet de le croire, de maux si terribles et dont la durée doit être éternelle.

Depuis ce jour, encore une fois, tout me parait facile à supporter, en comparaison d’un seul instant à passer dans le supplice auquel je fus alors en proie.

Je ne puis assez m’étonner de ce qu’ayant lu tant de fois des livres qui traitent des peines de l’enfer, j’étais si loin de m’enformer une idée juste, et de les craindre comme je l’aurais dû.

A quoi pensais-je alors, et comment pouvais-je goûter quelque repos dans un genre de vie qui m’entraînait à un si effroyable abîme ?

O mon Dieu, soyez-en éternellement béni ! Vous avez montré que vous m’aimiez beaucoup plus que je ne m’aime moi-même.

Combien de fois m’avez-vous délivrée de cette prison si redoutable, et combien de fois n’y suis-je point rentrée contre votre volonté !

Cette vision a fait naître en moi une indicible douleur à la vue de tant d’âmes qui se perdent… Elle m’a donné en outre les plus ardents désirs de travailler à leur Salut : pour arracher une âme à de si horribles supplices, je le sens, je serais prête à immoler mille fois ma vie.

Je m’arrête souvent à cette pensée : nous sommes naturellement touchés de compassion quand nous voyons souffrir une personne qui nous est chère, et nous ne pouvons nous empêcher de ressentir vivement sa douleur quand elle est grande.

Qui pourrait donc soutenir la vue d’une âme en proie pour une éternité à un tourment qui surpasse tous les tourments ?

Quel cœur n’en serait déchiré ? Émus d’une commisération si grande pour des souffrances qui finiront avec la vie, que devons-nous sentir pour des douleurs sans terme ?

Et pouvons-nous prendre un moment de repos, en voyant la perte éternelle de tant d’âmes que le démon entraîne chaque jour avec lui dans l’enfer ?

Le livre : Le Chemin de Perfection

C’est à l’insistance de la communauté du monastère de saint Joseph d’Avila que nous devons le Chemin de Perfection. Désireuses de profiter de l’expérience spirituelle de leur mère Thérèse, les sœurs lui demandèrent de leur parler de l’oraison.

Thérèse avait rédigé en 1565 le récit de sa vie, mais celui-ci jugé trop personnel par son confesseur ne fut pas divulgué.

De plus, le manuscrit de « la Vie » fut confisqué par l’Inquisition durant plusieurs années.

Thérèse entreprend donc en 1566 un nouvel ouvrage plus bref où elle s’exprime dans un style simple et familier comme en dialogue avec ses sœurs. Elle soumet à la censure son manuscrit (dit de l’Escorial) avant de le leur donner.

Le Père Garcia de Toledo y apporte de nombreuses corrections qui conduisent Thérèse à faire, sans doute la même année, une nouvelle rédaction plus structurée et plus neutre (manuscrit dit de Valladolid).

Chap. 27 à 29 : « Notre Père qui es aux Cieux… »

Du grand Amour que Notre-Seigneur nous a témoigné dans les premières paroles du Pater noster. Les Religieuses qui veulent avoir Dieu pour Père ne feront aucun cas des avantages de la naissance.

Notre Père qui êtes dans les cieux. O mon Seigneur, qu’il paraît bien que vous êtes le Père d’un tel Fils ; et comme votre Fils fait bien connaître qu’il est le Fils d’un tel Père ! Soyez éternellement béni ! Cette grâce de vous appeler notre Père semblait devoir mieux convenir à la fin de la prière ; en nous la donnant dès les premiers mots, vous nous remplissez les mains, vous nous comblez de vos dons, au point que votre esprit devrait, lui aussi, se remplir de cette pensée, le cœur se remplir de ce sentiment, sans qu’une autre parole nous fût possible. O mes filles, comme la contemplation parfaite serait ici à sa place !

Comme l’âme aurait ici raison de rentrer en soi pour mieux s’élever au-dessus d’elle-même, afin d’apprendre de ce Fils adorable quel est ce lieu, où il nous dit qu’habite son Père, qui est dans les cieux !

Quittons la terre, mes filles, et après avoir compris l’excellence de cette faveur, sachons l’estimer assez pour ne plus demeurer sur la terre.

O Fils de Dieu et mon Maître, comment, dès la première parole, nous donnez-vous tant de biens à la fois ?

Déjà vous portez l’excès de votre humilité jusqu’à vous unir à nous dans nos demandes, jusqu’à vouloir être le frère de créatures si basses et si misérables ; comment nous faites-vous, au nom de votre Père, un don qui contient tous les dons ?

Eh ! Oui : vous voulez qu’il nous reconnaisse pour ses enfants, et votre parole ne peut être sans effet ; vous l’obligez donc à l’accomplir. La charge certes n’est pas petite. Car étant notre Père, il faut qu’il nous supporte et nous reçoive, quelles que soient nos offenses, si nous revenons à lui comme le prodigue ; il faut qu’il nous pardonne, qu’il nous console, qu’il nous entretienne, parce qu’il est notre Père et le plus parfait des pères et parfait en sa paternité, comme en toutes les perfections ; il doit enfin nous donner une part avec vous à tous ses biens et nous faire vos cohéritiers.

Remarquez, mon bon Maître, que vous, personnellement, vous pouvez bien par amour pour nous et par humilité, négliger vos intérêts ; car enfin, habitant de la terre et revêtu comme nous d’une chair terrestre, vous avez, je le conçois, quelque raison de vouloir notre bien. Mais considérez, d’un autre côté, que votre Père est dans le ciel ; c’est vous-même qui le dites, et il est juste que vous preniez soin de son honneur.

N’est-ce pas assez que vous ayez bien voulu être déshonoré pour l’amour de nous ? Laissez du moins votre Père libre, et ne l’obligez pas à tant de faveurs envers des créatures si chétives et aussi peu reconnaissantes que nous.

O bon Jésus, comme il est clair maintenant que vous n’êtes qu’un avec votre Père, que votre volonté est la sienne, et la sienne la vôtre ! Quelle démonstration éclatante de l’amour excessif que vous nous portez ?

Le Livre des Demeures

En 1577, Thérèse d’Avila est âgée de 62 ans. Depuis 15 ans elle est lancée dans l’aventure de Dieu qu’est la Réforme du Carmel.

En 1567, elle a terminé de rédiger le Livre de sa Vie où elle chante les miséricordes du Seigneur pour elle. Elle raconte son itinéraire spirituel, sa découverte de l’oraison et les grâces mystiques qui l’ont conduite à entreprendre l’œuvre de la Réforme.

Entre 1567 et 1577, Thérèse a eu la grâce de recevoir d’autres faveurs mystiques, en particulier celle du mariage spirituel. Ses tâches de prieure et de fondatrice lui ont donné une expérience incomparable dans le domaine de la conduite des âmes.

Cela détermine alors son confesseur et son supérieur à lui demander d’écrire le récit de cette expérience. Un jour de mai 1577, Thérèse s’entretient avec le Père Gracian au parloir du Monastère. Elle évoque ce qu’elle a écrit dans le livre de sa Vie et regrette que l’ouvrage soit resté aux mains de l’Inquisition. Le Père Gracian lui suggère de le réécrire et de le compléter.

Après s’être débattue, Thérèse s’exécute.

Prologue

chateau-fa6c1-1.jpgpar Thérèse de Jésus (d’Avila), Carmélite
commencé en la Fête de la Sainte Trinité le 2 Juin 1577
achevé en la vigile de la Fête de Saint André le 29 Novembre 1577

Ce traité, appelé Le Château Intérieur, Thérèse de Jésus, Moniale de Notre-Dame du Carmel, l’a écrit pour ses Sœurs et filles, les Religieuses Carmélites Déchaussées.

Rarement mes supérieurs m’ont donné un ordre qui m’ait paru aussi difficile à exécuter, que celui d’écrire maintenant sur l’Oraison

D’abord, parce qu’il ne me semble pas que Notre-Seigneur m’anime de son esprit pour un tel travail, ni qu’il me donne le désir de l’entreprendre ; ensuite, parce que, depuis trois mois, ma tête est si faible, et j’y sens un tel bruit, qu’à peine puis je écrire pour les affaires indispensables.

Néanmoins, comme je sais que la force de l’obéissance a coutume d’aplanir les choses qui paraissent impossibles, je me mets de grand cœur à l’œuvre, malgré toute la peine qu’en éprouve la nature ; car Dieu ne m’a pas donné assez de vertu, pour me voir sans cesse en lutte avec la maladie, et avec des occupations de tout genre, sans le ressentir vivement.

Que Celui donc qui a bien voulu faire pour moi des choses plus difficiles, daigne lui-même en ce moment guider ma plume ; c’est uniquement en sa miséricorde que je me confie.

Je commence donc aujourd’hui, fête de la très sainte Trinité, l’an de Notre seigneur 1577, à Tolède, dans ce monastère de Saint Joseph du Carmel, où j’habite présentement.

Je me soumets, pour tout ce que je dirai, au jugement de ceux qui m’ont commandé d’écrire, et qui sont des gens très doctes.

Si j’avance quelque chose qui ne soit point conforme à ce qu’enseigne l’Église, ce sera, qu’on veuille bien le croire, par ignorance, et non par malice ; car je puis assurer que je lui ai toujours été entièrement soumise, que je le suis encore, et qu’avec la grâce de mon Dieu je le serai toujours. Bénédiction, louange et gloire à ce Dieu de bonté, dans les siècles des siècles ! Ainsi soit-il.

Ceux qui m’ont ordonné de prendre la plume, m’ont dit que les religieuses de ces monastères de Notre Dame du Mont Carmel ayant besoin d’être éclairées sur quelques points concernant l’oraison, ils croyaient qu’elles entendraient mieux le langage d’une femme ; qu’à cause de leur affection pour moi elles en retireraient plus de profit ; et qu’ainsi mon travail, si je puis le conduire à terme, leur serait certainement utile.

C’est pourquoi c’est à elles que je m’adresserai dans cet écrit ; d’ailleurs, je n’oserais m’arrêter à la pensée qu’il pût être profitable à d’autres. Notre seigneur me fera une grande grâce, si quelqu’une de mes filles se sent excitée par mes paroles à le louer un tant soit peu plus ; et il sait bien, cet adorable Maître, que je n’ai point d’autre désir.

Enfin, si je réussis à dire quelque chose de juste, il est bien clair qu’elles ne devront pas me l’attribuer, car j’ai si peu d’esprit et de facilité, que je suis absolument incapable de parler sur de tels sujets, à moins que Notre seigneur, par sa pure miséricorde, ne supplée à ce qui me manque.

Les septièmes Demeures

Des grandes faveurs que Dieu accorde aux âmes qui sont entrées dans les Septièmes Demeures. De certaines différences entre l’âme et l’esprit bien que ici deux ne fassent qu’un. Ce chapitre contient des choses dignes de remarque.

Il vous semblera peut-être, mes sœurs, qu’après tout ce qui a été dit touchant ce chemin spirituel, il est impossible qu’il reste encore quelque chose à dire.

Mais ce serait se tromper étrangement que de le croire ; car comme la grandeur de Dieu n’a point de bornes, ses œuvres n’en ont pas non plus.

Et qui pourrait jamais raconter toutes ses Miséricordes et toutes les merveilles de sa grâce ? C’est impossible.

Ainsi donc, ne vous étonnez point de ce que j’ai déjà dit et de ce que je pourrai dire encore dans cet écrit, tout cela est moins qu’un atome en comparaison des grandes choses que l’on pourrait dire de Dieu.

Considérons comme un gage signalé de sa Miséricorde qu’il ait daigné départir de si grandes faveurs à une personne qui peut nous les faire connaître ; car plus nous saurons qu’il se communique à ses créatures, plus nous louerons sa grandeur, et plus nous nous efforcerons de ne pas tenir peu de compte d’une âme qui est pour le Seigneur l’objet de si grandes com­plaisances.

Bien que chacune de nous ait une âme, nous sommes loin d’avoir pour elle l’estime que mérite une créature faite à l’image de Dieu, et c’est pourquoi nous ne comprenons point les admirables secrets qu’elle renferme.

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http://missel.free.fr/Sanctoral/10/15.php.

La Grande Thérèse

Personne ne s’étonnera que sainte Thérèse d’Avila attachât une importance primordiale à la présence de Jésus dans l’Hostie consacrée qu’elle se réjouissait d’étendre en multipliant les chapelles par ses fondations.

Ainsi, à propos de l’érection du Monastère Saint-Joseph d’Avila (1562), elle écrivait : « Ce fut pour moi comme un état de gloire quand je vis qu’on mettait le Très Saint Sacrement dans le Tabernacle » ; en se rappelant la Fondation du Monastère Saint-Joseph de Medina del Campo (1567), elle confiait :
« Ma joie fut extrême jusqu’à la fin de la cérémonie. C’est pour moi, d’ailleurs, une consolation très vive de voir une église de plus où se trouve le Très Saint Sacrement » ; se souvenant de la Fondation du Monastère Saint-Joseph de Salamanque (1570), elle notait :
« A peine mise en route, toutes les fatigues me paraissent peu de chose ; je considère celui pour la gloire de qui je travaille ; je songe que dans la nouvelle Fondation Le Seigneur sera fidèlement servi, et que le Très Saint Sacrement y résidera.

C’est toujours une consolation spéciale pour moi, de voir s’élever une église de plus (...). Beaucoup sans doute ne songent pas que Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, se trouve réellement présent au très saint Sacrement de l’autel dans une foule d’endroits ; et cependant ce devrait être là pour nous un grand sujet de consolation. Et certes j’en éprouve souvent une très vive, quand je suis au chœur et que je considère ces âmes si pures tout occupées de la louange de Dieu. »  

Cependant, Sainte Thérèse d’Avila redoutait beaucoup que le Saint Sacrement fût profané : « Allant un jour à la Communion, je vis des yeux de l’âme, beaucoup plus clairement que je n’aurais pu le faire des yeux du corps, deux démons d’un aspect horrible.

Ils semblaient serrer avec leurs cornes la gorge d’un pauvre Prêtre. En même temps que cet infortuné tenait en ses mains l’hostie qu’il allait me donner, je vis mon Seigneur m’apparaître avec cette majesté dont je viens de parler.

Evidemment mon Seigneur était entre des mains criminelles, et je compris que cet âme se trouvait en état de péché mortel (...). Je fus si troublée que je ne sais comment il me fut possible de communier.

Une grande crainte s’empara de moi ; si cette vision venait de Dieu, sa Majesté, me semblait-il, ne m’aurait pas montré l’état malheureux de cette âme.

Mais Le Seigneur me recommanda de prier pour elle. Il ajouta qu’il avait permis cela pour me faire comprendre quelle est la vertu des paroles de la Consécration, et comment il ne laisse pas d’être présent sous l’hostie, quelque coupable que soit le Prêtre qui prononce ces paroles. »

Lors de la Fondation du Monastère Saint-Joseph de Medina del Campo (1567), la chapelle n’était pas protégée : « J’étais le jour et la nuit dans les plus grandes anxiétés. J’avais cbargé, il est vrai, des hommes de veiller toujours à la garde du Saint Sacrement ; mais je craignais qu’ils ne vinssent à s’endormir. Je me levais la nuit, et par une fenêtre je pouvais me rendre compte de tout, à la faveur d’un beau clair de lune. »

 

Ecrits

Ô mon Seigneur et mon Bien ! Je ne puis parler de la sorte sans verser des larmes et sentir mon âme inondée de bonheur.

Vous voulez, Seigneur, demeurer avec nous comme vous demeurez au Sacrement de l'autel. Je puis le croire en toute vérité, puisque c'est un point de notre Foi, et c'est à bon droit que je puis me servir de cette comparaison.

Et si nous n'y mettons obstacle par notre faute, nous pouvons mettre en vous notre bonheur. Vous-même, vous mettez votre bonheur à demeurer en nous, puisque vous nous l'assurez en disant : " Mes délices sont d'être avec les enfants des hommes ! " 0 mon Seigneur, quelle parole que celle-là.

Chaque fois que je l'ai entendue, elle a toujours été pour moi, même au milieu de mes grandes infidélités, la source des consolations les plus vives.

Mais, ô mon Dieu, serait-il possible de trouver une âme qui, après avoir reçu de vous des faveurs si élevées, des joies si, intimes, et compris que vous mettiez en elle vos délices, vous ait offensé de nouveau, et ait oublié tant de faveurs et tant de marques de votre amour dont elle ne pouvait douter puisqu'elle en voyait les effets merveilleux ?

Oui, cela est possible, je l'affirme. Il y a une âme qui vous a offensé, non pas une fois seulement, mais souvent, et cette coupable, c'est moi, ô mon Dieu.

Plaise à votre Bonté, Seigneur que je sois la seule âme de cette sorte, la seule qui soit tombée dans une malice si profonde et qui ait manifesté un tel excès d'ingratitude !

Sans doute, vous avez daigné dans votre infinie Bonté en tirer quelque bien et plus ma misère a été profonde, plus aussi elle fait resplendir le trésor incomparable de vos miséricordes.

Et avec combien de raison ne puis-je pas les chanter éternellement ! Je vous en supplie, ô mon Dieu, qu'il en soit ainsi, que je puisse les chanter et les chanter sans fin !

Vous avez daigné me les prodiguer avec tant de magnificence ! Ceux qui le voient en sont étonnés.

Moi-même j'en suis souvent ravie, et je puis mieux alors vous adresser mes louanges ! Si une fois revenue à moi je me trouvais sans vous, ô Seigneur, je ne pourrais rien. …

Ne le permettez pas, Seigneur. Ne laissez pas se perdre une âme que vous avez achetée au prix de tant de souffrances.

Therese 2

http://livres-mystiques.com/partieTEXTES/Textes/index.html.

Ste Thérèse d'Avila :

Lecture.
Nous pouvons considérer notre âme comme un château qui est fait tout entier d’un seul diamant ou d’un cristal très pur, et qui contient beaucoup d’appartements, ainsi que le Ciel, qui renferme beaucoup de demeures…
Considérons donc que ce château a, comme je l’ai dit, beaucoup d’appartements, les uns en haut, les autres en bas et sur les côtés, tandis qu’au centre, au milieu de tous les autres, se trouve le principal, celui où se passent les choses très secrètes entre Dieu et l’âme…
Vous ne devez pas considérer ces demeures comme si elles étaient l’une à la suite de l’autre et à la file. Portez les regards au centre du château. C’est là qu’est la chambre, le palais où habite le Roi…
La porte par où l’on entre dans ce château, c’est l’oraison et la considération…
D’ailleurs, quand il s’agit des choses de l’âme, il faut toujours les voir dans leur plénitude, dans leur largeur et dans leur amplitude, sans craindre d’exagérer, car la capacité de l’âme dépasse de beaucoup tout ce que nous pouvons imaginer ; enfin toutes les parties du château reçoivent la lumière du Soleil qui s’y trouve.
(Thérèse de Jésus, Le château intérieur, Premières demeures).

Prière.
Dieu qui as suscité par ton Esprit, Sainte Thérèse d’Avila pour montrer à l’Église le chemin de la perfection, fais-nous trouver notre nourriture dans sa doctrine spirituelle et brûler du désir de la vraie sainteté.

Commentaires (3)

1. Bernadette MARIE 03/02/2016

bonjour,
j'aimerais savoir ou trouver dans ses écrits, les miracles qu'elle a accompli de son vivant ; car j'ai regardé le dvd et j'ai vu un amandier fleurir en octobre quand thérèse était sur son lit de mort .... j'aimerais avoir des précisions pour des religieuses carmélites merci d'avance

2. lombard Yves 31/01/2018

bonjour
ayant acheté un bas relief , certains amis compétents me disent qu'il devrait probablement être une représentation de l apparition du Christ à Ste Therese !
je souhaite vous envoyer une photo pour avis !
avez vous un Email à me donner ?
Yves Lombard 21 rue des Creneaux 51100 Reims tel 06 21 21 07 27

3. reflexionchretienne (site web) 01/02/2018

Bonjour et merci pour votre commentaire. Je suis très heureux pour vous. Personnellement je serais bien incapable de répondre à votre question. Il faudrait vous adresser directement à un Carmel qui saura vous orienter vers une personne compétente.
Que Dieu vous Bénisse.
Pierre

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Date de dernière mise à jour : 15/10/2017