Bienheureuse Émilie Tavernier-Gamelin, canadienne, veuve et Fondatrice (1800-1851). Fête le 23 Septembre.

Vendredi 23 Septembre 2016 : Fête de la Bienheureuse Émilie Tavernier-Gamelin, canadienne, veuve et Fondatrice des Sœurs de la Providence (1800-1851).
(Commémorée le 23 Septembre par le Martyrologe Romain et le 24 Septembre au Canada).

Emilie16

http://nominis.cef.fr/contenus/saint/10125/Bienheureuse-%C9milie-Tavernier-Gamelin.html

Bienheureuse Émilie Tavernier-Gamelin

(✝ 1851)

"Par le Pape Saint Jean-Paul II, sa vertu héroïque fut promulguée le 23 Décembre 1993 et, après la reconnaissance officielle d'un miracle attribué à son intercession, le 18 Décembre 2000, le Souverain Pontife proclame sa béatification le 7 Octobre 2001, la proposant au peuple de Dieu comme un modèle de sainteté, par une vie toute vouée au service de ses frères et sœurs les plus démunis de la société.
Sa Fête liturgique est fixée au 23 Septembre, jour anniversaire de son décès en 1851."
Source site du Vatican.

Fêtée le 24 Septembre au Canada.
Voir aussi sur le site internet du diocèse d'Edmundston (Canada).

À Montréal au Canada, l’an 1851, la Bienheureuse Émilie Tavernier, Religieuse. Après la mort de son mari et de ses enfants, elle se dévoua auprès des indigents et fonda la Congrégation des Sœurs de la Providence pour le service des orphelins, des vieillards et des aliénés.
Martyrologe romain.

«Plus vous ferez mémoire de Mère Gamelin, plus vous vivrez de son esprit.
Vous trouverez toujours dans ce souvenir la source de charité qui unit les cœurs, la force qui produit le dévouement et le désir de pratiquer les vertus qui ont brillé en elle, surtout dans l'exercice de la charité.»
(Mgr Ignace Bourget, 4 Septembre 1876)

Emilie gamelinMère Émilie Gamelin, sculpture de Raoul Hunter, située à la station de métro Berri-UQAM à Montréal.
Téléversé par Jeangagnon

http://levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20160923&id=16563&fd=0

Bse Émilie Tavernier (Gamelin)
Veuve et Fondatrice des :
« Sœurs de la Providence »

Commémorée le 23 Septembre, par le Martyrologe Romain ;
le 24 Septembre au Canada.

Émilie Tavernier naît le 19 Février 1800 à Montréal (Canada). Après le décès de sa mère, à l’âge de quatre ans, elle est adoptée par la famille de Joseph Perrault, son oncle.
Elle fait ses études chez les Sœurs de la Congrégation Notre-Dame au pensionnat de la rue Saint-Jean-Baptiste.

Après le décès de son époux, Émilie, alors âgée de 27 ans et sans enfant, décide de consacrer les fonds qui lui reviennent en héritage pour ouvrir des asiles qui accueilleront les vieillards et les infirmes.
Émilie a répondu ainsi à la volonté de son mari qui avait accueilli la famille d’un handicapé mental dans sa maison et avait envisagé la fondation d’un asile pour les malheureux.

Elle fonde le premier refuge pour les pauvres en 1830, à l’angle sud-ouest des rues Sainte-Catherine et Saint-Laurent.
En quelques années, tout le monde apprend à connaître cette femme active et à la forte personnalité qui n’hésite pas à solliciter les autorités pour obtenir de l’aide pour les pauvres et les plus démunis, ainsi que pour protéger les malades.
On l’appelle « Dame providence des pauvres ».

En 1843, Émilie transforme une maison sur la rue Sainte-Catherine, au coin de la rue Saint-Hubert, pour en faire l’hospice Asile de la Providence.
Cet hospice est confié à la Congrégation des « Sœurs de la Providence », qu'elle fonde sur la recommandation de Mgr Ignace Bourget.
Le bâtiment se trouvait à l’angle des rues Sainte-Catherine et Saint-Hubert qui est devenu aujourd’hui le Parc Émilie-Gamelin.

Elle meurt le 23 Septembre 1851, en soignant les victimes de l'épidémie de choléra qui sévit alors à Montréal, mais son œuvre ne disparaît pas puisqu’aujourd’hui, les « Sœurs de la Providence » continuent son œuvre de bienfaisance dans plus de 120 établissements au Québec et dans tout le Canada.
Émilie Tavernier (Gamelin) a été béatifiée à Rome le 07 Octobre 2001, par Saint Jean-Paul II (Homélie du Saint Père), avec six autres Serviteurs de Dieu : Ignazio Maloyan, Évêque et martyr; Nikolaus Gross, père de famille et martyr; Alfonso Maria Fusco, Prêtre; Tommaso Maria Fusco, Prêtre; Eugenia Picco, vierge ; Euthymia Uffing, vierge.

Pour un approfondissement biographique :
>>> Émilie Tavernier

 

http://www.diocese-edmundston.ca/fr/docs/saint_emilie_tavernier-gamelin.pdf.

L'an 2000 marque le 200e anniversaire de naissance d'Emilie Tavernier qui est née à Montréal le 19 Février 1800.

Quinzième enfant de la famille Tavernier, elle était marquée par la Providence pour la réalisation d'une grande mission.

 

Sa jeunesse.

Des sa plus tendre enfance, Emilie apprit de sa mère, qui est Dieu-Providence, et comment, a notre tour, il faut se faire providence pour tous ceux que la vie a moins favorises.

La souffrance, déjà, burinait son coeur par la mort de sa mère en 1804.

Elle fut alors ≪ transplantée ≫ chez une tante paternelle qui poursuivit son éducation avec celle de ses propres enfants. Pour sa préparation a la réception des Sacrements et pour l'initiation a la vie chrétienne, culturelle et sociale, elle la confia aux religieuses de la Congrégation de Notre-Dame.

Les deuils continuant d'éprouver son âme d'adolescente: la mort de son père, celle de son unique soeur, de deux de ses frères, font le vide autour d'elle.

Mais déjà on reconnait chez elle ≪ celle qui est forte ≫ et qui trouve en l'événement le chemin que la Providence lui a trace.

A dix-huit ans, Emilie offre ses services gratuitement a un de ses frères devenu veuf, a la seule condition qu’il lui permette de dresser en permanence une table d'accueil pour les pauvres qui viennent frapper a sa porte.

C'est ce qu’elle nomme la ≪ table du Roi ≫ et les itinérants de ce temps ont vite décelé la main ouverte et le coeur attentif qui les reçoit.

A vingt ans, elle fera de même chez une parente de Québec qui connait des heures de maternité difficiles: Emilie servira sans rémunération ni calcul, pendant près de deux ans, se préparant elle-même a une vie dont Le Seigneur semble déjà lui ouvrir la voie.

 

Epouse et mère.

Emilie a 23 ans quand Jean-Baptiste Gamelin, un célibataire age de 50 ans, lui tend la main pour en faire son épouse. Apres avoir été cordonnier, il est devenu pomiculteur de profession, mais son amour des pauvres est reconnu et il a une réputation d'homme intègre.

Emilie reconnait en lui le donateur qui ne craint pas de partager ses biens avec≪ le boulanger, pour donner du pain aux pauvres, le cordonnier, pour chausser des pauvres, le cure, pour les pauvres de la paroisse, etc. ≫

Ce qui fait dire a Mgr Bourget: ≪ Les coeurs charitables se reconnaissent et s'unissent: on en a la preuve dans le mariage d’Emilie Tavernier a Jean-Baptiste Gamelin. ≫

Mais le Seigneur a d'autres vues sur ce couple chrétien et vertueux. En moins de cinq ans, Emilie connait de cruelles souffrances: ses deux premiers enfants sont ravis a son affection, puis ce sera son époux, puis son troisième et dernier enfant.

Tout son foyer qu'elle voulait heureux, rempli de l'amour de Dieu et des pauvres, et pour lesquels elle se fait providence de plus en plus, est anéanti.

Un seul être lui reste: un pauvre handicape mental qu'elle a un jour, d'accord avec son époux, accueilli pour son propre enfant dans la demeure familiale.

 

Une famille innombrable.

Que veut de moi le Seigneur, se dit-elle ? Elle a recours au Prêtre qui est son guide spirituel depuis quelques années.

Considérant son affliction, celui-ci la réconforte et lui fait don d'une image de Notre-Dame des Douleurs au pied de la Croix où Jesus vient d'expirer.

Devant cette gravure, elle prie d'abord Marie de lui venir en aide, puis elle considère que la Vierge a été présente à Jesus en son agonie.

C'est alors que, en son coeur, comme en celui de Marie, germe une Compassion très profonde pour tous ceux qui souffrent autour d'elle.

Considérant que la Mère de Jesus nous adopte en son Fils, Emilie franchit une autre étape.

En lieu et place de sa propre famille, elle se portera au secours de tous les souffrants, quels qu'ils soient.

La Providence, en qui elle a recours depuis son bas age, vient de lui révéler sa mission. Elle n'hésite plus: les vieillards, les orphelins, les pauvres, les sans-travail, les prisonniers, les sourds, les isoles, les malades, les mourants, voila sa famille.

Sa maison devient vite insuffisante. Elle ouvre des refuges, elle multiplie les moyens d'assistance.

Elle oublie sa personne, sa jeunesse, ses ressources personnelles et gagne des parentes et des amies a ces gestes de compassion faits de dévouement et de don plénier sans calcul et sans frontière.

A l'age de 42 ans et toujours laïque au service du Seigneur dans ses pauvres, elle émet un voeu prive 1. de continence totale jusqu'a sa mort; 2. de service des pauvres pour toujours; 3. de vigilance sur ses conversations pour qu'en elle la charité soit toujours grandissante; 4. et d'enlever tout luxe et toute parure de ses vêtements.

 

Les Soeurs de la Providence.

Voyant croître et grandir en son diocèse l'oeuvre charitable d'Emilie Gamelin, Mgr Ignace Bourget veut en assurer la permanence par la fondation d'une communauté religieuse.

Emilie est toute désignée pour initier des jeunes, pour les guider dans un don total et sans retour auprès de tous ceux que la misère opprime. La Congrégation des Sœurs de la Providence est fondée en 1843.

Madame Gamelin devenue Soeur Gamelin est décédée le 23 septembre 1851, il y aura donc 150 ans en l'an 2001.

Sa Cause de Canonisation a été introduite a Rome en 1981. Le 23 décembre 1993, le Pape Jean-Paul II la déclarait Vénérable.

Présentement les voies vers la béatification semblent se préciser pour un avenir rapproche.

Emilie Tavernier-Gamelin a été pendant quinze ans une laïque vraiment engagée au service du Seigneur, dans l'Eglise de son temps, auprès de ses frères et soeurs dans le besoin.

Pendant sept ans, comme religieuse, elle a consacre toute sa personne par les voeux de religion. Elle demeure un modèle pour notre temps parce que ≪ des pauvres, il y en aura toujours parmi nous. ≫

Therese Frigon, s.p.

Note: Emilie Tavernier-Gamelin a ete proclamée Bienheureuse par le Pape Jean-Paul II

le 7 octobre 2001, sur la Place Saint-Pierre, a Rome. Sa célébration liturgique est le 24 septembre.

 

http://www.providenceintl.org/fr/centre-emilie-gamelin.php.

Qui est la Bienheureuse Émilie Tavernier-Gamelin?

Émilie Tavernier nait le 19 février 1800 à Montréal, la dernière de quinze enfants. Sa famille demeurait sur un lot nommé Terre Providence situé au nord de la ville. Émilie admire sa mère qui, malgré leurs modestes moyens, ne laisse jamais aucun mendiant qui frappe à leur porte repartir les mains vides. 

L’enfance d’Émilie sera jalonnée de dures épreuves: neuf de ses frères et sœurs sont morts en bas âge, elle perd sa mère à l'âge de 4 ans, et son père, à 14 ans. À la mort de sa mère, elle est adoptée par une tante paternelle, qui orientera ses études au pensionnat des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame. À 18 ans, son cœur charitable la conduira à aider son frère, devenu veuf, puis une cousine de Québec, malade, avant de revenir habiter  Montréal, chez sa cousine Agathe Perrault-Nowlan.

À 23 ans, Émilie fait un heureux mariage avec Jean-Baptiste Gamelin, un pomiculteur de 27 ans son aîné. Les époux partagent un intérêt et un amour communs pour les pauvres.

Ce bonheur ne durera que peu de temps. De leurs trois enfants, les deux premiers meurent trois mois après leur naissance. Après seulement quatre années de mariage, Émilie perd ensuite son mari, emporté par la maladie le 1er octobre 1827. Ce décès est suivi quelques mois plus tard, à l’été 1828, de celui de son troisième enfant, alors âgé de 21 mois. En moins de cinq ans, Émilie avait tout perdu.

 mere-des-douleurs.jpgIMAGE DE NOTRE-DAME-DES-DOULEURS / 1827 offerte à Mme Gamelin par M. Bréguier, dit Saint-Pierre, p.s.s., son directeur spirituel.

Ces pertes douloureuses sont à la base de la vocation d’Émilie. Sur le conseil d'un prêtre sulpicien, Monsieur Jean Baptiste Bréguier dit St-Pierre, elle prie avec une image de Marie, Mère des Douleurs au pied de la croix. Cette méditation éveille en elle une profonde dévotion où elle puisera force et courage: comment pourrait-elle reculer devant un sacrifice après avoir contemplé les douleurs de Marie et les souffrances de Jésus? Elle se sent appelée à manifester sa confiance en la Providence divine et à incarner la compassion de la Mère des Douleurs en allant au-devant des plus nécessiteux. Les œuvres de charité deviennent une consolation à ses souffrances personnelles qui prennent désormais un tout autre sens.

Émilie demeure toujours en sa maison de la rue Saint-Antoine dont elle est propriétaire, avec Dodais, un adolescent handicapé intellectuel, ainsi que la mère de ce dernier, dont Monsieur Gamelin avait soin depuis que le garçon lui avait un jour sauvé la vie. Avant de mourir, Monsieur Gamelin avait demandé à Émilie de continuer à s’occuper d’eux, en souvenir de leur amour.

Dès lors, elle consacre sa vie et met tous ses moyens au service des personnes âgées, des malades et des orphelins de l’épidémie de choléra (1832), des prisonniers de l’insurrection de 1837-1838, et des « aliénés ». Grande dame de Montréal au XIXe siècle, Madame Gamelin marque son époque en organisant la charité dans la métropole grandissante. Un peu plus tard, elle fait le choix de devenir Servante des Pauvres et se consacre à Dieu par un vœu privé, le 2 février 1842.

Mgr Ignace Bourget, Évêque de Montréal, désirait fonder une communauté de sœurs canadiennes dans son diocèse. En 1843, avec l'évêque, Émilie Tavernier-Gamelin fonde la Communauté des Sœurs de la Providence, alors désignée sous le nom de Filles de la Charité Servantes des Pauvres. L’année suivante, Émilie devient la première Supérieure de la Congrégation, à l’âge de 44 ans. Elle poursuit sa mission dans la vie religieuse jusqu’à sa mort, qui survient sept ans plus tard, le 23 septembre 1851.

Les derniers mots qu’elle adresse à ses Sœurs  sont: «Humilité, simplicité, chari…» (té). Les pauvres, les vulnérables et les laissés-pour-compte, à qui elle a consacré sa vie, sont le cœur même de la mission apostolique qu’elle a léguée aux Sœurs de la Providence.

Les gens de la rue surnommaient affectueusement Mère Gamelin la Providence des pauvres ou l’Ange des Prisonniers; elle leur appartenait véritablement. Première Montréalaise d’origine à avoir été élevée par l’Église au rang de Bienheureuse, le 7 octobre 2001, les démarches sont présentement en cours en vue de sa Canonisation.

 

http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20011007_beat-tavernier_fr.html.

Emilie Tavernier 

Emilie Tavernier est née à Montréal, au Canada, le 19 février 1800, de parents modestes, mais vertueux et travailleurs. Elle est la dernière des quinze enfants issus de l'union Tavernier-Maurice; ils partirent bientôt pour le ciel, mais ils laissèrent à leurs enfants une éducation chrétienne marquée par la présence de la Providence en leur vie.

A l'âge de 4 ans, Emilie fut confiée à une tante paternelle qui reconnut déjà en sa pupille une propension sensible pour les pauvres et les malheureux.

Chez son frère devenu veuf, elle se porte à son secours — elle a 18 ans — sans aucune rémunération, mais à la seule condition d'avoir une table toujours ouverte pour les mendiants qui se présentent, — table qu'elle nomme avec amour: «la Table du Roi».

En 1823, elle épouse Jean-Baptiste Gamelin, un pomiculteur de profession en qui elle a trouvé un ami des pauvres qui rejoint ses propres aspirations. Trois enfants naissent en leur foyer, mais il est assombri par le décès de ceux qu'elle accueille avec amour et dévouement, y compris celui de son époux, avec qui elle vivait heureuse et fidèle à l'engagement matrimonial qui était le leur.

Quoique confrontée à ces multiples épreuves, elle ne se replie pas sur sa souffrance, mais elle trouve en la Vierge des Douleurs le modèle qui orientera toute sa vie!

Sa prière et sa contemplation de la Vierge au pied de la croix lui ouvrent la voie à une charité toute compatissante pour tous ceux qui sont en proie à une souffrance, quelle qu'elle soit. Son époux, ses enfants, ce sont eux maintenant!

Un pauvre déficient intellectuel et sa vieille maman ouvrent la liste de ceux qui bénéficieront, non seulement des ressources que lui a léguées son époux, mais plus encore de son temps, de son dévouement, de son bien-être, de ses loisirs, de sa santé même. Sa maison devient la leur, et elle multipliera les refuges pour abriter leur indigence. Personnes âgées, orphelins, prisonniers, immigrés, sans-travail, sourds-muets, jeunes ou couples en difficultés, handicapés physiques ou intellectuels connaissent bien sa demeure qu'on appelle spontanément: «Maison de la Providence», parce qu'elle même est une «vraie providence».

A domicile, comme à la prison, auprès des malades comme des bien-portants, Emilie est accueillie parce qu'elle apporte réconfort et assistance. Elle est vraiment l'Evangile en action: «Ce que vous faites au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous le faites».

Parentes et amies se groupent autour d'elle pour la seconder et l'aider; d'autres par ailleurs, s'expliqueront mal un tel dévouement jusqu'à dire: «Madame Gamelin n'avait pas assez de folles, d'autres s'ajoutent», en voyant s'ouvrir un nouveau refuge.

Quinze années durant, elle multipliera ses actes «héroïques» de dévouement, sous l'œil reconnaissant et approbateur de l'évêque Jean-Jacques Lartigue d'abord, puis du second évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget. Une existence si précieuse pour leurs ouailles ne pourrait disparaître, sans une relève assurée.

Lors d'un voyage à Paris, en 1841, l'évêque Bourget sollicite des Filles de Saint-Vincent de Paul, quelques recrues pour l'œuvre de Madame Gamelin, afin d'établir les bases d'une communauté religieuse. Sur leur réponse affirmative, Montréal verra se lever un nouvel édifice pour les accueillir. Mais, en dernière heure, les religieuses attendues ne viennent pas et la Providence a d'autres desseins.

L'œuvre de Madame Gamelin subsistera envers et malgré tout!

L'évêque Bourget en appellera à son propre diocèse et les recrues canadiennes seront dirigées chez Madame Gamelin qui les formera à l'œuvre de charité compatissante qu'elle assume avec tant de dévouement, à la mission de Providence qu'elle proclame en des actes qui parlent plus fort encore que des paroles.

En la Maison de la Providence, des Sœurs de la Providence naissent dans l'Eglise de Montréal, et Emilie Tavernier-Gamelin joindra le groupe des premières religieuses comme novice d'abord, puis comme leur mère et leur fondatrice. La première profession reli-gieuse eut lieu le 29 mars 1844.

Et les besoins des pauvres, des malades, des immigrés etc. ne cessent de grandir, dans une ville, dans une société, en voie de développement.

La Communauté naissante connaîtra ses heures sombres, quand des décès en temps d'épidémie viendront diminuer ses effectifs, quand l'évêque Bourget mettra en doute, sous l'influence d'une religieuse ombrageuse, la bonne volonté même de la supérieure, mais la fondatrice restera debout au pied de la croix, à l'exemple de la Vierge des Douleurs, son modèle depuis les heures pénibles de sa viduité. L'évêque Bourget reconnaîtra lui-même sa grandeur d'âme et sa générosité poussée jusqu'à l'héroïsme.

La nouvelle communauté grandira, elle aussi, pour répondre aux besoins de l'heure: les Sœurs de la Providence verront leur nombre se multiplier jusqu'à 50, au moment où la Fondatrice elle-même succombera, victime de l'épidémie du choléra, en 1851, huit ans seulement après le lancement de la communauté de la Providence. Ses filles recueilleront sur ses lèvres mourantes, l'ultime testament de leur mère: humilité, simplicité, charité, surtout charité.

Depuis ces modestes débuts, 6147 jeunes filles se sont engagées à la suite d'Emilie Tavernier-Gamelin; on les retrouve aujourd'hui au Canada, aux Etats-Unis, au Chili, en Argentine, en Haïti, au Cameroun, en Egypte, aux Philippines et au Salvador.

Par le Pape Jean-Paul II, sa vertu héroïque fut promulguée le 23 décembre 1993 et, après la reconnaissance officielle d'un miracle attribué à son intercession, le 18 décembre 2000, le Souverain Pontife proclame sa béatification le 7 octobre 2001, la proposant au peuple de Dieu comme un modèle de sainteté, par une vie toute vouée au service de ses frères et sœurs les plus démunis de la société. Sa fête liturgique est fixée au 23 septembre, jour anniversaire de son décès en 1851.

Homélie du Pape Jean Paul II

CHAPELLE PAPALE POUR LA BÉATIFICATION DE 7 SERVITEURS DE DIEU

HOMÉLIE DU PAPE JEAN PAUL II

Dimanche 7 octobre 2001

"Le juste vivra par sa fidélité" (Ha 2, 4): c’est avec ces paroles pleines de confiance et d'espérance que le prophète Habaquq s'adresse au peuple d'Israël à un moment particulièrement tourmenté de son existence. Relues par l'Apôtre Paul à la lumière du mystère du Christ, ces mêmes paroles sont utilisées afin d'exprimer un principe universel: c’est à travers la Foi que l'homme s'ouvre au Salut qui lui vient de Dieu.

Nous avons aujourd'hui la joie de contempler ce grand mystère de salut rendu actuel avec les nouveaux bienheureux.

Ce sont eux les justes qui, en raison de leur Foi, vivent aux côtés de Dieu pour l'éternité:  Ignazio Maloyan, Evêque et martyr; Nikolaus Gross, père de famille et martyr; Alfonso Maria Fusco, prêtre; Tommaso Maria Fusco, prêtre; Emilie Tavernier-Gamelin, religieuse; Eugenia Picco, vierge; Maria Euthymia Uffing, vierge.

Ces frères illustres, à présent élevés à la gloire des autels, ont su traduire leur indomptable Foi dans Le Christ en une extraordinaire expérience d'amour envers Dieu et de service envers leur prochain.

 

Soeur Emilie Tavernier-Gamelin
Dans sa vie de mère de famille et de religieuse fondatrice des Soeurs de la Providence, Emilie Tavernier-Gamelin a été le modèle d'un courageux abandon à la Providence.

Son attention aux personnes et aux situations la conduisit à inventer des formes nouvelles de charité.

Elle avait un coeur ouvert à toute détresse, servant spécialement les pauvres et les petits, qu'elle désirait traiter comme des rois.

Considérant qu'elle avait tout reçu du Seigneur, elle donnait sans compter. Tel était le secret de sa joie profonde, même dans l'adversité.

Dans un esprit de totale confiance en Dieu et avec un sens aiguisé de l'obéissance, tel le "serviteur quelconque" de l'Evangile, elle accomplit son devoir d'état comme un commandement divin, voulant faire en tout la volonté du Seigneur.

Que la nouvelle Bienheureuse soit un modèle de Contemplation et d'action pour les Soeurs de son Institut et pour les personnes qui travaillent avec elles!

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Date de dernière mise à jour : 23/09/2016