Sainte Mère Teresa de Calcutta, Fondatrice des Missionnaires de la Charité (1910-1997). Fête le 05 Septembre.

Mercredi 05 Septembre 2018 : Fête de Sainte Mère Teresa de Calcutta, Fondatrice des Missionnaires de la Charité (1910-1997).

Sainte mere teresa de calcutta"Ce n'est pas combien nous faisons, mais combien d'Amour nous mettons dans ce que nous faisons."

http://www.peintre-icones.fr/PAGES/CALENDRIER/Septembre/5.html

Sainte Mère Térésa de Calcutta (1910-1997)

Religieuse Missionnaire originaire de Yougoslavie, elle fut envoyée en Inde par sa Communauté, les Sœurs de Lorette.
Elle y enseigna de nombreuses années. Mais, confrontée à la misère des indiens, elle fut appelée à une autre mission, vivant pauvre au milieu des pauvres, et surtout accompagnant les mourants abandonnés dans les rues de Calcutta.

En 1950 naît la Congrégation de Missionnaires de la Charité, rassemblant autour d'elle des femmes, et des hommes, partageant son appel.
De nombreuses petites Communautés essaimeront partout dans le monde, là où la misère est la plus profonde, pour y témoigner de l'Amour Miséricordieux de Dieu.

Canonisation de mere teresa de calcutta

http://www.lemonde.fr/religions/article/2016/09/04/mere-teresa-est-declaree-sainte-par-le-pape-francois_4992262_1653130.html

Mère Teresa est déclarée Sainte par le Pape François.

Son portrait géant trône sur la façade de la Basilique Saint-Pierre, à Rome, devant laquelle quelque 100 000 fidèles se sont réunis pour l’événement.
Mère Teresa de Calcutta, la Religieuse au sari blanc bordé de bleu devenue une icône mondiale, et controversée, de l’engagement en faveur des plus pauvres a été Canonisée par le Pape François, Dimanche 04 Septembre 2016, dix-neuf ans après sa mort.

« Nous déclarons la Bienheureuse Teresa de Calcutta Sainte et nous l’inscrivons parmi les Saints, en décrétant qu’elle soit vénérée en tant que telle par toute l’Église », a déclaré le Pape François, en prononçant la « formule de Canonisation » rituelle.

Prix Nobel de la paix en 1979, cette femme tenace et pragmatique, d’une immense tendresse envers les rejetés, s’était aussi faite l’avocate obstinée de la morale de l’Église, tout en souffrant dans sa Foi la majeure partie de sa vie.
« Rendons hommage à cette petite femme amoureuse de Dieu, humble messager de l’Évangile et infatigable bienfaitrice de l’humanité », avait lancé Jean-Paul II, lors de sa Béatification en 2003.

Deux miracles pour être Canonisée.
Ralenti sous Benoît XVI, le dossier de sa Canonisation avait été relancé sous François, qui voit dans Mère Teresa une incarnation de son idéal d’une « Église pauvre pour les pauvres ». Même s’il a déclaré qu’il aurait eu « peur » si cette petite femme tenace, déterminée et empreinte d’absolu, avait été sa supérieure.

Une Canonisation constitue la déclaration officielle qu’une personne décédée est au Paradis. Pour cela, le futur Saint doit avoir obtenu deux miracles, l’un pour la Béatification, l’autre pour la Canonisation, signes de sa proximité avec Dieu.
Dans le cas de Mère Teresa, il s’est agi de la guérison en 1998 d’une indienne qui souffrait d’un cancer, puis celle en 2008 d’un brésilien atteint de tumeurs au cerveau.
Même si pour les membres de sa Congrégation, elle était déjà Sainte depuis le jour de sa mort le 05 Septembre 1997.

Née en 1910 dans une famille albanaise à Skopje, alors dans l’empire ottoman et aujourd’hui en Macédoine, Gonxhe Agnes Bojaxhiu est entrée dans les Ordres à 18 ans, choisissant son nom de Religion en hommage à Thérèse de Lisieux, avant d’être envoyée à Calcutta pour enseigner.
En 1950, elle fonde les Missionnaires de la Charité, qui comptent aujourd’hui 5 000 Religieuses consacrant leur vie, dans une austérité radicale, « aux plus pauvres d’entre les pauvres » à travers le monde.

« Elle n’était pas une personne extraordinaire, elle était comme nous, mais elle était différente en cela qu’elle était en permanence en communion avec Dieu, quoi qu’elle fasse », explique une Sœur, Missionnaire de la Charité depuis cinquante ans.

« Une Sainte des ténèbres »
Cependant à mesure que sa notoriété augmentait, sa ferme opposition à la contraception et à l’avortement, ses méthodes rudimentaires ou ses sources de financement lui ont valu des critiques et parfois même des attaques acerbes.
Surtout, contrairement au Pape François, elle ne cherchait pas à s’attaquer aux racines de la pauvreté, regrette Mary Johnson, une Américaine qui a été également Missionnaire de la Charité pendant vingt ans.

« Elle avait le capital politique, la bonne volonté de tant de gens à travers le monde, l’oreille des présidents, l’argent… Elle aurait pu user de son influence pour chercher des solutions plus durables », explique-t-elle.
Son objectif « n’était pas d’éliminer la pauvreté mais de sauver des âmes », répond une Sœur, Missionnaire de la Charité.

Et même si elle-même, comme l’ont révélé des écrits poignants publiés après sa mort, s’est sentie rejetée par Dieu pendant la majeure partie de sa vie, allant jusqu’à douter de son existence, Mère Teresa entendait bien continuer ce travail dans l’au-delà.
« Si jamais je deviens une Sainte, ce sera sûrement une des ténèbres. Je serais en permanence absente du Paradis, afin d’aller allumer une torche pour ceux plongés dans les ténèbres sur Terre », écrivait-elle en 1959.

Mere theresa

http://nominis.cef.fr/contenus/saint/9931/Sainte-Teresa-de-Calcutta.html

Sainte Teresa de Calcutta

Religieuse Fondatrice de la Congrégation des Missionnaires de la Charité (✝ 1997)

Mère Teresa de Calcutta (1910-1997), biographie - Béatification de Mère Teresa de Calcutta le 19 Octobre 2003.

- Pape François: Mère Teresa, "une dispensatrice généreuse de Miséricorde" lors de la Canonisation.
- Mère Teresa canonisée le 4 septembre 2016.

- Décret de canonisation de Mère Teresa signé le 15 mars 2016.
- Promulgation de décrets du 18 décembre 2015,
miracle attribué à l'intercession de la bienheureuse Mère Teresa de Calcutta (Agnes Gonxha Bojaxhiu: 1910 - 1997), Religieuse albanaise (né en Macédoine sous l'empire ottoman), Fondatrice des Missionnaires de la Charité.


Site officiel de la Cause de Canonisation.
Site du centenaire de sa naissance.
- 17 Décembre 2015, le Prix international de la bande dessinée chrétienne d'Angoulême pour 2016 est décerné à l’album: Mére Teresa de Calcutta, 'Au nom des pauvres parmi les pauvres' (illustration: couverture de l'album)
- 19 Décembre 2015, Mère Teresa, une femme 'toujours en présence de Dieu', le Père jésuite Louis Hincq a vécu en Inde de 1947 à 1981 et a eu l’occasion de rencontrer plusieurs fois Mère Teresa, il livre ses souvenirs, et revient sur les actions de Mère Teresa dans le pays.

À Calcutta en Inde, l’an 1997, la Bienheureuse Thérèse (Agnès Gonhxa Bojashiu), vierge. De l’Albanie, sa patrie, la Charité la poussa à étancher la soif du Christ en Croix dans ses frères les plus pauvres de l’Inde, et elle fonda une double Congrégation des Missionnaires de la Charité entièrement au service des malades et des abandonnés.
Martyrologe romain

"Ce n'est pas combien nous faisons, mais combien d'Amour nous mettons dans ce que nous faisons."

Mother teresaPortrait de Mère Teresa en 1988. Photo de CrazyLegsKC

http://www.vatican.va/news_services/liturgy/saints/ns_lit_doc_20031019_madre-teresa_fr.html

Mère Teresa de Calcutta(1910-1997)

« Par mon sang, je suis albanaise. Par ma nationalité, indienne. Par ma Foi, je suis une Religieuse Catholique. Pour ce qui est de mon appel, j'appartiens au monde. Pour ce qui est de mon cœur, j'appartiens entièrement au Cœur de Jésus »

Petite de stature, avec une Foi solide comme le roc, Mère Teresa de Calcutta, se vit confier la mission de proclamer la soif infinie de l'Amour de Dieu pour l'humanité, en particulier pour les plus pauvres des pauvres.

« Dieu aime toujours le monde et Il nous envoie, vous et moi, pour être son Amour et sa Compassion auprès des pauvres. »

C'était une âme remplie de la Lumière du Christ, brûlante d'Amour pour Lui et consumée d'un seul désir : « apaiser sa Soif d'Amour et des âmes ».

Cette messagère lumineuse de l'Amour de Dieu est née le 26 août 1910 à Skopje, une ville située aux croisements de l'histoire des Balkans.

Cadette de Nikola et Drane Bojaxhiu, elle fut appelée Gonxha Agnès ; elle reçut sa première communion à l'âge de cinq ans et demi et fut confirmée en novembre 1916.

Le jour de sa première communion, elle fut remplie d'un grand Amour pour les âmes. La mort soudaine de son père quand elle avait environ huit ans, laissa la famille dans une condition financière difficile.

Drane éleva ses enfants avec amour et fermeté, influençant beaucoup le caractère et la vocation de sa fille.

La formation religieuse de Gonxha fut soutenue par la paroisse jésuite très active du Sacré Cœur dans laquelle elle était bien engagée.

À l'âge de dix-huit ans, poussée par le désir de devenir Missionnaire, Gonxha quitte sa maison en Septembre 1928 pour rentrer à l'Institut de la Vierge Marie, connu sous le nom de Sœurs de Lorette, en Irlande.

Là, elle reçut le nom de Sœur Mary. En décembre, elle part pour l'Inde, et arrive à Calcutta le 6 Janvier 1929. Après avoir fait ses premiers vœux en Mai 1931, Sœur Teresa fut envoyée à la Communauté de Loretto Entally à Calcutta et enseigna à l'école de filles, Sainte Marie.

Mere teresa 2Le 24 Mai 1937, Sœur Teresa fit ses vœux perpétuels devenant, comme elle disait, « l'épouse de Jésus » pour « toute l'éternité »

À partir de ce moment-là, elle fut appelée Mère Teresa. Elle continua à enseigner à Sainte Marie et en 1944 devint la directrice de l'école.

Les vingt années de Mère Teresa à Lorette furent remplies d'une joie profonde, elle était très pieuse, aimant profondément ses sœurs et ses élèves.

Remarquée pour sa charité, sa générosité et son courage, sa résistance au travail et douée d'un talent naturel pour l'organisation, elle vécut sa consécration à Jésus, au milieu de ses compagnes, avec joie et fidélité.

Le 10 Septembre 1946, en route pour sa retraite annuelle à Darjeeling, Mère Teresa reçut dans le train son « inspiration », son « appel dans l'appel ».

Ce jour-là, d'une manière qu'elle n'expliquera jamais, la soif de Jésus d'aimer et sa soif pour les âmes prit possession de son cœur et le désir de satisfaire cette soif devint la motivation de sa vie.

Au cours des semaines et des mois suivants, Jésus lui révéla, par des locutions intérieures et des visions, le désir de son cœur d'avoir « des victimes d'amour », qui « diffuseraient son amour sur les âmes. »

Il la suppliait « Viens, sois ma lumière ». « Je ne peux y aller seul. » Il lui révéla sa douleur devant la négligence envers les pauvres, son chagrin d'être ignoré d'eux et son immense désir d'être aimé par eux.

Il demanda à Mère Teresa d'établir une communauté religieuse, les Missionnaires de la Charité, dédiée au service des plus pauvres d'entre les pauvres.

Presque deux ans d'épreuves et de discernement passèrent avant que Mère Teresa ne reçoive la permission de commencer.

Le 17 août 1948, elle se revêtit pour la première fois de son sari blanc, bordé de bleu et passa les portes de son Couvent bien-aimé de Lorette pour entrer dans le monde des pauvres.

110225 140059Après un stage de courte durée chez les Sœurs de la Mission Médicale à Patna, Mère Teresa retourna à Calcutta et trouva un logement temporaire chez les Petites Sœurs des Pauvres.

Le 21 Décembre, elle alla pour la première fois dans les bidonvilles. Elle visita quelques familles, lava les plaies de plusieurs enfants, prit soin d'un vieil homme malade allongé dans la rue et d'une femme tuberculeuse mourant de faim.

Elle commençait chaque journée en communion avec Jésus dans l'Eucharistie et puis elle sortait, le chapelet à la main, pour le trouver et le servir dans « les rejetés, les mal-aimés, les négligés. »

Après quelques mois, ses anciennes élèves la rejoignirent une par une.

Le 7 octobre 1950, la nouvelle Congrégation des Missionnaires de la Charité était officiellement établie dans l'Archidiocèse de Calcutta.

Au début des années 60, Mère Teresa commença à envoyer ses Sœurs dans d'autres régions de l'Inde. L'approbation accordée par le Pape Paul VI en février 1965 l'encouragea à ouvrir une maison au Venezuela.

Ce fut bientôt suivi par des Fondations à Rome et en Tanzanie et finalement, sur tous les continents. Commençant en 1980 et continuant à travers les années 90, Mère Teresa ouvrit des maisons dans presque tous les pays communistes, y compris l'ancienne Union soviétique, l'Albanie et Cuba.

Afin de mieux répondre aux besoins physiques aussi bien que spirituels des pauvres, Mère Teresa fonda Les Frères Missionnaires de la Charité en 1963, en 1976 la branche contemplative des Sœurs, en 1979 les Frères Contemplatifs, et en 1984 les Pères Missionnaires de la Charité.

Cependant son inspiration n'était pas limitée à ceux qui avaient une vocation religieuse. Elle forma les Coopérateurs de Mère Teresa et les Coopérateurs Malades et Souffrants, personnes de fois et nationalités différentes avec qui elle partageait son esprit de prière, de simplicité, de sacrifice et son apostolat pour les humbles travaux d'amour.

Cet esprit inspira plus tard les Laïques Missionnaires de la Charité. En réponse aux demandes de beaucoup de Prêtres, en 1981 Mère Teresa commença aussi le mouvement Corpus Christi pour les Prêtres, traçant un « petit chemin de sainteté » pour ceux qui désirent partager son charisme et son esprit.

Durant ces années de croissance rapide, le monde commença à tourner son regard vers Mère Teresa et le travail qu'elle avait commencé.

Elle reçut de nombreux prix pour honorer son travail, en commençant par le prix indien Padmashri en 1962 et le Prix Nobel de la Paix en 1979, alors que les médias, avec un intérêt grandissant, commençaient à suivre ses activités. Elle reçut tout cela « pour la Gloire de Dieu et au nom des pauvres ».

L'ensemble de la vie et de l'œuvre de Mère Teresa témoignent de la joie d'aimer, de la grandeur et dignité de chaque être humain, de la valeur de chaque petite chose faite avec Foi et avec Amour, et, par-dessus tout, de l'amitié avec Dieu.

Mais il y avait un autre côté héroïque de cette grande femme qui fut révélé seulement après sa mort.

Cachée aux yeux de tous, cachée même à ses plus proches, sa vie intérieure fut marquée par l'expérience d'un sentiment profond, douloureux et constant d'être séparée de Dieu, même rejetée par Lui, accompagné d'un désir toujours croissant de son Amour.

Elle appela son expérience intérieure, « l'obscurité ». La « nuit douloureuse » de son âme qui débuta à peu près au moment où elle commençait son travail pour les pauvres et qui continua jusqu'à la fin de sa vie, conduisit Mère Teresa à une union toujours plus profonde avec Dieu. À travers cette obscurité, elle participa mystiquement à la Soif de Jésus dans son désir d'Amour douloureux et ardent, et elle partagea la désolation intérieure des pauvres.

Mere teresa 11Durant les dernières années de sa vie, malgré des problèmes de santé de plus en plus sérieux, Mère Teresa continua à gouverner sa congrégation et à répondre aux besoins des pauvres et de l'Église.

En 1997, les Sœurs de Mère Teresa étaient au nombre d'environ 4000 et étaient établies dans 610 fondations réparties dans 123 pays du monde.

En Mars 1997, elle Bénit la nouvelle supérieure générale des Missionnaires de la Charité récemment élue et elle effectua encore un voyage à l'étranger.

Après avoir rencontré le Pape Jean Paul II pour la dernière fois, elle rentra à Calcutta et passa ses dernières semaines à recevoir des visiteurs et à enseigner ses Sœurs.

Le 5 Septembre fut le dernier jour de la vie terrestre de Mère Teresa. Elle reçut du gouvernement de l'Inde les honneurs de funérailles officielles et son corps fut enterré dans la Maison Mère des Missionnaires de la Charité.

Sa tombe devint rapidement un lieu de pèlerinage et de Prière pour les gens de toutes fois, riches et pauvres.

Mère Teresa laissa le testament d'une Foi inébranlable, d'un espoir invincible et d'une Charité extraordinaire.

Sa réponse à la cause de Jésus, « Viens sois ma lumière », fit d'elle une Missionnaire de la Charité, une « mère pour les pauvres », un symbole de Compassion pour le monde et un témoignage vivant de la soif d'Amour de Dieu.

Moins de deux ans après sa mort, étant donné la réputation de sainteté largement répandue de Mère Teresa et au rapport des faveurs reçues, le Pape Jean Paul II permit l'ouverture de sa cause de Canonisation.

Le 20 Décembre 2002, il approuva les décrets de ses vertus héroïques et miracles et la Béatification eut lieu le 19 Octobre 2003.

« Rendons louange à cette petite femme qui aimait Dieu, humble messagère de l'Évangile et inlassable bienfaitrice de l'humanité. Nous honorons en elle l'une des personnalités les plus importantes de notre époque. Accueillons-en le message et suivons-en l'exemple. »

Vierge Marie, Reine de tous les saints,
aide-nous à être doux et humbles de cœur comme cette courageuse messagère de l'Amour.
Aide-nous à servir avec la joie et le sourire chaque personne que nous rencontrons.
Aide-nous à être des missionnaires du Christ, notre paix et notre espérance.
Amen !

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Motherteresa 090Mère Teresa de Calcutta à un meeting pro-vie en 1986 à Bonn (Allemagne). Photo de Beao

http://levangileauquotidien.org/main.php?language=FR&module=saintfeast&localdate=20160905&id=13950&fd=0

Sainte Mère Teresa de Calcutta
Religieuse et Fondatrice des
« Missionnaires de la Charité »

« Par mon sang, je suis Albanaise. Par ma nationalité, Indienne. Par ma Foi, je suis une Religieuse Catholique.
Pour ce qui est de mon appel, j’appartiens au monde. Pour ce qui est de mon cœur, j’appartiens entièrement au Cœur de Jésus.
 »


Mère Teresa, de son nom patronymique Anjezë Gonxha Bojaxhiu, naît le 26 Août 1910 à Üsküb, Empire ottoman (actuellement Skopje, Macédoine)
Cadette de Nikola et Drane Bojaxhiu, famille d’origine albanaise, elle reçut sa première Communion à l’âge de cinq ans et demi et fut Confirmée en novembre 1916.

À l'âge de douze ans, Agnès commence à ressentir l'appel de se Consacrer à Dieu.
La vie de Mère Teresa comporte alors deux périodes bien tranchées : sa vie dans l'institut de Sœurs de Lorette et sa vie dans l'Ordre des Missionnaires de la Charité.

À l'âge de dix-huit ans, en 1928, elle entre à l'Institut des « Sœurs de Lorette », en Irlande. En 1929 elle est envoyée à Calcutta.
En 1931, après deux années de noviciat, elle fait sa première profession de Foi et elle prend le nom de Teresa. Elle enseigne la géographie à l'école Sainte-Marie à Calcutta où elle est nommée directrice en 1944.

Elle reçoit l'appel de Consacrer sa vie aux pauvres des bidonvilles. En 1946, avec le soutien de l'Archevêque de Calcutta, elle obtient, du Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958),  la permission de quitter l'ordre des « Sœurs de Lorette ».

En 1948, la vie de Mère Teresa se transforme ; c’est un tournant dans sa vie. Elle s'installe dans un bidonville (à Taltola, en Inde) avec quelques autres Religieuses qui l'ont suivie. Elle fait la Fondation des « Missionnaires de la Charité », établie officiellement dans le diocèse de Calcutta en 1950.
Elle prend désormais le nom de Mère Teresa, car elle a choisi la petite Thérèse comme patronne et guide vers la sainteté ; sa vie est Consacrée aux pauvres, aux malades, aux laissés-pour-compte et aux mourants.
Cela commença avec l'ouverture du « mouroir » de Calcutta pour assurer une fin digne à ceux qui, leur vie durant, avaient vécu « comme des bêtes ».

En 1996, la Congrégation des « Missionnaires de la Charité » comptait 517 Missions dans plus d'une centaine de pays. Il y a actuellement près de 4 000 Sœurs Missionnaires de la Charité.

Elle a reçu plusieurs récompenses pour son travail, notamment le Prix de la Paix Jean XXIII en 1971 ; le Prix Nobel de la Paix en 1979 pour son action en faveur des déshérités en Inde. Elle a utilisé sa notoriété mondiale pour attirer l'attention du monde sur des questions morales et sociales importantes.

Pendant 50 ans la vie de Mère Teresa de Calcutta a été marquée par la grande épreuve spirituelle de la nuit de la Foi.
Elle était assaillie par le doute concernant l'existence de Dieu. Ces années de nuit intérieure constituent un trait important de sa figure spirituelle.
C'était un supplice secrètement enfoui en elle et dissimulé derrière un visage paisible qu'elle avait en public.
Personne ne savait qu'elle était aussi tourmentée. Cette épreuve de la nuit de la Foi apparaît avec une précision jusque-là inédite avec la publication en 2007 d'un ouvrage compilant 40 lettres rédigées au cours des soixante dernières années de sa vie et qu'elle voulait voir détruites pour certaines.

Après un premier infarctus en 1983, sa santé se détériore sérieusement à partir de 1990. Suite à une crise de paludisme et à un arrêt cardiaque, elle abandonne ses responsabilités à la tête de la Communauté en mars 1997. Pendant ses dix dernières années elle a été souvent malade et hospitalisée.

La vie de Mère Teresa a été assez longue : 87 ans. Son départ pour les demeures éternelles eu lieu, dans son Couvent de Calcutta, le 5 Septembre 1997.
L’Inde a déclaré le lendemain de sa mort Jour de deuil national. Elle a offert des funérailles nationales à sa plus grande héroïne depuis Gandhi.

La mort de Mère Teresa a été l'occasion d'un hommage unanime ; ses obsèques ont rassemblé des croyants de toutes les Religions.
Les funérailles ont été célébrées dans le Stade de Calcutta ; les Sœurs avaient préparé l'autel pour la Messe.
Monseigneur Henri de Souza, Archevêque de Calcutta est à l’origine de la demande de Canonisation de Mère Teresa.
Le processus de Béatification a été particulièrement rapide : il a débuté en 1999, seulement deux ans après sa mort, grâce à une dérogation du Pape permettant d'écourter le délai habituel de cinq ans.
Celle-ci a bénéficié d'un traitement de faveur de la part de Saint Jean-Paul II, fervent admirateur.

Ses lettres, qui révèlent ses doutes, étaient connues au moment du procès de Béatification de Mère Teresa. Elles ont été prises en compte pour sa Béatification.
Mère Teresa de Calcutta a été Béatifiée le 19 Octobre 2003 à Rome, place Saint-Pierre, devant 300 000 fidèles, par Saint Jean-Paul II.

Mère Teresa de Calcutta a été déclarée Sainte le Dimanche 04 Septembre 2016 par le Pape François (Jorge Mario Bergoglio, 2013) au commencement d'une Messe de Canonisation célébrée sur la place Saint-Pierre devant quelque 100 000 fidèles.
« Nous déclarons la Bienheureuse Teresa de Calcutta Sainte et nous l'inscrivons parmi les Saints, en décrétant qu'elle soit vénérée en tant que telle par toute l'Église », a déclaré le Pape François, en prononçant en latin la formule de Canonisation rituelle.
Le jour de sa Fête dans le calendrier Catholique des Saints a été fixé au 05 Septembre, jour anniversaire de sa mort.

Mteresa 2>>> Homélie du Pape Jean-Paul II
[Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien, Portugais]

Pour un approfondissement biographique :
>>> Mère Teresa de Calcutta, biographie
[Albanais, Anglais, Espagnol, Français, Italien]

>>> La vie de Mère Teresa de Calcutta - film complet 
 

Hommages a mere teresa pour 100 ans de devouement 337340 w1000

http://www.pointscoeur.org/saints_patrons/teresa_de_calcuta/index.htm.

Sainte Teresa de Calcutta

LA BIEN-AIMÉE DE CALCUTTA

Dimanche 19 octobre 2003, trois cent mille pèlerins se pressent autour de Jean-Paul II pour Béatifier celle qui est déjà sainte dans le cœur des slums de l’Inde et d’ailleurs. Mère Teresa, apôtre de l’espérance et mère des pauvres, a conclu depuis plusieurs années déjà son chemin sur terre, mais la silhouette fragile de celle qui se donna inlassablement au nom de Jésus habite toutes les mémoires. Il faudrait méditer longuement sur le destin de cette Albanaise née en 1910 en Macédoine. Agnès Gonxha Bojaxhiu est élevée dans la Foi chrétienne et alors qu’elle n’est encore qu’une toute jeune fille, elle dévore les ouvrages des missionnaires croates et slovènes. À seize ans, sa vocation est claire : servir Dieu dans les contrées lointaines. En 1918, elle part pour la maison mère des sœurs de Notre-Dame-de-Lorette puis, devenue quelques années plus tard sœur Teresa, elle s’embarque pour l’Inde. Professeur dans une école de Calcutta où les enfants l’aiment au point de l’appeler Ma, elle reçoit en 1946 un appel à servir les plus pauvres. Donnée pleinement à son Époux, mue par la Prière et un profond désir de sainteté, Mother bouleverse le monde entier par sa simplicité, sa bonté et son abnégation.
C’est que Dieu avait choisi Mère Teresa pour révéler au monde son Amour.

Jésus au cœur de la spiritualité de Mère Teresa

Un appel dans l’appel

Dans les années quarante, Mère Teresa dirige une école de jeunes filles à Calcutta : elle est frappée par la misère dans laquelle vivent ses élèves et avec elles, des milliers d’hommes et de femmes jetés à la rue. Le Seigneur fait croître dans son âme le désir d’aimer et de servir les pauvres. Elle se prépare en fait à vivre son « Chemin de Damas ». Le 10 septembre 1946, elle entend dans le train entre Calcutta et Darjeeling « un appel à renoncer à tout et à Le suivre, Lui, le Christ, dans les taudis, pour Le servir parmi les plus pauvres des pauvres. Je savais que c’était Sa volonté et que je devais Le suivre. » Il lui est impossible de résister à cet appel, initié dans une grande pauvreté et un total abandon. Elle n’obtient d’abord aucune réponse favorable de son évêque. Il lui faudra attendre 1 948 pour revenir à Calcutta vêtue du fameux sari bordé de bleu, une formation d’infirmière, un morceau de savon et cinq roupies en poche. Elle s’immerge aussitôt dans le peuple des bidonvilles, ne comptant ni son temps, ni sa peine. C’est dans les yeux de son Bien-Aimé que s’éclaircit peu à peu le chemin.

Une seule vocation : étancher la soif de Jésus

« Pourquoi même dans les plus grands sacrifices on dirait que vous ne faites pas d’effort ? » demanda un jour un journaliste. Mère Teresa répondit : « C’est pour Jésus que nous faisons tout. Nous aimons Jésus. » Au puits de la Samaritaine (Jn 4,7) et au pied de la Croix (Jn 19, 28), les Missionnaires de la Charité se laissent blesser par le cri de Jésus : « J’ai Soif » et à travers Lui, par celui des souffrants de la terre. Unir en deux vases communicants la Soif d’Amour de Dieu pour l’homme et celle, souvent ensevelie, de l’homme pour Dieu, voilà leur vocation. Que l’amour réponde à l’Amour…

Un seul exemple : celui du Christ

Mère Teresa se nomme elle-même « l’épouse du Crucifié ». Les petites sœurs tournent leur regard vers Celui auquel elles se sont données afin de l’imiter en toute chose jusqu’à ce que « le Christ prenne forme en elles » : « ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga, 2, 19-20). Comme Jésus, elles portent au monde la Bonne Nouvelle. Comme Jésus, elles partagent la vie des aveugles, des mendiants, des paralytiques, des mourants, des laissés-pour-compte. Comme Jésus, elles doivent répandre autour d’elles la joie, la lumière, l’espoir. Leur Maître est l’exemple accompli de l’amour : « Aimez-vous les unes les autres, supplie la Mère. Il nous a donné sa vie, rien de moins. Ainsi, vous devez donner ce qui vous est le plus cher »
L’adoration fidèle d’un Dieu offert en croix ne peut que mener au don de soi, jusqu’au bout.

Jésus-Eucharistie, le plus pauvre d’entre les pauvres

Le cœur de la congrégation, c’est l’Eucharistie. Dans ce mystère immense est dévoilée l’humilité d’un Dieu silencieux. Pour la Mère, c’est parce que l’on croit en Jésus totalement donné dans le Saint Sacrifice que l’on a la certitude de Le toucher aussi dans les corps ravagés de nos frères. Mère Teresa évoquait souvent le prêtre s’approchant de l’Eucharistie : « C’est ainsi que vous devez toucher le corps du Christ dans le corps souffrant des hommes. » La Présence réelle dévoile la Présence divine en toute chose.

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Un jour, dans la rue, Mère Teresa ramasse une femme agonisant, jetée par son fils dans une poubelle et dont les membres étaient déjà rongés par les rats et les fourmis. Aucun hôpital ne veut les accueillir. C’est ainsi que naît la maison des mourants de Calcutta où 40 000 personnes ont été depuis transportées pour y finir leur vie dans la paix. Suivent beaucoup d’autres œuvres : orphelinats, cités de la paix pour les lépreux, cuisines de la charité, maisons spécialisées pour les malades du sida. Rien ne semble arrêter ce frêle petit bout de femme, mue par une force intérieure hors du commun.

Les Missionnaires de la Charité, outre les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance font un pas de plus dans le renoncement en prononçant un quatrième vœu : celui de se vouer au service des plus pauvres d’entre les pauvres, de ceux qui ne peuvent les dédommager de leur peine, dont on n’attend rien en retour. Mère Teresa limite volontairement le travail des sœurs à une catégorie de personnes, les plus méprisés, les plus défigurés. En choisissant l’abaissement et le dépouillement, en consentant au plus difficile, les sœurs s’identifient à Jésus abandonné par les siens, celui qui « s’est anéanti lui-même, en prenant la condition d’esclave » (Ph 2, 7).

L’amour anime ce quatrième vœu, un amour donné librement et gratuitement. Il répond au cri du Christ en Croix : « J’ai Soif ! ». Mère Teresa est hantée par cette vision de Dieu mendiant l’Amour de l’homme : « Affamé d’Amour, Il te regarde ; assoiffé de bonté, Il te supplie ; mis à nu par amour de la vérité, Il espère en toi ; infirme et emprisonné par amitié, Il attend cette amitié de toi ; sans abri, Il demande refuge en ton cœur ; veux-tu être tout cela pour Lui ? »
Le service des pauvres n’est donc pas une fin en soi mais la voie concrète pour aimer le Christ. Mère Teresa donne un témoignage bouleversant de l’amour de Dieu transformé en amour du prochain : « Il existe une faim tellement profonde : celle de l’Amour. Quoi de plus terrible que la solitude, le fait de ne pas être désiré et l’abandon de tous ? ». Parcourir inlassablement les routes de Calcutta et les bidonvilles du monde est à ses yeux un privilège puisque c’est Jésus que l’on soulage.
Mais qui aime en vérité souffre. Laver les pieds des plus pauvres conduit à partager aussi leur passion : « Voici la signification de l’amour véritable : donner jusqu’à la douleur. » Pourtant, cette souffrance peut être transfigurée si elle est unie à celle de Jésus. C’est ce que Mère Teresa appelait le « baiser du Crucifié »…

La prière

Dans ses innombrables interviews, la Mère ne réclame à ses interlocuteurs ni biens ni argent mais il est frappant de constater avec quelle fréquence elle invite le monde à Prier. L’esprit de Prière soutient toute l’œuvre des missionnaires de la charité : elles débutent leur journée par la Prière communautaire et la Messe. En voyage ou en marchant, les sœurs égrènent sans relâche leur chapelet et concluent leur apostolat par une heure d’Adoration du Saint-Sacrement, non pour y trouver le repos mais pour être intensément présentes à Celui qui a pris sur Lui toute pauvreté.

Union aux hommes en Dieu – Selon Mère Teresa, la prière profonde et continue unifie notre vie, nous ramène sans cesse à Dieu et fait de nous des instruments de Sa Volonté. Elle élargit le cœur, lève le voile qui obscurcit nos yeux pour que nous contemplions Le Christ en tous les visages qui nous sont offerts et portions sur le monde un regard aimant. C’est en connaissant Jésus dans la Prière qu’on Le re-connaît dans les corps meurtris des mendiants. Les Constitutions des Missionnaires de la Charité soulignent aussi que la Prière est un acte d’Amour universel qui relie les hommes entre eux et dans le Cœur de Dieu.

Pas de Prière sans silence afin que Dieu puisse s’entretenir avec les âmes. Extérieur, le silence vient purifier nos yeux, notre bouche, nos oreilles, tous nos sens. Intérieur, il est l’apaisement du cœur et de l’esprit qui mène à l’oubli de soi, à l’apprentissage de la vérité et à l’union intime avec Dieu. Celui qui se recueille sait accueillir la présence divine en toute chose et en tout lieu.

Force pour la mission – Combien d’observateurs se demandent comment les sœurs peuvent veiller les mourants de longues heures et tenir bon au milieu de misères si épouvantables ! « Sans la force que nous recevons de la Prière, notre vie serait impossible. » explique Mère Teresa. Mieux, c’est la Prière qui nourrit l’apostolat et le féconde : « Plus vous recevrez dans la Prière silencieuse, plus vous pourrez donner dans votre vie active » Le tête-à-tête amoureux avec Dieu se dilate ainsi au cœur du monde. L’action devient contemplation.

La Prière fortifie la Foi – Elle est en elle-même acte de Foi. On raconte souvent l’histoire d’un jeune étranger confessant tristement à Mère Teresa son incroyance. Elle lui dit simplement : « Priez » et lui remit quelques méditations sur l’Évangile de Jean en lui recommandant de les parcourir chaque jour. Il revint quelque temps plus tard et lui annonça : « Maintenant, je crois ».

Appel à la sainteté

Mother Teresa répétait à ses sœurs que la sainteté était un devoir. Elle incitait tous ses proches à la perfection, grâce à la Prière, la persévérance, le renoncement à soi-même, la qualité de l’Amour donné. Celui qui aspire à être saint désire aussi amener beaucoup d’âmes à Dieu. Le Salut et la Sanctification des plus pauvres, voilà l’un des buts des Missionnaires de la Charité. Combien d’heures Mère Teresa a-t-elle passé au chevet des agonisants pour cueillir sur leurs lèvres un signe de Paix et de Réconciliation intérieure…
La sainteté marque le front des élus : le jour de notre Baptême, Dieu nous choisit pour être des témoins vivants de sa Bonté et de sa Gloire. Devenir saint est donc à la fois pure grâce et effort constant de la volonté : « Avec la Bénédiction de Dieu, je désire, je veux être sainte » martelait la Mère. Pour elle, la sainteté c’est connaître Jésus, l’aimer et le servir. C’est Lui appartenir totalement en nous dépouillant de ce que nous sommes. Le plus profond désir de Dieu n’est-il pas que nous nous donnions sans réserve comme Lui s’est livré à nous sur la Croix ? « Quand on regarde sa Croix, on comprend son Amour. Sa tête est inclinée pour nous embrasser ; ses bras sont étendus pour nous étreindre ; son cœur est grand ouvert pour nous accueillir. Voilà ce que nous devons être dans le monde d’aujourd’hui. »

Marie, modèle parfait

La dévotion à la Vierge est au cœur de l’œuvre de Mère Teresa : l’insigne de la congrégation est un rosaire entourant le globe terrestre avec la croix posée sur l’Inde. La fondatrice aimait à dire que ces grains unissaient Dieu et les hommes en une grande chaîne d’Amour.

Marie nous apprend à nous abandonner totalement à Dieu : « Je suis la servante du Seigneur » (Luc 1, 38). Mère Teresa a fait sienne cette parole, tâchant d’être un instrument docile entre les mains du Père. Marie est par excellence une âme contemplative, « méditant en son cœur » (Luc 2, 19) ce que Dieu réalisait dans sa vie. Elle est aussi le modèle de la Charité. Alors qu’elle porte déjà Jésus et malgré le long chemin à travers les collines de Judée, elle se précipite joyeusement pour aider sa cousine Élisabeth. Le missionnaire sait lui aussi que l’Amour n’attend pas. Il court servir les pauvres sans crainte des obstacles. Pleine de sollicitude aux Noces de Cana, la Vierge est aussi la meilleure avocate des humiliés et Mère Teresa le savait qui l’implorait toujours en faisant monter vers elle le cri des pauvres.

Comme unique testament, la « Bien-Aimée » de Calcutta nous laisse une invitation simple et bouleversante, dictée quelques heures seulement avant sa mort : « Vivez seulement pour Jésus par Marie, c’est tout ce que je veux de vous, tout ce que je veux pour vous. »

Jacinthe Blancart

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http://www.vatican.va/holy_father/john_paul_ii/homilies/2003/documents/hf_jp-ii_hom_20031019_mother-theresa_fr.html.

BÉATIFICATION DE MÈRE TERESA DE CALCUTTA

HOMÉLIE DU PAPE JEAN-PAUL II

Journée Mondiale des Missions
Dimanche 19 octobre 2003

1. "Celui qui voudra être le premier parmi vous, sera l'esclave de tous" (Mc 10, 44). Ces paroles de Jésus aux disciples, qui ont retenti il y a peu sur cette place, indiquent quel est le chemin qui conduit à la "grandeur" évangélique. C'est la route que le Christ lui-même a parcourue jusqu'à la Croix; un itinéraire d'amour et de service, qui renverse toute logique humaine. Être le serviteur de tous!

C'est par cette logique que s'est laissée guider Mère Teresa de Calcutta, Fondatrice des Missionnaires de la Charité, hommes et femmes, que j'ai la joie d'inscrire aujourd'hui dans l'Album des Bienheureux. Je suis personnellement reconnaissant à cette femme courageuse, dont j'ai toujours ressenti la présence à mes côtés. Icône du Bon Samaritain, elle se rendait partout pour servir le Christ chez les plus pauvres parmi les pauvres. Même les conflits et les guerres ne réussissaient pas à l'arrêter.

De temps en temps, elle venait me parler de ses expériences au service des valeurs évangéliques. Je me rappelle, par exemple, de ses interventions en faveur de la vie et contre l'avortement, notamment lorsqu'elle reçut le prix Nobel pour la Paix (Oslo, 10 décembre 1979). Elle avait l'habitude de dire:  "Si vous entendez dire qu'une femme ne veut pas garder son enfant et désire avorter, essayez de la convaincre de m'apporter cet enfant. Moi, je l'aimerai, voyant en lui le signe de l'amour de Dieu".

2. N'est-il pas significatif que sa béatification ait lieu précisément le jour où l'Église célèbre la Journée mondiale des Missions? A travers le témoignage de sa vie, Mère Teresa rappelle à tous que la mission évangélisatrice de l'Église passe à travers la charité, alimentée par la prière et par l'écoute de la Parole de Dieu. L'image qui représente la nouvelle bienheureuse alors que, d'une main, elle tient la main d'un enfant et que, de l'autre, elle égrène le Chapelet, est représentative de ce style missionnaire.

Contemplation et action, évangélisation et promotion humaine:  Mère Teresa proclame l'Évangile à travers sa vie entièrement offerte aux pauvres, mais, dans le même temps, enveloppée par la prière.

3. "Celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur" (Mc 10, 43). C'est avec une émotion particulière que nous évoquons aujourd'hui le souvenir de Mère Teresa, une grande servante des pauvres, de l'Église et du monde entier. Sa vie est un témoignage de la dignité et du privilège du service humble. Elle avait choisi d'être non seulement la dernière, mais la servante des derniers. Véritable mère pour les pauvres, elle s'est agenouillée auprès de ceux qui souffraient de diverses formes de pauvreté. Sa grandeur consiste dans sa capacité à donner sans compter, à donner "jusqu'à souffrir". Sa vie était une façon radicale de vivre l'Évangile et de le proclamer avec courage.

Le cri de Jésus sur la croix, "J'ai soif" (Jn 19, 28), qui exprimait la profondeur de la soif de Dieu pour l'homme, a pénétré l'âme de Mère Teresa et a trouvé un terrain fertile dans son coeur. Étancher la soif d'amour et d'âmes de Jésus, en union avec Marie, la mère de Jésus, était devenu l'unique objectif de l'existence de Mère Teresa et la force intérieure qui la faisait se dépasser elle-même et "aller en toute hâte" à travers le monde pour oeuvrer en vue du salut et de la sanctification des plus pauvres d'entre les pauvres.

4. "Dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait" (Mt 25, 40). Ce passage de l'Évangile, si crucial pour comprendre le service de Mère Teresa aux pauvres, était à la base de sa conviction emplie de foi selon laquelle en touchant les corps brisés des pauvres,  c'était  le  corps du Christ qu'elle touchait. C'est à Jésus lui-même, caché dans les souffrances des plus pauvres d'entre les pauvres, que son service était adressé. Mère Teresa souligne la signification la plus profonde du service:  un acte d'amour fait à ceux qui ont faim, soif, qui sont étrangers, nus, malades et prisonniers (cf. Mt 25, 35-36) est fait à Jésus lui-même.

En le reconnaissant, elle lui prodiguait ses soins avec une sincère dévotion, exprimant la délicatesse de l'amour sponsal. Ainsi, dans un don total d'elle-même à Dieu et à son prochain, Mère Teresa a trouvé le plus grand accomplissement de la vie et a vécu les plus nobles qualités de sa féminité. Elle voulait être un signe de "l'amour de Dieu, la présence de Dieu, la compassion de Dieu" et rappeler ainsi à tous la valeur et la dignité de chaque enfant de Dieu, "créé pour aimer et être aimé". Ainsi, Mère Teresa "conduisait les âmes à Dieu et Dieu aux âmes" et étanchait la soif du Christ, en particulier chez les plus indigents, ceux dont la vision de Dieu avait été voilée par la souffrance et la douleur.

5. "Le Fils de l'homme est venu pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude" (cf. Mc 10, 45). Mère Teresa a partagé la passion du Crucifié, de manière particulière au cours de longues années d'"obscurité intérieure". Ce fut une épreuve parfois lancinante, accueillie comme un "don et un privilège" singuliers.

Lors des heures les plus sombres, elle s'accrochait avec plus de ténacité à la prière devant le Saint-Sacrement. Ce dur travail spirituel l'a conduite à s'identifier toujours plus avec ceux qu'elle servait chaque jour, faisant l'expérience de leur peine et parfois même du rejet. Elle aimait répéter que la plus grande pauvreté est celle d'être indésirables, de n'avoir personne qui prenne soin de soi.

6. "Seigneur, donne-nous ta grâce, en Toi nous espérons!". Combien de fois, comme le Psalmiste, Mère Teresa a elle aussi répété à son Seigneur, dans les moments de désespoir intérieur:  "En Toi, en Toi j'espère, mon Dieu!".

Mere teresa jean paul ii articlephoto 1Rendons louange à cette petite femme qui aimait Dieu, humble messagère de l'Évangile et inlassable bienfaitrice de l'humanité. Nous honorons en elle l'une des personnalités les plus importantes de notre époque. Accueillons-en le message et suivons-en l'exemple.

Vierge Marie, Reine de tous les saints, aide-nous à être doux et humbles de coeur comme cette courageuse messagère de l'Amour. Aide-nous à servir avec la joie et le sourire chaque personne que nous rencontrons. Aide-nous à être des missionnaires du Christ, notre paix et notre espérance. Amen!

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Date de dernière mise à jour : 05/09/2018