Saint Jean Chrysostome, Évêque et Docteur de l'Église (c. 344-407). Fête le 13 Septembre.

Lundi 13 Septembre 2021 : Fête de Saint Jean Chrysostome, Évêque et Docteur de l'Église (c. 344-407).

JohnchrysostomJean Chrysostome, mosaïque du IXe siècle, Sainte-Sophie.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Chrysostome

Jean Chrysostome

Jean Chrysostome, né à Antioche entre 344 et 349, et mort en 407 près de Comana, a été archevêque de Constantinople et l'un des pères de l'Église grecque.

Son éloquence est à l'origine de son surnom de « Chrysostome » (en grec ancien χρυσ?στομος/chrysóstomos, littéralement « Bouche d'or »). Cependant, sa rigueur et son zèle réformateur l'ont conduit à l'exil et à la mort.

C'est un saint et un docteur de l'Église catholique romaine, de l'Église orthodoxe et de l'Église copte, fêté le 13 septembre en Occident et le 30 janvier en Orient.

Biographie

Sa famille, Chrétienne, appartient à la bourgeoisie d'Antioche. Son père, officier dans l'armée syrienne, trouve la mort alors que Jean est encore enfant. Il est alors élevé par sa mère. Devenu adolescent, il aurait reçu, selon certains auteurs chrétiens du Ve siècle, l'enseignement du célèbre orateur et professeur de rhétorique Libanios, mais ce n'est nullement assuré, bien qu'il ait été certainement formé à la rhétorique.

Il témoigne avoir mené une jeunesse désordonnée et avoir été « enchaîné par les appétits du monde » (Du Sacerdoce, I, 3), pour s'accuser ensuite d'avoir été gastronome, amateur d'éloquence judiciaire et de théâtre.

À 18 ans, il demande le baptême, après avoir rencontré l'Évêque Mélétios. Il commence alors à suivre des cours d'exégèse auprès de Diodore de Tarse.

Après avoir terminé ses études supérieures, il reçoit les ordres mineurs, puis s'installe en ermite aux portes d'Antioche, et se consacre à la théologie.

Il compose alors son traité Du Sacerdoce, influencé par les idées de Grégoire de Nazianze. Selon Jean, le monachisme n'est pas la seule voie menant à la perfection. Si le Moine, menant une vie recluse, éloignée des tentations, peut plus facilement atteindre son but, Jean juge plus méritante encore la voie du Prêtre, qui se consacre au milieu des périls du monde au Salut de ses prochains (VI, 5) :

« Le Moine qui mettrait ses travaux et ses sueurs en comparaison avec le Sacerdoce tel qu'il doit être exercé, y verrait autant de différence qu'entre les conditions de sujet et d'empereur. »

Durant l'hiver 380381, il est ordonné diacre par Mélétios à Antioche.

Quelques années plus tard, il est ordonné prêtre. Il devient alors prédicateur et directeur spirituel.

Il poursuit son travail d'écriture, et rédige de nombreux traités : pour consoler une veuve, sur le remariage, sur l'éducation, sur la pratique de cohabitation de Moines et de Moniales, etc. Il acquiert une certaine célébrité pour son talent d'orateur : des fidèles prennent des notes de ses homélies.

En 397, Nectaire, archevêque de Constantinople, trouve la mort. Au terme d'une bataille de succession acharnée, l'empereur Arcadius choisit Jean.

Il s'élève alors avec une grande force contre la corruption des mœurs et la vie licencieuse des grands, ce qui lui attire beaucoup de haines violentes. Il destitue les Prêtres ou les Évêques, qu'il juge indignes, parmi lesquels l'Évêque d'Éphèse, et ramène de force à leur Couvent les Moines vagabonds.

Il s'attaque également aux hérétiques, aux Juifs et aux païens : « Les Juifs et les païens doivent apprendre que les Chrétiens sont les sauveurs, les protecteurs, les chefs et les maîtres de la cité » (Homélies sur les statues, I, 12).

Il tient un langage sévère à l'égard des Juifs, en qui il voit les adversaires de l'Évangile de Jésus.

S'agissant d'eux, il disait : « La synagogue est un mauvais lieu où afflue tout ce qu'il y a de plus dépravé ; c’est un rendez-vous pour les prostituées et pour les efféminés.

Les démons habitent et les âmes mêmes des Juifs et les lieux dans lesquels ils se rassemblent ».

Il impose son autorité aux diocèses d'Asie Mineure alentour. Répugnant à ses devoirs de représentation, il prend seul ses repas et impose un mode de vie frugal et austère à son entourage.

S'il jouit au départ de la faveur du couple impérial, il s'attire rapidement l'inimitié des classes supérieures et des Évêques par ses critiques sévères de leur mode de vie non conforme à l'idéal évangélique.

Lorsque Jean ordonne le retour des reliques de saint Phocas, l'impératrice Eudoxie, épouse d'Arcadius, se charge en personne de porter la châsse à travers la ville, ce dont Jean la remercie ensuite vivement dans une homélie.

En 399, son influence parvient à sauver, dans un premier temps, l'eunuque Flavius Eutropius, chambellan et favori de l'empereur, disgracié et réfugié dans la cathédrale, et qui avait pourtant été un temps parmi ses adversaires.

Mais Flavius Eutropius est décapité peu après. Cependant, l'inimitié de la cour impériale va croissant.
Jean finit par blesser vivement Eudoxie en lui reprochant l'accaparement d'une somme appartenant à la veuve Callitrope et des biens d'une autre veuve : il aurait comparé l'impératrice à l'infâme reine Jézabel de l'Ancien Testament.

En 402, Jean est mêlé à l'affaire de Théophile, patriarche d'Alexandrie, accusé publiquement de tyrannie et d'injustice par un groupe de Moines égyptiens, accusés d'être disciples d'Origène.

Ces derniers font appel à Jean, qui tente de se récuser, mais doit finalement accepter de présider un synode, convoqué par l'empereur, devant lequel Théophile est censé se présenter. Théophile engage alors la lutte contre son juge, en rassemblant tous les mécontents.

Arrivant finalement à Constantinople en juin 403, Théophile est accompagné de vingt-neuf Évêques égyptiens.

L'affaire se retourne alors contre Jean : il est convoqué par ces Évêques pour répondre des accusations formulées contre lui à un Concile qui a lieu dans la villa du Chêne près de Chalcédoine.

Jean est alors déposé et condamné, condamnation ratifiée par Flavius Arcadius.

Il est aussitôt rappelé à la demande de l'impératrice qui, à la suite d'un mystérieux accident - une fausse couche de l'impératrice - y voit un avertissement du Ciel.

Cependant, les accusations reprennent contre lui. Quand la tension avec la cour est à son comble, Jean se montre peu diplomate, commençant un sermon par une allusion à Hérodiade réclamant la tête de Jean le Baptiste :
« De nouveau Hérodiade est en démence. De nouveau elle danse. De nouveau elle réclame la tête de Jean sur un plat. »

Finalement, il est une deuxième fois condamné et exilé à Cucusus, en Arménie. Il est remplacé au siège patriarcal le 26 juin 404 par un vieillard, Arsace, auquel succède très vite Atticus, un ennemi de Jean.

Peu de temps après, Jean doit se réfugier au château d'Arabisse pour fuir une incursion des Isauriens.

Cependant, sa renommée va grandissant. Devant l'afflux des visiteurs qui viennent à lui, il est exilé en 407, sur ordre impérial, à Pithyos, sur la mer Noire, aux confins de l'empire.

Affaibli par la maladie, Jean meurt au cours du voyage près de Comana dans le Pont. Selon la tradition, ses derniers mots sont : « Gloire à Dieu en toutes choses » (« doxa to theo pantôn eneken »).

L'Église romaine est toujours restée fidèle à l'Évêque Jean. Le Pape Innocent Ier lui écrivit dans son exil pour le consoler. Il condamna le concile du Chêne qui l'avait déposé, et ne reconnut que Jean comme seul patriarche légitime de Constantinople.

En 438, l'empereur Théodose II fait rapatrier les restes de Jean à Constantinople ; ils sont triomphalement déposés dans l'église des Saints-Apôtres.

Cette translation est commémorée dans l'Église le 27 janvier. Aujourd'hui, ses reliques sont vénérées sous l'autel d'une chapelle dans la Basilique Saint-Pierre de Rome, dans la Cité du Vatican.

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https://levangileauquotidien.org/FR/display-saint/bfda9196-6a6f-4d17-b0d4-6ed50850799c

Saint Jean Chrysostome
Évêque et Docteur de L'Église
(v. 344-407)

Saint Jean, surnommé Chrysostome, c'est-à-dire Bouche d'Or, à cause de la force et de la beauté de son éloquence, naquit à Antioche, vers l'an 344.

Veuve à vingt ans, sa mère n'épargna rien pour lui donner une brillante éducation. Doué d'un génie supérieur, objet de l'admiration universelle, incliné au plaisir, Jean fut ramené à la réalité des choses et conquis à la perfection de l'Évangile, par l'amitié fidèle d'un jeune homme de son âge, qui fut saint Basile.

Noble exemple de l'apostolat qu'un véritable ami peut exercer dans son entourage ! L'amitié des deux jeunes gens ne fit que s'accroître par l'union désormais parfaite des pensées et des aspirations.

Devenu clerc de l'Église d'Antioche, Chrysostome renonce complètement aux vanités du siècle ; il ne paraît qu'avec une tunique pauvre ; la prière, la méditation, l'étude de l'Écriture Sainte,  partagent son temps. 

Il jeûne tous les jours et prend sur le plancher de sa chambre le peu de sommeil qu'il accorde à son corps, après de longues veilles.

S'élevant par degré dans les fonctions ecclésiastiques,  il devient l'œil, le bras, la bouche de son évêque.

Son éloquence est si grande que toute la ville accourt à ses premières prédications où il y avait souvent jusqu'à cent mille auditeurs à l'entendre.

À trente ans, Chrysostome fuit, dans la vie Monastique, l'épiscopat auquel, plus tard, il ne pourra échapper.

C'est en 398, qu'il est emmené de force à Constantinople et sacré patriarche de la ville impériale.

Son zèle, l'indépendance de son langage ne furent égalés que par sa charité ; son éloquence séduisante, qui brillait alors de tout son éclat, attirait les foules autour de sa chaire ; il ranimait la foi au cœur des fidèles et convertissait une multitude de personnes. L'éloquence de l'orateur dévoilait le cœur d'un père, d'un apôtre et d'un saint.

Dieu permit que la Croix vienne achever en Chrysostome l'œuvre de la perfection. Le courage invincible du Pontife, sa liberté à flétrir les désordres de la cour, lui valurent l'exil.

En quittant Constantinople, il fit porter à l'impératrice cette fière réponse : « Chrysostome ne craint qu'une chose : ce n'est ni l'exil, ni la prison, ni la pauvreté, ni la mort, c'est le péché. »

Il mourut en exil, victime des mauvais traitements de ses ennemis. Bien qu'il ne porte pas le titre de martyr, il en a tout le mérite et toute la gloire.

Saint Paul était l'objet de son admiration et de sa dévotion. Il a dit de lui cette belle parole : « Le cœur de Paul était le Cœur du Christ. »

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Pour approfondir, lire les Catéchèses du Pape Benoît XVI :
 >>> Saint Jean Chrysostome (1)
[Allemand, Anglais, Croate, Espagnol, Français, Italien, Portugais]
>>> Saint Jean Chrysostome (2)
[Allemand, Anglais, Croate, Espagnol, Français, Italien, Portugais]

 St jean chrysostome 2Il est impossible que les âmes qui s'entretiennent et qui conversent avec Dieu, soient soumises à la mort
> > > Sur la Prière par St Jean Chrysostome
 

St jea11 2Jean Chrysostome, icône en stéatite byzantine du XIe siècle, musée du Louvre.

http://nominis.cef.fr/contenus/saint/5401/Saint-Jean-Chrysostome.html

Saint Jean Chrysostome

Évêque de Constantinople, Docteur de l'Église (? 407)

Le 30 janvier, les Églises d'Orient font mémoire de la translation, à Constantinople, des reliques de Saint Jean Chrysostome que l'Église d'Occident célèbre le 13 Septembre. Son surnom 'Chrysostome' veut dire 'bouche d'or'.
Il soutint la Foi Catholique même contre la pression du pouvoir impérial. Ce qui lui valut d'être destitué de son siège patriarcal de Constantinople et d'être exilé sur les bords de la mer Noire, aux confins du Caucase, à Soukhoumi en Abkhazie géorgienne.

Lire aussi: Benoît XVI lors des audiences générales des 19 et 26 Septembre 2007
"On célèbre cette année le seizième centenaire de la mort de saint Jean Chrysostome (407-2007). Jean d'Antioche, appelé Chrysostome, c'est-à-dire "Bouche d'or" en raison de son éloquence, peut se dire encore vivant aujourd'hui, également en raison de ses œuvres."...

"Nous poursuivons aujourd'hui notre réflexion sur saint Jean Chrysostome. Après la période passée à Antioche, il fut nommé en 397, Évêque de Constantinople, la capitale de l'Empire romain d'Orient."
Un père de la doctrine sociale Chrétienne
Le Pape a évoqué sa nomination en 397 comme Évêque de Constantinople, capitale de l'empire romain d'orient, puis son projet de réforme de l'Église. "L'austérité de sa résidence -a précisé le Saint-Père- devait être un exemple pour tous", comme fut exemplaire "sa sollicitude envers les pauvres qui le fit surnommer l'aumônier... Il créa des institutions caritatives très appréciées".

"En vrai pasteur, il traitait tout le monde avec cordialité...et avait une attention particulière à la femme, au mariage et à la famille...invitant les fidèles à prendre leur part à la vie liturgique, qu'il rendit splendide et attractive.
En liturgie, il fut d'une créativité géniale... Malgré sa bonté, il se trouva souvent plongé dans des intrigues politiques à cause de ses difficiles relations avec les autorités publiques". Ainsi finit-il par être condamné à l'exil, dans lequel il mourut en 407.

"On a dit que Dieu avait manifesté en Jean Chrysostome un second Paul, un docteur universel... Sa hauteur intellectuelle se dégage clairement dans son commentaire de la Genèse où il médite sur les huit œuvres accomplies par Dieu en six jours, conduisant ensuite les fidèles de la Création au Créateur..., le Dieu de la condescendance...qui s'adressa à l'homme déchu et pécheur par l'Écriture".

Cet Évêque de Constantinople appelait Dieu "Père de tendresse, médecin des âmes, mère et ami affectueux..., un Dieu qui s'est abaissé jusqu'à nous, s'est incarné...est mort en croix...devenant vraiment Dieu avec nous, notre frère".
"A ce Dieu visible à travers sa création, à ce Dieu qui nous parle dans l'Écriture, à ce Dieu devenu l'un de nous, s'ajoute un quatrième aspect: dans la vie et les actions du Chrétien, le principe vital et dynamique est l'Esprit qui se manifeste concrètement dans le monde.
Ainsi Dieu entre dans nos vies...et nous transforme de l'intérieur".

Dans son commentaire des Actes des apôtres, Jean Chrysostome propose le "modèle de l'Église primitive comme modèle de société, en développant le principe d'utopie sociale, d'une cité idéale qui donnerait une âme et un visage Chrétien à la société. Il voulait faire comprendre que la charité ne suffit pas, qu'aider les pauvres individuellement ne suffit pas, mais qu'il faut créer une nouvelle architecture, un nouveau modèle social...fondé sur le message évangélique.
Pour tout cela, on peut le considérer comme un des Pères de la doctrine sociale de l'Église".

Dans la lignée de Paul, a poursuivi Benoît XVI, Saint Jean Chrysostome a "soutenu le primat de la personne, esclaves et pauvres compris", en opposition à la société du temps dans laquelle "de vastes catégories étaient exclues de la citoyenneté...alors que la communauté Chrétienne reconnaît les mêmes droits à tous, frères et sœurs".
A la fin de sa vie, a conclu le Pape, Jean Chrysostome revint sur le "projet de Dieu pour l'humanité", réaffirmant que "Dieu aime chacun de nous d'un Amour infini car il veut nous sauver tous".
Source: VIS 070926 (520) le 26 septembre 2007, Benoît XVI, catéchèse sur Saint Jean Chrysostome.

Mémoire de Saint Jean, Évêque de Constantinople et Docteur de l’Église; originaire d’Antioche, il mérita, une fois ordonné Prêtre, le surnom de Chrysostome (Bouche d’Or) à cause du fleuve d’or de son éloquence.
Élu au siège de Constantinople, il se montra pasteur excellent et maître de Foi, mais il fut envoyé en exil par la faction de ses ennemis.
Au moment où le Pape Saint Innocent Ier le rappelait par décret, sur la route du retour, près de Comane dans le Pont, il rendit son âme à Dieu, le 14 Septembre 407, victime des mauvais traitements que lui infligeaient les soldats qui le gardaient.

Martyrologe romain.

Chrysostome 2Pour un approfondissement
> > > HOMÉLIES AU PEUPLE D’ANTIOCHE DE SAINT JEAN CHRYSOSTOME

Jesus sur la croix 2

http://www.evangelium-vitae.org/documents/357/guetteurs-veilleurs/vie-spirituelle/sur-la-croix-il-est-roi--st-jean-chrysostome.htm

Sur la Croix, Jésus est Roi, homélie de St Jean Chrysostome

Seigneur, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne (Lc 23, 42). Le larron n'a pas osé faire cette Prière avant d'avoir déposé par son aveu le fardeau de ses péchés. Tu vois, chrétien, quelle est la puissance de la Confession!
Il a avoué ses péchés et le Paradis s'est ouvert.
Il a avoué ses péchés et il a eu assez d'assurance pour demander le Royaume après ses brigandages.

Songes-tu à tous les bienfaits que la Croix nous procure? Tu veux connaître le Royaume? Dis-moi: Que vois-tu donc ici qui y ressemble?
Tu as sous les yeux les clous et une croix, mais cette Croix même, disait Jésus, est bien le signe du Royaume.
Et moi, en le voyant sur la Croix, je le proclame Roi.
Ne revient-il pas à un roi de mourir pour ses sujets? Lui-même l'a dit: Le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis (Jn 10, 11).
C'est également vrai pour un bon roi: lui aussi donne sa vie pour ses sujets. Je le proclamerai donc Roi à cause du don qu'il a fait de sa vie. Seigneur, souviens-toi de moi quand tu seras dans ton Royaume.

Comprends-tu maintenant comment la Croix est le signe du Royaume? Si tu le veux, voici encore une autre preuve.
Le Christ n'a pas laissé sa Croix sur la Terre, mais il l'a soulevée et emportée avec lui dans le Ciel.
Nous le savons parce qu'il l'aura près de Lui quand il reviendra dans la Gloire. Tout cela pour t'apprendre combien est vénérable la Croix qu'il a appelée sa Gloire.

Lorsque le Fils de l'homme viendra, le soleil s'obscurcira et la lune perdra son éclat (Mt 24, 29). Il régnera alors une clarté si vive que même les étoiles les plus brillantes seront éclipsées. Les étoiles tomberont du Ciel. Alors paraîtra dans le Ciel le signe du Fils de l'homme (Mt 24, 29-30).

Tu vois quelle est la puissance du signe de la Croix ! Quand un roi entre dans une ville, les soldats prennent les étendards, les hissent sur leurs épaules et marchent devant lui pour annoncer son arrivée.
C'est ainsi que des légions d'Anges et d'Archanges précéderont Le Christ, lorsqu'Il descendra du Ciel.
Ils porteront sur leurs épaules ce signe annonciateur de la venue de notre Roi.

Source: Homélie de Saint Jean Chrysostome (+ 407) 
Homélie sur la Croix et le larron, 1,3-4, PG 49, 403-404. 

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http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20070919_fr.html.

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 19 Septembre 2007

Saint Jean Chrysostome   

Chers frères et sœurs!

On célèbre cette année le seizième centenaire de la mort de Saint Jean Chrysostome (407-2007). Jean d'Antioche, appelé Chrysostome, c'est-à-dire "Bouche d'or" en raison de son éloquence, peut se dire encore vivant aujourd'hui, également en raison de ses œuvres. Un copiste anonyme écrivit que celles-ci "traversent le monde entier comme des éclairs foudroyants". Ses écrits nous permettent également, ainsi qu'aux fidèles de son temps, qui furent à plusieurs reprises privés de sa présence en raison de ses exils, de vivre avec ses livres, malgré son absence. C'est ce qu'il suggérait lui-même dans l'une de ses lettres (cf. A Olympiade, Lettre 8, 45).

Né autour de 349 à Antioche de Syrie (aujourd'hui Antakya, au sud de la Turquie), il y exerça son ministère pastoral pendant environ onze ans, jusqu'en 397, puis, ayant été nommé Evêque de Constantinople, il exerça le ministère épiscopal dans la capitale de l'Empire avant ses deux exils, qui se suivirent à brève distance l'un de l'autre, entre 403 et 407. Nous nous limitons aujourd'hui à prendre en considération les années de Chrysostome vécues à Antioche.

Orphelin de père en bas âge, il vécut avec sa mère, Antusa, qui lui transmit une extrême sensibilité humaine et une profonde Foi Chrétienne. Après avoir terminé ses études élémentaires et supérieures, couronnées par des cours de philosophie et de rhétorique, il eut pour maître Libanios, un païen, le plus célèbre rhéteur de son temps.
A son école, Jean devint le plus grand orateur de l'antiquité grecque tardive. Baptisé en 368 et formé à la vie ecclésiastique par l'Évêque Melezio, il fut institué lecteur par celui-ci en 371. Ce fait marqua l'entrée officielle de Chrysostome dans le cursus ecclésiastique.
De 367 à 372, il fréquenta l'Asceterio, une sorte de séminaire d'Antioche, avec un groupe de jeunes, dont certains devinrent ensuite Évêques, sous la direction du célèbre exégète Diodore de Tarse, qui initia Jean à l'exégèse historico-littérale, caractéristique de la tradition antiochienne.

Il se retira ensuite pendant quatre ans parmi les Ermites du proche mont Silpio. Il poursuivit cette retraite par deux autres années encore, vécues en totale solitude dans une grotte sous la direction d'un "ancien".
Au cours de cette période, il se consacra totalement à méditer "les lois du Christ", les Évangiles et en particulier les Lettres de Paul. Etant tombé malade, il se trouva dans l'impossibilité de se soigner tout seul, et il dut donc revenir dans la communauté Chrétienne d'Antioche (cf. Palladius, Vie 5).

Le Seigneur - explique le biographe - intervint à un juste moment avec cette infirmité, pour permettre à Jean de suivre sa véritable vocation. En effet, il écrira lui-même que, placé dans l'alternative de choisir entre les vicissitudes du gouvernement de l'Église et la tranquillité de la Vie Monastique, il aurait préféré mille fois le service pastoral (cf. Sur le sacerdoce, 6, 7):  c'est précisément à cela que Chrysostome se sentait appelé.
Et ici s'accomplit le tournant décisif de l'histoire de sa vocation:  pasteur d'âme à plein temps! L'intimité avec la Parole de Dieu, cultivée au cours des années de son Ermitage, avait fait mûrir en lui l'urgence irrésistible de prêcher l'Évangile, de donner aux autres ce qu'il avait reçu au cours des années de méditation. L'idéal Missionnaire le lança ainsi, âme de feu, dans le service pastoral.

Entre 378 et 379 il revint en ville. Devenu diacre en 381 et Prêtre en 386, il devint un célèbre prédicateur dans les églises de sa ville. Il prononça des homélies  contre  les  ariens, suivies de celles pour commémorer les martyrs antiochiens, ainsi que d'autres sur les festivités liturgiques principales:  il s'agit d'un grand enseignement de la Foi dans Le Christ, également à la lumière de ses Saints.
387 fut l'"année héroïque" de Jean, celle de la "révolte des statues". Le peuple abattit les statues impériales, en signe de protestation contre l'augmentation des impôts. Au cours de ces journées de Carême et d'angoisse en raison des punitions dont l'empereur menaçait, il prononça ses 22 vibrantes Homélies sur les statues, finalisées à la pénitence et à la conversion. Suivit ensuite la période sereine du ministère pastoral (387-397).

Chrysostome s'inscrit parmi les Pères les plus prolifiques: de lui, nous sont parvenus 17 traités, plus de 700 homélies authentiques, les commentaires à Matthieu et à Paul (Lettres aux Romains, aux Corinthiens, aux Ephésiens et aux Hébreux), et 241 lettres. Ce ne fut  pas  un  théologien spéculatif.
Il transmit cependant la doctrine traditionnelle et sûre de l'Église, à une époque de controverses théologiques suscitées en particulier par l'arianisme, c'est-à-dire par la négation de la Divinité du Christ.
Il est donc un témoin digne de foi du développement dogmatique atteint par l'Église aux IV-V siècles. Sa théologie est typiquement pastorale, avec la constante préoccupation de la cohérence entre la pensée exprimée par la parole et le vécu existentiel.
Tel est, en particulier, le fil conducteur des splendides catéchèses, avec lesquelles il préparait les catéchumènes à recevoir le Baptême. Proche de la mort, il écrivit que la valeur de l'homme se trouve dans la "connaissance exacte de la véritable doctrine et dans la rectitude de vie" (Lettre de l'exil).
Les deux choses, connaissance de la vérité et rectitude de vie, vont de pair:  la connaissance doit se traduire en vie.
Chacune de ses interventions visa à développer chez les fidèles l'exercice de l'intelligence, pour comprendre et traduire en pratique les exigences morales et spirituelles de la Foi.

Jean Chrysostome se soucia d'accompagner par ses écrits le développement intégral de la personne, dans les dimensions physique, intellectuelle et religieuse. Les diverses phases de la croissance sont comparées à tout autant de mers d'un immense océan!
"La première de ces mers est l'enfance" (Homélie 81, 5 sur l'Evangile de Matthieu). En effet, "précisément au cours de ce premier âge se manifestent les inclinations au vice et à la vertu". C'est pourquoi la loi de Dieu doit être dès le début imprimée dans l'âme "comme sur une tablette de cire" (Homélie 3,1 sur l'Évangile de Jean):  de fait, c'est l'âge le plus important.
Nous devons nous rappeler qu'il est fondamental qu'en cette première phase de la vie, entrent réellement dans l'homme les grandes orientations qui donnent sa juste perspective à l'existence.

Chrysostome recommande donc:  "Dès l'âge le plus tendre fortifiez les enfants avec des armes spirituelles, et enseignez-leur à marquer le front avec la main" (Homélie 12, 7 sur la première Lettre aux Corinthiens). Viennent ensuite l'adolescence et la jeunesse: 
"A l'enfance suit la mer de l'adolescence, où les vents soufflent avec violence..., car en nous croît... la concupiscence" (Homélie 81, 5 sur l'Evangile de Matthieu). Arrivent enfin les fiançailles et le mariage: 
"A la jeunesse succède l'âge de la personne mûre, où se présentent les engagements de la famille:  le temps est venu de chercher une femme" (ibid.). Il rappelle les objectifs du mariage, en les enrichissant - avec un rappel à la vertu de la tempérance - d'un riche tissu de relations personnalisées.
Les époux bien préparés barrent ainsi la route au divorce:  tout se déroule avec joie et l'on peut éduquer les enfants à la vertu. Lorsque naît ensuite le premier enfant, celui-ci est "comme un pont; les trois deviennent une seule chair, car l'enfant réunit les deux parties" (Homélie 12, 5 sur la Lettre aux Colossiens), et les trois constituent "une famille, petite Église" (Homélie 20, 6 sur la Lettre aux Ephésiens).

La prédication de Chrysostome se déroulait habituellement au cours de la liturgie, "lieu" où la communauté se construit à travers la parole et l'Eucharistie. L'assemblée réunie là exprime l'unique Église (Homélie 8, 7 sur la Lettre aux Romains), la même parole est adressée en tout lieu à tous (Homélie 24, 2 sur la première Lettre aux Corinthiens), et la Communion Eucharistique devient le signe efficace de l'unité (Homélie 32, 7 sur l'Évangile de Matthieu).
Son projet pastoral était inséré dans la vie de l'Église, dans laquelle les fidèles laïcs assument avec le Baptême la charge Sacerdotale, royale et prophétique. Il dit au fidèle laïc:  "A toi aussi le Baptême fait de toi un roi, un Prêtre et un prophète" (Homélie 3, 5 sur la deuxième Lettre aux Corinthiens).
C'est de là que naît le devoir fondamental de la mission, car chacun est dans une certaine mesure responsable du salut des autres: 
"Tel est le principe de notre vie sociale... ne pas s'intéresser seulement à nous!" (Homélie 9, 2 sur la Genèse). Le tout se déroulait entre deux pôles:  la grande Église et la "petite Eglise", la famille, en relation réciproque.

Chers frères et sœurs, comme vous pouvez le voir, cette leçon de Chrysostome sur la présence authentiquement Chrétienne des fidèles laïcs dans la famille et dans la société, demeure encore aujourd'hui plus que jamais actuelle.
Prions le Seigneur, afin qu'il nous rende dociles aux enseignements de ce grand Maître de la Foi.

 * * *

 Je salue cordialement les pèlerins francophones présents ce matin, notamment les pèlerins sénégalais, guidés par Mgr Ndiaye, Évêque de Kaolack, les membres de l’Association des Vieilles Maisons françaises, le groupe des Missionnaires d’Afrique et les pèlerins de Côte d’Ivoire et du Canada. Je vous souhaite à tous un heureux pèlerinage, source d’approfondissement de votre foi et de renouvellement pour votre vie.

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http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/audiences/2007/documents/hf_ben-xvi_aud_20070926_fr.html.

BENOÎT XVI

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 26 Septembre 2007

Saint Jean Chrysostome

Chers frères et sœurs!

Nous poursuivons aujourd'hui notre réflexion sur Saint Jean Chrysostome. Après la période passée à Antioche, il fut nommé en 397, Évêque de Constantinople, la capitale de l'Empire romain d'Orient.
Dès le début, Jean projeta la réforme de son Vglise: l'austérité du palais épiscopal devait constituer un exemple pour tous - clergé, veuves, Moines, personnes de la cour et riches. Malheureusement, un grand nombre d'entre eux, concernés par ses jugements, s'éloignèrent de lui.

Plein d'attention à l'égard des pauvres, Jean fut également appelé l'"Aumônier". En effet, en administrateur attentif, il avait réussi à créer des institutions caritatives très appréciées. Son esprit d'entreprise dans les divers domaines fit de lui pour certains un dangereux rival. Toutefois, comme un véritable pasteur, il traitait chacun de manière cordiale et paternelle. En particulier, il avait toujours des accents tendres pour la femme et des attentions spéciales pour le mariage et la famille. Il invitait les fidèles à participer à la vie liturgique, qu'il rendit splendide et attrayante grâce à une créativité de génie.

Malgré son bon cœur, il ne connut pas une vie tranquille. Pasteur de la capitale de l'Empire, il se trouva souvent concerné par des questions et des intrigues politiques, en raison de ses relations permanentes avec les autorités et les institutions civiles.
De même, sur le plan ecclésiastique, ayant déposé en Asie en 401 six Évêques illégitimement élus, il fut accusé d'avoir franchi les limites de sa juridiction, et devint ainsi la cible d'accusations faciles.
Un autre prétexte contre lui fut la présence de plusieurs Moines égyptiens, excommuniés par le patriarche Théophile d'Alexandrie et qui s'étaient réfugiés à Constantinople.

Une vive polémique naquit ensuite en raison des critiques faites par Jean Chrysostome à l'égard de l'impératrice Eudoxie et de ses courtisanes, qui réagirent en jetant sur lui le discrédit et des insultes.
On arriva ainsi à sa déposition, lors du synode organisé par le Patriarche Théophile lui-même en 403, avec pour conséquence une condamnation à un premier bref exil. Après son retour, l'hostilité suscitée contre lui par la protestation contre les fêtes en l'honneur de l'impératrice - que l'Évêque considérait païennes, luxueuses -, et l'expulsion des Prêtres chargés des Baptêmes lors de la Veillée pascale de 404 marquèrent le début de la persécution des fidèles de Chrysostome, qu'on appelait les "Johannites".

Jean dénonça alors les faits, par écrit, à l'Évêque de Rome, Innocent I. Mais il était désormais trop tard. En l'an 406, il dut à nouveau partir en exil, cette fois à Cucuse, en Arménie. Le Pape était convaincu de son innocence, mais n'avait pas le pouvoir de l'aider.
Un Concile, voulu par Rome pour parvenir à une pacification entre les deux parties de l'Empire et entre leurs Églises, ne put avoir lieu. Le voyage épuisant de Cucuse vers Pytius, un objectif qu'il n'atteignit jamais, devait empêcher les visites des fidèles et briser la résistance de l'exilé qui était épuisé: sa condamnation à l'exil fut une véritable condamnation à mort!
Les nombreuses lettres de son exil, dans lesquelles Jean manifeste ses préoccupations pastorales avec des accents de participation et de douleur pour les persécutions contre les siens, sont émouvantes.

La marche vers la mort s'arrêta à Comana dans le Pont. C'est là que Jean, moribond, fut conduit dans la chapelle du martyre Saint Basilisque, où il rendit son esprit à Dieu et fut enseveli, martyr à côté d'un martyr (Pallade, Vie 119).
C'était le 14 Septembre 407, Fête de l'Exaltation de la Sainte Croix. La réhabilitation eut lieu en 438 avec Théodose II. Les reliques du Saint Évêque, déposées dans l'église des Apôtres, à Constantinople, furent ensuite transportées à Rome en 1204, dans la Basilique constantinienne primitive, et elles reposent à présent dans la chapelle du Chœur des Chanoines de la Basilique Saint-Pierre.
Le 24 Août 2004, une partie importante de celles-ci fut donnée par le Pape Jean-Paul II au Patriarche Bartholomaios I de Constantinople. La mémoire liturgique du Saint est célébrée le 13 Septembre.
Le Pape Saint Jean XXIII le proclama patron du Concile Vatican II.

On dit de Jean Chrysostome que, lorsqu'il fut assis sur le trône de la nouvelle Rome, c'est-à-dire de Constantinople, Dieu fit voir en lui un deuxième Paul, un Docteur de l'Univers. En réalité, chez Chrysostome, il existe une unité substantielle entre la pensée et l'action, à Antioche comme à Constantinople.
Seuls le rôle et les situations changent.

En méditant sur les huit œuvres accomplies par Dieu dans la séquence des six jours dans le commentaire de la Genèse, Chrysostome veut reconduire les fidèles de la création au Créateur: "C'est un grand bien", dit-il, "de connaître ce qu'est la créature et ce qu'est le Créateur".
Il nous montre la beauté de la création et la transparence de Dieu dans sa Création, qui devient ainsi presque comme une "échelle" pour monter vers Dieu, pour le connaître. Mais à ce premier passage s'en ajoute un deuxième: ce Dieu créateur est également le Dieu de la condescendance (synkatabasis).
Nous sommes faibles dans notre démarche de "monter", nos yeux sont faibles.

Et ainsi, Dieu devient le Dieu de la condescendance, qui envoie à l'homme déchu et étranger une lettre, l'Écriture Sainte, si bien que la Création et l'Écriture se complètent. Dans la lumière de l'Écriture, de la Lettre que Dieu nous a donnée, nous pouvons déchiffrer la Création.
Dieu est appelé "père tendre" (philostorgios) (ibid.), médecin des âmes (Homélie 40, 3 sur la Genèse), mère (ibid.) et ami affectueux (Sur la providence 8, 11-12). Mais, à ce deuxième passage - tout d'abord la Création comme "échelle" vers Dieu, et ensuite la condescendance de Dieu à travers une lettre qu'il nous a donnée, l'Écriture Sainte - s'ajoute un troisième passage.

Dieu ne nous transmet pas seulement une lettre: en définitive, il descend lui-même, il s'incarne, il devient réellement "Dieu avec nous", notre frère jusqu'à la mort sur la Croix. Et à ces trois passages - Dieu est visible dans la création, Dieu nous donne une lettre, Dieu descend et devient l'un de nous - s'ajoute à la fin un quatrième passage.
A l'intérieur de la vie et de l'action du Chrétien, le principe vital et dynamique de l'Esprit (Pneuma), qui transforme les réalités du monde. Dieu entre dans notre existence elle-même à travers L'Esprit Saint et il nous transforme de l'intérieur de notre cœur.

C'est dans ce cadre que Jean, précisément à Constantinople, dans le commentaire continu des Actes des Apôtres, propose le modèle de l'Église primitive (Ac 4, 32-37), comme modèle pour la société, en développant une "utopie" sociale (presque une "cité idéale").
En effet, il s'agissait de donner une âme et un visage Chrétien à la ville. En d'autres termes, Chrysostome a compris qu'il n'est pas suffisant de faire l'aumône, d'aider les pauvres ponctuellement, mais il est nécessaire de créer une nouvelle structure, un nouveau modèle de société; un modèle fondé sur la perspective du Nouveau Testament.

C'est la nouvelle société qui se révèle dans l'Église naissante. Jean Chrysostome devient donc réellement ainsi l'un des grands Pères de la Doctrine sociale de l'Église: la vieille idée de la "polis" grecque doit être remplacée par une nouvelle idée de cité inspirée par la Foi Chrétienne.
Chrysostome soutenait avec Paul (cf. 1 Co 8, 11) le primat de chaque Chrétien, de la personne en tant que telle, également de l'esclave ou du pauvre. Son projet corrige ainsi la vision grecque traditionnelle de la "polis", de la cité, dans laquelle de larges couches de la population étaient exclues des droits de citoyen, alors que dans la cité Chrétienne, tous sont frères et sœurs avec des droits égaux.
Le primat de la personne est également la conséquence du fait que c'est réellement à partir d'elle que l'on construit la cité, alors que dans la "polis" grecque, la patrie était au-dessus de l'individu, qui était totalement subordonné à la cité dans son ensemble.
Ainsi, Chrysostome définit la vision d'une société construite par la conscience Chrétienne et il nous dit que notre "polis" est une autre, "notre patrie est dans les Ccieux" (Ph 3, 20) et, même sur cette Terre, cette patrie nous rend tous égaux, frères et sœurs, et nous oblige à la solidarité.

Au terme de sa vie, dans son exil aux frontières de l'Arménie, "le lieu le plus reculé du monde", Jean, se rapportant à sa première prédication de 386, reprit le thème qui lui était cher du dessein que Dieu poursuit à l'égard de l'humanité: c'est un dessein "indicible et incompréhensible", mais certainement guidé par Lui avec Amour (cf. Sur la Providence 2, 6).
Telle est notre certitude.
Même si nous ne pouvons pas déchiffrer les détails de l'histoire personnelle et collective, nous savons que le dessein de Dieu est toujours inspiré par son Amour. Ainsi, malgré ses souffrances, Chrysostome réaffirmait la découverte que Dieu aime chacun de nous avec un Amour infini, et désire donc le Salut de tous.
Pour sa part, le saint Évêque coopéra généreusement à ce Salut, sans ménager ses forces, toute sa vie.
En effet, il considérait comme le but ultime de son existence cette Gloire de Dieu, que - désormais mourant - il laissa comme dernier testament: "Gloire à Dieu pour tout!" (Pallade, Vie 11).

* * *

Je salue cordialement les pèlerins francophones présents à cette audience, en particulier Mgr Guy Thomazeau, Archevêque de Montpellier avec des pèlerins de Béziers, le groupe de Frères Maristes en année de formation permanente, les jeunes de Tours et les pèlerins de La Réunion. Puisse votre séjour à Rome vous donner l’occasion de découvrir davantage le Seigneur, qui nous aime et qui veut nous sauver.

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http://jesusmarie.free.fr/jean_chrysostome.html.

Saint Jean Chrysostome

Docteur de l'Église Catholique
345 - 407

Télécharger les oeuvres complètes de Saint Jean Chrysostome - 64 livres - édition numérique originale par l'Abbaye-Saint-Benoit.ch

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http://www.pagesorthodoxes.net/liturgie/bapteme-chrysostome.htm.

SAINT JEAN CHRYSOSTOME

CATÉCHÈSE BAPTISMALE III

Beaucoup de Pères grecs et latins instruisaient les catéchumènes en vue de leur préparation pour recevoir le saint Baptême. Nous avons des écrits baptismales, souvent sous forme d'homélies adressées aux catéchumènes ou aux nouveaux Baptisés, de Tertullien, Saint Hippolyte de Rome, Saint Basile le Grand, Saint Augustin d'Hippone, Saint Cyrille de Jérusalem, Saint Grégoire de Nysse, Saint Grégoire de Naziance, Saint Jean Chrysostome, Saint Ambroise de Milan...

Nous connaissons une dizaine de catéchèses Baptismales de Saint Jean Chrysostome, dont huit ont été découvertes seulement en 1955 dans un ancien manuscrit du Mont Athos.

De 386 à 398, à Antioche, Saint Jean Chrysostome prépara les catéchumènes pendant le Carême à la réception du Baptême.

Les instructions prononcées à cet effet comportent généralement l'explication du symbole et des rites sacramentaires.

Nous présentons ici la troisième de ces huit catéchèses.


Les néophytes sont comparés à des étoiles nouvelles

1. Dieu soit béni, car voici que de la terre aussi apparaissent des étoiles, plus brillantes que celles des cieux. Des étoiles, sur terre, à cause de Celui qui des cieux est apparu sur terre. Non seulement sur terre, ces étoiles, mais en plein jour ; deuxième merveille ! Étoiles de jour, plus éclatantes que celles de la nuit, car les unes s’effacent quand paraît le soleil; les autres, quand paraît le soleil de justice, brillent d’un plus vif éclat : as-tu jamais vu des étoiles paraître en plein soleil ?

2. Les unes sont pour disparaître quand paraîtra l’Accomplissement ; les autres pour devenir plus radieuses encore quand l’Accomplissement surviendra. Au sujet des premières, l’Évangile dit que " les astres du ciel tomberont comme tombent les feuilles de la vigne ". Au sujet de celles-ci, il dit : " Les justes brilleront comme le soleil au royaume des cieux. "

3. Qu’est-ce à dire : " Comme tombent les feuilles de la vigne, ainsi tomberont les étoiles du ciel ? " Aussi longtemps que la vigne nourrit les grappes, elle a besoin de la protection des feuilles, mais lorsqu’elle a déposé le fruit, elle dépose aussi son manteau de feuilles. Il en est de même pour l’univers tout entier : aussi longtemps qu’il contient en lui le genre humain, le ciel garde les astres comme la vigne ses feuilles. Mais au temps à venir, comme il n’y aura plus de nuit, il n’y aura plus non plus besoin d’astres.

4. De feu est la nature des étoiles (du firmament) de feu aussi, la substance de celles-ci. Mais là, il s’agit d’un feu sensible ; ici, d’un feu intelligible. Car il est dit : " Celui-là vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu. " Et veux-tu savoir le nom des unes et des autres ? Les astres du ciel ont nom Orion, Arcturus, Vesper et Lucifer. Parmi les astres que voici, il n’y a pas d’étoiles du soir (Vesper), mais tous sont des étoiles du matin (Lucifer).

Les multiples grâces du Baptême

5. " Dieu soit Béni, répétons-le, Lui seul qui fait des merveilles ", Lui qui fait toutes choses et les renouvelle. Ceux qui hier étaient captifs, sont aujourd’hui des hommes libres et citoyens de l’Église. Ceux qui naguère étaient dans la honte du péché, sont maintenant dans l’assurance et la justice. Ils sont non seulement libres, mais saints ; non seulement saints, mais justes non seulement justes, mais fils ; non seulement fils, mais héritiers ; non seulement héritiers, mais frères du Christ ; non seulement frères du Christ, mais ses cohéritiers ; non seulement ses cohéritiers, mais ses membres ; non seulement ses membres, mais des temples ; non seulement des temples, mais des instruments de l’Esprit [1].

[Note 1 : Tous les fruits du Baptême énumérés, sauf un, sont mentionnés dans le Nouveau Testament : libres, Mt 8,36 ; saints, Rm 1,7 ; justes, Rm 2,13 ; fils, Rm 8,14 ; héritiers, Rm 8,17 ; frères, Mt 12,50 ; cohéritiers, Rm 8,17 ; membres, 1 Co 6,15 ; temple, 1 Co 3,16 ; seul le dernier terme instrument de l’Esprit ne se trouve pas dans l’Écriture selon la lettre, mais cette notion découle de celle du temple.]

6. Dieu soit Béni ! Lui qui seul fait des merveilles ! "Tu as vu en quel nombre sont les bienfaits du Baptême ? Alors que beaucoup croient qu’il a pour unique bienfait la rémission des péchés, nous avons compté jusqu’à dix honneurs conférés par lui. C’est pour cette raison que nous baptisons même les petits enfants, bien qu’ils n’aient pas de péchés, pour que leur soit ajouté la justice, la filiation, l’héritage, la grâce d’être frères et membres du Christ, et de devenir la demeure du Saint-Esprit.

7. Vous donc, mes frères bien-aimés, si toutefois il m’est permis de vous appeler frères ! J’ai participé certes à la même naissance que vous, mais ensuite j’ai perdu par ma négligence cette fraternité parfaite et authentique. Laissez-moi cependant vous appeler frères, pour le grand amour que j’ai de vous, et vous inviter à témoigner un zèle d’autant plus grand que vous avez bénéficié d’un plus grand honneur.

Le combat contre le diable

8. Le temps qui a précédé le Baptême était un terrain d’entraînement et d’exercice, ou les chutes trouvaient tir pardon. À partir d’aujourd’hui, l’arène vous est ouverte, le combat a lieu; vous êtes sous le regard du public ; et non seulement la race des humains mais encore peuple des anges contemple vos combats.
Car Paul écrit dans sa lettre aux Corinthiens : " Nous avons été livrés en spectacle au monde, aux anges comme aux hommes. " Les anges donc nous contemplent et le Seigneur des anges est président du combat. C’est là pour nous non seulement un honneur, mais encore une assurance. Lorsqu’en effet celui qui a livré pour nous son âme, est juge de ces assauts, quel honneur et quelle assurance n’est-ce pas là pour nous ?

9. Dans les combats olympiques, l’arbitre se tient au milieu des deux adversaires, sans favoriser ni l’un ni autre : il attend l’issue. S’il se tient entre les deux, c’est parce que son jugement est partagé entre les deux. Dans le combat qui nous oppose au diable, Le Christ ne se tient pas dans l’entre-deux, il est tout entier nôtre.
Comment cela, il ne se tient pas dans l’entre-deux, il est tout entier avec nous ? Vois plutôt : quand nous sommes entrés en lice, il nous a oints, tandis qu’il a enchaîné l’autre. Il nous a oints de l’huile d’allégresse ; il l’a enchaîné en des liens infrangibles pour le paralyser dans ses assauts. Moi, s’il m’arrive de trébucher, il me tend la main, me relève de ma chute et me remet sur pied. Car il est écrit : " Piétinez de haut les serpents, les scorpions et toute puissance de l’ennemi. "

10. Le démon, après sa victoire, est menacé de la géhenne. Moi, si je suis vainqueur, je reçois la couronne. Lui, s’il triomphe, il est châtié. Et pour que tu saches qu’il est châtié surtout lorsqu’il l’emporte, eh bien, je te le montrerai par un exemple.
Il a vaincu Adam et il l’a fait trébucher. Quel a été le prix de sa victoire ? " Tu ramperas sur ta poitrine et sur ton ventre et tu mangeras la poussière tous les jours de ta vie. " Si Dieu a puni avec tant de sévérité le serpent matériel, quel châtiment n’infligera-t-il pas au serpent spirituel ?
Si telle a été la condamnation de l’instrument, il est clair qu’un châtiment autrement terrible attend l’artisan. Mais, comme le père aimant qui met la main sur le meurtrier de son fils ne se borne pas à punir ce meurtrier mais brise aussi son épée, ainsi Le Christ en trouvant le diable homicide a non seulement puni le démon mais encore fracassé son épée.

11. Ayons donc confiance et dévêtons-nous pour ces assauts. Le Christ nous a revêtus d’armes plus resplendissantes que nul or, plus résistantes que nul acier, plus ardentes et plus mordantes que nulle flamme, plus légères que nul souffle.
Car ces armes sont de telle nature que nous ne plions pas sous leur poids ; elles donnent des ailes, elles allègent nos membres, et si tu veux prendre essor vers le ciel avec elles, point d’obstacle : armes d’une nature toute nouvelle, car tout nouveau est le genre du combat.
Moi qui ne suis qu’un homme, je suis obligé d’asséner des coups aux démons ; moi qui suis revêtu de chair, je lutte contre les puissances incorporelles. Aussi Dieu m’a-t-il fait une cuirasse qui n’est pas de métal mais de justice ; aussi m’a-t-il préparé un bouclier non de bronze mais de Foi.
Je tiens en main une épée aiguë, la parole de L’Esprit. L’autre lance des traits, moi j’ai une épée. Il est archer, je suis hoplite. Voilà encore de quoi apprendre comme il est cauteleux, l’archer n’ose s’approcher : il décoche de loin.

La vertu du Sang du Christ

12. Mais quoi? Dieu ne t’a-t-il préparé qu’une armure ? Non, il a préparé aussi un aliment plus puissant que n’importe quelle arme, car il ne faut pas que tu peines au combat, il faut que ta victoire soit celle d’un homme joyeusement rassasié.
Car si seulement il te voit revenir du festin du Seigneur, Lui, comme qui verrait un lion dont la gueule souffle le feu, il s’enfuit plus vite que le vent. Et si tu lui montres ta langue teinte du précieux Sang, il ne pourra pas tenir si tu lui fais voir ta bouche empourprée, comme un piètre animal il battra en retraite à grand train.

13. Veux-tu connaître la vertu de ce Sang ? Revenons à ce qui en a été la figure, aux récits anciens, à ce qui s’est passé en Égypte. Dieu allait infliger à l’Égypte la dixième plaie. Il voulait supprimer leurs premiers-nés parce qu’ils retenaient son peuple premier-né.
Qu’allait-il faire pour ne pas atteindre les Juifs avec les Égyptiens, puisque tous se trouvaient dans le même lieu? Apprends la vertu de la figure, pour connaître la puissance de la vérité. Le coup envoyé par Dieu allait fondre du ciel et l’ange exterminateur faisait le tour des maisons.

14. Que fit Moïse ? Immolez, dit-il, un agneau sans tache et marquez de son sang vos portes. " Que dis-tu là ? Le sang d’un animal sans raison peut-il sauver des hommes doués de raison ? Oui, dit Moïse, non pas parce que c’est du sang mais parce qu’il est la figure du Sang du Seigneur.
De même en effet que les statues des empereurs, qui n’ont ni âme ni sensation, sauvegardent les hommes doués d’âme et de sensation qui cherchent auprès d’elles refuge, non parce que c’est du bronze mais parce qu’elles sont l’image de l’empereur [2], ainsi ce sang privé d’âme et de sensation a sauvé des hommes doués d’âme non parce que c’était du sang, mais parce qu’il préfigurait le Sang du Seigneur.

[Note 2 : Allusion au droit d’asile. En 386, une loi de Théodose avait étendu ce privilège aux statues impériales. L’homme qui avait cherché asile auprès de la statue de l’empereur ne pouvait en être arraché avant dix jours.]

15. Ce jour-là l’ange exterminateur vit le sang qui marquait les portes, et n’osa entrer. A présent, si le diable voit non plus le sang de la préfiguration marquer les portes, mais sur les lèvres des fidèles, le Sang de la vérité marquer la porte de ce sanctuaire du Christ qu’ils sont devenus, à plus forte raison se gardera-t-il d’intervenir! Car si la figure a retenu l’ange, bien plus la vérité mettra-t-elle le diable en fuite.

L’Église est formée du côté du Christ

16. Veux-tu connaître par une autre voie encore la vertu de ce Sang? Vois d’ou il a commencé à couler et où il a pris sa source : il descend de la Croix, du côté du Seigneur. Comme Jésus déjà mort, rapporte l’Évangile, était encore sur la Croix, le soldat s’approcha et lui ouvrit le côté d’un coup de sa lance et il en jaillit de l’eau et du sang [3]. Cette eau était le symbole du baptême et le sang celui des mystères. C’est pourquoi l’Évangéliste ne dit pas : " Il en jaillit du sang et de l’eau " ; mais l’eau jaillit d’abord et ensuite le sang, car d’abord vient le baptême et ensuite les mystères. Ce soldat, donc, lui ouvrit le côté : il a percé le rempart du temple saint et c’est moi qui ai trouvé le trésor et m’en suis enrichi. Ainsi en fut-il de l’Agneau : les Juifs égorgeaient la victime, et moi j’ai recueilli le salut, fruit de ce sacrifice.

[Note 3 : La plupart des manuscrits de l’Évangile de Jean disent " le sang et l’eau ", ce qui n’enlève pas du symbolique des deux éléments, attesté par de nombreux Pères.]

17. " Et il jaillit du côté de l’eau et du sang. " Ne passe pas indifférent, bien-aimé, à côté du mystère. Car j’ai encore une autre interprétation mystique à te donner. J’ai dit que cette Eau et ce Sang étaient le symbole du Baptême et des Mystères.
Or c’est de ces deux Sacrements qu’est née l’Église, par ce " bain de la renaissance et de la rénovation dans L’Esprit saint " par le Baptême, et par les Mystères. Or les signes du Baptême et des Mystères sont issus du côté.
C’est de son côté par conséquent que Le Christ a formé l’Église, comme il a formé Ève du côté d’Adam.

18. C’est pourquoi Moïse, en nous racontant le premier homme, il fait parler de " l’os de mes os et la chair de ma chair ", voulant nous signifier le côté du Seigneur. De même en effet qu’alors Dieu a fait un prélèvement sur le côté d’Adam pour former la femme, ainsi Le Christ nous a donné le Sang et l’Eau de son côté pour former l’Église.
Et de même qu’alors le prélèvement a été fait dans l’extase du sommeil d’Adam, ainsi maintenant nous a-t-il donné le Sang et l’Eau après sa mort (Et d’abord l’Eau, ensuite le Sang). Et la mort a été ce que fut alors l’extase, pour que tu apprennes que désormais la mort n’est plus qu’un sommeil.

19. Vous avez vu comment Le Christ s’est uni son épouse ? Vous avez vu de quel aliment il nous nourrit tous ?
C’est de ce même aliment que nous avons été formés et que nous sommes nourris. Comme la femme nourrit de son propre sang et de son lait celui qu’elle a enfanté, ainsi aussi Le Christ nourrit constamment de son propre Sang ceux qu’il a engendrés.

20. Ainsi, bénéficiaires de si grands dons, montrons un grand zèle et souvenons-nous des traités que nous avons passés avec lui. Je m’adresse à vous tous, et à ceux qui viennent d’être initiés et à ceux qui l’ont été autrefois, il y a bien des années.
Mes paroles valent pour tous, puisque tous nous avons signé avec Le Christ un traité, non à l’encre mais avec l’esprit, non à la plume mais de notre parole. Telle est en effet ce qui sert de plume pour les conventions avec Dieu et c’est pourquoi David a dit : " Ma langue est comme la plume d’un scribe agile. " Nous avons confessé la souveraineté de Dieu ; nous avons renié la tyrannie du diable. Voilà la signature, voilà les conventions, voilà le contrat.

21. Veillons à ne pas retomber victimes de l’ancien contrat. Le Christ est venu une fois ; il a trouvé la signature ancestrale engagée par Adam. Car c’est Adam qui a commencé à contracter la dette ; nous, nous en avons augmenté les charges par toutes les fautes postérieures.
Et elle portait malédiction, péché, mort, condamnation par la loi.
Le Christ a supprimé tout cela et il nous a pardonné. Et Paul s’écrie " Le Christ a fait disparaître le contrat de dette de nos péchés qui était contre nous et il l’a cloué à la Croix. " Il ne dit pas : Il l’a effacé ; il ne dit pas : Il l’a biffé, mais : " Il l’a cloué à la Croix ", pour qu’il n’en restât aucune trace.
C’est pour cela qu’il ne l’a pas effacé mais déchiqueté. En effet les clous de la Croix l’ont déchiqueté et l’ont détruit pour lui ôter à l’avenir toute validité.

22. Ce n’est pas dans un coin et en cachette, mais à la face de l’univers, au sommet d’une estrade que la dette a été remise. Que les anges regardent, dit Le Christ, que regardent les archanges, que regardent toutes les puissances d’en haut; que regardent aussi 1es démons pervers et le diable lui-même, ceux qui nous ont fait débiteurs et victimes des usuriers : le contrat a été déchiqueté afin que désormais ils ne nous attaquent plus.

Le Baptême comparé à la sortie d’Égypte

23. Puisque l’ancien acte est déchiré, veillons à ce qu’un autre compte ne soit pas ouvert, car il n’y a pas une deuxième croix, il n’y a pas une deuxième rémission par les eaux régénératrices.
Il y a encore une rémission, mais non pas une seconde rémission Baptismale. Ne nous laissons pas gagner par la négligence, je vous en conjure. Tu es sorti d’Égypte, homme, ne cherche pas à nouveau l’Égypte et les misères l’Égypte.
Ne pense plus à l’argile et aux briques. Car les choses de la vie présente sont argile et brique, puisque l’or même, avant de devenir or, n’est rien d’autre que terre.

24. Les Juifs ont vu des miracles. Toi aussi tu en verras et de plus grands, de plus éclatants que lorsque les Juifs sont sortis d’Égypte. Tu n’as pas vu le pharaon noyé avec ses armes, mais tu as vu le diable englouti avec ses armes.
Les Juifs ont passé la mer, toi, tu as passé la mort. Ils ont été délivrés des Égyptiens, tu as été affranchi des démons, toi. Ils ont quitté l’esclavage d’un barbare, toi celui, beaucoup plus pénible, du péché.

25. Veux-tu savoir d’une autre manière que c’est bien toi qui as été honoré des plus grandes faveurs ? Les Juifs alors n’ont pas pu regarder le visage glorifié de Moïse, lui qui n’était qu’un homme au service du même maître qu’eux.
Toi tu as vu le visage du Christ dans sa Gloire. Et Paul s’écrie : " Nous contemplons à visage découvert la Gloire du Seigneur. " Ils avaient alors Le Christ qui les suivait : à bien plus forte raison nous suit-il maintenant.
Car alors, le Seigneur les accompagnait par la grâce de Moïse ; nous, il ne nous accompagne pas seulement par la grâce de Moïse, mais encore par votre propre docilité. Pour les Juifs, ce fut après l’Égypte le désert; pour toi c’est, après l’exode, le Ciel.
Ils avaient, eux, un guide et un commandant excellent en la personne de Moïse; nous avons, nous, un autre Moïse, Dieu Lui-même, qui nous guide et nous commande.

26. Quelle était en effet la marque de Moïse ? " Moïse, dit l’Écriture, était le plus doux de tous les hommes sur la Terre. " Or, on peut sans erreur attribuer cette qualité à notre Moïse, car il est assisté du très doux Esprit qui lui est intimement consubstantiel.
Moïse alors leva les mains vers le Ciel et fit descendre le pain des anges, la manne : notre Moïse lève les mains vers le Ciel et nous apporte la nourriture éternelle.
Celui-là frappa la pierre et fit couler des fleuves d’eau : celui-ci touche la table, frappe la table spirituelle et fait jaillir les sources de L’Esprit.
C’est la raison pour laquelle, telle une source, la table est placée au milieu, afin que de toute part les troupeaux affluent à la source et s’abreuvent de ses flots salvifiques.

27. Puisque nous avons une telle source, une telle fontaine de Vie et que la table regorge de mille biens et nous inonde de faveurs spirituelles, approchons avec un cœur sincère et une conscience pure, afin de recevoir grâce et pitié pour nous secourir à point nommé.
Par la Grâce et la Miséricorde du Fils unique de Dieu notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, par qui soit au Père avec L’Esprit-Saint Gloire, Honneur, Puissance, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen.

Date de dernière mise à jour : 13/09/2021

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