Eucharistie du Lundi 17 Octobre 2016 : Lundi de la 29ème semaine du Temps Ordinaire.

Eucharistie du Lundi 17 Octobre 2016 : Lundi de la 29ème semaine du Temps Ordinaire.

L’Église fait mémoire (obligatoire) de la Fête de Saint Ignace d'Antioche, Évêque, Patriarche d'Antioche, martyr, Docteur de l'Église († c.115).

Fête de Saint Jean de Lycopolis dit " L'Égyptien" ou "Jean l'obéissant", Ermite († 394).


Textes du jour (1ère lecture, Psaume, Évangile) :
Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 2,1-10... Psaume 100(99),1-2.3.4.5... Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12,13-21.
Commentaire de Saint Augustin (354-430), Évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et Docteur de l'Église.
LETTRE DE SAINT IGNACE AUX ROMAINS.
Autre commentaire du Bienheureux John Henry Newman (1801-1890), théologien, Fondateur de l'Oratoire en Angleterre.
Autre commentaire de Melchior Mbonimpa, La Villa Loyola, dirigée par les Jésuites de Sudbury.
Autre commentaire de Frère Dominique, Moine de la Famille de Saint Joseph.
Autre commentaire de l’Abbé Lluc TORCAL Moine de Monastère de Sta. Mª de Poblet (Santa Maria de Poblet, Tarragona, Espagne).
Hymne, Oraison et Parole de Dieu.

Saint ignace d antioche 22Lundi 17 Octobre 2016 : Fête de Saint Ignace d'Antioche, Évêque, Patriarche d'Antioche, martyr, Docteur de l'Église († c.115).
Pour voir sa vie et en découvrir davantage sur lui, aller dans le menu déroulant à « Vie des Saints » ou sur le lien suivant :
Saint Ignace d'Antioche.

1519 2Lundi 17 Octobre 2016 : Fête de Saint Jean de Lycopolis dit " L'Égyptien" ou "Jean l'obéissant", Ermite († 394).
Pour voir sa vie et en découvrir davantage sur lui, aller dans le menu déroulant à « Vie des Saints » ou sur le lien suivant :
Saint Jean de Lycopolis dit " L'Égyptien" ou "Jean l'obéissant", Ermite.

 

LITURGIE DE LA PAROLE.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 2,1-10.
Frères, autrefois vous étiez des morts, à cause des fautes et des péchés
dans lesquels vous viviez, soumis au cours de ce monde, soumis au prince du mal qui s'interpose entre le ciel et nous, et qui continue d'inspirer activement ceux qui désobéissent à Dieu.
Et nous aussi, nous étions tous de ceux-là, quand nous vivions suivant les tendances égoïstes de notre chair, cédant aux caprices de notre chair et de nos raisonnements ; et nous étions, de nous-mêmes, voués à la colère comme tous les autres.
Mais Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés,
nous qui étions des morts par suite de nos fautes, il nous a fait revivre avec le Christ : c'est bien par grâce que vous êtes sauvés.
Avec lui, il nous a ressuscités ; avec lui, il nous a fait régner aux cieux, dans le Christ Jésus. Par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus,
il voulait montrer, au long des âges futurs, la richesse infinie de sa grâce.
C'est bien par la grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. Cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu.
Cela ne vient pas de vos actes, il n'y a pas à en tirer orgueil. C'est Dieu qui nous a faits,
il nous a créés en Jésus Christ, pour que nos actes soient vraiment bons, conformes à la voie que Dieu a tracée pour nous et que nous devons suivre.

 

Psaume 100(99),1-2.3.4.5.
Acclamez le Seigneur, terre entière,
servez le Seigneur dans l'allégresse,
venez à lui avec des chants de joie !

Reconnaissez que le Seigneur est Dieu :
il nous a faits, et nous sommes à lui,
nous, son peuple, son troupeau.

Venez dans sa maison lui rendre grâce,
dans sa demeure chanter ses louanges ;
rendez-lui grâce et bénissez son nom !

Oui, le Seigneur est bon,
éternel est son amour,
sa fidélité demeure d'âge en âge.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12,13-21.
Du milieu de la foule, un homme demanda à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. »
Jésus lui répondit : « Qui m'a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages ? »
Puis, s'adressant à la foule : « Gardez-vous bien de toute âpreté au gain ; car la vie d'un homme, fût-il dans l'abondance, ne dépend pas de ses richesses. »
Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont les terres avaient beaucoup rapporté.
Il se demandait : 'Que vais-je faire ? Je ne sais pas où mettre ma récolte. '
Puis il se dit : 'Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j'en construirai de plus grands et j'y entasserai tout mon blé et tout ce que je possède.
Alors je me dirai à moi-même : Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence. '
Mais Dieu lui dit : 'Tu es fou : cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l'aura ? '
Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d'être riche en vue de Dieu. »

 

Commentaire du jour.
Saint Augustin (354-430), Évêque d'Hippone (Afrique du Nord) et Docteur de l'Église.
Sermon 34 : sur le Ps 149

« Être riche en vue de Dieu »

Frères, examinez avec soin vos demeures intérieures, ouvrez les yeux et considérez votre capital d'amour, et puis augmentez la somme que vous aurez découvert en vous-mêmes. Veillez sur ce trésor afin d'être riches intérieurement.
On dit chers les biens qui ont un grand prix et avec raison... Mais quoi de plus cher que l'amour, mes frères ?

À votre avis, quel en est le prix ? Et comment le payer ? Le prix d'une terre, celui du blé, c'est ton argent ; le prix d'une perle, c'est ton or ; mais le prix de ton amour, c'est toi-même.
Si tu veux acheter un champ, un bijou, une bête, tu cherches les fonds nécessaires, tu regardes autour de toi.
Mais si tu désires posséder l'Amour, ne cherche que toi-même, c'est toi-même qu'il faut trouver.

Que crains-tu en te donnant ? De te perdre ? Au contraire c'est en refusant de te donner que tu te perds.
L'Amour lui-même s'exprime par la bouche de la Sagesse et apaise d'un mot le désarroi où te jetait cette parole : « Donne-toi toi-même ! »

Si quelqu'un voulait te vendre un terrain, il te dirait : « Donne-moi ton argent » ou pour autre chose : « Donne-moi ta monnaie ».
Écoute ce que te dit l'Amour, par la bouche de la Sagesse : « Mon enfant, donne-moi ton cœur » (Pr 23,26).
Ton cœur était mal quand il était à toi, quand il était en toi ; tu étais la proie de futilités, voire de passions mauvaises.
Ôte-le de là ! Où le porter ? Où l'offrir ? « Mon fils, donne-moi ton cœur ! » dit la Sagesse. Qu'il soit à Moi, et tu ne le perdras pas...

« Tu aimeras Le Seigneur Ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée » (Mt 22,37)...
Celui qui t'a créé te veut tout entier.

 

LETTRE DE SAINT IGNACE AUX ROMAINS

J'écris, moi, à toutes les Églises, et je fais savoir à tous que de grand cœur je mourrai pour Dieu, si vous ne m'en empêchez pas. Je vous en supplie, ne me portez pas une pitié importune.
Laissez-moi devenir la pâture des bêtes : elles m'aideront à atteindre Dieu. Je suis son froment : moulu sous la dent des fauves, je deviendrai le pain pur du Christ. ~

Suppliez Le Christ pour que ces animaux fassent de moi une victime offerte à Dieu. ~

Que me feraient les douceurs de ce monde et les empires de la terre ? II est plus beau de mourir pour Le Christ Jésus que de régner jusqu'aux extrémités de l'univers.
C'est Lui que je cherche, qui est mort pour nous ; c'est Lui que je désire, Lui qui a ressuscité pour nous.
Mon enfantement approche. De grâce, mes frères. Ne m'empêchez pas de vivre, ne complotez pas ma mort.
Ne livrez pas au monde ni aux séductions de la terre celui qui veut appartenir a Dieu. Laissez-moi embrasser la lumière toute pure.

Quand j'y aurai réussi, je serai homme. Acceptez que j'imite la Passion de Mon Dieu. Si quelqu'un le possède en lui, qu'il se laisse fléchir par mon appel ; il connaît l'angoisse qui m'étreint ; qu'il ait pitié de moi.

Le Prince de ce monde entend m'arracher à Dieu et abîmer les sentiments que je lui porte. Vous qui serez là, ne volez pas à son secours.
Soyez plutôt de mon côté, c'est-à-dire du côté de Dieu.
N'ayez pas Jésus Christ sur les lèvres et le monde dans le cœur. Ne vous laissez pas gagner par l'envie.
Quand je serai près de vous, restez sourds aux appels que je vous lancerai peut-être. Fiez- vous plutôt à ce que je vous écris.
Car c'est en pleine vie que j'affirme ma volonté de mourir. Mes passions ? Crucifiées. En moi, plus de feu qu'attise la matière, mais une eau vive qui murmure et chuchote à mon cœur :
« Viens auprès du Père. »
Je ne peux plus savourer les nourritures périssables ou les douceurs de cette vie. C'est du pain de Dieu que je suis affamé, de la Chair de Jésus Christ, fils de David ; et pour boisson, je veux son Sang, qui est l'incorruptible Amour.

Je ne tiens plus à vivre parmi les hommes. Il dépend de vous que mon vœu soit exaucé. Partagez mon désir, afin qu'un jour l'on partage aussi le vôtre.
Je vous le demande en peu de mots. Croyez-moi. Jésus Christ témoignera de ma sincérité, par sa bouche sans mensonge en laquelle Le Père a parlé en vérité.

Priez pour ma victoire. Ce n'est pas mon corps qui m'inspire cette requête, c'est l'esprit de Dieu. Ma mort apportera la preuve de votre tendresse. Mais si j'échappe au supplice, c'est que vous m'aurez haï.

 

Commentaire du jour.
Bienheureux John Henry Newman (1801-1890), théologien, Fondateur de l'Oratoire en Angleterre.
Sermon « Watching », PPS, t. 4, n° 22, passim

« Cette nuit même, on te redemande ta vie »

« Prenez garde, veillez : car vous ne savez pas quand viendra le moment » (Mc 13,33). Considérons cette question très sérieuse, qui nous regarde tous de près : que veut dire veiller en l'attente du Christ ?
« Veillez, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra, le soir ou à minuit, au chant du coq ou au matin. Il peut arriver à l'improviste et vous trouver endormis… Je vous le dis à tous : veillez ! » (v. 35s)…

Beaucoup d'hommes se moquent de la religion ouvertement…, mais considérons ceux qui sont plus sobres et consciencieux : ils ont de bonnes qualités et pratiquent la religion dans un certain sens et jusqu'à un certain degré, mais ils ne veillent pas…
Ils ne comprennent pas qu'ils sont appelés à être « étrangers et voyageurs sur la Terre » (He 11,13), et que leur lot terrestre et leurs biens terrestres sont une sorte d'accident de leur existence, et qu'en fait ils ne possèdent rien...
Il n'y a aucun doute que beaucoup de membres de l'Église vivent ainsi et ne seraient pas, ne pourraient pas être, prêts à accueillir aussitôt Le Seigneur à sa venue...

Quelle prise de conscience émouvante et grave pour nous que de savoir que lui-même a attiré notre attention sur ce danger précis…, le danger de laisser l'attention de ses disciples se détourner de lui, pour n'importe quelle raison.
Il les prémunit contre toutes les agitations, toutes les attirances de ce monde, les prévient que le monde ne sera pas prêt quand il viendra ; il les supplie avec tendresse de ne pas lier partie avec ce monde.
Il les prévient par les exemples de l'homme riche à qui on demande compte de son âme pendant la nuit, du serviteur qui mangeait et buvait (Lc 12,45), des jeunes filles insensées (Mt 25,2)…
Le cortège de l'Époux passe majestueusement, les anges sont là, les justes rendus parfaits sont là, les petits enfants, les saints docteurs, les saints vêtus de blanc, les martyrs lavés de leur sang… : son Épouse s'est préparée, elle s'est faite belle (Ap 19,7), mais beaucoup d'entre nous dorment encore.

 

Autre commentaire du jour.
http://villaloyola.com/fr/node/34
Melchior Mbonimpa, La Villa Loyola, dirigée par les Jésuites de Sudbury.

L'Évangile de ce Lundi (Lc 12, 13-21)

Un homme demande à Jésus d’intervenir dans une querelle d’héritage. Non seulement Jésus refuse cette tâche temporelle, mais on a l’impression qu’il rabroue inutilement le pauvre homme qui l’appelle au secours : « Qui m’a établi pour être votre juge et pour faire vos partages? ».
Pourtant, la mise en garde qu’il adresse à la foule peut être perçue comme une réponse détournée à la requête de l’homme frustré qui demande justice.
« Gardez-vous bien de toute âpreté au gain; car la vie d’un homme, fut-il dans l’abondance, ne dépend pas de ses richesses. »

Si la foule constitue le destinataire direct du message, on peut penser qu’implicitement, Jésus condamne celui qui ne veut pas partager l’héritage avec son frère. C’est cet individu qui est stigmatisé comme anti-modèle parce qu’il y a chez lui une confusion des valeurs : il met « l’abondance » plus haut que la vie.

La parabole qui suit cette mise en garde peut être également interprétée comme un prolongement du procès de l’avidité de cet homme qui préfère les biens de ce monde à son propre frère.
C’est lui, le riche insensé dont les greniers sont devenus trop petits pour contenir son blé et ses biens.
C’est lui qui planifie une vie de jouissance sans freins pendant de longues années, oubliant que la vie qui lui a été prêtée pourrait lui être enlevée n’importe quand, et qu’il partira nu, les mains vides, comme il est sorti du sein de sa mère.

Une telle lecture qui ramène les propos de Jésus à la condamnation d’un mauvais riche nous met à l’aise.
Mais on peut aussi y voir un sens inquiétant, surtout si on va plus loin que cette parabole pour jeter un coup d’œil au passage qui vient juste après.
Jésus demande qu’on ne s’inquiète pas de ce qu’on mangera, ni de quoi l’on vêtira son corps.

Il invite à constater que les oiseaux du Ciel ne meurent pas de faim alors qu’ils ne sèment ni ne moissonnent; ou encore, à regarder les lis des champs qui ne filent ni ne tissent mais sont habillés mieux que Salomon lui-même dans toute sa gloire.

Se pourrait-il que Jésus soit en train de nous encourager à vivre au jour le jour, sans rien planifier, en comptant sur la générosité de Dieu?
Curieusement, il semble bien que cette interprétation ne soit pas à exclure. Car la prédication de Jésus a effectivement une dimension apocalyptique.
Il annonce que « les temps sont accomplis » et qu’il faut vivre chaque jour comme si c’était le dernier.
Mais seules les sectes millénaristes font encore la promotion de cette interprétation qu’elles rendent alarmiste en l’absolutisant. « Le temps de l’Église » la relativise en insistant sur le fait que « nul ne connaît le jour ni l’heure ».

On retiendra donc que l’essentiel du message d’aujourd’hui porte sur l’urgence du partage, dans un monde où les uns meurent de faim quand d’autres meurent de trop manger.
Ce n’est pas la richesse qui est condamnée, mais sa concentration égoïste entre les mains de quelques-uns.

Ce n’est pas la prévision qui est ici en cause, mais l’inconscience et l’arrogance de ceux qui ne manquent de rien, et qui pourraient dénaturer les propos de Jésus en soutenant que Dieu qui nourrit les oiseaux et habille les fleurs des champs s’occupera des laissés pour compte.

Pour secourir les déshérités, Dieu n’a pas d’autres mains que les nôtres, il n’a pas d’autres pieds que les nôtres.
L’Évangile d’aujourd’hui n’incite pas à la démobilisation. Il condamne l’accumulation des richesses pour la jouissance exclusive de quelques-uns, mais il encourage à « s’enrichir auprès de Dieu ».
Et veiller à ce que personne ne manque du strict minimum vital, c’est sûrement une manière d’être riche à la vue de Dieu.
Melchior Mbonimpa

 

Autre commentaire du jour.
http://www.homelies.fr/homelie,,3991.html
Frère Dominique, Moine de la Famille de Saint Joseph.

« Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. »

Les droits de successions n’étaient pas moins codifiés à l’époque de Jésus qu’ils ne le sont aujourd’hui.
Pourtant deux frères se disputent l’héritage paternel. L’un de ces frères interpelle Jésus depuis la foule. « Dis à mon frère de partager » !
Il semble sûr de son bon droit et de la parole que le rabbi devrait prononcer. Quand à nous, une telle requête peut nous surprendre.
Que vient-il faire avec ses disputes familiales et sa question d’argent au milieu des discussions théologiques ?

Cette façon d’intervenir n’a cependant rien d’étonnant. En premier lieu, il agit comme nous le faisons souvent envers Jésus, plus pressés de lui confier à résoudre nos problèmes quotidiens plutôt qu’à l’entendre nous dire ce qu’il attend de nous.
Ensuite, Jésus est appelé « rabbi », et à ce titre, il peut effectivement intervenir dans des questions d’arbitrage.

Il n’est pas difficile d’imaginer le cas de ces deux frères. Celui qui appelle Jésus est probablement le cadet de deux frères.
La loi prévoyait en effet que dans ce cas, le partage des biens paternels se fait selon le ratio deux tiers / un tiers, au profit de l’aîné.
Mais l’usage voulait que les deux frères demeurent ensemble pour travailler et faire fructifier la propriété, sans diviser l’héritage.
Si cet homme vient se plaindre, c’est donc qu’il est sans doute le cadet d’un aîné qui a dû prétendre au partage que la loi lui permet.
Le plus jeune en appelle aux coutumes ancestrales pour garder le fruit de l’ensemble du domaine.
La question est délicate, seule l’autorité d’un rabbi peut résoudre le cas.

Mais Jésus ne l’entend pas de cette oreille. Il n’est pas venu pour partager les héritages, il est venu annoncer le Royaume.
C’est ce qu’il fait dans toutes les paraboles, come celle que nous entendons à présent. « Il y avait un homme riche… ».
Il n’est pas question de condamner les riches pour leurs richesses, le psaume dit d’ailleurs « si vous amassez des richesses, n’y mettez pas votre cœur ».
Jésus dénonce l’âpreté au gain.

Etait-ce le cas de ces deux frères ? Faut-il entendre que la demande était motivée par le désir de cautionner une injustice ?
Là n’est pas la question, Jésus a clairement refusé de juger.
Ce qui l’intéresse, c’est notre conversion. C'est-à-dire notre préparation pour le grand voyage que nous avons à faire à sa suite.
Il est venu en effet nous chercher, nous rassembler, il est le Bon Pasteur qui vient nous mener vers Le Père.
Nous ne sommes pas de ce monde. Nous nous sommes égarés sur les chemins du péché, et il lui faut nous montrer le chemin de la Vie.

Or l’endurcissement de nos cœurs est devenu tel que nous en arrivons à oublier l’enjeu de notre vie terrestre.
Le désir de nos cœurs est toujours là : le riche propriétaire de la parabole désire en effet « se reposer », il veut être paisible « pour de nombreuses années ».
Mais il a oublié que le repos que son âme désire, il ne peut se le donner par lui-même, car ce repos est en Dieu seul.

Jésus ne reproche rien de son attitude, il ne dit même pas que cet homme est égoïste. S’il le traite de fou, d’insensé, c’est parce qu’il a oublié le sens de la vie, il a oublié que le bonheur durable ne vient pas de ce monde, mais de Dieu.
Ainsi les deux frères et leur héritage. Peu importe la loi ou la coutume, si tous deux avaient en vue que l’urgence est de peser combien nous sommes loin de notre Terre promise, qui est le Cœur de Dieu.
Tout ici bas, les moindres de nos choix, doivent être ordonnés à notre retour vers Le Père. Il ne s’agit donc pas de mépriser la gestion des biens matériels sous prétexte que nous sommes citoyens du Ciel, mais de soumettre cette gestion aux lois de la Charité.

La question n’est plus alors pour nous d’opposer loi et coutume, mais de discerner comment vivre la loi et la coutume pour que grandisse le Royaume.
C’est ainsi que nous amassons les conditions d’un bonheur durable ; car notre trésor, c’est Dieu.
Frère Dominique

 

Autre commentaire de ce jour.
http://evangeli.net/evangile/jour/IV_262
Abbé Lluc TORCAL Moine de Monastère de Sta. Mª de Poblet (Santa Maria de Poblet, Tarragona, Espagne).

Car la vie d'un homme, fût-il dans l'abondance, ne dépend pas de ses richesses

Aujourd'hui, si nous ne nous bouchons pas les oreilles et ne fermons pas les yeux, l'Évangile nous ébranlera par sa clarté:
«Gardez-vous bien de toute âpreté au gain; car la vie d'un homme, fût-il dans l'abondance, ne dépend pas de ses richesses» (Lc 12,15). Qu'est-ce qui assure la vie de l'homme?

Nous savons bien ce qui assure la vie de Jésus, car Il nous l'a dit: «Comme Le Père a la Vie en Lui-même, ainsi a-t-il donné au Fils d'avoir la Vie en Lui-même» (Jn 5,26).
Nous savons que la Vie de Jésus non seulement procède du Père, mais consiste à faire Sa volonté, car telle est sa nourriture, et la volonté du Père revient à réaliser sa grande œuvre de Salut parmi les hommes, en donnant sa vie pour ses amis, signe du plus parfait amour.

La Vie de Jésus est donc une vie totalement reçue du Père et entièrement livrée au Père et, par amour pour le Père, aux hommes.
La vie humaine pourra-t-elle, dans ces conditions, se suffire à elle-même? Pourra-t-on nier que la vie est un don, que nous l'avons reçue et que, ne serait-ce que pour cela, nous devons rendre grâce? «Que nul ne se croît maître de sa propre vie» (Saint Jérôme).

Dans cette perspective, il ne reste qu'à nous demander: Quel sens peut avoir notre vie si elle se replie sur elle-même, si elle se complaît à dire: «Mon âme, te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence» (Lc 12,19)?
Si la vie de Jésus est un don reçu et donné toujours dans l'amour, notre vie —que nous ne pouvons nier avoir reçue— doit se convertir, en suivant celle de Jésus, en un don total à Dieu et à nos frères, car «qui aime sa vie la perd» (Jn 12,25).

 

Hymne : Splendeur jaillie du sein de Dieu

Splendeur jaillie du sein de Dieu,
Lumière née de la lumière,
Avant que naisse l’univers
Tu resplendis dans les ténèbres.

Nous t’adorons, Fils bien-aimé,
Objet de toute complaisance ;
Le Père qui t’a envoyé
Sur toi fait reposer sa grâce.

Tu viens au fond de notre nuit
Pour tous les hommes de ce monde ;
Tu es la source de la vie
Et la lumière véritable.

À toi, la gloire, ô Père saint,
À toi, la gloire, ô Fils unique,
Avec l’Esprit consolateur,
Dès maintenant et pour les siècles.

 

Hymne : Ô Dieu qui fis jaillir de l'ombre

Ô Dieu qui fis jaillir de l'ombre
Le monde en son premier matin,
Tu fais briller dans notre nuit
La connaissance de ta gloire.

Tu es l’image de ton Père
Et la splendeur de sa beauté.
Sur ton visage, ô Jésus Christ,
Brille à jamais la joie du monde.

Tu es toi même la lumière
Qui luit au fond d’un lieu obscur.
Tu es la lampe de nos pas
Sur une route de ténèbres.

Quand tout décline, tu demeures,
Quand tout s’efface, tu es là !
Le soir descend, tu resplendis
Au cœur de toute créature.

Et quand l’aurore qui s’annonce
Se lèvera sur l’univers,
Tu régneras dans la cité
Où disparaissent les ténèbres.

 

Oraison du matin (Office des Laudes)...(Propre à Saint Ignace d’Antioche).
Dieu éternel et tout-puissant, tu veux que le témoignage des saints martyrs soit l'honneur du Corps tout entier de l'Église ; fais que la passion de Saint Ignace d'Antioche, qui lui valut une Gloire éternelle, soit aussi pour nous une source de courage.

 

Parole de Dieu : (2 Co 1 3-5)… (Office des Laudes)...(Commun des martyrs).
Béni soit Dieu, Le Père de Notre Seigneur Jésus-Christ, Le Père plein de Tendresse, Le Dieu de qui vient tout réconfort.
Dans toutes nos détresses, il nous réconforte ; ainsi, nous pouvons réconforter tous ceux qui sont dans la détresse, grâce au réconfort que nous recevons nous-mêmes de Dieu.
De même que nous avons largement part aux souffrances du Christ, de même, par Lle Christ, nous sommes largement réconfortés.

 

Parole de Dieu : (1 P 4, 13-14)… (Office des Vêpres)...(Commun des martyrs).
Puisque vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la Joie et l’allégresse quand sa Gloire se révèlera.
Si l’on vous insulte à cause du Nom du Christ, heureux êtes-vous, puisque L’Esprit de Gloire, L’Esprit de Dieu, repose sur vous.

Date de dernière mise à jour : 17/10/2016

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