Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ (Fête-Dieu). Solennité le Dimanche 03 Juin 2018.

Dimanche 03 Juin 2018 : Fête de la Solennité du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ (Fête-Dieu).

Saint sacrement du corps et du sang du christ

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La Fête-Dieu
ou Solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ
Solennité

Nous devons l'origine de la « Fête-Dieu » ou « Fête du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ » à une révélation faite à sœur Julienne du Mont Cornillon vers l'an 1210.
Cette révélation demandait l'institution d'une Fête annuelle en l'honneur du Saint Sacrement de l'autel.
Malgré une vive persécution contre sœur Julienne et ceux qui souhaitaient que cette Fête se répande, le diocèse de Liège l'institua vers l'an 1245 puis l'Église universelle ajouta cette Fête au calendrier Liturgique par le Pape Urbain IV qui la rendit obligatoire pour l'Église entière en 1264.

Voici un extrait de la Bulle d'Urbain IV pour l'institution de la Fête-Dieu dans l'Église universelle :
« Qu'en ce jour, les foules empressées du peuple fidèle, accourent dans les temples avec une nouvelle ferveur ; que le clergé et le peuple se lèvent pour faire éclater leur joie dans des cantiques de louanges ; que les cœurs et les désirs, les voix et les lèvres chantent des hymnes joyeux ; que la Foi chante, que l'Espérance bondisse, que la Charité tressaille, que la dévotion applaudisse, que le chœur des Prêtres jubile, que l'assemblée des vierges soit remplie de consolation ; que chacun vienne avec un cœur fervent, une volonté empressée, qu'il rende ses devoirs avec zèle, pour célébrer dignement la Solennité d'un si grand jour, et puissent tous les enfants du Christ être enflammés d'une telle ardeur pour son service, qu'augmentant de jour en jour le trésor de leurs mérites, ils soient jugés dignes de recevoir comme leur récompense, au terme de leur course, Celui qui sur la Croix se livra pour leur Rédemption, et dans le Sacrement se donne à eux en nourriture »
(Extrait de la Bulle d'Urbain IV pour l'institution de la Fête-Dieu dans l'Église universelle, 1264)


Jean XXII, en 1318 ordonna de compléter la Fête par une procession solennelle où le très Saint Sacrement serait porté en triomphe.
On fait une procession solennelle le jour de la Fête-Dieu pour sanctifier et Bénir, par la présence de Jésus-Christ, les rues et les maisons de nos villes et de nos villages.
Saint Thomas d'Aquin prépara la Liturgie de cette Fête, notamment par la création du Lauda Sion Salvatorem et Pange Lingua Gloriosi permettant aux fidèles une catéchèse simple et belle sur la Présence Réelle :

Traduction en français :
Chante, ô ma langue, le mystère
De ce corps très glorieux
Et de ce sang si précieux
Que le Roi de nations
Issu d'une noble lignée
Versa pour le prix de ce monde

Fils d'une mère toujours vierge
Né pour nous, à nous donné,
Et dans ce monde ayant vécu,
Verbe en semence semé,
Il conclut son temps d'ici-bas
Par une action incomparable :

La nuit de la dernière Cène,
À table avec ses amis,
Ayant pleinement observé
La Pâque selon la loi,
De ses propres mains il s'offrit
En nourriture aux douze Apôtres.

Le Verbe fait chair, par son verbe,  
Fait de sa chair le vrai pain ;
Le sang du Christ devient boisson ;
Nos sens étant limités,
C'est la foi seule qui suffit
Pour affermir les cœurs sincères.

Il est si grand, ce sacrement !  
Adorons-le, prosternés.
Que s'effacent les anciens rites
Devant le culte nouveau !
Que la foi vienne suppléer
Aux faiblesses de nos sens !

Au Père et au Fils qu'il engendre
Louange et joie débordante,
Salut, honneur, toute-puissance
Et toujours bénédiction !
À l'Esprit qui des deux procède soit rendue même louange. Amen.

P. Vous leur avez donné un pain descendu du ciel, (T.P. Allélulia)
R. Un pain délicieux, (T.P. Alléluia).

Oraison. Seigneur Jésus Christ, dans cet admirable Sacrement tu nous as laissé le mémorial de ta Passion ; donne-nous de vénérer d'un si grand Amour les mystères de ton Corps et de ton Sang, que nous puissions recueillir sans cesse le fruit de la Rédemption.
Toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen.

Les processions du Saint Sacrement s'inspirent de 1 Roi 8, lorsque Salomon fit transporter l'Arche au Temple.
Dès 675, on fit une procession du Saint Sacrement du Tabernacle. Ces processions du Tabernacle étaient courantes et avaient lieu le Dimanche ou pendant le Tridium au XIème siècle.

« Si quelqu'un dit que, dans le Saint Sacrement de l'Eucharistie, Le Christ, Fils de Dieu, ne doit pas être Adoré d'un culte de latrie, même extérieur et que, en conséquence, il ne doit pas être vénéré par une Célébration festive particulière, ni être porté solennellement en procession selon le rite et la coutume louables et universels de la Sainte Église, ni être proposé publiquement à l'Adoration du peuple, ceux qui l'Adorent étant des idolâtres : qu'il soit anathème. »
(Concile de Trente, XIII session, 11 octobre 1551).

Le Culte Eucharistique s'est développé de plus en plus depuis le XIVème siècle. À ce moment, l'Ostensoir apparaît en Allemagne et en France où l'Hostie Consacrée est exposée à l'Adoration des fidèles.
La pratique courante de l'exposition date de la période de l'instauration de la Fête Dieu.

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SERMON POUR LA FÊTE-DIEU par SAINT THOMAS D'AQUIN,
Docteur des Docteurs de l'Église
(prononcé au Consistoire, devant le Pape et les Cardinaux)

Révérendissimes Pères, les souvenirs pleins d'allégresse qu'évoque la Solennité de ce jour nous invitent à entourer de joyeuses louanges le Corps très saint du Christ.
Quoi de plus doux, quoi de plus suave au cœur des élus que de chanter les trésors de la Divine Charité et d'exalter l'ardeur d'un Amour sans mesure ?

C'est qu'à la table de la grâce nouvelle, tous les jours, par les mains du Prêtre, Dieu donne à ses enfants et aux héritiers de son Royaume sa Chair en nourriture et son Sang en breuvage.
Ce sont là tes œuvres admirables, ô Christ, Toi dont la puissance est infinie et la Bonté sans bornes !

Dans cet aliment sacré et ce pain super-substantiel qu'annonçaient les prodiges antiques, tu as trouvé le secret d'une union merveilleuse et auguste : la Chair immaculée de Jésus-Christ,
l'Agneau sans tache, devient le remède de ceux que le fruit défendu avait rendus malades et qui avaient perdu l'éternelle et immarcescible couronne.

Ô prodige qu'on ne peut trop exalter ! Effusion permanente de la Bonté Divine et d'une Miséricorde sans mesure !
Dans ce Sacrement, consommation de tous les Sacrifices, Il demeure, ce Dieu, indéfectiblement avec nous ;
Il y est pour jusqu'à la fin des siècles ; Il donne aux fils d'adoption le pain des anges et les enivre de l'Amour qu'on doit aux enfants.

Ô Humilité singulière, délices de Dieu, et que Le Christ pratique après l'avoir prêchée lui-même ! Il ne se refuse à personne ; Il ne craint pas de prendre pour habitacle même un cœur souillé.

Ô Pureté, qui semblable à celle du soleil n'est ternie par aucune fange et ne craint nulle contagion, mais qui gagne les âmes et en fait disparaître toute tache !
Ô nourriture des esprits bienheureux, qui sans cesse nous renouvelle et jamais ne s'épuise ! Tu n'es ni brisée, ni divisée, ni transformée ; mais, gardant ton intégrité et ta nature, tu nous rappelles le buisson antique, la farine et l'huile miraculeuses qui ne diminuaient pas.

Ô Sacrement admirable, où Dieu se cache et où notre Moïse à nous se couvre le visage du manteau de ses œuvres, objet de louanges dans toutes nos générations !
Par la vertu des paroles sacrées, instrument de la puissance Divine, les substances symboliques sont changées en Chair et en Sang ; les espèces Sacramentelles subsistent sans support, et pourtant nulle loi naturelle n'a souffert violence.

Par la vertu de la Consécration, un seul Christ, parfait et intègre, se trouve en divers endroits, comme une parole se communique, toujours identique à elle-même.
Quand l'Hostie se divise, Jésus s'y trouve comme un même visage dans les fragments d'un miroir brisé.
Les fidèles l'offrent à Dieu sous les deux espèces, quoiqu'il soit tout entier sous chacune d'elles, et c'est à bon droit qu'on agit ainsi, car ce Sacrement donne aux hommes le double Salut du corps et de l'âme, et il rappelle l'amertume d'une double Passion.

Ô Vertu ineffable du Sacrement, qui embrase notre cœur du feu de la Charité et marque du Sang de l'Agneau immaculé, au-dessus de leurs deux battants, les linteaux de nos portes !

Ô véritable Viatique de notre exil militant, soutien des voyageurs, force des faibles, antidote des infirmités, accroissement des vertus, abondance de la Grâce et Purification des vices, réfection des âmes, vie des débiles et union des membres dans l'organisme unique de la Charité !

Ô Sacrement ineffable de la Foi, Tu augmentes notre Charité et nous communiques l'espérance ; soutien de l'Église, Tu éteins la concupiscence et parfais le Corps Mystique du Christ. Voici la substance de l'arbre de Vie, ô Seigneur Jésus !

Ô Pasteur et nourriture, Prêtre et Sacrifice, aliment et breuvage des élus, pain vivant des esprits, remède à nos faiblesses quotidiennes, festin suave, source de tout renouveau !

Ô Sacrifice de Louange et de Justice, holocauste de la nouvelle Grâce, repas excellent, non de volailles ou de taureaux, mais de viandes plus succulentes et de ce vin délicieux qui renouvelle les amis de Dieu et enivre ses élus !

Ô Table de Bénédiction, table de proposition garnie d'une nourriture substantielle ! Table immense où tout est prodige étonnant !
Table plus douce que toute douceur, plus délectable que toute saveur, plus suave que tout parfum, plus magnifique que toute parure, plus succulente que toute nourriture !

Table que Le Christ a préparée à ses amis et commensaux, que le père de famille sert à son fils de retour, après le repas de l'agneau symbolique.
Vous êtes le bain sacré que figuraient les antiques piscines, ô notre Pâque, immolation du Christ, et vous exigez la conversion du vice à la vertu, donnant ainsi la liberté aux Hébreux de l'esprit.

Ô Nourriture qui rassasie et ne dégoûte point, qui demande la mastication de la Foi, le goût de la dévotion, l'union de la Charité, et que divise non les dents du corps, mais le courage de la croyance !

Ô Viatique de notre pèlerinage, qui attire les voyageurs sur les sommets des vertus !

Ô Pain vivant, engendré au Ciel, fermenté dans le sein de la Vierge, cuit sur le gibet de la Croix, déposé sur l'autel, caché sous les espèces Sacramentelles, confirme mon cœur dans le bien et assure ses pas dans le chemin de la vie; réjouis mon âme, purifie mes pensées.

Voici le Pain, le vrai Pain, consommé, mais non consumé, mangé, mais non transformé ; il assimile et il ne s'assimile pas ; il renouvelle sans s'épuiser ; il perfectionne et conduit au Salut ; il donne la Vie, confère la Grâce, remet les péchés, affaiblit la concupiscence ; il nourrit les âmes fidèles, éclaire l'intelligence, enflamme la volonté, fait disparaître les défauts, élève les désirs.

Ô Calice de toutes suavités, où s'enivrent les âmes généreuses ! Ô Calice brûlant, Calice qui tourne au Sang du Christ ; Sceau du Nouveau Testament, chasse le vieux levain, remplis notre intime esprit, pour que nous soyons une pâte nouvelle, et que nous mangions les azymes de la sincérité et de la Vérité.

Ô vrai Repas de Salomon, cénacle de toute consolation, soutien dans la présente tribulation, aliment de Joie et gage de la félicité éternelle, foyer de l'unité, source de vertu et de douceur, symbole de sainteté !

La petitesse de l'Hostie ne signifie-t-elle pas l'Humilité, sa rondeur l'Obéissance parfaite, sa minceur l'économie vertueuse, sa blancheur la Pureté, l'absence de levain la bienveillance, sa cuisson la Patience et la Charité, l'inscription qu'elle porte la discrétion spirituelle, les espèces qui demeurent sa permanence, sa circonférence la perfection consommée ?

Ô Pain vivifiant, ô azyme, siège caché de la toute-puissance ! Sous de modestes espèces visibles se cachent d'étonnantes et sublimes réalités.

Ô Corps, ô Âme, et Toi de tous deux inséparable, ô Substance Divine ! De ce dont on chante les grandeurs dans ce Sacrement auguste, ô Bon Jésus, seules, pour la Foi, après la Consécration, les espèces Sacramentelles demeurent ; ce qui est mangé sans être assimilé ne souffre ni augmentation ni diminution ; ce que tous reçoivent en entier, mille ne le possèdent pas plus qu'un seul, un seul le possède autant que mille.

Ce que contiennent tous les autels, les parcelles intactes ou brisées le contiennent toutes ; ta Chair est mangée véritablement, c'est véritablement ton Sang que nous buvons.
Et tu es ici le Prêtre, et tu es aussi l'Hostie, et les saints Anges sont là présents, qui exaltent ta magnificence et louent ta souveraine Majesté.
C'est là ta puissance, Seigneur, qui seule opère de grandes choses ; elle dépasse tout sentiment et toute compréhension, tout génie, toute raison et toute imagination. C'est Toi qui as institué et confié à tes disciples ce Sacrement où tout est miracle.

N'approche donc pas de cette table redoutable sans une dévotion respectueuse et un fervent Amour, homme !
Pleure tes péchés et souviens-toi de la Passion. Car l'Agneau immaculé veut une âme immaculée qui le reçoive comme un pur azyme.

Recours au bain de la Confession ; que le fondement de la Foi te porte ; que l'incendie de la Charité te consume ; que la douleur de la Passion te pénètre ; qu'un droit Jugement t'éprouve.

Approche de la Table du Seigneur, de cette Table magnifique et puissante, de telle sorte que tu parviennes un jour aux Noces du véritable Agneau, là où nous serons enivrés de l'abondance de la maison de Dieu; là où nous verrons le Roi de Gloire, le Dieu des vertus dans toute sa Beauté; là où nous goûterons la Pain vivant dans le Royaume du Père, par la Grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, dont la puissance et l'empire demeurent jusqu'à la fin des siècles. Amen.
Traduction du P. Sertillanges (Les plus belles pages de saint Thomas d'Aquin).

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Solennité du Corpus Domini
Messe et Procession Eucharistique
Extraits de l’Homélie du Pape Benoît XVI
Parvis de la Basilique Saint-Jean-de-Latran
Jeudi 15 juin 2006

Chers frères et sœurs,
La veille de sa Passion, au cours de la Cène pascale, le Seigneur prit le Pain entre ses mains, et, ayant prononcé la Bénédiction, le rompit et le leur donna, en disant : « Prenez, ceci est Mon Corps ».
Puis, prenant la coupe, il rendit grâces, la leur donna, et ils en burent tous.
Et il dit: « Ceci est Mon Sang, le Sang de l'alliance, qui va être répandu pour une multitude » (Mc 14, 22-24).
Toute l'histoire de Dieu avec les hommes est résumée dans ces paroles. Ce n'est pas seulement le passé qui est réuni et interprété, mais l'avenir également qui est anticipé : la venue du Royaume de Dieu dans le monde. Ce que dit Jésus, ce ne sont pas simplement des paroles. Ce qu'Il dit est un événement, l'événement central de l'histoire du monde et de notre vie personnelle.

Ces paroles sont inépuisables. Je voudrais méditer avec vous uniquement un seul aspect. Jésus, comme signe de sa présence, a choisi le Pain et le Vin.
A travers chacun de ces deux signes, il se donne entièrement, et non pas uniquement une partie de Lui.

Le Ressuscité n'est pas divisé. Il est une personne qui, à travers les signes, s'approche de nous et s'unit à nous.
Mais les signes représentent, à leur façon, chacun un aspect particulier de Son Mystère, et, à travers leur manifestation particulière, ils veulent nous parler, afin que nous apprenions à comprendre un peu plus le Mystère de Jésus Christ.

Au cours de la procession et dans l'Adoration, nous regardons l'Hostie Consacrée, - le type le plus simple de pain et de nourriture, composé uniquement d'un peu de farine et d'eau.
Il apparaît ainsi comme la nourriture des pauvres, auxquels Le Seigneur a accordé en premier lieu sa préférence.
La Prière à travers laquelle l'Église, au cours de la Liturgie de la Messe, remet ce pain au Seigneur, le définit comme le fruit de la terre et du travail de l'homme.
Celui-ci contient les peines de l'homme, le travail quotidien de ceux qui cultivent la terre, sèment et récoltent, et enfin, préparent le pain.

Toutefois, le pain n'est pas seulement notre produit, quelque chose que nous fabriquons; c'est le fruit de la terre et donc également un don.
Car le fait que la terre porte des fruits n'est pas seulement l'un de nos mérites; seul Le Créateur pouvait lui conférer la fertilité.
Et à présent, nous pouvons également étendre encore un peu cette Prière de l'Église, en disant: le pain est fruit à la fois de la Terre et du Ciel.
Il suppose la synergie des forces de la Terre et des dons d'en haut, c'est-à-dire du soleil et de la pluie.

Et l'eau aussi, dont nous avons besoin pour préparer le pain, nous ne pouvons pas la produire seuls.
A une période où l'on parle de désertification et où nous entendons toujours plus de mises en garde contre le danger qu'hommes et bêtes meurent de soif dans les régions privées d'eau - en cette période, nous nous rendons à nouveau compte de la grandeur du don de l'eau également, et combien nous sommes incapables de nous la procurer seuls.

Alors, en y regardant de plus près, ce petit morceau d'Hostie blanche, ce pain des pauvres, nous apparaît comme une synthèse de la Création.
Ciel et Terre, mais également activité et esprit de l'homme coopèrent. La synergie des forces qui rend possible, sur notre pauvre planète, le mystère de la vie et l'existence de l'homme, nous est présentée dans toute sa merveilleuse grandeur.
Ainsi, nous commençons à comprendre pourquoi le Seigneur choisit ce morceau de pain comme son signe. [...]

Le signe du vin nous parle également de façon très semblable. Mais tandis que le pain renvoie à l'aspect quotidien, à la simplicité et au pèlerinage, le vin exprime le caractère exquis de la Création: la Fête de Joie que Dieu veut nous offrir à la fin des temps et que, déjà à présent, il anticipe toujours à nouveau en l'évoquant à travers ce signe.
Mais le vin parle également de la Passion: la vigne doit être taillée continuellement pour être ainsi purifiée; le raisin doit mûrir sous le soleil et la pluie et doit être pressé: ce n'est qu'à travers cette passion que mûrit un vin précieux.

En la Fête du Corpus Domini, nous regardons surtout le signe du pain. Celui-ci nous rappelle également le pèlerinage d'Israël au cours des quarante années passées dans le désert.
L'Hostie est notre manne à travers laquelle Le Seigneur nous nourrit - c'est véritablement le Pain du ciel à travers lequel Il se donne Lui-même.

Au cours de la Procession, nous suivons ce signe, et ainsi, nous le suivons Lui-même. Et nous le prions : Guide-nous sur les routes de notre histoire!
Montre toujours à nouveau le droit chemin à l'Église et à ses Pasteurs! Regarde l'humanité qui souffre, qui erre dans l'incertitude parmi tant d'interrogations; vois la faim physique et psychologique qui la tourmente!
Donne aux hommes du Pain pour le corps et pour l'âme! Donne-leur du travail! Donne-leur la lumière! Donne-toi à eux!
Purifie-nous et sanctifie-nous tous! Fais-nous comprendre que ce n'est qu'à travers la participation à ta Passion, à travers le « oui » à la Croix, au renoncement, aux purifications que tu nous imposes, que notre vie peut mûrir et atteindre sa pleine réalisation.
Rassemble-nous de toutes les extrémités de la terre. Unis ton Église, unis l'humanité déchirée! Donne-nous ton Salut! Amen!

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Pour lire l’Homélie complète :

>>>Solennité du Corps et du Sang du Christ
[Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Italien, Portugais]

MESSE ET PROCESSION EUCHARISTIQUE
EN LA SOLENNITÉ DU CORPUS DOMINI

HOMÉLIE DU PAPE BENOÎT XVI
Parvis de la Basilique Saint-Jean-de-Latran
Jeudi 15 juin 2006

Chers frères et sœurs,
La veille de sa Passion, au cours de la Cène pascale, le Seigneur prit le pain entre ses mains…

Ainsi, nous commençons à comprendre pourquoi le Seigneur choisit ce morceau de pain comme son signe.
La création, avec tous ses dons, aspire, au-delà d'elle-même, à quelque chose d'encore plus grand.
Au-delà de la synthèse de ses propres forces, au-delà de la synthèse de nature et d'esprit que nous sentons également d'une certaine façon dans le morceau de pain, la création est tendue vers la divinisation, vers les saintes noces, vers l'unification avec le Créateur Lui-même.

Mais nous n'avons pas encore expliqué entièrement le message de ce signe du pain. Son mystère le plus profond, le Seigneur l'a évoqué au cours du Dimanche des Rameaux, lorsqu'on lui présenta la requête de certains Grecs de pouvoir le rencontrer.
Dans sa réponse à cette question, se trouve la phrase:  "En vérité, en vérité je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit" (Jn 12, 24).
Dans le pain fait de grains moulus, se cache le mystère de la Passion. La farine, le blé moulu, suppose que le grain est mort et ressuscité.
En étant moulu et cuit, il porte ensuite en lui une fois de plus le mystère même de la Passion. Ce n'est qu'à travers la mort qu'arrive la Résurrection, qu'arrivent le fruit et la vie nouvelle. Les cultures de la Méditerranée, au cours des siècles précédant le Christ, ont profondément perçu ce mystère.
Sur la base de l'expérience de cette mort et de cette Résurrection, elles ont conçu des mythes de divinité qui, en mourant et en ressuscitant, donnaient la vie nouvelle.
Le cycle de la nature leur semblait comme une promesse Divine au milieu des ténèbres de la souffrance et de la mort qui nous sont imposées.
Dans ces mythes, l'âme des hommes, d'une certaine façon, se projetait vers le Dieu qui s'est fait homme, qui s'est humilié jusqu'à la mort sur une Croix et qui a ouvert ainsi pour nous tous la porte de la Vie.
Dans le pain et dans son devenir, les hommes ont découvert comme une attente de la nature, comme une promesse de la nature que cela devait exister:  le Dieu qui meurt et qui, de cette façon, nous conduit à la Vie.
Ce qui, dans les mythes, était une attente et qui, dans le grain de blé lui-même, est caché comme signe de l'espérance de la Création - cela a réellement eu lieu dans Le Christ.
A travers sa souffrance et sa mort choisies, Il est devenu Pain pour nous tous, et, à travers cela, une espérance vivante et digne de Foi: Il nous accompagne dans toutes nos souffrances jusqu'à la mort.
Les voies qu'il parcourt  avec nous et à travers lesquelles il nous conduit à la vie sont des chemins d'espérance.

Lorsque nous Contemplons en Adoration l'Hostie consacrée, le signe de la Création nous parle.
Nous rencontrons alors la grandeur de son don; mais nous rencontrons également la Passion, la Croix de Jésus et sa Résurrection.
A travers ce regard en Adoration, Il nous attire à lui, dans son mystère, au moyen duquel il veut nous transformer comme il a transformé l'Hostie.

L'Église des débuts a trouvé un autre symbole dans le pain. La Doctrine des Douze Apôtres, un livre composé aux environs de l'an 100, rapporte dans ses Prières l'affirmation: "De même que ce Pain que nous rompons, autrefois disséminé sur les collines, a été recueilli pour n'en faire plus qu'un, qu'ainsi ton Église soit rassemblée des extrémités de la terre dans ton Royaume!" (IX, 4).
Le pain composé de nombreux grains renferme également un événement d'union: la transformation en pain des grains est un processus d'unification.
Nous-mêmes, de nombreux que nous sommes, nous devons devenir un seul pain, un seul Corps, nous dit saint Paul (1 Co 10, 17). Ainsi, le signe du pain devient à la fois espérance et devoir.

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http://www.zenit.org/fr/articles/fete-du-saint-sacrement-2012-homelie-de-benoit-xvi.

Fête du Saint-Sacrement 2012: homélie de Benoît XVI

Ne pas opposer la Célébration et l'Adoration Eucharistiques

ROME, jeudi 7 Juin 2012 (ZENIT.org) – « C’est une erreur que d’opposer la Célébration et l’Adoration, comme si elles étaient concurrentes. C’est justement le contraire », explique Benoît XVI à l’occasion de la Fête-Dieu.
Le pape a en effet présidé ce mercredi soir la messe de la Fête du Saint-Sacrement – appelée plus souvent à Rome la fête du « Corpus Domini » – sur le parvis de la Basilique Saint-Jean-du-Latran, puis la procession Eucharistique de la Cathédrale de Rome jusqu’à la Basilique Saint-Marie-Majeure.

Chers frères et sœurs,
Ce soir, je voudrais méditer avec vous sur deux aspects, liés entre eux, du Mystère Eucharistique : le culte de l’Eucharistie et son caractère sacré.
Il est important de les prendre à nouveau en considération pour les préserver contre des visions incomplètes du Mystère lui-même, comme celles que l’on a constatées dans un passé récent.

Avant tout, une réflexion sur la valeur du Culte Eucharistique, en particulier de l’Adoration du Saint-Sacrement.
C’est l’expérience que nous vivrons ce soir aussi après la Messe, avant la procession, pendant son déroulement et à son terme.
Une interprétation unilatérale du Concile Vatican II a pénalisé cette dimension en réduisant la pratique de l’Eucharistie au moment de la Célébration.

En effet, il a été très important de reconnaître le caractère central de la Célébration, à laquelle Le Seigneur convoque son peuple, où le rassemble autour de la double table de la Parole et du Pain de vie, le nourrit et l’unit à Lui dans l’offrande du Sacrifice.
Cette mise en valeur de l’assemblée Liturgique dans laquelle Le Seigneur agit et réalise son mystère de Communion, demeure naturellement valable, mais elle doit être resituée dans un juste équilibre.

En effet, comme il arrive souvent, pour souligner un aspect on finit par en sacrifier un autre. Dans ce cas, l’accent mis sur la Célébration de l’Eucharistie s’est faite aux dépends de l’Adoration, en tant qu’acte de Foi et de Prière adressée au Seigneur Jésus, réellement présent dans le Sacrement de l’autel.
Ce déséquilibre a aussi eu des répercussions sur la vie spirituelle des fidèles. En effet, si l’on concentre tout le rapport avec Jésus Eucharistie dans le seul moment de la Sainte Messe, on risque de vider de sa présence le reste du temps et de l’espace essentiels.

Et l’on perçoit ainsi moins le sens de la présence constante de Jésus au milieu de nous et avec nous, une présence concrète, proche, au milieu de nos maisons, comme « Cœur palpitant » de la ville, du pays, du territoire et de ses différentes expressions et activités. Le Sacrement de la Charité du Christ doit pénétrer toute la vie quotidienne.

En réalité, c’est une erreur que d’opposer la Célébration et l’Adoration, comme si elles étaient concurrentes.
C’est justement le contraire : le culte du Saint Sacrement constitue comme le « milieu » spirituel dans lequel la communauté peut célébrer l’Eucharistie bien et en vérité.
C’est seulement lorsqu’elle est précédée, accompagnée et suivie de cette attitude intérieure de Foi et d’Adoration que l’action Liturgique peut exprimer toute sa signification et sa valeur.

La rencontre avec Jésus dans la Sainte Messe se réalise vraiment et pleinement lorsque la communauté est en mesure de reconnaître que, dans le Sacrement, il habite dans sa maison, nous attend, nous invite à sa table, et puis, après que l’assemblée s’est dispersée, il reste avec nous, par sa présence discrète et silencieuse, et il nous accompagne de son intercession, en continuant à recueillir nos sacrifices spirituels et à les offrir au Père.

A ce propos, j’aime à souligner l’expérience que nous allons vivre ensemble aussi ce soir. Au moment de l’Adoration, nous sommes tous sur le même plan, à genoux devant le Sacrement de l’Amour.
Le Sacerdoce commun et le Sacerdoce ministériel se trouvent rapprochés dans le Culte Eucharistique.
C’est une expérience très belle et très significative que nous avons vécue à différentes reprises en la Basilique Saint-Pierre, et aussi lors des inoubliables veillées avec les jeunes : je me souviens par exemple de celles de Cologne, de Londres, de Zagreb, de Madrid.

Il est évident pour tous que ces moments de veillée Eucharistique préparent la Célébration de la Sainte Messe, préparent les cœurs à la rencontre, si bien qu’elle en devient plus féconde.
Etre tous en silence de façon prolongée devant Le Seigneur présent dans son Sacrement, est l’une des expériences les plus authentiques de notre être Eglise, qui est accompagnée de façon complémentaire par celle de la Célébration de l’Eucharistie, en écoutant la Parole de Dieu, en chantant, en s’approchant ensemble de la table du Pain de Vie.
Communion et Contemplation ne peuvent pas être séparées, elles vont ensemble. Pour communiquer vraiment avec une autre personne, je dois la connaître, savoir être auprès d’elle en silence, l’écouter, la regarder avec Amour.

Le vrai Amour et la vraie amitié vivent toujours de cette réciprocité de regards, de silences intenses, éloquents, pleins de respect, et de vénération, si bien que la rencontre soit vécue en profondeur, de façon personnelle et non pas superficielle.
Et hélas, s’il manque cette dimension, même la Communion Sacramentelle peut devenir, de notre part, un geste superficiel.
En revanche, dans la vraie Communion, préparée par le colloque de la Prière et de la Vie, nous pouvons dire au Seigneur des paroles de confiance, comme celles qui viennent de résonner dans le psaume responsorial : « Je suis ton serviteur, et le fils de ta servante : tu as rompu mes chaînes. Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce et j’invoquerai le Nom du Seigneur (Ps 115,16-17).

Je voudrais maintenant passer brièvement au deuxième aspect : le caractère sacré de l’Eucharistie.
Là aussi, on a, dans un passé récent, perçu un certain malentendu sur le message authentique de la Sainte-Ecriture.
La nouveauté Chrétienne concernant le culte a été influencée par une certaine mentalité sécularisée des années soixante et soixante-dix, du siècle dernier.
Il est vrai, et cela reste toujours valable, que le centre du culte n’est plus désormais dans les rites et dans les Sacrifices anciens mais dans Le Christ Lui-même, dans sa personne, dans sa vie, dans son mystère pascal.

Et cependant, on ne doit pas déduire de cette nouveauté fondamentale que le sacré n’existe plus, mais qu’il a trouvé son accomplissement en Jésus-Christ, Amour Divin incarné. La  Lettre aux Hébreux que nous avons écoutée ce soir dans la seconde lecture, nous parle justement de la nouveauté du Sacerdoce du Christ, « grand Prêtre des biens à venir » (He 9,11), mais il ne dit pas que le Sacerdoce est terminé.

Le Christ « est médiateur d’une alliance nouvelle » (He 9, 15), scellée dans son Sang, qui purifie « notre conscience des œuvres de mort » (He 9,14).
Il n’a pas aboli le sacré, mais il l’a porté à son accomplissement, en inaugurant un culte nouveau, qui est pleinement spirituel, mais qui cependant, tant que nous sommes en chemin dans le temps, se sert encore de signes et de rites, qui disparaîtront seulement à la fin, dans la Jérusalem Céleste, là où il n’y aura plus aucun temple (cf. Ap 21,22).

Grâce au Christ, le caractère sacré est plus vrai, plus intense, et, comme il advient pour les commandements, aussi plus exigeant !
L’observance rituelle ne suffit pas, mais il faut la purification du cœur, et l’engagement de la vie.
J’aime aussi à souligner que le sacré à une fonction éducative et que sa disparition appauvrit inévitablement la culture, en particulier la formation des nouvelles générations.
Si, par exemple, au nom d’une Foi sécularisée qui n’ait plus besoin des signes sacrés, on abolissait la procession du Corpus Domini dans la ville, le profil spirituel de Rome se trouverait « aplati » et notre conscience personnelle et communautaire en resterait affaiblie.

Ou bien, nous pensons à une maman et à un papa qui, au nom de la Foi désacralisée, priveraient leurs enfants des tout rituel religieux : ils finiraient en réalité par laisser le champ libre à tant de succédanés présents dans la société de consommation, à d’autres rites et à d’autres signes, qui pourraient devenir plus facilement des idoles.
Dieu, Notre Père, n’a pas agi ainsi avec l’humanité : il a envoyé Son Fils dans le monde, non pour abolir, mais pour porter le sacré aussi à son accomplissement.

Au sommet de cette mission, lors de la Dernière Cène, Jésus a institué le Sacrement de son Corps et de son Sang, le Mémorial de son Sacrifice pascal.
En agissant ainsi, il s’est mis Lui-même à la place des Sacrifices anciens, mais il l’a fait à l’intérieur d’un rite, qu’il a commandé à ses apôtres de perpétuer, comme le signe suprême du vrai Sacré, qui est Lui-même.
C’est avec cette Foi, chers frères et sœurs, que nous Célébrons aujourd’hui et chaque jour  le Mystère Eucharistique et que nous l’Adorons comme le centre de notre Vie et le cœur du monde. Amen.

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http://www.zenit.org/fr/articles/l-eucharistie-de-l-anonymat-a-la-communion.

L'Eucharistie, de l'anonymat à la communion

Homélie du Pape François pour la Fête-Dieu

Rome, 30 Mai 2013 (Zenit.org) Pape François |
« C'est en écoutant sa Parole, en nous nourrissant de son Corps et de son Sang, que [Le Christ] nous fait passer de l'état de multitude à l'identité de communauté, de l’anonymat à la communion », souligne le Pape, qui rappelle que « l’Eucharistie est le Sacrement de la Communion, qui nous fait sortir de l’individualisme pour vivre ensemble la suite du Christ ».

Il invite à un examen de conscience : « comment est-ce que je vis l’Eucharistie ? Est-ce que je la vis de façon anonyme ou comme moment de vraie Communion avec Le Seigneur, mais aussi avec tant de frères et sœurs qui partagent ce repas ? Comment sont nos Célébrations Eucharistiques ? »

Le Pape François a célébré la Messe pour la Solennité du Corps et du Sang du Christ (Fête-Dieu), sur le parvis de la Basilique Saint-Jean-du-Latran, ce 30 mai 2013 au soir. Puis il a présidé la procession Eucharistique, parcourant la via Merulana, pour rejoindre la Basilique de Sainte-Marie-Majeure.
Lors de son homélie, il a souligné que dans l’Église comme dans la société, l'un des mots-clé devrait être “solidarité”, c'est-à-dire « savoir mettre à disposition de Dieu ce que nous avons, nos humbles capacités, car c'est seulement dans le partage, dans le don, que notre vie sera féconde »…

Chers frères et sœurs,
Dans l'évangile que nous avons écouté, il y a une expression de Jésus qui me touche toujours : « Donnez-leur vous même à manger » (Lc 9,13).
Partant de cette phrase, je me laisse guider par trois mots : suite du Christ (sequela), Communion, partage.
1. Tout d'abord : qui sont ceux à qui donner à manger ? Nous trouvons la réponse au début de l'extrait évangélique : c'est la foule, la multitude.
Jésus se tient au milieu d'elle, l’accueille, lui parle, s'en préoccupe, lui montre la Miséricorde de Dieu ; au milieu d'elle il choisit les Douze Apôtres pour rester avec Lui et s'immerger comme Lui dans les situations concrètes du monde.
Et la foule le suit, l'écoute, parce que Jésus parle et agit d'une façon nouvelle, avec l'autorité de celui qui est authentique et cohérent, de celui qui parle et agit avec vérité, de celui qui donne l'espérance qui vient de Dieu, de celui qui est révélation du Visage d'un Dieu qui est Amour.
Et la foule, avec joie, Bénit Dieu. Ce soir nous sommes la foule de l’Évangile, nous cherchons nous aussi à suivre Jésus pour l'écouter, pour entrer en communion avec Lui dans l’Eucharistie, pour l'accompagner et pour qu'il nous accompagne.
Demandons-nous : comment est-ce que je suis Jésus ? Jésus parle en silence dans le Mystère de l’Eucharistie et nous rappelle chaque fois que le suivre veut dire sortir de nous-mêmes et faire de notre vie non pas notre possession, mais un don, pour Lui et pour les autres.

2. Allons plus loin : d'où naît l’invitation que Jésus fait aux disciples de nourrir eux-mêmes la multitude ?
Elle naît de deux éléments : d'abord de la foule qui, en suivant Jésus, se trouve en plein air, loin des lieux habités, alors que le soir tombe, et puis de la préoccupation des disciples qui demandent à Jésus de renvoyer la foule pour qu'elle aille dans les pays voisins trouver de la nourriture et des logements (cf. Lc 9,12).
Face aux nécessités de la foule, voici la solution des disciples : que chacun pense à soi ; renvoyer la foule !
Chacun pense à soi. Combien de fois nous Chrétiens avons cette tentation! Nous ne nous chargeons pas des nécessités des autres, en les renvoyant avec un compatissant : “Que Dieu t'aide”.... Mais la solution de Jésus va dans une autre direction, une direction qui surprend les disciples : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ».
Mais comment est-il possible que nous donnions à manger à une multitude ? « Nous n'avons pas plus de cinq pains et deux poissons... à moins d'aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce monde. »
Mais Jésus ne se décourage pas : il demande aux disciples de faire asseoir la foule par groupes de cinquante, il lève les yeux au Ciel, récite la Bénédiction, rompt les pains et les donne aux disciples pour qu'ils les distribuent.
C'est un moment de profonde communion: la foule désaltérée par la parole du Seigneur, est désormais nourrie par son pain de vie.
Et tous furent rassasiés, note l’Évangéliste. Ce soir, nous aussi nous sommes autour de la table du Seigneur, au repas du Sacrifice Eucharistique, où Il nous donne encore une fois son Corps, rend présent l’unique Sacrifice de la Croix.
C'est en écoutant sa Parole, en nous nourrissant de son Corps et de son Sang, qu'il nous fait passer de l'état de multitude à l'identité de communauté, de l’anonymat à la communion.

L’Eucharistie est le Sacrement de la Communion, qui nous fait sortir de l’individualisme pour vivre ensemble la suite du Christ (sequela), la Foi en Lui.
Alors nous devrions tous nous demander devant Le Seigneur : comment est-ce que je vis l’Eucharistie ?
Est-ce que je la vis de façon anonyme ou comme moment de vraie Communion avec Le Seigneur, mais aussi avec tant de frères et sœurs qui partagent ce repas ? Comment sont nos Célébrations Eucharistiques ?

3. Un dernier élément : d'où vient la multiplication des pains ? La réponse se trouve dans l'invitation de Jésus aux disciples « Donnez-leur vous-mêmes…», “donner”, partager.
Qu'est-ce que partagent les disciples ? Le peu qu'ils ont : cinq pains et deux poissons. Mais ce sont justement ces pains et ces poissons qui, dans les mains du Seigneur, rassasient toute la foule.
Et ce sont les disciples, perdus devant l'incapacité de leurs moyens, de la pauvreté de ce qu'ils peuvent mettre à disposition, qui en faisant asseoir les gens et en distribuant les pains et les poissons – confiants en la parole de Jésus – nourrissent la foule.
Et ceci nous dit que dans l’Église, mais aussi dans la société, un mot-clé duquel nous ne devons pas avoir peur est “solidarité”, c'est-à-dire savoir mettre à disposition de Dieu ce que nous avons, nos humbles capacités, car c'est seulement dans le partage, dans le don, que notre vie sera féconde, portera du fruit.
Solidarité: un mot mal vu par l'esprit mondain ! Ce soir, encore une fois, Le Seigneur distribue pour nous le pain qui est son Corps, il se fait don.
Et nous aussi nous faisons l'expérience de la “solidarité de Dieu” avec l'homme, une solidarité qui ne s'épuise jamais, une solidarité qui ne finit pas de nous surprendre :
Dieu se fait proche de nous, par le Sacrifice de la Croix il s'abaisse en entrant dans l'obscurité de la mort pour nous donner sa vie, qui vainc le mal, l’égoïsme, la mort.
Ce soir aussi Jésus se donne à nous dans l'Eucharistie, partage notre chemin, ou plutôt se fait nourriture, la vraie nourriture qui soutient notre vie, y compris dans les moments où la route se fait difficile, et où les obstacles ralentissent nos pas.
Et dans l'Eucharistie, Le Seigneur nous fait parcourir sa route, celle du service, du partage, du don, et ce peu que nous avons, ce peu que nous sommes, s'il est partagé, devient richesse, car la puissance de Dieu, qui est celle de l'Amour, descend dans notre pauvreté pour la transformer.
Demandons-nous alors ce soir, en adorant Le Christ réellement présent dans l'Eucharistie : est-ce que je me laisse transformer par Lui ?
Est-ce que je laisse Le Seigneur qui se donne à moi, me guider à sortir toujours plus de mon petit enclos et à ne pas avoir peur de donner, de partager, de L'aimer et d'aimer les autres ?

Frères et sœurs : Sequela, communion, partage. Prions pour que la participation à l’Eucharistie nous provoque toujours : à suivre Le Seigneur chaque jour, à être instruments de communion, à partager avec Lui et avec notre prochain ce que nous sommes. Alors notre existence sera vraiment féconde. Amen.

25 saint sacrementHomélie du Père Raniero Cantalamessa (Le Prédicateur officiel de la Maison Pontificale du Vatican) en La Fête du Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ.

Nous continuons À nous demander « Où est Dieu ? », alors qu’il est avec nous.

Commentaire de l’Évangile du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ

Les deux Corps du Christ.
Dans la deuxième lecture saint Paul (1 Corinthiens 10 16) nous présente l'Eucharistie comme mystère de Communion : « La coupe ... que nous Bénissons, n'est-elle pas Communion au Sang du Christ ?
Le pain que nous rompons, n'est-il pas Communion au Corps du Christ ? »

Communion signifie échange, partage. Maintenant, la règle du partage est la suivante : ce qui est à moi est à toi et ce qui est à toi est à moi.
Essayons d'appliquer cette règle à la Communion Eucharistique et nous verrons « l'énormité » de la chose.
Qu'est-ce qui est vraiment « à moi » ? La misère, le péché sont les seules choses qui m'appartiennent exclusivement.
Et que possède Jésus sinon la sainteté, la perfection et toutes les vertus ?


La communion consiste alors dans le fait que je donne à Jésus mon péché et ma pauvreté et que lui me donne sa sainteté. Le « merveilleux échange », comme le définit la liturgie, se réalise.
Nous connaissons différents types de communion. La communion entre la nourriture que nous mangeons, et nous-mêmes est très profonde car la nourriture devient chair de notre chair et sang de notre sang.
J'ai entendu des mères dire à leurs enfants qu'elles serraient contre elles et qu'elles embrassaient : « Je t'aime tellement que je te mangerais ! ».

Il est vrai que la nourriture n'est pas une personne vivante et intelligente avec laquelle nous pouvons échanger des pensées et des marques d'affection mais supposons un instant que la nourriture elle-même soit vivante et intelligente, n'aurait-on pas dans ce cas la parfaite Communion ?
C'est précisément ce qui se passe dans la Communion Eucharistique. Dans ce passage de l'Évangile (Jean 6 51…6 55-56), Jésus dit : « Je suis le Pain vivant, qui est descendu du Ciel ... ma Chair est la vraie nourriture... celui qui mange ce Pain vivra éternellement ».
Ici, la nourriture n'est pas une simple chose mais une personne vivante. Il s'agit de la Communion la plus profonde, même si c'est aussi la plus mystérieuse.

Voyons ce qui se passe dans la nature, dans le domaine de la nutrition. C'est le principe vital le plus fort qui assimile le moins fort. C'est le végétal qui assimile le minéral ; c'est l'animal qui assimile le végétal.
Cette loi vaut aussi pour les relations entre l'homme et Le Christ. C'est Le Christ qui nous assimile à Lui ; nous nous transformons en Lui, non Lui en nous.
Un célèbre matérialiste athée a dit : « L'homme est ce qu'il mange ». Sans le savoir, il a donné une excellente définition de l'Eucharistie.
Grâce à elle, l'homme devient vraiment ce qu'il mange, c'est-à-dire Corps du Christ !

Mais lisons la suite du texte de saint Paul (1 Corinthiens 10 17) : « Puisqu'il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul Corps, car nous avons tous part à un seul pain ».
Il est évident que dans ce deuxième cas le mot « corps » n'indique plus le Corps du Christ né de Marie mais « nous tous », ce Corps du Christ plus grand qui est l'Église.
Ceci signifie que la Communion Eucharistique est toujours également Communion entre nous. En mangeant tous de l'unique nourriture, nous formons un seul Corps.

Qu'est-ce que cela implique ? Que nous ne pouvons pas être en Communion authentique avec Le Christ si nous sommes divisés entre nous, si nous nous haïssons, si nous ne sommes pas prêts à nous réconcilier.
Si tu as offensé un frère, disait saint Augustin, si tu as commis une injustice contre lui, et vas ensuite recevoir la Communion comme si de rien n'était, peut-être plein de ferveur pour le Christ, tu ressembles à une personne qui voit venir vers elle un ami qu'elle n'a pas vu depuis longtemps.
Elle court à sa rencontre, lui jette les bras autour du cou et se hisse sur la pointe des pieds pour l'embrasser sur le front ...
Mais elle ne se rend pas compte qu'en faisant ce geste, elle lui marche sur les pieds avec des chaussures à clous.
En effet, nos frères, souvent les plus pauvres et les plus abandonnés, sont les membres du Christ, sont ses pieds encore posés sur la terre.
En nous donnant l'Hostie le Prêtre dit : « Le Corps du Christ », et nous répondons : « Amen ! ».
Maintenant nous savons à qui nous disons « Amen », c'est-à-dire oui, je t'accueille : pas seulement Jésus, le Fils de Dieu, mais aussi notre prochain.

Dans la Fête Dieu il y a quelque chose de triste que je ne peux pas ne pas mentionner. Il existe des formes de maladie mentale qui empêchent le malade de reconnaître les personnes de son entourage.
Il continue à crier pendant des heures : « Où est mon fils ? Où est ma femme ? Pourquoi ne vient-il pas ? »
Alors que son fils ou sa femme est peut-être là, à lui serrer la main et lui répéter : « Je suis là, tu ne me vois pas ? Je suis avec toi ! ».
C'est aussi ce qui se passe avec Dieu.
Nos contemporains cherchent Dieu dans le cosmos ou l'atome ; ils discutent pour savoir s'il y a eu un créateur au commencement du monde.
Nous continuons à nous demander « Où est Dieu ? » et nous ne nous rendons pas compte qu'il est avec nous, qu'il s'est fait Nourriture et Boisson pour être encore plus intimement uni à nous.


Jean Baptiste devrait répéter tristement : « Au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas ».
La Fête Dieu est née précisément pour aider les Chrétiens à prendre conscience de cette présence du Christ au milieu de nous, pour tenir éveillé que Jean-Paul II appelait « l'émerveillement Eucharistique ».
 Père Raniero CANTALAMESSA o.f.m.

249600 228641063815686 100000093831978 971331 814363 n 1Extrait des Révélations de Jésus à Maria Valtorta (tome 6, chapitre 136 de L’Evangile tel qu’il m’a été révélé…
Jésus parle de la charité aux apôtres.

En effet si Dieu sur le Sinaï a donné le commandement d'aimer le Dieu très Saint et le prochain en un unique précepte, il est clair qu'il n'y a pas deux préceptes que l'on puisse pratiquer indépendamment l'un de l'autre,
mais qu'ils sont un seul précepte.

Et, comme il ne me suffit jamais de vous former à cette sublime vertu, la plus grande de toutes, celle qui s'élève avec l'esprit au Ciel, car elle est la seule qui subsiste au Ciel, j'insiste sur cette vertu; âme de toute la vie de l'esprit qui perd la vie s'il perd la Charité parce qu'il perd Dieu.
Comprenez-moi. Supposez qu'un jour à votre porte, viennent frapper deux époux très riches pour demander l'hospitalité pour toute leur vie.
Pourriez-vous dire : "Nous acceptons l'époux, mais nous ne voulons pas de l'épouse" sans vous entendre répondre par l'époux : "Cela ne peut être, car je ne puis me séparer de la chair de ma chair.
Si vous ne voulez pas l'accueillir, moi non plus, je ne puis m'arrêter chez vous, et je m'en vais avec tous les trésors auxquels je vous aurais fait participer" ?

Extrait des Révélation de Jésus à Maria Valtorta du 13 Juin 1944 (dans les Cahiers de 1944).
Jésus dit :
Mon Cœur est Eucharistie vivante.
D’où vient L’Amour ??? Du cœur. Qu’est L’Eucharistie ??? L’Amour. Il s’ensuit que, lorsque vous pensez à L’Eucharistie, vous pouvez vous dire :
« Voilà le Cœur de Jésus ».


Et lorsque vous pensez à mon Cœur, vous pouvez dire :
« Voici la matrice au sein duquel L’Eucharistie s’est formée ».

Mon Cœur !!! C’est L’Hostie qui s’est immolée même au-delà de la mort, voulant être rompue même après avoir tout souffert pour être, non seulement martyrisée par la trahison, l’abandon et la torture, mais aussi offensé au-delà de la vie pour livrer les dernières gouttes qui se trouvaient encore dans les cachettes d’un Martyr saigné à mort.

L’Hostie a été hostie quand elle n’était encore que Pensée, et elle devint Chose pour être Hostie.

Extrait des Révélation de Jésus à Maria Valtorta du 27 Décembre 1944 (dans les Cahiers de 1944).
Qu’est-ce que L’Eucharistie ? Le plus grand des miracles de Dieu, Le plus Saint. C’est Dieu Lui-même.
C’est Dieu parce que dans L’Eucharistie se trouvent Le Fils de Dieu, Dieu comme Père, Dieu fait Chair par L’Amour, autrement dit par Dieu qui est Amour et par L’Opération de L’Amour, c’est-à-dire de La Troisième Personne.
C’est Dieu parce que c’est un miracle d’Amour et, là où L’Amour est présent, Dieu est présent.

L’Amour témoigne de Dieu plus que toute parole ou dévotion, action ou œuvre.
Moi qui suit L’Auteur de ce miracle qui témoigne de La Puissance de Dieu et de Sa Nature (L’Amour), Je rends honneur à ce miracle, pour vous affirmer qu’il est Vrai, pour vous affirmer qu’il est Saint, pour vous affirmer qu’il doit être vénéré avec Le plus grand des Respects.


Extrait des Révélation du Saint-Esprit à Maria Valtorta du 04 Juin 1943 (dans les Cahiers de 1943).
Jésus dit :
L’Eucharistie est Le Cœur de Dieu, c’est Mon Cœur.
Je vous ai donné Mon Cœur à La dernière Cène et pourvu que vous le vouliez, Je vous le donne toujours.

Et vous ne concevrez pas Le Christ en vous et vous ne lui donnerez pas le jour si vous ne savez pas faire vivre Son Cœur en vous.
Lorsqu’une créature se forme dans les entrailles d’une femme, qu’est-ce qui se forme en premier ??? Le cœur.
Il en est ainsi de la vie de l’esprit.
Vous ne pourrez donner Le Christ si vous ne formez pas en vous Son Cœur en Aimant L’Eucharistie qui est Vie et vraie Vie.

Aussi nous nous nourrissons du Cœur de Jésus, mais, en nous nourrissant de Son Cœur, nous nous nourrissons aussi du Cœur de Marie qui va venir avec Jésus, son Fils, résider dans notre âme.

Nous pouvons alors dire que notre âme contient Dieu (Père, Fils et Saint Esprit), mais aussi La Très Sainte Vierge Marie.
Voilà pourquoi notre âme, notre esprit et notre corps doivent être purs pour pouvoir les accueillir.

Corpuschristi 1Pour compléter cette Méditation, je vous invite à prolonger celle-ci avec trois liens :

1/ La Fête-Dieu sur mon site :
http://reflexionchretienne.e-monsite.com/pages/reflexions-personnelles-26-50/40-la-fete-dieu-la-fete-du-saint-sacrement-du-corps-et-du-sang-du-christ-1ere-partie/.

2/ Les miracles Eucharistiques qui nous montre que le Pain et le Vin Consacrés sont bien devenus Corps et Sang et se conservent durant des siècles comme s’ils provenaient d’un corps humain en pleine santé (Divin, pourrions-nous dire !).
http://reflexionchretienne.e-monsite.com/pages/les-fetes-catholiques/juin-2013/miracles-eucharistiques-de-lanciano-et-de-ludbreg.html.

 

3/ Complément personnel sur : Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang a la Vie éternelle.
http://reflexionchretienne.e-monsite.com/pages/articles-divers/commentaires-textes-bibliques/celui-qui-mange-ma-chair-et-boit-mon-sang-a-la-vie-eternelle.html

Pierre julien eymard pk2 1

PRIERE A JESUS DANS LE TRES SAINT-SACREMENT.

Seigneur Jésus, Tu T’es caché dans l’Hostie.
Je sais que Tu es là.
Je ne peux Te voir avec mes yeux, mais les yeux de mon âme peuvent Te Contempler.
Je sais que Tu es resté ici par Amour pour nous.
Je ne veux pas que Tu restes tout seul, et je veux T’Aimer chaque jour davantage.

Vierge Marie, aidez-moi à rester tous les jours de ma vie près de Jésus,
En attendant qu’Il me garde au Ciel pour toujours.

 

Oraison du matin (Office des Laudes).
Seigneur Jésus-Christ, dans cet admirable Sacrement, tu nous as laissé le mémorial de ta Passion ; donne-nous de vénérer d'un si grand Amour le mystère de Ton Corps et de Ton Sang, que nous puissions recueillir sans cesse le fruit de Ta Rédemption.
Toi qui vis et règnes avec Le Père et Le Saint-Esprit pour les siècles des siècles.

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Date de dernière mise à jour : 03/06/2018