69. Fête de Sainte Claire d'Assise, Fondatrice...3ème Partie.

LA PAIX DU SEIGNEUR SOIT AVEC VOUS, VOTRE FAMILLE ET VOS PROCHES.

FÊTE DE SAINTE CLAIRE D’ASSISE…3ème Partie.

 

TROISIEME ET DERNIERE PARTIE.

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,21-35.19,1.
Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : 'Serviteur mauvais ! Je t'avais remis toute cette dette parce que tu m'avais supplié.
Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j'avais eu pitié de toi ? '
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu'à ce qu'il ait tout remboursé.
C'est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son coeur.

 

En effet que valent les dettes qu’ont ceux qui nous sont débiteurs ??? Quasiment rien…c’est presque toujours de l’argent, des biens matériels, des avantages, du pouvoir…toute chose qui n’a aucune valeur pour Dieu…et disparaîtra à notre mort.

Par contre notre âme, sauvée par Jésus, a une valeur Infinie…et en plus, est Immortelle.

 

Voilà la comparaison que nous propose L’Evangile de ce jour !!!

Nous pleurons vers Dieu pour que notre âme, qui a une valeur Infinie, aille au Ciel à notre mort, et que nous soyons pardonné de tous nos péchés…c’est normal pour nous…puisqu’Il est Miséricorde !!!

C’est oublier qu’Il est Justice aussi, et comme nous le montre L’Evangile de ce jour…ceux qui n’auront pas su être Miséricordieux pour des « peccadilles »…même si celles-ci nous paraissent énormes…si nos valeurs ne sont tournées que vers les « biens » de cette terre que ce soit santé, argent, pouvoir, bonheur humain, etc…en oubliant que la seule chose qui a de la valeur…c’est de pouvoir hériter, à notre mort sur cette terre…du Royaume de Dieu…où ceux qui y entreront et y résideront (une demeure personnelle conçue pour eux attend chacun de ceux-ci) vivront un Bonheur Eternel et Infini.

 

Matthieu 16 24-28 :« Quel avantage en effet un homme aura-t-il à gagner le monde entier (belles maisons, grands biens, gagner au loto, belles voitures, pouvoir, etc…), s’il le paie de sa vie ??? Et quelle somme pourra-t-il verser en échange de sa vie ???... ».

Est-ce si grave…si nous en sommes dépossédés ??? Surtout si grâce à cette perte…offerte en Offrande d’Amour à Dieu…nous héritons d’un Bonheur éternel et infini dans Le Royaume de Dieu…car, pour Dieu, aucune souffrance ne sera perdue !!!

Et même si vous avez tout perdu…Dieu prends soin de ceux qui L’Aiment…et vous apportera toujours le nécessaire…parfois de façon surprenante et inattendue…en se servant du Prochain (comme Il l’a fait en demandant aux apôtres…d’aller distribuer la nourriture à cette foule !!!).

 

Nous pleurons vers Dieu…puis nous allons trouver notre prochain pour nous jeter sur lui, car il nous a blessé, car il ne nous a pas encore remboursé une dette financière, car nous ne le supportons pas (on appelle cela…incompatibilité de caractères !!!), car nous le méprisons parce qu’il n’a pas notre couleur de peau, n’a pas notre intelligence, n’a pas notre beauté physique, parce qu’il ne vit pas dans le même milieu que nous (le pauvre vis-à-vis du riche…ou le riche vis-à-vis du pauvre), parce que c’est un voleur, un menteur, un truand (nous jugeons très rapidement, sans preuve…et surtout sans rien connaître…seul Dieu connaît les âmes), etc…

 

Nous refusons de remettre la dette de notre Prochain alors que cette dette n’a quasiment aucune valeur (toutes choses qui disparaissent à notre mort)…quand il y a effectivement dette …car bien souvent nous réclamons des remboursements…qui ne nous reviennent pas…car ils ne sont pas à nous (le mépris et la condamnation de ceux qui ne nous ont rien fait !!!). 

 

Dieu peut-il ne pas condamner et très sévèrement celui à qui Il a remis par Son Sacrifice la dette de son âme…et qui de son côté…fait jeter en prison (ou torture moralement, physiquement, psychologiquement…voir par le mépris ou la calomnie) son prochain…qui lui doit…des pacotilles…qui n’ont aucune valeur…pour l’éternité !!!

 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,21-35.19,1. 

Comme cet homme n'avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette.
Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : 'Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout. '
Saisi de pitié, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette.

 

Pourtant Dieu est plein de pitié pour celui qui, même s’il est encore incapable de se reconnaître pécheur…commence à se dire…qu’il n’aurait jamais dut quitter la maison du Père…et cherche à y revenir…même comme le plus rejeté de ses serviteurs.

(Parabole de L’enfant prodigue : Luc 15 11-32)

« Père, j’ai péché contre Le Ciel et contre Toi, je ne mérite plus d’être appelé ton fils, traite-moi comme l’un de tes serviteurs »…Mais Le Père l’aperçu alors qu’il était encore loin et fut pris de pitié. Il courut se jeter à son cou et l’embrasa tendrement et dit à ses serviteurs : « Vite, apportez la plus belle robe, et l’en revêtez, mettez-lui un anneau au doigt et des chaussures aux pieds. Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car Mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé… »

 

Soyons nous aussi plein de Miséricorde envers notre Prochain, quoiqu’il nous ait fait…en pensant à Dieu et à Son Sacrifice…pour sauver notre âme.

L’essentiel n’est-il pas après notre mort…où nous attend un Bonheur éternel…si nous avons La Volonté de suivre Le seul Chemin qui conduit au Royaume de Dieu…celui de L’Amour, de La Miséricorde et de La Compassion.

Dieu, en se Sacrifiant, nous remet une dette qui a une valeur Infini et incalculable…mais Il attend de nous que nous suivions Son exemple…en remettant les dettes de « Notre Prochain » …qui ne sont que des « peccadilles » devant celles que Dieu nous a remis !!!

 

Mais pour aller plus loin, j’aimerais que nous regardions ensemble les conséquences possibles de nos comportements…en se plaçant non pas du point de vue terrestre…mais après notre mort !!!

 

Peut-on souhaiter l’Enfer pour quelqu’un qui nous fait du mal…que ce soit par ses paroles, par sa conduite qui nous blesse, par méchanceté, par déséquilibre psychologique ou moral, par vol, par son orgueil, par son égoïsme, par ses désirs corrompus, etc…

(Et combien de fois cela arrive à certains, parfois après d’horribles épreuves et souffrances… « Celui-là, je ne lui pardonnerais jamais »… « Celui-là, qu’il périsse en Enfer »… « Celui-là, qu’il soit maudit », etc…).

 

Nous le haïssons pour le mal qu’il nous a fait…ou qu’il a fait à d’autres (mais dont nous sommes au courant par les médias !!!).

Mais peut-on souhaiter sincèrement des souffrances infinis, horribles et éternelles dont l’atrocité dépasse des millions de fois les souffrances les plus horribles pouvant être vécues sur terre (et largement celles que nous subissons par leurs fautes) et durent pour l’éternité… sans répits et sans fin !!!


Extrait de ma Réflexion n° 12 : Le Royaume de Dieu…sur L’Enfer.

Le feu répond au feu. Au paradis, il est feu d’amour parfait. Au purgatoire, il est feu d’amour purificateur. En enfer, il est feu d’amour offensé.

Puisque les élus ont aimé à la perfection, l’Amour se donne à eux avec toute sa perfection. Puisque les âmes du purgatoire ont aimé tièdement, l’Amour devient flamme pour les amener à la perfection.

Puisque les maudits ont brûlé de tous les feux, sauf du Feu de Dieu, le Feu de la colère de Dieu les brûle pour l’éternité.


Or au sein de ce feu se trouve aussi un froid glacé.

Oh ! Vous ne pouvez vous imaginer ce qu’est l’enfer. Prenez tout ce qui tourmente l’homme sur terre : le feu, les flammes, le gel, les eaux qui submergent, la faim, le sommeil, la soif, les blessures, les maladies, les plaies, la mort...

Additionnez-les et multipliez ce total des millions de fois : vous n’aurez qu’une pâle image de cette terrible vérité.

 

Un froid sidéral se mêlera à une chaleur insoutenable.

Les damnés ont brûlé de tous les feux humains mais n’auront eu qu’une vie spirituelle glacée pour leur Seigneur Dieu.

C’est donc le gel qui les attend pour les congeler après que le feu les aura salés comme du poisson mis à rôtir sur une flamme.

Le fait de passer de la chaleur brûlante qui fait fondre au froid glacé qui condense est un tourment de plus.

 

Oh ! Ce n’est pas là un langage métaphorique,car Dieu peut faire en sorte que les âmes, lourdes des fautes qu’elles ont commises, aient une sensibilité égale à celle de la chair, même avant qu’elles ne revêtent cette chair.

 

Vous ne savez pas et ne croyez pas.Mais je vous dis, en vérité, que mieux vaudrait pour vous subir tous les tourments de mes martyrs plutôt que passer une seule heure dans les tortures de l’enfer.


Peut-on souhaiter cela même à son pire ennemi ???

D’autant que d’autres facteurs entrent en ligne de compte. Pour hériter du Royaume de Dieu, nous devons Aimer, Compatir et Pardonner (C’est la deuxième partie du 1er Commandement, après : Tu Aimeras Le Seigneur Ton Dieu, plus que tout)…et ce qui nous est demandé est infime par rapport à ce que Dieu a fait pour nous.

 

Si nous ne savons pas pardonner pour des choses sans valeur (Matthieu 16 24-28 : « Quel avantage en effet un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s’il le paie de sa vie ??? Et quelle somme pourra-t-il verser en échange de sa vie ???... ».), alors que la seule chose qui a vraiment de la valeur, c’est « Notre âme » à nous comme à notre Prochain…nous risquons de finir nous-même en Enfer.


Notre œuvre d’Amour sur Terre (sur laquelle nous serons jugés à notre mort) est de nous  unir à La Passion et à La Mort du Christ-Jésus.

Cela consiste à tirer les âmes (la notre et celle des prochains qui nous sont confiés par Dieu) hors des ténèbres et à demander au Père de leur Pardonner car « ils ne savent pas ce qu’ils font ».

 

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18,21-35.19,1. 

Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j'avais eu pitié de toi ? '
Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu'à ce qu'il ait tout remboursé.
C'est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son coeur.

 

On ne peut haïr ou maudire…et espérer hériter du Royaume de Dieu où ne rentre qu’Amour et Miséricorde.

A notre souffrance sur terre, d’avoir été blessé…viendra se rajouter une souffrance infiniment plus grande…et éternelle.

 

Mais si vous savez pardonner à celui qui vous a blessé (et pardonner non pas du bout des lèvres, mais du plus profond de votre cœur…à l’image de Jésus qui nous pardonne)les souffrances que vous endurerez sur cette terre et qui ne durent que le temps de votre vie sur terre (et même si cela devait durer plus de 100 ans, ce n’est même pas un millionième de seconde par rapport à l’éternité !!!) ne sont rien à côté du Bonheur Infini et éternel qui vous attend dans Le Royaume de Dieu.

 

En fait celui qui vous aura fait du mal sur cette terre…si vous savez lui Pardonner et L’Aimer …vous aura permis d’hériter d’un Bonheur Eternel !!!

Cela n’aura été qu’un léger mal (même s’il parait atroce et dure des années) qui vous aura permis de gagner un immense bien infini et éternel !!!

 

Quand à celui qui vous aura fait du mal…peut-être évitera-t-il L’Enfer grâce à votre Miséricorde…et expirera-t-il le mal qu’il aura fait dans Le Feu Purificateur du Purgatoire (qui peut se faire après notre mort…ou dès à présent sur cette terre…en réparant le mal fait…par un Amour très grand)…avant d’entrer lui aussi dans Le Royaume de Dieu.

 

Ainsi vous aurez gagné Le Ciel pour vous…et vous aurez une Gloire supplémentaire au Ciel pour avoir permis, par votre Miséricorde, la Conversion d’un « fils prodigue » qui était perdu.


Pour terminer, j’aimerais faire part du Commentaire de Saint Irénée sur une autre Parole de L’Evangile…mais qui rejoint tellement celle d’aujourd’hui…que je ne pouvais pas ne pas la mettre.

TENDRE L’AUTRE JOUE

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5,38-42.
Comme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Vous avez appris qu'il a été dit : oeil pour oeil, dent pour dent.
Eh bien moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu'un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l'autre.
Et si quelqu'un veut te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.
Et si quelqu'un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui.
Donne à qui te demande ; ne te détourne pas de celui qui veut t'emprunter.

Commentaire du jour

Saint Irénée (+ v.200), évêque de Lyon, Père de L’Eglise Grecque, est considéré comme le premier des grands théologiens du Christianisme.

 

Les préceptes naturels de la Loi, c’est-à-dire ceux par lesquels l’homme est rendu juste, et qu’observaient, même avant le don de la Loi, les hommes qui étaient justifiés par leur foi et plaisaient à Dieu, ces préceptes là, Le Seigneur ne les a pas abolis, mais amplifiés et accomplis.

Si votre justice ne dépasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans Le Royaume des Cieux (Matthieu 5 20).

Imposée à des esclaves, la Loi éduquait l’âme à partir de l’extérieur et du corporel en l’amenant, comme par une chaîne, à la soumission aux commandements, afin que l’homme apprît à s’accorder avec Dieu. Mais le Verbe a libéré l’âme, et enseigné à purifier le corps par l’intérieur, à partir de la volonté et du cœur. Il fallait dès lors que fussent supprimées les chaînes de la servitude, grâce auxquelles l’homme avait pu se former, et que, désormais, il suive Dieu sans chaînes. Mais il fallait aussi que fussent amplifiés les préceptes de la liberté et que fût accrue la soumission au Roi, pour que nul, en revenant en arrière, ne se montrât indigne de son Libérateur.

 

Le Seigneur nous a donné pour mot d’ordre, au lieu de ne pas commettre l’adultère, de ne pas même convoiter…au lieu de ne pas tuer, de ne pas même nous mettre en colère…d’aimer non seulement nos proches, mais aussi nos ennemis…de ne pas seulement « être généreux et prompts à partager », mais encore de donner gratuitement nos biens à ceux qui les prennent.

« A qui prend ta tunique, dit-il, donne aussi ton manteau » (Matthieu 5 40).

 

De la sorte, nous ne nous attristons pas comme des gens qu’on aurait dépossédés contre leur gré, mais nous nous réjouirons au contraire comme des gens qui auraient donné de bon cœur, puisque nous ferons un don gratuit au prochain, plus que nous cèderons à la nécessité.

« Et si quelqu’un te contraint à faire un mille, fais-en avec lui deux autres » (Matthieu 5 41), afin de ne pas le suivre comme un esclave, mais de le précéder comme un homme libre.

En toute chose, tu te rendras ainsi utile à ton prochain, en ne considérant pas sa méchanceté, mais en mettant le comble à ta bonté, et tu te rendras semblable au Père qui « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons » (Matthieu 5 45).

 

Pour conclure cette Réflexion, en ce jour où L’Eglise et toutes les sœurs Clarisses du monde entier fêtent Sainte Claire, j’aimerais mettre ici un passage, révélé à Maria Valtorta, d’un épisode de la vie de sainte Claire et de la Puissance de Jésus-Eucharistie.


Mais, j’aimerais rappeler auparavant (et nous unir avec elles) que nos sœurs Clarisses du monde entier fêtent aussi une année 2011 particulière qui les conduira au 8ème centenaire de la fondation de l’ordre.

C’est en effet en 1212 que Sainte Claire se consacra au Seigneur entre les mains de Saint François d’Assise.

 

Jamais, Claire n’aurait pu imaginer que d’autres se joindraient à elle. En effet, très vite, sa jeune sœur d’abord, puis d’autres après elles furent attirées par le même idéal :

Vivre selon le Saint Evangile et suivre Le Christ pauvre et crucifié.

(Aujourd’hui les sœurs Clarisses sont au nombre de plus de 15 000 dans 76 Pays différents dont 13 soeurs à Tahiti…où je participe à L’Eucharistie quotidienne).

http://www.diocese-de-papeete.com/images/pdf/sainteclaire.pdf

 

Extrait des Révélations de Jésus à Maria Valtorta du 12 Août 1945 (dans les Cahiers de 1945 à 1950).

Maria Valtorta raconte la vision qu’elle reçoit.

C’est certain, ce que je vois ne paraîtra pas être une vision impossible à avoir, puisqu’une foule de personnes connaissent cet évènement :

Il s’agit du miracle des assaillants du couvent d’Assise chassés par Sainte Claire.


Un bien pauvre petit couvent, très bas, dont le toit plonge en avant, avec un petit cloître qui crie le grand mot franciscain par toutes ses pierres : « Pauvreté », des couloirs sombres, courts, étroits, sur lesquels s’ouvrent les portes des cellules.

 

Epouvante et douleur agitent cette pauvre demeure de paix. Le couvent bruisse comme une ruche de voix en Prières et de gémissements.

Ce petit couvent ressemble vraiment à une ruche effrayée par une invasion. Le bruit de combats extérieurs pénètre même, unissant ses cris féroces aux voix en Prière.

 

Je ne sais si c’est une sœur converse qui apporte la nouvelle que les hordes ennemies tentent d’envahir le couvent, ou si c’est quelque habitant d’Assise qui avertit les Clarisses du péril.

Je sais en revanche que la panique atteint son comble, tandis que toutes se précipitent vers la cellule de l’abbesse.

Cette dernière, prosternée en Prière au bord de sa couche, se lève, pâle, épuisée, mais très belle et solennelle, pour accueillir ses filles apeurées.


Elle les écoute et leur ordonne de descendre au chœur en bon ordre et avec Foi, en respectant le silence de la Règle, « car, dit-elle, rien, aussi terrible soit-il, ne doit faire oublier la sainte Règle ».

Elle les suit et entre dans le petit et pauvre chœur au-delà duquel commence une petite église barricadée, obscure.

Il n’y a que deux courtes flammes : l’une dans l’église, l’autre dans le chœur, qui brillent paisiblement devant le Ciboire, là-bas pour les âmes du monde qui oublient si facilement Dieu, de ce côté pour les âmes de Jésus qui reconnaissent en cette petite flamme perpétuelle le symbole de ce qu’elles sont.

 

Sursautant à chaque hurlement plus fort et plus proche, elles Prient. Et quand l’une d’elle, une converse certainement, entre en criant sans retenue pour le lieu : « Mère, ils sont à la porte ! », les Clarisses se courbent comme si elles étaient frappées à mort.

Pas Sainte Claire. Au contraire, elle se lève, va au centre exact du chœur et dit :

« N’ayez pas peur. Ce sont des hommes, et ils sont dehors. Nous, nous sommes ici, à l’intérieur, et avec Jésus.

Rappelez-vous Sa Parole : « Pas un cheveu ne tombera de votre tête ». Nous sommes ses colombes. Il ne permettra pas que les éperviers les profanent ».


Au dehors, la vague du tumulte se fait plus forte, démentant ses paroles. Mais elle ne s’effraie pas.

Voyant que les Clarisses sont trop terrorisées pour vaincre le doute et l’épouvante, elle s’adresse à Dieu :

« Mon doux Jésus, Pardonne à ta pauvre Claire d’oser mettre la main là où seul un Prêtre peut le faire. Mais il n’y a ici que Toi et nous. L’une de nous doit donc te dire : « Viens ».

Mes mains sont lavées par les larmes. Elles peuvent toucher Ton trône ».


Claire s’avance résolument vers le Ciboire, l’ouvre, en prend non pas l’ostensoir, comme on dit, mais une custode semblable à une pyxide. Celle-ci n’est pas en métal précieux, elle me semble en ivoire ou en nacre, du moins à l’extérieur et à ce que la faible lumière me permet de distinguer.

Elle le prend et le tient avec le respect avec lequel elle tiendrait L’Enfant-Dieu. D’un pas assuré, elle descend les quelques marches et se dirige en psalmodiant vers la porte du couvent, tandis que les sœurs la suivent, tremblantes mais subjuguées.


-Ouvre la porte, ma fille.

-Mais ils sont là, dehors !!! Entendez-vous comme ils crient et comme ils frappent ???

-Ouvre la porte, ma fille.

-Mais ils vont se ruer à l’intérieur !!!

-Ouvre la porte !!! Par respect de l’obéissance !!!


D’abord douce et persuasive, Claire prend un ton impérieux qui ne souffre aucune tergiversation. Elle est tout à la fois l’ancienne feudataire habituée à commander et la grande abbesse qui rappelle à l’obéissance.


La Clarisse ouvre, avec un gémissement et un tremblement qui ralentit l’opération, et les autres, derrière l’abbesse, tremblent tout autant.

Elles se signent en fermant les yeux, prêtes au martyre, elles descendent leur voile pour mourir voilées.

 

Finalement la porte est entrouverte. Les hurlements des assaillants se changent en cris de victoire et, cessant d’utiliser leurs armes, ils se mettent à courir vers la porte qui s’ouvre.

 

Claire, le visage aussi blanc que le reliquaire qu’elle tient bien haut, en guise d’unique voile à son visage de moniale, fait deux pas au-delà du seuil, puis trois, puis cinq.

 

Je ne sais si elle voit ce qu’elle a en face d’elle, sa terre, ses ennemis. Je ne le pense pas. 

Ses yeux ne font qu’Adorer Le Très Saint Sacrement qu’elle porte.

Grande et très maigre, épuisée comme elle l’est, blanche comme un lys, le pas lent, elle donne l’impression d’être un ange ou un fantôme.

A moi, elle me paraît un ange, pour les autres, elle doit ressembler à un fantôme.

 

Leur assurance se brise. Ils s’arrêtent et, quand ils la voient faire un nouveau pas en avant, ils fuient en désordre.


C’est alors que Claire vacille, se courbe, comme si elle était prête de tomber, et se dépêche de repasser le seuil.

« Ils se sont enfuis. Que Le Seigneur soit Béni !!! Maintenant …maintenant soutenez votre mère, afin que je puisse Le rapporter sur Son Autel ».


« Chantez, mes filles, et soutenez-moi. Votre mère est maintenant bien fatiguée !!! ».


Effectivement, elle a le visage d’un mourant, comme si elle y avait laissé toutes ses forces. Mais elle a aussi un sourire tellement doux, et tellement de forces dans ses mains pâles pour tenir la custode !!!

Elles entrent dans le chœur et Claire dépose le reliquaire dans Le Ciboire en entonnant le « Te Deum », après quoi elle reste, effondrée, sur les marches de l’autel, comme morte, pendant que les Clarisses poursuivent l’hymne de Grâces.

 

Voilà ce que je vois. Et pour moi, il y a seulement quelques mots de Sainte Claire, dans ses vêtements paradisiaques (au Ciel), pas ceux des Clarisses (sur Terre) :

Sainte Claire dit à Maria Valtorta :

Avec cela (elle désigne Le Saint-Sacrement), on peut tout vaincre. Il sera la grande force du Paradis et de la Terre aussi longtemps qu’il existe des besoins terrestres.

Par les mérites infinis du très Saint Corps qui s’est anéanti pour nous, nous, les saints du Ciel, obtenons des Grâces pour vous, et grâce à Lui vous remportez des victoires.

Loué soit L’Agneau Eucharistique !!! Que Le Seigneur t’accorde Paix et Bénédiction.


 EN UNION DE CŒUR, D’AMOUR FRATERNEL ET DE PRIERES.

 

                                      PIERRE

 

Sous-pages :

 


Ajouter un commentaire

Date de dernière mise à jour : 10/08/2012